Hello hello tout le monde! Me revoici avec un nouveau chapitre ... et à l'heure XD ouais ouais enfin c'est bien. Donc bon ! J'espère qu'il va vous plaire. Ce sera les qualifs (le nom le dit ? ah zut :D) et savoir si Chiyuki va réussir ! :p Je voudrais aussi vous remercier de me suivre depuis un mois - eh oui déjà et seulement trois chap, mais je traîne ! - ça me fait plaisir !

Alicexa : Hey, merci merci de ta courte review qui m'a quand-même fait chaud au coeur ! J'espère que la suite aussi va te plaire !

Allez, beuzouilles et bonne lecture !


Chapitre trois : Les qualifs

Cinq jours étaient passés depuis l'arrivée de Decim dans la vie de la jeune femme. Ils s'étaient peu à peu habitués à l'autre. Au point qu'elle avait décidé de commencer à apprendre au jeune homme à cuisiner. En deux jours, il savait préparer de la salade et des pâtes ce qui était déjà un bon début ! En rentrant tard de ses journées, elle trouvait la table dressées et de la salade au minimum au milieu.

Decim avait bien réussi à s'intégrer à son nouveau travail. Il avait fait un grand succès dès le premier soir avec sa boisson aux couleurs originales. Et dès le début de soirée certains commençaient à venir au bar juste pour la goûter. Elle avait un goût particulier, Chiyuki le savait. Quelque chose qui vous faisait vous sentir bien et pourtant légèrement nostalgique. C'était comme si elle ravivait des souvenirs à l'intérieur de soi. Quelque chose de vraiment surprenant.

Ainsi, le blanc avait pu correctement négocier son salaire. Et dès la première semaine il était arrivé avec un chèque à son nom. En voyant le premier versement, les yeux de la jeune femme lui étaient presque sortis par la tête. C'était beaucoup plus qu'elle. Elle n'avait jamais dû toucher cela de sa vie, même de sa précédente ! Eh bien il fallait supposer que le patron voulait le garder.

Ce dernier en plus motivait le Juge à faire de nouveaux cocktails et lui donnait une prime à celui qu'il lui plaisait. En fait sur trois qu'il avait repris du Quidecim, il avait eu trois promotions. L'homme était fier de pouvoir exposer sur sa carte « nouvelles boissons, demander à nos serveurs ». Il avait aussi appris à sa collègue comment les faire.

Cette dernière se rapprochait d'ailleurs peu à peu de lui. Decim ne savait pas encore s'il l'appréciait ou non. Elle avait des manies étranges, comme celles de se coller parfois à lui et de faire presser sa poitrine sur son bras ou son dos. De ses yeux bleus, il la fixait quand elle faisait cela, ne comprenant pas vraiment comment il devait réagir. Il aimerait bien le demander à la patineuse, mais un pressentiment lui disait qu'il ne valait mieux pas le faire. Et la blonde lui avait même donné son numéro en lui disant de l'appeler dès qu'il serait dispo.

Un portable, il en avait récemment eut un avec ses nouvelles économies. La jeune femme avec laquelle il habitait lui avait dit qu'ainsi ce serait plus pratique pour communiquer. Il avait simplement acquiescé et acheté le moins cher - un portable tout de même tactile mais d'une marque peu connue. Son patron lui avait juste après demandé son numéro si jamais il voulait l'appeler pour travailler exceptionnellement avec d'autres horaires.

Le blanc travaillait souvent de la soirée vers le petit matin. Pourtant, certains jours il arrivait à avoir les mêmes horaires que sa colocataire et ils pouvaient passer un peu de temps ensemble. Mais cette dernière était de moins en moins présente comme les qualifications arrivaient à grands pas. D'ailleurs, une valise était couchée au milieu du petit deux pièces comme elle rangeait des affaires à prendre dedans.

Elle devait normalement partir le lendemain vers midi avec sa voiture afin d'arriver dans l'après-midi sur les lieux et être tranquille pour se reposer. Elle espérait de tout coeur qu'il n'y aurait pas trop de bouchons. Son coach lui avait dit d'être prudente : ce serait dommage d'avoir un accident la veille.

