Bonjour bonjour et désolée du retard ! C'est vraiment inexcusable !

Je pensais mettre ce chapitre à temps, mais j'ai mis plus de temps que prévu à me remettre d'une petite opération (dents de sagesse, je vous hais !) et du coup le chapitre n'a été fini... que mercredi. Du coup j'ai décidé d'écrire très vite le chapitre suivant et de poster les deux le même jour. le fait d'écrire les deux à la suite m'a d'ailleurs permis de modifier le découpage du chapitre et ajouter deux trois petites choses.

J'espère que ça vous plaira, bonne lecture !


Je poussai la porte de l'arène avec confiance, Riker sur mes talons. J'ignorais à quoi ressemblait le champion. Je m'étais imaginé un homme taillé comme les ouvriers de la mine, ni jeune ni vieux, avec une carrure qui imposerait le respect.

Vous imaginez donc bien à quel point je fut surprise de voir arriver sur le stade le garçon de l'autre fois, avec ses cheveux longs et ses lunettes pleines de traces.

« Bonjour et bienvenue à l'arène de Charbourg. Je m'appelle Pierrick. À ce que je vois tu as rudement bien préparé le défi. »

Il désignait prinplouf, qui bomba le torse fièrement. L'évolution lui avait fait gagner en orgueil ce qu'elle lui avait donné en force.

« Oui. Il a évolué hier, répondis-je platement.

- Ce n'est pas un peu risqué ? Un changement de forme modifie grandement la manière de combattre, il y a toujours un temps d'adaptation.

- Ouaip, je sais. Mais ça ira, pas vrai Riker ? »

Il poussa un piaillement grave en bombant encore plus le poitrail. J'entendis Pierrick rire.

« Il a confiance en lui, c'est le moins qu'on puisse dire. Quels sont tes pokémons ?

- Juste lui.

- Quoi ? Tu en a trois à combattre, tu sais ?

- Oui, oui. Je sais. »

Il resta bouche bée quelques secondes, un peu surpris par ma réponse.

« Bon, dans ce cas, on peut lancer le match, dit-il à l'arbitre. »

Ce dernier hocha le tête et vint se placer au bord du terrain. Le champion retira son casque et nettoya ses lunettes, puis reporta son attention sur moi. Attrapant une pokéball à sa ceinture, il lança :

« Je te laisse le premier coup. En garde ! »

Il envoya un racaillou sur le terrain. La créature rocheuse se plaça poings en avant, prête à attaquer.

« Ok, murmurai-je. Riker, écume. »

Il savait exactement l'ordre que je lui avait donné. Depuis cet entraînement intensif, je n'avais plus vraiment besoin de parler fort. Mon coéquipier était attentif et devinait facilement ce que je voulais, et il improvisait au besoin. Un sacré combattant.

L'attaque ne toucha pas le pokémon roche, qui esquiva en se déplaçant sur le côté. Riker ne lui laissa pas le temps d'esquisser un second mouvement et bondit dessus pour lui infliger une attaque griffe acier fracassante.

« Oh, heu, KO en un coup ! Le challenger remporte la première manche ! »

Riker se tourna vers moi pendant que Pierrick rappelait son équipier. Il attrapa une seconde pokéball.

« Je ne m'attendais pas à ça. Bien. Très bien même. Je crois que ce match va être plus intéressant que prévu.

- Pardon ? Tu veux dire que tu me croyais nulle ? Dis-je avec un sourire sarcastique.

- Non, non, pas du tout ! Fit-il en agitant les mains. C'est surtout que la plupart des challengers sont dresseurs débutants, alors les combats ne sont pas… grandiose. Allez, Galène, à toi ! »

Un onix apparut sur le terrain. L'immense serpent de roc chargea aussitôt Riker, qui esquiva en prenant appui sur sa tête. Mon oiseau polaire atterrit juste derrière le pokémon roche après un salto et bondit à nouveau pour éviter un coup de queue. Il repoussa cette dernière d'une attaque écume qui fit vivement réagir l'adversaire. Onix chargea à nouveau.

