Bonjour tout le monde ! Voici le nouveau chapitre, tout fraîchement terminé !

J'espèce qu'il vous plaira, et bonne lecture !


Barry soupira de lassitude quand j'y écrasai le pied pour ce qu'il semblait être la dixième fois en moins d'une minute.

- Fais attention ! Chuchota-t-il.

- Je fais ce que je peux, répondis-je à voix basse.

Nous étions derrière un arbre, près du lac Courage. Des membres de la Team Galaxie en bloquaient l'accès. Ils étaient bien trop nombreux pour que l'on puisse espérer s'opposer à eux, et ne semblaient pas faire quoi que ce soit de dangereux pour le moment. À vrai dire, la majorité des gens présents étaient des scientifiques en blouse blanche, des plongeurs et quelques personnes en civil affairées sur des bouquins. Les membres en uniforme ne semblaient être là que pour surveiller. Je ne reconnus pas Marion dans le lot. Tout ce petit monde était dirigé par un homme au visage calme, aux cheveux bleus relevés en une coupe extravagante.

- Qu'est-ce qu'on fait ? Souffla mon ami qui commençait à s'impatienter.

Je réfléchis. On n'entendait rien du tout de ce que se racontaient les sbires, et les ordres que donnait parfois le chef ne pouvaient donner aucun indice sur leurs agissements.

- Je pense que la meilleure chose à faire serait de prendre des photos, mais j'ai pas d'appareil.

- Ça tombe bien, moi non plus. Peut-être que Louka en a un.

- Génial, maintenant qu'on s'est séparés, c'est super pratique ! J'aurai dû y penser avant !

Barry haussa les épaules.

- Au pire, on pourra revenir plus tard. Ça m'étonnerait qu'ils s'envolent. Il y a pas un autre endroit à vérifier ?

- Si, Verchamps.

- Bah alors, qu'est-ce qu'on attend ?

Il se releva et s'éloigna en s'étirant. Je le suivis en cherchant quelque chose à répliquer, mais rien ne vint.

La veille, après avoir épluché le dossier, j'avais mis mes deux compagnons de route dans la confidence, estimant que je pouvais leur faire confiance. J'avais bien sûr omis quelques détails (du genre mon degré d'implication dans l'affaire) j'avais demandé à Barry et Louka d'accepter de m'aider à vérifier quelques choses, ce qu'ils avaient accepté avec un enthousiasme auquel je ne m'attendais pas.

Mes confrontations avec Mars et Jupiter m'avaient clairement refroidi. Je pensais qu'il en était de même pour mon ami d'enfance, mais ce n'étaient pas quelques points d'audition en moins qui risquaient de le démotiver.

Mon sac me semblait peser trois tonnes quand je rejoins Barry sur le chemin. Il faudrait que je trouve un moyen de cacher le dossier. Je ne pouvais pas me permettre de le détruire, ce qui m'aurait pourtant ôté un poids des épaules.

Une fois assez loin, j'appelai Riker. Ce dernier s'ébroua.

- On file à Verchamps, et on se séparera là-bas. Il faudrait que tu ailles inspecter le Grand Marais.

- Et toi ?

- Je vais faire un tour en ville et aller jeter un coup d'œil à l'arène. D'ailleurs, maintenant que j'y pense, l'arène de Voilaroc ça donne quoi ?

- Elle est tenue par une fille à peine plus vieille que nous, qui s'appelle Mélina. C'est un dojo, et il y a quatre karatékas en tant que membres permanents de l'arène en plus du guide.

Rien de suspect en apparence, il faudrait que j'aille voir par moi-même.

- Tu as entendu parler d'histoires de vols ?

- Non, mais maintenant que j'y pense j'ai entendu dire que l'accès au entrepôts avait été interdit depuis que le bâtiment Galaxie a été installé. Avant, ils servaient de terrains pour les combats non-officiels.

Là aussi, il faudrait que je trouve le moyen d'aller y faire un tour.