Nous étions donc le soir de l'avant veille du jour qu'elle redoutait tant. Elle n'avait pas très faim devant son assiette. En fait, elle attendait son camarade qui ne devait pas tarder à rentrer normalement. Il travaillait de jour aujourd'hui. Sa fourchette remuait doucement les haricots qui se refroidissaient dans son assiette. Elle devait prendre de l'énergie mais son ventre était noué. Des centaines de scénarios se défilaient dans sa tête. Et si elle loupait son saut ? Si elle tombait ? Si elle était éliminée ? Pouvait-elle vraiment réussir ?

La porte de l'appartement s'ouvrit et la fit sursauter en la sortant de ses pensées sombres. Il la salua puis remarqua son état. Ses traits étaient tirés. Il comprit aussitôt. Bien sûr, elle avait peur d'échouer une fois de plus. Il tenta de sourire pour la détendre mais à l'expression surprise de la jeune femme il sut qu'il avait une fois de plus échoué. Elle laissa échapper un petit rire avant de mettre sa main devant sa bouche. Il préférait la voir rire qu'inquiète.

Il l'avait entendue hier lui dire que son coach était fière d'elle. Alors, normalement tout ce passerait bien. Demain matin elle répèterait une dernière fois et mais il était certain qu'elle était déjà fin prête. Il regarda la valise ouverte avec quelques vêtements dedans. Elle devrait rajouter ses deux costumes et ses patins mais normalement il y avait de la place. Il lui avait en fait préparé une surprise, réfléchissant depuis le début de la semaine si c'était une bonne idée.

Il posa son manteau au portant près de l'entrée, délaça ses chaussures bien entretenues puis s'assit en face d'elle en lui souhaitant bon appétit. Il attendit qu'elle mette la fourchette dans sa bouche pour ouvrir la sienne. Il avait tenté de préparer ce qu'il allait lui dire tout la journée, mais en ce moment c'était le blanc total. Et si elle ne voulait pas ? Non c'était pour elle qu'il le faisait. Du nerf.

— Chiyuki, j'ai pris un jour et demi de congés : demain aprèm et vendredi. Si tu veux, je peux venir avec toi. Je te soutiendrai des gradins…

Les yeux de la jeune femme papillonnèrent tandis qu'elle tentait d'analyser ce qu'il venait de lui dire. Il lui proposait… de la soutenir en venant avec elle ?! Qu'il serait là pour l'épauler ? Il avait pris deux jours juste… pour elle et ses qualifs ? Elle l'avait donc autant soulé pour qu'il vienne ou s'inquiétait-il vraiment pour elle ? Elle bafouilla, prise par surprise et il se méprit.

— Enfin, si tu ne veux pas, j'irai travailler, pas de problème, hein ! Je ne veux pas te déranger !

— Non ! Enfin, je veux dire, ça ne me dérange vraiment pas que tu viennes… ça me… ferait plaisir. Je te remercie de ton soutien, Decim. Ça me touche. Vraiment.

Elle sourit franchement et le coeur du blanc sembla faire un saut dans sa poitrine. Il appuya sa main au niveau de l'organe mais ne sentit que des pulsations régulières et rapides. Peut-être un peu plus que normalement ? Il hocha la tête et le bord de ses lèvres se releva légèrement.

Cette annonce avait totalement ôté les doutes de la jeune femme de sa tête. Elle ne pensait qu'à son expression légèrement embarrassée en train de lui demander s'il pouvait venir. Il avait fait cela pour elle et elle n'arrivait pas à y croire. Est-ce qu'il ? Non elle ne pouvait pas y croire : c'était un Juge et il ignorait tout des sentiments humains ! Elle mangea sans réfléchir son assiette et alla alors se coucher. Demain elle présentait sa dernière représentation à son coach. Elle voulait être parfaite pour que Decim regarde.

Le lendemain, elle se leva comme à son habitude, mangea rapidement, saisit son sac de sport prêt de la veille et sortit en souhaitant une bonne journée à Decim qui la suivait. Elle était heureuse qu'il décide de venir avec elle, qu'il ait mis ses affaires dans la valise. Il serait là pour la soutenir, elle ferait de son mieux.

