Helloooo tout le monde ! Aujourd'hui, un chapitre a la narration légèrement différente ;)

J'espère que ça vous plaira ! Bonne lecture !


Je suis le premier à me lever ce matin-là. Je descend du matelas doucement pour ne pas réveiller l'humaine – qui répond au nom d'Aurore – et Riker. Moi, je dors en boule au pied du matelas et lui, comme c'est le chef, il se réserve le droit de dormir près de sa tête. Même que parfois il lui sert de coussin.

Ma dresseuse, elle se lève plus tard que moi, mais plus tôt que les deux autres qui partagent la chambre avec nous. Comme presque tout le monde est dehors de sa pokéball, c'est un peu le bazar.

« Déjà levé, Syrius ?

- Je pourrais te retourner la question, Fencer. »

Le boskara baille et montre son maître qui dort sur le ventre, un bras dans le vide, en bavant sur Weevy qui lui sert de couverture. La véritable couverture, elle est par terre parce que Speed s'est enroulé dedans.

« Il va pas tarder à se lever. Le soleil est déjà haut, c'est étonnant que ton humaine soit pas déjà dehors.

- C'est passkessé d'maaaaaanche, dit Riker toujours à moitié endormi. Elle fait t'jours ça l'dimaaaaanche. »

Je penche la tête sur le côté parce que je comprend pas vraiment. Je suis arrivé à peine quelques jours plus tôt dans l'équipe. Je me souviens surtout d'un scientifique qui m'enfermait dans ma ball pour me donner à mon humaine. Du coup je connais pas ses habitudes. Je sais juste qu'elle aime beaucoup Riker, et qu'elle a l'air de m'aimer aussi. Elle est gentille, peut être un peu trop parfois.

Moi je l'aime bien.

« D'ailleurs, faut que je te demande un truc. Eh, tu m'entends ? Rikeeeeer !

- Laisse-moi dormiiiiiiiiir…

- Allez quoi !

- Pfff. Quoi ?

- Ah ! » m'exclamé-je en me rapprochant du matelas. Il se lève et s'assoit, l'air encore brumeux. « Pourquoi tu veux pas qu'on ait d'autres copains ? Hein ? Hein ?

- Oh, tu sais Syrius, la question ne se pose pas, ce prinplouf a toujours été un gros asocial, intervient le boskara d'un ton un peu moqueur.

- N'importe quoi Fencer ! Et toi, le bleu, réfléchis un peu ! On est tout à fait capable d'être les meilleurs ! On a besoin de personne ! Et puis…imagine un peu qu'elle nous remplace !

- Mais elle le fera pas ! Elle est gentille Aurore ! »

C'est vrai que ça m'inquiète un peu, ce qu'il dit. Mais mon humaine, elle a l'air tellement gentille, pourquoi elle nous abandonnerait ?

C'est ce que je dis à Riker. Il hausse les épaules, ce qui avec ses ailes donne un résultat plutôt marrant, puis répond :

« On sait jamais. Et puis ça l'embête, c'est rigolo de l'embêter !

- Non, c'est méchant ! On pourrait avoir plein de super copains comme les autres ! Pas vrai Fencer ?

- Oui, c'est vrai que c'est sympa de voyager en groupe. Tu le sais très bien en plus, vieux brigand, vu qu'on était tout le temps tous les trois.

- Explorer un labo, c'était pas vraiment du voyage, fait Riker avec une moue boudeuse. Et puis…

- Et puis ? Et puis ? M'exclamé-je.

- Rien du tout.

- Allez, avoue le ! Souffle le pokémon plante avec un petit rire grave.

- Avouer quoi ?

- Que tu es un gros jaloux et que tu voulais la garder pour toi tout seul, ton humaine ! Tu sais Syrius, Riker c'est un gros jaloux ! C'est parce qu'il est trop fier.

- Fencer, arrête !

- Hé dites donc, vous faites un sommet ou quoi ? Vous voulez sortir ? »

Nous sursautons et nous tournons vers Aurore, qui s'étire en baillant. Elle se glisse en dehors de son lit et frotte la tête de Riker, puis la mienne.

