Et le chapitre 5 ! Le plus long pour le moment, plus de 3000 mots, j'espère que ça ne vous paraîtra pas trop.


En partant de Charbourg à six heures du matin, je croisai Pierrick en passant devant un immeuble. Yeux à moitié fermés derrière ses lunettes aux verres poussiéreux, il manqua de me rentrer dedans. À vrai dire, il y aurait bel et bien eu collision su Pyrite ne l'avait pas retenu en tirant sa veste.

« Oh, c'est toi. Bonjour. Tu es bien matinale.

- Oui, je vais à Féli-Cité. La route est longue, alors il vaut mieux partir maintenant.

- Ah, d'accord. » Léger blanc de sa part, comme s'il cherchait quoi dire. « Bonne route alors. N'hésite pas à repasser si tu veux t'entraîner.

- Merci beaucoup, répondit-je, ne sachant quoi dire de plus.

- Maintenant que j'y pense, tu vas aller à Vestigion un jour ou l'autre ?

- Oui, bien sûr, pourquoi ?

- Passe chez mon grand-père si le cœur t'en dit. C'est un vieil illuminé en bleu de travail rapiécé qui distribue des explorakits à tour de bras. Ça te sera peut être utile. »

J'acquiesçai et rangeai mon carnet, puis le saluai. Il partit en sifflotant tout en m'adressant un grand sourire. Je répondis par la pareille et poursuivis ma route.

Riker ferma à demi les paupières, une lueur moqueuse dans le regard. S'il avait pu le faire, il aurait sûrement arboré un sourire en coin.

« Pourquoi tu te moques ?

- Et toi, pourquoi t'as le visage qui chauffe, hein ? Son regard était extrêmement éloquent.

- Pffff. » répondis-je dans un élan de maturité.

Il lâcha une série de petits couinement. Entendre un prinplouf rire est une chose plutôt marrante. Finalement, je l'imitai.

J'eus l'occasion sur la route de me battre à nouveau contre un gamin avide de revanche (et que je battis avec encore plus de facilité que la première fois) et d'affronter de nouveaux dresseurs, quoique moins nombreux qu'à l'aller. Je pense que Riker, qui me suivait torse bombé et regard noir foncé en arborant fièrement le badge y était pour quelque chose.

J'arrivai à Féli-Cité à dix-neuf heures, au moment magique où le soir commence à peine à tomber et où la chaleur se dissipe peu à peu, emportée par la brise. Le vent me faisait le plus grand bien.

Affamés, j'achetai un énorme sandwich dans une boulangerie que je partageai en deux. Je trouvai une petite place avec une fontaine, juste en face du grand bâtiment de la GTS et nous nous sommes assis pour manger. Une fois son repas englouti, ma grande boule de plumes a plongé dans l'eau avec une expression de bonheur intense. Elle était fraîche.

Pendant qu'il s'amusait, je sortis ma carte. J'avais marqué d'une croix rouge les villes comportant un badge, ainsi que le temps de trajet moyen pour parcourir chaque route à pieds. Je repassai en noir la croix sur Charbourg, et cherchai des post-it au fond de mon sac. Je collai le premier près de Vestigion, et notai le type de l'arène de Flo ainsi que l'information que m'avait donné Pierrick. Sur le second que je collai à Joliberges, je notai que le champion était spécialiste du type acier. Je regardai ensuite l'itinéraire pour me rendre à Vestigion.

« Quatre heure pour faire Féli-cité – Floraville, cinq heures environ de la centrale à la forêt et une bonne journée et demie pour traverser la forêt de Vestigion. On partira demain en début d'après midi et on passera un jour ou deux à Floraville, ok ?

- Prrriiiiin !

- Ensuite on ira vers la forêt et on passera la nuit là-bas avant de la traverser, ça te va ?

- Plou ! Prinp !

- Très bien alors ! » m'exclamai-je en repliant la carte.

Le lendemain, nous nous levions avec le soleil. Je me dirigeai vers l'école de dressage quand on me bouscula.

« Aurore ! Cours ! » me cria-t-on.

Louka courrait dans ma direction. Comprenant aussitôt, je m'élançai à la suite du type. Il portait un paquet sous le bras qui le déséquilibrait légèrement.

« Riker, écume, à sa droite ! »

L'attaque eut l'effet escompté : se déportant soudainement sur le côté, le fuyard manqua de trébucher et perdit juste assez de temps pour que mon coéquipier le rattrape.

