Helloooo tout le monde ! Avec ce chapitre, la fin de l'épisode de la centrale et le début des embrouilles ! Et à l'heure !

Bonne lecture !


Les sbires hurlent de surprise et tentent d'attraper leurs pokéballs, que Riker shoote avec la précision d'un sniper. Il continue de les arroser copieusement, et bientôt une immense flaque se forme sous les deux hommes au sol qui gigotent comme des magicarpes hors de l'eau.

« Aurore ! Me crie Lison en arrivant accompagnée d'un vieil homme.

- Lison ! On file ! »

Elle passa sur le côté en courant, suivie de monsieur Thorens. Quand ils eurent pris assez d'avance, je rappelai mon oiseau polaire et partis en sprintant le plus vite possible.

« Prrrrriiiinplouuuuf ! Hurle Riker, quand je le relâche. J'entends clairement un : Non mais ça va pas ! indigné dans son piaillement.

- Tu cours pas assez vite, mon vieux, désolée.

- Prmpf ! »

Il croisa ses ailes et s'assit face au mur avec un air boudeur, sous les yeux amusés de la fleuriste chez laquelle nous nous étions réfugiés.

J'expliquai rapidement la situation au vieil homme qui accepta de nous aider aussitôt, puis demandai :

« Comment ça se fait que ces gens soient chez vous ?

- Ils voulaient du miel, pour attraper des pokémons ou je ne sais quoi. J'ai refusé de leur en donner, alors ils ont décidé de prendre ma ruche en otage ! Vous y croyez, vous ?

- Vous avez de la chance qu'ils ne vous aient pas agressé, Carl, tempéra la fleuriste. Quand à vous mademoiselle, merci de nous aider. Il n'y a aucun dresseur à Floraville, c'est pour cela que ces gens ont réussi à prendre la centrale si rapidement. Nous chérissons la paix, ici. »

Monsieur Thorens possédait un mustéflott au tempérament docile, qu'il accepta volontiers de me prêter. Utilisant la capacité surf, il remonta le courant pour arriver au niveau de la fenêtre. Elle était entrouverte, comme l'avait prévu Lison. Après tout, il faisait chaud alors pourquoi fermer une fenêtre qui donnait sur un endroit d'où personne ne pouvait surgir ? Je pouvait les comprendre. La chaleur était accablante, malgré le crépuscule naissant.

Je m'accrochai au rebord et me hissai contre la façade. Le bureau était une pièce toute en longueur, encombrée de livres et de rapports d'un côté et de machines à multiples cadrans de l'autre. Je voyais le dos d'une femme qui gardait la porte, grande ouverte. Heureusement, la lumière n'était pas allumée.

J'ouvrai un peu plus la fenêtre à guillotine, qui glissa sans grincer. Je passai ensuite par l'ouverture tête la première, ne pouvant faire autrement à cause de la proximité de la berge. Moment de panique quand ma jupe se coinça sur le loquet. Je fus obligée de prendre de l'élan et de me projeter, la déchirant pour me libérer. Je me rattrapai en effectuant une roulade le plus silencieusement possible, mais ça ne suffit pas.

« Qui va là ? » Cria la femme en uniforme en se retournant.

Elle scuta le noir un instant. Je m'étais cachée derrière une étagère, immobile, retenant mon souffle. Du coin de l'œil, je la vis se remettre dans sa position initiale. Elle cracha :

« Tsss, encore un de ces stupides mustébouées. »

Je me remis debout et appelai Riker, puis approchai à pas de luxray. Je plaquai ma main sur la bouche de la femme et la tirai brusquement en arrière. Riker, réagissant au quart de tour, l'assomma.

« Bien joué, murmurai-je. Va surveiller la porte deux minutes s'il te plaît. »

Il opina et se plaça en faction à l'angle du mur. Pendant ce temps, je déshabillai la femme et l'enfermai dans un des casiers avant d'enfiler son uniforme. Elle était légèrement plus grande que moi, aussi sa robe baillait légèrement. J'eus du mal à cacher mes épais cheveux sous la perruque vert d'eau. Une fois cela fait, je rangeai mes affaires dans mon sac, que je cachai sous un bureau.