« Je vais me laver, ne faites pas trop de bruit. » nous conseille-t-elle en prenant ses affaires.

Elle sort et ferme la porte doucement, non sans nous adresser un sourire. Je frissonne.

« Je comprend pas les humains, à se mettre sous de l'eau tous les jours.

- C'est pour être propre, ils ont pas la peau comme nous, explique Fencer.

- Et puis l'eau c'est agréable, mais eux ils la préfèrent chaude, c'est ça qui est bizarre, conclut Riker.

- Je les comprend, le froid c'est pas top.

- C'est mieux que le chaud. D'ailleurs, je suis content que l'été se finisse enfin !

- Non, c'est nul. L'automne c'est mauvais pour les feuilles. Trop humide…

- Bon, tous les deux, vous pouvez pas parler du temps ailleurs, je voudrais bien dormir s'il vous plait ! Feule Volt depuis l'autre bout de la pièce. »

Le luxio dort tout au bout du matelas, étendu en travers, la queue balançant doucement dans le vide. Chimpenfeu dort la tête appuyée contre son flanc, enroulé autour du mélofée, le tout forme un espèce de gros bloc de fourrure au pied de leur dresseur, en position fœtale dans sa couverture.

Mes deux amis s'excusent en ronchonnant et continuent leur petite discussion en chuchotant. Ça se voit qu'ils sont copains depuis longtemps. C'est un peu comme ma dresseuse et son ami blond, le maître de boskara. Ils se disputent beaucoup mais ils ont l'air de se connaître depuis toujours.

Finalement, au bout d'un moment, Aurore revient. Elle a changé de pelage. Je crois que les humains appellent ça « vêtements ». Elle met quelque chose de différent tous les jours, mais la nuit elle a toujours le même ensemble bleu en tissu tout doux, qui laisse apparaître son ventre quand elle s'étire. Je crois qu'elle appelle ça « pyjama », le nom ressemblerait presque à celui d'un pokémon.

Je la trouve plutôt jolie, mon humaine. Elle a des cheveux très épais, coupés n'importe comment, qui accrochent la lumière. Pas aussi clairs que ceux de Barry, mais leur couleur rappelle un peu celle du miel. C'est bon le miel. Et puis elle a des yeux bleus, comme Riker. Sauf que les siens, ils sont tout doux, tout calmes comme un lac. Ceux que Riker, on dirait une mer déchaînée. La mer, ça mouille, j'aime pas ça. Et puis Aurore elle sourit beaucoup. Quand elle m'a récupéré, avant qu'on sauve Riker, elle souriait pas trop, ça lui allait pas. Elle avait l'air un peu malade, déjà qu'elle a la peau très pâle ! C'est un peu bizarre, la peau des humains. C'est tout clair, tout fin, tout doux. Un peu trop fragile.

« Qu'est-ce qu'il y a, Syrius ?

- Rien, rien ! »

Elle me gratte le menton, là où j'aime bien, mais je crois qu'elle a pas compris ma réponse. Nous, on comprend ce que disent les humains, mais pas l'inverse. C'est parfois embêtant, mais j'ai l'impression que mon humaine se débrouille plutôt bien avec ça. En tout cas, elle devine à chaque fois ce à quoi pense Riker.

Elle attrape nos pokéballs et dégage sa frange de ses yeux, puis pose son sac sur la table de chevet, et enfile ses baskets. Elle écrit quelque chose sur un petit papier et le met sur la table de son ami.

« Vous venez ? On va manger. »

Riker et moi, on hocha la tête.

« Tu viens ? Je demande à Fencer.

- Non, je préfère attendre mon dresseur. Quand je suis pas avec lui, il fait tout trop vite et oublie la moitié des choses, une vraie catastrophe. »

On ricane un peu, puis Riker bondit près d'Aurore, et je le suis. Elle ferme doucement la porte et nous allons dans la grande boite aux portes métallique, « ascenseur ». La première fois, ça fait tout drôle, mais maintenant on est habitués.

Nous allons vers la cantine, et nous installons sur une table dans un coin. Je mange quelques baies qui me faisaient envie pendant que Riker se moque de notre dresseuse, qui casse des petits carrés bruns en les tartinant avec de la pâte jaune.

