Hey ! désolée pour la semaine dernière, j'ai eu un petit problème de timing ! a vrai dire, j'ai pas réussi à écrire ce chapitre en une semaine, il m'a vraiment cassé la tête et j'ai du le recommencer une ou deux fois parce que je le trouvais trop long, mal rythmé, bref, ça allait jamais ! Enfin, merci beaucoup d'avoir patienté !
Cette fois, c'est un chapitre de 5000 mots, promis le prochain sera plus court ! bonne lecture !
Je mis un peu de temps à me calmer. Barry faisait comme il pouvait pour me réconforter, mais les marques d'affection n'avaient jamais vraiment été son genre. Il se contenta donc de me frotter maladroitement la tête. Un mustébouée était sorti de sa pokéball et s'était serré contre moi, frottant son museau humide contre ma joue.
« Weevy est assez câlin, bafouilla mon ami. »
Je frottai la tête du mustélidé, puis mes yeux, et me relevai.
« Désolée, je…j'ai craqué.
- T'en fais pas, à vrai dire j'attendais que ça arrive. T'as toujours été pleurnicharde.
- Tu confond pas un peu avec toi, là ? »
Il eut l'air de réfléchir quelques secondes, puis haussa les épaules.
« Peut être. Mais pas plus que toi. Bon, bouge pas que je termine ça proprement.
- Je t'en prie. Ah, au fait !
- Oui ?
- Un seul mot à quelqu'un et je te noie, c'est clair ? »
Nous sommes sortis quelques minutes plus tard. J'avais perdu dix bons centimètres de cheveux, et ceux-ci, coupés en mèches inégales, atteignaient à présent difficilement la moitié de mon cou.
« Aurore ?! M'a interpellé une voix.
- Ally ?
- Ah, t'as réussi à battre le champion finalement, à demandé Barry en me coupant la parole. »
Je méditai sa question un instant, puis percutai.
« T'as affronté Pierrick ?
- Oui, mais j'ai perdu face au kranidos.
- Un sacré combat, au passage, intervint le contremaître en se glissant dans le cercle que nous formions. Ton rosélia ferait des ravages s'il évoluait. »
Je donnai un coup de coude à mon ami.
« Quoi encore ? Se plaignit-il.
- La pierre, soufflai-je, et son regard s'illumina.
- Tiens Ally, on a trouvé ça tout à l'heure, ça te sera plus utile qu'à nous ! »
Il lui tendit la pierre qu'elle accepta avec des remerciements à profusion. Le champion sourit et retira ses lunettes pour les nettoyer.
« Barry, j'ai accepté de te donner un coup de main tout à l'heure sans même te demander quoi. Donc, pourquoi avez-vous besoin d'aide ?
- Oh, on veut juste récupérer des pokémons volés.
- Et en détails ?
- En deux mots, la Team Galaxie s'est établie à Vestigion, m'a volé Riker, la championne ne peut pas intervenir mais toi si puisque tu ne t'occupes pas de la ville, racontai-je d'une seule traite.
- Oh. Connaissant Flo, cette situation doit bien l'énerver. Je me demande pourquoi elle ne n'a appelé personne. »
Barry et moi nous sommes regardés et avons haussé les épaules. Ally sourit devant notre manège.
« On dirait vraiment des jumeaux ! »
Pierrick approuva d'un hochement de tête.
« Changeons de sujet. Nous partirons quand j'aurai récupéré mon équipe, si ça vous va.
- Dans deux heures au minimum, le temps de récupérer le pokémon au musée, intervins-je.
- Je viens avec vous, ajouta Ally.
- Ça pourrait être dangereux, il vaut mieux que tu rentres chez toi, dit le champion. »
La fillette eut un regard triste, presque suppliant.
« J'ai vraiment envie de vous aider. Laissez-moi venir, même si c'est pour rien. »
J'avais envie d'accepter, mais il semblait plus juste que la décision revienne à Pierrick. D'entre nous, il était le seul adulte.
« Tu promets d'écouter ce qu'on te dis ?
- Oui !
- Dans ce cas, tu peux venir. Mais je te préviens, garde ton équipe près de toi et prête à te défendre. On ne sait jamais ce qu'il peut arriver. »
Elle sourit et esquissa une danse de la victoire. Nous sommes alors allés nous asseoir en attendant, et j'utilisais la demi-heure suivante pour expliquer – à nouveau – en détail ce qu'il s'était produit la veille. Finalement, Ally et Pierrick me racontèrent leur combat, puis Barry conta son voyage.
