BOnjour, Peuple d'Internet.

Voici le nouveau chapitre, tant attendu (ou pas), qui contient tous les points clés de l'intrigues, d'immenses bouleversements et des vérités cachées enfin révélées (ou pas).

Bref, j'espère que ça vous plaira, bonne lecture et à bientôt !


Je m'étais attendue à tomber sur toutes sortes de chose.

Un clown en plein numéro.

Un pikachu rouge.

Une météorite écrasée transportant un alien.

Peter Pendragon en tutu rose.

Tout, mais définitivement pas ça.

S'ils me remarquèrent, ils n'en montrèrent aucun signe. Je ne savais pas si je devais aller les voir tout de suite, au risque de les interrompre, ou attendre un peu en restant plantée comme un piquet et extrêmement gênée.

Finalement, décidai de prendre l'air le plus décontracté possible et d'arriver d'un pas léger en lançant :

« Hey ! Barry, Louka, salut ! »

Ils sursautèrent, interrompant leur baiser. Louka devint immédiatement rouge pivoine et Barry…restait Barry. Il se contenta de se tourner vers moi avec le grand sourire un peu stupide que je lui connaissait et de répondre :

« Aurore ! T'en a mis du temps ! Ici, disons qu'il s'est passé pas mal de trucs.

- Je vois ça. Louka, tu sais pas dans quoi tu t'engages ! J'espère juste que vous avez pas fait de journée shopping sans moi. »

Ils grimacèrent de concert.

« Aucun risque, certifia le brun.

- Tant mieux ! Bon, on y va ?

- Tu voudrais pas jeter un œil à l'arène d'abord ?

- Bien tenté Barry, mais rien ne me détournera de mon but. »

Mon ami d'enfance soupira tandis que l'assistant arbora un petit sourire nerveux qui tirait plus du rictus que d'autre chose. Je leur attrapai le bras et les entraînai à ma suite, ignorant leurs cris de protestation et le regard compatissant que mon starter leur lançait.

« Hé ! Mais y'a aussi une boutique secrète ! S'exclama Louka.

- Une quoi ? Répéta Barry d'une voix d'homme décédé de l'intérieur.

- Un magasin qui vend des objets pour les bases secrètes. (devant le regard sans vie de son petit-ami, il ajouta:) les bases secrètes sont des espèces d'abris que l'on peut installer un peu où on veut, à condition d'avoir un pc secret et ce qu'il faut pour l'installer.

- Ça fait beaucoup de secrets, remarquai-je.

- Le fondateur doit aimer le mystère. À l'origine ça vient d'Hoenn, c'est pas vraiment répandu dans les autres régions. À Sinnoh c'est un peu différent, à cause du Souterrain. C'est là que la plupart des gens installent leur base, parce que c'est facile d'accès et assez sûr. Mais il faut une foreuse, doit sûrement il y en avoir là-dedans.

- T'as un pc secret, toi ? »

Il me regarda avec un petit air coupable.

« Je bricole beaucoup. Je peux t'en fabriquer un si tu veux.

- Et tu m'en proposes même pas à moi ? S'indigna Barry.

- Je croyais que tu t'en fichais complet, du Souterrain. »

Le blond eut un rictus.

« Ah oui, c'est vrai. »

Louka et moi avons ricané puis sommes entrés dans la boutique. Quelques meubles d'un côté – des trucs rudimentaire : mini-frigos, lits, étagères, tables et chaises – des accessoires de déco de l'autre. Au milieu, des bacs avec des peluches et des objets soldés et enfin, contre le mur du fond, ce que j'identifiai comme étant des foreuses. Le dresseur brun se dirigea directement dans cette direction et hésita en voyant le prix.

« Aurore, tu comptes refaire intégralement notre garde-robe ?

- Non, pourquoi ?

- Pour savoir si je peux en prendre une sans me retrouver à sec à la fin de la journée.

- Je te savais pas si ironique ! »

Il eut un sourire en coin en attrapant l'objet et se dirigea vers la caisse. Pendant ce temps, nous l'attendîmes dehors. Une fois qu'il nous eut rejoint, je les entraînai vers la boutique de vêtements.

Je commençai par fouiller de mon côté, les mettant à ma disposition pour me donner leur avis (Tu crois que ça m'irait le rose ? - Oui. - Et ce pull, il est bien ? -Oui. - Quelle heure il est ? - Oui.)

