CHAPITRE 06
L'astre solaire avait bien avancé depuis leur réveil. Ses rayons transperçaient les cumulus avec une puissance tel que la chaleur devenait insoutenable au fur-et-à-mesure que le temps passait. De là où il se trouvait, Iphitos pouvait observer le jeune couple proclamer les derniers vers de la cérémonie funéraire. Comme promis, il avait permis à la jeune femme de mettre en terre les corps de ses défunts parents avant de pouvoir se remettre en route, la mission qui l'incombait étant d'une importance capitale.
Héphestion, courageusement, avait entrepris de retirer des morceaux de terre dans ce qui servait, autrefois, de cimetière au petit village de la jeune femme et ce, bien avant que le soleil ne commence à se lever. Voyant le temps qu'il mettait pour former un seul trou, l'astre de lumière ayant bien commencer son ascension, Iphitos s'était avancé et avait usé de sa puissance pour éclater la terre, formant par la même occasion assez de place pour poser les corps des défunts.
En agissant de la sorte, il eut une pensée pour sa propre déesse qui, il espéra, le pardonnerait pour un tel geste car il ne pouvait utiliser sa puissance pour de tel chose. Mais leur force étant de protéger les innocents, il savait d'avance qu'Athéna comprendrait le pourquoi d'un tel geste.
Maintenant, depuis plus d'une heure, il attendait paisiblement dans un coin que le rite de passage vers l'Hadès soit terminé. Mais revoir un tel rituel lui broyait le cœur. Cela ne faisait que cinq longues années que son maître avait quitté le plaisir de la vie, mais pour Iphitos, cela semblait n'être que le jour d'avant, comme si les années écoulées entre n'avaient jamais eu lieu.
Au loin, il pouvait voir le jeune garçon qu'il avait rencontré dans la soirée. Ce dernier s'était caché derrière un pans de murs recouvert de chaux et dont des traces de brûlures étaient visibles sur sa surface. Son regard mordoré brillait d'une intense lueur qui n'étonna pas le chevalier d'or.
ꟷ Vu que le rituel funéraire n'est pas encore fini, autant que j'en profite pour attraper ce jeune garçon, pensa-t-il rapidement sans le quitter des yeux. Ce jeune garçon dégage une puissance que je n'avais pas encore eu l'occasion de rencontrer depuis mon maître… voir même depuis Médéric.
Profitant du passage d'un rayon lumineux sur son armure qui s'amusa à refléter sa puissance lumineuse vers le jeune garçon, ce dernier ferma rapidement les yeux et perdit tout contact visuel avec Iphitos. Le temps d'un millième de seconde, le chevalier d'or disparu de son lieu de repos pour apparaître derrière le jeune enfant qui, une fois après avoir rouvert les yeux, le cherchait du regard.
ꟷ Si c'est moi que tu recherches, je suis ici, déclara Iphitos en croisant les bras sur son torse, faisant tinter le métal de son armure par frottement.
Sursautant au son de la voix du chevalier, le jeune garçon se retourna prestement et colla son dos contre le mur. Son regard affichait une peur indescriptible qu'Iphitos comprenait aisément. Ne sachant pas comment calmer l'enfant, le chevalier d'or décida de tenter une approche douce en décroisant les bras pour finir par s'asseoir à même le sol, provoquant un faible tourbillon de nuage cendrée.
ꟷ Comment t'appelles-tu ?
Le jeune garçon regardait à droite, tout comme à gauche, et essayait de trouver une issue de secours. L'homme devant lui ne lui inspirait nullement confiance et, au vu de ce qui s'était passé envers sa famille par des gens habillé de la même façon que le nouveau venu, rien ne pouvait lui permettre d'avoir, ne serait qu'un instant, l'idée de lui donner un brin de confiance.
ꟷ Serais-tu muet ?
Braquant ses yeux mordorés dans ceux brun foncé du chevalier, l'enfant pouvait voir que ce dernier ne demandait rien de plus qu'un dialogue. Mais pouvait-il réellement lui octroyé une telle chose ? Que comptait-il lui faire après avoir répondu à ses questions ? Pourtant, quand il y regardait de plus près, celui qu'il considérait comme son ennemi ne semblait nullement hostile envers lui. En même temps, ceux qui avait détruit le village avait agi comme lui. Et le résultat se trouvait tout autour de lui.
Depuis quelque temps, il avait compris qu'il n'était déjà pas un enfant comme les autres. Au fond de lui, il savait qu'une puissance s'y trouvait et elle semblait endormie. Ce ne fut que quand le village fut attaqué que cette dernière s'était réveillée, l'aidant à pouvoir fuir loin de la destruction. Et, encore maintenant, il pouvait la sentir ronronner en lui, prête à se déchainer et à s'expulser de son corps. Mais pouvait-il la laisser sortir ainsi et la laisser lacérer l'être qui était devant lui ?
Ne sachant que faire, il décida de laisser cette puissance qui fluctuait en lui, sortir comme bon lui semblait, surtout si cela lui permettait de rester en vie. Se souvenant de certaines prises de combat que son défunt père lui avait appris, il s'encra fortement dans le sol en bougeant légèrement les talons, permettant par la même occasion à son tronc de pivoter légèrement sur la droite. Plaçant l'un de ses bras à la verticale face à son visage, il entreprit de placer l'autre à l'arrière de lui, son avant-bras se plaçant à l'horizontale de son corps.