Après avoir obtenu son premier badge, il avait rebroussé chemin vers Féli-Cité et s'était rendu en un temps record à Vestigion, où il avait perdu contre Flo. Pas démotivé pour si peu, il avait décidé de continuer jusqu'à Unionpolis, capturant un ponyta sur la route.
« Flame est vraiment énergique. Elle fait vraiment un super duo avec Speed ! D'ailleurs, le seul à être un tantinet calme dans cette équipe c'est Fencer. Il est même un peu lent, c'en est désespérant ! »
Il avait souhaité se mesurer au champion, mais l'arène avait fermé en attendant un remplaçant depuis la démission de ce dernier. Le boskara avait approuvé quand mon ami avait simulé son désespoir dans une série de mimiques plus ridicules les uns que les autres. Finalement, il avait décidé de retourner à Vestigion pour se mesurer à Flo avant de continuer son voyage. Une fois là-bas, sa mère l'avait appelé, lui disant qu'elle avait un cadeau à lui faire.
« Elle m'a dit de venir la voir à Féli-Cité et… Ta-daaaaaa ! s'exclama-t-il théâtralement en dévoilant une pokémontre. « Ensuite, je suis retourné à Floraville, où j'ai attrapé Weevy, et j'ai continué vers Vestigion. J'avais mal calculé mon coup et du coup la nuit est tombée avant que j'aie pu trouver un endroit où camper, mais y'a eu un espèce de gros éclair, alors j'ai couru et je vous ai trouvé. Mais j'avoue que sans mon boskara, je me serais sûrement perdu en route. »
Il gratta avec un sourire le dessous de la mâchoire de son équipier, qui émit un son grave en signe de contentement.
Le leveinard de l'infirmière, suivi d'un tout jeune ptiravi, s'approcha alors de notre groupe et tendit ses trois capsules à Pierrick d'un geste presque machinal. Il devait venir ici très souvent. Le ptiravi quant à lui sautilla joyeusement jusqu'aux pieds d'Ally, tournoya et sortit les pokéballs d'Absinthe et Houdini avant de les lui tendre.
La fillette fit sortir son rosélia dès qu'elle eut la boule bicolore en main, puis s'empara de la pierre dans la poche de son short. Pendant qu'elle donnait l'éclatant roc à la fleur vénéneuse, j'attrapai mon pokédex et passai en mode enregistrement, filmant l'évolution. Cette amélioration avait été ajoutée par le professeur lui-même quand j'étais passée au laboratoire.
Le pokémon s'entoura d'une lueur blanche. Les bourgeons sur sa tête se réunirent en un seul qui éclos, chaque pétale se déployant avec grâce. Les fleurs au bout des bras se multiplièrent, et l'espèce de robe de feuilles se muta en une cape qui retomba doucement. Enfin, la lueur s'apaisa, et le roserade cacha son visage masqué dans ses pétales pendant que la pierre partait en poussière.
Ally avait des étoiles dans les yeux – presque littéralement.
« Elle est beaucoup moins timide sur un terrain, fit platement remarquer Pierrick. Crois-moi, Aline, je suis sûr que vous irez loin tous les trois. Houdini a un bon potentiel, mais quelques chose me dit que tu as du mal à gérer les attaques spéciales.
- Oui, c'est vrai, répondit la fillette en rougissant. On n'a pas beaucoup de pokémons psy à l'école, alors c'est dur de prendre exemple sur quelqu'un. J'ai du mal à donner des ordres efficaces. »
Le jeune homme aux cheveux bordeaux hocha la tête avec un sourire pensif, puis reporta son regard sur l'horloge au-dessus de l'accueil.
« Aurore, je crois que c'est l'heure. »
L'homme au musée m'adressa un signe de tête en guise de bonjour. Il remonta ses lunettes et prit mon ticket, puis me tendit une feuille.
« C'est pour attester que vous êtes bien la propriétaire d'un pokémon préhistorique, expliqua-t-il. Une simple formalité pour décharger le musée en cas d'accident et éviter les abandons. Votre pokémon est un kranidos mâle. Avez-vous votre registre d'équipe ? Je vais vous le remplir. »
Je fouillai dans mon sac et sortit le petit carnet. Il vérifia la première page concernant Riker, puis demanda :
« Vous avez un badge ?
