Chapitre 5

En préambule, je tiens à préciser que le chapitre est très citronné, et qu'un changement de ratings devra s'imposer pour la suite.

J'en profite aussi pour vous remercier tous et toutes pour vos encouragements et vos retours.

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Alexina Laurence fit tourner la clé dans la serrure et soupira d'aise quand elle poussa la porte de son appartement. Elle s'écarta et laissa le chauffeur de taxi déposer les deux valises dans l'entrée, puis le paya et le remercia.

Enfin chez soi, se dit-elle, après qu'il fut parti. Cela faisait deux mois qu'elle était partie faire une croisière en Méditerranée. Ce matin, arrivée par l'Orient Express, elle était heureuse de retrouver Paris et le calme de son logement confortable.

Son regard fut cependant attiré par des tas indistincts, dispersés sur le sol dans le couloir.

« Mais qu'est-ce que… ? » demanda-t-elle à haute voix.

Elle avança et découvrit pêle-mêle des chaussures, une veste d'homme, un blazer féminin aux manches retournées, une cravate dénouée et jetée à la hâte sur un abat-jour, une robe de marque roulée en boule, une chemise blanche où il manquait des boutons… bref la panoplie complète d'un effeuillage empressé qui menait vers une chambre à coucher au fond du couloir, celle de...

« Swan… » Soupira t-elle.

Elle eut un sourire indulgent. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ramené une conquête dans l'appartement familial et c'était la première fois qu'elle devinait une impatience certaine dans le comportement amoureux de son fils. Cela avait dû être une nuit intéressante pour le couple...

Le bruit de ses talons sur le parquet avait dû les réveiller. Mais elle décida d'en rajouter une couche :

« Swan, mon chéri ? Tu n'oublieras pas de venir me présenter ton amie, n'est-ce-pas ? »

Elle retourna dans la cuisine, constata qu'elle était dérangée – mais propre – et décida de préparer le café en attendant les tourtereaux.

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Interrompant subitement la lente agonie de plaisir qu'il était en train d'infliger une nouvelle fois à Alice, Laurence se redressa en entendant la clé tourner dans la serrure et jura en reconnaissant la voix de sa mère qui rentrait chez elle. Malgré son âge, paradoxalement, il avait l'horrible impression d'être un adolescent pris en flagrant délit avec sa petite amie et qui ne savait pas ce qu'il convenait de faire…

Redescendant sur Terre, Alice souleva aussi la tête de l'oreiller et écouta. Les bruits de pas s'arrêtèrent dans le couloir proche de l'entrée de la chambre, puis repartirent dans l'autre sens.

« Nos vêtements !… » Souffla t'elle.

Elle mit la main devant sa bouche pour masquer un sourire naissant. A cet instant, ils entendirent l'appel d'Alexina. Devant l'expression horrifiée de son compagnon, elle ne put s'empêcher de pouffer, prise de fou rire.

« Ce n'est vraiment pas le moment… » Grommela Laurence, catastrophé.

Le rire d'Alice redoubla et Laurence, beau joueur, se laissa gagner par son hilarité devant la situation ubuesque dans laquelle ils se trouvaient.

« Qu'est-ce qu'on fait ? » Demanda Alice quand ils se furent calmés.

« On va la saluer… » Laurence sortit du lit dans le plus simple appareil. « … Nous n'avons pas le choix. Elle ne nous lâchera pas. »

« Tu comptes sortir de la chambre comme ça ? » Demanda Alice en reluquant avec plaisir une certaine partie de l'anatomie de son amant.

« Tu as une meilleure idée ? »

« J'y vais. » Alice se leva à son tour, nue. « Il y a un peignoir dans la salle de bain. »

Laurence captura Alice par la taille au passage.

« Une minute ! Je n'en ai pas fini avec toi ! »

Laurence l'embrassa avec fougue, et bientôt, ne voulut plus la relâcher.

« Laisse-moi ! » Protesta-t-elle, en émettant un rire étouffé.

« Non, pas encore... Tu sais attirer l'attention d'un homme. »

« Et toi qui doutais il n'y a pas si longtemps que j'étais une vraie femme… »

« C'est si bon d'en avoir la preuve… »

Il l'embrassa à nouveau en laissant ses mains parcourir le corps de l'ensorcelante rousse. Pendant quelques secondes, ils oublièrent tout, ravivant la flamme de désirs dans laquelle ils s'étaient consumés avec une passion sans retenue. Leurs soupirs et leurs cris de plaisir avaient alors résonné tard dans la nuit, les laissant comblés pour quelques heures seulement...

Alice dut se mordre les lèvres pour étouffer les gémissements qui montaient à nouveau en elle sous l'expertise des doigts inquisiteurs de son amant au cœur de son intimité. Ce qu'il était en train de lui faire, était tout bonnement divin...

