Bonjour à tous ! Hé oui, vous ne rêvez pas, voici un nouveau chapitre !

Je tiens à préciser que tous les lieux sont réels. En général, j'évite de donner des noms de lieu, mais cette fois je me suis dis que j'allais les faire venir en Suisse. Ben oui, c'est chez moi et je n'ai absolument jamais vu une histoire Bellarke (enfin, même, en général) se passer en Suisse, encore moins sur Lausanne. Du coup je me suis dit, et pourquoi pas ? Alors bienvenue chez moi !

(S'il y a des Suisses parmi mes lecteurs, manifestez-vous, je me sens seule !)

Allez, bonne lecture


Tout avait commencé un dimanche, ce dimanche 13 mai, comme un funeste présage de ce qui allait arriver, comme si un signe du ciel voulait prévenir le monde entier de ce qui allait arriver.

Il faisait chaud ce jour-là. Bien plus que la semaine qui avait précédé ne l'avait présagé. Toute la journée, les enfants avaient couru dehors, se réjouissant de pouvoir passer cette première journée si chaude à jouer à l'extérieur plutôt que sur les bancs de l'école. Il fallait dire que le temps n'avait pas été très clément ces derniers temps, et dans les chaumières, certaines personnes fulminaient sur ce « prétendu » réchauffement climatique qui n'arrivait toujours pas et qui les obligeait à vivre dans des froids soi-disant polaires pour la saison.

À Lausanne, chef-lieu du canton de Vaud, en Suisse, avait ouvert le luna park, cette petite fête qui durait un mois sur la place d'Ouchy, et qui réunissait quantité de familles et d'adolescents, venus se réjouir des attractions que représentaient cette fête foraine. Et ce dimanche soir, alors que le soleil se couchait lentement derrière eux, embrasant le lac Léman d'une éblouissante couleur rose, les habitants de Lausanne et tous ceux qui venaient des alentours, firent honneur à ce festival qu'ils connaissaient maintenant depuis tant d'années. Les allées étaient bondées d'enfants, accompagnés de leur parent, qui regardaient avec émerveillement les échoppes d'où émanaient les senteurs sucrées des barbes à papas ou des gaufres, suppliant leur père de leur acheter une confiserie, et s'accrochant à la main de leur mère pour ne pas se perdre dans la foule qui se pressait autour d'eux. Les poussettes prenaient de la place, et les chiens aboyaient de temps en temps, signe de cette agitation qui les excitait. Des groupes d'adolescents, parfois âgés seulement de 13 ans, et pourtant possédant déjà dans leurs yeux cette lueur de défis que caractérisait la puberté, traînaient autour des attractions, formant des gangs. Les filles et les garçons, peu vêtus en raison de la chaleur de cette soirée, riaient ensemble, pointaient du doigt les attractions qu'ils souhaitaient faire.

Dans tout ce brouhaha constant, un couple marchait tranquillement, tendrement enlacé. La fille, qui avait attaché ses cheveux blonds en chignon qui pointait vers le ciel, portait un blouson noir trop grand pour elle, qui devait sûrement appartenir à son compagnon, puisque celui-ci ne portait qu'un simple t-shirt gris avec le logo « coca-cola » inscrit dessus. Ils riaient doucement, comme s'il n'existait plus d'autre monde que celui qu'ils s'étaient créés.

Arrête, tu n'arriveras jamais à manger encore une barbe à papa après tout ce que tu as avalé ce soir !

Le garçon pinça la hanche de sa compagne et lui offrit un regard charmeur lorsqu'elle le fusilla de ses iris bleus. Comme pour lui prouver qu'il avait tort, elle s'empara de son porte-monnaie et se précipita vers le stand le plus proche, où deux autres personnes attendaient leur tour pour être servi. Bellamy regarda le sol en souriant, puis rejoignit Clarke, qui refusait obstinément de le regarder. Il lui embrassa le sommet de son crâne et du coin de l'œil, alors qu'il se reculait, il vit qu'elle tentait vainement de ne pas sourire.

Bonjour, dit-elle à la jeune fille qui semblait s'ennuyer à mort derrière le comptoir. Je voudrais une barbe à papa. Et la plus grande que vous ayez !

En se retournant, elle gratifia Bellamy d'un sourire railleur, mais ses yeux envoyaient un autre signal : un amour infini !

Tenez, dit la vendeuse, en se retenant de bâiller. Ça fera 5 francs.

Les deux amoureux s'éloignèrent du stand pour se planter l'un en face de l'autre, se regardant droit dans les yeux.