Je finis par trouver une robe en remplacement de celle que j'avais perdu durant l'incident des éoliennes. Pas aussi cool que ma tenue fétiche, mais pas mal.

Noire et rose, évasée, sans manches, m'arrivant au-dessus des genoux. Je m'achetai également une écharpe de laine blanche en prévision de cet hiver, ainsi qu'un bonnet de couleur assortie.

« Bon, c'est les soldes mais c'est pas une raison de passer tout mon argent là-dedans. À votre tour ! »

Je les entendis clairement soupirer, mais les entraînai à travers les rayons. Au final, on ne sortit pas avant grand-chose, seulement quelques trucs nécessaires. Barry me rendit ma veste en jean et je leur dit qu'ils pouvaient aller au café sur la terrasse en m'attendant – j'avais une paire de chaussures à aller acheter, mes baskets ayant pas mal souffert ces derniers temps.

« Commandez-moi une chocolat chaud en m'attendant ? J'en aurai pas pour longtemps.

- No problemo. Tu veux qu'on prenne tes pokémons aussi ? Qu'ils prennent l'air. »

Ils avaient déjà pris l'air, mais je les sentais s'agiter dans leur capsule. Je haussai les épaules et leur confiai Beth, Trillian et Syrius. Prinplouf, qui me suivait, semblait hésiter entre me suivre et aller avec eux.

Sa décision fut prise quand nous nous séparâmes : il se dépêcha de bondir à mes côtés. À l'intérieur, principalement des gens de mon âge. C'est en surprenant une bribe de discussion que j'appris que la rentrée scolaire était lundi prochain. Je perdais vraiment la notion du temps.

Me faufilant entre quelques personnes, je longeai le rayon très vite. Je savais déjà ce que je cherchais : une paire de baskets en toile assez solides pour tenir quelques mois.

« Et si je prenais plutôt des rangers en fait ? Ou des chaussures de marche ? »

Pendant que je réfléchissait, une sonnerie se mit à retentir. Une musique aux accents rock qui m'était totalement inconnue. Je mis un temps à capter qu'elle provenait de mon sac et me précipitai pour fouiller dedans, avec une certaine panique.

J'attrapai le pokématos, d'où provenait le bruit, et manquai de le faire tomber. J'appuyai hasardeusement sur le bouton « décrocher ».

« A-Allô ?

- Aurore ? Tu viens de faire une crise cardiaque ou quoi ? Fit aussitôt la voix de Peter, un brin moqueuse.

- Très drôle. J'ai juste été surprise par la musique.

- La musique ? Quelle mus- ah oui, la sonnerie. J'ai oublié de l'enlever.

- C'était quoi ?

- Quoi quoi ?

- La musique, c'était quel groupe ? Ça avait l'air pas mal.

- C'est plutôt bien, ouais. White Lies, si tu veux savoir. C'est Clément qui m'a filé ça, d'habitude ça m'intéresse pas vraiment, je préfère les bruits de la nature. Même si ces derniers temps, la nature…

- T'es bien plus bavard au téléphone, dis-moi.

- Oui, je me sens plus à l'aise. J'ai quand même mis pas mal de temps avant de savoir l'utiliser ce machin... »

Je rit et me calai dans un coin de la boutique, sous l'œil étonné de Riker.

« D'ailleurs, tu m'appelais pour quoi ?

- Ah, oui ! Tu es à Voilaroc ?

- Oui.

- C'est bien ce que m'a dit Marion. Ils t'ont à l'œil. Comportes-toi le plus normalement possible, comme si tu ne te doutais de rien. Officiellement, le bâtiment Galaxie est un centre de recherche scientifique. Pas de problème pour l'arène ou les boutiques, mais évite de t'approcher du casino.

- Il fait partie de leur réseau ?

- Non. Enfin, pas officiellement, il faut encore mener une enquête plus approfondie. Mais je hais les casinos. Et ce qu'il vient de se passer à Céladopole n'est pas pour changer mon avis.

- Mh ?

- Un trafic de pokémons rares, en l'occurrence deux minidracos que j'ai récupérés. J'ai réussi à en confier un, mais je sais pas encore ce que je vais faire de l'autre. J'ai déjà trois dracolosses, tu comprends ? Tiens, tu le voudrais ?

