Salut tout le monde ! Je sais, je sais. Je n'ai pas réussi à vous poster ce chapitre mercredi, mais promis ! J'ai essayé !
Enfin, pour me faire pardonner, un chapitre un peu plus long que les autres. J'espère qu'il vous plaira !
La banque
Clarke attendait dans la file d'attente, en triturant son ticket, comportant le numéro « 322 », qu'elle pliait et repliait à travers ses doigts manucurés. Par tous les moyens, elle tentait de cacher ses soupirs, alors qu'il lui semblait attendre depuis presque une heure. Pourtant, l'heure affichée sur le mur peint en face d'elle indiquait que cela ne faisait que 20 minutes qu'elle attendait son tour aux guichets de la banque. Elle avait rendez-vous avec un conseiller, et ils étaient tous occupés. La jeune femme était donc assise sur l'un des canapé bleu marine de la salle d'attente, son sac à main posé devant ses bottes à talon. Elle devait absolument pouvoir obtenir ce prêt si elle voulait pouvoir ouvrir sa galerie d'art ! Pour cela, elle avait mis toutes les chances de son côté, habillée d'un tailleur chic, une montre coûteuse à son poignet. Elle savait bien que sa mère aurait pu lui prêter l'argent dont elle avait besoin, mais Clarke s'était promis de réussir à financer son projet seule !
La salle était presque pleine, et des gens allaient et venaient à mesure que les conseillers venaient les chercher. Personne ne faisait attention à la petite blonde, qui sentait ses mains devenir moites. Et si elle ne pouvait obtenir cet argent ? Revenir en pleurant vers sa mère était hors de question, or elle n'avait plus tellement d'autre solution. Elle devait ouvrir sa galerie et ce ne serait possible que si son rendez-vous de la journée s'avérait concluant.
- Clarke ?
La voix lui fit lever la tête, pour pour voir un homme grand qui arrivait vers elle, marchant d'un pas rapide. En reconnaissant ce visage, la jeune femme poussa un gros soupir et regarda autour d'elle, dans l'espoir de trouver un échappatoire pour ne pas lui parler.
- Surtout, cache ta joie ! L'apostropha ce dernier en se plantant devant elle.
- Bellamy, le salua-t-elle froidement. Qu'est ce que tu fais ici ?
C'était bien la dernière personne qu'elle avait envie de voir, et bien sûr, il fallait qu'il vienne dans cette banque le seul jour où elle y était aussi !
- J'ai un problème avec une de mes cartes, je viens voir ce que je peux faire. Et toi ?
Clarke le regarda une seconde. Il n'avait pas changé, bien que cela faisait presque un an qu'ils ne s'étaient pas croisés. Ses cheveux bruns étaient simplement un peu plus longs que la dernière fois. Même si ça lui faisait mal de se l'avouer, Clarke ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de regret en repensant à leur histoire.
- J'ai un rendez-vous pour ma galerie d'art, avoua-t-elle finalement d'une voix faible.
Bellamy leva un sourcil mais ne dit rien. Il connaissait très bien sa situation financière, ou plus particulièrement celle de sa mère. Il savait qu'elle n'avait en aucun cas besoin d'argent. Mais il était encore capable de comprendre que ce n'était pas toujours simple pour la jeune femme de parler de sa famille.
- Bon, reprit Bellamy, sans la regarder dans les yeux. Qu'est ce que tu deviens ? Tu habites toujours dans ton appartement ?
Clarke vit qu'il avait un petit sourire. Elle se rappelait encore de l'endroit insalubre où elle avait vécu, juste pour embêter sa mère et sortir de cette prison dorée dans laquelle elle vivait. À vrai dire, elle avait vécu pendant presque 2 ans en compagnie des rats et des voisins très bruyants que les murs ne parvenaient pas à étoffer.
- Non, répondit la jeune femme en riant. J'ai fini par accepter l'aide que me proposer ma mère, j'ai déménagé i mois. Et toi, toujours flic ?
Elle le vit fouiller dans la sacoche en cuir brun qu'il portait à son épaule, puis sortir une petite plaque argentée, qu'il lui présenta :
- Toujours ! Enfin ! J'ai passé mes examens avec les félicitations. Mais aujourd'hui je suis en congé.