Nous avons marché quelques minutes avant de passer à côté de l'Hôtel du Lac. La route bifurquait vers Rivamar, mais il n'y avait rien de particulier là-bas. Apparemment, le champion gérait très bien la ville, à défaut de l'arène.

Nous avons traversé l'ensemble du centre balnéaire pour atteindre un grand hall qui faisait également office de porte. Un comptoir sur la droite était tenu par un jeune homme en uniforme noir assez strict et une femme avec une robe rose et la peau bronzée qui discutaient tranquillement. Le nanméouïe de la femme nous salua en premier.

- Bonjour ! Voulez-vous que je soigne vos pokémons ? Ça ne prendra que quelques minutes. La route est un peu longue jusqu'à Verchamps.

J'avisai alors la petite machine de soins. Barry lui confia son boskara, qui avait écopé de quelques dégâts durant un affrontement sur la route, et je déclinai l'offre de l'infirmière. Riker était encore plein d'énergie.

Nous attendîmes quelques minutes, durant lesquelles j'en profitai pour faire sortir Draco.

Mon nouveau coéquipier était très affectueux et collait sans cesse sa tête à ma paume pour quémander des caresses. Il semblait avoir développé un lien de confiance envers moi extrêmement vite, et pour ma part je trouvais presque aussi simple de ressentir son énergie durant l'exercice de Sara qu'avec mon premier équipier. Ça ne faisait pourtant qu'une journée que je l'avais. Ça me laissait perplexe, mais ce n'était pas désagréable.

Quand Barry récupéra la capsule de Fencer, nous nous remîmes en route. En passant la porte, on se retrouvait sur une grande étendue de sable fin. La route longeait les falaises le long d'une plage sur laquelle s'échouaient des vagues bleu sombres. Je regrettais que l'été touche à sa fin, parce que j'en aurai bien profité et je voyais dans les yeux de mon prinplouf que lui aussi mourrait d'envie de se jeter à l'eau.

Nous avons donc marché une bonne heure pieds nus dans le sable, pestant contre le vent qui nous envoyait des grains dans les yeux. Speed suivait son dresseur en volant. Il avait évolué quand Barry avait affronté Mélina, à ce qu'il m'avait dit.

Le chemin finissait par laisser place à une route de terre instable, puis à un paysage plus classique, avec de l'herbe rase et des pins marins.

J'eus l'occasion d'affronter une dresseuse débutante elle avait un chaglam de faible niveau, ce qui me permit de tester les aptitudes de Draco au combat. Ses mouvements étaient limités et sa manière de se mouvoir différait totalement de tout ce qu'avais pu tester, mais il avait un très bon potentiel. De toutes manières, les pokémons dragons étaient réputés pour être parmi les plus forts.

- Je t'envie un peu, avoua Barry alors que nous approchions de Verchamps.

- Pourquoi ça ?

- Le minidraco. C'est carrément trop cool ! Tu pourrais faire des trucs de malade avec !

Riker grogna.

- Avec Riker aussi, évidemment, se rattrapa-t-il. En fait je dis ça parce qu'il me fait penser au dracolosse de mon père. Tu te souviens qu'on jouait toujours avec quand on était petits ?

- C'est vrai ! C'était un draco à l'époque ! D'ailleurs, tu as des nouvelles de ton père ?

- Pas beaucoup. Ça va faire quasiment un an qu'il gère la Tour de Combat, alors il peut pas venir nous voir…enfin, il m'appelle, c'est le principal.

Il souriait mais je le sentais un peu triste. Il ne semblait pas vouloir en dire plus, alors je changeai de sujet.

- Sinon, tant que tu seras au marais, tu pourras en profiter pour compléter ton pokédex ?

- Louka, sors de ce corps ! Lâchez moi les baskets avec ce truc !

- C'était la condition pour que tu puisse partir, je te rappelle !

Il enfonça ses mains dans ses poches avec un « grumpf » très expressif et nous restâmes silencieux quelques mètres. Nous avons ensuite repris la conversation, parlant de tout et de rien en marchant, lui deux pas devant moi, comme au bon vieux temps.

