Hey, salut ! Pas trop attendu j'espère ?
Voici la suite que vous attendiez tant ! (ou pas :p)
Cela faisait une dizaine de minutes de minutes que je suivais ce que je supposait être un sbire en civil. Il ne m'avait toujours pas repérée et se dirigeait vers la sortie de la ville, d'un pas lent.
Nous arrivâmes ainsi devant le Grand Marais, où il s'arrêta. Il s'assit sur un banc près du bâtiment d'entrée et posa le carton à côté de lui.
Je me dissimulai donc derrière un panneau en bois figurant un cradopaud, avec un trou au niveau de la tête. Ou comment voir sans être vu.
Comme il ne se passait rien, je cherchai une position confortable, glissai la main vers ma ceinture. Je n'avais avec moi que Beth et Draco, aussi j'espérai ne pas avoir à mener de combat. Tout à ma réflexion, je fut surprise par le bruit de ma pokémontre.
- Allô ?
- Al ? J'ai fait le tour du marais, j'ai rien trouvé de plus, à part peut être un caillou en forme d'œuf et un mec qui s'appelle Victor. Tu t'en souviens ? Tu sais, c'est celui de Vesti-
- Je sais, Barry, je sais !
- Enfin bref, il m'a dit que c'était une pierre ovale et que ça servait à faire évoluer les ptiravis. Et, euh, t'es où ?
- Devant le marais. En filature. Alors écoute moi bien, tu vas - ou vous, peu importe - tu vas sortir l'air de rien et aller dans la direction du centre pokémon, jusqu'à une de ces planches débiles dans lesquelles tu dois glisser ta tête parce que c'est marrant d'être un cradopaud. Je suis planquée derrière. Et si jamais le mec s'alarme ou quoi que ce soit et que je le perd, je t'étripe. Vu ?
- Tu me sembles un peu sur les nerf.
- Sans blague.
- T'as perdu ton combat d'arène ou quoi ?
- Pire.
- Pire ?
- J'ai gagné.
- C'est pas mauvais, ça.
- Sauf que je viens d'apprendre que la victoire à un prix, et je crois que j'aurais encore préféré perdre.
Il marqua un blanc.
- Je te rejoins vite, fit il finalement avec un ton plus sérieux.
La communication se coupa instantanément. Je me mis à regretter d'avoir été aussi acerbe.
- Aurore, c'est pas le moment. Allez, on se concentre.
Je décidai également de faire sortir Beth de sa capsule. Elle s'ébroua et se mit dans la même position que moi, le regard concentré sur la cible qu'elle n'avait eu aucun mal à identifier. Sa présence m'apaisa, comme si ma petite boule rose émettait des ondes positives.
Ce qu'elle devait certainement faire, à vrai dire.
Il ne me fallut pas attendre longtemps pour voir deux têtes blondes qui ne m'étaient pas inconnues passer dans mon champ de vision, l'air de rien, avant de me rejoindre et de s'accroupir à mes côtés en silence.
- Re.
- Yo.
- 'lut.
- C'est le mec avec les cheveux bleus, là ?
- Ouaip. Il ne bouge pas depuis tout à l'heure, on dirait qu'il attend quelque chose.
Il y eut un silence pensif.
- En attendant, on pourrait peut être se poser un peu partout, non ? Proposa Vicky. Parce là on a juste l'air de trois idiots, voilà la discrétion.
- On commence à attirer l'attention, ouais.
- Barry, arrête de faire des grimaces aux gosses. Tu vois le banc, là-bas ?
- A côté de la maison rouge ?
- Oui. Tu vas te poser dessus et faire semblant de te reposer après un long trajet. Et le plus naturellement possible, s'il te plaît.
- Ça risque d'être difficile.
- Hein ?
- Mon corps sublime ne nécessite aucun repos, car sa tonicité lui permet de ne pas perdre inutilement du temps à s'asseoir sur un banc, par exemple. Comment crois tu que je puisse être si parfait si je passait mon temps à faire des pauses ?