« C'est quoi ? Dis, dis, c'est quoi ?

- Des biscottes. Elle les casse toujours !

- Ça a quel goût ? Demandé-je, curieux.

- Je sais pas, avoue Riker. »

Il se tourne alors vers elle et pointe la biscotte en lui posant la question. Elle lève un sourcil curieux, hésite, puis finalement la lui tend. Je me met alors a trépigner, et elle fait de même pour moi avec un petit rire.

J'aime bien quand elle rit. C'est pas cristallin comme le rire de la fillette avec un abra, ni tonique comme celui de Barry, ni même doux et timide comme celui de Louka. C'est un son rassurant, peut être un peu ridicule sur les bords, mais chaleureux.

J'ouvre la bouche et elle me tend le petit carré couvert de pâte. C'est croustillant, pas mauvais. Mais ça vaut pas les baies. Riker, par contre, à l'air de beaucoup apprécier.

« Sans le truc jaune, ce serait bien meilleur, affirme-t-il. »

Je hoche la tête et continue de manger en silence, préférant les observer. Riker s'amuse à embêter Aurore, et vice-versa. Au bout d'un moment, l'humain à rayures vient s'asseoir avec nous. Speed l'étourmi vient se percher sur ma tête.

« Joli chapeau, kranidos. » Commente Flame la ponyta.

Comme elle prend pas mal de place, elle s'installe au bout de la table, près du mur. Boskara se couche aux pieds de son humain.

Barry, il est toujours plein d'énergie, et jamais coiffé. Ses cheveux en pétard forment une auréole autour de sa tête, et avec sa peau très blanche qui renvoie la lumière, ses yeux qui ressemblent à deux flammes et les drôles de tâches oranges sur sa figure, le mot qui le qualifie le mieux serait « solaire ». Comme un solaroc.

Le troisième, Louka, il est un peu mou en comparaison. Il a des cheveux noirs et des yeux sombres un peu tombant, et la peau d'une jolie nuance entre le brun et le doré. Il parle pas très fort et rougit parfois, mais être à côté de lui c'est reposant. En fait, c'est un peu un Fencer humain.

Quand il arrive, il demande aux deux autres :

« On fait quoi aujourd'hui ? »

Ma dresseuse et son ami ont l'air de réfléchir. Finalement, l'humain à rayures dit :

« Tu proposes quoi ?

- J'aimerais bien faire un tour à la salle de concours. Ce serait un bon endroit pour remplir le pokédex.

- Et tester un nouveau style de dressage ! Ajoute Aurore.

- Bon, on fait ça alors ! Conclut Barry en se levant. »

Un peu plus tard, on se retrouve devant un immense bâtiment en pierre, avec des colonne impressionnantes et un dôme. Nous passons les grandes portes de bois gravé pour nous retrouver dans un hall carrelé. J'aime pas le carrelage, parce que je glisse un peu dessus. Il y a beaucoup de monde. Au comptoir, il y a une femme avec un chaglam et un noctali, qu'Aurore semble reconnaître.

Je le sais parce qu'elle s'est raidie et que Barry a souri, alors que Louka a adopté un air confus.

« Maman !

- Aurore ? Ça alors ! Je croyais que tu étais encore à Vestigion ! Oh, ça me fait plaisir de te voir. Mais…Ton bras ! Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

- Une longue histoire, maman ! Je te la raconterai plus tard… T'es venue assister à un concours ?

- Oui, plus ou moins. Ce concours, c'est celui des jeunes talents. Ils m'ont appelé pour faire partie du jury, tu sais, vu que je suis un ancienne coordinatrice.

- C'est vrai ça ? S'exclame Barry.

- Oui, ma mère a même gagné deux fois le Grand Festival d'Hoenn et trois concours catégorie Master ici. »

Exclamation admirative des deux garçons, pendant que la maman d'Aurore salue en rigolant. Louka se présente rapidement, puis la femme se tourne vers sa fille.

« Alors ma chérie, je vois que ton tiplouf a évolué !

- Ouaip, et voici Syrius.

