Salut, salut ! Désolée du retard j'ai été assez prise - ce qui fait que j'ai écrit tout le chapitre en deux heures pour me rattraper. XD mais ne vous inquiétez normalement je suis régulière dans mes publications. Juste que je n'avais pas mon ordi à Vienne donc ça limite ;)

Mais bref, je vous remercie de lire ce second chapitre ! Les musiques qui vont bien avec sont entre {}. Je les conseille mais bon, faites comme vous voulez bien sûr :D

Réponse aux reviews :

Elyruias : Hello, merci de ta review ! Ouais tellement beau ! La première fois que je l'ai regardé j'étais genre "c'est quoi cette fin !?" J'ai eu beaucoup de mal à de me décider entre plusieurs images pour la couverture parce qu'il y en avait pas mal que j'aimais. Bon, j'espère que ce chapitre va te plaire également.


Chapitre 2: Préparation

Ils marchaient tranquillement dans les rues assez peuplées et s'arrêtèrent devant une porte en bois. Chiyuki chercha un instant dans son sac à main - Decim tenait le plus gros sac - et en tira des clefs qui tintèrent doucement. Elle les inséra dans la serrure et les tourna. La porte de l'appartement s'ouvrit et ils rentrèrent. Elle lui montra les escaliers - même pas d'ascenseur - et l'informa que le sien était au troisième. Après tout, il allait devoir vivre avec elle comme il n'était pas habitué à ce monde et qu'il n'avait nul part où aller.

Elle le prévint juste avant qu'elle n'ouvre la porte que c'était assez restreint. Ils rentrèrent et elle posa ses affaires près de la porte d'entrée - se fermant juste derrière elle. Elle lui montra les vingt mètres carrés qu'elle possédait - pas très difficile de faire visiter comme tout sauf la salle de bains était dans la même pièce. Le lit - miraculeusement double - se trouvait pile en face de la cuisine, juste à la gauche de la porte d'entrée, une petite pièce comportant la salle de bains. Ils allaient sans doute devoir partager le lit et cela la fit rougir.

Decim remercia de son hospitalité et se planta au milieu de la pièce tandis qu'elle faisait bouillir de l'eau pour faire du thé. Elle rigola et lui indiqua qu'il pouvait bien s'asseoir. Elle s'assit ensuite en face de lui quand le thé fut prêt.

— Alors, hum déjà désolée pour la taille restreinte mais je ne gagne pas encore assez pour acheter un plus grand… Bon alors explique-moi les jugements que tu as rendus et pourquoi tu les as faits.

Il lui exposa alors tous les cas auxquels il avait eu affaire. Elle hocha pensivement la tête au premier et lui expliqua ce qu'elle aurait fait et pourquoi. La personne qui avait tué, ce n'était que par légitime défense. Elle avait voulu protéger son petit frère. Le deuxième, il avait jugé correctement. Ils continuèrent pendant presque une heure. Et Decim comprit alors ses erreurs : il avait à la fois cherché trop et pas assez loin. Nona disait juste : il lui manquait quelque chose. Chiyuki l'avait déstabilisé, lui avait rajouté quelque chose mais pas assez. Encore une fois il était entre les deux : trop ou pas assez. Il décida de changer de sujet.

— Et toi, que fais-tu de tes journées ? Tu travailles où ?

Elle sourit légèrement embarrassée puis regarda sa tasse vide. Elle regarda alors la petite fenêtre juste derrière lui qui amenait une douce lumière dans la pièce. Elle fit tourner sa tasse puis lui annonça.

— Eh bien… disons que… Je patine. Je n'ai pas pu m'arrêter. Comme tu m'as donné une seconde chance, je m'en suis saisie. Ç'a été bien plus facile que la première fois, j'avais encore les acquis de ma précédente vie. Je me suis vite faite repérée, enfant. J'ai fait des compétitions et je commence tout juste à sortir du lot. C'est un peu plus long que la dernière fois. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je m'en sors. A vingt-et-un ans je vais faire la sélection pour la compétition nationale dans peu de temps normalement. Je veux de nouveau atteindre les JO. J'ai quand-même gagné pas mal de compétitions.