- …
- …
- Vas sur le banc.
- Tout de suite.
Je me tournai ensuite vers le blond aux yeux zinzolin sombre. J'imagine que je pouvais l'appeler « ami ».
- Alors, quoi de neuf ?
- Un nouveau badge. Ça m'en fait trois, et toi ?
- Idem. Le Grand Marais ?
- Calme, beaucoup d'entomomaniacs et de gamins qui viennent après les cours. Ah, au fait, voilà pour toi.
- Merci beaucoup.
- J'ai aussi attrapé un vortente, ajouta-t-il pendant que je glissai la pierre lisse dans la poche de Beth.
Mon petit pokémon sembla ravi de l'objet. Elle passa ses courtes pattes sur la surface poreuse de la roche en forme d'œuf afin de la placer de la manière la plus confortable possible dans sa poche ventrale.
- Tu n'as rien remarqué de plus durant ton séjour en ville ?
- Non, du tout.
Je secouai la tête, puis dirigeai mon regard vers le sbire, cherchant aux alentours un endroit où pourrait se poster mon ami.
Bip, fit ma montre.
- Quoi encore ?
Un message de Barry.
Il a une oreillette. Je viens de l'entendre parler du lac Courage. Je crois que ça a un rapport avec le carton.
Victor, qui avait lu par-dessus mon épaule, me proposa de partir en avant, et d'essayer d'attendre le lac très vite.
- Bonne idée, mais fais attention, reste proche de l'hôtel. Mieux, reste en position après la porte de la plage, pour le bloquer si il faut. Tu es prêt au combat ?
- Toujours !
Il me fit une espèce de parodie de salut militaire, puis se redressa et appela son cornèbre qui se posa sur son épaule. Il partit d'un pas nonchalant, mais il pressa l'allure quant il fut certain d'être hors de vue de l'homme au colis.
Nouveau message de Barry.
Qu'est-ce que ça peut être ?
Du matériel, sûrement.
Rappelles toi les chercheurs qu'on a vu au bord du lac.
Je sais pas pk, j'ai l'impression que c'est autre chose. Il a l'air trop nerveux.
Ce serait quand même pas une bombe ?:/
Je sortis très vite le dossier de mon sac.
Entrée « Lac Courage »
Une simple feuille recto-verso avec des photos. Selon Peter et Marion, ils chercheraient quelques chose au fond des lacs, en commençant par celui-ci. Sous le couvert de la Galaxy Corp (société de couverture basée à Voilaroc et censée mener des recherches sur les nouvelles sources d'énergies), ils avaient demandé une fermeture exceptionnelle des lieux pour « faire des analyses », chose qui n'avait pas paru suspecte aux yeux des autorités puisque c'était assez fréquent.
Ils voudraient vider le lac, tu crois ? :?
Qqu'il y aurait de si génial au fond pr qu'ils le fassent ?
Des ressources, des matériaux rares, des trucs précieux ?
Je les vois mal chercher le gardien du lac :p
T'en es encore à 7 vieille légende ?
Remarque, on sait rien de leurs motivations, mais pk ils chercheraient pas un pkm légendaire ?
T'as pas une idée de ce qu'ils veulent, toi ?Vu qu'apparemment t'es privilégiée.
Pour le coup, ma source en sait rien:(
Les sbires sont persuadés de travailler pour « l'avènement d'un monde meilleur » mais c'est tout.
Les véritables objectifs sont totalement flous.
Et si ils cherchaient Créfadet ? Ça me semblait totalement stupide, mais il ne fallait pas écarter l'option.
Jusque là, ils puisaient de l'énergie, capturaient des pokémons, menaient des recherches sur les ondes psychiques…Capturer un être légendaire n'avait peut être pas de sens en tant que but, mais pouvait très bien être un moyen d'arriver à quelques chose de plus grand.