Au bon vieux temps. Je commençais à perler comme une vieille. J'avais l'impression d'être partie depuis mille ans, alors que ça faisait à peine deux mois.

Nous nous sommes séparés devant le Marais, et j'ai continué ma route droit vers l'arène. La ville était un peu plus petite que celle d'où je venais, avec des petites rues en larges pierres plates et brunes et des maisons de plain pied dotées de pelouses un peu jaunâtres et de lierres grimpant le long des murs de brique rouge. L'absence de vent combinée à l'humidité ambiante rendait l'air un peu moite. J'avais l'impression de me balader dans un décors de film des années cinquante, ou bien dans une carte postale en sépia.

L'arène était également adaptée au paysage : c'était un grand bâtiment de brique, avec un toit marron et de grandes portes vitrées. Les fenêtres étaient hautes, longues et étroites. J'entrai.

Le hall était d'une blancheur éclatante, tout carrelé. Il il avait un escalier central qui se divisait en deux et deux couloirs portant l'inscription « Vestiaires » à l'odeur de chlore qui régnait, il était évident que l'endroit servait également de piscine. Je me dirigeai droit vers la loge, tenue par une petite femme replète aux yeux aigus cachés sous des lunettes rectangulaires.

- C'est pour un combat ? Demanda-t-elle de but en blanc d'une voix sèche.

- Oui, s'il vous plaît.

- Une seconde.

Elle sembla vérifier quelque chose, puis :

- Le champion est libre. Je le préviens tout de suite. Merci de bien vouloir patienter.

Elle me désigna d'un geste un banc à l'autre bout de la salle. Je m'y assis, mon prinplouf juste à côté.

- Une sorcière, murmurai-je, et il hocha la tête.

Nous n'eûmes pas à attendre longtemps, car à peine quelques secondes plus tard la porte de gauche, en haut de l'escalier s'ouvrit avec fracas. Un homme au visage masqué, torse nu et tout en muscles en jaillit.

- Un challenger ! Enfin ! Bienvenue ! Je suis Lovis, plus connu sous le nom du Teigneux, si jamais tu t'intéresse au catch, lança-t-il gaillardement avec un clin d'œil. Et tu es ?

- Aurore, enchantée. Et voici Riker.

- Prinp'.

- Un pokémon eau ? Je t'aime bien, toi ! Allez, on est pas ici pour palabrer !

C'est ainsi que je me retrouvai, à peine quelques secondes plus tard, au bord d'un plongeoir juste assez large pour ne pas perdre l'équilibre, dominant un bassin peu profond où étaient disposées ça et là des plaques , seules zones non immergées. Lovis en face avait l'air tout à fait à l'aise, je préférai pour ma part m'asseoir, gagnant un peu plus de stabilité.

- Youhou ! C'est parti pour un nouveau combat ! Hurla l'arbitre, habillé d'une chemise à rayures blanches et noires. A ma droite, Lovis le Teiiiigneux ! Et à ma gauche, le challenger ! Elle est mignonne mais qui sait ce qu'elle nous réserve ? Va-t-elle se faire emporter par la déferlante ou la dompter comme une navigatrice émérite ?! Veuillez applaudir Aurore!

Quelques personnes qui regardaient le match dans les gradins applaudirent de bon cœur, ce qui me fit sourire. Cette arène avait vraiment une ambiance originale, mais il fallait éviter de me laisser déconcentrer.

- Lovis, veuillez envoyer votre premier pokémon ! Pour rappel des règles, cher public, le challenger fera face à trois pokémons ! Il aura droit à quatre pokémons maximum et au premier coup ! Et puisque notre chère Aurore en est à son troisième badge, elle aura le droit à effectuer autant de changements en pleine manche qu'elle le souhaite ! (Il y eut une salve de cris d'encouragements, puis:) Lovis envoie son fidèle maraiste ! Et Aurore envoie… Un prinplouf ! Voila un choix pour le moins osé ! Elle veut battre le champion sur son propre terrain ! Cette gamine à du cran, j'aime ça !

Prinplouf se plaça sur une des plate-formes instables. Ce combat serait compliqué. Il était hors de question que je me risque à envoyer mon charkos dans ces conditions.