Il sembla sur le point d'ajouter autre chose, mais se décida à se taire. Clarke baissa les yeux, ne sachant trop quoi dire. Qu'il lui avait manqué ? Que malgré tout le mal qu'ils s'étaient faits, elle ne pourraient jamais l'oublier ? Elle choisit de se taire, ne pas renfoncer la lame dans une plaie à peine cicatrisée.
- En tout cas, je suis content de voir que tu vas bien.
La voix de Bellamy sonnait plus comme une question que comme une affirmation, comme s'il voulait s'assurer de son bien-être. C'était lui tout craché, s'inquiéter pour les autres mais ne pas vouloir l'avouer.
Mais Clarke ne répondit pas. Au fond d'elle, elle avait envie de tout lui lancer au visage, de lui dire que la souffrance qu'elle avait endurée n'était pas terminée et qu'il ferait mieux de se tenir loin d'elle ! Mais elle n'eut pas besoin de dire quoi que ce soit, il la connaissait suffisamment bien pour comprendre.
- Écoute, soupira-t-il. Je sais que tu m'en veux encore. Mais, Clarke, on ne pourrait pas se reparler comme des personnes adultes ? C'est ce que nous sommes non ? Tellement de temps s'est écoulé, tu ne crois pas que nous devrions tourner la page ?
De fureur, Clarke se leva d'un bond pour se mettre devant Bellamy. Malgré ses talons, elle ne le dépassait toujours pas en taille et devait lever la tête pour le regarder dans les yeux.
- Du temps ? Tu crois que le temps va pouvoir effacer les images de mon petit ami dont j'étais folle amoureuse dans un lit avec une parfait inconnue ? Dois-je aussi ajouter qu'il ne portait pas de vêtements, comme sa pouffe ? Ou même qu'ils étaient dans une situation – comment le dire convenablement ? - compromettante ? Crois-moi, je crois que même si j'attendais 10 ans, je t'en voudrais encore !
Les mots se répercutaient autour d'elle, et elle vit Bellamy jeter un regard gêné autour de lui, alors que les gens le regardaient avec un drôle d'air. Avec peu de précaution, il la tira dans un coin par son bras, pour échapper aux commentaires ou aux regards des clients qui attendaient toujours. D'ailleurs, Clarke était pratiquement sûre d'avoir loupé son tour. Elle était bonne pour refaire la queue !
- Et tu crois que dire tout ça à voix haute pour que tout le monde l'entende, c'est une bonne manière de te venger ? Clarke ! Je te l'ai déjà dit, j'avais bu, et même si je sais que ça n'excuse rien du tout, ça n'a jamais changé les sentiments que j'avais pour toi !
Il se tut en se rendant compte de ce qu'il allait dire. Clarke pencha la tête sur le côté tout en le regardant, ne sachant trop comment réagir. De ses yeux, elle tentait de lui faire comprendre qu'il pouvait continuer, lui dire ce qu'il pensait ! Et il sembla se laisser convaincre car il ouvrit la bouche.
Mais il ne put prononcer le moindre mot, car à l'instant même où il tenta de sortir un son de sa bouche, un hurlement strident en direction de l'entrée. D'un réflexe qui lui venait clairement de son métier de policier, il se poussa derrière la colonne, de façon à être un peu caché, tout en tenant Clarke derrière lui. Ce qu'elle vit lui glaça le sang :
Un groupe de trois personnes, complètement vêtus de noir, une cagoule sur la tête qui ne laissait pas voir les traits de leur visage venaient d'entrer dans la banque. Ils étaient tous grand, deux très baraqués et l'un plutôt fin. Ce dernier avançait en tête de file, et leva la main. Dans la panique, Clarke mit un certain temps à comprendre pourquoi elle avait un éclat argenté, avant de se rendre compte qu'il tenait un pistolet. Sans crier gare, il tira deux coup dans le plafond.
- A TERRE !