Elle arriva sur la glace, comme à son habitude, son coach était déjà là. Elle était en costume. Il lui fit signe de tourner lentement sur elle-même et hocha la tête, charmé. Mais elle savait que ce n'était pas parce qu'elle lui plaisait au niveau sentimental : au tout début de leur collaboration ils avaient décidé de mettre les choses au clair : jamais plus qu'une relation professionnelle et amicale. Cela leur convenait à tout les deux : aucune ambiguïté quand son coach pouvait la toucher pour la replacer.

Il lui fit signe qu'elle pouvait y aller. Et en commençant sa chorégraphie une image se grava dans sa tête. Elle lui arracha un petit sourire. Decim, qui n'arrivait pas à lui dire qu'il aimerait partir avec elle, qui s'emmêlait les pinceaux comme il avait cru qu'elle ne voulait pas de lui. Et son petit sourire à la fin… Sa concentration était là, son corps connaissait l'enchaînement. Mais son esprit était tout à fait ailleurs. Quand elle s'arrêta, ce furent les applaudissements d'une dizaine de personnes qui la sortit de son monde. Elle regarda perplexe quelques spectateurs arrivés. Son coach leva un pouce et lui dit d'aller se changer.

En revenant, il lui fit signe de venir.

— Tu as eu une certaine sensibilité sur celle-là, développe-moi ça sur la deuxième. Parce que c'était vraiment beau ! Je veux que ce soit cette sensibilité touchante que tu montres au jury. Je veux que tu ressentes la musique ! J'ai trouvé ce que j'attendais de toi, alors montre-moi !

Chiyuki ne comprit d'abord pas. Une… sensibilité ? Elle regarda rapidement les personnes assises sur les gradins. Comment trouver ce que son coach voulait ? Elle ne comprenait pas comment elle avait fait pour les toucher. Et tandis que la musique commençait, un léger frisson lui parcourut le bras. Elle revoyait Decim dans le bar du Quidecim en train de lui sourire.

Ses patins la portèrent. Ses sauts étaient légers. Elle passa le quadruple en perdant légèrement de l'équilibre mais se rattrapa facilement. Elle n'était pas tombée ! Un sourire s'agrandit sur ses lèvres. Quand elle finit, c'était finalement l'image d'une personne qui était encore présente dans son esprit. Et elle entendit les applaudissements. Un grand sourire se peignit sur son visage ! Elle voulait gagner !

Le coach la félicita puis lui fit comprendre que ce serait tout pour aujourd'hui. Une heure, seulement ? Il voulait la garder en forme pour demain. Ce n'était pas le moment de se blesser ou de se fatiguer inutilement. Demain serait le grand jour et il la voulait en parfaite santé et forme. Elle hocha la tête puis lui dit à demain.

En rentrant, elle prépara le repas. Légumes et steak. Tout bon pour les muscles. Elle soignait son alimentation. Decim rentra peu après. Ils mangèrent rapidement puis grimpèrent dans la voiture. Elle vérifia mentalement qu'elle avait toutes ses affaires. Elle regarda tout de même si elle avait bien ses costumes et fut rassurée en voyant que oui. Le blanc monta calmement sur la place passager.

Il y en avait pour deux heures de route environ. Cela passerait vite comme son esprit était vide. Decim ouvrit enfin la bouche au bout d'environ une heure de trajet en musique de la radio.

— Quelles sont tes musiques ? Et tes costumes ?

Elle sourit, énigmatique et lui répondit un « tu verras » en souriant. Ils parlèrent légèrement le reste du trajet. Ils arrivèrent une heure plus tard. L'hôtel dans lequel ils dormaient la nuit était confortable. Bien évidemment elle n'avait eu le temps de ne réserver qu'une chambre, et après il était complet. Mais cela ne les gênait plus comme ils avaient l'habitude. Ils décidèrent de faire un petit tour en ville.

Ils atterrirent finalement dans un café, les bras chargés de paquets. Chiyuki soupira : et elle qui avait tant voulu un appartement, elle claquait ses économies dans des habits sur lesquels elle avait craqué. Le soir était déjà arrivé. Demain serait le grand jour. Son coeur fit un bond dans sa poitrine en s'en rappelant.

