CHAPITRE 3
Niel se garda bien d'afficher sa victoire. Tout en roulant il lui jetait des regards dérobés et vit que Candy se raidissait à l'approche du Ranch. Arrivé presque à destination, elle ressentit le besoin impérieux de s'arrêter. Niel s'exécuta, inquiet devant la pâleur de sa passagère.
- Candy ... commença t-il prudent, rien ne va t'arriver ...
- Je sais soupira t-elle tout en s'efforçant de garder une voix normale, enfin je pense mais ... elle se prit le visage entre ses mains glacées, mais j'ai peur, et moi ... tout mon être a peur Niel, fit-elle le regardant le visage marqué par une crainte qui trouvait ses racines dans le passé. Je n'ai pas oublié Niel, sa voix à présent suintait une angoisse irrationnelle. Niel, fit-elle en expirant plus fort, et en tentant d'imprimer une respiration normale, il faut que je descende, son regard devient d'un coup suppliant, elle ajouta tout bas un « s'il-te plait » qui lui fit arrêté doucement la voiture.
Niel pinça les lèvres très contrarié. Bien sûr qu'elle n'a rien oublié ! Comment le pourrait-elle ? Si je n'avais pas été aussi idiot ... mon Dieu quel idiot ... que dis-je ... quel monstre j'ai été ! Il regardait Candy, anxieux à présent de voir dans quel état elle se trouvait. La peur de voir resurgir les fantômes malfaisants du passé avait investit ses jambes à présent et elle chancela légèrement. Ça va aller ... Niel a changé, enfin il semble avoir changé et Élisa n'est pas là ... ça va bien se passer ... En regardant autour d'elle, elle reconnut la route et sut qu'elle ne se trouvait pas très loin à présent du Ranch de son enfance.
Niel qui la surveillait, inquiet, vit qu'elle paraissait aller mieux et lui ouvrit la portière.
- Allez Candy monte !
- Non Niel, s'il-te-plait ... ne me force pas, ça me fait du bien de marcher sinon je crois que je vais carrément être malade les derniers mètres ... . Elle lui jeta un coup d'œil puis se dirigea à pieds vers le domaine des Legrand. Au fur et à mesure que ses pas la conduisaient vers la bâtisse majestueuse, des souvenirs enfouis refaisaient tour à tour surface (épisodes 5/115 à 15/115). Elle ferma les yeux lorsqu'elle arriva au niveau des marches. Marches inoubliables puisque Niel dès leur première rencontre lui avait lancé un seau d'eau glacée. Toute chaleur avait disparue et son visage était toujours aussi pâle. Niel se gara juste derrière elle mais elle n'y fit à peine attention. Une émotion d'humiliation, de destruction, trop longtemps contenue la submergea. Les vannes mentales trop longtemps fermées à double tour s'ouvrirent alors avec force et détermination sur le lieu de leur traumatisme.
Niel à présent était complètement désemparé devant la jeune femme. L'étendue du mal qui lui avait fait rejaillissait à présent sur lui et il ne savait pas du tout comment y faire face. Il hésita à la consoler parce qu'il se doutait, il anticipait peut-être un peu trop qu'elle allait à nouveau le rejeter. Du coup il se contenta d'un timide « Candy ... ».
Celle-ci au bout de quelques minutes parvint à contrôler le choc de se trouver à l'endroit où elle avait vécu l'enfer. Elle renifla, chercha un mouchoir et reprit peu à peu ses esprits. Jamais elle n'aurait imaginé une seconde que se fut si dur de revenir sur les pas de son enfance. Un frisson tenace la parcourut, son corps entier était glacé.
Elle tourna enfin vers le jeune homme lui aussi secoué d'avoir vu les conséquences de ses actes, un visage encore humide. L'envie de la prendre dans ses bras l'envahit tout d'un coup mais c'était trop tôt, son corps envoyait des messages contradictoires à sa raison, mais il savait que cette dernière détenait la vérité.
- Je suis désolée parvint-elle à balbutier tout en essuyant ses yeux vert... je suis désolée. Niel montrait à présent un visage atterré. Il m'aimerait donc vraiment ?S'interrogea alors de façon tout à fait impromptue Candy.
