Pendant que les officiers de sécurités effectuaient une fouille complète du vaisseau, le capitaine s'était retirée dans son bureau pour examiner la situation. Elle avait relu les données de la navette et étudié les résultats des senseurs. Elle avait parcouru les informations recueillies par Myriam et les résultats des simulations qu'avait effectué Tomal. Elle avait l'impression que quelque chose lui échappait. Quelle était la motivation de cette créature? S'agissait-t-il vraiment d'une forme de vie inconnue? Elle réfléchissait toujours à la situation quand elle entendit un crépitement. Elle leva les yeux pour voir le nuage d'énergie statique flotter dans la pièce.

Il s'agissait bien du même phénomène, mais que lui voulait-elle? Elle appuya sur son communicateur.

- Roberge à sécurité, l'intrus est dans mon bureau.

La créature se dirigeait vers elle, lentement.

- Je suis le capitaine Léa Roberge, du USS Hawking. Que me voulez-vous?

Sans répondre, la créature poursuivait sa progression. Sans la quitter des yeux, Léa tendit la main vers son tiroir, l'ouvrit et tâtonna pour trouver son tricordeur. Elle avait gardé cette vieille habitude d'officier scientifique d'avoir toujours cet outil à porté de la main.

Elle scannait la créature quand Jamar entra accompagné de deux officiers de sécurité. Il sortit son phaseur et la visa.

- À terre!

Elle se jeta par terre et vit le faisceau du phaseur lui passer au-dessus de la tête pour faire un trou dans le tableau représentant la mer qui était accroché derrière son bureau. Elle se releva, la créature était toujours là.

- Ça lui a passé au travers, maugréa le lieutenant Jamar.

La créature se trouvait maintenant très près de Léa. Elle appuya sur son communicateur.

- Roberge à salle de téléportation un. Téléportez-moi immédiatement.

Elle sentit le picotement caractéristique du téléporteur et se retrouva en salle de téléportation. Elle activa à nouveau son communicateur.

- Roberge à Jamar, au rapport.

- La créature est toujours dans votre bureau, mais elle se dirige maintenant vers nous.

- Gardez-la à l'œil, mais tenez-vous à l'écart.

Elle considéra son tricordeur pendant un moment.

- Je serai à l'ingénierie, ajouta-t-elle.

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Myriam avait obtenu un rendez-vous avec un mythologue réputé d'Arkana. Il avait publié différents livres sur le sujet et les autorités le lui avait chaudement recommandé. Elle se fit téléporter devant chez lui et alla frapper à sa porte. Un homme âgé, au teint bleu typiquement arcanien lui ouvrit la porte.

- Professeur Jounot?

- Vous êtes le commandeur White.

- Oui, merci de me recevoir.

- Le plaisir est pour moi, ce n'est pas tous les jours que Starfleet s'intéresse à mes recherches. Je suis intrigué.

- Est-ce que je peux entrer?

- Bien sûr, dit-il, en l'invitant à l'intérieur!

Il la guida dans une pièce ressemblant à un salon où il l'invita à s'asseoir.

- Alors, que voulez-vous savoir?

- J'aimerais que vous me parliez de la légende de Garlz.

L'Arkanien parut surpris.

- Cette légende est connue du grand public, je ne vois pas ce que je peux vous apprendre.

Myriam hésita.

- Votre livre parle des origines des nombreux mythes de votre monde. J'aimerais connaître l'origine de ce mythe particulier.

- Pourquoi, demanda-t-il curieux? En quoi ça intéresse Starfleet?

- J'aimerais savoir s'il y a une chance pour que Garlz soit réel.

Jouno se mit à rire.

- Aucune. Croyez-moi.

- J'aimerais vous croire, mais nous avons rencontré un phénomène qui…

- Vous avez rencontré une Tirah, dit-il affirmatif.

- Une Tirah, répéta Myriam. Pouvez-vous m'en dire plus?

- Bien sûr, il vous faut d'abord comprendre qu'avant les Arkaniens, il existait, sur cette planète, une espèce très ancienne qui, selon la légende, a transcendé vers une forme de vie plus évoluée et a quitté cette planète pour une autre réalité. Ils ont laissé quelques technologies sur cette planète, dont les fameuses sources souterraines qui collectent la mémoire de la planète.

