Bonjour bonjour ! Voici le nouveau chapitre, servi à point !

Bon appétit !


Barry étant de nature pressée, on aurait pu penser de lui qu'il était un lève tôt. Faux ! Enfin, il n'avait jamais fait de grasse matinée, mais je me réveillais toujours en premier.

Bref, ce matin-là ne faisait pas exception. J'ouvrai l'œil et remarquai mon petit pingouin roulé en boule près de mon coude. Il ne dormait plus mais n'était pas bien éveillé pour autant. Je descendit de mon perchoir, armée de mon oreiller avec lequel je tirai mon ami de son sommeil – je tairai bien sûr la méthode employée – avant de fuir en direction de la salle d'eau. Je me débarbouillais le visage quand Riker sauta sur le lavabo, me faisant sursauter. Je le sentis joyeux, ce qui me mit aussitôt de bonne humeur. À la va-vite, j'enfilai ma robe préférée par-dessus un mini-short et nouait mes baskets. J'avais emporté mon écharpe porte-bonheur quand j'étais partie, mais avec la chaleur qu'il faisait elle traînait au fond de mon sac, inutile. J'attachai ensuite mes épais et indomptables cheveux châtain clair en chignon haut : je me coifferai demain. Fin prête, je retournai dans la chambre pour découvrir un simple mot sur la table m'indiquant que Barry était déjà parti. À mon tour, j'ai rassemblé mes affaire et suis sortie, fermant la porte à clé.

Riker et moi sommes ensuite allés au réfectoire. Alors que je remuais mon chocolat chaud, quelqu'un posa ses mains sur mes yeux.

« Devine qui c'est !

- Heu… Peter Pendragon ?

- Bientôt, bientôt, ricana Ally en s'asseyant à côté de moi. Ça me fait plaisir que tu sois pas encore partie. Tu sais, hier soir, après que tu sois rentrée…

- Oui ?

- Je suis allée sur la route avec Houdini, pour capturer un pokémon.

- T'as réussi ? »

Elle me sourit en guise de réponse, ses yeux d'acier brillant intensément. Elle fit sortir un rozbouton qui couina en se réfugiant derrière elle timidement.

« Je l'ai appelée Absinthe. Ma mère m'a dit qu'elle ferait une bonne combattante avec un peu d'entraînement.

- Oui, sûrement. Je crois que Cynthia Lawner a un roserade. »

Elle hocha la tête, enthousiaste. Houdini, à moitié endormi, agitait mollement la queue en encourageant le petit pokémon plante à sortir. Je regardai Riker. Et toi, tu voudrais pas un copain ? Disait mon regard. Le sien répondait clairement : Essaie donc, juste pour voir ce qui lui attend. Plus le temps passait, plus j'avais l'impression de deviner ce qu'il pensait. Je lâchai l'affaire et me tournais vers ma cadette.

« En tout cas je suis sûre que vous formerez une bonne équipe tous les trois. Tu devrais essayer de les faire combattre en double, pour voir.

- Ouais ! Je demanderai à Nina, elle est super forte en double ! »

J'ignorais qui était cette Nina, mais à voir le grand sourire plein de dents d'Ally, on devinait aisément qu'elle l'admirait. La fillette me raconta sa capture puis au bout de quelques minutes de conversation supplémentaires, elle décida qu'il était temps pour elle d'aller à l'école s'entraîner et fila comme une flèche en me disant à peine au revoir. Son enthousiasme débordant était contagieux.

Quelques instants plus tard, je demandai à l'hôtesse d'accueil du centre un formulaire d'inscription officiel tout en lui rendant la clé de la chambre. Elle sembla étonnée de mon âge mais se montra moins réticente à me délivrer les papiers quand je lui expliquai que j'assistais le professeur Sorbier dans ses recherches.

Je trouvai un stylo et m'assit à la première table que je trouvai, Riker perché sur mon épaule. Cette position devenait habituelle.

Je remplis très vite les informations de base – nom, prénom, date de naissance, etc. – et mon statut : en tant que DexHolder je n'avais pas besoin de l'accord de ma mère pour m'inscrire, puisqu'il avait, d'une certaine manière, déjà été donné. Je remplit donc la case demandant mon numéro de Pokédex, ainsi que mon numéro de carte dresseur, puis tournai la page. Le verso était consacré à l'équipe. Je le complétai rapidement puis passai à la dernière case : Où envoyer la réponse à cette lettre ? (retour effectué sous trois jours au plus tard).

Je frottai la tête de Riker, hésitant sur la réponse à donner.

« On reste trois jours ici pour s'entraîner ou on rejoint Charbourg ? »

Riker sauta sur la table et agita les ailes dans tous les sens en désignant la carte placardée sur le mur du fond.

