Bonjour tout le monde, suite à certaine demande, j'ai décidé de reprendre l'écriture ! J'espère que ce long hiatus ne va pas tuer l'histoire et qu'elle vous plaira toujours autant ! N'hésitez pas à me faire savoir sinon ! Sur ce, je pense que ce chapitre a assez été attendu ! Bonne lecture !
Chapitre 12 : Rêve ou prémonition ?
La lune pleine illuminait le ciel accompagnée de son cortège d'étoile. Les arbres se dénudaient annonçant l'hiver glacial. Draco se promenait sur le chemin de pierre menant à la clairière sacrée. Il sentait un vent sinistre rodant autour de lui. Son esprit restait sur ses gardes. Un bruissement dans les arbres se fit entendre lui donnant des frissons. Il porta sa main à son épée, prêt à combattre. Un éclair rouge fissura le ciel et la peur s'insinua dans ses veines. Harry était en danger, il s'élança vers le promontoire, avisant les monolithes sur sa gauche. La clairière ne devait plus être très loin. Un cri surgit dans la pénombre et il redoubla d'effort en reconnaissant la voix de son amant. Faîte qu'il n'arrive pas trop tard. Les bruits de lutte se firent de plus en plus proches et il découvrit la scène avec horreur. Harry était visiblement blessé. Draco pouvait sentir l'odeur douceâtre du liquide carmin, un sang qu'il pourrait reconnaitre entre mille. Le petit brun semblait aux prises avec une ombre menaçante. Celle-ci tournoyait furieusement autour de son amant qui semblait s'épuiser. Un rayon jaune percuta le jeune homme de plein fouet et Draco sentit son cœur arrêter de battre. Comme au ralenti, il vit le jeune prince s'effondrer au sol sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit. Un son macabre résonna dans la nuit et l'ombre menaçante sourit.
Draco se réveilla en nage, le front perlé de sueur. Il tâtonna la place adjacente et rencontra la chevelure de son amant. Il ferma les yeux et prit un temps pour calmer sa respiration. Les battements frénétiques de son cœur s'apaisèrent progressivement. Quel cauchemar ! Une fois redevenu serein, il avisa la forme endormie à ses côtés. Harry était vraiment une créature splendide. La lueur de l'astre lunaire le rendait quasi irréel. Il semblait apaisé, sa cage thoracique se soulevant au doux rythme de ses respirations. Une brise entra dans la pièce et le petit brun trembla. Inconsciemment, il se tourna vers Draco, cherchant la chaleur près du corps de son amant. Celui-ci sourit à cette initiative et s'installa de nouveau entre les draps, enveloppant son âme sœur dans un cocon chaleureux. Le plus jeune soupira d'aise dans son sommeil.
Les yeux fixant le plafond, le blond ne parvenait pas à se rendormir. Ce rêve ou plutôt cauchemar lui avait paru si réel. Etait-ce une vision ou pire une prémonition ? Il n'arrivait pas à oublier le souvenir de la chute du corps du brun ni l'écho du rire démoniaque. Ils étaient au milieu de l'été contrairement à son rêve qui présageait plutôt un début hivernal. Cela lui laissait un peu de temps pour faire la lumière sur cette affaire. Draco avait la désagréable impression que le futur ne serait pas des plus paisibles. Rien que cette idée suffisait à le faire enrager. A peine avait-il pu serrer Harry dans ses bras que de nouvelles menaces voulaient lui enlever. Foi de Carmina, il ne laisserait jamais un futur comme celui-ci se mettre en place. Il ne supporterait pas la perte de son frère, pas une deuxième fois, pas définitivement.
La semaine de la nuit venait de s'achever et avec elle, la période de conception. Ils pouvaient donc sereinement envisagé de compléter le lien de corps. Il avait bien tiré les leçons des mésaventures avec son frère et il se promit de lui parler de leurs coutumes et rituels afin que le jeune homme et lui-même se trouvent sur un pied d'égalité. Surprotéger Harry n'avait fait que le mettre en danger alors il allait devoir manœuvrer serré pour laisser l'espace nécessaire à son frère pour qu'il s'épanouisse tout en gardant un œil sur lui au cas où. On n'est jamais trop prudent après tout et son instinct de protection n'était jamais bien loin.
« Dray… » Parvint la voix ensommeillée.
« Oui petit ange ? » Chuchota-t-il à son tour.
