Hello me revoilà avec le chap 4 ! J'espère que le chap 3 vous a plus comme je n'ai pas eu de reviews !
Bon eh bien... bonne lecture !
Chapitre 4 : Un choix déchirant
Chiyuki se leva le mercredi et grimaça. Quelque chose la gênait encore dans le genou droit. Elle avait pris trois jours de repos avant de se remettre aux entraînements. Mais la douleur hier avait été forte, et elle avait dû prétexter un rendez-vous pour partir plus tôt comme elle n'arrivait à rien. Ses mâchoires avaient été serrées pendant tout la séance mais elle n'avait pas voulu s'arrêter. Quelque chose en elle hurlait que si elle le faisait, tout recommencerait comme avant.
Avant, quand tout avant était arrivé si vite, cette légère douleur qu'elle avait au début ressentie mais qu'elle avait ignorée. Et puis avec son premier triple axel tout c'était rompu. Cet hôpital, ce regard peiné et compatissant des gens autour d'elle. Ces flashs des appareils photos un peu partout tandis que c'était dans un brancard qu'elle partait. Et quand on lui avait annoncé qu'elle ne pourrait plus jamais faire ce qu'elle souhaitait, c'était comme si le mental suivait le physique. Ça se brisait. Tout qui tombait à ses pieds sans pouvoir rien faire contre.
Elle avait alors voulu être seule. Sa mère de l'époque avait compris tandis que ses larmes coulaient silencieusement le long de ses joues. Son opération serait faite après la rééducation des ligaments croisés. Mais elle s'en foutait. Elle pourrait encore marcher mais risquerait de boiter légèrement, lui avait-on annoncé avec compassion. Marcher ? Qu'est-ce que cela pouvait faire. Elle, ce qu'elle désirait c'était patiner.
Mais elle ne le pourrait plus, on lui avait dit. Elle pleurait, en regardant cette ville immense qui s'ouvrait par la fenêtre. Et tout ce monde qui s'en fichait de sa pauvre condition. La vie, le monde tournait si bien sans elle. Qu'est-ce que cela changeait qu'une pauvre patineuse qui venait seulement de passer les nationaux et était sélectionnée pour les JO meure ? Elle n'avait même pas fait son apparition sur la scène mondiale. La deuxième allait la remplacer et ce serait tout. Fin de l'histoire. On oublierait son rapide éclat.
On ne lui donnerait plus un regard. On ne lui donnerait que de la pitié. Ce qu'elle voyait sans cesse dans les yeux de tout ceux autour d'elle. Elle ne voulait plus la voir. Cette espèce de chose qui traversait et vous faisait sentir misérable, faible. Elle boitait, elle avait perdu sa raison de vivre.
Et elle réalisa que tout ce qu'elle avait ça n'avait jamais été que ça. Du patinage. Que connaissait-elle de la vie réelle ? Rien, que le sport. Qu'avait-elle toujours fait après les cours ? Des sorties avec des amies ? Très peu. Du patinage seulement. Des entraînements intenses. Elle était l'espoir de son canton et ils avaient tout fait pour qu'elle soit connue. Que connaissait-elle des sentiments de son âge, l'amour ? Rien…
Mis à part la glace, elle ne savait rien. Elle n'avait vécu uniquement que pour cela. On lui avait interdit de faire certaines choses car cela pouvait la blesser et elle aurait dû arrêter pendant un mois. Sa mère avait été si fière d'elle quand elle avait commencé à gagner. Son prodige elle l'appelait. On la regardait seulement pour son talent. Elle était comme un poulain de bonne lignée qu'on juge pour la qualité du saut et la vitesse. Pas pour elle-même.
Et sans le froid, la glace, la musique, les applaudissements… Elle se retrouvait devant un gouffre noir. Un trou immense qui l'appelait et qui commençait à la faire sombrer. On lui avait dit de faire face, qu'elle devait retrouver une voie là-dedans malgré tout. Sa mère lui avait proposé juste avant de devenir entraîneuse. Elle en avait largement les capacités. Mais comment est-ce qu'on pouvait lui demander juste après son accident de trouver une nouvelle raison de vivre ?