De retour à l'hôtel, Decim retrouva la mine soucieuse et songeuse de sa camarade. Il pencha la tête et réfléchit à ce qu'il pouvait faire. Il lui tendit alors un verre d'alcool. Du rhum, rien de bien méchant. Elle hésita puis l'avala lentement. Il ne fallait tout de même pas qu'elle soit soule ! Elle s'affala sur le lit, tête dans l'oreiller, les chaussures encore aux pieds.

Soudain, elle tourna la tête en sentant des mains sur ses épaules. Elle sentit les doigts bouger doucement. Elle eut un moment avant de comprendre qu'il la massait. Elle commença alors à sentir les noeuds de ses épaules se détendre. Elle poussa un léger soupir d'aise. Elle se crispa en se demandant ce que le Juge avait dans la tête. Elle lui jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule mais s'aperçut que ses yeux étaient de marbre comme habituellement et ne se concentrait uniquement que sur son dos.

Elle replongea la tête dans l'oreiller en rougissant. A quoi avait-elle bien pu penser ? Decim n'était pas comme les autres : depuis une semaine qu'il vivait avec elle, il n'avait jamais rien tenté ! Pas même d'ouvrir la porte de la salle de bains quand elle se douchait ou se changeait. Elle serra les mâchoires. Décidément le stress lui faisait penser n'importe quoi.

Quand il arrêta - avait-il arrêté en fait ? - ce fut comme si un rideau de sommeil lui tombait dessus et elle s'endormit immédiatement. Elle se réveilla en sursaut et regarda l'heure. 6:02. Son réveil sonnait. Elle s'étira et remarqua qu'elle était sous la couette et que ses pieds étaient nus. Elle chercha son camarade et le trouva déjà habillé. Il avait pris la chemise à laquelle elle avait consentie et un jean. Il était plutôt bien dedans…

Elle se prépara alors et ils se dirigèrent vers la patinoire. Les programmes courts étaient le matin et les longs, l'après-midi. Elle devait passer troisième suite au tirage au sort. Juste au milieu… Elle espérait que ça lui porterait chance. Dans les tribunes, elle appela sa mère pour savoir si elle viendrait. Elle sourit en apprenant que oui mais uniquement le matin. Elles se retrouvèrent tandis que Decim la suivait calmement.

— Alors, c'est ton petit-ami ? Je suis contente ! Depuis le temps que j'espère que tu en aies un ! Je t'ai uniquement vu concentrée sur le patinage ! Mais ouf, je suis contente que tu aies trouvé quelqu'un. En plus il est pas mal !

Chiyuki bafouilla mais sa mère ne voulut rien entendre et serra la main du jeune homme comme s'il était son futur beau-fils. Les joues de la patineuse était rouge. Autant que sa veste de survêtement qui cachait son costume. Elle leur dit alors qu'il fallait qu'ils s'assoient et qu'elle rejoigne les autres dans les vestiaires. Elle leur fit nu signe de la main en priant pour que sa mère ne dise rien de stupide à Decim.

Arrivée, son coach l'attendait. Il lui demanda comment elle allait et si elle se sentait prête. Elle hocha la tête, un peu rigide toutefois. Il lui demanda d'ouvrir son survêtement et vérifia que son costume était correctement mis. Il hocha la tête et lui tapa gentiment sur l'épaule. Il allait la regarder de l'endroit réservé justement aux coachs.

Elle préféra ne pas regarder celles qui la précédaient et elle se dirigea calmement vers la glace. Sa tête était vide, son coeur battait la chamade. Elle balaya la foule des yeux, cherchant sa mère et le Juge. Elle le trouva et leur fit un léger sourire. Elle enleva alors sa veste, la posant sur la rambarde. Elle croisa le regard étonné de Decim. Son costume, il était composé d'une veste noire qui lui arrivait juste en-dessous de la poitrine avec un voile transparent qui se finissait en une jupe noire. C'était les habits qu'elle avait au Quidecim.

