Bonjour les gens ! Désolée pour le retard ! Je vous donne le chapitre en échange de ma vie sauve !
Bonne lecture, et on se revoit dimanche prochain (ou pas) !
Unionpolis. Le soleil se couche et ses derniers rayons frappent de plein fouet le vitrail au fond de l'église, éclairant l'auréole majestueuse autour d'Arceus. Des éclats rouges, verts, bleus, jaunes frappent le sol et les murs de pierres dans toutes les directions, faisant briller les bancs de bois lustrés par l'âge, les yeux de verre des statues de plâtre, la coupe d'argent posée sur l'autel.
Celle-ci est remplie d'eau bénite qui scintille et forme des reflets dansants sur le haut plafond, du moins au endroit que la lumière atteint.
Le silence total, l'atmosphère mystique qui règne dans le lieu, la scène immense qui s'illumine devant moi, tout me coupe le souffle.
Sur le mur du fond s'étend le Mont Couronné, surplombé d'Arceus à l'aura flamboyante de mille couleurs. À la droite du mont, Dialga et à la gauche Palkia, face à face dans une attitude altière. Plus en dessous, dans ce qui semble être les racines de la montagne, des sortes de colonnes brisées, une forme noire aux ailes parcheminées semble endormie – ou emprisonnée – entourée de trois cristaux rouges. S'étendent ensuite deux sortes de voiles, un noir d'où émerge une ombre à la tête de fumée blanche, l'autre immaculé laissant apparaître un oiseau aux ailes rayonnantes. Pour les relier, une mers s'étend depuis le bas du cadre, en formant des vagues dans une impressionnant dégradé de bleu. Elle semble s'ouvrir autour d'une petite créature azur dotée de deux antennes, entourée d'une aura de lumière. Enfin, tout autour du décors, dans des cadres circulaires apparaissent les portraits stylisés d'innombrables pokémons de légende, dominés par une forme rose roulée en boule, Mew.
« Héééé ! Héééé Al ! Psssssst ! »
Magie brisée.
Je me retournai en préparant mon regard le plus mauvais possible, celui qui disait « Les mots me manquent pour te dire à quel point tu va mourir. » pour tomber sur le visage ennuyé de Barry.
« Qu'est-ce que tu veux ? Murmurai-je.
- Je m'ennuie ! C'est quand qu'on se casse ? »
Je soupirai, et me levai. Je lui fis signe de me suivre en silence, et tandis que je jetai mon sac sur mon épaule je vis du coin de l'œil Riker jeter la sacoche contenant la couveuse sur son dos. Il prenait grand soin de l'œuf, à croire que c'était lui qui l'avait pondu.
Une bourrasque de vent me fit frissonner quand nous sortîmes de l'imposant bâtiment de pierre.
« Ça commence à se rafraîchir, commenta mon ami. Va falloir changer de fringues. Je sens que mes économies vont y passer.
- C'est bientôt les soldes, serres les dents encore un peu. J'arrive pas à croire que t'avais pas prévu ça, quand même.
- J'ai fait mon sac vite, ok ? Je suis sûr que toi non plus t'as pas grand-chose, vu la taille du tien.
- Capsule de miniaturisation, répliquai-je en sortant une petite boite au couvercle mauve translucide. Ma mère qui me l'a passé. J'ai emporté pas mal de trucs. Je dois bien avoir une veste à te filer.
- Des vêtements de fille. Génial ! »
Ma bouche se tordit en un petit rictus moqueur pendant que je lui collai une pichenette sur la joue. Actionnant le mécanisme de la capsule – qui fonctionnait sur le même principe que les pokéballs – je matérialisai un énorme sac de sport sur un banc.
« Là ! C'était à mon père, ça devrait le faire, dis-je en brandissant une veste en jean.
- Merci. Je te la rend la prochaine fois.
- Ouaip. À Voilaroc, j'imagine. On se retrouve là-bas ? Je t'aiderai à faire ton shopping, conclus-je en ricanant.
- Tu comptes traîner en route, c'est ça ?