- Tu vas devoir te battre seul, marmonnai-je plus pour moi-même que pour mon allié. (Lui le savait très bien.) Ok, c'est parti !

Le premier coup fusa : une saumure extrêmement rapide et puissante. J'imaginai que mon partenaire avait le lus de puissance possible dans cette attaque, tant pour faire des dégâts que pour montrer qui était le meilleur. Le maraiste, lent et surpris, ne broncha pas quand il reçut la trombe d'eau. Il fut projeté en arrière et tomba du piédestal, faisant un plat qui fit rire le public.

- O...k, sortit le commentateur.

Il n'eut pas le temps de sortir un autre commentaire que mon oiseau marin effectuait un saut pour rejoindre une seconde plaque, puis une troisième, et enfin se propulsait dans les airs pour retomber en frappant avec éclate-roc. La majeure partie du choc fut absorbée par l'eau, et le maraiste en profita pour bloquer l'aile de Riker. Il enchaîna avec un lance boue qui obligea mon combattant à reculer maladroitement, complètement aveuglé par la terre sur ses yeux. L'adversaire resta dans l'eau, depuis laquelle il effectua une boue-bombe qui toucha durement mon allié. Celui-ci, projeté à son tour dans l'eau, grogna.

- Reste dans l'eau, dis-je. Tu es plus rapide que lui, autant essayer de le piéger. Fais moi gagner un peu de temps.

Riker se propulsa alors à toute vitesse. Il nageait très vite, ce qui lui permit de déborder le maraiste facilement. Il se mit à tourner en rond autour de lui, comme un sharpedo guettant une proie.

- Oh oh oh ! Le pingouin se prend pour un requin ! On dirait que maraiste est complètement coincéééé !

- Pas si vite, microbe ! Maraiste, lance-boue vers le fond !

- Bulle d'eau pour te propulser ! Vite !

Mon équipier se retrouva en l'air juste au bon moment : le fond du bassin se transforma quasi instantanément en bande de terre marécageuse. Ce que le champion ne savait pas, c'était qu'il m'offrait une opportunité incroyable de changer de pokémon en créant un mini-terrain stable. En un regard, Riker me fit comprendre qu'il partageait la même idée.

Ses yeux devinrent alors beaucoup plus féroces, et je me rendis compte que si le maraiste n'était toujours pas KO, c'était uniquement parce que mon starter économisait ses forces pour les deux futures manches.

- Là, ça va barder, marmonnai-je.

Le présentateur ajouta :

- J'ai comme l'impression qu'il y a de l'électricité dans l'air, d'un coup. Que nous réserve notre jolie petite dresseuse ?

- Riker ! Bulle d'eau en tournant sur toi-même ! Essaie de le happer !

- Attends, t'essaie de me faire un siphon éco+ là ?! Maraiste, souplesse !

Se jetant dans le mur d'eau, l'amphibien tenta de mettre un coup de patte, puis de queue à Riker, qui esquiva adroitement avant de lui asséner un éclate-roc en haut des côtes, sous la patte avant. L'adversaire bascula sur le côté, et mon oiseau azur l'aida à se remettre – en lui balançant une saumure à la puissance doublée dans la figure. Le corps mou du poisson fit un « floc » sonore en s'écrasant dans la vase, et il décida d'y rester faire un somme.

- Et la première manche est remportée par Auuuuuuroooooore ! Lovis, ne te laisses pas faire ! Aurore, continue ! Faites nous un beau match ! Le public veut du frisson, de la victoire à l'arrachée, des situations critiques ! Montrez-nous ce que vous avez dans le ventre !

- Il es un peu zinzin cet arbitre, non ?

- Il animait des combats de catch, avant. Il a un peu de mal avec la reconversion, répondit placidement Le Teigneux.

- Je vous entends.

- Oups ! Bon, revenons à nos wattouat. Mustéflott, en avant !

Le rayon rouge laissa apparaître un mustélidé à la fourrure rousse qui me semblait familière. L'évolution de mustébouée. Il arborait un sourire suffisant d'où sortaient des crocs effilés, et gardait la truffe haute, dans une attitude dédaigneuse.