Je fit rentrer Riker dans sa pokéball et me mis en faction, ni vu, ni connu.

Je sentais mon coéquipier bouillonner : il préférait rester à mes côtés. Malgré son sale caractère, il avait vraiment bon fond et s'avérait parfois même un peu trop protecteur.

La salle devant moi comportait six générateurs, éclairés par la lumière crue des néons. Une femme aux cheveux rouges l'arpentait de droite à gauche en hurlant. Je ne voyais pas le scientifique.

« Mais vous ne l'avez pas poursuivie ?! S'indigna la femme dans un talkie-walkie. Mais je m'en contrefout royalement qu'elle ait pas volé la clé ! L'apiculteur s'est barré ! ET COMMENT ON VA FAIRE POUR ATTRAPER DES MASSES DE POKEMONS SANS MIEL ?! RETROUVEZ LE ! »

Elle poussa un hurlement rageur et lança l'appareil à un sbire qui manqua de le laisser tomber. Elle continua à faire les cents pas, le visage aussi rouge que ses cheveux. Un silence de mort planait dans la centrale. Cette femme faisait peur. Elle se stoppa et inspira un grand coup.

« Toi, fit-elle à un sbire qui s'affairait sur une machine, t'en es où ?

- Pour le moment, 20 % de l'énergie a été stockée, à ce rythme on devrait avoir fini...demain matin.

- Y'a pas moyen d'aller plus vite ?!

- Non, désolé chef.

- Toi, là ! Dit-elle en me désignant, tu vas avec… lui (elle montra un autre sbire du doigt) et vous interrogez le scientifique ! Je veux le code d'accès aux stocks ! COMPRIS ?

- Oui, chef ! Répondîmes-nous en chœur »

Je quittai mon poste et suivit le sbire à travers la pièce. Il franchit une porte et nous longeâmes un couloir au sol chouinant sous nos semelles en caoutchouc.

« Quelle idée on a eu de s'embarquer là-dedans ! Pas vrai ? »

Je hochai la tête, laissant tomber la frange de ma perruque bas sur mes yeux, de peur de me trahir. Il s'arrêta brusquement.

« Qui es-tu ? »

Je ne répondis rien et reculai de quelques pas, posant ma main sur ma pokéball.

« Attends, je suis de ton côté. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Qu'est-ce qui me dit que tu me mens pas ? Répondis-je en plissant les yeux, méfiante.

- Je t'aurais déjà attaqué. Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'essaie de libérer le scientifique. Et de savoir ce qu'il se passe au passage.

- Qui es-tu ?

- Toi d'abord. »

Il soupira et jeta un œil de chaque côté du couloir.

« Vraiment méfiante, hein ? Je m'appelle Peter. »

Il retira sa perruque, laissant apparaître une masse de cheveux ébouriffés d'un roux éclatant. Je manquai de m'étouffer.

« Pe-Peter ? Le Peter ?

- Oui, oui, c'est ça. Et tu es… ?

- Aurore. M-mais vous pouvez m'appeler Al !

- Très bien, Al. Qu'est-ce que tu as fait de Marion ?

- Je…je l'ai assommée, avouai-je, penaude. Je vous promet que si j'avais su, je me serais retenue.

- Ouais. Elle va pas être de bonne humeur quand elle va se réveiller…marmonna-t-il. »

Il remit sa perruque en place et franchit les quelques pas qui le séparaient d'une porte de fer sur laquelle était accroché un panneau annonçant « salle des archives. »

« Le scientifique est ici, entrons. »

Nous entrâmes et il ferma la porte derrière nous. Le père de Lison était là, simplement ligoté à une chaise. Je me hâtai de défaire ses liens, et il me regarda avec un air d'incompréhension. Le maître du plateau indigo expliqua :

« Nous ne faisons pas partie de la Team Galaxie. Je suis ici pour enquêter, et elle pour…heu…

- Votre fille m'a demandé de vous faire sortir. Et deux sbires ont agressé le professeur Sorbier.