Poings fermés, il planta son regard dans celui de son interlocuteur.
Décidé à rester en vie, il lâcha la bonde à cette puissance qu'il renfermait et la laissa sortir lentement de son corps. Tellement concentré sur le chevalier, il ne remarqua même pas le fin nuage qui se formait autour de lui, provoquant des petites bourrasques de vents qui éparpillaient la cendre devant ses yeux.
Iphitos, quant-à-lui, écarquillait lentement les yeux de surprise. Il savait que certaines personnes pouvaient invoquer l'aura cosmique de façon inconsciente mais jamais il n'avait eu l'occasion de le voir.
Jusqu'à aujourd'hui !
Face à lui, le jeune enfant se retrouvait auréolé d'une aura voluptueuse, d'une couleur orangée, tirant presque sur la couleur de l'or. Son aura faisait penser à la couleur que prenait le ciel une fois que le soleil finissait pratiquement de se coucher. Souriant face à tant d'envergure, il attendit patiemment de voir ce que l'enfant prodige qui se trouvait devant lui allait faire.
Prenant appui sur sa jambe gauche, il donna une pression qui lui permit de s'élancer vers le chevalier qui l'attendait de pied ferme. Son bras, placé à l'arrière, fila comme une étoile filante en direction du jeune homme. L'enfant n'en croyait pas ses yeux sur la vitesse qu'il arrivait à produire et, ne sachant pas trop bien quoi faire, continua sur sa lancée, son poing filant à la vitesse de l'éclair.
Le choc qu'il ressentit dans tout son bras le réveilla d'un coup sec, atténuant par la même occasion le courant d'énergie qu'il avait réussi à développer hors de lui. La douleur le vrillant, il se laissa retomber sur le sol de tout son long, son corps lui faisant comprendre qu'il était épuisé.
Affaiblit, il arriva quand même à relever la tête pour voir son adversaire toujours assis, un sourire satisfait dessiner sur son visage. Les mèches brunes de sa crinière virevoltaient devant son visage sans que l'enfant n'arrive à ressentir ne serait-ce qu'une brise.
Pas mal pour une première fois, lâcha l'interlocuteur en tendant les bras. Avec un entrainement, tu pourrais devenir un redoutable adversaire.
L'enfant n'en croyait pas ses yeux. De ses deux bras, il avait réussi à le redresser et à le mettre debout devant lui, lui permettant de se trouver à la même hauteur l'un de l'autre.
ꟷ Et si tu me donnais ton prénom maintenant ?
ꟷ Je… je m'appelle… Diomède… finit par répondre l'enfant d'une voix hésitante. Vous… vous allez aussi me mettre dans le même état que mes parents ?
ꟷ Le même… bien sûr que non ! s'exclama Iphitos en ventilant sa main devant son visage. Si tu crois que je fais partie de ceux qui ont détruit ton village, c'est complètement faux.
ꟷ Qu'êtes-vous donc ? Demanda l'enfant en inclinant la tête.
ꟷ Je suis un chevalier de la déesse Athéna. Je combats ceux qui ont détruit ton village et j'essaie de faire en sorte qu'ils ne recommencent pas.
ꟷ Vous ne devez pas être très fort alors…
La véracité de la phrase de l'enfant le poignarda en plein cœur. En même temps, le jeune Diomède n'avait pas tort ! une main sur le sol, Iphitos se redressa sur ses jambes et jeta un rapide coup d'œil à l'endroit où se trouvait le jeune couple. Ces derniers venaient de terminer le rite funéraire et Héphestion s'était attelé à recouvrir le corps des défunts avec la terre qu'il avait soulevé grâce à son pouvoir cosmique.
Voyant qu'il était bientôt temps de se remettre en route, il baissa la tête, regarda le jeune Diomède dans les yeux et prit sa décision. Posant un genou à terre, il se mit à la même hauteur que l'enfant afin que ses prunelles brunes soient plongées correctement dans ceux mordoré du jeune garçon.
ꟷ Diomède, commença Iphitos en prenant une forte respiration, sache que nous sommes aussi fort qu'eux. Le seul souci que nous ayons, est que nous ne sommes pas aussi nombreux qu'eux. Et les véritables combattants se font rare.
ꟷ Ils sont si rares que ça ? questionna Diomède, un ton de curiosité imprégnant sa voix.
ꟷ Il y a rare et rare, répondit Iphitos en lui souriant. Mais ce n'est pas cela qui importe. Ce qui importe ce sont les jeunes enfants dont leurs possibilités sont aussi grandes que sont les tiennes maintenant.
ꟷ J'ai des possibilités ?
ꟷ Oui, confirma Iphitos en inclinant la tête positivement. Tu as un don qui est fort recherché chez nous. Cela te dirait-il de le mettre aux services de la justice et, encore plus, au service de la déesse Athéna ? Je sais qu'elle aimerait que je devienne, à mon tour, un maitre comme l'a été le mien.
ꟷ Tu as eu un maître ? Demanda à nouveau Diomède, avec des étoiles dans les yeux.
ꟷ Oui… mais ce dernier nous a quitté il y a de cela quelques années. Tes parents sont partis le rejoindre là ou la paix règne éternellement.
ꟷ Je suis peut-être un enfant, répondit Diomède en croisant les bras, une moue désapprobatrice se dessinant sur son visage en même temps, mais je ne suis pas idiot au point de ne pas comprendre que dans l'Hadès, il n'y a nul paradis.