Elle serra les mains et les mâchoires. Elle sentait les larmes tomber petit à petit sur ses mains mais elle s'en moquait. Elle regarda rapidement le plateau repas posé sur la table de chevet juste à sa gauche. Il y avait une fourchette et un couteau. Elle saisit le manche de ce dernier. Elle le soupesa puis passa le bombé de son pouce sur la lame pour vérifier qu'il coupait. C'était le cas, ils devaient considérer qu'elle n'était plus tout petite et savait se débrouiller.
Elle entendit la voix de sa mère par la porte lui demander si elle avait besoin d'aide, et elle lui dit que non, qu'elle pouvait partir et rentrer chez elle. Elle irait bien, elle ne devait pas s'inquiéter pour si peu. Sa mère consentit et lui souhaita bonne nuit. La jeune femme sortit sa jambe gauche intacte et la posa sur le sol. Puis elle tenta de poser l'autre. Elle manqua de tomber et retint un cri. De douleur et de surprise. Elle ne voulait pas que des infirmières arrivent. Sa longue blouse blanche se déplia alors et elle boita vers la salle de bains.
Elle avait une petite douche ainsi que des toilettes. On l'avait bien traitée comme elle avait encore des moyens. Mais elle ne se faisait pas d'illusions : ça changerait bien rapidement quand les récompenses des compétitions ne viendraient plus renflouer les comptes. Elle saisit le couteau et coupa ses poignets. Elle ne savait pas pourquoi elle faisait ceci. Mais d'un côté cela la soulageait tellement. Cette douleur, cette brûlure… cela la libérait.
Elle attendit que le sang perle mais s'aperçut que cela ne mènerait à rien. Elle réfléchit et son regard tomba sur ses jambes. Elle avait un plan pour le lendemain.
En effet, quand l'infirmière vint, elle lui demanda poliment si elle pouvait avoir un rasoir d'homme pour s'occuper d'elle. Elle lui désigna rapidement ses jambes à travers la couverture. La femme fronça les sourcils et la blessée lui expliqua qu'elle avait l'habitude et si elle ne lui faisait pas confiance, elle pouvait toujours demander à sa mère. Mais la femme secoua la tête et sourit. Bien sûr, elle lui donnait cela. C'était bon de savoir qu'elle commençait à se remettre. On prenait soin de soi quand on était dans la bonne trajectoire, celle de la guérison.
L'après-midi, on le lui remit. Elle attendit la même heure que la veille, elle se dirigea vers la salle de bains. Elle ferma ce coup-ci la porte derrière elle et se débarrassa de sa blouse. Elle s'agenouilla vers la douche et saisit le rasoir. Elle retira la lame, les doigts tremblants et la plaça sur son poignet. Elle appuya fort puis tira. Profondément. Et le sang gicla.
Elle retint un cri de douleur et fit de même avec le second poignet. Et tandis que le sang dévalait ses poignets elle s'affala sur le baquet de douche. Le sang coulait rapidement. Ce rouge, elle le regardait tandis qu'elle se sentait faible. Des brumes noires envahirent son champ de vision tandis que la vie partait par ce flot rouge continu. Ses paupières se fermèrent comme une plume se dépose sur le sol. Et elle abandonna son dernier soupir tandis qu'elle rêvait qu'elle patinait.
La jeune patineuse avait les larmes aux yeux. Elle avait de nouveau fait ce rêve cette nuit. Elle regarda rapidement ses poignets mais il n'y avait pas la moindre trace d'une quelconque scarification. Elle était en vie. Elle allait bien. Et elle avança le pied droit et manqua de s'écrouler. Decim arriva à ce moment et la rattrapa par le bras. Ses yeux bleus impénétrables sondèrent les siens. Elle bafouilla et retira son bras en le remerciant.
Elle plaida une légère faiblesse et s'avança mine de rien vers la table. Elle serra les mâchoires comme elle ne pouvait pas boiter. Elle sentait le poids des yeux du blanc sur ses épaules. S'il la voyait boiter, il voudrait qu'elle arrête immédiatement. Mais ce n'était pas grave, simplement une courbature qui ne passait pas… rien de plus. Elle s'assit avec peine et soulagement. Elle sentit alors que le Juge avançait vers elle.
