Deux jours de permission était une éternité pour des gens habitués à ce que tout aille rapidement. Tout à coup, le temps semblait ralentir et la vie retrouvait le goût de l'enfance, de l'époque de l'insouciance, loin des responsabilités, loin des dangers. Alors, pour deux jours, la routine se transformait en quelque chose de nouveau.
Myriam regardait le Hawking par la baie vitrée qui se trouvait sur la station. L'amiral DeSoto était avec elle.
- … et la première chose que j'ai réalisé, c'est que la planète sur laquelle nous nous trouvions était couverte d'une espèce de plante dont les spores agissaient comme un gaz hilarant. En quelques minutes, nous avions tous le fou-rire et pas de trace des Cardassiens que nous poursuivions.
Myriam se mit à rire, puis reprit son sérieux.
- Mon oncle, dit-elle tout à coup, j'ai écrit à Magalie tout à l'heure.
Il remarqua que c'était la première fois qu'elle laissait tomber le grade.
- Je devrais le faire moi-aussi… en fait, je vais le faire.
- C'est une bonne chose, ajouta-t-elle, de faire enfin la paix avec le passé.
- Oui, répondit-il simplement.
Son regard fut brièvement attiré par un jeune homme au teint mauve qui traversait le corridor d'un pas rapide, puis il reporta son attention sur sa nièce.
L'enseigne Douze poursuivit son chemin jusqu'au mess de la station. L'endroit était plein à cette heure de la soirée et la moitié des convives venaient du Hawking. Une fête avait été organisée pour les officiers du Hawking et Douze avait décidé d'y aller avec Giona Rhéa. Elle l'attendait justement à une table.
- Désolé pour le retard, Rhéa, dit-il dès qu'il fut assis.
- Ce n'est pas grave, je viens d'arriver.
- Veux-tu boire quelque chose?
- Bien sûr, un serveur vient vers nous.
Le serveur prit leur commande et en retourna au bar, il ramassa le verre d'un adolescent habillé en civil qui prenait congé de ses amis.
- Je vais revenir tout à l'heure, dit-il. Ma mère a beaucoup insisté pour que je soupe avec elle, ce soir. Elle a une nouvelle à m'apprendre, à ce qu'il parait.
- À tout à l'heure, Matt, dit un des jeunes.
- Bonne soirée, ajouta une adolescente avec un sourire enjôleur.
Matthew quitta le Mess et se dirigea vers le quai de transbordement. Il espérait que ce ne serait pas trop long. Cette station était magnifique et il s'y était fait des amis qu'il devrait quitter deux jours plus tard.
Tout en réfléchissant, il passa le sas pour se retrouver sur le Hawking, prit l'ascenseur jusqu'au niveau trois et marcha jusqu'à ses quartiers. Quand il entra, il remarqua que le commandeur Parksan était présent et que sa mère semblait plus détendue et plus joyeuse qu'à l'habitude. Que se passait-il?
Au moment où la porte se refermait, le lieutenant Jamar passa dans le corridor en se tenant le bras. Il avait décidé d'aller courir sur la station, directement sur ce long corridor circulaire qui faisait le tour de l'habitacle intérieur. C'était un parcours de rêve, mais avant, il devait passer à l'infirmerie, il s'était démit une épaule en s'entraînant dans l'holodeck.
Il entra à l'infirmerie, le docteur Sermak vint l'accueillir. Il remarqua qu'il était seul, il n'y avait même pas d'infirmier. Il marcha vers le médecin, en se tenant le bras. Le Vulcain prit un tricordeur et commença à le scanner.
- Où est tout le monde, demanda Kirt?
- En permission, dit le Vulcain, les installations médicales de la station peuvent palier pendant les deux prochains jours et il n'y a presque personne sur le vaisseau.
- Mais vous, n'êtes-vous pas en permission?
- C'est illogique de s'occuper à des activités qui n'ont aucune utilité dans le but de se reposer. Le meilleur repos est le sommeil et la méditation, du moins, pour un Vulcain. En tant que médecin, je dois admettre que ça a un effet bénéfique sur la santé de beaucoup d'autres espèces, en particulier les humains.
Le médecin lui prit le bras et d'un mouvement rapide, il lui remit l'épaule en place. Jamar grimaça. Il prit ensuite un regénérateur cellulaire pour accélérer la guérison des ligament et le pointa vers l'épaule de son patient.
- Vous avez peut-être des projets personnels sur lesquels vous aimeriez travaillés, docteur. C'est le moment idéal.
- En effet, mais il reste une patiente à l'infirmerie et comme tout le monde voulait partir, j'ai décidé de rester.
- Vous auriez pu la faire transférer sur la station.
- Elle est presque remise. Je la laisserai aller demain matin et je pourrai alors travailler sur un projet personnel.
Il déposa l'instrument médical.
- Votre épaule a été soignée, lieutenant. Vous devriez faire attention pour les trois prochains jours et éviter les combats dans l'holodeck.
- Merci docteur, dit-il en quittant l'infirmerie.
Le médecin retourna vers l'arrière de l'infirmerie. L'enseigne Ronach était étendu sur le bio-lit.
- Je me sens bien, insista la Bolienne. Pourquoi ne puis-je pas y aller?
- Je vous l'ai dit, il reste encore un débalancement chimique dans votre cerveau qui tend à se résorber. Vous pourrez profiter de votre permission à partir de demain.
- Mais c'est ce soir qu'il y a une fête au mess de la station, dit-elle en rouspétant.
- C'est justement pour ça que je ne peux pas vous laisser aller, vous allez vous épuiser à danser et nuirez à votre guérison en consommant de l'alcool.
- Même si c'est du synthehol! Et si je me tiens tranquille et que je quitte la fête tôt?
- Ça serait possible, mais je doute de votre bonne foi de ce côté, enseigne.
Elle lui lança alors un long regard et sourit tout à coup.
- Il me vient une idée, docteur. Et si vous m'accompagniez? Vous pourriez ainsi vous assurer que je me tienne tranquille.
- Ce genre de fête n'est pas pour les Vulcains.
- Vraiment? Vous préférez vous ennuyer ici à me surveiller? Si vous passez votre permission à travailler, tous les autres vont plus ou moins vous harceler, insistant pour que vous essayiez de vous divertir, alors que si vous passez deux ou trois heures dans une activité sociale, ils vous laisseront tranquille, et ensuite vous pourrez vous concentrer sur des activités plus cérébrales.
Le Vulcain releva un sourcil. Il se rappelait bien les nombreuses interruptions dont il avait été victime lors de sa dernière permission.
- Je ne peux que me plier à la logique de votre argumentation, enseigne. À quelle heure commence cette fête?
La Bolienne sourit et regarda la station par la baie vitrée de l'infirmerie.
- Cette station est vraiment magnifique!
- Le souper est prêt, dit Léa en approchant Tom qui regardait la station par le hublot.
Il l'enlaça, se tourna vers elle et approcha ses lèvres de son visage pour l'embrasser. Quelqu'un se racla la gorge. Léa et Tom se séparèrent et se tournèrent vers l'adolescent, déjà assis à la table.
- Ça va refroidir, dit-il légèrement embarrassé.
Léa lança un regard amusée à Tom.
- Je ne crois pas, dit-elle en souriant.
Merci de m'avoir lu. Le prochaine épisode "Le destin du USS Hawking" conclura la première saison et conclura la plupart des intrigues secondaires de cette saison.