« Ne bouge pas… attends… Maintenant ! »

A peine eut-je élevé la voix que mon soldat aquatique fonça vers le front du reptile. Il abattit son aile tendue, plumes brillantes de rigidité, sur l'énorme tête devant lui. La puissance de l'éclate-roc brisa la corne de pierre et enfonça le crâne qu'elle surplombait dans le sol, creusant un cratère peu large mais assez profond, que mon équipier creusa encore en infligeant une seconde attaque éclate-roc, un brin plus puissante que la première, à son adversaire.

« C'est bon, recule ! » Dis-je, tandis qu'il me jetait un regard, aile levée.

Il s'éloigna de quelques pas, toujours sur le qui-vive.

« Galène, allez, debout ! » encouragea le champion depuis l'autre côté du terrain.

Le serpent minéral frissonna, tenta de relever la tête, mais s'écroula.

« Merde ! » Lâcha Pierrick, me faisant sursauter. Je ne m'attendais pas à un mot grossier de sa part, lui qui parlait si bien. « Bon, tout n'est pas perdu, l'entendis-je dire tout bas, il me reste encore Pyrite. Ça va aller. Go ! »

Il lança la boule bicolore d'un geste parfaitement maîtrisé et un kranidos se matérialisa dans un flash rouge.

Riker se tourna vers moi en hocha la tête, le regard dur.

« Tu as réussi à l'apprendre sans moi, cette attaque, s'exclama soudainement Pierrick, me prenant au dépourvu. À qui as-tu demandé ?

- A un montagnard de passage au centre. En fait, on a juste observé comment son machoc s'y prenait. Puis Riker à essayé de le refaire. Ça a mieux marché après son évolution, remarquai-je.

- Bien. Très bien. Cette dernière manche sera corsée. Pyrite, coud'boule! »

Le pokémon préhistorique chargea. Mon pingouin azur bondit en arrière, et le dinosaure se rétablit en dérapant, puis réitéra son attaque. Riker esquiva de la même manière, se rapprochant imperceptiblement du cratère creusé par le précédent combat. Je me retins de sourire. Pour le moment, tout allait comme prévu.

« Riker, saute et écume ! »

Prenant un fort appui, Riker bondit sur le côté tout en lançant un puissant jet d'eau qui manqua – et c'était voulu – son adversaire, qui dut se déporter vers la droite, pile en face de mon coéquipier, et du trou deux mètres dans son dos.

Du point vue du champion, j'étais coincée : pas moyen de m'échapper par l'arrière, et la distance était suffisante pour lancer une charge. Ce qu'il fit.

« Ok, Riker ! Propulse-toi et griffe acier ! »

Mon oiseau aquatique se servit du jet d'eau pour effectuer une acrobatique pirouette et atterrir juste derrière la créature au crâne de granit, puis la propulsa dans la crevasse d'un double coup d'aile dans le dos. Deux griffures rougeoyantes apparurent sur la tâche bleue, formant une croix, tandis que le reptile trébuchait et tombait.

« Maintenant bombarde le !

- Mince ! Non, Pyrite, remonte ! »

Le pokémon préhistorique grattait comme il pouvait la paroi, sans réussir à remonter à cause de ses pattes avant bien trop courtes. L'eau le frappa une fois, de plein fouet, et il s'écroula d'un bloc.

« Karnidos hors-combat, annonça l'arbitre pendant que Pierrick s'avançait sur le terrain. Le challenger remporte le match, félicitations. »

J'allai aider le jeune champion à remonter son équipier. La peau froide du reptile était étonnamment souple. Les deux marques dans son dos ressortaient.

« Ça ira ? C'est pas trop grave ? Demandai-je au champion en les désignant.

- Non, ne t'en fais pas. Il retira son casque et remonta ses lunettes sur sa tête, dégageant son visage. La cicatrice ne partira peut être pas entièrement, mais ce n'est pas vraiment profond. Tu as eu de la chance, pour le cratère.