Les cris des gens ne parvenaient tout de même pas à voiler ces paroles. D'un geste brusque, Bellamy obligea la jeune femme à ses côtés à s'accroupir. Ils étaient un peu cachés grâce à l'un des poteaux, mais Clarke ne se faisait pas d'illusion, ils allaient rapidement se faire remarquer. Les trois braqueurs avançaient, l'homme plus fin toujours devant. Clarke en était sûre, il était le meneur. Et en lançant un coup d'oeil à Bellamy, elle comprit que lui aussi le pensait. Il semblait très calme, et analysait la situation. Mais la jeune femme le connaissait trop bien pour ne pas remarquer la main crispée, qui tenait la sienne fortement. Il était inquiet, bien qu'il ne le montrait pas.
- Si j'en vois un qui bouge, je le butte, c'est clair ?
Seul le silence lui répondit. Les trois hommes se lancèrent un regard, et les deux costauds se dirigèrent vers les guichets, en menaçant les employés de leur arme, les obligeant ainsi à sortir tous les billets qu'ils avaient devant eux. Le dernier des braqueurs parcourait la salle des yeux, pour détecter si l'un des otages se mettaient à bouger. Pourtant Clarke sentait comme un malaise qui prenait possession de ses corps. Il ne semblait pas juste vérifier l'absence de mouvements, mais aussi évaluer les gens, contrôler quelque chose.
- C'est bon ! On a tout ! Déclara l'un des deux autres, qui portait désormais un sac débordant de billet.
- Parfait.
La voix du dernier était beaucoup plus calme, comme s'il savait parfaitement ce qu'il faisait. De peur, Clarke se colla encore plus à Bellamy. En sentant le mouvement de la jeune femme, ce dernier serre encore plus sa main, et la regarda dans les yeux. Il tenta un petit sourire, mais ne réussit qu'à offrir un rictus pas du tout rassurant.
- Très bien ! La voix du troisième braqueur, le meneur, résonna contre les murs. Vous allez gentiment nous donner tous les bijoux de valeur ! Nous passerons devant vous, et vous nous les remettrez sans faire le moindre geste brusque, c'est clair ? Personne ne sera blessé si vous faites exactement comme je l'ai dit.
Sa voix était tellement calme qu'il faisait encore plus peur, c'était comme s'il n'avait pas conscience de ce qu'il faisait, comme si la folie l'avait complètement dévoré. Clarke et Bellamy se lancèrent un regard mais ne dirent rien. La jeune femme espérait juste qu'ils ne viendraient pas jusqu'à elle !
Ils les virent faire une ronde autour des gens. Certaines personnes pleuraient en remettant des chaînes, des bagues ou encore des montres. Une femme, qui avait très certainement passé la soixantaine se mit à gesticuler en retenant une chaîne avec un gros médaillon. Clarke entendit quelques mots, et reconnut le mot « mari » et « mort ». La femme pleurait à chaudes larmes. La braqueur, sans aucune émotion, la frappa de son poing, l'envoyant à terre, avant de lui arracher le collier sans dire le moindre mot. Rien dans son apparence ne laissait montrer ce qu'il pensait. C'était comme s'il ne ressentait rien. La femme à terre sanglotait sans bouger. Lorsqu'elle releva la tête, on pouvait voir que du sang coulait de son nez. Un jeune homme à ses côtés, qui semblait lui être complètement inconnu, vint vers elle et lui tint le bras pour l'aider.
Pourtant Clarke n'arrivait pas à se concentrer car elle vit les hommes avancer dans sa direction. Elle sentit Bellamy se raidir à ses côtés, et sa main se posa contre les côtes de la jeune femme, comme s'il cherchait quelque chose auquel se raccrocher. Son contact suffit néanmoins à la rassurer suffisamment pour que ses battements de cœur reprennent presque une course normale.
- Toi, là !
Fermant les yeux, Clarke sentit une goutte de sueur lui couler le long de son dos. Elle se redressa un petit peu pour voir le braqueur. Il s'agissait du meneur. Ses yeux étaient très foncés, seule chose que l'on pouvait voir sous sa cagoule. Il les dominait de toute sa hauteur, alors que les deux étaient accroupis par terre.
- Donne-moi ta montre !
Bien qu'elle s'y attendait, Clarke sentit son cœur s'arrêter un instant. Elle savait ! Jamais elle n'aurait dû mettre cette montre, celle qu'elle ne portait jamais habituellement. Même si elle semblait avoir une certaine valeur, elle était surtout très chère à la jeune femme pour les souvenirs qu'elle renfermait : Cette montre avait appartenu à son père, et elle l'avait récupérée après sa mort. c'était l'objet auquel elle tenait le plus !