-Je ne traîne pas, je profite du voyage, nuance. »
Il se mit à rire en boutonnant la veste, qui était trop large. Barry était du genre grand et dégingandé, malgré le fait qu'il était juste dégingandé quand nous étions partis. En un peu moins de deux mois, il avait fait une poussée de croissance fulgurante.
Pour ma part, j'avais juste choppé une cicatrice et un style capillaire affreux. Certains sont plus chanceux que d'autres.
...
Je réglai l'eau de la douche sur la position la plus chaude supportable. L'eau brûlante détendait mes muscles. Je soupirai d'aise.
Le lendemain, je partirai pour Bonville. L'arène d'Unionpolis serait fermée pour un certain temps. L'ancien champion, apparemment muté à Hoenn, était spécialisé dans le type normal. La nouvelle championne est, selon la rumeur, une pro du type spectre. L'arène est donc en travaux, afin d'adapter le lieu aux matchs.
C'est ça, l'avantage des champions : c'est eux qui posent les règles. Pierrick avait un terrain qui rappelait la mine (ce qui l'avantageait sûrement face aux dresseurs qui n'avaient pas pris le temps de s'y entraîner) Flo avait recouvert son terrain de gazon, ce qui augmentait légèrement la puissance des attaques telles que racine ou nœud herbe. J'avais entendu dire que le champion de Verchamps avait carrément transformé son arène en piscine.
Toujours était-il que cette femme, Kiméra, semblait plutôt forte. Nous l'avions croisé il y avait trois jours, en accompagnant Louka à la sortie sud de la ville : il avait décidé d'aller visiter le Jardin Trophée, puis de continuer jusqu'au Grand Marais pour remplir son pokédex.
De longs cheveux mauves attachés en une coiffure extravagante, une tenue de ville à la fois classe et tape-à-l'œil, des talons à la hauteur stratosphérique et pour couronner le tout, un maquillage calculé pour mettre en valeur ses yeux d'améthyste. Elle était venue en aide à une femme qui se faisait agresser. Avec grâce et lenteur, son grodrive avait mis hors combat un raichu en un seul coup. Ni mes deux camarades ni moi n'avions eu le temps de réagir.
Je me souviens encore des grands yeux noirs de Louka complètement écarquillés.
« Alors c'est ça, un champion ? »
Sur le coup, Barry avait pincé les lèvres et j'avais plissé les yeux. Le défi serait de taille. Et surtout, si une championne se débrouillait comme ça…la puissance de la Ligue devait être phénoménale.
J'avais repensé à l'aura que dégageait Cynthia et frissonné. Difficulté n'était certainement pas un mot suffisant pour désigner cette épreuve.
« T'en a mis, du temps, déclara mon ami quand je poussai la porte. »
Il avait encore la tignasse humide et était étendu en étoile de mer sur son lit.
« Je t'attendais pour éteindre.
- C'est gentil. Je te réveille, demain ?
- Pas la peine. Je partirai sûrement après toi. Enfin, sauf si tu veux bien qu'on se fasse un match avant d'y aller. »
Je haussai les épaules.
« Comme tu veux. Ils sont toujours prêts à te mettre la pâtée, dis-je en désignant mes deux équipiers. Pas vrai les gars ?
- Priiiiin…
- Dooooos…
- Ouais, z'ont surtout l'air de vouloir dormir. »
Il ricana pendant que je lui tirai la langue et s'enroula dans sa couverture, Weevy venant lui servir de bouillotte. Je me glissai également sous mes draps, sentant les masses rassurantes de Riker dans mon dos et Syrius près de mes pieds. Je jetai un dernier regard à l'œuf qui vibrait parfois dans sa couveuse et éteins la lumière.
L'immense étendue d'eau s'étalait tout autour de moi. Il faisait nuit, les étoiles se reflétaient dessus. Il manquait clairement la lune au paysage. En me retournant, je reconnus la berge du lac Vérité, bien que cet angle de vue me paraisse anormal.
Je me retournai encore et sursautai. Une caverne était apparue de nulle part, juste devant mon nez.
Une lumière rouge pulsait doucement à l'intérieur. J'entrai…
…Et me réveillai en sursaut. Riker grogna en changeant de position, Syrius me lança un regard torve avant de se rendormir. Impossible de me remémorer la fin de mon cauchemar. J'essayai de m'endormir, en vain. Finalement, je me levai et décidai d'aller prendre l'air.