- Pardon?! » M'écriai-je, étonnée.

Quelques clients tournèrent la tête vers moi. Je fit un petit sourire d'excuse et me remis à parler, un ton plus bas.

« C'est gentil mais je peux pas accepter, enfin, c'est, c'est…

- Tu m'arrangerais vraiment, en fait. Je peux m'en occuper ou le ramener à Ebènelle, mais dans le premier cas j'ai peur de ne pas pouvoir le faire comme il faudrait et dans le second ça me briserait un peu le cœur. Relâcher un pokémon dragon, c'est le pire des blasphèmes !

- Admettons que j'accepte, lâchai-je avec un soupir, mon équipe est déjà au complet.

- Un échange.

- Et tu feras quoi du pokémon que je t'enverrai ? »

Il marqua un blanc.

« Je n'y ai pas vraiment réfléchi, avoua-t-il. Écoutes, je connais une fille, Célesta, une apprentie éleveuse. Elle est vraiment formidable. Je lui confierai, si ça te va ?

- Tu ne peux pas lui confier le minidraco à elle ?

- Aurore. Ne pose pas de question et accepte, s'il te plaît. Tu comprendras plus tard. »

Je serrai la mâchoire, un peu énervée. Il ne pouvait pas me le dire par téléphone ? Il était espionné ou quoi ?

Ma colère retomba d'un coup. C'était sûrement ça. Il ne pouvait rien me dire. Je soupirai.

« J'imagine que j'ai pas vraiment d'autre choix que de te faire confiance ?

- Pas vraiment non. Tu ne peux compter que sur ma parole d'honneur.

- La parole d'honneur d'un dracologue, hein ? Ça me va. Je ne sais pas où tu veux en venir, mais je te fais confiance.

- Merci. »

Je l'entendis respirer, provoquant un léger grésillement sur la ligne. Je n'avais pas envie de me séparer d'un membre de l'équipe, mais je savais – ou du moins j'espérai très fortement – qu'il serait bien traité.

Je fis rapidement le tour de l'équipe. Pas Riker. Pas Beth non plus, mon starter ne me le pardonnerai pas. Entre Syrius et Trillian, je préférai me séparer de Trillian. Elle mettrai moins de temps à s'habituer à un nouveau dresseur.

Et, même si c'était mal car un dresseur se doit d'aimer pareillement tous les membres de son équipe, je m'étais beaucoup plus attaché au charkos.

« Je vais t'envoyer mon kranidos, ok ? C'est une femelle, niveau 25 environ, qui s'appelle Trillian.

- Le minidraco est de niveau trois, je crois. Je ne sais pas encore si c'est un mâle ou une femelle, alors je l'ai appelé Draco.

- Ok. Je t'appelle dès que je suis au centre. A plus.

- Ouais, à plus. »

Je me demandais quand même pourquoi il tenait tant à m'envoyer ce pokémon. Après tout, il aurait pu le confier à cette fille…Céleste ? Autant ne pas me poser de question et attendre. Au final, je n'étais pas vraiment perdante, dans l'histoire. Un dracolosse pouvait être un puissant allié…

« A condition d'être accepté dans l'équipe. Me fit clairement comprendrele regard de mon oiseau marin.

- Tu ne vas pas recommencer ? »

Il secoua la tête en levant les ailes.

« J'ai abandonné. » Semblait-il vouloir dire.

- Ben quoi alors ? »

Il se lança dans une imitation de dinosaure.

« Syrius ? »

Il hocha la tête. Aïe, j'allais avoir du mal à annoncer ça.

« Faudra que tu m'aides. »

L'oiseau secoua la tête, levant ses ailes pour former une croix devant son visage, puis me fit comprendre avec une série de gestes qu'il refusait de prendre parti, et que j'allais devoir me débrouiller seule. Quand je formulai la phrase à voix haute pour qu'il me la confirme, je me rendis compte que ma facilité à le comprendre était presque effrayante – en grande partie parce qu'une adolescente, qui avait du regarder son manège, me lançait un regard à la fois mauvais et envieux.