Les larmes aux yeux, elle commença à se lever pour retirer la montre de son poignet, ne voulant pas prendre le risque que quelqu'un soit blessé si elle refusait de remettre l'objet, surtout Bellamy qui se tenait à ses côtés, un peu en avant, comme pour montrer qu'il était là. En lui jetant un regard, elle vit qu'il regardait le braqueur avec une lueur glaciale. Mais Clarke savait bien qu'il n'allait rien tenter : le braqueur était armé, et la salle pleine d'innocents. Sans compter qu'elle se trouvait dans la ligne de mire. Sans pouvoir retenir ses larmes, elle lui tendit l'objet, en regardant à côté. L'homme saisit l'objet brusquement en faisant vaciller la jeune femme qui, dans un mouvement désespéré, s'était raccrochée une seconde de plus à la montre. Bellamy la rattrapa pour la stabiliser, en effectuant une petite pression sur son dos, pour montrer qu'il était là.
- On se casse, finit par dire le meneur, avec un calme épouvantable. Puis, à la foule : Que tout le monde reste calme ! S'il y en a un qui bouge, il resortira d'ici les pieds en avant avec en prime une jolie balle collée dans le crâne !
Il disait cela, le regard braqué vers Clarke et Bellamy, qui se firent tout petit, à trois pas de l'homme.
Mais aucune des trois braqueurs n'eurent le temps de faire quoi que ce soit, la sirène de la police indiqua sa présence.
- Merde ! Les flics !
Les deux hommes les plus baraqués semblaient perde leur sang froids, et jetaient des regards frénétiques autour d'eux, comme s'ils espéraient trouver un échappatoire.
En revanche, le dernier semblait garder son calme. Clarke le vit regarder une seconde dans sa direction, et un frisson glacé se propagea dans sa colonne vertébrale. Avant même d'avoir eu le temps de faire un mouvement de recul, il fit un pas en avant et attrapa son bras d'une poigne extrêmement ferme, la tirant vers lui. La jeune femme poussa un cri bref, de pure terreur, tandis que Bellamy tentait de la retenir, sans résultat. Une seconde après, Clarke se retrouvait le dos contre le torse de l'homme, une arme braquée contre sa tempe. Son cerveau s'était complètement déconnecté, et la seule chose qu'elle était encore capable de discerner, c'était Bellamy en face d'elle, qui la regardait avec de grands yeux déterminés.
-Si tu bouges, ta copine meurt, c'est clair !
La menace était parfaitement compréhensible, et Bellamy leva les deux mains en l'air, pour lui faire comprendre qu'il reculait. Dehors, les policiers avaient encerclés le bâtiment et criaient des choses que la blonde ne parvenait pas à comprendre, comme s'ils parlaient dans une autre langue.
Sans se préoccuper plus de Bellamy, le braqueur se tourna vers l'entrée, en tenant toujours son otage devant lui, criant ses directives pour qu'on le laisse sortir, lui et l'otage qu'il tenait. Mais il n'avait pas pris en compte l'homme derrière lui !
Sans crier gare, Clarke perçut un mouvement venant de son dos, et se retrouva projetée à terre. Elle comprit que Bellamy s'était jeté sur le dos du braqueur, le déséquilibrant pour le faire tomber, et elle avec. Avec un réflexe de survie pur et dur, elle se poussa contre le mur, les joues maculées de larmes. Le braqueur avait fait tomber son arme au sol, et les policiers avaient profité de la panique à l'intérieur pour rentrer dans le bâtiment, attrapant les deux autres criminels, qui étaient à présent menottés. Complètement perdue, Clarke entendit soudain un cri bref, qui lui donna la chaire de poule.
Bellamy, assis sur le meneur, le maintenait couché à terre afin qu'il ne s'enfuit pas. Mais il n'avait pas pris en compte que le pistolet n'était peut-être pas sa seule arme. Il ne put donc par réagir lorsque l'autre sortit un couteau à cran de son blouson noir et le lui planta dans l'abdomen.
