Tomal arriva devant la porte de l'holodeck. Il alla vers le panneau au côté de la porte.

- Ordinateur, active le programme course de navettes orbitales, circuit Sol 7, championnat de 2256.

- Impossible d'activer le programme, l'holodeck est occupé.

Tom trouva ça étrange puisque aucun programme n'était en fonction.

- Ordinateur, qui se trouve dans l'holodeck?

- L'enseigne Ronach est dans l'holodeck.

Il eut le sentiment qu'il se passait quelque chose de grave.

- Ordinateur, ouvre la porte!

La porte s'ouvrit, la Bolienne étaient étendue sur le sol, inconsciente. Il se précipita vers elle et activant son communicateur.

- Urgence médicale à l'holodeck.

En attendant les secours, il tenta de l'aider, mais il ne connaissait rien des Boliens, il n'arrivait même pas à trouver son pouls. Après quelques minutes, le docteur Hull, l'assistant du docteur Sermak entra avec deux infirmiers, il prit un tricordeur et la scanna. Il lui injecta quelque chose et la scanna à nouveau.

- Elle est en vie, mais son activité cérébrale est anormale, dit-il à Parksan, je dois l'amener à l'infirmerie.

Les deux infirmiers la mirent sur une civière et quittèrent l'holodeck.

- Depuis combien de temps était-elle là, demanda le docteur?

- Je l'ignore. Ordinateur, de quand date la dernière simulation?

- La dernière simulation a été activée il y a dix heures et vingt-deux minutes.

- Quel était le programme?

- Recréation du vol, navette Copernic II, Ronach 1.

Le docteur nota l'information et quitta l'holodeck. Tomal resta dans l'holodeck vide. Quelque chose le tracassait. Il alla vers le panneau de contrôle et étudia le programme. Il s'agissait d'une simple simulation à partir de données de navigation de la navette et des résultats des scans. Rien de spécial. Seulement, une petite modification aux injecteurs de plasma que Ronach avait intégrée à la simulation. Par ailleurs, les protocoles de sécurités étaient actifs, rien n'auraient dû créer cette situation. Il devait en avoir le cœur net et pour ça, il n'y avait qu'une façon.

- Ordinateur, charge le dernier programme activé et démarre-le.

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Myriam n'arrivait pas à croire qu'elle allait passer quelques heures dans une navette seule avec l'amiral. Faire la paix avec une ombre du passé n'était pas une chose qu'elle envisageait avec gaieté. Elle n'avait aucun ressentiment contre l'amiral, mais pourtant, depuis sa rencontre avec lui sur la station, elle se sentait envahie de toute de sorte de sentiments contradictoires et elle n'avait pas l'habitude d'être aussi émotive. Tout irait mieux quand cette histoire serait terminée et que le Hawking retournerait en mission.

Elle était retournée dans ses quartiers pour se préparer et s'était installée à un terminal informatique. Elle n'avait que deux heures et elle voulait se préparer pour cette mission. Elle avait décidé de retourner lire les données qu'elle avait recueillies sur la planète.

Les Arkaniens étaient un peuple possédant une mythologie vaste et très imagée. Elle ne pouvait s'empêcher de l'apprécier quand elle lisait toutes les données recueillies sur le mythe de Garlz.

Elle repensa à ces étranges sources souterraines qui étaient aussi liés à la mémoire de la planète et elle trouvait ça étrange. Quelque chose lui échappait.

Selon le mythe, Garlz était le fils du dieu arkanien des ténèbres et de la planète, elle-même personnifiée par une déesse. Il se serait révolté contre le panthéon des divinités arkanienne qu'il aurait quitté pour vivre parmi les mortels. Il serait ensuite tombé amoureux d'une mortelle, et, il aurait pris la forme d'un mortel pour être avec elle, ce qui lui était interdit. Les dieux auraient décidé de le punir en l'exilant entre le ciel et le sol. Depuis, Garlz errait à la recherche d'esprits perdus et aussi pleins de regrets que lui.

Myriam réalisa alors que si Garlz était réel et que cette histoire prenait sa source dans la réalité, ça signifiait que cette créature était originaire d'Arkana. Elle repensa aux sources souterraines, la mémoire de la planète. Se pouvait-il que…

Elle appuya sur son communicateur.

- White à Roberge.

- Qu'y-a-t-il, commandeur?

- Est-ce que vous avez une minute? J'ai une théorie loufoque et j'ai besoin de la vérifier avec quelqu'un ayant un esprit scientifique.

- Venez me rejoindre à mon bureau. Roberge terminée.

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Tomal Parksan se trouvait maintenant dans cette même navette où il avait tenu une Léa agonisante dans ses bras; un souvenir qu'il souhaitait oublier, mais ce n'était pas vraiment la même navette, ce n'était qu'une simulation holographique.

Pourquoi l'enseigne Ronach avait voulu recréer la navette et l'attaque? Qu'avait-elle découvert?

Plutôt que de démarrer la simulation, Tomal décida d'étudier les systèmes de la navette holographique pour voir si Ronach avait fait d'autres modifications. Il commença donc à ouvrir les panneaux et à démonter les systèmes, un à un.