Estimant avoir déjà perdu assez de temps, je me décidai rapidement pour une paire de solides chaussures de marche noires, montant jusqu'aux chevilles et dotées de sur-coutures qui ne semblaient pas être là uniquement pour faire joli.

Elles me coûtèrent un peu cher, mais je savais que je n'aurai pas à regretter cet achat. Je me hâtai alors de rejoindre la terrasse sur le toit, en espérant que mes deux amis ne s'étaient pas impatientés.

« Aurore, quand tu dis deux minutes, comptes-tu réellement en secondes ? J'ai cru que j'allais mourir de vieillesse !

- T'exagères pas un peu, là ?

- A peine. Ton chocolat était en train de refroidir, alors je l'ai bu. Et comme on savait pas quand tu allais arriver, on a préféré attendre.

- Vous avez bien fait. » Répondis-je en m'asseyant.

Sans vraiment savoir pourquoi, je scrutai les alentours. Ce que m'avait dit le Maître, c'était un coup à vous filer une bonne paranoïa aiguë. Je ne décelai toutefois rien de suspect.

« J'ai reçu l'appel d'un ami, c'est pour ça que j'ai perdu du temps.

- Un ami ? Fit Barry, intrigué.

- Rencontré à Bonville, mentis-je. Il m'a proposé de faire un échange. »

A cette mention, les membres de mon équipe, qui faisaient leur vie tranquillement, tendirent l'oreille. Je ne perdis pas mon aplomb malgré leurs regard curieux.

« Il m'a demandé de prendre soin d'un pokémon qu'il a trouvé. Du coup, Trillian, ma belle, je vais te confier à lui, d'accord ? »

Je détestais mentir, aussi je me rassurai en me disant que je ne faisait qu'omettre quelques détails et former quelques raccourcis. Trillian eut un regard triste, aussi je pris l'expression la plus rassurante possible.

Syrius quant à lui me fusillait de ses orbes de sang. Pour la première fois, je lui trouvai un air féroce, limite menaçant. Il ne bougeait pas.

La petite femelle pencha la tête vers moi. Elle devait sûrement sentir mon stress, avoir deviné que je ne disait pas toute la vérité. Malgré tout, elle décida de me croire, et hocha la tête en émettant un petit rugissement. Syrius perdit alors son regard mauvais pour en adopter un étonné. Il s'apprêta à avancer, mais Beth se mit en travers de sa route, le forçant à baisser la tête à sa hauteur.

Je ne sais pas ce qu'elle lui dit, mais le dinosaure secoua la tête avec un air compréhensif et retourna s'asseoir plus loin, la mine triste. Riker alla le rejoindre.

Je me penchai vers Trillian.

« On se retrouvera plus tard, d'accord ? Je te le promets. »

Elle hocha la tête, poussant un petit stridulement rocailleux et familier.

Plus tard, quand nous quittâmes le centre commercial, je pris la direction du centre pokémon de Voilaroc. Mes deux amis préférèrent me laisser seule, ce dont je les remerciai intérieurement. J'entrai et me dirigeai directement à l'étage, dans la salle réservée aux communications.

Tout en appelant Peter sur le pokématos, je me plaçai devant une des machines à échange longue-distance (une simple manipulation de la pokéball suffisait quand la personne se trouvait au même endroit). Il y eut deux tonalités, puis le Maître décrocha.

« Oui ?

- Peter ? Ça te dérangerait de faire l'échange tout de suite ?

- Aucun problème. Donnes moi juste dix minutes. »

Il marqua une pause, puis :

« Ça va ?

- Hein ?

- Tu as une drôle de voix. Tout va bien ?

- Tu te sentirais bien si tu devais te séparer d'un de tes équipiers ?

- Question idiote, désolé. »

Je soupirai, pendant qu'il restait silencieux. Je le sentais bizarrement hésitant.

« Je vais raccrocher, dit-il après un blanc, presque froidement.

- Pas de problème. Voilaroc, machine B-612.

- Compris. »

L'appel se coupa aussitôt. Je serrai les lèvres, étonnée par sa soudaine dureté.

Tant pis, c'étaient ses affaires.

J'attendis donc un moment, Trillian tournant en rond autour de mes jambes, nerveuse. Riker, le seul à être également dehors, était assis sur le sommet de la machine (j'ignorais comment il avait réussi à atterrir là) et ses yeux formaient des allers-retours entre moi et mon équipière. Il avait une expression étrange, comme s'il n'arrivait pas à choisir entre un visage triste et compatissant et me fusiller du regard.