- La vache, encore plus vantard que toi, celui-là !

- Prrrinp !

- Soit pas susceptible, rigolai-je, puis plus bas : Il doit être rapide et avoir l'habitude de gagner. Sa confiance en lui n'est clairement pas feinte.

- Priiip prip ! Plouf !

Il l'avait déjà deviné tout seul. Évidemment. Parfois, je me demandais encore pourquoi je m'entêtais à parler.

- Mustéflott, on commence avec météores !

Les étoiles fusèrent droit sur mon prinplouf. Comme pendant le concours. Je n'eus pas à donner d'ordre pour que d'instinct, il sache quoi faire. Prenant un bon appui, il s'élança droit dans le tourbillon lumineux, ses ailes brillantes d'un éclat métallique. En deux temps, trois mouvements, il avait neutralisé l'attaque et pris assez de vitesse pour aller frapper son adversaire en plein dans le visage. Le pokémon fauve se reprit très vite, et d'un croc givre se saisit de l'aile humide de Riker, qui gela quasi-instantanément.

- Dégage-toi, vite !

Il n'en fallut pas plus : chargeant une saumure assez puissante, mon prinplouf se propulsa en arrière.

- Poursuite !

Mustéflott fonça droit devant lui pour cueillir son adversaire au vol, lui infligeant un coup dans le ventre qui l'envoya s'écraser plus loin. Il rebondit durement, mais se remit sur pied d'un salto. Il n'attendit pas plus et fonça, plantant un éclate-roc que le mustélidé évita. Ce dernier lança une saumure dans le même mouvement, ce à quoi mon allié répondit en l'imitant. Les deux trombes d'eau salée se rencontrèrent, mais aucune n'était plus puissante que l'autre. Le terrain se détrempait.

- Riker ! Le sol !

Il capta aussitôt, et réagit en conséquence : il augmenta la puissance du jet autant qu'il put, forçant le renard aquatique à planter ses appuis plus profondément et se courber. Enfin, Riker s'arrêta d'un coup et remonta le jet à toute vitesse, pour aller assener un éclate-roc droit sur le front de son adversaire. De son aile encore gelée, qui de fait pesait beaucoup plus lourd. Il n'en fallut pas plus pour sonner le mustéflott, qui se mit à tituber en arrière. Riker ne le lâcha pas d'un poil et enchaîna griffe acier sur éclate-roc jusqu'à ce que le pokémon à la fourrure de feu tombe KO.

Un règlement de compte en bonne et due forme. Mon coéquipier ne lui avait laissé aucune chance.

J'attendais un commentaire de la part du présentateur. Il était complètement trempé.

Ah, oui, il avait du se prendre le jet d'eau.

- Désolée, monsieur l'arbitre.

- Priinp.

- Heu…c'est…c'est rien. On dirait que le mustéflott du champion a…disons…violemment été mis hors combat ! Un prinplouf sacrément hargneux que nous oppose notre jeune challenger ! Mais un prinplouf qui commence à s'épuiser ! Va-t-il résister à la dernière vague !

- Ça m'étonnerait ! Hurla le champion. Personne ne résiste à la troisième vague ! Surtout pas un oiseau épuisé avec un bec à moitié cassé !

Riker grogna. Je commençais clairement à en avoir marre des commentaires sur le bec de mon équipier. Il était abîmé, certes, mais c'était pas une raison pour taper dessus !

- Tu crois que tu peux tenir encore un peu ?

Il hocha la tête tout en se reculant sur la plate-forme la plus proche de moi. Il ne finirait pas le combat, nous le savions très bien, mais il ferait un maximum de dégâts avant que je le retire du terrain.

- Attention mesdames et messieurs, la Déferlante Lovis envoie l'as de son équipe, son atout majeure, un monstre de rage et de puissance, l'indomptaaaaaable léviatoooooor !

Une ovation partit des gradins pendant que je me figeai. Je vis Riker réprimer un frisson.