- Oui.
- Hm hm. Et vous ne possédez jusque là qu'un seul pokémon ?
- Oui, répétai-je.
- Hmmm. C'est vous qui avez rempli le carré d'évolution ?
- Non, c'est le professeur Sorbier. »
Il haussa un sourcil épais mais ne posa pas de question. Il attrapa un stylo et remplit d'une écriture appliquée aux lettres fines toutes les informations concernant le Kranidos.
Niveau 20, reconstitué à partir d'un fossile crâne, récupéré au musée de Charbourg.
« Un surnom ? »
Je réfléchis quelques secondes.
« Syrius. S-Y-R-I-U-S.
- Hm hm. Voilà. C'est fait, vôtre pokémon est officiellement à vous ! Dit-il en appliquant le tampon du musée. »
Je récupérai la capsule, les doigts tremblants. À travers le plastique rouge, je devinai la forme du dinosaure qui m'observait. J'eus la désagréable impression de trahir mon ami à plumes. Ally dut le sentir, car elle posa une main apaisante sur mon bras.
« Je suis sûre qu'il s'entendra bien avec Riker. »
Je n'en était pas aussi certaine. Inconsciemment, je passai le pouce sur la ball. C'était exactement la même que celle de mon starter, et pourtant la sensation n'était pas du tout la même. Il n'y avait pas ce côté rassurant ou cette familiarité que j'entretenais avec mon oiseau des glaces.
Syrius et moi allions devoir apprendre à nous connaître, à combattre l'un avec l'autre. Il allait également devoir apprivoiser son coéquipier. Ce ne serait sûrement pas une partie de plaisir.
Nous sommes ensuite sortis et nous sommes dirigés vers l'entrée du souterrain. J'avais sorti Syrius qui marchai à mes côtés, ouvrant de grands yeux ébahis en regardant tout autour de lui. Il restait assez près de moi et reniflait parfois mon bras blessé avec un éclat curieux dans ses orbes de velours rouge. Il était toutefois plutôt méfiant, grognant dès qu'un des mes compagnons de route approchait d'un peu trop près.
Dans le tunnel pour aller à Vestigion, aucun d'entre nous ne décrocha un mot. Le silence était pensif. À vrai dire, je crois que nous appréhendions ce qui allait se passer une fois là-bas. Pour ma part, je ne pouvais m'empêcher de m'imaginer la silhouette longiligne de la commandante, son visage dur, et surtout, surtout, le coup de poing que j'allais y coller quand je récupérerai mon compagnon.
Le jour déclinait quand nous sommes arrivés. Nous sommes allés directement au centre. Barry et Pierrick ont partagé une chambre, et j'ai fait de même avec Ally. L'infirmière paraissait rassurée de me voir revenir, et insista pour refaire le bandage sur mon bras. Elle me donna aussi un tube de crème et une boite de calmants.
Nous avons dîné tous ensemble, rejoints par Sara et à ma grande surprise, par Victor.
« Vicky ! Nous exclamâmes en chœur Ally et moi.
- B'soir. Ça va ? Alors comme ça vous allez vous attaquer à la Team Galaxie ?
- Ouaip. On va récupérer son prinplouf, commença Barry
- …Et coller un poing dans la figure de la commandante, achevai-je. »
Le dresseur repoussa en arrière une mèche de cheveux blonds clairs. Son teint très pâle faisait ressortir ses yeux d'une étrange teinte de mauve, si foncée qu'elle en paraissait noire. Il sourit, dévoilant une incisive au coin cassé.
« Si j'avais su, j'aurais commencé par vous appeler. Ça fait deux semaines que je tente un tas de trucs avec le vendeur de vélos et une étudiante en théologie pour récupérer nos pokémons. Enfin, au moins vous avez récupéré le laporeille de l'interne en médecine qui bosse ici.
-Quel pokémon a été kidnappé ? S'enquit Pierrick.
- Mon nosférapti et mon cornèbre. Me reste que mon méditikka. Mais il est beaucoup plus fort que quand je vous ai affronté.
- Bien, bien. Ça devrait aller alors. Aurore, tu crois que tu t'en sortira ?