L'écran afficha alors un appel, me faisant sursauter. Il provenait de Safrania.

J'appuyai sur le voyant vert et une tignasse flamboyante apparut.

« Salut, dis-je sans grande conviction.

- Wow, il s'est passé quoi ? »

Il haussait les sourcils et désignait mon bras – enfin, c'était ce qu'il me semblait.

« Un souvenir de Vestigion, éludai-je. On peut passer à l'échange ?

- Oui, bien sûr. Mais, il s'est passé quoi exactement ?

- Ce serait trop long à expliquer en détail, mais grosso modo, j'étais avec une fille pour traverser la forêt de Vestigion, la nuit est tombée avant qu'on soit arrivées et du coup on est tombées sur la Tea…

- Hm hm hm, toussota-t-il en levant un sourcil.

- La fameuse équipe. Heu, il faut appuyer où ?

- Sur le bouton « communication » en haut à gauche, puis « échange » et « accepter ». Bref, qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ?

- On les a vu bidouiller leurs trucs, on s'est interposées et on s'est pris un éclair dans la face. The end.

- Pour un résumé c'était sacrément résumé.

- J'ai jamais eu de grands talents de conteuse.

- Tu me semble un peu à cran.

- Sans blague ?

Peter ouvrit la bouche, l'air de vouloir répliquer, mais se ravisa. J'en profitai pour faire rentrer Trillian dans sa capsule, après l'avoir serré dans mes bras une dernière fois.

« C'est bon, annonçai-je.

- Attends !

- Quoi ? Tu hésites, maintenant ?

- Non, du tout. C'est juste que lorsque tu aura Draco en main, il n'y aura plus de retour arrière possible. Tu es sûre de vouloir m'aider à l'élever ? »

Son air extrêmement sérieux me fit très vite comprendre qu'il ne parlait pas du pokémon. Ma décision fut toutefois vite prise.

« J'ai déjà dit que j'aiderais. Ce n'est pas parce que je suis jeune que je ne suis pas capable de m'occuper d'un dragon. J'ai déjà les pieds dans le plat de toute manière.

- Très bien. Dans ce cas, pose ta pokéball dans le tube et active le levier si tu l'oses. »

J'aurais été capable de pousser le levier rien que pour lui faire regretter son rictus moqueur et son regard empli de défi. J'eus quand même un mouvement d'hésitation au moment fatidique, mais je m'exécutai en retenant mon souffle, yeux fermés et dents serrées.

Il y eut une lumière, la capsule disparut dans un éclair rouge comme si elle rentrait elle-même dans une capsule, puis à peine cinq secondes plus tard une capsule apparaissait à la place. Elle n'était pas rouge et blanche, et j'identifiai presque instantanément une Luxe ball.

« Reçu, dis-je.

- Moi aussi. Merci beaucoup et bonne chance.

- Je peux te demander un service ?

- Oui.

- Laisse moi le numéro de…Célesta, c'est ça ?

- Aucun problème, j'allais te le proposer. »

Il me dicta une suite de nombre que je rentrai dans le pokématos, puis nous mîmes fin à la conversation.

En y repensant plus tard, je me dis que c'était vraiment étrange que le Maître de la Ligue Indigo, un des plus puissants dresseurs au monde (et pas des moins farouches) ait décidé de me faire confiance aussi facilement.

En vérité, je ne savais vraiment pas quoi penser du dracologue. Je n'arrivais pas à le cerner, ni à définir le lien qui nous reliait, ni même à savoir si oui où non je pouvais vraiment compter sur lui. Je devais juste croire en sa bonne foi et lui faire confiance aveuglément. Pas que ça me plaisait, mais je n'y faisait beaucoup mieux que je l'aurais cru.

Je me saisis de la balle noire et appelai le pokémon. Le minidraco mesurait déjà une taille plutôt imposante, et les quelques personnes présentes dans la salle se retournèrent, l'air avide. Il fallait dire que c'était une espèce plutôt rare, en particulier dans la région. Il valait mieux être discrète aussi je m'éclipsai vite, Riker sur les talons comme un garde du corps. Le dragon se mouvait avec une certaine grâce, malgré l'épais baluchon accroché à son cou.