Le toit du centre donnait une vue sur l'intégralité de la ville, depuis le dôme des concours jusqu'à la Tour Perdue de Bonville. Au loin, les pics rocheux du Mont Couronné cachaient tout un pan de ciel.
La nuit était fraîche et humide, l'automne approchait. Je me rendis compte que je n'allais pas retourner en cours, que ma « vie d'avant » était révolue. Cette aventure n'était pas un fantasme d'été, mais une voie bel et bien réelle sur laquelle je m'étais engagée. Un instant mes pensées dérivèrent. Si je n'avais pas été au lac ce jour-là, qu'est-ce qu'il se serait passé ?
Je serais retournée au lycée de dressage de Féli-Cité finir mes deux ans, puis…je n'en savait rien. J'avais toujours aimé les pokémons – je devais ça à mes parents – mais rien d'autre en particulier, si ce n'était la mythologie. Peut être serai-je partie à l'école de Célestia pour étudier l'histoire des religions ?
Tout à mes réflexions sans queue ni tête, je m'accoudai à la barrière. Levant les yeux vers le ciel, je distinguai une masse dérivant par-dessus la montagne, en direction de Bonville.
Des grodrives.
Des centaines de grodrives, migrant vers l'ouest pour aller se reproduire. Le spectacle valait le coup d'œil.
Je me précipitai dans les escaliers, traversai le couloir sur la pointe des pieds jusqu'à ma chambre et secouai Barry doucement.
« Mmm, laisse-moi dormiiiir…
- Viens voir ça ! Tu vas le regretter sinon ! »
Mon ami râla, grogna, bouda, mais finalement se leva. Il attrapa sa veste et je fis de même, puis il me suivit jusqu'au toit.
« Ta-daaaa ! M'exclamai-je en levant les bras vers le ciel.
- A-attends, tu m'as fait me lever à deux heures du mat' pour ça ?!
- Bouééééée ! Approuva Weevy.
- Me dis pas que tu vois ça tous les jours. Et puis si tu veux, tant que tout le monde est debout, on pourrai se faire un match ? C'est sympa de combattre de nuit. »
La perspective d'un combat réveilla totalement mon camarade, dont les yeux vides se mirent à briller d'excitation.
« Jamais fait, ça vaut le coup de tester ! Ça vous tente ? »
Boskara se coucha près de son maître. Tout lui était égal. Les autres pokémons de Barry semblèrent assez enjoués, même si Speed avait du mal à garder les yeux bien ouverts. Quand à Syrius et Riker… eh bien l'excitation du second avait motivé le premier. Mon starter bailla à s'en décrocher le bec et me fit signe qu'il était prêt.
« Ok, c'est parti alors ! Syrius, je compte sur toi !
- Dans ce cas, j'envoie Weevy ! »
Les deux adversaires se saluèrent, puis le mustébouée lança la première attaque, un sonicboom que mon petit reptile de roche esquiva de peu en bondissant sur le côté. Il enchaina aussitôt avec coud'boule, que le mustélidé évita d'un bond gracieux, en profitant pour projeter une gerbes de petites étoiles qui filèrent droit sur leur cible. Les météores ne firent pas grand mal à l'épaisse peau de mon pokémon préhistorique, cependant ils l'aveuglèrent un court instant dont profita Barry pour ordonner un pistolet à eau.
Syrius se prit l'attaque dans le dos, ce qui le fit bondir un peu plus loin en grognant. Les quelques niveaux qu'il avait de plus que Weevy lui sauvaient la mise – le mustébouée n'attaquait pas à une puissance délirante et mon kranidos savait encaisser – cependant il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme. Barry avait trouvé le filon.
« Weevy, météores!
- Tu recommencera pas ! Pouvoir antique ! »
Les roches furent projetées contre les étoiles, en supprimant la grande majorité. Celles qui restaient filèrent droit sur Syrius qui les réduisit en paillettes lumineuses grâce à assurance, et profita de l'élan pour tenter de frapper le mammifère orangé qui se glissa sur le côté en souplesse.