Harry ouvrit des yeux embués de sommeil, il s'installa encore plus près de son amant. Leurs corps se fondant l'un dans l'autre. Il se sentait bien ainsi, les gigotements de son amant l'avaient éveillé et il peinait pour ne pas tomber à nouveau dans les bras de Morphée. Il plongea son regard dans celui de son vis-à-vis et discerna une inquiétude dans le regard orageux.
« Que se passe-t-il ? »
Draco hésita un moment. Devait-il faire part de son rêve à son âme sœur ? Cela l'inquièterait à coup sûr. Néanmoins, tout garder pour lui revenait une fois encore à décider à sa place. D'un autre côté, ce n'était peut-être qu'un simple rêve, dans ce cas, en parler ne ferait que lui donner du crédit alors qu'il était insignifiant. La voix de son amant l'interpellant une nouvelle fois le fit redescendre sur terre.
« Ce n'est rien, juste un mauvais rêve ! » Dit-il d'un ton qui se voulait rassurant.
Le petit brun continuait à le fixer, les obsidiennes ne le lâchaient pas du regard et il se sentit perdre ses moyens. Harry pouvait observer la lutte psychologique dont son amant souffrait. Diverses émotions toutes plus fugaces les unes que les autres défilèrent sur son visage. Celui-ci redevint impassible, Draco semblait avoir pris sa décision. Il l'entendit murmurer douloureusement.
« J'ai rêvé que quelque chose te faisait du mal. Je n'arrivais pas à temps pour te sauver. Mais c'est terminé, et je ne compte pas te quitter des yeux ne serait-ce qu'une minute. »
« Ca je m'en doutais un peu ! » Répliqua le brun dans un rire, détendant un peu l'atmosphère.
Draco se mit doucement a caressé les cheveux d'ébène, ce geste le détendait et cela semblait convenir à Harry puisque celui-ci ferma les yeux dans une grimace de plaisir. Ils s'endormirent peu de temps après, bercer par leurs cœurs battant à l'unisson. C'était une certitude, Draco ne peux vivre sans Harry. Cette idée lui brula le cœur.
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Lucius buvait un verre de liqueur de myrtille devant l'âtre où ronflait un feu. Il ne cessait de tapoter sur son accoudoir, ne parvenant pas à s'apaiser. Séverus était une fois de plus aller trop loin et il n'avait pas su le refréner. Pas qu'il en pense qui que ce soit capable mais il aurait du anticiper. Il connaissait son amant par cœur, il aurait pu le stopper avant qu'il ne se mette en danger pour de bon. Il avait échoué dans son devoir de protection et cela le blessait plus surement que le geste de Séverus en lui-même. Il n'avait pas revu son amant depuis la veille et le manque commençait à se faire sentir. Il n'osait imaginer ce que ressentait son amant. Le cadet ne supportait pas la solitude. A la mort de leurs parents, la montée sur le trône lui avait pris un temps considérable. Il n'était que peu disponible pleinement pour le brun. Séverus n'avait rien dit, et avait enduré jour après jour sa souffrance, ce sentiment d'abandon qui s'était fiché telle une flèche dans son cœur. Lors de son premier voyage diplomatique, il avait souffert de contretemps et son retour avait été reporté de deux jours.
Il avait bien senti à ce moment-là un malaise dans le lien mais il n'y avait pas porté plus attention. A son retour, on lui avait fait part de l'état déplorable dans lequel se trouvait le prince. Il n'oublierait jamais le regard vide de son amant quand il s'était précipité à son chevet. Lucius avait serré le corps brulant de son amant, inconscient, le regard ouvert sur un monde auquel il n'avait pas accès. Il avait attendu des heures auprès de lui, transmettant son énergie, le cajolant en permanence pour qu'il retrouve son chemin vers la conscience. Quand Séverus s'était rétabli, cela ne fut que pire. Chaque absence prolongée de son âme sœur le mettait dans des états de panique. Il avait alors ré organisé son emploi du temps et était parvenu non sans mal a trouvé un juste milieu.
C'était déjà il y a bien longtemps et pourtant, Séverus supportait toujours très mal la solitude. Il savait bien qu'il le punissait un peu à travers cet éloignement mais c'était la seule manière qu'il ait pu entrevoir. Laisser du temps seul a Séverus afin qu'il puisse pleinement faire le point sur sa situation. Il ne craignait pas une réaction violente, les peurs de l'enfant qu'il était à ce moment-là n'étaient plus aussi vivaces. Le brun avait grandi, muri, s'était en quelque sorte élevé des remparts contre ses émotions. Il était adulte à présent et il agissait en tant que tel mais parfois, Lucius pouvait entrevoir certaines fêlures dans la carapace. Le blond pouvait alors voir que l'enfant apeuré n'était jamais très loin et qu'il se terrait simplement au fond de lui.