Si c'était le cas, il valait mieux les arrêter le plus tôt possible. Et ça commençait par ce foutu carton.
Il a l'air de vouloir bouger.
Restes à ta place pour le moment.
Je n'attendis pas la réponse et sortis de ma cachette. Le sbire avait son paquet sous le bras et une pokéball dans sa main libre, l'air détendu mais prêt à combattre s'il le fallait.
Je remis en place ma manche sur mon bras et enfilai ma casquette, enfoncée jusque ce qu'il fallait pour ne pas être reconnue au premier coup d'œil sans pour autant paraître suspecte. Je commençais à avoir le truc. Beth me suivait avec un air tout guilleret qui ne me trompait pas : elle avait cette étincelle de détermination dans les yeux avertissant le monde qu'elle pourrait soulever des montagnes.
Le sbire était méfiant et jetait des regard en biais un peu partout. Je m'arrangeais à chaque fois pour me cacher derrière un groupe de personnes, faire semblant de regarder une vitrine ou consulter une carte, mais quand il s'engouffra dans la porte, je dus attendre avant de le suivre.
Il a quitté la ville. .
Je vais le suivre, et toi tu vas rester un peu en arrière au cas où il tenterait de faire demi-tour.
Sois pas bête, si tu le suis tu pourras le bloquer.
Tu v pas plutôt que sprinte jusqu'à le devancer pr essayer de le ralentir ?
Tu pourrais ?:O
Yep, à dos de ponyta.
Super ! Tu vas te mettre en place entre la route et la plage et tu vas l'affronter
en te faisant passer pour un racketteur ou un truc comme ça.
OK !
Je contactai aussitôt Vicky.
Vicky ! Tiens-toi prêt au combat !
Dès que tu verra le sbire, tu essaiera de te faire passer pour un racketteur et tu l'affrontera, ok ?
comme tu veux chef
pourquoi un racketteur
Pour faire croire à une action isolée;p
En faisant croire que la route n'est pas sûre, ils éviteront certainement de la prendre,
déjà pour éviter d'attirer l'attention,ensuite pour éviter de se faire voler.
Ah ok
mais ils décideront de passer par la route
nord non
Elle est bourrée de kinésistes, de chercheurs de fossiles et de dresseurs qui affrontent tout ce qui bouge,
sans oublier le mec qui te saute dessus si tu passe un peu trop près pour te parler des zarbis.
À mon avis le colis vient de Verchamps pour cette raison u.u
ils auraient fait le tour depuis voilaroc en passant par bonville et unionpolis
pour un simple carton
Unionpolis est une assez grande ville pour qu'ils y aient une base.
L'absence de champion en ce momentdoit bien les arranger è.é
Et si jamais c'était le cas, alors il faut vraiment qu'on choppe ce carton.
Je sursautai quand Barry me claqua le dos avec un sourire goguenard. Il passa la porte en courant puis appela son ponyta pour s'élancer à toute allure. Je le vis manquer de renverser notre cible volontairement quand je mis les pieds sur le chemin.
- Quel boulet, j'vous jure… Allez, Beth on y va ?
- Pttiiiii-iiii !
Elle le mit à sautiller devant moi pendant que nous avancions lentement. L'homme, toujours en colère contre Barry, pestait en avançant à une allure plus vive. Il ne faisait plus attention, ce qui permettait une filature niveau débutant.
Une chance, parce que c'était exactement le mien, de niveau.
Quand il arriva près de Barry, mon ami était appuyé contre son pokémon flamboyant, arborant l'air le plus mauvais possible, son écharpe remontée jusque sur son nez. Je me dissimulai derrière un rocher, prête à bondir.
- Eh, toi. J'peux savoir c'que t'as dans ce carton ?
- Rien d'intéressant, fit l'homme en passant.
Barry l'attrapa par le bras et le repoussa en arrière.
- Ici, c'est mon territoire, pigé. Tu passes que si on le veut. Et pour passer, faudra que tu m'donnes ton paquet.