En poussant un hurlement à la vue du sang, Clarke attira l'attention des policiers, qui se précipitèrent vers les deux hommes, relevant l'homme à la capuche. Se traînant presque à terre, la jeune femme s'approcha de Bellamy. Il avait les yeux ouverts, mais ne parvenait pas à prononcer le moindre mot, du sang s'écoulant de sa blessure, à une telle vitesse que la jeune femme sentait sa tête commencer à tourner. Mais elle ne pouvait simplement pas abandonner le jeune homme maintenant, pas après qu'il lui ait sauvé la vie!
- Bellamy, sanglotait-elle en lui prenant la main, Bellamy, s'il te plaît, reste avec moi ! Tu ne peux pas m'abandonner, pas maintenant, pas toi !
Sans faire attention à elle, les secours la poussèrent sur le côté, afin d'avoir la place pour soigner le jeune homme. Une secouriste, pas beaucoup plus vieille qu'elle, vint se placer devant elle, pour regarder les égratignures qu'elle s'était faite en tombant.
- Non, non, hoquetait-elle, refusant l'aide qu'on lui apportait. Bellamy, je… je… Je veux savoir comment il va.
- Madame ! Dit fermement la secouriste en lui attrapant les mains et en la forçant à la regarder dans les yeux. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour le sauver. Mais vous ne nous aiderez pas en vous inquiétant pour lui. Laissez moi vous examiner, ensuite la police viendra vous poser quelques questions, d'accord ?
Sans être capable de quitter des yeux le brancards où était couché Bellamy, la jeune femme acquiesça. Elle laissa l'urgentiste s'occuper d'elle, sans être capable de retenir ses larmes, sans pouvoir éliminer ce sentiment de trou dans sa poitrine.
- Ils vont l'emmener à l'hôpital pour l'opérer, vous pouvez venir si vous voulez. Je vais parler avec les policiers, ils accepteront sûrement de vous parler là-bas.
La voix de la jeune femme était douce et bienveillante. Encore une fois, Clarke hocha la tête et la suivit jusqu'à l'ambulance où se trouvait le jeune homme, qui semblait complètement inconscient.
Le trajet jusqu'à l'hôpital fut bref, Clarke tenant fermement la main de Bellamy dans la sienne, en tentant par tous les moyens de retenir les sanglots qui la traversaient, sans être capable d'empêcher les larmes de couler sur ses joues. Elle voulait être forte, forte pour lui, parce qu'il lui avait sauvé la vie. À présent, c'était à elle se faire son devoir !
Sans trop se préoccuper d'elle, les médecins prirent en charge le blessé, laissant Clarke seule. On lui indiqua un endroit où attendre, lui affirmant qu'on lui donnerait des réponses bientôt. Puis tout le monde disparut, laissant la jeune femme esseulée, son t-shirt tâché du sang du jeune homme, la peur au ventre.
Les heures passaient, sans que personne ne revienne lui donner la moindre information. La jeune femme, assise, trop fatiguée pour pleurer, réfléchissait, se laissait sombrer dans les souvenirs :
Elle se rappelait de la rencontre avec Bellamy, des amis les ayant présenté. Cela avait été un vrai coup de foudre, comme elle n'aurait jamais pensé qu'il pouvait exister. Ils avaient vécu dans leur bulle, pendant deux ans, s'aimant la folie, sans presque aucun nuage pour venir assombrir leur futur. Elle, qui ne se pensait pas capable d'aimer à ce point, elle s'était rendue compte qu'elle était tout simplement incapable de s'imaginer vivre sans lui. Puis, après plus de deux ans de relation, elle était rentrée un soir, après avoir passé la soirée avec une amie, et l'avait trouvé dans leur lit, avec une inconnue. Le choc passé, elle l'avait mis dehors, et s'était effondrée. Il lui avait fallu presque 8 mois avant de retrouver un semblant de vie normale, se demandant sans cesse si elle était fautive, qu'est-ce qu'il avait bien pu penser pour faire une chose pareille. Après cette soirée, elle avait refusé le moindre contact, et ne l'avait plus revu, jusqu'à aujourd'hui, dans cette banque. Mais les sentiments, eux, n'avaient jamais disparu. Alors qu'elle aurait voulu le haïr de toutes ses forces, elle n'y parvenait pas et n'avait jamais cessé de l'aimer. Du moins, c'est qu'elle avait compris, assise dans cette salle d'attente. Malgré tout ce qui s'était passé entre eux, elle refusait de le laisser partir, elle refusait de passer ne serait-ce qu'une seconde de plus loin de lui. Elle lui pardonnerait tout, et bien plus encore si on lui offrait la chance de le revoir encore une fois !