Il se plaça à ses côtés et lui tendit un bout de pain. Les épaules de la jeune femme se détendirent. Il ne voulait juste ça. Mais alors il plaça la main sur son genou droit et appuya légèrement. Elle se tendit et ne put retenir un léger couinement de douleur en s'effondrant vers le jeune homme. En se redressant elle croisa ses yeux sévères. Son corps eut alors une réaction étrange.
Deux larmes coulèrent le long de ses joues tandis qu'elle restait de marbre. Decim eut une expression surprise tandis que sa main s'approchait pour effacer les larmes qui coulaient. Elle tourna la tête et les essuya elle-même.
— Je ne veux pas que ça recommence, est-ce que tu comprends !? Je ne veux pas que ça pourrisse de nouveau ma vie !
Le blanc ouvrit la bouche puis la ferma. Comment trouver les mots qui pouvaient la réconforter et lui dire que tout irait bien ? Elle ne le croirait pas de toute façon. Il s'avança et prit son courage à deux mains.
— Il faut qu'on aille chez le médecin, ce n'est sans doute rien, tu sais. Le destin n'existe pas. Tu vas t'en remettre, tu vas pouvoir patiner de nouveau.
Elle serra les dents puis hocha sèchement la tête. Si c'est ce qu'il voulait, elle irait. Elle envoya alors un texto à son coach comme quoi elle devait prendre un rendez-vous médical rapidement, comme Decim prévenait son boss d'un retard.
Elle boita vers l'entrée et son camarade se plaça à ses côtés. Il lui tendit la main en lui expliquant qu'elle pourrait ainsi s'appuyer sur lui quand elle avancerait le pied droit. Elle rougit légèrement mais la douleur lui faisait oublier la possible ambiguïté de la situation. Pendant le trajet jusqu'au métro, elle appela son généraliste qui accepta de la prendre dans dix minutes.
Arrivés là-bas, il patientèrent dix minutes puis il vint les chercher. Il fut d'abord surpris de la présence d'un homme à ses côtés mais n'en montra rien. Il la fit s'assoir et comme elle lui avait expliqué la situation en ligne, il la fit enlever son jean. Decim se retourna prestement, les joues rouges et le coeur battant. Le médecin se pencha sur le genou droit et tapota doucement.
Il réfléchit alors après ces examens puis annonça:
— Je pense qu'il y a une élongation des ligaments. Il faut du repos, environ trois semaines. Et porter une attelle qui prendra tout le genou. Au moins ça guérira plus vite. Mais pas de patinage, sport qui fais bouger pendant tout ce temps. Suis-je clair ?
La jeune femme se rhabilla et hocha douloureusement la tête. Elle avait compris. Oui. Cela recommençait comme avant. En sortant, ils décidèrent d'aller à la pharmacie. La brune avait la tête basse tout en tenant fermement la main de celui qui l'accompagnait. Ce dernier demanda alors l'attelle à la pharmacienne. Il paya puis s'arrêta comme la dame les retenait. Elle regarda la jeune femme et demanda :
— Vous ne seriez pas la jeune patineuse qui vient de passer les qualifs ? C-Chiyuki, c'est ça ? Mon mari adore votre façon de patiner, cette sensibilité que vous avez !
— Ah oui ? Eh bien je ne sais pas si je vais pouvoir passer les nationaux. Alors, dites-lui qu'il peut faire une croix sur moi. Au revoir.
Elle partit alors à grands pas et se serait écroulée si Decim - un paquet dans les mains - ne l'avait pas retenue. Elle resta silencieuse et fermée pendant tout le chemin jusqu'à la maison. Là, le blanc lui proposa de mettre son attelle. Elle se contenta de regarder par la fenêtre. Le jeune homme n'abandonna pas : il se plaça devant elle et la fixa dans les yeux. Elle fuyait encore son regard.