- Oh, salut toi ! »

Elle me frotte la tête avec un sourire. Elle a le même que celui de ma dresseuse, et les mêmes yeux aussi. Elle est brune, avec une sorte de grosse pince rose qui retient des cheveux sur le côté.

« Vous comptez participer ?

- Je sais pas, je suis pas sûre de…hésite Aurore.

- Tut-tut-tut ! Enfin, c'est un concours niveau débutant, ça ne te coûte rien d'essayer ! Et vous aussi les garçons ! En plus Louka, je vois que tu as un mélofée, ces pokémons ont tendance à beaucoup plaire !

- Mais enfin maman je ne-

- Oh, je sais ! Tu as besoin d'une jolie robe, c'est ça ? Ne bouge pas, j'en ai une pour toi ! A la base je l'avais prise pour moi, mais je pense que ma tenue de ville devrait faire l'affaire, après tout je suis juste jury, marmonne-t-elle.

- Ingrid, on a jamais fait de concours, je suis pas sûr de vouloir commencer aujourd'hui. On voulait juste jeter un œil, à la base.

- Vous êtes vraiment pas marrant les enfants. En plus ça vaut le coup, le premier prix est un œuf ! »

Nous sommes dans le vestiaire. Aurore a fait un espèce de chignon compliqué sur le haut de sa tête, retenue avec des pinces et un ruban. Elle a légèrement recoupé sa frange qui lui tombait dans les yeux. Riker râle depuis tout à l'heure à cause des paillettes dans ses plumes, et moi mon nœud autour du cou me gratte un peu. Ma dresseuse arrange les plis de sa robe. Elle est rose pâle, serrée sous sa poitrine et évasée. Elle s'arrête au niveau du genou et vole à chaque pas. Elle a galéré à serrer un truc qui s'appelle « corset » et qui lui serre le haut du corps. Je ne comprend pas pourquoi elle le met, si c'est pas confortable.

« Bon, les chaussures vont pas. Tant pis. Ça va vous deux ?

- Enlève-moi ces trucs ! Hurle Riker.

- Arrête un peu de râler et je te jure que si tu fais exprès de foirer ton numéro, je te prive de dîner ! »

Prinplouf déglutit, et hoche la tête. Moi je dis rien, mais j'essaie de me gratter. Aurore le voit et desserre un brin le nœud, me frottant le cou.

« C'est mieux comme ça ? »

Je confirme et lui donne un petit coup de tête dans la jambe, la faisant rire. Une femme entre alors dans le vestiaire plein. Elle a un costume noir et blanc, et un casque avec un micro. Elle semble sur les nerfs et consulte une plaque en carton avec des feuilles.

« Mademoiselle Sixwicks ? C'est à vous ! »

Aurore s'avance sur la scène et saisit ma ball. Je l'entend murmurer quelque chose, mais impossible de savoir quoi. J'ai pas l'ouïe assez fine.

« Allez, go ! »

Riker atterrit avec une pirouette et commence à créer un tourbillon de bulles tout autour de moi. Je panique un peu mais me ressaisit rapidement. Je peux leur faire confiance. J'entends Aurore me demander d'utiliser poursuite, ce que j'exécute. Je fonce à travers le mur de bulles, le fendant en deux, et permet à prinplouf de prendre appui pour bondir et exploser le mur d'eau d'une attaque griffe acier tournoyante. Le tout explose en paillettes, et avant que mon ami n'ait le temps d'atterrir, je lance une attaque pouvoir antique, faisant tournoyer les roches brillantes à bonne distance du sol, tout autour de moi.

Riker prend appui sur l'une d'elle et saute de l'une à l'autre en les réduisant en fin débris à l'aide d'éclate-roc. Il se pose finalement un peu plus loin, tandis qu'Aurore avance dans le nuage de cristaux tourbillonnants. Riker lance tourniquet au milieu du nuage, et alors chaque petit bout de roche se met à briller comme un diamant, renvoyant des lumières de toutes les couleurs.

Sa robe volette doucement et elle lève les bras dans un geste gracieux tandis que Riker lance une dernière attaque écume, qui fait exploser le nuage en deux formes brillantes et scintillantes qui s'étirent dans le dos de ma dresseuse comme deux ailes d'ange.