Il se racla la gorge puis baissa la tête, honteux.
- C'est moi qui le suis. Je me suis très mal conduit envers toi. Candy ouvrit alors la bouche de surprise, c'était en effet la première fois que Niel daignait descendre de son piédestal et qu'il reconnaissait que son attitude n'avait pas été exemplaire. Je t'aime et tu finiras par me pardonner, mais je dois laisser faire le temps. Ses yeux prirent une lueur fugace, déterminée. Allez termina t-il, viens, mon père nous attend.
Candy le suivit non sans jeter un regard méfiant au balcon qui surplombait la majestueuse entrée.
Dorothy et un autre domestique les attendaient et faisaient comme une haie d'honneur. Un malaise envahit la jeune femme, jamais cette famille n'avait montré autant d'égard.
À l'étage Niel lui montra sa chambre. C'était la même qu'elle avait connu à son premier passage. Elle posa sa valise sur le lit et se dit qu'elle rangerait plus tard. Dans le couloir une porte, à elle seule elle symbolisait le moment ou l'enfer allait commencé. ils s'y dirigeaient tout normalement puisque c'était le salon. Son angoisse, ses souvenirs réapparurent comme tapis derrière un bosquet, à l'affût d'une proie affaiblie. Elle s'arrêta nette devant, blanche comme un linge, proche du malaise.
- Candy ? fit doucement Niel tout en s'approchant d'elle. Son attitude raide, immobile, sourde à son appel ne le rassura pas du tout sur son état. Cette pièce, cachait la pire des humiliations (épisode 5/15) qu'elle n'avait jamais eu à subir. Ce souvenir revint à la charge encore plus incisif, plus meurtrier que les autres, comme si elle le revivait dans le présent, avec énormément plus de puissance dans la cruauté qu'elle ne l'avait ressenti la première fois. Elle revît le moment ou elle avait dû se mettre à genoux devant Niel et Élisa, le tout sous la présidence de Madame Legrand. Une larme retardataire suivi d'un sanglot la secoua.
- Candy ? fit à nouveau Niel qui luttait en lui-même pour l'entourer de ses bras. Tu n'as pas le choix, tu dois constater par toi-même l'étendue du mal que tu lui as fait, que ta famille lui a fait subir. Il serra les dents, c'était un supplice d'un genre nouveau. Elle lui fit face enfin, le visage défait par tant d'émotions négatives depuis son arrivée. Il soupira, il se retrouvait devant la tâche immense de réparer les dégâts qu'il lui avait lui et sa sœur. Candy je te promets que tu ne vivras plus de ... de mauvais traitements ! je te le promets ! lui murmura t-il, la mine déconfite. Comme réponse elle hocha timidement la tête. Ça va aller ? Elle hocha la tête affirmativement tout en inspirant profondément. Allez entrons ... et Niel ouvrit la porte maudite. Elle inspira à nouveau et s'obligea à reprendre le contrôle de son esprit, tout cela c'était du passé, rien que le passé se mit t-elle à se répéter, recherchant par tous les moyens à reprendre confiance.
Monsieur Legrand vit entrer une jeune femme timide, pâle, mais toujours aussi jolie malgré son visage sur lequel les traumatismes anciens avaient imprimé leurs marques, indélébiles. Il fronça les sourcils en voyant l'état dans laquelle elle se trouvait. Évidemment, ma femme l'a mené tellement durement, si ce n'est d'une manière pire que les autres ! un sentiment de colère l'investit et lorsque cela était, il tirait plus fort sur sa pipe. Évidemment son fils avait bon goût, ne pût-il s'empêcher de se dire. La jeune femme était comme lorsqu'elle était enfant. Néanmoins après ce qu'il venait d'apprendre la tâche n'allait pas être simple. La conversation tourna autour de l'organisation des soins, des obligations de Candy et surtout comment les tenir. L'acquisition d'une voiture s'imposa aux deux hommes au cours de leur échange.