Peut-être devrait-il retourner auprès de son compagnon ? La dispute avait assez durée. Plus rien de bénéfique ne ressortirait de cette séparation. Il quitta la pièce, abandonnant son verre de liqueur qui lui rappelait de toute manière, un peu trop son amant. Le chemin ne lui avait jamais paru aussi long pour arriver jusqu'à sa chambre. Il entra sans cérémonie dans la pièce baignée par l'obscurité. Il avisa immédiatement la forme recroquevillé dans le lit. Des soubresauts agitaient la silhouette roulée en boule. Il vint s'assoir sur le rebord du matelas. Les sanglots cessèrent brutalement. Lucius soupira profondément devant le comportement de son compagnon. Celui-ci tenait encore à cacher ses émotions.
« Bébé, calmes toi à présent, je suis là. » Dit-il d'une voix rauque.
Il crut dans un premier temps que Séverus ne l'avait pas entendu mais il se retrouva en un éclair avec son amant dans les bras. La tête du cadet vint se nicher dans le cou de l'ainée. Ce contact était si apaisant, si naturel, si rassurant. Il enveloppa son compagnon dans ses bras et le berça un moment. Jusqu'à ce qu'il soit sûr que le brun se soit parfaitement apaisé. Sans un mot, il releva son visage et embrassa les joues encore humides puis termina par ravir ses lèvres. Le baiser était doux. Il remit en place une mèche brune et allongea son propriétaire sous les couettes, notant au passage la légère fièvre qui s'était emparé du corps d'albâtre.
« Je regrette d'avoir agi de manière inconséquente. » Murmura le brun.
Lucius sourit dans la pénombre, il connaissait assez Séverus pour apprécier le geste et savoir que ces paroles étaient ce qui se rapprocher le plus des excuses.
« Maintenant, dors, tu sembles extenué. »
« Pas sans toi, s'il te plait. » Gémit le brun.
« Je reste à tes côtés mon amour, je suis là, je serais toujours à tes côtés. » Renchérit le blond en se dévêtant.
Il rejoignit Séverus dans leur lit et prit entre ses bras le corps du brun. Lucius passa un bras sous la tête brune pour la déposer au creux de son épaule. Il tendit ainsi son cou à son compagnon qui le mordit avec douceur. Lucius ferma les yeux devant le plaisir éprouvé et saisis en même temps le poignet de son amant pout le mordre abruptement. Il ré affirmait ainsi son appartenance et son engagement et il ne comptait pas déroger de son devoir à l'avenir. Séverus était à des kilomètres des pensées de son amant, le sang coulant dans sa gorge lui fit pousser un grognement de plaisir. La tristesse semblait fuir son cœur, c'était comme si Lucius repoussait par sa présence toute la noirceur dont il s'était senti envahi. La calme était revenu, il aurait aimé tout expliquer encore une fois à son amant, lui dire ce qu'il ressentait, a quel point il avait souffert, a quel point il était désolé. C'était un comble pour une personne aussi peu loquace que le brun. Le sommeil l'emporta avant qu'il ait pu émettre le moindre mot. Lucius couva du regard son amant tout en terminant de lécher son poignet. Les mots n'étaient pas nécessaires pour comprendre son amant. Il resserra sa prise sur le corps endormi et respira longuement le velouté de la peau de son amant. Retrouver Séverus était la meilleure décision qu'il avait pris ces derniers jours.
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Hermione ajouta les fleurs d'Amortensia dans le chaudron, compta jusqu'à dix et mélangea la mixture dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Elle jeta un rapide sort de stase sur le mélange. Il ne restait plus qu'attendre deux heures pour que la potion soit prête. Elle essuya son front. La fabrication de ce remède avait puisé dans ses ressources magiques. Une nuit de sommeil lui ferait le plus grand bien. Théo avait refait deux crises d'agitation. Il était par conséquent toujours sanglé sur son lit. Hermione détestait ce sentiment d'impuissance qui s'emparait d'elle. Avant de prendre un congé bien mérité, elle décida de visiter son patient une dernière fois, juste par précaution. L'Ombre était endormi, seule sa respiration sifflante témoignait de son calvaire passé. Délicatement, elle effleura le front du malade avec tendresse. Son cœur se serra en constatant la souffrance peint sur les traits du jeune homme.