Le temps se fige jusqu'à ce que tout se soir volatilisé. Alors, nous saluons et le public applaudit. Un rayon rouge m'éblouit légèrement, et je me retrouve dans la chaleur de ma capsule.

«Bien joué, Al, mais pas aussi bien que moi, lance Barry dans les coulisses.

-On verra ça aux résultats, tête d'étourmi ! Réplique Aurore en tirant la langue. »

Ils se lancent alors dans un concours de grimace, ce qui fait rire Louka, un peu pâlichon.

« Il stresse, explique Mello. Rien à faire pour le calmer. Joli numéro, tous les deux.

- Merci, dit-je, j'espère que vous allez vous en sortir aussi !

- Ne t'en fais pas pour ça, on gère, intervient Gazer. Volt maîtrise, quand il s'agit de faire des étincelles ! »

Le luxio grogne mais ne répond pas, préférant donner un petit coup de museau dans le dos du chimpenfeu.

La femme, l'air encore plus sur les nerfs que tout à l'heure, entre alors pour les appeler.

Sur scène, Mello fait équipe avec Volt. Il utilise par ici pour attirer tous les arcs électriques que crée son coéquipier, formant une toile dans l'air, qu'elle brise ensuite grâce à torgnole. Les étincelles sont ensuite repoussées grâce à hurlement, allié à berceuse. Les ondes sonores font voleter les particules et crée des motifs psychédéliques. Enfin, luxio se place au centre et utilise une attaque éclair à pleine puissance, et le rayon lumineux s'envole vers le dôme en transperçant toutes les petites particules qui tombent en poussière, formant un tourbillon.

Au bout d'un moment, une fois que tout le monde est passé, nous nous rassemblons autour d'un écran. Des visages apparaissent peu à peu.

Une adolescente portant des lunettes rouges, avec un miaouss et un pikachu.

Un garçon d'une vingtaine d'année, avec un ectoplasma et un sancoki.

Une brune avec des cheveux très courts et un nez pointu, avec un pachirisu et un poissirène.

Louka.

Une métisse aux yeux d'un vert éclatant, accompagnée d'un ceriflor et d'un éoko.

Un garçon au visage maigre arborant un sourire en coin, avec un pijako et un marill.

Aurore.

Et enfin…

Une fille toute bouclée, accompagnée d'un rondoudou et d'un girafarig.

« Je…je… Balbutie Barry.

- Tu fera mieux la prochaine fois, dit Louka, rassurant.

- Ouais, les concours c'est pas pour moi. Mais faites moi plaisir les gars, évitez de perde au premier tour. Surtout toi Aurore, c'est des combats après tout !

- Les règles sont pas tout à fait les mêmes, mais je ferai de mon mieux. N'est-ce pas vous deux ?

- Ouiiiiii, avons-nous répondu en chœur. »

Il ne fallait pas obligatoirement mettre K.O. l'adversaire. Il fallait en vérité utiliser le contexte du combat pour montrer tout ce dont on est capable. Ça plaisait déjà plus à Riker. Moi ça m'allait, j'avais plus de ruban.

Nous avons d'abord affronté la fille bouclée. Son rondoudou était extrêmement gracieux, ce qui lui fit gagner beaucoup de points, heureusement rattrapés par la maladresse du girafarig. De nous deux, c'était moi qui faisait le plus de dégâts, mais prinplouf qui ramassait le plus de points.

Nous avons gagné de peu, et Louka a fait de même contre son adversaire, la brune qui ressemblait à une elfe.

Le garçon avec un ectoplasma et la métisse ont eux aussi gagné leur combat. Notre prochain adversaire était cette dernière.