ꟷ Pour l'instant, si, répondit Iphitos. Le dieu Hadès se bat à nos côtés afin de sauver le plus d'êtres humains que possible. Et ceux qui sont éliminés par ceux qui ont rasé ton village ne sont pas jugé aussi fortement que ne le sont les autres. Tel est la promesse qu'il a fait au grand Zeus avant de partir en guerre.
ꟷ Il y aurait une chance que je puisse les revoir ? Demanda l'enfant, sa voix remplie d'espoir.
ꟷ Je n'en sais rien, répondit Iphitos, la peine se lisant dans sa voix. Le seul qui pourra te répondre est le dieu Hadès en lui-même… et s'il accepte de te rencontrer. De plus, il pourrait partiellement accepter de te rencontrer à l'unique condition que tu deviennes un combattant luttant contre l'ennemi ou il risque sa vie. Mais, pour que cela arrive, tu dois partir avec moi et mes compagnons et suivre un entrainement des plus ardu. Te sens-tu prêt à une tel vie car, devenir chevalier exige des sacrifices de plus en plus grands et un non-retour à la vie normal…
ꟷ Oui, je veux devenir chevalier ! Je veux venger mes parents et rencontrer le dieu Hadès !
ꟷ T'es bien téméraire comme jeune garçon, déclara Iphitos en rigolant tout en posant une main sur le crâne de Diomède, ébouriffant sa tignasse par la même occasion. Mais si tu veux devenir un vrai chevalier œuvrant pour la justice au nom de la déesse Athéna, tu ne dois pas penser ainsi. Nous, nous nous battons pour la grande œuvre que la déesse Athéna souhaite mettre en place et qui permettra, un jour, à ce que la paix et l'harmonie règne en maître sur la terre.
ꟷ Et bien, je souhaite en faire partie, déclara le jeune enfant en brandissant ses poings devant lui. Je veux aussi protéger la vie des autres villageois afin que d'autres enfants ne se retrouvent pas dans la même situation que moi.
ꟷ Oui, tu as eu énormément de chance pour un enfant.
ꟷ Mais ça, c'est grâce à mon papa, déclara l'enfant en souriant. Il m'a appris tout ce que je sais !
Rigolant avec l'enfant, Iphitos se redressa et lui tendit la main. Y recevant celle de l'enfant, il se dirigea vers ses compagnons afin de l'y présenter. Slalomant parmi les décombre, il ne s'étonna pas, en arrivant à destination, d'y voir Héphestion en sueur, peinant à remettre la terre au-dessus des corps défunts.
ꟷ Vous êtes de retour, Seigneur Iphitos, déclara la jeune femme, son visage montrant encore les sillages de ses pleurs.
ꟷ Oui. Et comme vous pouvez le voir, en bonne compagnie aussi, termina-t-il par répondre en s'écartant légèrement pour montrer Diomède qui s'était vite caché derrière lui. Je vous présente Diomède. Il était d'ici lui aussi.
ꟷ À bon ? s'étonna Gaïa en séchant ses larmes de ses mains pour ensuite se pencher vers lui. Je n'ai pourtant aucun souvenir de lui.
ꟷ Et pourtant, il dit bien être d'ici.
ꟷ Et il va nous accompagner ? Demanda Héphestion en s'arrêtant de retourner la terre.
ꟷ La grande Athéna souhaitait justement que je prenne un apprenti afin que perdure la légende des chevaliers et qu'ils ne tombent pas dans l'oubli. Cela sera chose faite ! Ce jeune garçon à un potentiel extrêmement puissant et il serait dommage qu'il ne le mette pas à disposition d'une juste cause. Il serait dommage de le laisser latent et qu'il n'exploite pas ses capacités.
ꟷ Mais ne risquez-vous pas d'être ralenti ? Demanda Héphestion, à bout de souffle. Déjà que nous vous ralentissons dans votre mission… un enfant en plus ne risque-t-il pas de mettre en péril ce pourquoi vous avez été envoyé ?
ꟷ Je pense que non, répondit Iphitos après quelques secondes de réflexion. Au contraire, je pense qu'il pourrait m'aider dans les débuts. Ensuite, quand cela deviendra plus ardu, il restera avec vous et vous protégera durant ma courte absence.
ꟷ Et vous croyez sincèrement qu'il sera à la hauteur ? dit Gaïa sur le ton de la surprise.
ꟷ Avec l'entrainement que je vais lui prodiguer, il sera en mesure de tenir face aux plus fidèles combattants de notre ennemi commun.
Le ton grave et dur qu'utilisa le chevalier d'or fit comprendre à la jeune femme qu'elle ne pouvait plus rien dire d'autre que d'accepter cet état de fait. La décision étant prise, elle ne pouvait rien faire d'autre que de rester dans le silence. Haussant des épaules, elle se redressa et jeta un dernier coup d'œil aux dépouilles de sa famille.
ꟷ Veuillez m'excuser, je vais me retirer un peu, dit Gaïa en baissant la tête, ses longues fines mèches brunes retombant devant son visage, j'ai besoin d'un peu de solitude pour finir de pleurer ma famille défunte, dit-elle avec une voix tremblante, à moitié chemin de partir, à nouveau, dans les sanglots.
Les trois compagnons la regardèrent s'éloigner sans ajouter un mot. Ils comprenaient tous le chagrin qui l'envahissait, Iphitos encore plus car il savait que le sentier qu'elle empruntait, allait être des plus sinueux.