« Merde !

- Rends-moi ce rapport, de suite ! Cria Louka, énervé, en arrivant à ma hauteur.

- Va crever, scientifique de mes deux ! » Hurla à son tour un autre gars en sortant de nulle part.

Il utilisa un nosférapti pour éloigner Riker le temps que son camarade se relève. Les deux portaient un costume semblable et une perruque bleue immonde.

« Bon sang, embêter un vieux monsieur, qu'est ce que c'est que ces manières ?! Fit la voix indigné du professeur dans mon dos. Assez de bêtise, rendez-moi ce dossier les enfants !

- Tu peux toujours rêver, pépé, cracha le garçon au nosférapti. Viens, No, on se casse !

- Pas si vite ! »

Gazer, le ousiticram de Louka, se matérialisa devant eux et créa d'un souffle une frontière de flammes barrant leur retraite.

« Pfff, fit ''No'', peu importe. Ce sont des gosses, ils ont juste une grande bouche. On les bat en deux-deux.

- Al, faisons équipe. »

Je hochai la tête et prinplouf se plaça sur le terrain aux côtés de son vieil ami. Il ne fallut pas bien des efforts pour abattre le nosférapti et le moufouette que nous opposèrent les deux hommes costumés. Sorbier récupéra son document et le tendit à un goinfrex équipé d'un sac, dans lequel il le rangea.

« Tu as fait bien des progrès, Aurore, me félicita le professeur. As-tu agrandi ton équipe ?

- Non, désolée.

- Je vois. Louka m'a expliqué, à vrai dire ça ne m'étonne pas de prinplouf. Enfin, merci de ton aide.

- Qu'est-ce que c'étaient que ces mecs ? Demandai-je.

- Oh, une bande de personnes qui en veulent à mes recherches. La Team Galaxie, je crois.

- A vrai dire, j'en avait jamais vraiment entendu parler avant ces derniers jours, compléta l'apprenti. Mon père m'a dit que c'était à la base une association de scientifiques.

- Qui ont bien vite changé de domaine, acheva Sorbier en soupirant. Je ne sait pas à quoi peuvent leur servir ces recherches, mais à votre place je ferai attention, les enfants.

- Oui, on fera gaffe, assurai-je. Sur quoi portaient ce dossier ?

- J'étudie l'évolution. En fait, sans entrer dans les détails compliqués, il semblerait que l'évolution soit provoquée par un changement hormonal brutal, provoquant un énorme surplus d'adrénaline que le pokémon transforme en énergie nécessaire à l'évolution. C'est ce phénomène qui explique le boost à court terme qu'acquiert un pokémon qui évolue en plein combat. Toutefois, il semblerait que toute l'énergie créée ne soit pas utilisée et qu'une partie soit évacuée sous formes d'ondes. Le dossier répertoriait toutes les analyses que j'avais faites jusqu'à maintenant au sujet des ondes et de l'énergie. Tu comprends ?

- A peu près. Mais je vois pas à quoi ça pourrait leur servir.

- Nous finirons bien par le savoir, répondit le vieil homme d'un air las. Louka, peux-tu me raccompagner jusqu'à Littorella ?

- Bien sûr, professeur. »

Nous nous saluâmes et ils partirent vers le sud de la ville. Avant même que j'aie eu le temps de lâcher un soupir, j'entendis dans mon dos une voix familière.

« Aaaaaaal ! Riker a évolué ! Trop cool !

- Salut Ally ! T'as vu ça ? On a même gagné le badge de Charbourg ! »

Elle applaudit en riant, les yeux brillant, puis alla gratter la tête de mon oiseau polaire à la base de ses cornes. Il ferma les yeux en roucoulant de plaisir.

« Il t'aime vraiment bien, dis-je en souriant, il est du genre farouche d'habitude.

- C'est parce que je suis géniale ! » répondit la fillette en relevant le menton, mains sur les hanches.

Son abra poussa un petit stridulement et lui donna un petit coup sur la jambe.

« Eh ! Salut toi !

- Prrrinp', salua Riker

- Où est ton rozbouton ? demandai-je à mon amie.