Alors il fit quelque chose qu'il pensait ne jamais oser. Il l'étreignit. Tenant sa tête doucement et la posant contre son épaule, tandis que l'autre main serrait ses épaules.
Il la sentit se tendre. Puis la réaction qu'il pensait arriva. Elle fondit en larmes. Bien plus que la dernière fois. Il sentit sa chemise se mouiller où elle était appuyée. Ses épaules étaient secouées par des sanglots. Il ne la lâcha pas jusqu'à ce qu'elle bouge, le repoussant légèrement.
— Je ne veux pas m'arrêter, Decim ! Les nationaux sont dans si peu de temps ! Les mondiaux dans trois ans, et les JO dans quatre ! Si je prends trois semaines maintenant, je ne pourrais pas faire les qualifs ! C'est mon rêve ! Dis-moi que tu ne vas pas m'arrêter, que tu vas encore me soutenir !
— Non, Chiyuki. Pas ce coup-ci. Tu dois t'arrêter, récupérer et guérir. Si tu ne le fais pas…
— C'est bien ce que je pensais - elle se redressa et se tint à la chaise pour garder son équilibre - tu ne comprends pas ! Tu ne peux pas comprendre en ne ressentant rien ! Tu ne trouves pas ce qu'il te faut, alors tu te venges sur les autres ! C'est ça votre mentalité !? Après tout, ça ne m'étonne pas : vous jugez les gens en les poussant dans leurs retranchements !
Le coeur de Decim saigna. Ces paroles faisaient tellement mal. Encore plus quand il savait de quelle bouche elles venaient. Il serra les mâchoires. Il n'était pas du tout de ce genre, il n'avait jamais demandé à devenir Juge. Il ne voulait pas faire de mal aux gens. Mais il n'avait pas le choix.
— Tu sais, vivre ici avec toi, c'est juste… fantastique. Je veux dire, je vois des choses que je n'avais jamais vues auparavant, je ressens des trucs que j'ignore moi-même. Et puis toi tu me montres des trucs tellement bien. Te voir patiner, retrouver ta liberté, tes passions. Je crois que dans tous mes jugements, tu es celui dont je suis le plus fier. Je ne m'étais jamais demandé s'ils étaient justes ou non. Mais depuis toi, je remarque le temps qui s'écoule.
Les yeux de la meurtrie s'écarquillèrent. Est-ce qu'il commençait à ressentir des sentiments humains ? Il se leva pour se mettre à sa hauteur - la dépassant légèrement.
— Alors tu sais, si tu continuais le patinage, je serais heureux. Je compatirai de ta souffrance. Mais je te supporterai. Jusqu'à ce que ton genou cède vraiment avant même les nationaux ou peut-être même au beau milieu alors que tu gagnais. Et après, qu'est-ce que je pourrais bien faire si tu ne pouvais plus patiner et décidais de te suicider, encore ? Tu ne m'écouterais pas : je ne suis pas assez important. Mais la vérité c'est que je ne veux pas que tu te suicides encore parce que tu n'auras plus de seconde chance.
Les larmes recoulèrent le long des joues de la brune.
— Je veux juste te dire de t'arrêter. Tu auras encore le temps l'an prochain au pire pour les nationaux. Tu es forte deux ans suffiront amplement pour te mettre au niveau des nationaux. Lève le pied. S'il-te-plaît.
Les yeux de la jeune femme croisèrent ceux limpides et bleus du Juge. Elle les reposa sur ses pieds. Ses poings se levèrent et se posèrent découragés sur le torse de ce dernier.
— Tu sais que je te déteste quand tu as raison comme ça ? Pourquoi ne me dis-tu que ce que je ne veux pas entendre ?
Il ne savait pas quoi répondre. Il se contenta de prendre ses poings et de la serrer contre lui tandis qu'elle se remettait. Il lui tendit alors l'attelle noire et la lui posa. Elle fit une moue en prétendant qu'elle ne pouvait plus bouger. Le Juge lui fit remarquer que c'était justement le but, avec un léger sourire.