La brise légère de fin de matinée venant lui frôler le visage, il tourna la tête vers l'Est et fronça les sourcils. Il avait pris plus de retard qu'il ne l'avait supposé et il ne pouvait se permettre d'en prendre plus. Ayant transmis le message à Elestre qu'il en aurait pour plusieurs mois de voyage du fait de ses nouveaux compagnons, il réfléchissait au moyen le plus rapide pour atteindre sa destination tout en emmenant les autres dans son périple.
ꟷ Diomède, lâcha Iphitos sur un ton autoritaire, ton entrainement commence maintenant. Pour ton premier exercice physique, je vais te demander de remplacer Héphestion sur le travail auquel il est afféré.
ꟷ Bien maître, répondit l'enfant tout guilleret malgré l'exécution de la tâche.
Courant vers le dénommé Héphestion qu'il ne connaissait pas encore, il tendit les bras pour récupérer l'objet de son épreuve quand résonna la voix du chevalier, ce qui le surpris énormément.
ꟷ Uniquement avec tes mains, Diomède. Et ce, tout en augmentant ta vitesse d'exécution.
ꟷ Avec mes mains ? lâcha l'enfant, surpris et en les regardant d'un air étonné. Mais elles vont être en sang maître ?
Le regard de l'enfant allait de ses mains à son maître à plusieurs reprises, l'étonnement se lisant dans son regard. Il n'arrivait pas à comprendre le sens de cette demande.
ꟷ N'est-ce pas trop élevé comme entrainement, Seigneur Iphitos ? questionna Héphestion, intervenant car il était surpris par une telle consigne.
ꟷ Oui, avec tes mains, ordonna Iphitos en regardant l'enfant. Et non, cela n'est pas élevé comme consigne, s'ensuivit le chevalier en regardant Héphestion. Un aspirant chevalier doit pouvoir être au summum de sa puissance au tant au point physique que mental. De même, je sens que le pouvoir qui le caractérise est en liaison avec la terre. En agissant ainsi, il augmentera son lien avec cet élément mais prendra, par la même occasion, de la masse musculaire et de la vitesse.
ꟷ Vous êtes sur ? Demanda le jeune homme, septique.
ꟷ Oui. Ton entrainement, dit Iphitos en regardant l'enfant, doit te permettre de communier avec ton énergie interne, afin que tu te familiarise à l'utiliser à tout moment. En entrant en contact avec durant l'objet de ma demande, il te permettra d'augmenter ta vitesse mais, aussi, à le maîtriser à faible dose. Si tu ne fais pas attention, elle risque de se retourner contre toi et de t'apporter plus mal que de bien.
ꟷ La puissance qui est en moi est si dangereuse ? lâcha le jeune garçon, le timbre de sa voix s'imprégnant d'un début de peur.
ꟷ Elle peut l'être, répondit le chevalier d'or en posant une main sur l'épaule du jeune garçon. C'est la raison pour laquelle je t'ai proposé d'être ton maître et de rejoindre les rangs de la déesse Athéna. Si je ne t'aide pas à maîtriser la puissance qui nous caractérise, tu risques d'en user un jour à une trop forte d'ose et de te retrouver dans un état qui ne t'offrira aucun retour possible à une vie normal. Mais rassure-toi, termina-t-il par dire en souriant à l'enfant, tout que je serai ton maître et que tu ne maîtriseras pas cette puissance, je serai là pour t'aider à la réguler.
ꟷ La réguler ? Cela veut dire quoi maître ?
ꟷ À contrôler, répondit Iphitos, amusé par son jeune disciple. Maintenant, met toi au travail.
Hochant de la tête, le jeune garçon avança de quelques pas, s'arrêta, plia les genoux tout en fermant les yeux et se concentra sur l'énergie qui était en lui. Avec le temps, il avait appris à reconnaître les flux de cette énergie afin de pouvoir l'utiliser quand bon lui semblait. Mais souvent sans rien n'y comprendre. Son géniteur avait pourtant bien essayé de le lui faire comprendre mais, la mort l'ayant rattrapé bien avant son heure, il n'avait jamais pu finir sa formation du contrôle avec lui.
Abreuvé de courage, Diomède planta ses mains dans la terre séché et commença le recouvrement des corps. Augmentant sa vitesse d'exécution, il sentit les flux de son énergie affluer en lui mais pas dans le sens qu'il voulait. Se concentrant un peu plus, il essaya de diriger cette énergie dans ses bras afin d'aller encore plus vite, cela afin de réaliser en un temps record l'exercice demander par son maître.
Héphestion, quant-à-lui, regardait ce jeune enfant agir avec autant de faciliter qu'un homme qui doit remontrer de l'eau d'un puit. Ses muscles d'avant-bras, tout comme les biceps du jeune garçon, étaient bandés et des perles de sueurs commençaient lentement à naitre sur leur surface, tout comme sur son visage rond. Ne connaissant pas ses motivations, il n'arrivait pas à comprendre pourquoi il voulait tellement devenir un chevalier d'Athéna.
Malgré cela, il comprenait parfaitement que le prestige d'en devenir un était tentant. Mais un prestige auquel il n'aurait pas droit. Même si pour l'humanité, cela n'était qu'un mythe, elle disait pourtant bien que ne pouvait devenir chevalier que les jeunes enfants.