Il découvrit ce qu'il cherchait. Ronach avait rajouté un système qui permettait de polariser tous les systèmes énergétiques de la navette ainsi que les moteurs. C'était simple mais ingénieux. Vue la nature électrique du phénomène qui les avait attaqué, ce système devait l'empêcher de drainer l'énergie de la navette.

Restait une question, comment Ronach s'était mise dans cet état. Rien dans ce qu'elle avait fait n'était dangereux et si ça avait été le cas, l'holodeck était toujours équipé de protocole de sécurité et la Bolienne n'avait pas un niveau de sécurité assez élevé pour être capable de les enlever.

Il n'y avait qu'une façon de le savoir, il devait démarrer la simulation.

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- C'est hautement spéculatif, s'exclama Léa après avoir entendu la théorie de Myriam!

- Je vous avais dit que c'était loufoque.

- Vous n'avez pas assez d'éléments pour étayer une telle théorie, dit-elle catégorique. Il n'est pas impossible qu'il y ait une autre forme de vie intelligente et non-corporelle sur cette planète, mais on ne peut pas établir ce genre de chose en se fiant uniquement à la mythologie.

- Non, évidement, reprit Myriam. Mais il y aussi ces sources d'informations, ces mémoires vivantes reliées à la planète.

- Des choses plus étranges encore ont déjà été constatées sur d'autres planètes sans que ça signifie la présence d'une forme de vie mystérieuse et inconnue.

- Il faut bien que la créature qui vous a attaquées vienne de quelque part et il est étrange que la mythologie d'Arkania en parle.

- C'est là que réside votre erreur, commandeur, vous avez déjà accepté l'idée que ce qui m'a attaqué était ce Garlz. Rien ne le prouve, ce n'est qu'une théorie.

- Mais elle ressemble beaucoup à la description dans le mythe…

- Myriam, dit alors Léa avec douceur, que vous arrive-t-il? Ce n'est pas votre genre d'élaborer des théories sans fondements et de spéculer comme ça. Vous êtes plutôt une femme d'action et là, je ne comprends pas votre obstination.

Myriam se sentit tout à coup gênée, comme si son capitaine venait de mettre à jour un secret honteux.

- Je comprends que ma théorie repose sur pas grand-chose, dit-elle alors, mais j'ai le sentiment que ce n'est pas loin de la vérité. C'est une intuition que je n'arrive pas à faire taire.

- Et qu'en est-il de votre oncle, dit alors Léa?

- Ça n'a rien à voir avec lui, répondit-elle avec froideur.

- Je n'en serais pas si sure. Votre comportement a changé depuis que vous êtes sur la station.

- Je ne vois pas en quoi ça vous concerne, coupa brusquement Myriam.

- Ça ne me concerne pas, admit Léa, mais je croyais que j'étais votre amie.

Myriam resta silencieuse pendant un court moment en fixant Léa, puis elle se décida.

- La présence de mon oncle me rappelle mes propres erreurs. Je ne lui en veux pas du tout, c'est à moi que j'en veux et je m'efforce depuis le début de me concentrer sur n'importe quoi d'autre pour éviter d'y penser.

- De penser à quoi?

- J'ai une sœur jumelle. Je sais que vous n'avez ni frère ni sœur, alors c'est peut-être difficile de comprendre ce que ça signifie. Depuis ma naissance, je n'ai jamais été seule. Dans mon enfance, je n'avais pas besoin d'amie de mon âge puisqu'elle était là. J'en avais tout de même, mais elle restait ma meilleure amie. Nous étions pareilles, presque en tout point. Elle était plus introvertie, plus timide, mais nos goûts se ressemblaient, nous nous entendions bien la plupart du temps.

- Que s'est-il passé?

- Je l'ai trahie, murmura-t-elle.

- Ça non plus ce n'est pas votre genre, objecta Léa.

- Nous nous étions promises que nous serions toujours ensembles, que nos carrières nous emmèneraient aux mêmes endroits, que nos maisons seraient voisines et que nos enfants joueraient ensembles.

- Et vous avez choisi Starfleet.

- Quand je lui ai annoncé que j'entrais à l'Académie, elle l'a mal pris et nous nous sommes disputés. Je lui ai dit des choses horribles et elle m'en a dit des pires. Nous ne nous sommes plus jamais reparlées depuis. J'ai su par une tante que Magalie s'était mariée et qu'elle avait deux garçons. Je n'ai jamais rencontrés mes neveux. Et tout ça, c'est ma faute.

- Et qu'est-ce qui vous empêche de la contacter maintenant.

Myriam ne répondit pas tout de suite et soupira avant de répondre.

- Le fait qu'elle non plus n'a jamais essayé de reprendre contact.

- Il faudra bien, un jour, que quelqu'un fasse les premiers pas.

Myriam allait répondre quand l'alerte à l'intrus retentit. Les deux femmes échangèrent un regard et quittèrent le bureau pour aller sur la passerelle.