- Justement, je voulais te faire la surprise. »

Elle se redressa fièrement, attrapa la pokéball d'un geste exagéré et appela Absinthe. Du filet de lumière rouge s'extirpèrent deux grandes fleurs, une tête à trois cornes, suivies d'un corps gracile recouvert d'une feuille d'un vert éclatant. Le rosélia cacha son visage derrière ses pétales en saluant.

« Toujours aussi timide, hein ? Elle est magnifique, Ally.

- On s'est super-entraînés tous les jours ! Houdini va bientôt évoluer, tu vas voir !

- J'en doute pas ! Ça te dit un combat, juste pour vérifier ? J'irai mollo, ajoutai-je devant son scepticisme.

- Ok ! Viens, sur la route on sera tranquilles. »

Nous nous sommes donc éloignées un peu de la ville. Je devais admettre qu'Ally avait fait pas mal de progrès : son rosélia, beaucoup moins timide sur le terrain qu'en dehors, m'opposa une sévère résistance, enchaînant attaque sur attaque pour m'empêcher d'approcher. Riker l'envoya finalement au tapis d'un picpic bien placé. Houdini observait, mais ne se battit pas.

« Tu as arrêté de l'entraîner ?

- Non, Houdini préfère attendre le soir pour combattre. Il regarde quand Absinthe se bat, ça lui suffit. »

J'avais appris que les pouvoirs psychiques gagnaient en puissance durant certaines horaires, notamment le crépuscule ou la nuit.

« Il a dû trouver son rythme de travail, c'est une bonne chose. »

Elle hocha la tête, pensive.

« Tu crois que ça va changer quand il va évoluer ?

- Je sais pas du tout, avouai-je, penaude.

- Oh… c'est pas grave. On verra bien ! »

Elle eut l'air déçu un instant, puis retrouva son grand sourire. Elle attrapa Absinthe et nous nous dirigeâmes vers le centre. La petite brunette laissa sa fleur empoisonnée à l'infirmière et sortit pour aller manger chez elle. Quant à moi, je donnais quelques baies oran à Riker, puis nous mangions de bon cœur.

Une bonne demi-heure plus tard, nous avons salué Ally qui venait récupérer son pokémon et nous sommes mis en route.

La grotte regorgeait de nosféraptis. Elle n'était heureusement pas bien longue. Un garçon qui devait avoir huit ans m'arrêta.

« Je crois que vous pourrez pas aller plus loin, m'dame, y'a des rochers qui sont tombés. Faut attendre les éclateurs.

- Les éclateurs ?

- Les m'sieurs avec des machocs qui cassent les cailloux. Y sont trop forts !

- Ah ouais ?

- Ouais ! »

Devant ses yeux brillants, je m'avançais vers les éboulis.

« Regarde un peu ! »

Riker pris son élan, puis fracassa en quelques coups d'éclate-roc un des rochers qui bloquaient le passage. Il réduisit en poussière les quelques autres rochers et en l'espace de quelques minutes le tunnel fut totalement déblayé. Le gamin avait la bouche bée.

« Woooah ! Il est trop fort lui aussi !

- N'est-ce pas ? Fit-je, je dois le reconnaître, un peu orgueilleusement.

- Prrrrriiiiiiin, confirma Riker, aussi fier que moi.

- Vous avez d'jà tout dégagé ? » Nous interrompit une voix d'homme.

C'était un mineur. Il se rapprocha et fronça les sourcils.

« Bah si c'est pas la p'tite de la mine ! Alors t'as battu Pierrick en fin d'compte !

- Oui ! Vous veniez déblayer ?

- Ouaip, on a signalé l'éboulis y'a deux heures, fallait l'temps qu'j'arrive. C'est bizarre, c'est bien la première fois qu'ça tombe, dans c'tunnel. M'est avis qu'ça doit pas être naturel.

- Ah bon ?

- Ouaip. Sûrement un pokémon, j'vois pas qui s'amuserait à bloquer l'passage. Bon, j'vais finir d'nettoyer et sécuriser la zone. Fait attention en traversant, p'tite.

- Oui monsieur. Bonne journée. »

Pas naturel. Ça me semblait étrange. Qui voudrait bloquer le passage ? La réponse me semblait évidente : les fuyards de ce matin. S'ils n'avaient rien emporté, il semblait logique qu'ils n'aient pas envie qu'on les rattrape. Ou alors peut être que ça les arrangeait que personne ne traverse, du moins pendant un certain laps de temps.