Soupirant, il tourna la tête vers Iphitos qui regardait résolument son disciple. Son regard brun suivait chaque mouvement de l'enfant. À certains moments, il lui arrivait même à corriger l'enfant par une simple phrase, ce dernier agissant dans la seconde.
Ne sachant que faire, il décida de laisser le disciple et le chevalier seul et s'éloigna vers l'ancienne maisonnée de Gaïa. Pour se retrouver seul, autant utiliser ce temps d'attende à terminer les sacs de provisions. Slalomant entre les ruines, il finit par arriver à destination et descendit le petit escalier qui menait au sous-sol pendant que les bruits de la terre soulevée et jetée dans un trou résonnaient en écho.
L'astre solaire tapant avec puissance, Erginos s'essuya le front avec son avant-bras. Ballotté par les flots, sa barque fendant les vagues aux bords écumeux, il tendit un peu plus la voile et laissa le vent s'y engouffrer, augmentant légèrement la vitesse.
Tout au bord de la proue, Elestre, émerveillée par un tel spectacle, était allongée sur le ventre, son bras droit pendant dans le vide et le bout de ses doigts frôlant la surface de l'eau salée. S'humectant les lèvres, elle respira un bon coup et se délecta de l'odeur d'iode.
Tu as vraiment de la chance Erginos, dit-elle en se retournant, ses longues mèches brunes se soulevant avec la brise marine. C'est un véritable bonheur de parcourir les mers…
Erginos ne dis mot. Parler l'ennuyait, et répondre… encore plus. Depuis leur départ, alors que l'astre diurne commençait lentement à disparaître à la fin de la nuit, Elestre n'avait pas arrêté de discuter, l'obligeant à devoir supporter une quantité considérable de questions qui, souvent, étaient sans intérêts.
Et lui, il avait juste pris le pli de rester les trois quarts du temps silencieux, espérant que la jeune femme finisse par se lasser de lui parler. Déjà qu'il avait dû supporter tout son dialogue de la nuit. Et ce qu'il avait appris lui semblait fortement intéressant. Mais depuis leur départ, il trouvait que tout était sans considération.
L'appelant avec force, Erginos regarda Elestre mais demeura tout autant silencieux, au grand dam de la jeune femme qui croisa rapidement les bras, mécontente. Son visage, pourtant radieux habituellement, se déforma à cause de la moue qui se dessina au niveau de ses lèvres, lui offrant quelques petites rides au niveau de ses yeux.
Le tableau étant surprenant, Erginos s'autorisa un petit sourire en la fixant droit dans les yeux, ce qui accentua encore plus son mécontentement.
ꟷ Tu n'as pas du tout marrant, Erginos !
ꟷ Tu as juste à parler moins et là, nous pourrons discuter.
ꟷ Parler moins ? s'exclama la jeune femme, outrée. Tu parles déjà moins que ton père alors, si je dois parler moins que toi, il n'y aura jamais de discussion. Sauf si c'est cela que tu recherches ?
Estimant que la question n'avait pas besoin d'une réponse plus poussée car celle-ci se trouvait déjà dans la demande, il laissa son regard bleuté pointer l'horizon alors que ses longues mèches noires virevoltaient devant son regard, la brise légèrement de fin de matinée venant fouetter son visage de plein fouet.
ꟷ La mer n'est que silence et elle réclame son droit à tout instant, déclara-t-il sans préambule, ne quittant nullement l'horizon du regard. Elle était déjà présente dans le passé avant notre venue et elle sera toujours présente même après notre disparition.
ꟷ Pourquoi dis-tu ça ? demanda Elestre, la curiosité la piquant à vif.
ꟷ Car je suis comme elle, répondit simplement Erginos. La mer, tout comme l'océan, est seule, calme et puissante. Et comme elle, je suis seul, calme et puissant.
ꟷ Tu n'es pas seul tu sais, poursuivit Elestre avec un large sourire sur son visage. Je suis là.
ꟷ À mon grand désespoir…
À nouveau outrée, elle se détourna de lui, se recoucha sur le ventre, et laissa son bras droit pendre à nouveau le long de la coque de la proue.
Le silence régna pendant un long moment, le soleil poursuivant sa route dans le ciel bleuté qui se trouvait parsemé d'aucun nuage. Ce dernier se trouvant à son zénith, la chaleur étant devenu presque insupportable, il s'autorisa quelques minutes de repos et laissa les rames, recouvertes de perles d'eau, s'égoutter sur les rebords de la barque. S'allongeant, il ferma lentement les yeux et se laissa bercer par la douce brise des vagues.
Elestre, quant-à-elle, jeta un rapide coup d'œil à Erginos qui se prélassait paisiblement au soleil. Cette image la fit sourire car, mine de rien, il se ressemblait beaucoup, à quelques différences près. Même si leur caractère était vraisemblablement différent, la façon d'aimer la solitude et le calme était la même.
Souriant, elle profita de cette image pour entrouvrir les lèvres et commença à chantonner, sa douce voix mielleuse et irradiante de bonté s'envolant vers les cieux. D'abord doucement et presque un murmure, elle augmenta l'intensité de sa voix jusqu'à ce qu'elle parvienne aux oreilles de son compagnon de voyage qui souria malgré tout.
Elle chanta ainsi durant plusieurs minutes, apaisant les cœurs et les doutes qui était en lui.