Elle s'installa alors sur la glace. Elle croisa les mains sur sa poitrine, tête baissée. {Regrets of the dead} La musique commença et elle patina. Doucement, tendrement. Douloureusement peut-être également. Quelque chose en elle ne se décrochait pas du blanc. Dès qu'elle le pouvait, ses yeux l'accrochait. Une sensibilité. Un ressenti qui vous donnait des frissons. C'était ce qu'elle voulait passer. Ses regrets. C'était ce qu'elle voulait passer dans cette musique. Son coach lui avait demandé si elle était sûre quand elle avait choisi les musiques. C'était triste et il fallait savoir le patiner. Mais elle avait réussi. Elle subjuguait les spectateurs.

Elle leur faisait comprendre à quel point le patinage avait tenu pour elle. Elle sauta, se réceptionna. Elle s'arrêta à la note de pause. Puis repartit avec encore plus de tristesse. Ses mains se placèrent alors sur son genou et sur son coeur. Son souffle était court, mais elle sut qu'elle avait réussi quand elle reçut un tonnerre d'applaudissements. Elle leva les yeux et croisa ceux, bleus, de la personne qui l'intéressait. Elle n'arrivait pas à lire ce qu'il y avait dans ses yeux, mais il lui semblait… que… il était ému.

Decim ne savait pas comment réagir à cette musique qui l'avait perturbée jusqu'au fond de son coeur. La mère à côté d'elle pleurait presque. Chiyuki avait trouvé une espèce de sensibilité qui avait arraché une larme à certains d'entre eux. Regrets of the dead… Les regrets d'un mort. Elle avec sa première vie. Elle en avait eu, il le savait. Son coeur se serra, il aurait voulu pouvoir faire quelque chose à cette époque. Mais s'il l'avait pu… est-ce qu'ils se seraient rencontrés ?

Il suivit simplement la mère de la patineuse qui essuyait les larmes de ses yeux. Elle se dirigea vers le lieu où allait les patineurs après. La jeune femme était en train de discuter avec son coach en attendant le résultat. Elle eut 102 points et passait en tête ! Sa mère lui sauta alors dessus en souriant et pleurant de joie. Elle dut sans doute lui dire que sa prestation l'avait émue parce que sa fille la remercia et sourit tendrement.

Leurs yeux se croisèrent et il vit quelque chose scintiller dedans avant qu'elle ne le détourne rapidement. Il hocha la tête vers le coach qui le regardait avec méfiance : il se présenta comme un ami de la brune. Cette dernière disait au revoir à sa mère - désolée de ne pas pouvoir rester ! Elle aurait tellement aimé rester pour la voir gagner. Sa fille adorée…

Le coach leur proposa alors de manger un bout comme il était onze heures et demie - pour que la sportive puisse digérer correctement. La dernière candidate passait. Elle était vraiment douée. Mais il manquait cette pointe de sensibilité qu'avait eu Chiyuki. Et pourtant… aux résultats, elle eut un point de plus qu'elle. La seconde serra les mâchoires. Son coach au tout début lui avait bien dit qu'elle ne pourrait rien placer de très technique, qu'elle allait tout devoir jouer dans les mouvements et la sensibilité. Toucher.

Elle allait se rattraper sur Moonlit Night. Son coach la rassura en lui rappelant que ses atouts étaient justement dans la dernière partie ! Rien n'était encore perdu. Elle se redressa, le repas fini, le regard plein de détermination et concentrée. Elle enfila ses écouteurs et se dirigea vers leur salle d'échauffement. Elle fit un signe au blanc qui hocha la tête et rejoignit sa place.

A une heure, la compétition reprit. Les deux jeunes femmes patinèrent mais Decim savait qu'elles ne lui arrivaient pas à la cheville. Il lui faisait confiance. Il voulait qu'elle gagne. Elle arriva alors, comme la première fois. Son regard se posa longuement sur lui et son coeur sembla faire un bond. Il serra ses mains entre elles, posées sur genoux. Il la fixa lui aussi intensément. C'était sa façon de lui dire qu'il lui faisait confiance. Qu'il croyait en elle.