- Oui une voiture s'impose, n'est-ce pas Candy ?. L'intéressée était retournée momentanément dans ses pensées et revint au présent lorsque Niel l'interpella une deuxième fois. Elle avait bien entendu que le sujet tournait autour de l'acquisition d'une voiture mais ne comprenait pas vraiment pourquoi les deux hommes requerraient son avis.
- Pour vous Mademoiselle, fit très sérieusement Monsieur Legrand. Candy à ses mots ne put contenir un éclat de rire aussitôt réprimé et son visage fut à nouveau marqué par la tristesse.
- Pour moi ? rétorqua t-elle sur un ton ironique mais ça coûte énormément ! Je n'ai pas les moyens financiers et puis j'ai mes jambes c'est plus écono ... Monsieur Legrand l'interrompit d'un geste autoritaire.
- Il n'en est pas question Mademoiselle André, vous devez avoir une voiture. Mon fils va m'aider dans l'exploitation et s'il fait votre chauffeur cela nous sera difficile, cela nous rendra la vie plus compliquée donc le plus simple est que vous ayez votre propre moyen de locomotion, vous nous comprenez ?
Candy pensa un instant à la famille André qui certainement allait être furieuse pour cet achat.
- Oui ... mais ... je vous répète que je n'ai pas les moyens d'en acquérir une, et que de surcroît je vous rappelle que nous les femmes ne conduisons pas ... je ... je ne sais pas conduire !
- Oui c'est un fait marmonna Monsieur Legrand, cette fois irrité. Qu'importe, la voiture vous est indispensable s'il le faut je me déplacerai moi-même aux autorités.
- Je t'apprendrais intervint Niel déterminé.
- Toi ? M'enfin Niel ... enfin ! répéta t-elle secouée. Elle se remémora la façon très sportive dont Niel conduisait et recula quelque peu.
Comme s'il avait lu dans ses pensées il lui susurra un « Ne t'inquiète pas mon dernier accident m'a assagi » et il lui décocha un sourire malicieux.
Je ne peux pas, je vous dis et répète ...
Elle ne cédera pas, toujours têtue ... Je vais donc la mettre en confiance. Cette réticence doit provenir de cette femme austère et froide, la Tante Elroy, humm ... Monsieur Legrand prit une teinte colorée au niveau de ses joues.
- Mademoiselle André je suis au courant de ce qui s'est passé ici. Candy sentit une chaleur intense l'envahir jusqu'à la racine des cheveux. Oui elle était une voleuse et pour une raison obscure le père avait décidé de la remercier pour se penchant, peut-être devenait-il en plus de chuter plus souvent, un peu perdu du fait d'une mémoire peu fiable.
- Monsieur, oui je suis une voleuse, elle remua soudain mal à l'aise. Vous vous rappelez ? Ne put s'empêcher d'ironiser Candy malgré sa voix incertaine, menaçant de se briser à tout moment. Le père de Niel se troubla quelques secondes, quant à Niel il s'était imperceptiblement tendu. Le sexagénaire soupira tout en s'adossant plus confortablement.
- Non ... n'essayez pas de me mentir, ma famille compte des menteurs professionnels et peu dans cette ville leur arrive à la cheville. Il joignit ses mains et se pencha en avant. Je sais que vous ne l'êtes pas murmura t-il tout en la fixant droit dans les yeux, vous ne l'avez jamais été. Candy à ses mots se détourna, mal à l'aise et jeta un coup d'œil en direction d'un Niel qui avait nettement perdu à ce moment là sa suffisance coutumière. Se pourrait-il qu'il est dit à son père la Vérité ? L'unique Vérité ?
- Et ma famille vous doit bien une voiture, si ce n'est plus ajouta t-il contrit. Il la scruta à nouveau avec attention, quelques secondes. Je vois bien que cela vous gêne poursuivit-il se rendossant à son dossier confortable et épais, qu'à cela ne tienne lui sourit-il, je verrais avec l'Oncle William et il mâchonna le tuyau de sa pipe.
- Mons ... Candy fut une nouvelle fois interrompue. Monsieur Legrand avait lui aussi l'habitude d'être obéi au doigt et à l'œil et d'un geste à nouveau lui imposa le silence.