- Comment le sais-tu ? S'exclama Peter. Sorbier m'a assuré que personne n'était au courant quand il m'a appelé !

- Excepté les DexHolders, Louka et moi.

- Tu es donc une dresseuse. C'est très bien, ça. Tu vas pouvoir affronter Mars.

- Vous ne pouviez pas le faire vous même ? Vous ne venez quand même pas d'arriver ? »

Il émit un petit rire nerveux. Sur la chaise, le scientifique assistait à notre discussion comme à un match de tennis.

« Non, en effet. Ça fait quelques semaines que la Team Galaxie commence à poser problème dans Sinnoh. Marion et moi sommes en infiltration, et si j'affrontais Mars maintenant, je briserais notre couverture, tu comprends ?

- Ouais, je vois. Si c'est moi qui l'affronte, je passe juste pour une jeune dresseuse ayant tendance à mettre son nez là où il ne faut pas, c'est ça ?

- Exactement.

- Je peux me permettre une question ?

- Vas-y, dit-il en haussant un sourcil.

- Pourquoi est-ce que c'est vous qui vous occupez de ça et pas le conseil de Sinnoh ?

- La Ligue est déjà sur le coup, à vrai dire. C'est juste qu'ils ont…besoin de renforts, expliqua Peter en cherchant ses mots.

- Pourquoi vous et pas Hoenn ou Unys ? Ou même Kalos ? C'est beaucoup plus proche.

- Le plateau Indigo est plus ou moins officieusement la tête de toutes les ligues des différentes régions de Poképolis. »

Je hochais la tête. J'avais l'impression que le Maître passait quelques détails sous silence. Finalement, je décidai de ne pas y prêter attention. Beaucoup de gens omettaient des détails pour que les histoires soient plus simples à comprendre. Si d'autres raisons amenaient les membres du Conseil de Kanto à Sinnoh, ça ne regardait qu'eux.

« Et maintenant, comment on fait ?

- Pardon ? Demanda Peter, l'air déconcerté.

- Il faut libérer la centrale au plus vite, vous avez entendu vous aussi. Ils détournent de l'énergie. Pour ça, il faudrait que j'affronte Mars sans faire foirer votre infiltration.

- Surtout que tu as l'uniforme de Marion, ajouta-t-il sur un ton de reproche.

- J'ai une idée. »

Peter ouvrit la porte d'un coup de pied et me jeta sans ménagement devant lui, manquant de me faire trébucher.

« Chef ! Cette fouineuse a pris la place de Bételgeuse !

- Quoi ?! Aboya Mars. Comment ça ?!

- Je me suis glissée par la fenêtre et je l'ai assommée, commençai-je en la regardant de haut. Votre système de sécurité est minable ! Vos sbires sont tous juste bons à se faire arroser !

- La gamine du champ fleuri !

- Eh, calmos ! J'ai seize ans !

- ET MOI 25 MAIS C'EST PAS LA QUESTION ! » Hurla la commandante en rougissant de plus en plus dangereusement.

Une veine palpitait sur son front, si fort que je crus qu'elle allait exploser.

« Jolie veine, remarquai-je d'un ton moqueur, l'énervant davantage.

- LA FERME ! QU'EST-CE QUE TU VEUX A LA FIN ?!

- Que vous fichiez le camp. »

Elle me regarda et inspira un grand coup, puis elle repris, d'un ton aussi glacial que sa fureur avait été violente :

- Pardon ? » La froideur qu'elle dégageait était encore plus terrifiante que sa colère. « Je crois avoir mal entendu.

- Je veux que vous dégagiez, répétai-je fermement, articulant chaque syllabe malgré mon estomac qui faisait des nœuds.

- Écoute moi bien, espèce de stupide petite merdeuse, je n'ai pas l'intention de quitter cette centrale. Qu'est-ce qui te ferais croire que toi toute seule tu arriverais à me faire changer d'avis ?

- J'ai déjà battu trois de vos sbires. Je peux vous battre.

- PARDON ? Je veux dire…ça m'étonnerais.