Son ceriflor surtout pose problème. Chacune de ses attaque peut être super efficace. Comme j'ai une attaque ténèbre, c'est moi qui m'oppose principalement à l'éoko. J'utilise pouvoir antique, qu'il détourne avec ses pouvoirs psychiques, faisant perdre des points à mon équipe. Heureusement, Riker trouve le moyen de rattraper le coup quand les roches foncent sur lui, en les fendant avec griffe acier avant de prendre une pose fière. Pendant ce temps, le ceriflor lance feuillemagik dans la direction de mon ami, et je saute pour lancer un autre pouvoir antique, qui absorbe l'attaque. Cette dernière crée alors un tourbillon de feuilles et de diamants, et grâce à mon élan, j'arrive à me poser en plein milieu, profitant de l'effet pour gagner encore quelques points.

Aurore me félicite, et je me rends compte que cette initiative venait totalement de moi. Je lui souris comme je peux.

À la fin du temps, alors que l'arbitre annonce notre victoire, Riker me donne un petit coup d'aile dans le dos.

« Bien joué, le bleu ! Tu commences à te battre comme moi, c'est bien.

- Hein ? Fis-je en penchant la tête.

- Ça veut dire que tu t'adapte au style de combat d'Aurore. Quand un dresseur et un pokémon s'accordent sur le style de combat, on devient plus fort, explique-t-il avec un air savant. C'est pour ça que j'accepte d'y obéir, parce qu'elle se débrouille bien au niveau de la stratégie. »

Je cligne de yeux et hoche la tête. C'est vrai que pour le moment on a pas perdu beaucoup de combats. Si Riker la respecte, c'est qu'Aurore doit faire du bon boulot.

Le combat de Louka se clôt peu après, sur sa défaite. Il a l'air peu déçu. Mello semble énervée, et Volt est égal à lui-même – c'est à dire qu'il s'en fiche. Notre dernier adversaire est donc le garçon un peu plus vieux que ma dresseuse, dont l'équipe comprend un ectoplasma et un sancoki.

Nous prenons place sur le terrain. Le garçon relève les manches de sa chemise. Il a un sourire confiant, et ses yeux noisette nous toisent quelque peu. L'ectoplasma arbore une expression similaire, tandis que la petite limace bleue semble grimacer.

Nous nous plaçons sur nos gardes. Mon adversaire attitré est le pokémon spectre.

Le sancoki exécute le premier mouvement, une attaque vibraqua qui se divise en plein de petits cercles grâce à une attaque psyko d'ectoplasma. Nous esquivons facilement, mais perdons quelques points. Riker a alors l'idée d'utiliser un jet d'eau pour se projeter, et Aurore me dit de créer un agglomérat de roche grâce à pouvoir antique. La boule de roche brillante se forme dans les airs et Riker se pose dessus pour rebondir, lançant un jet d'eau le plus bouillant possible. Une épaisse brume se forme alors sur le terrain, perdant les adversaires. J'en profite pour lancer grimace. Un visage se forme en format gigantesque dans les volutes de fumée, effrayant les adversaires tout en leur faisant perdre leur avance.

Quand enfin la fumée tombe, nous récoltons encore d'autres points : une énorme boule de cristal brillant comme un diamant flotte au-dessus de ma tête. Riker, dessus, la brise d'un puissant éclate-roc, lancé après une petite pirouette pour la forme. Des éclats de diamant se détachent alors, agissant comme des milliers de prismes. Je reprend alors le contrôle de l'attaque et la dirige contre nos adversaires.

L'esctoplasma esquisse un psyko pour détourner les éclats, mais il n'a pas le temps de la lancer parce que prinplouf lui envoie un jet d'eau en plein dans les yeux. L'attaque atteint les adversaires, explosant en poussière d'étoile et nous faisant récupérer un sacré paquet de points.

Le sancoki se remet en premier et contre avec danse-pluie. Un épais nuage se forme et les gouttes tombent en tourbillonnant sur le terrain. Ectoplasma se met alors à produire une brume noirâtre augmentée par le temps, et se fond dedans. Se forme alors une silhouette géante de lui-même, qui se fond dans les nuages. Il abat alors sa patte vers moi, et j'esquive de peu, mais nous perdons des points.

« C'est quoi ça ?!