- Je vais m'entraîner dès que j'ai fini de manger. Il va bien falloir faire avec, on a pas plus de temps. »
En effet, je finis rapidement mon assiette et me levai. J'appelai Syrius, qui me suivit sans rechigner. Je compris alors que mon pokémon était d'une nature plutôt docile.
Le scannant avec mon pokédex, je vérifiai quels mouvements il était susceptible de connaître, puis nous nous mîmes à l'entraînement.
Il avait une bonne vitesse, une sacré mobilité malgré le manque d'équilibre provoqué par la petitesse de ses pattes avant, et était totalement incapable d'effectuer des pirouettes trop acrobatiques. Cependant, il compensait par une capacité sans égale à négocier les virages à pleine vitesse ou à garder un adversaire devant lui, ainsi que d'une force assez impressionnante. Quand il explosa une rocher d'un coud'boule, je me rendis compte que Pierrick aurait très bien pu me battre en quelques secondes si je n'avais pas été autant préparée.
« Al, tu comptes rester là toute la nuit ou quoi ? Viens dormir ! »
J'écoutai le conseil de Barry et rentrai. Ally s'était installée dans le lit sous la fenêtre, me laissant le plus proche de la porte. Elle dormait à moitié, roulée en boule. Dans son dos était étendu le roserade, tandis que son kadabra était affalé au pied du lit. Je laissai Syrius hors de sa capsule. Il eut l'air de chercher sa place, évita soigneusement la place que prenait habituellement Riker, contre mes jambes, comme s'il savait qu'elle était occupée, puis décida finalement de s'entendre de tout son long sur le sol, sa tête au niveau de la mienne.
Le lendemain, je me levai à l'aube et manquai de trébucher sur lui, le réveillant. Nous avalions quelques baies et sortions nous entraîner, jusqu'à ce que vers neuf heures et demie tout le monde soit debout et totalement prêt.
Nous nous sommes alors rendus au point de rendez-vous.
Le premier arrivé fut l'interne, accompagné d'un lockpin qui alla gratifier Sara d'un câlin. Vint ensuite une adolescente peut être un peu plus âgée que moi, qui faisait tourner nerveusement entre ses doigts une soin ball. Victor nous expliqua qu'il s'agissait de l'étudiante dont il nous avait parlé. Elle avait une voix aiguë et s'appelait Mona. Elle fit sortir de la capsule un pichu au joues crépitantes d'électricité statique.
Arrivèrent par la suite une dizaines de personnes, dont la moitié d'entre eux avait plus de quarante ans. Une femme replète à l'allure inquiète semblait les mener. Les autres étaient de jeunes adultes. Globalement, le petit groupe que nous formions mes amis et moi étions les plus jeunes.
Le coup de départ fut donné par l'arrivée d'une femme d'une vingtaine d'années en short taillé dans un jean déchiré et débardeur moulant son corps ferme et musclé.
« Bonjour tout le monde, et merci de vous être mobilisés ! Aurore, Barry, c'est bien ça ? demanda-t-elle en se tournant vers nous.
- Oui ! Répondîmes-nous de concert
- Je suis Flo, championne de cette ville. Vous savez pourquoi vous êtes là ? Ok ! Alors, qui prend les rennes ?
- Il vaut mieux demander à Aurore ce qu'elle compte faire, répondit le champion de Charbourg en remontant ses lunettes.
- Dans ce cas, explique et parle fort ! »
J'acquiesçai puis m'avançai d'un pas, me raclant la gorge pendant que les visages se tournaient vers moi.
« Mon plan est plutôt simple. L'idée serait de créer deux groupes. Le premier attirerait un maximum de membres de la Team Galaxie hors du bâtiment, pendant que le second rentrerait en force. Une fois dedans, quelques personnes empêcheraient les gens de renter pendant que les autres fouilleraient le bâtiment. Quant à la commandante, je compte sur toi, Pierrick, pour t'en occuper. Flo, vous croyez que vous pourriez vous occuper du groupe extérieur ?
- Yes ! Sans problème !
- Ok, on fait les groupes alors ! »
Très vite, deux masses se formèrent. Mon groupe, mené par le champion de type roche, comptait Barry, Mona, Victor, la femme replète de tout à l'heure ainsi qu'une fille qui semblait avoir le même âge que Mona, aux cheveux courts et portant haut à pois. Sara et Aline (sur notre conseil) faisaient partie du groupe mené par Flo.