- Hors de question, sale morveux ! Moufouette !
- Une boule puante, si c'est pas mignon… Allez, mustébouée, viens le rétamer.
Barry avait été assez malin pour ne pas choisir Bokara. Nos starters étaient assez rares dans la région pour attirer les soupçons.
En à peine quelques coups, le mustébouée avait défait la moufette. Le sbire la prit dans ses bras au lieu de la rappeler. Ça aurait dû alerter Barry, qui n'en tint pas compte. Mon ami se rapprocha.
- Alors, t'as perdu, maintenant files moi ce-
- Brouillard !
Une épaisse fumée noire les enveloppa d'un coup, couvrant même la lumière des flammes émises par Flame. Le sbire sortit en courant de la purée de pois, qui se dissipa assez vite, laissant Barry en train de tousser jusqu'à en cracher ses poumons.
- Ça va ?
- Ouais, ouais, super ! Suis le, je reste ici, je le bloquerai encore si il faut !
- T'es un amour ! Je file !
Je dus courir pour retrouver ma cible, qui avait ralenti en arrivant à une distance respectable. Il s'était arrêté pour souffler en plein sur la plage de sable fin appartenant à l'hôtel, sans se douter de ce qui l'attendait derrière la porte.
- Bon sang ! Les gosses c'est vraiment plus c'que c'était ! Mon territoire, l'autre ! Non mais !
Il vérifia le carton puis se remit en route. Il traversa le hall sans s'arrêter, et j'entrai quand il sortit.
Je passai en vitesse, saluant le groom et l'infirmière au comptoir d'un hochement de tête, pour tomber sur Vicky, lunettes de soleil et rictus provocateur, son cornèbre posé sur la manche d'un blouson de cuir dans le lequel il devait mourir de chaud, ses deux nosféraltos volant en décrivant des cercles autour du sbire.
Ce dernier semblait bien plus impressionné qu'avec Barry.
- Eh, le vieux, alors comme ça t'as réussi à passer mon pote ? T'es sur la mauvaise route, je veux ton carton et en plus j'ai une raison de te fracasser la gueule. T'as eu tors de t'en prendre à notre gang.
L'homme au carton ne dit rien et lança trois pokéballs : deux racailloux et un onix, qui, malgré les attaques combinées des pokémons volants assez déstabilisantes, réussirent à mettre KO les deux chauve-souris. Le cornèbre s'acharna encore un peu, réussit à envoyer un racaillou au tapis mais finit hors-combat lui aussi. Le memebre de la Team Galaxie n'en attendit pas plus fila, laissant ses pokémons sur places pour retenir Victor.
Je m'élançai à sa poursuite, mais ne parvint pas à le rattraper tout de suite. Quand il parvint à la bifurcation après le dernier bungalow, je tentai le tout pour le tout : je lançai Draco sur son chemin. Le dragon, malgré son apparence adorable, mesurait tout de même deux mètre et dégageait cette aura mystique commune à leur espèce. Le sbire sursauta et chercha à le contourner pendant quelques secondes qui me furent utiles. Voyant que Draco ne se laissait pas faire, l'homme au carton fit volte face.
J'avais caché mes cheveux sous ma casquette, qui cachait le haut de mon visage. J'avais sorti ma veste en jean beaucoup trop grande, qui me faisait paraître plus épaisse que je ne l'étais. Je pris la voix la plus grave et agressive possible.
- N'espère pas passer, le vieux.
- Mais bordel, je suis pas vieux !
- Je m'en fout. T'as mis hors combat mes deux potes, maintenant tu vas payer. T'as eu tors de t'en prendre aux Black Pingoléons.
- C'est ridicule.
- Ferme-là. Ptiravi, torgnoles !
- Chaglam, griffe !
Beth contrôla l'attaque avec brio avant d'infliger plusieurs claques au félin argenté.
- Hypnose !
- Boul'armure !