Le léviator qui venait de se matérialiser de l'autre côté de la bande de terre était encore plus gros que celui que nous avions affronté sur la route de Voilaroc !

La dernière fois, nous étions en terrain stable, en combat double. Et même dans ces conditions, Riker avait pris un mauvais coup – la principale raison pour laquelle il ne pouvait plus utiliser picpic depuis quelques temps – et c'était Trillian qui l'avait achevé. Et même là, le combat avait été serré.

- C'est…c'est…c'est foutu.

- Qu'est-ce qu'elle marmonne, la petite blonde ? Elle a peur ? Allez, c'est pas le moment de flipper, montre moi c'que t'as dans le ventre ! Hurla le champion de puis l'autre côté du terrain. Draco-rage !

Le déluge de flammes bleues me fit reprendre mes moyens. Riker esquiva en plongeant sous l'eau. Il nagea à toute vitesse vers la bande de terre, se rapprochant dangereusement de son adversaire. C'était risqué, certainement effrayant pour lui, mais sans aucun doute la meilleure chose à faire. À cause de sa carrure, le dragon de mer aurait un mal fou à gérer un combat rapproché.

- C'est parti ! Saumure !

Sautant dans tous les sens, Riker envoyait des bombes d'eau salée là où l'immense poisson semblait avoir des faiblesses. Il visait également les ouïes et les branchies, déstabilisant l'adversaire. Ce dernier enchaînait les morsures dans le vide et les coups de queue qu'il donnait étaient dangereux.

C'était pour le moment un combat stérile : aucun des deux ne faisait assez de dommages pour prendre la tête de la manche.

- Y'en a assez ! Léviator, éloigne moi ça avec saumure !

- Riker, saumure aussi !

Comme lors de la manche précédente, les deux attaques se télescopèrent. Toutefois, le monstre aquatique était bien plus puissant que son prédécesseur. Son attaque prit le dessus et envoya Riker dans l'eau. Mon combattant sortit presque aussitôt, pour esquiver de peu une salve de flammes.

- Rapproche toi !

- Ouragan !

La bourrasque saisit mon oiseau au vol. il s'éleva à plusieurs mètres du bassin, tournoyant sans pouvoir rien y faire. Il battait des ailes dans le vide.

- Essaie d'alourdir la tornade avec bulles d'eau !

Il tenta l'attaque, mais les vents étaient si violents que les bulles lui revenaient dessus. Durant un instant, il fut suffisamment surprit pour se figer. Il sembla alors se remettre d'aplomb.

- C'est ça ! Riker, laisse toi faire !

Je ne sais pas s'il fut étonné de cet ordre, mais il mit un léger temps à l'appliquer. En se laissant porter par le vent, il gagna bientôt le sommet de l'ouragan.

- Et maintenant, saumure !

La bombe d'eau explosa dans l'œil du cyclone, le disloquant d'un coup. Une bourrasque me fouetta le visage pendant que je voyais mon allié faire une chute de plusieurs mètres. Je dus hurler l'ordre à pleins poumons pour qu'il parvienne à couvrir le bruit.

- Bulles d'eau et Griffe acier vrillé !

Mon oiseau polaire se laissa tomber tête la première, à toute vitesse, avant de se propulser dans la direction du dragon comme une fusée.

Sauf que ce n'étaient pas ses ailes qui brillaient, mais son bec.

Le léviator ne put esquiver la fusée qui lui arriva en pleine face, manquant de l'éborgner. Riker effectua une pirouette pour atterrir sur une des plate formes tandis que le corps gigantesque du serpent de mer s'écrasait lourdement dans l'eau.

Riker se laissa tomber, la tête entre les ailes.

- Reviens !

- Alors, ça mesdames et messieurs, c'était un sacré coup ! Notre chère challenger fait voler les pingouins ! Mieux, elle les transforme en missile ! Mais il semblerait que ce soit trop pour notre cher prinplouf ! Aurore effectue un switch ! Quel genre d'adversaire va-t-elle nous opposer ? La décision semble difficile !