« Arrête, Swan… » Souffla-t-elle, éperdue de bonheur, sur le point de chavirer. « … Tu vas me rendre folle… »

« J'aime finir ce que je commence… » Répliqua-t-il, le souffle court, avant de s'emparer d'un sein qu'il agaça de façon impitoyable avec sa langue.

C'en fut trop… Swan la sentit soudain se contracter contre lui et il plaqua ses lèvres contre les siennes pour étouffer ses cris de plaisir. Peu à peu, il calma l'ardeur de ses baisers en la voyant revenir vers lui mais il n'en avait pas fini avec elle. La vision d'Alice en proie au plaisir était quelque chose dont il ne se lasserait jamais, il le savait. Cette passion, cette fougue, ce lâcher prise qu'on ne rencontrait que lorsqu'on était avec une partenaire qui se sentait totalement en confiance, il l'avait d'entrée avec elle. Alice donnait tout ce qu'elle avait… pour lui… pour lui uniquement… Et cette pensée faisait plus que lui réchauffer le cœur, elle le rendait meilleur. Il avait envie d'être digne de cette confiance et de l'honorer en lui rendant la pareille...

Fermement, Swan souleva Alice dans ses bras et elle enroula immédiatement ses jambes autour de sa taille, comprenant ce qu'il s'apprêtait à faire. Il reprit ses baisers et ses caresses sur son corps, et très vite, Alice fut à nouveau réactive…

« S'il-te-plaît, Swan… »

« Tu es insatiable, Alice... J'aime ça… »

« Viens en moi, j'ai besoin de toi… » Gémit-elle, le corps en feu. « … Maintenant... »

Avec une nouvelle urgence, Swan la plaqua contre le mur, puis sans perdre de temps, plongea en elle. Ils étouffèrent comme ils purent leurs gémissements, alors qu'il amorçait un lent va-et-vient profond, frottant exactement là où il fallait pour exciter encore davantage sa compagne...

Alice aperçut alors leurs deux corps passionnément emmêlés dans la psyché en face d'elle et ne se reconnut pas. C'était elle, avec ce visage aux joues roses, ravagé par le plaisir, avec cette bouche ouverte sur des cris qu'elle tentait vainement d'étouffer et ces cheveux roux plus en pagaille que d'habitude ? Jamais auparavant un homme ne lui avait fait cet effet, ne lui avait donné autant de plaisir... Swan… Il était tout ce qu'elle imaginait dans ses rêves, et plus encore, un amant attentionné et doux, mais aussi expérimenté et passionné lorsqu'il se lâchait complètement, lorsqu'il la prenait aussi sauvagement qu'en cet instant...

Elle admira la force qui se dégageait de son dos large, l'angle de sa tête au creux de son cou, perdue dans un océan de plaisir, le mouvement précis de balancier de ses hanches, ses fessiers puissants qui dictaient une cadence de plus en plus folle et qui la menait à nouveau vers le paradis... Entraînée par cette vision enchanteresse et le plaisir qui brûlait dans son bas ventre, Alice écarta davantage ses cuisses pour le recevoir plus profondément encore, si possible. Encouragé, Swan accéléra la friction, la pilonnant impitoyablement, en sentant venir le point de rupture en eux… C'était si bon de se perdre en elle, de la posséder et de la faire sienne… Ils étaient si proches...

Il la sentit se contracter violemment autour de lui et ils explosèrent presque simultanément, leurs deux cœurs battant follement à l'unisson, leurs membres crispés, secoués de tremblements sous la violence de leurs orgasmes respectifs, leurs cris étouffés, elle, la bouche écrasée contre l'épaule de Swan, et lui, les yeux fermés, arborant une expression quasi douloureuse sur le visage, la mâchoire serrée, alors qu'il se répandait en elle, à longs jets de semence, en continuant de pomper son plaisir…

Enfin, il ne bougea plus, et seuls les tressaillements qui les agitaient encore et leurs halètements trahirent l'intensité de leur union... Pendant de longues secondes, ils restèrent immobiles, enlacés, à reprendre leurs souffles, épuisés comme deux naufragés que la mer aurait rejetés sur une plage après la tempête...

Lentement, ils émergèrent de leur bien être et échangèrent un sourire heureux. Alice était resplendissante de bonheur. Fasciné par son expression, Swan leva la main et caressa tendrement la joue de la rousse avant de déposer un baiser sur son front. Il la relâcha enfin, puis se laissa tomber dans un fauteuil proche. Amusée, elle le regarda renverser la tête en arrière, soupirer d'aise et fermer les yeux, clairement détendu… et comblé. Elle ne résista pas à l'envie de se pencher pour lui donner un dernier baiser.

