BONJOUR LES GENS ! Je sais qu'on est pas dimanche, mais je pense m'être assez faite attendre comme ça ^^'

Il va y avoir un sacré paquet de blabla ici, alors vous pouvez sauter jusqu'à la double ligne si vous voulez zapper :)

En fait, je voudrais m'excuser, cet été j'ai travaillé, puis j'ai repris mes études en école supérieure, ce qui m'a laissé assez peu de temps, qui j'ai préféré consacrer d'autres projets personnels. Du coup ma fiction est passée la trappe. Le bon côté de ça, c'est que j'ai établi le scénario plus ou moins complet ( en tout cas les points majeurs de l'intrigue) et ciblé ce qui me prenait le plus de temps pour essayer d'en changer. En l'occurrence, il s'agit des combats: je tenais à les faire les plus détaillés possibles, en allant chercher les pokémons du personnage, leur niveau, les attaques qu'ils apprennent ou pas, comment elles fonctionnent, etc., ce qui me prenait énormément de temps et me démotivait honnêtement.

Pour la suite donc, je pense à couper les scènes de combat ou les rendre un peu moins détaillées, précises, dans le but de m'épargner un peu de travail et donc aller plus vite (et par conséquent, essayer de tenir les délais...plus ou moins).

Autre point: j'écris un nuzlocke. Le problème, c'est que je me suis vraiment prise au jeu en rédigeant une histoire qui se voulait relativement réaliste. là où se trouve le problème, c'est que l'échec est interdit, ce qui est pratiquement impossible dans une aventure "normale"

Je me permets donc de modifier un peu la règle (peu de mon jeu, il est fini depuis longtemps) et de permettre à Aurore de faire un "game over" (ce qui pourra certainement s'avérer utile pour moi à l'avenir - je sais, je suis sadique). Toutefois, si un pokémon a été éliminer à un point de ma partie, il sera éliminé de l'histoire, ça ne change pas.

Pour finir, je voudrais vous dire que je ne garantis pas les délais. ça va devenir complètement chaotique, avec des chapitres plus longs et moins fréquents, mais cette histoire aura une fin, foi de moi !

Enfin bref, je tenais à m'excuser à nouveau et à remercier DangerJacky972 pour m'avoir un peu secoué les puces x)

Bref, bonne lecture !


La soirée à Verchamps me parut très longue.

Après que Cynthia soit parte, j'étais revenue sur mes pas pour trouver Barry et Victor en train de soigner les deux racaillous et l'onix que le sbire avait abandonnés. Je remarquai que le moufouette du sbire était étendu, à moitié conscient, sur le dos du ponyta. Beth, elle, avait ramené avec elle le chaglam.

- On dirait bien qu'il a abandonné toute son équipe, commentai-je pour entamer la conversation.

- Il va falloir les emmener au centre pokémon, fit platement Vicky. Aides nous à soigner cet onix si tu veux pas le porter.

- Éloignes-toi un peu. Beth, e-coque s'il te plaît.

Ils remarquèrent à ce moment-là que mon ptiravi avait évolué. Il ne fallut que quelques minutes à ma boule rose pour remettre tout le monde sur pieds, puis récupérer des forces grâce à une potion.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé du coup ? Demanda Barry. Tu l'as capturé ?

- Non. J'ai foiré mon coup.

- Sérieusement ?!

- Ne t'énerves pas. Tout ne s'est pas passé comme prévu.

Je leur racontai alors ma rencontre avec Cynthia. Ils levèrent un sourcil curieux.

- Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire ? Marmonna Vicky. Et qu'est-ce qu'il se passe au lac ?

- Pour ce qu'on en a vu, il est envahi par la Team Galaxie, répondit mon ami d'enfance.

Il haussa les épaules, attrapant le pokémon poison abandonné pour rappeler Flame.

- Un groupe commandé par un gars aux cheveux bleus, ajouta-t-il.

- On a pas encore eu affaire à lui, complétai-je.

Nous nous mîmes en route, obtenant un regard tout à fait confus de la part de l'infirmière et du groom de la porte menant à la plage.