Leur instant fut soudainement brisé par une sonnerie de téléphone. La jeune femme sursauta et s'éloigna alors de lui. C'était son portable. Elle boita jusqu'à son sac, presque à cloche pied. Elle réussit à décrocher juste avant que la personne ne tombe sur la messagerie. C'était son coach ! Il lui demanda ce qu'elle avait. Elle le lui expliqua, elle ne pourrait pas patiner pendant trois semaines !
— Attends tu n'y es allée qu'aujourd'hui ? Je pensais qu'hier tu y allais justement ! Après je n'osais rien dire comme je te connais et que tu ne m'aurais pas écouté ! Je suis content qu'il y ait quelqu'un qui compte assez pour toi pour que tu l'écoutes ! (il soupira) Il faudra quand-même qu'il me donne son secret parce que j'en aurais bien besoin ! Bon, eh bien remets-toi correctement Chiy, et ne force surtout pas, c'est clair ! On va quand-même réussir à passer ces nationaux, ne t'inquiète pas !
Elle sourit, les joues rougies et se remerciant de ne pas avoir mis le haut-parleur. Elle lui souhaita une bonne journée et lui dit que si jamais il voulait passer, il savait où elle habitait.
— Ah attends, je voulais faire une blague : ne force pas parce que sinon je suis perdant dans l'histoire : un paye contre bien d'autres ! Moi je choisis les pleins d'autres et la renommée quand tu seras aux nationaux !
Elle ria doucement de l'autre côté et le salua. Ils étaient tous là pour elle. Sa mère arriverait rapidement en sachant ce qu'elle avait, elle la connaissait assez pour le savoir. Elle se tourna vers Decim et s'aperçut qu'il s'habillait pour aller travailler. Elle esquissa une petite moue triste. Qu'allait-elle faire pendant ces trois semaines, elle allait s'ennuyer sans aucun doute !
Puis le jeune homme se tourna vers elle et lui tendit un magazine. C'était une liste d'appartements dans leur ville. Il lui fit un clin d'oeil maladroit et forcé - ce qui manqua de faire éclater de rire la brune - puis lui expliqua :
— Peut-être qu'avec le temps qui s'offre à toi tu vas pouvoir nous trouver un appartement un peu plus grand ! Je pense que c'est possible avec les primes que j'ai reçu et mon salaire qui tombe bientôt ! La banque ne rechignera plus à nous prêter de l'argent !
Elle sourit franchement et boita jusqu'au lit où elle s'allongea en prenant son ordi pour chercher des appartements. Il savait toujours ce qui lui faisait plaisir. Elle se sentait coupable pour ce qu'elle lui avait dit juste avant. Alors qu'il ouvrait la porte, elle l'interpella.
— Decim ! Je voulais te dire… merci de m'avoir soutenue et ramenée à la raison.
Il lui sourit gentiment et partit travailler. Là-bas, la journée passa lentement. Sa collègue essayait toujours de le faire réagir, mais ça ne fonctionnait. Son esprit était concentré sur la jeune femme chez eux. Est-ce qu'elle allait vraiment attendre de se remettre ? Est-ce qu'il comptait assez pour elle pour qu'elle l'écoute ? Il grimaça.
Sa collègue se plaça alors devant lui comme il n'y avait grand monde en cette fin d'après-midi. Elle posa ses mains sur ses hanches et le regarda droit dans les yeux. Elle eut alors l'attention du blanc, ses yeux inexpressifs se posèrent sur elle, jugeant ce qu'elle lui voulait.
— Bon alors, dis-moi : c'est qui cette fille qui remplit toutes tes pensées ? J'ai bien vu que je n'avais aucune chance : à chaque fois que je te propose de sortir, ou que tu viennes chez moi, tu dois faire quelque chose. Toujours pour elle. C'est la patineuse, hein ? Vous sortez ensemble ? Parce que bon, je l'ai vue rapidement mais tes boissons lui font à peu près toutes référence !
Il bafouilla. Il ne comprenait pas ce qu'elle voulait lui dire. Il regarda sa montre. Il devait bientôt y aller. Il fit un pas de côté mais elle croisa ses bras et l'empêcha de passer.
— Je veux savoir. Que ressens-tu pour elle ?