- Alors affrontez moi. »

Elle considéra l'hypothèse un instant.

« En quoi ça m'avancerait ?

- Si je gagne, vous partez. Si je perds…je veux bien me joindre à votre cause. »

Elle éclata d'un rire hystérique, pendant que le silence le plus complet tombait dans le laboratoire. Peter me jeta un regard étrange, mi-curieux mi-énervé. Dans sa pokéball, je sentais presque Riker trembler.

« Tu prends des risques. Semblait dire son énergie. Je soupirai et marmonnai.

- Va falloir que tu assures, vieux. »

« Qu'est-ce tu bredouilles, encore ? S'exclama Mars. Et qu'est-ce qui te fait dire que nous avons besoin de toi ?

- J'ai un badge.

- Certains de nos sbires aussi.

- Je…je suis une DexHolder. »

Elle se figea, yeux écarquillés. Puis son visage se fendit d'un sourire carnassier.

« Oui, tu pourrais être utile. Qui t'envoie ?

- Une petite fille qui veut récupérer son père.

- Un cœur charitable ! Si c'est pas mignon ! Très bien, j'accepte ton marché. PRÉPARES TOI A MORDRE LA POUSSIÈRE !

Sans plus de somation, elle envoya un nosférapti à l'oreille percée. Je lançai aussitôt Riker, qui poussa un feulement sauvage en sortant, ravi d'être à nouveau à l'air libre.

« Nosférapti, ultrason ! »

Riker esquiva l'attaque sans problème en se réfugiant derrière un des générateurs. Il avait rapidement analysé le terrain et nous connaissions l'adversaire.

« T'as déjà battu des tas de nosférapti dans la mine, tu sais quoi faire Riker ! »

Il hocha la tête en rugissant et utilisa ses ailes aussi dures que l'acier pour rayer le verre des machines, emplissant la salle d'un son de crissement suraigu qui se répercuta sur les murs nus et le sol carrelé. Le nosférapti se mit à voleter dans tous les sens, incapable de se repérer. Quand il passa à sa portée, Riker utilisa griffe acier pour l'envoyer se fracasser dans un mur. La petite chauve souris s'écroula et ses ailes tremblotèrent, mais il ne se releva pas. Mars rugit.

« Quel pokémon pourri ! Chaffreux, fais lui ravaler ses plumes ! »

Quand le félin se matérialisa, je compris aussitôt pourquoi ma mère n'avait jamais souhaité faire évoluer Lumi. La créature avait un regard mauvais. Elle était grasse, mais semblait également assez souple. À mon avis, elle disposait d'une bonne défense.

« Riker, utilise éclate-roc ! »

Bondissant à travers la salle, mon soldat de plumes s'élança pour frapper le chaffreux qui ne se donna même pas la peine d'esquiver et bloqua l'attaque avec ses griffes, avant de griffer Riker. Le chat avait une telle force que mon pauvre prinplouf alla s'écraser contre un des générateurs, fissurant la vitre qui le protégeait au passage. Mars ordonna à son chaffreux d'enchaîner avec feinte, que le pokémon exécuta avec une habileté étonnante pour son poids.

« Riker, protège ta tête et rebondit ! »

Quand le choc envoya valser mon allié, il se dirigea grâce à écume et se servit du mur comme tremplin. Il sauta sur un générateur, bondit sur le second, puis sur un troisième, le tout à une vitesse folle. Le félin, n'arrivant pas à déterminer où se trouvait sa cible, enchaînait les combo-griffe dans le vide.

« Bon sang, arrête toi ! Hurla Mars. Utilise bluff !

- Riker, écu- »

Les pattes du chat s'étaient refermées sur sa proie avant que j'aie articulé ma phrase chaffreux avait agrippé la palme de mon pingouin azuré et l'avait projeté dans un générateur. La vitre se fissura un peu plus : c'était le même que celui de tout à l'heure !

« Riker ! Écume, vite ! »

Se servant de l'eau pour repousser le fauve, mon coéquipier gagna quelques secondes pour se relever et se placer sur ses appuis. Son regard était dur, mais il avait encaissé quelques rudes coups et ne devait pas être au meilleur de sa forme. Si le combat s'éternisait, je risquais de perdre.