Le premier groupe a approché l'inquiétant bâtiment. Le lockpin de l'interne utilisa une attaque tonnerre de concert avec le pachirisu d'un homme en veste de cuir cloutée. Sara encourageait Méryl à lancer des bomb'oeuf qui fissuraient la façade. Très vite, des personnes en uniformes sont sortis. Ceux qui restaient jusque là inactifs ont commencé à combattre à grand renfort d'attaques aussi bruyantes que débordantes – un pijako voletait en utilisant mégaphone à tout va, Absinthe étendait ses racines jusqu'à percer le bitume et Houdini faisait exploser ses attaque puissance cachée comme s'il s'agissait de feux d'artifices. De plus en plus de sbires se joignaient à la mêlée, et quand Flo jugea qu'il y en avait assez, elle sonna la retraite et tous se dispersèrent en groupes de deux ou trois, courant chacun vers des directions opposées, poursuivis par les membres de la Team.
Je donnai alors le signal de départ, et nous courûmes à toute vitesse vers le bâtiment. Renversant un ou deux sbires plantés là, nous passâmes les portes et les refermions dans un claquement.
« Avancez, je garde la porte ! Annonça la fille au pull à pois »
Elle matérialisa un mélodelfe qui scella aisément la porte grâce à psyko, ainsi qu'un Nymphali et un reptincel qui se placèrent près d'elle, prêts à la défendre.
Il y avait deux escaliers. Avec Barry et Mona, nous avons pris celui de droite, tandis que Vicky, Pierrick et la femme ont escaladé l'autre.
Au premier, deux femmes nous bondissent dessus, armées de magnétis. Le pichu de Mona se jette devant eux, et créant un champ électrique, les propulse contre le faux plafond, auquel il restent collés. Weevy éclaboussa en même temps les deux sbires, qui prirent une décharge juste assez puissante pour les assommer de la part de la souris électrique. Nous avons traversé l'open space à vive allure, ne trouvant rien d'intéressant dans des piles de papiers et des ordis.
Au second la défense adverse s'était organisée.
Une rangée serrée de nosféraptis nous accueillit avec des ultrasons et Barry, en tête, s'écroula avec un rugissement, les mains sur les oreilles, manquant de tomber du haut de la dernière marche.
J'ai appelé Syrius.
« Écoute, tu vas foncer droit devant toi en utilisant coud'boule, ok ? Ensuite, tu frappe tout ce qui bouge et ressemble à un ennemi !
- Kraaaa !
- Barry, ton Boskara ! M'exclamai-je alors en me tournant vers mon ami.
- Ça… ça va pas être possible ! Paniqua Mona. »
Pâle comme une craie, Barry appuyait sur une de ses oreilles. Des gouttes de sang perlaient entre ses doigts, et ses yeux écarquillés menaçaient de se révulser. Je crus qu'il allait s'évanouir.
« Ramène-le en bas et dit à la fille aux cheveux courts de l'entrée de venir m'aider !
- O-oui ! »
Elle souleva mon ami comme elle pouvait, se mordant les lèvres d'un air paniqué. Je serrai les dents pour les empêcher de claquer, et d'un signe de tête ordonnai à mon reptile antique d'exécuter l'ordre que je lui avait donné plus tôt.
J'entendis une série de hurlements d'abord étonnées, puis douloureux, puis apeurés. Quand, dans un concert d'ordres divers, les ultrasons se stoppèrent, je bondit de la cage d'escalier.
« Syrius, le moufouette dans ton dos ! Utilise poursuite ! Coud'boule puis demi-tour et strido-son sur l'archéomire ! »
Exécutant mes ordres les uns après les autres, le petit dinosaure courrait, glissait, attaquait, se défendait de toutes parts. Certaines attaques, dans la confusion, n'atteignaient pas leur cible, et il devait rester près de moi pour ne pas que les sbires m'approchent. Dans mon état, si l'un d'eux voulait me neutraliser, je ne pourrais pas me défendre.
« Ok, laisse tomber le chaglam ! Fonce sur son dresseur, hurlai-je, changeant de stratégie. »
Reportant ses yeux rubis sur l'homme en question, mon nouveau coéquipier planta ses griffes dans le sol et se propulsa. Il le percuta, le projetant en faisant tomber la pokéball qu'il tenait.