Le blanc lui expliqua qu'il ne comprenait pas ce qu'elle voulait dire. Il ne comprenait pas les sentiments en fait. Elle fronça les sourcils et lui dit de ne pas lui faire croire n'importe quoi. Son index furieux se posa sur le torse de l'acculé. Elle le coinça contre le bar et lui dit qu'elle allait tester cela.
Elle se mit alors sur la pointe des pieds et l'embrassa. Elle posa ses lèvres sur celles du Juge. Ce dernier ne comprit pas ce qu'il se passait mais fit un mouvement de recul, repoussant la jeune femme ambitieuse. Cette dernière sourit.
— Tu vois, je te le disais : tu éprouves quelque chose pour elle !
Le blanc attendit qu'elle parte laver une table à l'autre bout de la pièce pour prendre ses affaires et rentrer. Sur le chemin, sa main toucha ses lèvres. Quelle était cette espèce de colère qu'il ressentait ? Pourquoi avait-il eu envie de taper sa collègue ? Il ne comprenait pas, il ne se croyait pourtant pas du genre violent ou impulsif. Et puis, pourquoi avait-il envie que ce soit Chiyuki qui fasse cela, seulement elle ?
Il repassa devant le bijoutier et se rappela qu'il avait ce cadeau pour la jeune fille. Sa main toucha la boite carrée dans sa poche. Il pressa le pas pour rentrer. En ouvrant la porte de l'appartement, de douces effluves lui parvinrent.
Elle tourna la tête vers lui et lui fit un grand sourire en lui souhaitant un bon retour. Il posa ses affaires et s'approcha. Elle lui fit signe de mettre plutôt la table. Il le fit puis s'assit. Elle lui servit un plat qu'il n'avait jamais vu puis se mit juste en face. Elle ne remarquait pas que la main de son camarade se posait souvent sur sa poche. Ce qu'elle avait cuisiné était excellent et il semblait au blanc qu'il n'avait jamais mangé quelque chose d'aussi bon !
Au niveau du dessert, elle apporta un moelleux au chocolat encore tiède au centre. Alors le Juge sortit la boite de sa poche et tandis qu'elle était retournée pour chercher un couteau, la posa dans son assiette. Quand elle revint vers la table, elle vit la boite carrée brune. Elle eut un moment d'absence, comme elle ne comprenait pas ce qu'elle faisait là. Elle regarda le blanc qui fuya alors son regard.
Elle lui demanda si c'était pour elle et il hocha la tête, les yeux tournés vers l'armoire devenue soudainement intéressante. Elle s'assit, perturbée. Qu'est-ce que ça pouvait bien être. Précautionneusement elle l'ouvrit. Elle se figea. C'était juste magnifique. Ses yeux se reposèrent sur celui en face d'elle. Ses joues étaient rougies et il semblait attendre qu'elle dise quelque chose. Mais elle ne pouvait pas…
— C'est… Decim… je… c'est magnifique ! Pourquoi l'as-tu acheté ?
Il se leva et alla vers elle, il la laissa sortir le collier et l'attacha doucement à son cou, faisant attention à ne pas lui faire mal. La chaine était en argent de bonne qualité. Le pendentif était un mélange d'or blanc et d'argent. Il représentait des patins à glace. Il tombait pile comme il l'avait pensé. Il lui allait tellement bien qu'ils se demandèrent s'il n'avait pas été fait sur mesure.
Les joues de la jeune femme rougirent de plaisir. Elle leva les yeux vers lui. Ses lèvres émirent un pourquoi.
— Je me suis dit qu'au moins pendant ces trois semaines, tu aurais toujours ces patins… Bien que je l'ai acheté avant.
Elle sourit et l'étreignit, oubliant sa blessure. Elle avait envie de rester toujours dans ses bras. On lui avait dit que c'était dans les moments difficiles que l'on voyait ceux pour qui on comptait et ceux qui comptait pour nous. Et elle en prenait conscience maintenant.
Et voilà pour ce chapitre ! :D j'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à me laisser une review en attendant je vous dis à la semaine prochaine ! :D