Très bien, déclara Bellamy en croisant les bras sur son torse. Je t'en prie, tente de manger tout ce sucre qui viendra s'installer directement dans tes hanches.

Si ces yeux avaient pu lancer des missiles, Bellamy aurait sûrement ressemblé à un morceau de fromage à cet instant précis.

Je te paris, continua la jeune femme d'un ton de conspiratrice, que je peux la finir en moins de 5 minutes.

Paris tenu ! s'exclama Bellamy en tendant la main devant lui pour sceller la promesse.

Ils se sourirent, et Clarke regarda son petit ami sortir son téléphone pour mettre le minuteur.

Si je gagne, dit-elle, tu acceptes qu'on prenne un chat !

Son visage était traversé par un énorme sourire, alors qu'elle savait qu'il était absolument hors de question pour Bellamy de prendre un animal dans leur appartement.

D'accord ! Concéda-t-il, à la grande surprise de Clarke. Par contre, continua-t-il avec un sourire bien mystérieux, tu auras l'obligation de faire Le Chaos avec moi. Allez, go !

Et à ces mots, il enclencha le minuteur. Clarke mit une dizaine de seconde à réagir, encore sous le choc du coup de traître qu'il venait de lui faire.

Car Clarke avait vraiment peur des grosses attractions, et elle n'avait jamais eu le courage de monter dans le Chaos. Pourtant, elle cessa d'y penser pour se mettre à dévorer sa barbe à papa, sans quitter Bellamy des yeux, les déviants uniquement pour regarder le chronomètre qui avançait beaucoup trop rapidement à son goût. Mais heureusement, son estomac bien entraîné aux grignotages inconsidérés possédait encore suffisamment de place pour lui permettre de dévorer le sucre rose à une vitesse considérable. Avec contentement, elle comprit qu'elle allait très certainement gagner son pari.

Mais Bellamy aussi l'avait remarqué, et il ne comptait absolument pas se laisser faire. Il commença donc à faire le pitre devant elle dans le but de la faire rire, mais la jeune femme était beaucoup trop concentrée sur son goinfrage pour se laisser avoir. Alors il choisit une autre méthode : les chatouilles. Il savait parfaitement que Clarke était la personne la plus chatouilleuse qu'il connaissait, et qu'elle ne pouvait s'empêcher de gigoter dans tous les sens dès qu'on approchait trop près de ses côtes. Alors il se plaça derrière elle, et avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qui se passait, commença à la chatouiller sans pitié, la faisant hurler de protestation :

Arrête ! Mais qu'est-ce que tu fais ? Non ! Ce n'est pas du jeu, laisse-moi tranquille.

Tout à coup, alors qu'il ne restait que deux petits bouts de sucre sur le bâton, ce dernier échappa des mains de Clarke et atterrit sur le sol. Les deux amoureux cessèrent immédiatement leur petit jeu et le regardèrent bêtement.

Dépêche-toi, il ne te reste que 20 secondes, murmura doucement Bellamy à l'oreille de Clarke.

Cette dernière se retourna contre lui et martela à l'aide de ses poings, le torse de Bellamy.

Tu l'as fait exprès ! Ce n'est pas du jeu ! Non, le pari n'est pas valide, tu as triché.

Pas du tout ! Dit Bellamy en lui attrapant les poignets. On n'a jamais dit que je n'avais pas le droit de t'embêter, donc le pari tient toujours. Tu préfères y aller maintenant ou on va faire un tour dans la grande roue avant ?

Il l'empêcha de protester plus longtemps en la ramenant vers lui pour l'embrasser.

Finalement, ils décidèrent d'aller d'abord à la grande roue, à cause du monde qui faisait la queue devant le Chaos, même si Bellamy lui assura qu'elle n'allait pas y manquer, même si Clarke était sauvée pour le moment.

En s'asseyant sur la petite nacelle bleue, les deux se collèrent l'un à l'autre, regardant l'horizon qui était désormais beaucoup plus sombre, envahi par la nuit.

Ils venaient ici tous les ans, parce que la mère de Clarke avait été mutée au centre hospitalier universitaire vaudois (ou CHUV pour les intimes) et vivait désormais dans une charmante villa au bord du lac, dans un petit village situé à une quinzaine de minute de Lausanne, St-Sulpice. Tous les ans, au mois de juin en général, elle les invitait à venir deux semaines la voir et les invitait à loger chez elle. Ainsi, depuis maintenant 4 ans, les deux amoureux venaient chaque année au Luna Park.