Il hocha la tête et elle crut lire un légère lueur de fierté dans son regard. Comprenait-il à quel point elle tenait au patinage ? Sans doute. Après tout, il avait vu ses souvenirs en détail de sa vie précédente. Elle sourit légèrement. Elle lui fit signe de prendre ses aises. Mais il n'avait pas d'autres affaires que celles qu'ils portaient en ce moment. La jeune femme fit une légère moue. C'était obligatoire d'acheter quelque chose d'autre. Mais une bonne partie de ses économies allaient sans doute y passer. Bon tant pis…

Elle se saisit de son sac et le saisit par la main, l'emmenant dehors faire les boutiques. Elle croisa un de ses voisins qui la salua et loucha sur l'homme juste derrière elle et leurs mains liées. Elle rougit et libéra alors Decim qui la suivait tranquillement. Après tout, il avait bien compris qu'il fallait qu'il la suive… Elle bafouilla un bonjour puis accéléra le pas en descendant les escaliers.

Dehors, elle se dirigea vers la station de métro. Elle connaissait un endroit avec des bons habits et à prix assez bas. Il fallait au moins lui acheter le strict minimum. Deux pantalons pour le moment et quelques t-shirts. Et sous-vêtements. Elle rougit de plus belle : c'était ce qu'étaient censés faire les couples. Pas elle. Elle chassa ces idées de sa tête, il se débrouillerait à ce niveau là !

Elle rentra dans une boutique, suivie du blanchâtre. Elle lui indiqua de chercher ce qu'il lui plaisait. Elle se dirigea vers les jeans et lui en choisit deux qui devraient lui aller. Elle nota qu'elle ne l'avait jamais vu habillé d'une autre façon qu'en costume classe de barman. Elle retourna vers lui et s'aperçut qu'il avait une fois de plus choisi des chemises. Elle soupira et lui expliqua qu'il y avait d'autre habits dans la vie. Elle lui montra alors un T-shirt simple avec quelques inscriptions et il le prit. Elle ne sut pas si c'était parce qu'elle le voulait ou qu'il aimait bien. Ils continuèrent à chercher et finalement elle dut consentir à une chemise bleue ciel qu'elle trouvait assez jolie.

Elle se rendit à la caisse et serra les mâchoires en voyant le prix. Plus de cent cinquante euros en tout - avec trois pantalons, plusieurs t-shirts et la chemise. Et ce n'était sans doute pas encore fini. Il fallait sans doute lui acheter quelques affaires de toilettes… Elle le laissa ensuite choisir ce dont il avait besoin comme sous-vêtements en lui donnant de l'argent. Pas question qu'elle rentre là-dedans ! En même temps elle passa à la banque et ouvrit un compte au nom de ce dernier. Bon elle ne savait pas trop combien de temps il allait rester alors au moins tout serait prêt.

Les mains remplies de paquet, ils retournèrent chez eux. Alors qu'ils rangeaient, elle entendit un bruit juste à côté d'elle. Le Juge se tint alors le ventre de ses mains. Il avait faim. Un sourire s'esquissa sur le visage de la jeune femme et elle regarda l'heure avant de s'apercevoir qu'ils avaient passé plus de temps que prévu dans les magasins. Elle espérait tout de même allait au boulot cet aprèm, mais finalement ce serait sans doute raté. Elle sortit alors une casserole, mit de l'eau dedans et la mit sur la plaque à induction. Elle demanda à Decim de surveiller l'eau et de mettre les pâtes quand ce serait bon tandis qu'elle allait aux toilettes et se laver les mains.

En revenant elle le vit regarder le paquet vide entre ses mains et les pâtes qui barbotaient dans l'eau. Elle se demanda si l'eau avait chauffé si rapidement et s'approcha. Elle se tapa le front de la main en voyant que les pâtes tournaient dans l'eau encore tout juste tiède.

— Decim ! On met les pâtes quand l'eau bout ! Pas quand elle est encore froide ! Tu ne sais pas cuisiner ?

Il secoua la tête. Après tout, là-bas il n'avait jamais eu besoin de manger. Boire était aussi un simple plaisir. Il la regarda sortir une passoire, remettre les pâtes dedans, augmenter la température de la plaque. Puis pendant les deux minutes suivantes ils fixèrent l'eau qui commençait à frémir. Elle se décida qu'il allait falloir lui apprendre à cuisiner s'ils voulaient vivre ensemble : elle n'allait pas tout le temps pouvoir faire à manger. Elle inséra ensuite les pâtes et lui expliqua qu'il fallait aussi faire attention parce que c'était chaud.