- Ombre nocturne, je crois, répond Riker. La prochaine fois essaie plutôt de le mordre. »

Je hoche la tête et regarde la silhouette géante qui se redresse. Le sancoki à ses pieds protège le spectre d'un siphon. Je m'immobilise, attendant qu'il abatte à nouveau sa main. Quand il le fait, je bondit un peu sur ma droite et me jette sur ce qui ressemble à un doigt, l'agrippant le plus fort possible. L'ombre rugit et se dissout aussitôt, et Riker profite du nuage de fumée pour lancer griffe acier. Dans le nuage, on voit seulement des flash métalliques, puis un tourbillon de bulles commence à se former. Les sphères d'eau absorbent peu à peu le smog, se teintant de différentes nuances de noir, gris, mauve et autres teintes violacées. Au centre du tourbillon de sphères se tient Riker, qui les fait flotter dans les airs en formant des figures compliquées. Enfin, ils les envoie sur les adversaires, mais cette fois ectoplasma les renvoie en l'air grâce à psyko. Saisissant ma chance, je lance pouvoir antique pour les faire exploser.

Une fine pluie de cristal liquide nous tombe dessus tandis que l'arbitre siffle la fin du match.

Nous nous tournons alors tous vers le tableau. Les portraits d'Aurore et du garçon sont affichée.

Le score en-dessous défile. Les nombres se stabilisent.

Noir.

Puis l'écran se rallume sur le portrait de notre dresseuse et nous, surplombés d'une couronne.

J'entends Riker pousser un cri victorieux, et notre dresseuse nous saute dessus pour nous serrer dans ses bras. Je frotte volontiers ma tête contre sa joue. La joie me fait sourire bêtement.

La présentatrice vient nous voir et félicite Aurore, qui sourit très largement, les yeux brillants. Les trois membres du jury viennent à leur tour. Un homme d'un certain âge, portant un élégant costume et ayant une barbe blanche très bien taillée, serra la main de mon humaine, avant de saisir un ruban sur un coussin soutenu par le second membre du jury, un homme plutôt jeune aux cheveux longs attachés avec une cordelette rouge et négligemment jetés sur son épaule. Le vieil homme passa ensuite un ruban autour du cou de Riker, et un dernier autour du mien.

Enfin, la mère d'Aurore, qui avait noué ses cheveux en une tresse qui faisait une couronne autour de sa tête, s'avança pour lui mettre une boite transparente dans les bras. La boite cylindrique contenait un œuf rose orné d'une rayure plus foncée au milieu.

« Félicitations. Vous vous êtes débrouillés comme des pros, dit-elle.

- Veuillez applaudir notre gagnante, Aurore Sixwicks, originaire de Bonaugure ! S'exclama alors le jeune homme. Bravo, vous nous avez épaté. Un kranidos, c'est peu habituel en concours. Peut être aurons-nous l'honneur de vous voir au prochain concours dans la catégorie normal, ou même super. »

Aurore hocha la tête en souriant. L'émotion devait lui serrer le ventre, parce qu'elle n'arrivait pas a articuler autre chose que des remerciements.

Dans les coulisses, Barry sauta sur Aurore pour la serrer des ses bras, et ils se firent un câlin en sautant sur place, comme deux gamins surexcités. Louka se joint à eux, attirés par Barry.

« Je croyais que t'étais pas très tactile, marmonna Louka en riant.

- Sauf sur le coup de l'excitation, lança Aurore. C'est une tradition, dès qu'il se passe un truc cool il t'étrangle ! »

Ils partirent sur un gros fou-rire. Les pokémons des deux amis d'Aurore vienrent nous féliciter eux aussi, et Riker, qui portait la boite, jetait un regard perplexe à l'œuf.

« J'ai l'impression de m'être fait avoir, lâcha-t-il.

- Oh, enfin, arrêtes un peu ! Souffla Flame. Tu vas voir, tu va pouvoir lui apprendre plein de trucs au bout de chou, tu vas l'adopter en même pas deux secondes ! »

Riker grogna un peu, mais je sentais bien que c'était juste pour la forme : quand tout le monde a eu le dos tourné, il m'a semblé l'avoir vu sourire.


Voila voila ! Ou comment forcer un prinplouf récalcitrant à adopter un œuf de ptiravi !

N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez, et à dimanche prochain !