« Je vais chercher nos affaires et prendre une douche... Tu me rejoins ? »

« Avril, un jour, tu auras ma mort sur la conscience… » Se plaignit-il de façon tragico-comique.

Elle mima un geste de triomphe avec son poing et se moqua de lui.

« File... » Se contenta-t-il de lui dire avec l'ombre d'un sourire sur les lèvres.

Il lui concéda bien volontiers cette victoire.

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Alexina Laurence s'impatientait tout en devinant ce qui devait - naturellement - retenir le couple. Elle avait fini par allumer la radio et écoutait les nouvelles, tout en lisant le journal.

Elle se leva en entendant enfin des pas dans le couloir. Immédiatement après, son fils s'encadra dans la porte et elle lui sourit avant de venir à sa rencontre.

« Bonjour Swan… Tu aurais dû me prévenir… »

« Maman, je te rappelle que tu étais en croisière en Méditerranée depuis deux mois… Et donc injoignable. »

« Je t'ai appelé, mais tu n'es jamais là ! Alors qui est cette créature envoûtante qui a ravi ton cœur ?… » Laurence s'écarta pour laisser la place à sa compagne. « ... Alice ?! »

La surprise se peignit sur les traits de la vieille dame. Puis un sourire radieux.

« Bonjour Alexina. »

Les deux femmes se serrèrent dans les bras et s'embrassèrent.

« Alors ça, pour une surprise, c'est une bonne surprise ! » s'écria Alexina. Elle se tourna vers son fils « Alors comme ça… toi et Alice ? Mais comment ?... »

« Je ne doute pas qu'Avril te racontera avec moults détails… » Répondit-il avec sarcasme. « Moi, il faut que je file travailler… »

« Attends, je viens d'arriver. Prends un café au moins ! »

« Merci, mais je suis déjà en retard… » Il embrassa sa mère. « … Alice peut rester quelques jours ici avec toi ? »

« Oui, bien sûr, mais qu'est-ce qu'il se passe ? »

« Je t'expliquerai ce soir, promis. »

Laurence déposa un baiser sur la joue d'Alice et s'en alla. Alexina considéra la jeune femme avec un sourire débordant d'affection.

« Alors ça… Venez-vous asseoir avec moi, Alice... Ainsi, Swan et vous êtes ensemble ? »

Alice parut gênée.

« Oui, euh... ne sautez pas trop vite aux conclusions. C'est juste… »

« J'ai été jeune, Alice… » Alexina lui fit un clin d'œil. « … Racontez-moi. »

« C'est une longue histoire. »

« J'ai tout mon temps… »

Et devant un café, Alice raconta les bouleversements survenus dans sa vie après ses retrouvailles avec Laurence. La vieille femme fut à la fois horrifiée, stupéfaite et ravie de la tournure des événements.

« Ne vous l'avais-je pas dit ? » dit finalement Alexina. « Tout vient à point à qui sait attendre… »

« J'aimerai croire que tout va aller pour le mieux mais il est encore trop tôt pour se prononcer sur la suite. Nous avons tellement des caractères antagonistes. »

« Complémentaires, vous voulez dire. »

« Complé… Non, je ne crois pas. »

Alexina sourit avec indulgence.

« Mon fils a des idées très arrêtées mais cela ne veut pas dire qu'il est sourd aux changements. Si vous parvenez à mettre vos différends de côtés, je suis sûre que vous vous entendrez très bien. Il faudra surtout que vous vous parliez tous les deux et que vous ne restiez pas sur des malentendus. Un autre conseil si je puis me permettre : ne lui cédez pas sur tout. Vous l'aiderez en lui apprenant à faire des concessions… »

« Je voudrais avoir votre optimisme… »

« Alice, laissez-moi vous dire une chose : quoi qu'il vous dise, vous comptez beaucoup pour lui, sinon, après trois ans sans vous voir, il vous aurait oubliée... Gardez toujours ça en tête dans les moments difficiles. »

Alexina lui prit la main pour la rassurer.

« C'est du sérieux, vous verrez. Et je suis bien contente que ce soit vous qu'il ait choisie. Nous allons comploter, vous verrez. »

« Pas trop, où il va devenir fou… »

« Justement, la folie et la fantaisie, c'est ce qui lui manque… »

Avril lui rendit son sourire. Après la nuit et la mâtinée qu'elle venait de passer entre les bras de Swan Laurence, elle ne doutait plus que l'homme savait profiter de la vie dans tout ce qu'elle avait à lui offrir…

A suivre…

J'espère que vous avez apprécié cette incursion un peu épicée ! Laissez-moi vos impressions et commentaires...