Ils s'étaient rencontré à l'université de Paris, elle étudiait l'art, et lui l'histoire. Le coup de foudre avait été instantané. Dès lors, et depuis maintenant 7 ans, ils vivaient une formidable histoire d'amour, certes parfois ponctuée par des grosses crises, provoquée par leur deux gros caractères, mais surtout d'énormément de passion et de tendresse. À presque 27 ans, les deux n'envisageaient plus leur vie l'un sans l'autre.

Bon, ma chérie, reprit Bellamy alors qu'ils descendaient de l'attraction. Il va falloir y aller !

Il l'avait dit d'une voix désolée, mais Clarke savait qu'il se réjouissait de la force à monter sur cette attraction. Elle tenta vainement de se défiler, mais il ne l'écouta pas et la traîna de force au milieu des gens, jusqu'à s'arrêter devant l'attraction.

Le Chaos n'était pas si impressionnant, car elle ne montait pas si haut que cela. Mais les gens qui se trouvaient dessus se retrouvaient à l'horizontal, sur une nacelle qui pivotait sur elle-même, de sorte qu'ils regardent d'un sens de ciel, puis alors que les sièges se balançaient de l'autre côté, regardaient le sol. En soi, tout cela ne faisait pas si peur, mais Clarke détestait la vitesse combinée à ce mouvement de balancier. Ainsi, alors qu'ils faisaient la queue avec plusieurs autres jeunes personnes, la jeune fille se retrouva collée au torse de Bellamy, sur le point de pleurer tant elle avait peur !

Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller.

Elle répétait inlassablement cette phrase, sa voix légèrement assourdie à cause du t-shirt de Bellamy, et dernier tentait de la rassurer, mais il lui était difficile de rester de marbre face à cette situation.

Finalement, ils montèrent sur l'attraction, posèrent leur sac et enlevèrent leur chaussure auparavant. Assise sur le siège, les mains crispées sur la barre de sécurité qui la tenait fermement, Clarke fermait les yeux. Son siège se mit doucement à se balancer, et elle sentit la main de Bellamy agripper la sienne. Elle s'y cramponna comme si c'était la dernière chose qu'elle allait faire de sa vie.

L'accident est survenu dimanche 13 juin, peu après 21 heures, au Luna Park de Lausanne. L'attraction portant le nom du Chaos s'est désintégré alors qu'il fonctionnait. Sur les 12 personnes se trouvant à bord de l'attraction, 11 ont perdu la vie et une d'entre-elle se trouve actuellement entre la vie et la mort au CHUV. De plus, la nacelle a atterri sur la route qui bordait le Luna Park, fauchant au passage deux voitures.

Le Luna Park est le festival incontournable pour tous les habitants vivant dans les alentours de Lausanne. Cette fête foraine qui a fêté ses 50 ans en 2016, a connu hier soir, un tragique accident, comme il n'en avait jamais connu. Le soir, vers 21 heures, l'une des attractions les plus appréciées, Le Chaos, a vu son bras – où étaient assises 12 personnes – se détacher sans raison apparente. Après un vol plané de quelques mètres, la nacelle a atterri sur l'avenue de Rhodanie, route très empruntée en raison du Luna Park. On dénombrait une quinzaine de blessés, dont certain grièvement, et 13 morts. Les pompiers, qui ont rapidement intervenu, avouent n'avoir jamais vu un tel spectacle : « C'est la première fois que je vois une chose pareille. C'était la panique là-bas, il y avait du sang partout. ».

Le propriétaire du Chaos n'a pas souhaité communiquer d'informations. Il assure simplement que tous les contrôles étaient en ordre, et qu'il devaitt s'agir d'un dysfonctionnement impossible à détecter. Une enquête a été ouverte afin de découvrir les véritables circonstances de l'accident. Le Luna Park a fermé ses portes pour cette années, afin de ne pas entraver l'enquête de la police.

Une marche aura lieu mercredi 14 mai sur l'avenue de Rhodanie pour la mémoire des victimes.


Je sais, je sais... C'est triste. Ne m'en voulez pas trop s'il vous plait.

J'ai eu cette idée en allant justement au Luna Park, mais je vous rassure, ce genre d'accident n'est encore jamais arrivé ! (et on croise les doigts pour que ça n'arrive jamais !)

Il est déjà l'heure de se dire au revoir, et je vous dit à bientôt (dans quelques semaines au maximum j'espère)