Une fois tranquille, je le récupérai et l'ouvris. Il s'agissait d'une enveloppe en kraft gonflée au possible, sur laquelle était scotchée une feuille pliée en deux.

« Riker, viens. Toi aussi Draco. On va dehors. »

Mon starter prit l'initiative de guider le nouveau membre le long du hall et nous nous retrouvâmes rapidement assez loin, dans une zone quasi-déserte composée de cratères et d'arbres secs. J'avisai une pierre et m'assis dessus, puis appelai Beth et Syrius.

« Faites donc connaissance ! Proposai-je. Et soyez gentils. »

Il fallut pas leur dire deux fois. Beth, bien que très jeune, avait une sorte d'instinct maternel très fort en plus de tempérer ses coéquipiers. Voyant que le dragon devait à peine sortir de l'œuf, mon charkos restait le plus gentils possible. Riker, lui, restait un peu à l'écart, dans une attitude sévère.

J'envoyai un message à mes deux amis, leur disant que j'aurais besoin d'une petite heure de tranquillité, puis dépliai le mot. Il était manuscrit l'écriture était irrégulière, les lignes penchées, mais c'était parfaitement lisible. J'imaginai que Peter n'avait pas vraiment l'habitude de tenir un stylo-bille.

Aurore,

Je sais que je t'en demande peut être beaucoup, mais le fait est que je te fait totalement confiance. Ne me demande pas pourquoi, c'est mon instinct qui me le dit et il ne m'a jamais trompé (et la manière dont tu traite ton prinplouf me conforte dans mon avis).

Toujours est il qu'il est peut être temps que tu aies toutes les cartes en main pour faire ton boulot d'agent exfiltré (si on peut appeler ça comme ça). Tu es clairement un joker, parce que Marion doit avant tout garder sa couverture intacte, les membres du Conseil de Sinnoh sont officieusement suspects à cause de Cynthia. Il en va du coup de même pour les champions, même si ce qu'il s'est passé à Vestigion a permis de lever tout soupçon sur Florence Gardner et Pierrick Lantier. Je suis pour ma part coincé à Kanto pour le moment, et la Police Internationale a envoyé leur meilleur agent (précisions dans le dossier) mais ils ont beaucoup plus de contraintes. J'ai demandé à des dracologues de se poster sur la route Victoire et des apprentis sont un peu partout dans la région.

Tu en as rencontré une pendant le combat contre Jupiter (une fille avec un reptincel, tu te rappelles?), sauf que les apprentis et les dracologues ne dépendent pas de la Ligue mais d'Ebenelle, ce qui rend toute tentative de les mettre dans le secret légèrement compliquée, à cause de l'ébruitement possible.

Tu es donc le joker idéal : tu as l'appui du professeur Sorbier, tu es totalement libre de mouvement et surtout tu participe au challenge de la ligue, ce qui te donne une excuse pour te balader avec des pokémons puissants un peu partout dans la région tout en cherchant le combat.

Ton boulot est donc simple : gagne les badges et essaie d'aller affronter le Conseil au plus vite, si tu prends la place du Maître, ça risque d'être beaucoup plus simple de démanteler la Team.

Solution B, puisque la A risque d'être compliquée : contente toi de faire ta vie, retiens bien toutes les choses importantes du dossier et dès que tu as un indice, où l'occasion d'en apprendre plus sur Galaxie ou ses membres, informe nous (et vice-versa) ne te mets pas en danger inutilement, mais si tu as l'occasion de les ralentir, je t'en prie, fais-le.

Peter.

Il y avait un post-scriptum, griffonné à la hâte dans une autre couleur : « Je vois que pour le danger, c'est trop tard. »

Je glissai le mot dans mon sac puis déchirai l'enveloppe celle-ci contenait un tas de feuilles blanches agrafées par paquets inégaux. Dossiers confidentiels, rapports, enquêtes, compte-rendus, fiches d'identité, cartes, relevés : absolument toutes les informations possédées par Peter se trouvaient là, entre mes mains.

Le papier me sembla soudainement brûlant et mon estomac se tordit.

Ces feuilles de papiers étaient désormais mon bien le plus précieux, mais également ma plus grande source de problèmes.