Elle esquissa un discret sourire que seul lui sans doute avait pu voir. Et puis sa veste tomba une fois de plus. Et une fois de plus son coeur manqua des battements. Son costume… Il sut alors qu'elle faisait entièrement référence à lui, et au Quidecim. Il était l'inverse de celui qu'elle portait lorsqu'elle avait retrouvé sa mémoire. Le bleu sombre c'était transformé en un blanc lumineux. Le mauve sombre déteignant sur le gris c'était transformé en violet soyeux. Et elle avait gardé ses cheveux en un chignon haut.

Elle entra sur la piste et le regarda fixement. Puis sa main se leva élégamment en une prise qui lui rappelait celle dont elle prenait son verre. En fait c'était le but, réalisa le blanc. Les quelques notes figèrent Decim. Elle l'avait trouvée. Cette musique. Dans son monde. Moonlit Night comme la pianiste l'avait nommée. Mais peut-être en fait que c'était cette musicienne qui l'avait composée justement dans le monde vivant avant de la jouer dans son bar.

Chiyuki lui lança un regard et partit. Ses patins allèrent vers l'arrière. Ses pensées se perdaient. Tous ces gens, ils avaient disparu. Est-ce que sa véritable mère pouvait encore être en vie ? Devait-elle pleurer encore sur elle ? Regardait-elle actuellement la compétition et se demandait-elle si elle rêvait ? Se sentait-elle coupable de son suicide ? Elle pensait à tout cela tandis que ses sauts s'enchainaient, entrecoupés de pas élégants.

Ses yeux accrochaient ceux du Juge. Tous les autres avaient disparu. Elle avait l'impression d'être revenu au Quidecim. Dans sa chambre tranquille. Avant son jugement. Il lui semblait que si elle frottait un peu trop sa peau, elle s'effriterait. Elle patinait alors. Tandis que son coeur chantait. Il chantait quelque chose qu'elle ne voulait pas comprendre. Elle tourbillonna sur elle-même en se réveillant puisqu'elle reconnaissait les dix dernières secondes. Elle descendit sur un pied puis se redressa. Tout sur la jambe droite. Enfin, elle s'arrêta, remontant le bras, tendu dans une direction tandis que l'autre se posait sur son coeur. Elle réalisa alors que son index tendu, l'était vers une personne.

Et que cette personne ne la quittait pas des yeux. Decim.

Un tonnerre d'applaudissements la sortit alors de son monde. Elle vit de nouveau tout ceux qui se trouvaient dans les gradins, qui se levaient pour elle et lui jetaient des fleurs. Elle s'inclina, retenant les larmes de soulagement qui allait couler de ses joues. Elle patina rapidement vers le bord comme la suivante attendait son tour. Elle ressentit une vive douleur au niveau du genou droit. Elle manqua de tomber. Mais elle préféra ignorer la chose. Ce n'était pas important.

Du coin de l'oeil, elle vit le Juge. Il courrait vers elle. Ils allaient attendre le résultat ensemble. Comme il arrivait, elle ne sut pourquoi mais elle se jeta dans ses bras. Elle trébucha, comme son genou l'avait lâchée mais c'était certainement la fatigue. Ses larmes coulèrent alors. Ses bras étaient dans les airs, ne sachant comment réagir, et elle se sentit bête. Elle s'écarta alors, bafouillant une excuse et frottant de la paume de la main ses yeux humides. Elle remarqua les objectifs braqués sur eux et les flashs. Tant pis…

C'est alors que la voix du jury se fit entendre. 153 points. Un total de 255 points et passant première pour le moment. Son coach arriva lui aussi en pressant la foulée. Il la saisit dans ses bras et la félicita chaudement. Elle avait fait quelque chose de sublime ! Les journalistes s'en donnèrent à coeur joie : deux hommes autour de la jeune femme. Et quelque chose pinçait dans la poitrine de l'inexpressif.

Ils attendirent alors anxieusement la fin de la représentation de la sixième, mais elle eut bien mois de succès de la part du public. Et puis, le score était de 141 points ! Chiyuki se retint alors de sauter dans les airs, mais sauta dans les bras de son camarade puis de son entraîneur tandis qu'elle ne voulait pas pleurer de joie. Ses mains se posèrent sur sa bouche pour s'empêcher de hurler de joie.