Ils s'installèrent ensuite à la petite table et commencèrent à manger. Decim mangea en silence et celle en face de lui eut alors l'impression que c'était la première fois qu'il mangeait. Dommage que ça ne soit que de pauvres pâtes toutes banales. Elle n'arrivait pas à grand chose avec son salaire pour le moment. Elle devait au moins passer les qualifs pour les nationaux pour qu'il augmente, et, en plus, elle économisait pour s'acheter un autre appartement dans un quartier qu'elle avait repéré. Pourtant, il sembla apprécier le repas et se resservit à l'amusement de la brune.

— Crois-tu que je pourrais t'aider dans ta vie de tous les jours, comme je ne sais pas ce que je cherche, mieux vaut faire comme si j'allais vivre ici toute une vie. Tu ne crois pas ? proposa-t-il

Elle hocha simplement la tête, en ramassant les assiettes puis commençant à les frotter dans le lavabo. Elle sortit alors deux yaourts du frigo en se demandant ce qu'il pourrait bien faire. Il ne savait pas cuisiner. Faire la plonge ? Ça ne rapportait pas assez. Non elle ne voyait vraiment pas. Quand elle se tourna vers lui pour lui demander ce qu'il avait en tête, elle suivit alors son regard posé fixement sur quelque chose. Une bouteille d'alcool. La seule qu'elle possédait en réalité… Une lumière tilta dans son esprit. Mais oui, pourquoi pas barman !? C'était assez prisé et bien payé, surtout si on était doué ! Et doué, Decim l'était !

Elle accéléra alors en mangeant son dessert en quatrième vitesse et se décida pour aller voir le bar à quelques rues de chez elle, peut-être que là ils voudraient de lui ! Alors qu'elle le pressait de se dépêcher, elle l'entraperçut se saisir d'un livre qui trainait tout le temps sur son bureau débordé. Elle allait lui demander de poser cela quand elle vit la couverture.

— Chawot, demanda-t-il ? C'est grâce à ça en partie que tu as retrouvé tes souvenirs, tu te rappelles ? Il était dans ta chambre et tu ne l'as pas lu en pensant que c'était un enfant qui l'avait oublié là.

Elle eut un petit hochement de tête accompagné d'un fin sourire triste. Oui elle se rappelait de tout ça. Avant qu'elle doive partir parce que son corps commençait à s'effriter. Elle en rêvait souvent encore, même. Et puis quand elle avait ouvert ce livre, le premier déblocage de ses souvenirs. Et le patinage avait tout terminé. Il l'ouvrit alors. Toutes ces images, elle pouvait les dessiner les yeux fermés. Sa mère actuelle avait été surprise quand, petite, elle le lui avait demandé alors qu'il n'était que très peu connu. Elle le regarda s'asseoir sur la chaise et commencer à lire. Elle eut l'envie irrépressible de le suivre, de le rejoindre dans l'histoire de la vie triste et merveilleuse du jeune garçon.

Il tournait lentement les pages, profitant de chaque image. Est-ce qu'il ressentait quelque chose en ce moment ? Il n'arrivait pas à le savoir. Quelque chose certes en lui remuait, mais comment savoir ce que c'était. Comment savoir ce que ça signifiait ? Quelque chose dans ce conte leur ressemblait, à tous les deux. Elle était le petit garçon qui patinait et qui perdait ce à quoi il tenait le plus tout en tombant amoureux. Il était la petite fille qui partait sans prévenir et qui était aveugle. En réalité, aveugle à tous sentiments.

Leur regard se croisa à la fin du livre quand ils étaient arrivés à la même conclusion. Leur visage était si proche. Elle pouvait nettement distinguer les éclats blancs dans ses yeux, derniers résidus de la croix qui emprisonnait tout ce qu'il pouvait ressentir. Elle s'écarta brusquement en prétextant qu'ils feraient mieux d'y aller tant qu'il ne devait pas avoir grand monde.

En réalité, c'était cette proximité qui l'avait perturbée. Leur visage avait été si proche. Elle avait senti son souffle sur sa peau. Et son coeur battait la chamade. Elle avait eu peur qu'il l'entende. Surtout qu'elle ne savait pas ce que ça signifiait. Est-ce qu'elle était… non. Elle chassa cette idée de sa tête. Elle ne pouvait pas tomber amoureuse au risque trop important de se briser avant les nationaux. C'était ça et uniquement ça qui devait remplir sa tête. Pas les yeux magnifiques du blanc !