« Bonne nuit Théo, je reviens vite. »
Elle s'enfuit presque de la pièce silencieusement. Replonger dans cette prise en charge avait ravivé des douleurs qu'elle avait profondément tenté d'enfouir. Son amour pour l'Ombre avait tout emporté. Jamais elle n'avait ressenti ça par le passé et il fut le seul depuis. Leur histoire n'était pas terminé, elle en était pleinement consciente malgré les motifs inconciliables de leur séparation.
Elle fut surprise de reconnaitre l'entrée de son institution. Plongé dans ses pensées, la jeune fée ne s'était même pas rendu compte du trajet de retour. Hermione se hâta vers sa chambre prenant soin d'éviter son bien trop curieux mentor. Ainsi sursauta-t-elle quand une voix masculine l'interpella dans l'ombre. Ron se tenait appuyé contre le mur, l'attendant visiblement depuis quelques temps.
« Tu rentres bien tard dis-moi. »
« Je ne savais pas que je devais te rendre compte de mes heures de travail. » Répondit sèchement la rouquine.
Cette constatation créa un vif sentiment de colère. Elle regretta cependant son ton irrité. Ron avait toujours été bienveillant envers elle. L'elfe ne montra pas son agacement. Il se contenta de lui sourire.
« Ça te dirait de prendre un petit thé en ma compagnie ? »
« Il est tard Ron, de plus je suis épuisée, ça ne t'embête pas si l'on reporte ? »
Ron fronça les sourcils, semblant contrarié.
« Je m'inquiète pour toi, tu sembles éreintée. C'est encore à cause de lui n'est-ce pas ? »
Hermione n'avait vraiment pas envie de commencer une dispute qui ne manquerait pas de venir en abordant le sujet de l'Ombre. Elle soupira.
« Ron, mes prises en charges ne te regardent pas… »
« Quand cela touche mon amie, je pense que ça me regarde au contraire ! Enfin Hermy après tout ce qu'il s'est passé, tu viens encore à son secours ! Ça me rend malade de penser que tu privilégies toujours ce connard ! Il ne te mérite pas. » Ragea le roux.
« La discussion est close, je sais parfaitement tes sentiments envers Théo mais en aucun cas cela ne doit dicter ma conduite ! Si comme tu le prétends tu es réellement mon ami alors tu respecterais mon choix. Je ne veux pas me battre avec toi ce soir, je passerais dans deux jours te voir si tu es disponible et on pourra discuter de tout ça calmement. » Lâcha-t-elle sèchement.
« Tu me manques, mon amie me manques. » Souffla-t-il.
« Moi aussi et crois moi j'en suis désolé mais je ne peux faire autrement pour le moment. »
L'elfe abdiqua, enlaçant tendrement la petite fée. Rien qu'à l'idée que cette dernière fréquente de nouveau l'Ombre le rendait fou. Ses sentiments s'étaient amplifiés jusqu'à se muer en amour depuis quelques temps. Il avait naïvement cru qu'une histoire serait possible entre eux mais il ne pouvait que constater ce soir qu'il n'en était rien. Les anciens amants avaient beau s'être séparés depuis quelques temps, la jeune fille semblait encore profondément attachée. Un élan de tristesse serra son cœur. Il n'aurait jamais cette place mais il n'allait pas rendre les armes sans combattre.
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« Oh Merlin, ça recommences encore ! »
Harry était accoté à une large table en bois massif. La tête entre les mains, il n'aurait pas cru revivre un jour ce traumatisme. A quelques mètres de là, se tenait son père, raide comme une statue, les sourcils froncés d'incompréhension.
« Je compte juste te donner des cours par Sithis, non te fouetter en place publique ! » S'exclama-t-il indigné.
Harry murmura une phrase incompréhensible pour l'oreille humaine. Observant son père mimer une grimace comique, il réalisa qu'il n'avait pas affaire à des humains mais à des vampires avec une ouïe beaucoup…beaucoup plus fine. Séverus soupira.
« Bien que pour une raison que j'ignore tu aurais préféré le fouet à mes cours pourtant très instructifs et absolument nécessaires, je ne me laisserais pas attendrir et tu auras ces cours. »
Avec un petit sourire satisfait, le cours commença. Harry pu rapidement constater que s'il vivait à présent dans une autre réalité, il n'y a des choses qui ne changeraient jamais. Séverus n'était définitivement pas fait pour la pédagogie.
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Suite au prochain chapitre dans 15 jours environ je pense ! En esperant que vous avez appréciez ! A bientôt