- Je les ai vues. Je croyais que c'était naturel.

- Les anciens Arkaniens utilisait la nature et la développait pour leur besoin.

- Et les Tirah sont leurs créations? S'agit-il d'une forme de vie?

- En fait, ce sont des messages qui n'ont jamais atteint leur destinataire.

- Comment cela peut-être être un message? Ça ressemble à un nuage d'énergie statique.

- C'est peut-être télépathique, l'ennuie c'est que personne n'est compatible avec, alors quand il essaie de transmettre le message, non seulement ça ne fonctionne pas, mais ça peut tuer le récepteur.

- Savez-vous comment les neutraliser?

- Tant que la Tirah n'aura pas livré son message, elle poursuivra sa quête sans fin. Si elle identifie une personne comme le destinataire potentiel du message, elle la poursuivra sans relâche.

- Reste-t-il des technologies des anciens Arkaniens qui pourraient nous être utiles pour la maîtriser?

Le vieil homme semblait pensif.

- En fait, j'ai une aussi une théorie là-dessus, vous pourriez peut-être m'aider à la vérifier. Je dois faire quelques appels.

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Quand Léa entra dans l'ingénierie, elle fut accueillie chaleureusement par Tomal Parksan, ce qui l'inquiéta pendant un instant. Ne fallait-il pas éviter que l'équipage le sache? C'était une des conditions de l'amiral. Elle se rappela alors qu'il l'accueillait toujours de cette façon, alors pourquoi changer?

- Bonjour commandeur, dit-elle en souriant.

Elle brandit son tricordeur.

- Avec les données contenues dans ce tricordeur, croyez-vous être capable de trouver une façon de neutraliser l'intrus?

- Ça dépend de ce que ce tricordeur a à nous apprendre, répondit-il en tendant la main.

Elle y déposa l'outil. Il l'ouvrit et retarda les résultats.

- Hum, commença-t-il, ça pourrait peut-être raffiner mon idée.

- Quelle idée?

- Venez, je vais vous montrer.

Il la guida vers son bureau, il alluma sa console et lui montra les plans d'un petit appareil de forme cubique.

- Ceci est un piège à nuage, commença-t-il. J'ai repris l'idée de l'idée de l'enseigne Ronach sur la polarisation des systèmes d'énergies pour protéger la navette et je l'ai appliqué à un appareil qui pourrait la retenir prisonnière.

Léa avança vers la console, curieuse.

- Et ça va marcher?

- Selon mes simulations, ça va la retenir pendant un moment, mais elle réussira à s'échapper.

- Combien de temps?

- Quinze minutes, peut-être vingt.

- C'est peu, murmura-t-elle.

- Mais grâce à ça, ajouta-t-il en montrant le tricordeur, nous pourrons peut-être espérer la retenir au moins une heure.

- C'est insuffisant.

- Ce qu'il faut, c'est une source d'énergie pour la forcer à l'absorber, comme elle a fait sur la navette. Ça risque de l'affaiblir considérablement, ensuite, nous serons capables de la maintenir définitivement dans ce piège.

- Peut-on utiliser une génératrice?

- Je ne crois pas que ce soit assez puissant, ce qu'il faudrait, c'est le noyau d'énergie d'une navette.

- C'est un peu moins transportable.

- Il faudra ensuite trouver un appas.

- Je pourrais bien faire l'affaire.

Elle leva les yeux de la console et lui lança un regard inquiet.

- Léa?

- Il semble que je sois la cible de cette chose, maugréa-t-elle, comment crois-tu que j'aie pu m'en approcher avec un tricordeur?

Il soupira.

- Parfois, on dirait que l'univers s'acharne sur toi.

Elle lui sourit.

- J'ai tiré un numéro gagnant, c'est tout.

- Et si on lui tendait un piège dans le quai des navettes?

- Excellent, répondit-elle alors, faits les préparatifs et contacte-moi quand ce sera prêt.

- Jamar à Roberge, l'intrus se dirige vers l'ingénierie.

- Si c'est vraiment toi qui l'attire, vaudrait mieux que tu t'en ailles, dit alors Tom. Si elle approche le noyau de distorsion, elle pourrait le déstabiliser et on risquerait la rupture.

- Dans ce cas, il n'y a pas une seconde à perdre.