Ma main trembla en serrant la capsule de Riker. Je la glissai dans la poche de mon jean et m'essuyai les paumes sur la toile. Ma main continua son chemin vers ma ceinture, à laquelle étaient accrochées mes autres capsules. Je connaissait l'ordre par cœur, et mes doigts agrippèrent sans que j'y pense réellement la pokéball de Syrius.

- Elle a fait son choix !

- Alors, t'es toute pâlichonne ma petite ! Tu vas pas t'mettre à convulser quand même ! Haha !

J'inspirai un grand coup et regardai Syrius à travers le plexiglas rouge.

- Écoutes, le léviator a été salement amoché par le coup précédent. Il te suffit de l'achever d'accord.

Il hocha la tête, et je redressai les épaules.

- Syrius ! À toi de jouer !

Mon dinosaure prit place sur la bande de terre à présent à moitié immergée. Ses pattes s'enfonçaient dans la vase, et l'eau lui chatouillant les orteils lui plaisait moyennement. L'arbitre s'emballa.

- Une pokémon roche ! Un pokémon roche ! J'en crois pas mes yeux, elle nous sort un pokémon roche ! C'est la première fois que je vois ça, quelle impudence ! Elle défie le champion sur son propre domaine puis se met volontairement en position de faiblesse ! Elle veut une victoire totale ! L'humiliation ! Le déshonneur ! Je vous le dis, elle a les crocs cette petite !

Pendant qu'il débitait son speech, le léviator avait porté le premier coup : une attaque saumure que mon reptile de roche avait esquivé de peu, manquant de tomber à l'eau. Il était ralenti par le terrain, mais restait tout de même assez rapide pour tenir tête à la bête. Un bon point pour lui.

- Draco-rage !

- Coud'boule ! Fonce dedans !

La manœuvre était suicidaire, je l'admet, mais je savais que cette attaque infligeait des dégâts fixes. Charkos venant d'arriver, il pouvait en encaisser une ou deux sans broncher.

Les flammes outremer glissèrent sur la peau de charkos sans entamer sa volonté, et d'un coup bien placé il ferma de force la mâchoire du dragon d'eau. Celui-ci recula et secoua la tête.

- Pouvoir antique !

- Ouragan !

Les pierres perdirent leur éclat quand elle furent prises dans le vent, et se mirent à voler un peu partout.

- Pouvoir antique encore !

- Double la puissance de l'ouragan, léviator ! Et recule ! Tu ne pourra pas défaire celui-là, ma petite ! Envoie autant de cailloux que tu veux, ils n'atteindront pas leur cible.

- C'est ce qu'on va voir, marmonnai-je.

Il se mettait à l'abri en pensant que je ne pourrait pas le toucher. C'était sans compter sur un petit tour lui aussi sorti du concours.

- Encore une fois, Syrius ! Mets la gomme !

Les pierres s'envolaient et tournoyaient dans le vide sans but précis. Il me fallait juste en mettre le plus possible, et le petit tour ferait son effet…

- Maintenant ! Reprends le contrôle !

Les morceaux de roches s'illuminèrent tous d'un coup, sous la volonté de mon allié dont les yeux étaient devenus deux spots bleus brûlant sous l'effort. Débordé par le nombre, l'ouragan se disloqua et le léviator ne put éviter les rochers. Son type vol jouant en sa défaveur, il finit par s'écrouler, éclaboussant l'arbitre.

- Super, après le tabassage, la lapidation. Un point de plus pour mon karma.

- Fantastique ! Une victoire de notre challenger qui décidément n'avait pas froid aux yeux ! C'était du beau boulot, mais c'était digne d'un concours ! Aaah, quelle défaite, mon pauvre Lovis !

- Tais-toi, tu veux ? Bien joué, Aurore, dit-il en rappelant son serpent de mer. C'était un beau combat. Tu mérites ton badge palustre.

Il descendit d'un pas assuré du plongeoir pour se diriger vers le fond de l'arène sous les applaudissements enthousiastes du public. Pendant ce temps, je me débrouillai pour faire de même sans tomber. Nous fîmes le tour du bassin pour nous retrouver devant le garçon à la chemise rayée.