L'hypnose échoua, et le félin, resté statique, eut plus de mal à éviter une seconde charge de mon pokémon. Il enchaîna avec feinte, puis une attaque combo-griffe à laquelle Beth resista en se roulant à nouveau en boule.
Mon pokémon rose ne frappait pas assez fort, et le chaglam n'arrivait pas à lui infliger de réel dégâts. Mais à ce rythme, si rien ne changeait, le félin gagnerait certainement.
- Ptiravi, utilise lilliput ! Encore ! Maintenant, écras'face !
Le chat gris se prit la patte dans la figure, assez fort pour reculer.
- Feinte!
- Lilliput encore une fois !
L'esquive échoua : l'attaque feinte touchait à tous les coups. Le chaglam donna un coup de griffe dans le dos de Beth, qui roula sur une mètre et demi. Elle se rétablit gaillardement et secoua la tête avant de charger à nouveau, se lançant dans une attaque bélier quelque peu suicidaire.
Le chaglam l'évita facilement et un autre coup de griffe de sa part fit trébucher mon alliée, qui emportée par son élan se mit à rouler.
- Et t'es le chef de la bande ? Pitoyable…
- Tu devrais faire attention, ce ptiravi va gagner.
- Tu ferais mieux d'utiliser le dragon.
- Je fais ce que je veux, et le dragon il te bloque la route pour empêcher tes fuites de lâche.
Beth s'était à nouveau remise sur pieds et avait réussi à coincer le félin pour lui infliger une série de claques. Le félin bondit en arrière, et réutilisa feinte. Cette fois, il envoya ma courageuse combattante voler plus loin.
Elle eut du mal à se relever.
- Allez, chaglam, achève-moi ce combat minable. Feinte !
- Courage, Beth !
Entendre son nom l'encouragea, et elle se remit debout.
C'est alors que la pierre dans sa poche ventrale se mit à briller.
La lueur se répandit sur tout son corps, effrayant le chaglam qui coupa son attaque. La silhouette de Beth enfla, sa petite couette se divisa en six antennes qui retombèrent doucement sur les côtés de son corps ovoïde, et une queue poussa en bas de son dos.
La lueur s'éteint, laissant place à un leveinard au regard fier et au sourire déterminé.
Beth s'entoura d'une barrière lumineuse en forme d'œuf, qui sembla la soigner. E-coque, je devinai.
Le petit félin revient à la charge, mais Beth fonça dessus en même temps. La feinte du chaglam fut stoppée par une attaque bélier qui envoya l'adversaire valser droit vers mon minidraco. Ce dernier rattrapa le chat, ou plutôt le renvoya avec ouragan. La bourrasque envoya le félin argenté s'écraser au pieds de son dresseur, complètement assommé.
- On dirait que t'as perdu. Maintenant files-moi ce carton.
- Mais qu'est-ce que vous avez avec ce truc ?!
- Ça a l'air précieux. Et t'as l'air d'y tenir.
- Pfff…Je n'ai pas le droit d'abandonner cette mission.
Il regarda en arrière, où il était bloqué par Draco, puis à son dernier pokémon gisant au sol, puis moi qui lui interdisait un repli vers Rivamar. Il ne pouvait pas non plus faire demi-tour.
- Tss !
J'avançai d'un pas vers lui, prête à prendre le colis de force, quand une voix féminine nous interrompit.
- Qu'est-ce qu'il se passe ici ?
J'avais déjà entendu ce ton calme et posé. Je me tournai lentement pour découvrir une femme aux longs cheveux blonds et au visage à moitié caché derrière une mèche de cheveux.
Cynthia Lawner.
Je restai bouche bée quelques secondes, ce qui déstabilisa mon équipe juste le temps qu'il fallut à l'homme pour prendre la tangente.
- H-hé ! Stop !
Je m'élançai, mais trop tard. L'homme avait déjà disparu entre les arbres.
- Qu'est-ce qu'il se passe ici, répéta la Maître, impassible. Cet homme t'as volé quelque chose ?