« Poursuite ! Le rate pas !
- Stoppe-le avec pistolet à eau ! »
le jet d'eau partit droit vers la tête de mon pokémon, qui fit un pas de côté et poursuivit sa course en prenant le plus de vitesse possible. Avant même de comprendre que son attaque n'avait pas atteint sa cible, Weevy se fit faucher par un bélier qui l'envoya valser à quelques mètres.
Le contrecoup sonna un peu mon combattant, qui se remit assez vite.
« Le premier truc qu'on apprend quand on a un pokémon eau, lançai-je à l'attention de Barry, c'est que le moment où il est le plus vulnérable, c'est quand il attaque. Surtout quand on a un pokémon pas fait pour se défendre.
- Gardes tes conseils, miss-je-sais-tout ! T'as eu de la chance ! »
Il grimaça et encouragea son pokémon, qui secouait la tête en se relevant. Syrius enchaîna avec poursuite, qui n'aboutit pas toutefois le mustélidé avait perdu beaucoup de vitesse. Le choc qu'il avait encaissé était suffisant pour détruire un mur. Il semblait avoir du mal à se battre, mais tenait bon.
« Une tête de pioche, comme son dresseur, marmonnai-je en souriant. Syrius, coud'boule !
- Weevy, esquive !
- Bloque le avec pouvoir antique et poursuite ! »
L'attaque toucha sa cible qui alla s'écraser sur les rochers placés juste avant.
« B...bouééé… » articula l'adversaire avant de s'écrouler.
Barry se précipita sur le terrain pour le prendre dans ses bras.
« Il va bien ? M'enquis-je.
- Juste assommé, il devrait aller mieux après un peu de repos. Allez, Fencer, à ton tour !
- Riker, prends la place de Syrius. Reposes-toi un peu mon grand, joli combat. »
Mon dinosaure minéral vint se placer à côté de moi, en échangeant un petit signe de tête à son coéquipier. Il émit un petit stridulement satisfait quand j'y grattai l'arrière du cou.
« Riker, on commence avec picpic !
- Fencer, repli ! »
L'attaque toucha le pokémon, mais sa défense élevée et renforcée lui permit de très bien encaisser l'attaque. La tortue enchaîna avec un tranch'herbe que mon oiseau polaire évita facilement.
Lenteur et défense. Ce genre de combat ne correspondait pas du tout au style agressif et pressé de mon ami.
Peu importait. S'il utilisait un style qu'il ne maîtrisait pas parfaitement, c'était toujours un avantage. La carapace d'un Boskara est beaucoup plus solide que celle d'un tortipouss, il fallait donc ruser : les stratégies appliquées auparavant ne marcheraient plus. Par chance, j'avais l'avantage de la vitesse.
« Ok, Riker, griffe acier ! »
Mon combattant ne fit pas énormément de dégâts, comme prévu, cependant cela eut pour effet d'augmenter son attaque. Ça se voyait à ses ailes qui luisaient dangereusement. Je lui demandai de recommencer encore deux ou trois fois, entre deux esquives de feuilles tranchantes. Les mouvements aléatoires et les attaques répétées de mon pokémon encourageaient Barry à enchaîner les tranch'herbe et les vol'vie qui ne touchaient pas – de mauvaises décisions, car son boskara s'épuisait pour rien alors qu'il aurait aisément pu en profiter pour blinder sa défense.
« Ça suffit, picpic !
- Heu, esq…repli ! »
Fencer avait déjà entamé le mouvement avant l'ordre de son maître, aussi le bec de Riker ne fit pas autant de dégâts qu'il aurait pu. Toutefois, la tortue de terre secoua la tête avec une sorte de grimace, rentrant la base de son cou dans sa carapace.
J'échangeai un regard avec mon pingouin azur. Lui aussi avait vu ce geste de défense.
« Étape une, marmonnai-je, lui faire sortir la tête. Étape deux, frapper.
- Priiinp ! »
En face, Barry semblait se creusait les méninges pour savoir comment toucher mon prinplouf.