Mais pour quoi faire ?

Aucune idée, et à la manière dont Riker agita la tête, lui non-plus n'en savait pas plus.

« Il se passe peut être quelque chose à Floraville, on cherchera en arrivant. »

Mon coéquipier opina derechef, puis accéléra le pas, de telle sorte qu'il ne fallut pas quatre heures pour arriver, mais trois. Le peu de combats susceptible de nous ralentir avaient été abrégés par des attaques fulgurantes et des KO rapides, à un tel point que lorsque je repassai plus tard sur cette route, on le surnomma « la tornade bleue ».

Mais c'est une autre histoire.

J'arrivai donc au centre pokémon vers seize heures. L'infirmière donna quelques soins rapides à Riker et nous décidâmes d'aller faire un tour.

Floraville était à peine plus grande de Bonaugure, avec des larges rues pavées et des maisons au gazon impeccable et aux haies bien taillées. Les vent charriait l'odeur des fleurs qui poussaient sur la colline en bordure de la ville et les apitrinis voletaient nonchalamment au milieu des gens peu dérangés par leur présence.

S'il y avait un endroit sur terre qui se rapprochait le plus du paradis, c'était bien ce village.

« Pas le moment de chômer, marmonnai-je. Allons à la pêche aux infos.

- Plouuu. Fit Riker en désignant le sommet de la butte. Il y a quelques chose là-haut, semblait-il dire. »

Je plissai les yeux et mis mes mains en visière.

« Je vois rien. T'es sûr ? »

Évidemment que oui, disait son regard blasé.

« Ok, ok, je te fais confiance. »

Nous avons donc suivi un sinueux chemin de terre qui serpentait entre les tulipes multicolores jusqu'à un espèce de domaine limité par une haie de deux mètres de haut. L'entrée semblait libre, et donnait sur un chemin bordé de buis. Deux personnes étaient là. Nous nous jetâmes derrière un buisson. Discutant tous les deux, ils n'avaient pas l'air de nous avoir remarqués.

« Quand je pense qu'ils m'ont foutu là à cause de deux gamins ! Se plaignait le premier. Surveiller une bande de fleurs !

- Arrête un peu de te plaindre, c'est plutôt tranquille ici.

- Je préférerai être à la centrale, j'ai l'impression d'être inutile ici ! »

Je regardai Riker qui plissai les yeux, le regard dur.

« La centrale. Faut aller voir ce qu'il se passe là-bas !

- Prinplouf, plouf ! »

Nous nous éclipsâmes discrètement et dévalâmes la pente à toute allure sans échanger un mot. Nous avons traversé la ville à la même vitesse avant de manquer de rentrer dans une fillette.

« Oups excuse-moi ! Eh, mais ne pleures pas ! Je t'ai fait mal ? »

La petite renifla en secouant la tête.

« Don, z'est les gens bi...bizarres qui m'ont bris mon pa...papa.

- Comment ça ?

- Il dravaille à…à la zentrale, alors ils veulent bas me le rendre, chouina-t-elle.

- Écoute, comment tu t'appelles ?

- Li…Lison.

- Ok, écoute Lison, calme toi. On vai aider ton papa, d'accord ? »

Elle hocha la tête et s'essuya les yeux en reniflant. Il fallut un peu de temps pour s'arrêter de pleurer.

« C'est bon ? Raconte moi tout.

- Hier, les gens bizarres sont arrivés à la centrale, et ils ont mit tout le monde dehors. Et tout à l'heure, la dame avec les cheveux rouges et venue à la maison, et elle a pris mon papa. Je…je les ai suivi et ils ont pas voulu me laisser entrer, il veulent pas me rendre mon papa.

- Emmène moi à la centrale, on va essayer de rentrer, d'acc ?

- D'acc ! »

Elle arrangea les pans de sa robe jaune et adopta un regard courageux.

Elle m'attrapa la main de ses doigts encore tremblotants et me guida le long d'une route goudronnée jusqu'à la centrale. Elle avait la taille d'un petit immeuble. L'endroit où elle se trouvait n'était pas sécurisé il y avait juste à côté un terrain envahi d'herbes folles dans lequel des pachirisus et des mustébouées avaient trouvé refuge, et qui servait également de base à trois éoliennes. Il y avait également un moulin à eau qui tournait à plein régime. Lison me montra un arbre pas loin de la porte, gardée par un garçon en uniforme. Ses yeux brun et ternes n'étaient pas sans rappeler ceux des écrémeuhs pâturant dans un champ.