Sa main accrocha rapidement celle du blanc quand elle s'avança vers le podium mais personne ne le remarqua. Elle se détacha presque avec regret tandis que celle du blanc retombait mollement le long de son corps. Elle monta avec fierté sur la marche la plus haute, tandis qu'on lui remettait une énorme bouquet et qu'elle se penchait pour recevoir la médaille d'or. En se relevant, elle sentit les yeux bleus irisés de son camarade. Elle sourit pour la photo et pour lui.


Nous étions le lendemain et la jeune femme se réveilla en sentant le lit bouger à côté d'elle. Elle grogna pour dormir plus longtemps puis se souvint qu'elle le pouvait : son coach lui avait dit qu'elle avait le droit à un week-end ou trois jours de repos avant de reprendre pour deux mois. Elle avait deux mois devant elle pour s'entraîner pour les nationaux. Soit les qualifications aux JO. Elle marmonna un bon courage à Decim et se rendormit.

Ce dernier sourit en sortant de l'appartement et fermant derrière lui. Il était vraiment fier d'elle. Il n'espérait rien de mieux pour elle que ce qui venait d'arriver. Peut-être au moins qu'ainsi ses regrets disparaitraient… Il arriva alors au bar et salua son patron et sa collègue. Ceux-ci se posèrent alors devant lui. Ce fut son supérieur qui prit la parole :

— J'ai vu que ta copine avait gagné les qualif des nat' ! Tu lui diras bravo de ma part. Tu ne m'avais pas dit que tu allais faire ça ! Je t'aurais donné plus de temps pour le fêter sinon ! Mais enfin… Dis-lui aussi que si elle veut le fêter, elle peut venir ici gratuitement, et que ce sera avec plaisir bien sûr ! Les deux premières tournées seront pour moi !

L'employé remercia platement tandis que l'autre s'en allait sans doute à ses comptes. Sa collègue s'approcha alors de lui et lui demanda avec une petite moue si la jeune femme était sa petite amie. Le jeune homme réfléchit et se rappela de ce que ce terme signifiait et secoua la tête. Non, il ne pensait pas. Un grand sourire barra le visage de la jeune fille. Elle tenta alors de lui demander quand il était disponible pour sortir, mais l'autre lui fit signe de ne pas le déranger : il avait une idée.

Dans ces cas-là, elle avait ordre de se reculer et de le laisser tranquille. Elle fronça les sourcils et le regarda de loin. Il se saisissait des bouteilles comme s'il savait exactement ce qu'il voulait faire. Il les mélangeait dans un ordre précis, utilisant à peu près tout ce qu'il avait étalé devant lui. Puis quand il versa le liquide final dans le verre, il hésita puis reprit un verre à pied triangulaire, et ajouta sur sucre tout autour et reversa le liquide. Rouge profond. Avec le bord blanc.

Elle s'approcha alors et comme à son habitude lui en demanda le nom. Il réfléchit puis répondit

— Chiyuki.

Elle serra les mâchoires et lui répondit sèchement

— Et pourquoi pas Chiyuki la victorieuse et magnifique ?

Il ne réagit pas. Comme à son habitude. Elle s'énerva intérieurement mais ne put rien faire de plus. Il semblait tellement insensible. La journée passa calmement alors et il reçut sa prime habituelle.

En rentrant, il passa comme à son habitude devant un bijoutier. Il ne regardait en général pas la vitrine. Mais là quelque chose l'attira. Il jeta un coup d'oeil au prix, puis calcula sa prime - qui avait été plus importante aujourd'hui. Il entra dans la boutique et désigna du doigt le bijou qui l'intéressait. Le vendeur lui demanda si c'était pour offrir et il hocha la tête. Oui, c'était pour une fille qui lui était précieuse.


Donc voilà la fin de ce chapitre plus long que ce à quoi je ne m'attendais quand j'ai regroupé mes idées sur la feuille en me disant que ça allait à peine faire 1k mots ! :D

Bon dites-moi ce que vous en pensez, et je vous dis ... à la semaine prochaine où la vie de Chiyuki pourrait redevenir la même que précédemment... ;)