Lovis tenait une espèce de petit plateau entre ses mains, sur lequel reposait le durement acquis petit bout de métal brillant.

- En tant qu'arbitre de ce match, je témoigne de ta victoire en trois contre un et ai l'honneur de te remettre cette médaille. Baisse la tête, s'il te plaît. Voiiilààà ! Tu es maintenant un dresseur de catégorie D. il t'es à présent possible de transporter deux œufs en même temps, à condition de ne pas dépasser le nombre de quatre membres actifs au total.

Après quelques salutations courtoises et écourtées au possible, je sortis de l'arène/piscine municipale d'un pas rapide. Je faisais bonne figure mais mon estomac faisait des nœuds.

Je courus presque vers le centre pokémon, qui dieu merci n'était pas assez loin pour que je me perde.

Je me rendis directement au comptoir. L'infirmière – Neita, disait son badge – adopta un regard maternel accompagné d'un sourire discret quand elle se tourna vers moi.

- Bonjour mademoiselle, en quoi puis-je vous aider ?

- Je…je…

Je me stoppai et inspirai un grand coup, mettant mes idées au clair.

- Je viens de faire un combat d'arène. Je crois qu'un de mes pokémons a été sévèrement touché.

- Donnez moi vos pokéballs. Je vais soigner votre équipe et examiner votre équipier plus en détail. Lequel est-ce ?

Je posai la capsule de Syrius sur le comptoir, où elle fut aussitôt emportée par un leveinard, et tendis celle de Riker à la femme aux cheveux incarnats. À travers le plastique rouge de la capsule, je ne distinguais que la forme toujours roulée en boule de mon starter.

L'infirmière activa le mécanisme d'ouverture et le rayon matérialisa Riker sur le comptoir.

Il me jeta un regard triste avant d'écarter son aile.

Son bec était totalement brisé. Cela partait de la toute première fêlure, complètement rouverte, et les craquellements s'étendaient sur tout l'espace cartilagineux comme une toile de migalos, jusqu'à la moitié de la corne gauche. La droite avait été épargnée.

- Ok, surtout, ne bouge pas, mon grand. Je vais arranger ça. Je vais te mettre un bandage pour tout tenir en place et tu vas venir avec moi derrière pour voir le docteur, ok ?

Il hocha doucement la tête, sans un son. Je sentais son appréhension, ce qui n'arrangeait pas la mienne. Je déglutis difficilement.

- Mademoiselle ?

- O-oui ?

- Je vais devoir vous demander d'être patiente. L'opération en elle même sera relativement courte, l'histoire d'une heure ou deux, mais au vu de l'état de votre partenaire, je vais devoir le garder en observation au moins jusqu'à la fin de la semaine, pour être sûre que tout se remet bien.

- Oui, bien sûr, bégayai-je.

- Le mieux serait d'aller prendre un peu l'air. Essayez de vous calmer. Tout va bien se passer, ok ?

Je hochai la tête. Elle appliqua le bandage et disparut par une porte au fond de la salle, emportant mon premier partenaire avec elle. Je serrai les dents et m'éloignai, prenant la porte pour aller m'asseoir un peu dehors.

Tour irait pour le mieux.

Oui, tout irait pour le mieux. Mais pour le moment, il y avait quelque chose de suspect juste sous mes yeux.

En l'occurrence un mec avec des cheveux teints en bleu mal dissimulés par une casquette, transportant un colis pas assez affranchi pour être honnête, et ce avec un air paniqué qui n'appartenait qu'aux malfrats en pleine fraude. L'inquiétude qui tordait mes entrailles se mua soudainement en une rage d'autant plus violente qu'elle était totalement infondée.


Désolée pour le cliffhanger :) Je vous rappelle que si vous me tuez, le prochain chapitre n'arrivera jamais (je sais je suis maléfique)

N'hésitez pas a laisser un com' ou un PM si quelques hose vous chiffonne, si vous avec une remarque à faire ou bien encore si vous souhaitez poser une question ;)

A bientôt !