- Non. Non, pas du tout. Il…il me paraissait juste suspect.
- Suspect ?
Je relevai ma casquette et cherchai mes mots.
- Le lac est bloqué, et ce carton m'avait l'air suspect. J'ai entendu dire qu'ils faisaient des recherches sur le pokémon légendaire du lac, et j'avais peur qu'ils lui fassent du mal.
J'avais totalement improvisé, mais elle ne sembla pas relever. À la place, son regard se porta vers l'entrée du lac, à présent surveillée par deux sbires en uniforme.
- Oui, j'avais voulu aller voir, mais ils n'ont pas voulu m'expliquer pourquoi le lac était fermé. Puisque ce sont des recherches privées, ce qui se passe là est en dehors de ma législation.
Elle était sérieuse ou elle bluffait ? La suite m'étonna.
- Dis-moi, tu es dresseuse ?
- Oui.
- C'est plutôt rare, un minidraco. Tu l'as attrapé toi-même ?
- On me l'as confié, répondis-je évasivement. Elle hocha la tête.
- Tu t'intéresses aux légendes de Sinnoh ?
- Plus ou moins.
- Pour ma part, j'arpente la région pour parfaire mes connaissances des mythes. Un…ami à moi s'y intéresse aussi, c'est pour ça que j'ai décidé de m'y pencher. J'ai grandi dans un village bercé par les légendes. On dit que Célestia est le berceau de la région, à cause de son emplacement sur le Mont Couronné. Toujours est-il que ma grand-mère est la doyenne de ce village, et connaît basiquement tout à ce propos. Elle se fait un plaisir de raconter ses histoires et qui prête une oreille attentive. Tu devrais aller lui rendre visite, si tu veux en savoir plus.
Elle me fit un clin d'œil amical.
- Je te donne ce conseil en compensation pour avoir interrompu ton combat – ou quoi que ce soit d'autre, mais pas sans arrière pensée.
- C'est à dire ?
- J'ai besoin de quelqu'un pour apporter un objet à ma grand-mère. Je ne peux pas y aller moi-même pour le moment. Tu crois que tu pourrais m'aider ?
- Vous me faites assez confiance pour me confier quelques chose à livrer sans même savoir mon nom ?
- Je fais partie de cette catégorie de gens qui croit encore en la bonté de dresseurs qui élèvent leurs pokémons de manière plus que décente. Jusque là, ça ne m'a jamais déçu.
Je serrai la mâchoire. Cette femme était encore plus impossible à cerner que Peter. Est-ce que tous les Maîtres de Ligues étaient comme ça ? Je ne savais pas si je pouvais lui faire confiance ou non, si elle était dans mon camp ou celui de la Team…
En fait, elle semblait n'avoir aucun but. Juste déambuler. Peut être que cet ami dont elle parlait n'était autre que l'homme avec qui elle discutait la première fois que je l'avais vue ? Était-elle son alliée sans être celle de la Team Galaxie ?
Bon sang, c'était compliqué !
- Hum, hum ? Tout va bien ?
- Heu, je réfléchissait. J'ai quelques trucs à faire avant d'aller à Célestia, ça risque de prendre un bon bout de temps. Mais je veux bien le faire.
- Parfait. Prends le temps qu'il faudra, je suis sûre que ce grigri arrivera pile au bon moment.
Elle fouilla dans la poche de sa fine veste de soie noire qui tombait négligemment jusqu'à ses genoux et en sortit une sorte de croc enfilé sur un fil. Il semblait vieux et usé.
Le tenir dans ma main me faisait le même effet que lorsque que j'avais la plaque psy entre mes doigts.
- Je te remercie, jeune dresseuse.
Elle me serra la main avant de partir d'un pas léger en direction de Rivamar. Je me demandais bien ce qu'elle comptait y faire, mais peu importait. Pour le moment, j'avais des amis à retrouver, Verchamps à rejoindre et un rapport à faire.