Le pokémon adverse esquissa une feinte.

« Ne bouge pas, laisse-le s'approcher. » dis-je assez bas pour que seul mon ami à plumes l'entende.

Il me jeta un regard étrange, une fraction de seconde à peine, et décida de me faire confiance. Le félin sauta dans son dos, toutes griffes dehors.

« Projette-le dans la vitre avec éclate-roc ! »

Prinplouf ne réagit pas assez vite et se prit le coup sur le bec, ce qui le fit reculer avec un couinement rauque. Toutefois, il se rétablit dans la seconde et balança son aile brillante avec rage. Il frappa le chat dans le sternum, lui coupant le souffle, et ce dernier fut propulsé sur la protection de verre déjà salement entamée. Celle-ci céda sous la pression. Dans un flash, des centaines de volts furent libérés dans le corps du chaffreux qui poussa un déchirant feulement. Il s'arracha au contact électrique et boitilla deux mètres plus loin. Les moustaches roussies, le dos fumant et le regard assassin, il refusait de se laisser vaincre.

Mon équipier prit le temps de prendre ses appuis, le regard tout aussi meurtrier, et s'élança dans une griffe acier tourbillonnante. Le chaffreux tenta de le bloquer, mais ce fut peine perdue : une griffe se cassa et l'aile tranchante de Riker vint le frapper en plein visage, le taillant sur la diagonale. Le félin recula en feulant, tituba, puis s'écroula.

Mars rugit.

« Satanée bestiole ! »

Riker poussa un couinement joyeux qui sonna bizarrement. Il se retourna pour me rejoindre, et c'est là que je me rendit compte que son bec était fendu. Une petite fêlure creusait le bec sur le côté droit, et la brisure continuait en zigzagant jusqu'à la base de sa corne gauche.

« Je comprend mieux pourquoi tu étais en colère. » murmurai-je. Je me tournai vers la commandante et ajoutai plus haut « Maintenant partez. C'était le deal.

- Tu penses sérieusement que je vais tenir parole, idiote ?!

- Il ne m'a fallu qu'un pokémon pour vous battre. Vous êtes censée être plus forte que vos larbins. Il me reste cinq pokémons. Vous voyez où je veux en venir ? »

Elle serra les dents et son regard me parcourut de haut en bas. Je n'avais aucunement cillé quand j'avais menti, j'espérais que le bluff marcherait. Riker grogna, la fusillant du regard. Finalement, le nez plissé par la colère, elle lâcha :

« On remballe. On a assez d'énergie pour le moment. Mais la prochaine fois, gamine, je te jure que tu passera le plus sale quart d'heure de ta vie ! »

Elle rappela son chaffreux et tourna les talon, levant la tête dignement. Les sbires se hâtèrent de remballer leurs affaires et de charger quelques bonbonnes d'électricité sur leur dos avant de filer.

« Je m'occupe de Bételgeuse, lança Peter avant de s'éclipser dans la petite pièce. »

Le bâtiment se vida rapidement. Marion, en sous-vêtements, arriva dans la salle des machines. Elle était énervée, Peter se retenait pour ne pas rire.

« Eh, toi, rends-moi mon uniforme s'il te plaît ! Peter, dégages ou je te fais la peau ! »

Le Maître sortit en gloussant. Je me déshabillai et lui tendit mes vêtements.

« Désolée. Je n'avais pas prévu d'en arriver à cette extrémité.

- Pas de problème. Merci de ton aide, même si, d'après Peter, c'est… accidentel ?

- Plutôt une coïncidence, je dirais. Je passait juste au bon endroit au bon moment. »

Elle sourit et attrapa sa longue tresse argentée qu'elle dissimula sous sa perruque, puis ajusta le col de sa robe.

« J'espère pour toi que tu n'auras pas de problèmes, même si ça m'étonnerais. T'as mis le doigt dans l'engrenage, faudra que tu sois forte.