- C'était prévu, avouai-je.

- Pardon ?

- J'ai fait un tour au musée, hier matin. Il y avait le squelette d'un kranidos, et le guide m'a dit que tu en avais un, en tant que pokémon central de ton équipe. J'ai un peu étudié sa morphologie, et je me suis dit que prendre un coup ferait beaucoup de dégâts, mais que si je le faisait tomber il deviendrait inoffensif. C'est pour ça que j'ai demandé à Riker de mettre onix KO de cette façon. Il va bien, j'espère ?

- Il s'en remettra, c'est un solide gaillard. Bien joué. Ton prinplouf est fort, mais c'est bien la première fois que j'entends parler de quelqu'un qui prépare autant un match. Vous faites une sacré duo.

- Merci. »

Il sourit et sortit une baie d'une des grandes poches de sa combinaison de travail, qu'il tendit à son pokémon. Celui-ci la mangea et frotta sa tête contre l'épaule de son dresseur avec un petit grognement rocailleux.

« Je peux te poser une dernière question ?

- Oui, bien sûr.

- Tu connaissait aussi mes autres pokémons ?

- Pas vraiment. Je savais que tu en avais trois, dont un kranidos. Il y a des racailloux et des onix dans la mine, ça me semblait logique qu'il y en ai dans ton équipe. »

Il se mordit la lèvre et hocha la tête doucement, ses yeux bruns aux étranges reflets rouges-violacés pensivement fixés sur Pyrite. À vrai dire, sans son casque ni ses lunettes, il paraissait très jeune. Je devais admettre qu'il avait des traits plutôt harmonieux.

« Je vais au centre, dis-je soudainement, pour briser le silence.

- Je viens avec toi alors, approuva-t-il. »

Le champion avait dix-neuf ans. Malgré son jeune âge, il gérait la mine et l'arène avec brio. L'ancien champion, qui était son père, avait repris l'arène de Joliberges quand le champion local avait pris sa retraite, lui laissant sa place. Pierrick m'apprit qu'il était spécialisé dans le type acier, chose que je notai inconsciemment dans mon carnet. Le mineur me demanda à jeter un œil dedans.

« Enfin, si ça ne te gêne pas.

- Il y a rien de personnel, de toute façon. C'est pas très intéressant. »répondis-je en lui tendant mon calepin.

Il parcourut les pages rapidement. Il y avait seulement quelques schémas des pokémons affrontés, avec leurs faiblesses annotées, un plan de la mine griffonné, et surtout des notes quasi-illisibles.

« Ces notes concernent ton prinplouf ?

- Oui. Je me dit que le connaître le mieux possible permet d'apprendre plus vite. »

Il hocha la tête doucement, sans répondre. Cette habitude me troublait : je n'arrivais pas à deviner ce qu'il pensait.

Un silence tomba.

Ce blanc était quelque peu gênant. Je cherchais quelque chose à dire, et je le sentais faire de même.

Finalement, ce fut l'infirmière qui brisa ce moment gênant. Arrivant avec son leveinard, elle tendit ses pokémons à Pierrick, qui sortit aussitôt son premier équipier. Pyrite avait le dos couvert de deux gros pansements, mais son regard pétillant et sa queue s'agitant dans tous les sens témoignaient de sa forme. Il émit un petit stridulement quand son maître lui frotta la bosse que formait le haut de sa tête.

« Mademoiselle Sixwicks ? M'interpella l'infirmière.

- Oui ?

- Votre pokémon est parfaitement en forme. Il n'a pas voulu entrer dans sa ball, alors je lui ai demandé de vous attendre au comptoir.

- D'accord, merci beaucoup. Bonne journée !

- A vous aussi ! »

Elle m'adressa un sourire en inclinant la tête, puis se dirigea vers une autre personne, son leveinard à la poche pleine de pokéballs différentes sur ses talons. Ce dernier portait un petit chapeau de samouraî en papier couleur crème. Je me tournai vers le champion, m'excusant rapidement avant de le saluer. Enfin, je traversai le hall rapidement. Riker était assis contre un gros pot en plastique blanc qui contenait un petit arbuste aux feuilles jaunissantes. Il sauta sur ses pattes en me voyant, et poussa une exclamation joyeuse.