« Éclate-roc ! »
J'espérai que mon adversaire attrape la perche que je lui tendais. Fort heureusement, ce fut le cas.
« Morsure ! Attrape son aile ! »
La mâchoire du boskara se referma sur l'aile, la bloquant aussitôt.
« Picpic ! »
Riker toucha le point faible assez fort pour faire glapir son adversaire, et se libéra . Dans le même mouvement, il effectua une rotation sur lui même en rigidifiant son aile, qu'il abattit avec force exactement au même endroit. Fencer s'effondra.
« Ça suffit ! » S'exclama Barry en se dirigeant vers son équipier. « Il me reste deux pokémons, à toi aussi. On se fait la dernière en double ?
- Allez, pourquoi pas. Vous êtes partants tous les deux ? »
Mes deux amis me lancèrent un regard entendu. Même s'ils étaient un peu fatigués, je sentais leur excitation. Ou plutôt ressentait. Depuis l'exercice que m'avait fait faire Sara – et que je réitérait quand j'avais quelques minutes – j'avais l'impression de beaucoup mieux les comprendre, presque de sentir leurs émotions, bien que très grossièrement.
Ils se placèrent côte à côte, Syrius légèrement plus en avant, face à Speed et Flame, qui souffraient tous deux d'un désavantage de type.
Habituellement, lors de matchs en double, Syrius attaquait directement et Riker le couvrait et menait sa part du combat majoritairement en spécial. Là, il y avait un pokémon volant, dont la mobilité n'avait d'égale que la vivacité, et un autre capable de brûler.
« Ok, on s'occupe d'abord du ponyta, murmurai-je à l'intention de mon starter. Riker, siphon ! Syrius, coud'boule !
- Envoles-toi, Speed ! Flame, flammèche ! »
Le cheval enflammé dirigea son attaque vers Riker. Il n'avait clairement pas l'avantage du type, mais une brûlure pourrait handicaper mon pokémon.
« Tu joues sur les statuts, maintenant ? Raillai-je.
- Un truc qu'on m'a appris à l'école, pendant le stage d'été. Je pensais pas que j'aurai à m'en servir. »
Avec un sourire en coin, il ordonna à son oisillon toujours hors d'atteinte d'utiliser reflet, pendant que Flame bondissait dans tous les sens en projetant des gerbes d'étincelles. Impossible pour Riker de l'approcher : ses plumes augmentaient le risque de se brûler. Syrius, par contre…
« Coud'boule ! Riker, bulles d'eau dans le ciel ! »
Mon dinosaure à la peau robuste prit le problème à bras le corps et fonça tête baissée dans le brasier mouvant. S'entama alors une lutte sans merci entre le ponyta, qui esquivait, bondissait, se cabrait et attaquait à grand coups de sabots et mon kranidos qui encaissait sans bronchait et frappait durement.
Au milieu des flammes, impossible de voir quoi que ce soit. Décidant de faire confiance à Syrius, je reportai mon attention sur mon starter.
Il utilisait ses bulles pour détruire les reflets un à un, tout en créant une sorte de dôme qui ralentissait l'étourmi. En effet, ce dernier devait se débarrasser des bulles à grands coups de cru-aile, et l'eau trempait peu à peu son plumage.
« Continue comme ça, dis-je calmement. Il va finir par devoir se poser. Syrius, éloigne encore ponyta ! »
J'entendis un rugissement provenant du brasier où la danse sauvage se poursuivait avec ardeur. Aucun des deux ne semblait vouloir céder de terrain.
Riker esquiva une attaque en piqué qui le prit un peu par surprise, et tenta d'utiliser griffe acier, qui échoua. Il resta ensuite en place, aux aguets, attendant que Speed lance une deuxième attaque.
L'oiseau tourna en rond un petit moment, juste assez pour que Syrius réussisse à caler un bélier dans le flanc de son adversaire, l'envoyant valdinguer vers…son allier.
Voyant arriver la boule de feu, Riker sauta en urgence.