En sortant, elle croisa des gens dans la rue dont quelques couples qui se tenaient la main. Une idée passagère lui traversa l'esprit et elle la chassa. Non, elle ne tiendrait jamais la main de Decim puisqu'elle ne ressentait rien pour lui. Et le connaissant, il ne devait certainement pas savoir ce qu'était que de ressentir quelque chose pour quelqu'un !

Elle laissa passer son nouveau colocataire en premier au bar. C'était une grosse boite de nuit qui tournait à pleins régime la nuit, mais qui faisait aussi office de bar la journée. Ils ne s'attardèrent pas longtemps sur les murs principalement en miroir. Des éclairages étaient fixés au plafond et devait tourner pendant la nuit pour mettre de l'ambiance. Ils se dirigèrent vers une serveuse derrière le comptoir où juste dans son dos se trouvaient pleins de bouteilles avec des liquides de différentes couleurs et niveau. Chiyuki ignorait tout de ces dernières mais sans doute le jeune homme, lui, devait toutes les énumérer dans sa tête.

— Oui ? Je vous sers quoi ? Un café ? Une boisson des amoureux ?

Chiyuki bafouilla rapidement un « on n'est pas en couple » mais ce fut - à sa surprise - Decim qui prit la parole.

— Ce serait pour être embauché comme barman ici. On m'a soufflé que vous auriez sans doute besoin d'aide comme votre clientèle augmente.

Il désigna rapidement du bras les clients qui se trouvaient assis sur les tables. Ces dernières étaient enlevées durant la soirée pour faire de la place. La blonde en tenue fixa le Juge dans les yeux avant de leur demander de patienter. Elle allait chercher son patron. Chiyuki quant à elle, préférait rester en retrait. C'était à Decim de mener sa barque comme il l'entendait. Si jamais il avait vraiment besoin d'aide, elle le ferait, mais pour le moment il semblait plutôt bien se débrouiller. La preuve : elle ne l'avait pas jeté immédiatement.

Elle revint avec un homme aux cheveux ébène avec quelques mèches éparses qui lui tombaient sur le visage. Ses yeux gris anthracite se posèrent d'abord sur elle, puis sur son ami. Il le jaugea du regard de haut en bas, puis lui fit signe de passer derrière le bar. Il lui proposa alors qu'il prépare un ensemble de tout ce qu'il lui dirait. Il n'aimait pas former les gens, alors s'il ne savait pas de quoi était composé les boissons, il pouvait repartir maintenant. Mais l'absence d'expression de Decim était en ce moment un gros avantage. Comme il ne bougeait pas et le fixait toujours, le patron hocha la tête.

Chiyuki s'assit à la proposition du noiraud sur un siège au niveau du bar. Les quelques clients qui sirotaient un café se tournèrent vers eux. Le patron en costard demanda tout d'abord un café, chose très facile. Puis il enchaîna avec des noms de boissons que la jeune femme n'avait jamais entendu, cinq en tout, puis il attendit que le prétendant les prépare. Il testait sa mémoire et son efficacité. Ce serait ainsi que les commandes arriveraient

Le blanc ne se laissa pas démonter : il saisit les bouteilles, cherchant leur emplacement logique. Il commença à préparer une boisson tandis qu'il regardait pour la suivante. Ses mouvements étaient fluides et réguliers. Rapides. Il était terriblement efficace. Il enchaînait les verres en les posant juste devant l'homme et l'employée. Quand il eut posé les verres alignés, rajouté la petite décoration sur chacun d'entre eux - ce que préférait Chiyuki - les deux examinèrent les boissons. Ils avaient pu voir qu'il connaissait les mélanges et se débrouillait plutôt bien. Sur ce point-là, il avait réussi, devina la spectatrice.

Le patron se tourna vers elle et lui demanda alors de commander un verre quelconque. Il lui passa alors une carte si jamais. Mais la patineuse avait son idée en tête. Elle regarda fixement son camarade qui se trouvait derrière le comptoir. Comme lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois. Un petit sourire traversa son visage.

— Un Memento Mori, s'il-te-plaît, Decim !