- Il n'y a pas de « Monsieur » qui tienne, en attendant vous irez cet après-midi en ville et vous vous choisirez une voiture. Niel vous conseillera.
- Mais je ... enfin Monsieur ... j'ose imaginer si votre épouse et votre fille l'apprend, elles vont m'en vouloir et ...
- Et ? J'aimerai bien voir ça rétorqua mordant Monsieur Legrand. Personne, moi vivant dans cette demeure, ne vous nuira plus. Mon fils Niel et moi même allons y veiller désormais. Candy n'en revenait pas. Je suis en plein rêve ... se disait elle, encore sous le choc.
Candy parla peu durant le déjeuner, laissant Niel et son père deviser sur la question de l'exploitation. Niel la surprenait et elle lui jetait des coup d'œil à la dérobade. Elle n'aurait jamais cru cela possible. Voilà qu'elle le trouvait agréable à regarder ! son visage était parfait, ses yeux étaient chaud et l'enveloppaient d'un amour quasi illimité, et elle se surprit à vouloir se lover dans ses bras. Il était agréable, prévenant, tout à fait à l'opposé de son comportement des années précédentes. Une rougeur fugace traversait de temps à autre ses joues et Candy s'obligea à concentrer son attention ailleurs que sur ce garçon, presqu'un homme à présent. Même la pièce devint moins désagréable à son souvenir. C'est ainsi que le déjeuner se déroula comme dans un rêve. Lorsqu'enfin il s'acheva, Candy remercia chaleureusement son hôte. Cette petite est adorable, spontanée mais tout de même adorable, pensait Monsieur Legrand qui l'avait (malgré tout ce qu'avaient pu raconter sur elle sa femme et ses enfants) toujours gardé en haute estime. Il alla faire sa sieste de bonne humeur.
Niel vint la chercher dans sa chambre alors qu'elle finissait de ranger ses quelques vêtements, pour aller en ville. Le trajet s'effectua dans un silence de cathédrale. Candy avait le ventre noué, rien qu'à l'idée d'avoir une voiture encore faudrait-il qu'elle sache comme la conduire car jusqu'à présent elle n'avait vu que des hommes au volant.
- Tu t'inquiètes n'est-ce pas ?
- Oui Niel, je l'avoue soupira t-elle ... je n'ai jamais piloté ce genre d'engin tu t'en doutes bien ...
- Je te montrerai avant de revenir au Ranch, tu verras que ce n'est pas compliqué !.
- Niel ...
- Humm ...
- Merci lui chuchota t-elle soudain, lui décochant un sourire joyeux. Prudemment elle se tourna vers la vitre pour ne pas le regarder. Elle entendit juste un « de rien » suivi d'un petit ricanement qui ne lui fut contre toute attente, pas désagréable.
Les voitures étaient toutes magnifiques. Candy les regardait d'un air absent, incapable de décider laquelle lui conviendrait. Un autre détail la chiffonnait, aucun prix n'était indiqué.
Le vendeur s'adressa en premier à Niel, s'enquit du type de véhicule qu'il souhait mais qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il apprit que la voiture était pour la jeune femme qui l'accompagnait.
- Madame, avez-vous fait votre choix ? fit-il d'un ton affable.
- Euh ... en fait je ne sais pas, je ... elle lança un regard désespéré à Niel.
- Et bien tu as l'embarras du choix, qu'importe la voiture que tu choisiras lui chuchota t-il dans l'oreille d'un air espiègle.
- Niel il n'y a pas de prix ...
- Et ?
- Mais j'aime bien savoir ... elle se mordit la lèvre inférieure.
- Ne t'en fais pas pour ça.
Candy lâcha un soupir quelque peu exaspéré. Forcément « ne t'en fais pas pour ça ! » toi tu n'as jamais manqué de rien ...son regard fut soudain attiré par une affiche à la peinture passée sur laquelle était inscrit « occasions ». Sans hésiter elle s'y dirigea. Des voitures par dizaines étaient parfaitement bien alignées. Certaines étaient là depuis longtemps au vu de la poussière qui s'y était amoncelée. Niel la prit par le bras.