« Baudruche vient toujours ici, d'habitude. Il aurait pu nous aider.

- Baudruche ?

- C'est un pokémon en forme de ballon, tout jaune ! Il vient tous les jours jouer avec moi en attendant que papa rentre du travail !

- Tu l'as pas attrapé ?

- Non, mais c'est quand même mon ami ! Papa dit que je suis encore trop petite pour m'occuper d'un pokémon, marmonna-t-elle tristement.

- Si tu en avais eu un, peu être que vous auriez pu vous défendre, murmurai-je. »

Elle secoua la tête.

« Dis, on fait comment pour que le monsieur nous laisse rentrer ?

- Reste ici. Je m'en occupe. »

Je m'avançai en sifflotant, comme si je n'étais au courant de rien. Riker était rentré dans sa ball, même si je sentais qu'il n'aimait pas vraiment ça.

« Eh, toi ! Dégage ! C'est une propriété privée ici !

- Mon père est à l'intérieur, je voulais le voir !

- Ouais, c'est ça, bien sûr. Maintenant fait demi-tour, tu veux ?

- Pas la peine de me parler sur ce ton ! Je vous dis que je veux rejoindre mon père ! »

Il me jeta un regard noir.

« On m'a demandé de ne laisser passer personne. Un ordre est un ordre. Dégage !

- Non.

- Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Te battre ?!

- Ouais, parce que visiblement tu comprends rien d'autre !

- T'es qu'une sale morveuse ! Va pas pleurer parce que je t'aurais amoché ! »

Il attrapa la seule pokéball à sa ceinture et envoya un chaglam sur le terrain. Je retins un sourire. Je connaissait très bien les chaglams, puisque ma mère en a un depuis bien avant ma naissance.

Type normal, bons réflexes, un énorme problème au niveau de la défense.

« Frappe-le au niveau de la taille, murmurai-je à mon équipier à travers la paroi de plastique rouge. Profite bien de l'effet de surprise. »

J'envoyai la ball et Riker lança une attaque griffe acier avant même d'avoir fini de se matérialiser. Chaglam esquiva agilement en sautant de côté… et se fit cueillir par l'autre aile rigidifiée de mon oiseau azur, qui l'envoya s'écraser au sol après l'avoir frappé dans les côtes.

« Oh… heu…, gémit le garçon à l'uniforme. De toute façon j'ai pas la clé !

- Quoi ?!

- Ouais, c'était au cas où des fouineurs dans ton genre décidaient de s'en prendre à moi. La clé, elle est loin de la centrale, morveuse ! »

Je grimaçai, Riker fit de même. Nous nous enfuîmes en courant, récupérant Lison au passage.

« Écoute, il a pas la clé. Va falloir trouver un autre moyen de rentrer. Est-ce que tu sais par où on pourrait passer ? Une fenêtre, une grille d'aération, n'importe quoi !

- Il y a une fenêtre à côté du bureau de mon papa. Y 'a la rivière juste en dessous.

- On arrivera pas à nager à contre-courant…

- Dis, madame, je crois que monsieur Thorens à un pokémon avec surf, il voudra peut être nous aider.

- Je m'appelle Aurore. Et qui est monsieur Thorens ?

- Celui qui fait du miel, il habite en haut de la colline ! »

Le domaine gardé par les sbires. J'en avait déjà battu un, et je ne savais pas ce que valait l'autre.

« Riker, tu crois que tu peux t'en faire deux en même temps ?

- Prrrin !

- Ok. Lison, on y va. »

Elle passa devant en sautillant gaîment, ses boucles blanches rebondissant au rythme de ses pas. Nous grimpâmes la butte rapidement, et nous cachions dans le même buisson que plus tôt. Je murmurai :

« Lison, je vais les occuper, pendant ce temps tu cherches monsieur Thorens, ok ?

- Ok !

- A trois. Un…deux…maintenant ! »

Poussant un cri de guerre, je bondis du buisson, faisant sursauter les deux gardes que Riker aspergea abondamment.


Héhé, coupure en plein milieu de l'action, je sais que vous me détestez !

Le prochain chapitre sera là samedi ou dimanche prochain, sans faute, et excusez-moi encore du retard !

Bisous !