Le patron fronça les sourcils tandis que l'éclairage de la pièce sembla dessiner une trace de sourire sur le visage du potentiel barman. L'homme ne connaissait pas cette boisson. Est-ce que ce type composait lui même des boissons ? Là ça devenait plus qu'intéressant : non seulement il était doué mais si en plus il créait, ça devenait vraiment un élément de choix ! Ils pouvaient en tirer un bon compte, en disant que c'était leur spécialité. Bon le nom n'était pas terrible, assez glauque en y repensant mais pourquoi pas ! Il regarda son futur employé préparer la boisson de ses mains habituées. Il servit enfin en remontant théâtralement la main pour que le liquide vert d'eau tombe correctement dans le verre à pied triangulaire. Il rajouta un parasol bleu et le poussa vers la brune.

Le patron se leva alors et lui en demanda un aussi. En le goutant, il sut qu'il faisait le bon choix. Celui de l'embaucher. Il hocha la tête et tendit la main.

— Decim, c'est cela ? Decim comment?

Chiyuki hésita très peu, comme elle avait déjà pensé au fait que ce dernier n'avait pas de nom de famille.

— Cross. Decim Cross il s'appelle.

Le patron hocha la tête. Il était parmi eux. Il allait sans doute même travailler ce soir comme ils avaient besoin de renfort pour une grosse soirée. A cette occasion ils mettraient en vente la boisson. Il proposa alors de changer de nom mais ce fut deux voix unanimes qui lui répondirent non. Un non ferme et inchangeable. Il fut légèrement déstabilisé par ce refus en accord puis haussa les épaules. Après tout, pourquoi pas. Ils négocieraient le salaire après cette soirée. La jeune femme blonde lui serra alors la main en se présentant. Mélanie. Et la patineuse ne sut pourquoi mais déjà elle la détestait. Etait-ce à cause de ce regard presque carnassier qui semblait dire qu'elle voulait l'homme qui se trouvait en face d'elle ?

La brune fit signe au nouvel employé qu'ils devaient rentrer. Soudain, tandis qu'ils allaient partir, la voix du propriétaire de la boite de nuit la retint. Elle se retourna, se demandant ce qu'il voulait encore au serveur.

— Mademoiselle, vous ne seriez pas Chiyuki Hyakuya ? L'étoile glacée de Tokyo ? Vous allez aux nationaux c'est ça avec toutes les chances de gagner et d'aller aux JO, c'est bien cela ? Celle qu'on dit qui est la réincarnation d'une autre patineuse homonyme ?

Elle sourit légèrement et pencha la tête sur le côté. A ce genre de questions elle répondait toujours la même chose.

— Oui, c'est ce qu'on dit. Même si je ne pense pas que la réincarnation existe. Mais qui sait, peut-être que contrairement à elle, je réussirai à aller loin !

En général, cela fermait le clapet de la personne et cette dernière semblait se dire qu'en effet elle devait s'être trompée. Ce fut le cas. Et de toute façon il y avait de moins en moins de réflexion de ce genre comme les souvenirs de sa vie précédente commençaient à s'effacer tout autour. Elle n'était pas allé très loin alors ils oubliaient. Elle sortit alors du bar pour arriver au soleil, suivit de Decim. Elle le félicita alors chaudement. Il avait réussi ! Leurs mois seraient sans doute moins serrés maintenant, il fallait qu'il réussisse juste à bien négocier son salaire et le tour était joué !

Au moins un tracas qui allait s'effacer. Elle sourit en le regardant discrètement. Finalement il ne s'en sortait pas trop mal ici.

En rentrant, il devait être dans les deux heures. Elle regarda son portable et vit que son coach venait de lui envoyer un texto comme quoi il espérait tout de même qu'elle vienne cet après-midi. Elle lui répondit qu'elle arrivait dans une demie-heure. Elle se saisit de ses affaires du matin et confia au blanc une liste de course en lui indiquant le magasin habituel et les prix les plus bas.

Elle se pressa ensuite vers le métro. Avec sa venue, elle avait presque oublié qu'il ne restait plus qu'une semaine avant les qualifications pour les nationaux. Elle grimpa dans celui qui venait d'arriver en se glissant dedans avant que les portes ne se ferment. Elle l'avait croisé ici. Un léger sourire ne quittait pas ses lèvres tandis qu'elle regardait par la fenêtre - ne voyant rien mais bon.