- Madame ?
Le médecin s'approchait d'elle, toujours en tenue pour opérer. Le cœur de la jeune femme s'accéléra, et elle fut tout bonnement incapable de faire le moindre mouvement dans sa direction, comme si ses jambes étaient devenues du plomb. Sa bouche semblait elle aussi privée de tout mouvement.
- L'opération s'est bien passée. Le couteau avait perforé son intestin, mais il tiré d'affaire !
Sans pouvoir s'en empêcher, Clarke laissa un gémissement sortir de ses lèvres, alors que les larmes recommençaient à couler ! Le soulagement qui l'envahit fut tel que le médecin dut la rattraper pour l'empêcher de tomber. Elle sanglotait, laissant toute la peur sortir de son corps, incapable de se retenir. Il était vivant, et c'était tout ce qui comptait maintenant !
En entrant dans la salle de réveil, Clarke ne put s'empêcher de laisser de nouvelles larmes couler. Décidément, elle était une vraie fontaine aujourd'hui ? Elle ignorait même qu'elle était capable de pleurer autant…
- Salut, murmura-t-elle au jeune homme, qui tourna la tête vers elle, avec lenteur.
Il semblait encore un peu sonné, par les médicaments, et par l'anesthésie. Le médecin avait été clair : Il lui faudrait un peu de temps pour être complètement remis.
- Hey !
Sa voix était faible, mais peu importait aux yeux de Clarke, tant qu'elle pouvait le retrouver en vie. Elle s'approcha doucement de lui, comme si elle avait peur de le blesser.
- Je suis contente de te voir, dit-elle, avec maladresse. Tu m'as fait tellement peur !
Bellamy lui offrit un petit sourire, puis la regarda dans les yeux. Il semblait mal à l'aise, ce que la blonde ne comprenait pas.
- Écoute Clarke, je sais que tu dois m'en vouloir pour avoir joué au héro à la banque, mais je ne pouvais pas le laisser te faire le moindre mal, alors je n'ai même pas réfléchi ! Et j'étais tellement soulagé de te voir saine et sauve que je n'ai même pas pensé au fait qu'il avait peut-être d'autres armes ! Je suis désolé que tu te sois inquiété pour moi, vraiment !
Il aurait sûrement continué son baratin encore longtemps si la blonde ne s'était pas précipitée vers lui pour le faire taire d'un baiser. Bellamy, d'abord surpris par ce geste, la serra fort contre lui, tandis que Clarke était à moitié couchée sur le lit à ses côtés, comme pour ne plus jamais le laisser partir. lorsqu'elle se recula un peu pour le laisser respirer, elle vit qu'il la regardait d'un air surpris.
- Tais-toi, espèce d'idiot ! Le plus important, c'est que tu sois là avec moi, en vie ! C'est tout ce qui m'importe, et c'est la seule chose que je veux. Ne plus jamais être séparée de toi, je veux pouvoir me réveiller tous les jours à tes côtés, je veux pouvoir m'endormir avec comme dernière image tes tâches de rousseur. Je veux ne plus jamais avoir à m'inquiéter pour toi ! Plus jamais !
-Alors tu ne m'en veux pas ?
Bellamy demanda cela en essuyant du bout de son dos, une unique larme, qui perlait au coin des yeux azurs de la jeune femme.
- Si, finit-elle par avouer. Mais je suis surtout heureuse de te voir avec moi maintenant ! Je ne veux plus me disputer avec toi !
- Alors cette journée aura au moins eu un aspect positif, ironisa-t-il. Puis, en reprenant plus sérieusement : Je t'aime Clarke, j'espère que tu le sais !
- Moi aussi je t'aime.
Elle posa à nouveau ses lèvres sur les siennes, tout simplement heureuse d'être de nouveau dans ses bras.