Même s'il était honoré de la confiance que la sage déesse de la guerre avait en lui, il ne pouvait s'empêcher de penser à son père et au peu d'estime que ce dernier avait en lui. Même chose pour l'autre sens. Mais Erginos pensait réellement que l'estime peu évalué qu'il avait en son père était juste, il ne pouvait faire autrement que d'agir de la sorte du fait que son père ne montrait que peu de respect envers lui.
Sur ce point, Médéric, le berserker d'Arès, était semblables à lui. Et encore ! Être supposé égale était un doux euphémisme. Mais ce dernier était pourtant celui qui se rapprochait le plus de lui. Erginos se souvenait parfaitement de sa rencontre avec ce dernier et du final qui en avait décousu. Lui-même ne s'attendait pas à une telle chose. Mais ce qui l'étonnait le plus était ce qu'il déclarait depuis quelques années déjà.
Cela devait faire bientôt cinq ans que le berserker d'Arès avait combattu le chevalier de bronze de Pégase, Persée. Ce dernier était un virtuose du combat et personne, même pas parmi les chevaliers d'Athéna, ne lui arrivait à la cheville. Lui-même ayant fait les frais d'un combat en contre ce dernier.
Le chevalier de bronze avait gentiment fait valser le berserker d'Arès qui était, pourtant, le plus puissant après les quatre généraux du dieu, et le plus insubordonné aussi. Et pourtant, le chevalier Persée n'avait eu aucun mal à se défaire de son vaillant adversaire. Mais la fin du combat avait plus qu'étonné le général des mers, mais surtout fort bien amusé Iphitos qui se tenait en boule tellement il avait mal au ventre.
Lors du dernier assaut, Persée l'avait attrapé par l'avant-bras, après avoir magnifiquement joué d'un bon jeu de jambes qui lui avait fait perdre l'équilibre. Et, par le mouvement de l'assaut, l'avait envoyé valser dans les airs sans effort.
Mais l'hilarité de du chevalier d'or ne venait pas de cette valse mais plus tôt du lieu où il avait atterri !
La puissance de l'envoie était telle qu'il n'avait pas eu le temps de retomber sur ses jambes, son postérieur, privé de protection, s'écrasant lourdement dans des ronces, ultime rempart végétale propagée par l'attaque du chevalier d'or des Poissons qui combattait à quelques mètres de là. Ces ronces, aux pointes aiguisées, avaient percée la chaire du Berserker qui, au lieu de serrer les dents face à cette douloureuse surprise, avait joyeusement laissé place à un hurlement digne des plus torturés, faisant sursauter le chevalier d'or combattant à un tel point que celui-ci glissa sur place, tout comme son propre adversaire.
Se retenant de rire face à un tel souvenir, Erginos laissa juste un faible sourire se dessiner sur ses lèvres car, malgré ce qu'il pensait, Médéric méritait franchement le respect qu'il avait pour lui.
Son esprit vaguant dans les méandres des souvenirs, Erginos ne vit pas le temps passé et tomba endormi pendant qu'Elestre continuait à chanter. Durant tout son repos, cette dernière remarqua une fine bruine bleutée parsemée d'or entourer le jeune Général. L'aura, quasi divine, s'était petit à petit éloignée de lui pour recouvrir la barque qui avançait lentement, la dirigeant inexorablement vers sa destination.
Amusée, elle sourit et continua son chant, laissant le temps passé à son aise.
Ce ne fut que quand le soleil arriva presque à l'horizon que la proue percuta un objet solide, réveillant les deux voyageurs. Surpris par le choc, ils regardèrent où ils se trouvaient et furent étonné d'être déjà à bon port, le voyage devant leur prendre deux bonnes journées.
ꟷ Le voyage fut rapide, lâcha Elestre d'un ton amusé.
ꟷ Je parie que mon paternelle y est pour quelque chose…
ꟷ Tu crois ?
ꟷ J'en mettrai ma main à couper, déclara Erginos d'un ton grogneur en descendant de la barque, la faisant tanguer légèrement.
ꟷ Et pourquoi t'aurait-il aidé ? questionna Elestre en mettant pied-à-terre elle aussi. Pourquoi ne serait-ce pas toi-même qui nous aurait conduit ici ?
ꟷ Moi-même ? Tu plaisantes Elestre ?
ꟷ Je ne plaisante pas.
Accusant le coup pendant plusieurs minutes, Erginos se mit à réfléchir aux paroles de la jeune femme en contemplant l'horizons qui s'offrait à lui. La terre aride de l'île qui s'étendait à perte de vue, était parsemée d'éclats rougeâtres provoqués par le soleil couchant.
Au loin, il pouvait ressentir l'aura puissant d'Iphitos qui avançait inexorablement vers sa mission, accompagnée par d'autre aura beaucoup plus faible que la sienne.
Fermant les yeux, il se concentra et les compta, ce qui défigura son visage de contrariété.
ꟷ Allons bon, encore une de plus, maugréa-t-il en passant ses deux mains dans sa crinière noire. Iphitos est vraiment une cause perdue…
ꟷ C'est-à-dire ? demanda Elestre en venant se placer à ses côtés tout en lévitant.
ꟷ Comme tu le sais, Athéna m'envoie à la poursuite de son chevalier afin que je puisse m'occuper de deux jeunes gens qui l'accompagne afin qu'il puisse accomplir la mission qui lui a été confiée dans les meilleurs délais. Mais, si tu te concentre bien, il y a une personne de plus dans ses compagnons de voyage. Iphitos est irrécupérable…
ꟷ C'est ce qui fait son charme aussi, répondit-elle avec un large sourire dans la direction d'Erginos, ce qui énerva encore plus le général des mers.