« Alors, tu vas bien ?

- Prrriiiiin.

- Qu'est-ce que tu fiches ? »

Il fouillait dans mon sac. Je le laissai faire, curieuse. Finalement, il sortit le petit boîtier argenté décoré du sceau de la ligue.

« Prin-priiiin ! Plouf !

- Qu'est-ce que tu veux en faire, de ce badge ?

- Ploooou ! »

Il gesticulait en désignant le bout de métal donné par le champion un peu plus tôt et son cou. Je soupirai.

« Très bien, comme tu veux. »

Il poussa un couinement satisfait, frottant sa tête contre le bas de ma robe.

Le badge scintillait au rythme des pas de mon équipier tandis que nous marchions sous le soleil brûlant de cette après-midi de fin de juillet. Charbourg étant prise au piège dans un creux entre deux pans du mont Couronné, aucun vent ne soufflait et l'air semblait lourd. À dire vrai, la brise marine qui soufflait en permanence sur Bonaugure me manquait. Je crois que Riker aussi souffrait de la chaleur, même s'il faisait le fier. Nous nous dirigions vers le musée, seul endroit susceptible d'être climatisé en dehors du centre – et accessoirement, seule véritable attraction de la ville. Je l'avais déjà vu, mais il me semblait plutôt intéressant d'examiner les squelettes.

Le véritable but, à vrai dire, aurait été de glaner quelques informations sur le père de Pierrick, sixième champion.

Alors que je me penchai sur une plaque descriptive du mode de vie des ptéras, quelqu'un me bouscula.

« Ah !

- Oups, excuse-moi.

- Pas de problème. »

Le garçon remarqua Riker et loucha vers le badge pendu autour de son cou avec un morceau de laine.

« Tu as battu le champion ? Bien joué !

- Merci.

- Ton pokémon me dit quelque chose. T'es pas la dresseuse qui a aidé Ally à s'entraîner, l'autre jour ?

- Oui, c'est ça. Et toi tu étais… ah oui ! Le garçon avec un cornèbre ! Celui qui avait déjà un badge !

- Je m'appelle Victor, mais tu peux m'appeler Vicky.

- Aurore, mais Al va beaucoup plus vite. »

Nous nous sommes serrés la mains, puis j'ai demandé :

« Pourquoi tu reviens ici ? Tu n'es pas censé aller vers Vestigion ?

- A vrai dire, j'ai déjà obtenu le badge de Flo.

- Quel type ?

- Plante. Avec des pokémons vol c'était facile. Maintenant je viens défier Pierrick.

- Avec tes types vol ?

- Non, j'ai le droit à un troisième pokémon en tant que dresseur de catégorie B. Je vais essayer d'attraper un type combat, y'en a pas mal qui traînent dans le coin. »

Je hochai la tête et sortis mon calepin pour noter l'info quant à la prochaine arène. Victor ramena une mèche de cheveux blonds derrière son oreille et parla :

« Tu as un autre pokémon ?

- Non, Riker me suffit.

- Ça va être dur de battre Flo.

- Il connaît picpic, et puis un combat c'est pas qu'une question de types.

- Ouais, mais ça aide, fit-il avec un petit rire. Tiens, tu voudrais pas m'affronter, pour voir ?

- Pourquoi pas, dis-je en haussant les épaules. »

Nous sommes alors sortis du musée et avons trouvé un coin près de la route au nord de la ville. Nous nous sommes mis face à face et Victor a envoyé son cornèbre sur le terrain.

Le combat n'avait pas encore réellement commencé quand un méditikka est arrivé sur le ring improvisé.

Finalement, en lieu et place de combat, Riker et moi avons pu admirer la plus lamentable tentative de capture que nous n'avions jamais vu.