- Je fais confiance à mon pokémon.

- Tu me fais un peu penser à l'autre crétin de roux, tu sais. Allez, bon vent ! »

Elle me fit un clin d'œil en guise d'adieu et se dépêcha d'aller dehors. Le scientifique débarqua dans la salle une seconde après, et je me ruait dans le petit bureau pour récupérer mes vêtements. Pendant que je me rhabillais, j'entendis la petite arriver.

Ma robe, déjà plutôt courte, était déchirée jusqu'à la hanche. Je me rendit compte en l'enfilant que ma jambe elle aussi était griffée.

« Aurore ! Papa m'a tout raconté ! T'es trop forte !

- Merci d'avoir fait partir ces bandit, Aurore, me dit le scientifique. Je crois que je te suis redevable. Je pourrais peut être te donner quelques vêtements, acheva-t-il en remarquant mon état.

- Ce serait gentil de votre part. Mais pour le moment, je vais aller au centre. Le bec de Riker m'inquiète. »

Je rappelai mon compagnon de route et sortit en trombe, cachant ma jupe fendue avec mon sac comme je pouvais.

Le soleil me réveilla. Je m'étonnais de ne pas trouver Riker roulé en boule le long de mes jambes, puis me souvint que je l'avais confié à l'infirmière. J'attrapai mes vêtements de rechange – un simple short en jean et un t-shirt à pois qui ne valaient clairement pas mon habit fétiche – et m'habillai avant de descendre.

L'infirmière me salua joyeusement et me tendit ma pokéball vide. Riker apparut, suivant le leveinard de la femme.

« J'ai fait de mon mieux pour réparer son bec. Il faudra y faire attention pendant quelques temps, donc pas de coups dessus et interdiction d'utiliser picipic. Me suis-je bien fait comprendre ?

- Oui !

- Plouf !

- Autre chose : la fissure va se refermer avec le temps, mais il restera sûrement une marque, mon grand. Rassurez-vous, ça ne l'empêchera pas de combattre, la corne va se former et consolider ça, tu ne sentira rien du tout. C'est juste que certain adversaires…

- …y verront un point faible et taperont dessus au risque de le casser à nouveau, c'est ça ?

- Exactement. Pour aider à la cicatrisation, tu peux lui donner du calcium. »

Elle me fit encore quelques recommandations, puis s'éloigna pour s'occuper de quelqu'un d'autre. Nous sommes alors sortis de la bâtisse au toit orange si caractéristique. Je marchai en avant, et Riker me suivait avec un regard curieux.

Lison m'attendait au pied d'une éolienne.

« T'es en retard !

- C'est toi qui es en avance ! »

Elle rigola et posa ses yeux sombres sur le grand chêne au bord du terrain.

« Regarde, il arrive. »

Un baudrive à l'étrange corps jaune descendit doucement en planant. Il tournoya puis s'approcha de Lison tout en restant un peu à l'écart, se méfiant de ma présence.

« Baudruche, c'est Al. Elle est gentille.

- Lison, je vais m'éloigner. Tu sais quoi faire.

- Oui. »

Elle sortit de sa poche la pokéball que je lui avait donné. Elle la présenta au petit spectre couleur soleil qui tournoya autour. Elle lui murmura quelque chose que je n'entendis pas, et le baudrive toucha le bouton de capture du bout de son filament. Un rayon de lumière rouge l'enveloppa, la boule bicolore trembla une seule fois avant de s'immobiliser.

Lison me sourit et relâcha le pokémon.

Avec ses cheveux de neige et sa combinaison jaune, elle possédait une ressemblance frappante avec son nouvel allié.


Et voilà ! Une petite happy end, ça fait toujours plaisir, hein ? A vrai dire, cette histoire avec le baudrive et la petite fille me tient à cœur pratiquement depuis que j'ai joué à Diamant pour la première fois, autant dire que ça m'a fait vraiment plaisir d'imaginer la scène de la capture. Si vous avez des questions, des commentaires, des hypothèses, n'hésitez pas à les envoyer !

A la semaine prochaine ! Bisouuuus !