- Père a bien souligné, une voiture neuve.
- Celles-ci feront aussi bien l'affaire, non ?
- Non, fit péremptoire Niel tout en faisant claquer sa langue contre son palais et en oscillant la tête de droite à gauche.
Au bout d'une heure bien passée, Candy monta à la place du conducteur pour la première fois. Son cœur à présent montrait des signes d'emballement alors que Niel montait à ses côtés et la première leçon de conduite commença. Au fur et à mesure des minutes Candy prit confiance graduellement en elle. L'après-midi tirait sur sa fin quand les deux jeunes gens quittèrent le concessionnaire. Niel laissa Candy partir devant et la suivit de près, pas à pas, ou plutôt de roues à roues. Toute à sa concentration elle ne pouvait voir le visage radieux de Niel. Il sentait que quelque chose avait gagné sur la réticence de la jeune fille, et le parfum de la victoire le submergea. Doucement ... se morigéna t-il, doucement, c'est maintenant qu'il faut que tu sois prudent ! Candy a cédé quelque chose, mais elle est encore sur ses gardes, elle se méfie toujours, ses mains se crispèrent imperceptiblement sur le volant en bois précieux. Je l'aime, je serais très patient, plus que tu ne le crois Candy, mais tu m'appartiendras et tu seras la femme la plus convoitée de toute l'Amérique, je te promets que je te rendrais la plus heureuse qu'il m'est possible. Il leva alors les yeux vers le ciel qui s'irisait d'un bleu plus sombre, le prenant à témoin de sa promesse.
Monsieur Legrand quant à lui attendait son petit monde et quand il vit arriver Candy au volant de la voiture qui lui avait semblé être la plus modeste il ne put retenir un petit rire tout en faisant une petite moue qui signifiait « je m'en serais bien douté ! »
- Bien ! Bravo Candy alors cela n'a pas été trop difficile ?
- Niel m'a bien montré, merci encore lui souffla t-elle les yeux brillants.
- Candy a été bonne élève fit la voix chaude du jeune dont elle pouvait sentir le regard brûlant dans son dos.
Lorsque la nuit tomba Candy eut des difficultés à trouver le sommeil. Niel s'était montré charmant, loin de l'arrogance qu'il affichait d'ordinaire. Il avait même réussi à lui faire oublier que cet endroit avait été synonyme de d'humiliations en tout genre. Ce qui était plus problématique, c'est qu'elle ne le trouvait plus aussi indifférent qu'elle le lui avait si souvent clamé ces derniers temps.
Niel lui alla dans la cour, là où était stationnée la voiture de Candy et ne pût s'empêcher de sourire. Il avait passé une excellente journée. Elle avait enfin baissé sa garde à son égard mais la partie n'était pas encore gagnée de ça il était certain. Son visage se ferma soudain quand les visages de sa sœur et de sa mère traversèrent son esprit. Il allait falloir jouer serrer. Il tenait trop à Candy pour qu'à nouveau elle soit malheureuse.
Monsieur Legrand de sa fenêtre regardait le parc, la grange pas très loin où Candy avait fini par dormir et son visage s'assombrit. Il tira un peu plus fort sur sa pipe et sa bouche laissa échapper un nuage de fumée au parfum légèrement sucré et à l'odeur spéciale, spécifique à ce tabac. Il était plongé dans les souvenirs et ne put s'empêcher de conclure que Candy était toujours la même petite fille spontanée qu'il avait connu, mais avait énormément mûrie. Il avait été mit plus ou moins au courant de sa vie mouvementée mais avec les dires d'Élisa et de sa femme. Autant dire qu'il ne savait rien et qu'on lui avait rapporté des mensonges. Niel tu as fais le meilleure choix possible, Candy est celle qu'il te faut. Tu changes, tu es entrain de changer sans que tu t'en rendes compte ... et en mieux. Cette fille pourrait changer n'importe quel métal vulgaire en or le plus pur, ne la perd pas ... tu peux compter sur moi, comme soutien indéfectible.