« Maintenant, Speed ! »
La vive-attaque faucha mon starter pendant qu'il était encore dans les airs, et un cru-aile le redirigea durement vers le sol. Syrius, qui fonçai déjà, sauta par-dessus son ami et attrapa l'aile coupa dans sa mâchoire puissante. D'un coup de tête, il l'envoya voler dans la direction du ponyta et Riker lança une ultime bulles d'eau, achevant d'un coup les deux adversaires.
Il se laissa ensuite tomber sur l'arrière-train, épuisé.
« On a perdu, on dirait. » dit doucement Barry.
Le lendemain, nous nous sommes levés beaucoup plus tard que prévu. On s'est bâfrés, puis on a décidé de partir, le ventre plein et les idées neuves.
« Tu t'arrêtes à Bonville ? M'a demandé Barry quand nous arrivions près d'une tour en ruine à l'entrée du village.
- Ouais, y'a sûrement plein de trucs à voir !
- Si tu le dis, a-t-il fait en haussant les épaules. Je suis pas vraiment fan de cimetières et des ruines. Tu vas où après ? Célestia ou Voilaroc ?
- Ça dépendra. Et toi ?
- Voilaroc. En plus Louka doit être là-bas, ou du moins sur la route. Je sais ! On se retrouve tous là-bas en fin de semaine, et on ira voir le lac ensemble !
- Vendu ! Approuvai-je avant de me rappeler : En plus, je t'avais promis une virée shopping. »
Il grimaça, imité par Riker qui marchait un peu devant. Je ricanai, sous le regard blasé de Fencer et celui, très curieux, de Syrius. Nous étions presque arrivés devant le centre.
« Je te laisses là, alors.
- Ouais, à plus. Bon voyage ! Et si tu trouves Louka, restes avec lui.
- Hein ?
- Il a pas l'air super débrouillard. Et fais gaffe à la Team Galaxie.
- Oui mamaaaaan…
- Ne te moques pas ! M'exclamai-je en croisant les bras. T'as déjà failli perdre une oreille. »
D'un air absent, il porta les doigts contre son oreille. Sous le gilet que j'avais enfilé par-dessus ma robe, je sentis ma cicatrice picoter. C'était mental, évidemment, mais elle avait gravé quelque chose en moi : la peur, peut-être, mais surtout la colère, l'envie de revanche. La volonté de leur mettre des bâtons dans les roues, et en même temps une envie de fuite – pour pouvoir faire un voyage tranquille et insouciant. Assez paradoxal.
Je me demandais de quoi il en relevait pour mon ami d'enfance, ou bien encore pour Louka, qui n'avait du tout été mêlé à tous ça. Et par extension, au professeur Sorbier, ou bien encore à Marion et Peter, carrément infiltrés.
« La terre à Aurore, vous me recevez ? Tu penses à quoi, encore ?
- A rien. »
Il fronça les sourcils, posa ses poings sur ses hanches et se pencha légèrement, avec un sourire en coin.
« Et en vrai ?
- A…a deux amis qui se sont infiltrés dans la Team. Je me demande comment ils vont.
- Je les connais ?
- Non. Je les ai rencontrés à Floraville. »
Il hocha la tête, pensif.
« Je crois que j'ai pas vraiment profité du voyage. A part Louka, j'ai rencontré personne. Enfin… Louka, c'est déjà bien. »
Il avait un air rêveur. J'ai souri.
« Dis-lui bonjour de ma part, quand tu le verra. Et…garde un œil sur lui, ok ?
- Avec plaisir, madame ! »
Son éclat de rire s'envola agréablement dans l'air aux parfums d'automne. Ceux qui disent qu'il n'existe pas de jolis rires n'ont jamais entendu le sien, sincèrement. C'était d'ailleurs la seule chose chez lui qui ne finissait pas par me taper sur les nerfs.
Il tourna les talons, déterminé et sortit Flame avant de rappeler Fencer. Il monta sur le dos du cheval et partit très vite. Je remarquai que Speed était sorti de sa capsule et volait à toute vitesse à ses côtés. A ce rythme, il rattraperait sûrement le troisième DexHolder avant la tombée de la nuit.
Je me suis tournée vers mes propres équipiers, et avec un signe de tête, leur ai indiqué le centre.
C'est alors que l'œuf, dans le dos de Riker, s'est mis à luire.