« Maintenant, détruit sa capsule ! »
Il me regarda, une lueur étonnée dans son regard flamboyant, puis écrasa méticuleusement la boule de plastique bicolore.
Le félin argenté eut un spasme, stoppa aussitôt son attaque et préféra tout simplement quitter le champ de bataille, n'estimant rien avoir à y faire.
« Ouais ! Recommence sur les autres !
- Pas si vite ! Archéomire, extrasenseur sur la fille ! »
Le pokémon acier s'arrêta et ses yeux se teintèrent d'une lueur bleuté je grimaçai d'avance, quand un éclair rouge-orangé passa par-dessus mon épaule et une flamme frappa avec violence le plateau métallique, lui infligeant bon nombre de dégâts. Le reptincel qui venait de me sauver la mise enchaîna avec un draco-rage, envoyant valser le moufouette qui allait attaquer mon pokémon dans le dos.
« J'ai… pas...pff pff… mon mélodelfe ! Je te…couvre ! Me lança, essoufflée, la fille en arrivant.
- Merci ! Essaie de shooter les nosféraptis.
- Sans problème ! Nymphéa, Mégaphone ! »
Le vif félin dragée gonfla ses poumons puis émis un rugissement amplifié qui troubla les chauves souris. Complètement paniquée et perdues, elles se mirent à voler dans tous les sens, se cognant entre elles et aux murs. Le félin continua l'attaque jusqu'à ce que tous les adversaires volants soient au sol, sonnées. Pendant ce temps, le reptincel s'attaquait aux pokémons contre lesquels il avait l'avantage tout en protégeant le dos de Syrius, qui avait l'air de commencer à fatiguer.
Je le fis remarquer à la fille, dont le visage rond afficha une moue peinée.
« Je vais leur demander de t'ouvrir un passage, tu fonces au troisième et je garde les clowns ici. Y'a que trois étages, soit tu tombes sur les pokémons, soit sur rien. Dans tous les cas tu pourra t'en sortir seule, je pense.
- Ça me va ! Syrius, revient ! »
Le rayon écarlate le fit disparaître dans sa capsule, tandis qu'en à peine quelques secondes le reptincel créa un mur de flammes qui me permit de foncer à toute allure vers l'escalier, suivie de la fille aux cheveux courts.
Celle-ci se plaça devant la cage d'escalier et bloqua la porte de son corps après que j'y sois entré. La suite ne me parvint que par une série de bruits d'attaques.
Je déglutis nerveusement et soufflai. L'attaque éclair était efficace tant que l'on disposait de l'effet de surprise. Peut être aurait-il fallu une infiltration plus discrète pour ne pas alerter trop vite les troupes ?
« Non, ça aurait pris trop de temps à mettre en place pour un risque d'échec plus grand » soufflai-je en montant l'escalier marche par marche, la boule au ventre.
Je croisai les doigt pour que mon ami aille bien, et une boule se forma dans ma gorge. J'atteignis le palier et posai silencieusement ma main sur la porte. Yeux fermés, j'inspirai un grand coup. Une force m'apaisa.
« Riker ! »
J'entrai brutalement dans la pièce et pilai net.
Un grand bureau, des machines d'analyses, des cartons et quelques cages dans lesquelles se trouvaient des pokémons dans un état apathique.
Et appuyée nonchalamment sur le grand meuble de bois verni…
Silhouette longiligne moulée dans une tenue grise et noire, cheveux d'une teinte mauve retenus en une coupe extravagante, visage pointu de farfuret aux lèvres peintes en violet. Ses yeux lavandes lançaient des éclairs malgré l'expression neutre de son visage pendant qu'entre ses doigts roulait une capsule bicolore. La commandante se redressa, me toisant du haut de son mètre quatre-vingt.
« C'est ça que tu es venue chercher, peut être ?
- Lui et tous les autres. Rendez-nous nos partenaires. C'est tout ce que je vous demande.
- Sinon quoi ? Nous avons besoin de ces spécimens ! Évidemment, tu ne peux pas comprendre…
- Non, et j'en ai pas la moindre envie. Même si votre but était tout à fait honorable, votre manière de l'atteindre est juste…dégueulasse. »
Elle secoua la tête avec un air moqueur.