ꟷ Mais cela fait une personne de plus à ramener auprès des autres…
ꟷ Peut-être bien, déclara Elestre en le regardant droit dans les yeux. Quoiqu'il en soit, si tu ne veux pas que l'on passe la nuit ici, on ferait bien de nous mettre en route et de le rejoindre dans les meilleurs délais. Mais, continua-t-elle en reculant, sache que j'attends toujours une réponse à mes questions.
ꟷ Réponse que tu n'auras pas de sitôt, pensa globalement Erginos en augmentant légèrement son aura.
La laissant sans réponse, Erginos se mit à courir sur la plaine aride, faisant défiler le paysage en un tour de main. Outrée d'être si vite abandonnée et d'être laissée dans le vent, elle croisa les bras devant elle avant de se mettre à virevolter sur elle-même, disparaissant en un tour de main comme si elle ne s'était jamais trouvée sur les lieux, laissant Erginos seul sur sa course.
L'astre solaire descendait inexorablement à l'horizon, teintant le ciel d'une couleur or et orange. À certains endroits, un rose pastel colorait légèrement les surfaces des nuages qui traversait paisiblement le ciel pendant que les étoiles naissaient lentement, faisant scintiller le bleu azur qui laissait place à un bleu plus foncé, presque la couleur des plumes d'un corbeau.
Héphestion, tout comme Gaïa, avançait paisiblement sur le fin sentier qui serpentait dans la plaine alors que, derrière eux, Iphitos accompagnait son apprenti qui était occupé à réaliser les exercices demandés par son maître.
ꟷ Met un peu plus d'entrain Diomède. La lenteur n'est pas exigée chez les chevaliers d'Athéna.
ꟷ Bien maître, répondit l'enfant en redoublant d'effort.
Iphitos était étonné des progrès que le jeune garçon avait réalisé en à peine une journée. La maîtrise du combat qu'il avait acquis auprès de son paternelle et son cosmos d'origine, déjà très puissant, allait faire de lui un être redoutable.
Mais, malgré tout, Iphitos ne pouvait s'empêcher de voir en l'enfant une personne qu'il connaissait bien et qui n'était d'autre que lui-même. Le même caractère se trouvait en lui et cela le faisait sourire.
Mais Diomède était le premier enfant, à sa connaissance, à avoir une aura aussi puissante à son jeune âge et, cela, il n'arrivait pas à l'expliquer. Et seul Athéna pourrait l'éclairer sur ce point. Surtout en sachant que le destin pouvait souvent être imprévisible.
Depuis trois bonnes heures, il avait demandé au jeune Diomède de croiser ses bras dans son dos et de sauter à croupis tout en essayant de réguler son aura afin de maintenir son équilibre pendant qu'il sautillait. Et, chose étonnante, le jeune enfant y était arrivé au bout de dix minutes, stupéfiant autant le maître que le reste des compagnons de voyage. Il commençait à tellement bien maîtriser son aura que la sueur qui perlait sur son front était plus due à l'effort de l'exercice sur une longue distance que sur la maîtrise de sa puissance.
Et cela stupéfiait énormément Iphitos.
Laissant le jeune garçon continuer l'exercice demandé, il avança d'un bon pas et se retrouva en quelques secondes aux côtés du jeune couple qui tourna promptement la tête vers lui.
ꟷ Diomède et moi-même allons rester quelques temps ici, déclara Iphitos en plongeant son regard brun dans ceux des deux jeunes gens.
ꟷ Bien Seigneur Iphitos, répondit Héphestion en hochant la tête. Nous allons chercher de quoi pouvoir attiser un feu pour passer la nuit.
ꟷ Nous ne camperons pas ici, déclara aussitôt le chevalier d'or en levant le bras, son index pointant dans une direction. À un une heure d'ici se trouve l'orée d'un bois. C'est là-bas que nous camperons. Allez-y déjà et préparer nous de quoi nous sustenter, Diomède en aura grandement besoin une fois que son entrainement sera terminé… s'il arrive à avaler quoique ce soit avant de s'endormir.
ꟷ Et… et si vos ennemis nous trouvent ? Demanda Gaïa en se plaquant contre Héphestion, ce dernier se raidissant à son contact doux et chaud.
ꟷ Ne vous inquiétez pas, même si je serai à une heure de vous, j'arriverai en un temps record qu'ils n'auront pas le temps de vous attaquer.
ꟷ Vous êtes sur ?
ꟷ Aussi sur qu'Athéna veille sur nous en ce moment même, déclara Iphitos avec un large sourire. Vous pourrez même passé une nuit complète sans être déranger.
ꟷ Nous allons nous remettre en marche alors, déclara Héphestion en attrapant le bras de sa compagne, imprimant par la même occasion, une pression pour rassurer la jeune femme. Nous vous disons à plus tard, Seigneur Iphitos.
Sans demander son reste, la jeune femme s'éloigna en compagnie de son compagnon et ce, sans jeté un regard en arrière. Malgré qu'elle n'appliquât pas ce geste, elle pouvait entendre la respiration saccadée du jeune Diomède qui arrivait péniblement auprès de son maître, continuant son entrainement sans faiblir.
Attendant patiemment, Iphitos en profita pour sonder les alentours et ne sentit rien de dérangeant.
Ce qui le rassura un bon coup.