« Charbourg ?

- Tiii !

- Très bien ! »

J'achevai ma tâche, ajoutai les documents nécessaires et glissai le tout dans une enveloppe. Enveloppe que je déposait dans la boîte aux lettres à côté du magasin en me dirigeant vers la société Pokémentre SARL, mon bon dans la main.

Je quittait la ville par la route à l'est quelques vingts minutes plus tard, le sac plein de potions et un oisillon prêt à en découdre sur les talons.

Si il fallait environ une heure en prenant le train, deux en voiture et quatre en vélo pour rejoindre la ville minière, à pied il fallait compter une journée, voire plus. En fait, dans la région, chaque route était double : une pour les pressés et une pour les voyageurs. La route des voyageurs était sauvage, un simple chemin de terre creusé par des années de passage, passant entre les arbres et les herbes sauvages. Elle empruntait un tunnel minuscule à travers le mont couronné et débouchait sur une entrée discrète au nord-ouest de la ville.

Étant partie le matin vers dix heures, la nuit était déjà tombée depuis longtemps lorsque j'arrivai enfin. Il aurait été possible d'aller plus vite si j'avais décliné les combats et qu'il n'y avait pas eu « l'incident » du nosférapti. Actuellement, je courrait presque derrière Riker.

« Mais enfin, excuse-moi ! Écoute, je voulais juste voir si je pouvais le capturer…je te promet que je recommencerai pas !

- Plouf ! TiiiTi !

- Mais si tu étais moins borné aussi ! Pourquoi tu ne veux pas de coéquipier, bon sang ?! »

Il se stoppa brusquement et retourna. Je sentais presque physiquement la colère qui émanait de lui. Son regard bleu était noir dans l'obscurité, brillant d'un éclat terrible. Il se contenta de me fusiller du regard, sans bouger.

« Je te suffit pas ? Tu veux me remplacer ? Semblait-il me dire.

- Je ne veux pas te remplacer. Juste…

- Tiiii ! Tu me fais pas confiance ? Je suis parfaitement capable de devenir assez fort pour relever n'importe quel défi ! »Hurlait son regard dur.

Je serrai les dents. Le débat était stérile, j'allais devoir m'y faire. Avec un soupir, je lâchai :

« Très bien, on fait comme tu veux. Allez, viens. »

Il me jaugea du regard, un peu réticent, puis sauta dans mes bras tendus. Nous nous sommes ensuite dirigés vers le centre.

Le lendemain matin, nous nous dirigions vers la mine (un garçon m'avait dit qu'il n'y avait pas meilleur endroit pour préparer un combat contre le champion) quand mon vieil ami Barry manqua de me rentrer dedans. Scène on ne pouvait plus banale, somme toute.

« T'es déjà là, toi ?! La vache !

- Moi aussi je suis ravie de te voir, mon cher Barry. »

Il tordit son visage en une grimace hideuse qui fit ricaner Fencer, à ses pieds.

« Pas la peine de le prendre comme ça, je constatais seulement. Allez, pour me faire pardonner je veux bien te dire un petit secret !

- Lequel ? Demandai-je, peu convaincue.

- La route pour rejoindre Vestigion, elle est pas praticable à pieds. Le seul moyen d'y aller c'est de prendre la piste cyclable.

- Bon sang, ça fait faire un sacré détour !

- M'en parles pas, si j'avais su j'aurais commencé par aller là-bas ! Qu'est ce que ça m'énerve de perdre du temps pour rien ! Enfin, au moins j'aurai récupéré un badge, marmonna-t-il.

- Tu as déjà affronté le champion ?!

- Ouaip, hier, fit-il en exhibant fièrement son trophée. Il est balaise. Et ne compte pas sur moi pour te donner de l'aide.

- Trop gentil.

- Je sais, je sais. Enfin, c'est pas tout mais je vais filer, moi. C'est pas la porte à côté Floraville ! À plus ! »

Il était parti avant même que j'aie le temps de répondre. Riker lâcha un sifflement exaspéré et sauta de son perchoir pour atterrir à un mètre de moi avec toute la grâce dont une boule de plumes est capable pour se diriger d'un pas décidé vers la mine.

L'entraînement se révéla beaucoup plus ardu que prévu. Il faisait sombre, l'espace était étroit et jonché de cailloux. Cela nous obligea à modifier drastiquement notre style de combat : pas question de faire des cabrioles ou provoquer des tempêtes : cela pouvait très vite dégénérer.

J'eus l'occasion d'affronter un ouvrier. Esquivant facilement les attaques éclate-roc, Riker abattit facilement le machoc d'un pic-pic bien placé.