« Je me doutais que te répondrais ça. On dirait que je n'ai pas le choix. Rien de personnel, je n'ai juste pas envie que des...nuisibles dans ton genre entravent la bonne marche du plan. »
Elle serra la ball dans sa main et appuya sur le bouton de matérialisation. Riker apparut entre nous et ses yeux azur s'illuminèrent. Il allait sauter vers moi quand la femme sortit un petit boîtier et appuya sur un bouton. Mon ami à plumes se figea, et son regard perdit toute vie.
« Que…qu'est-ce que tu lui as fait ?!
- Tu ne vois pas la petite lumière entre ses cornes ? Bien obligée d'employer les grands moyens, il refusait d'obéir, expliqua la commandante d'une voix glaciale. Maintenant, prinplouf, débarrasse moi de cette intruse. »
Il esquissa une attaque griffe acier qui s'arrêta à quelques millimètre seulement de mon ventre. Son aile tremblait et je voyait à ses yeux plissés qu'il luttait. La commandante adopta un air encore plus dur et régla un petit bouton sur la manette. Riker perdit la lutte et je me jetai au sol juste à temps pour éviter un éclate-roc qui alla fracasser le carrelage en damier. Je me relevai en grimaçant, ayant pris appui sur mon mauvais bras, et sortis dans le même mouvement la pokéball de Syrius, l'envoyant devant moi.
« Syrius, ne le blesse pas ! Bloque ses coups, juste un peu de temps ! J'ai besoin de réfléchir… »
La bouche de la femme au corps androgyne se tordit en un rictus sardonique tandis que je sentis mon front se plisser. L'émetteur-récepteur se situait sur la tête de mon coéquipier, rendant l'accès difficile. De plus, la morphologie de Syrius ne lui permettait pas de l'arracher si facilement. Il était plus petit, et ses pattes antérieure trop courtes.
Il fallait que mon pokémon se penche, comme lorsqu'il utilisait griffe acier.
Soit l'attaque réservée aux adversaires les plus mobiles.
« Ok, Syrius, court ! Esquive et passe dans son dos ! »
Mon pokémon préhistorique esquiva ainsi plusieurs attaques, quand enfin Riker décida d'abandonner les éclate-roc à répétition pour utiliser griffe acier. Après que mon combattant sois passé dans son dos une énième fois, il se retourna et se pencha.
« Coud'boule, vite ! »
Syrius, réagissant au quart de tour, chargea Riker. Ils se percutèrent, tête contre tête, duel que mon prinplouf perdit. Il fut projeté un peu en arrière mais se rétablit rapidement d'un cabriole. Il secoua la tête, clignant des yeux, tandis que je vis les bouts d'émetteur tomber au sol.
« Ouais, je me doutais que ça arriverait, grinça la commandante. Tant pis. »
Elle attrapa alors deux pokéballs et envoya un nosférapti et un moufflair à l'air vicieux face à moi.
Riker se mit en place devant moi comme il l'avait toujours fit, et sembla en fin remarquer la présence de Syrius.
Il le regarda. Me regarda. Ses yeux se fixèrent sur la capsule accrochée à mon sac, juste à côté de l'emplacement de la sienne.
Il resta figé une seconde.
« Je t'expliquerai plus tard, bafouillai-je. Syrius est là pour t'aider ! »
Il eut un sursaut quand je prononçai le nom de mon nouveau coéquipier et ses yeux s'étrécirent, ses pupilles se contractant dangereusement. Je déglutis nerveusement, un mauvais pressentiment me retournant les tripes. Syrius me jeta un coup d'œil inquiet, ce qui n'arrangea pas l'affaire.
« Intéressant, fit la commandante avec un sourire cruel au coin des lèvres. Allez, vous deux, à l'attaque ! Tranche-nuit et Morsure !
Syrius s'élança pour bloquer le coup de moufflair et Riker prépaa une griffe acier. Il frappa son équiper dans le dos, le projetant violemment contre le mur du fond.
« Qu'est-ce que tu fais ?! Hurlai-je »
Il se tourna lentement, la fureur animant ses yeux, me faisant bien comprendre ce qu'il pensait de mon initiative, puis passa directement à l'attaque, utilisant écume pour repousser la chauve-souris. Il s'élança ensuite pour frapper la mouffette, qui esquiva d'un bond avant de contre-attaquer avec tranche nuit, visant le visage de mon oiseau polaire, qui se protégea en bloquant l'attaque de ses ailes. Le nosférapti en profita pour le frapper d'une morsure dans le dos, ce qui le surprit, lui faisant lâcher sa position. La griffe du moufflair le faucha aussitôt, frappant sur la marque blanche de son bec.