ꟷ Diomède, cria Iphitos à l'intention de son apprenti qui releva la tête vers lui tout en sautillant. Cet exercice est fini, tu peux me rejoindre à pied maintenant.
ꟷ Bien maître, cria l'enfant en se laissant tomber sur les fesses, sa fine petite bouche laissant sortir une expiration des plus longues.
Prenant le temps de récupérer, il finit par se relever et se dirigea vers Iphitos qui l'attendait calmement, les bras croisés sur le torse de son armure rutilant de beauté.
ꟷ Que dois-je faire maintenant, maître ?
ꟷ Nous allons combattre l'uns contre l'autre. Je tiens à juger ta façon de combattre sur un combat durant plusieurs minutes. Un combat ou tu peux te projeter encore bien plus que lors de notre petit affrontement dans ton village de naissance. Donc, met toi en position et charge le premier.
Prenant appui sur ses frêles jambes, Diomède regarda longuement le chevalier d'or qui faisait face à lui. Même si ce chevalier d'or était son maître, lors de ses combats avec son paternelle, il n'avait jamais vu quelqu'un se mettre dans une tel position de faiblesse.
Son père avait toujours pris une position de défense qui lui permettait, sans risque, de passer à l'attaque en un tour de main. Ici, il voyait son maître debout, droit comme un piquet, les jambes légèrement écartées et les bras toujours croisées sur son torse, comme si rien ne pouvait le perturbé, ni même l'ébranlé.
Ne comprenant pas où son maître voulait en venir, il se concentra et laissa l'aura puissante qui sommeillait en lui depuis quelques secondes, refaire surface. L'aura cosmique orangée qui le caractérisait tellement l'entoura rapidement, croissant comme jamais.
Sans prendre aucune mesure, Diomède s'élança sur son maître qui le regardait toujours fixement sans broncher. Trouvant que sa vitesse était décuplée, il dépassa son maître à une telle vitesse qu'il chercha le moyen de faire demi-tour en un temps record, afin de pouvoir l'attaquer à nouveau mais dans le dos cette fois-ci. À peine s'était-il relancé sur sa course qu'il se sentit soulevé dans les airs pour réattérir quelques mètres plus loin face à Iphitos qui souriait malgré tout.
ꟷ Ton idée est bonne mais attaquer dans le dos est un peu lâche pour un guerrier, mais encore plus pour un chevalier d'Athéna. Lors d'un véritable combat contre un adversaire doté aussi de capacité cosmique, tu n'auras jamais une telle opportunité car lui-même se sera déjà retourné afin de t'attaquer. D'ici que je puisse me battre correctement, tu devras toujours être face à moi afin que je puisse corriger tes erreurs de combats.
Hochant uniquement de la tête, Diomède se remit en position et jaugea à nouveau son maître qui n'avait toujours pas changer de position. Intrigué quand même, il s'élança vers lui, poing armé et, au dernier moment, alors qu'il ne restait plus qu'un seul mètre entre lui et son maître, rabattit son poing droit vers l'avant en projetant toute son aura cosmique vers le bas ventre de ce dernier.
Mais son poing ne rencontra que du vide, ce qui le surpris.
Titubant sur sa course, son aura cosmique ayant disparu, il se retourna vers son maître, la perplexité se lisant affreusement sur son visage enfantin.
ꟷ Très beau coup, répondit simplement Iphitos. Contrairement à ce matin, tu commences réellement à maitriser ton aura et à gérer ses fluctuations pour la concentrer à un point précis. Mais tu peux faire bien mieux, termina-t-il par dire en souriant à son élève une fois tourner vers lui.
ꟷ Comment avez-vous fait pour éviter mon coup, demande Diomède, toujours aussi perplexe. Même mon père n'y arrivait pas.
ꟷ Aurais-tu oublié que ton maître est un chevalier d'or ? questionna Iphitos en marchant vers lui. Je suis l'élite des chevaliers de la déesse Athéna et nous, chevalier d'or, nous battons à la vitesse de la lumière. Vitesse que tu ne peux percevoir car tu n'as pas atteint un tel niveau. Pour ma part, tu pourrais faire partie des plus puissants chevaliers d'argent d'ici quelques années… si Cronos nous donne l'opportunité de construire le futur ! Termina-t-il par dire sur un ton rageur, la colère faisant briller ses prunelles.
ꟷ Maître, commença à demander Diomède en se remettant en position de combat, pourquoi…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase.
Alors qu'il était prêt à s'élancer vers Iphitos pour reprendre la joute dans laquelle ils étaient plongés depuis quelques minutes, un jeune homme, aux longs cheveux noirs s'arrêtant au milieu de son dos et recouvert d'une armure dorée, s'arrêta entre lui et Iphitos. Ne pouvant voir son regard, le dos lui faisant uniquement face, il ne pouvait que regarder le visage étonné de son maître face au nouvel arrivant.
ꟷ Mais… Lâcha Iphitos, plus qu'ébahis. Que…
ꟷ Aurais-tu perdu ta langue, chevalier d'Athéna ? Demanda le nouveau venu avec un franc sourire. Tu es pourtant plus bavard d'habitude…
ꟷ Ergy ! Cria Iphitos en décroisant les bras, ces derniers offrant une brutale accolade
Diomède, de là où il se trouvait, ne savait plus quoi penser. Préférant rester sur ses gardes, même si son maître semblait connaitre le nouveau venu, il prit une position défensive et attendit patiemment que son maître le regarde et lui offre une explication.