« Joli coup, admit l'homme.

- Merci beaucoup. Je peux vous demander quelques chose ?

- Quoi ? »

Je désignai un rocher éclaté sur le terrain improvisé.

« J'aimerais beaucoup apprendre cette attaque, éclate-roc. Elle pourrait être utile. »

J'avais vu en passant devant l'arène que le champion était spécialisé dans le type roche. Les attaques de type eau avaient clairement l'avantage, mais l'entraînement à l'intérieur de la mine mettait en évidence leur faiblesse : il était très facile de s'en protéger sur un terrain accidenté, et nécessitaient de la place. Autrement dit, pas l'idéal dans une grotte.

Le mineur se gratta la barbe.

« Écoute ma p'tite, ça aurait été avec plaisir mais j'suis pas vraiment un pro d'l'enseignement. Tu d'vrais aller voir l'champion, il s'fait un plaisir d'apprendre c't'attaque à tout l'monde.

- Oh, d'accord, merci quand même.

- Pas d'quoi. »

Il réajusta son casque sur sa tête et fouilla dans sa poche. Pendant qu'il tendait une baie sitrus à son pokémon, je m'éloignais en disant à Riker qui me suivait :

« Ça c'est la meilleure ! Demander au champion de t'apprendre une attaque pour le vaincre !

- J'avoue que la situation est plutôt drôle. »

Je me retournai brusquement et sentis mon coéquipier se cogner dans ma jambe. Le jeune homme qui avait interrompu ma fausse conversation était assis sur un chariot, une bouteille d'eau à la main et le casque lui tombant sur les lunettes.

« Moi ça me fait pas rire, dis-je, un peu vexée. Il rit.

- Avec le bazar monstre que t'as mis là-dedans, commença-t-il en désignant l'entrée de la fore, ça m'étonnerait que t'aie réellement besoin de la connaître cette attaque, quelle qu'elle soit.

- J'y tiens quand même. On se débrouillera tout seuls, pas vrai Riker ?

- Tiiii !

- Comme tu veux ! » répondit-il en haussant nonchalamment les épaules pendant que je poursuivais ma route.

Le lendemain, l'hôtesse d'accueil du centre – Zadia, disait son badge – m'interpella alors que je m'apprêtait à sortir.

« Mademoiselle Sixwicks ?

- Oui ?

- Un paquet pour vous. »

Je signai l'accusé de réception et elle me donna le carton, que je m'empressai d'ouvrir.

Il y avait un étui de métal brillant, gravé du symbole de la région – trois cercle reliés entre eux, formant un triangle équilatéral –ainsi qu'un petit carnet comprenant une douzaine de pages. La première s'intitulait « coéquipier n°1 - starter », suivi d'un « TIPLOUF » en gras. En-dessous, le lieu et la date d'obtention, son numéro régional et national, ainsi que son surnom. Il y avait un cadre en dessous et un autre au verso, et de même sur les autres pages. Une lettre accompagnait le tout.

Mademoiselle Aurore SIXWICKS,

Votre candidature a bel et bien été acceptée. Merci de prendre le plus grand soin de ce qui vous a été envoyé, aucun duplicata ne sera délivré, sauf exception dûment justifiée et prouvée.

Merci de compléter le carnet de route de votre équipe. Nous vous rappelons qu'il peut être contrôlé par n'importe quel membre de la Ligue. En cas de non-correspondance entre l'équipe indiquée dans le carnet et celle que vous possédez, vous vous exposez à un risque de radiation de l'ordre des dresseurs.

Nous vous indiquons également qu'en temps que dresseur de catégorie A, il vous est autorisé de transporter une équipe ne comprenant que deux pokémons et que vous n'avez accès qu'aux produits dit « de base », à savoir : potions, pokéballs, antidotes et anti-paras.

Vous passerez dans la catégorie au-dessus à chaque badge obtenu.

Cordialement,

Le Conseil de Sinnoh, représenté par Cynthia Lawner.

Tiplouf me regarda, puis examina l'étui à badges.

« Demain, ça me semble un bonne date pour défier le champion, non ? »

Il hocha la tête, yeux plissés comme s'il fronçait des sourcils.

« En attendant, pas question de ramollir ! Au boulot ! »

Avec une exclamations joyeuse, nous sortions du centre et nous dirigions vers la mine.


Hey ! Merci d'être arrivé au bout, j'espère que ça vous a plu !

Au prochain épisode, on casse du caillou, oh yeah !

N'hésitez pas à laisser un commentaire, à pointer une chose qui vous tracasse, ou même envoyer un M (soyons fous) et à dimanche prochain !