Le prince des banquises, sonné, se retrouva projeté contre une cage. Le moufflair bondissait déjà, près à le lacérer.
Il fut fauché en plein vol par un violent coud'boule de Syrius, qui dérapa pour s'arrêter pile devant son coéquipier et lui rugir dessus, le regard sévère. Riker bondit sur ses pattes et lui renvoya la pareille, l'air perplexe. S'ensuivit une sorte de discussion animée qui m'étonna fortement, le dinosaure ayant l'air de gronder mon starter.
Quand le nosférapti piqua dans le dos de mon pokémon roche, mon pingouin bondit et l'assomma proprement d'une éclate-roc en pleine face, qui me fit légèrement penser à un joueur de base-ball marquant un home run. Avec un petit cri suraigu, la pauvre créature aveugle alla s'écraser contre le mur opposé, sur lequel elle rebondit avant d'atterrir dans un carton qui traînait là.
Riker regarda son équipier et hocha la tête, avec un regard déterminé que Syrius lui rendit en l'imitant.
Alors, comme s'ils avaient toujours combattu côte à côte, ils s'élancèrent droit vers le moufflair. Plus rapide, Syrius passa dans le dos de l'affreux pokémon poison, l'envoyant droit vers Riker grâce à coud'boule; ce dernier le rattrapa au vol et l'envoya encore plus haut d'un jet d'eau particulièrement puissant. Ils se placèrent ensuite à côté pour le voir tomber devant la femme longiligne, inerte et trempé.
Elle avait le visage figé dans une expression étonnée, et je crois que je devais avoir la bouche bée.
« M-Mais… Ah ! C'était pas du tout prévu… » bredouilla la commandante en perdant ses moyens. Elle se secoua et se reprit toutefois bien vite. « Je comptais te battre à la loyale, mais tant pis ! »
Elle poussa une pile de papier sur son bureau et dégagea un bouton rouge qu'elle pressa avec un air victorieux.
« Maintenant les renforts vont arriver ! Tu es faite comme un ratata ! »
Une seconde passa. Puis deux. Puis un silence gênant s'installa avant que des bruits e pas se fassent entendre.
La femme perdit vite son sourire quand elle reconnut les personnes qui poussèrent la porte.
Pierrick, entouré de ses pokémons, entra dans la pièce, suivi de près par tous ceux de mon groupe, excepté Barry. Il la fixa droit dans les yeux, l'air menaçant, et lança :
« Tes sbires ne viendront pas, ils sont tous retenus en bas et hors-course. Rends-toi et libère les pokémons.
- …Tu te crois malin, champion, cracha la femme aux cheveu mauves, mais tu finira par venir nous supplier à genoux un jour ou l'autre ! »
Et, sans autre mot, elle matérialisa un abra qui utilisa téléportation, s'éclipsant dans un flash.
« Merde ! Hurla le champion. » Il inspira un coup, puis ajouta, plus calme : « Bon, au moins on ne la reverra pas dans le coin, c'est déjà ça de pris.
- Mais maintenant, qu'est-ce qu'il va se passer ?! S'indigna Mona. Je suis sûre qu'ils vont continuer leurs affaires et ça va être encore plus dur de les affronter ! Ils vont se méfier !
- Si tu veux mon avis, l'intervention d'aujourd'hui les rendra plus méfiants, mais guère plus prudents. On aura toujours l'occasion de les arrêter plus tard, au moins, maintenant on a des preuves.
- Oh…
- Ne t'en fais pas, moi aussi je suis déçu, approuva le jeune homme à lunettes.
- Bon, peut être qu'il vaudrait mieux les libérer en vitesse, s'impatienta Vicky. »
Tout le monde approuva, et en un tournemain ils chargèrent pokémons et pokéballs.
Finalement, l'attaque surprise avait bien duré une longue heure éprouvante, autant physiquement que moralement.
Mais la journée était bien loin d'être finie.
Et voila ! ça vous a plu ? comme dit plus haut, ça été la croix et la bannière à écrire, mais ça n'en était pas moins déplaisant ! a dimanche prochain !