Elle se changea en vitesse dans les vestiaires et salua son coach, Mahiro. Il la regarda fixement tandis qu'elle commençait à s'échauffer. Elle lui raconta alors qu'elle avait croisé une vieille connaissance et qu'elle n'avait pas pu se désister. Il hocha la tête. C'était elle qui choisissait. Mais après tout une pause ne faisait pas de mal dans son entraînement sévère qu'elle s'imposait.

Il mit alors la musique en route {regrets of the dead, death parade}. Elle se plaça, les mains croisées devant elle, la tête baissée. La musique triste se mit en route. Les notes aiguës de piano commencèrent tandis qu'elle commença lentement à bouger. Ses patins crissèrent doucement sur la glace. Elle commença avec un simple axel en douceur qui passa parfaitement. Ses patins allèrent vers l'arrière tandis que ses bras s'étendaient calmement. Elle fit un saut sur elle-même tandis que les notes graves arrivaient. Ses bras s'étendirent puis se replièrent vers son coeur. Il y avait quelque chose de magique dedans. Elle sauta de nouveau, tourbillonnant. Elle raterrit parfaitement, se replaça et se stoppa un instant. Avec la musique.

Elle repartit, enchaînant les sauts cette fois-ci. Elle enroula ses bras autour d'elle. La tristesse de la musique était enveloppante et il semblait à Chiyuki qu'elle partait loin. Elle revivait des moments de sa vie précédente. Et puis les trois notes de la fin, qui l'immobilisait. Elle s'arrêta, la main droite posée délicatement sur le coeur et la gauche effleurant son genou gauche.

Son souffle était court et elle attendit que son coach applaudisse pour lâcher sa position. Elle patina alors vers lui comme il allait lui dire ses conseils. Elle était très attentive. Au vu du peu de temps qu'il restait, c'était les derniers conseils qu'elle pouvait attraper sur son programme court. Elle allait juste après enchaîner le programme long.

— Eh ben ! Pas mal du tout, je dois dire. Tu me fais ça le jour J, si t'es pas première c'est que tu as le champion du monde devant toi ! Et encore ! Enfin bon, fais bien attention à ton regard, comme tu sais. Tes sauts étaient vraiment très bien, je me suis presque laissé emporté à un moment, j'ai presque senti un petit truc à un instant, même si je ne saurais pas te dire ce que c'est. Mais tu ne l'avais pas hier. Bon, fais-moi ton long programme, que je juge de tout cela !

Elle sourit franchement, fière de ce qu'elle avait fait pour que son coach la félicite aussi chaudement. Il était assez rare en compliments mais quand il en faisait c'était que c'était vraiment bien. Une pointe de chaleur s'alluma dans sa poitrine.

Elle se mit rapidement en place. {Moonlit night, death parade} Elle positionna ses mains comme si elle tenait un verre, légèrement en pince. Puis quand les quelques notes retentirent, elle partit. Pourquoi avait-elle tant voulu patiné sur cette musique ? Elle ne le savait pas. C'était sans doute parce que ses souvenirs étaient revenus ici. Que la musique avait une phase nostalgique puis torturée, avant de se calmer. Quand la seconde partie commença, son jeu de patins changea également. Il devint plus rapide, plus mouvementé. Elle tourna sur elle-même en descendant avant de remonter.

Elle manqua de peu son saut à quatre tour mais se reprit aisément sans rien montrer. Elle glissait sur la glace comme un cygne sur l'eau. Elle était dans son élément, elle le sentait. Enfin, quand elle revint au centre à la fin de la musique, elle étendit la main gauche vers le banc vide et mit la droite autour de sa taille.

Son souffle se calma tandis que la musique s'arrêtait. Elle regarda Mahiro et vit qu'il hochait la tête impressionné. Un grand sourire se forma sur ses lèvres. Elle allait réussir. Elle voulait y croire. Elle irait plus loin que lors de sa vie précédente. Elle gagnerait les nationaux puis irait au JO. C'était son rêve. Et il deviendrait réalité. Elle avait eu le droit à sa seconde chance.


Chiyuki qui ne patine pas n'est pas Chiyuki ;). J'espère que ce chapitre vous a plu ! La semaine prochaine, Chiyuki affrontera son stress lors des qualifications aux nationaux ! Va-t-elle pouvoir aller plus loin que sa vie précédente ou est-elle condamnée à ne jamais aller aux JO ?

Bon voilà pour cette semaine, j'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me laisser votre avis et ce que vous aimez ou ce que je dois changer ! :D A pluuusss!