- Vous pensez qu'ils vont faire quoi, maintenant ?

- Aucune idée. Je crois que la meilleure chose est encore de ne rien faire.

- Pardon ? Crachèrent les deux garçons, indignés.

- Il faut qu'on reste à notre place, qu'on ouvre l'œil et qu'on ne se fasse pas remarquer. Ils pourraient accélérer leurs opérations si ils se sentaient menacés !

- Menacés ?

Victor eut un rire amer.

- Menacés ? Répéta-t-il. Comment tu voudrais qu'ils se sentent menacés ? On est trois gamins face à une espèce de mafia sous couverture !

- Rectification : trois DexHolders, un dresseur participant au challenge de la ligue, au moins deux champion d'arène, répliquai-je.

- C'est toujours pas beaucoup.

- Alors on mettra deux fois plus d'efforts pour les embêter, souffla Barry avec un sourire en coin.

Le dresseur sourit, mais ne parut pas convaincu pour autant.

- J'en veux personnellement à cette femme aux cheveux violets. Je ne pense pas avoir la force de me dresser face au groupe complet, alors elle sera mon objectif. Et c'est tout.

- C'est déjà bien.

Nous nous sommes alors arrêtés de parler. Le soleil déclinait vite, l'air commençait à se rafraîchir. Nous n'avons pas eu le cœur à admirer le coucher de soleil et nous sommes dépêchés de rejoindre la ville.

Vicky se porta volontaire pour apporter les pokémons au Grand Marais, qui accepta d'en prendre soin, tandis que Barry rassemblait nos équipes épuisées pour les faire soigner. Je m'occupai de nous trouver une chambre de libre, et une fois cela fait je retournai voir l'infirmière.

- Vous êtes la dresseuse du prinplouf, c'est ça ?

- Oui, il va bien ?

- Parfaitement. Je le garde ici cette nuit, il pourra revenir avec vous demain matin.

- Je peux le voir ?

Elle répondit par la négative avec un air à la fois professionnel et sincèrement concerné. Je hochai la tête et la remerciai avant de rejoindre mon ami d'enfance. J'arrivai à son niveau, me figeai, puis laissai tomber ma tête sur son épaule. Il se mit à tapoter mon dos.

- Je sais, je sais. Ça va aller mieux.

Je pouvais sentir l'expression de malaise qui devait apparaître sur son visage rien qu'au son de sa voix. Pour je ne savais quelle raison, ça me fit sourire.

- T'es nul pour réconforter les gens.

- Alors pourquoi tu viens me voir ?

- Parce qu'on est censés être amis, gros débile.

- Toi-même, dit-il en plantant un léger coup de poing dans les côtes, me tirant un rire.

Je le serrai un peu plus fort dans mes bras, avant de m'éloigner et frottant mes yeux.

- Ce voyage prend un tour complètement inattendu, soufflai-je. Si j'avais su, je serais restée chez moi le jour du lac. Tout est de ta faute, crétin.

- Tu regrettes ?

Il avait un sourire extrêmement doux, un regard un peu fatigué que je découvrais. Il avait la tête légèrement penchée en avant, habitude qu'il avait prise pour compenser sa perte d'audition. Je passait inconsciemment les doigts sur mon épaule gauche, à la base des brûlures électriques.

- Non. Pas vraiment, non. Et toi ?

- Non plus. Enfin, la manière dont tout à tourné ne me plaît pas vraiment, mais ça aurait pu être pire. Tu m'as un peu manqué, rajouta-t-il après un silence.

- Ouais, toi aussi.

Il me colla une pichenette et partit vers le leveinard qui rapportait les capsules comme si de rien n'était. Il avait un air léger, que j'aurais cru vrai si je ne le connaissait pas aussi bien. Son regard avait une expression sérieuse de plus en plus intense, là où avant il brillait de malice.

- Al, réflexe !

Trois pokéballs volèrent dans ma direction, et j'en attrapai une sur le lot. Je me penchai pour en ramasser une, et une main se saisit de la seconde. Je remerciai le jeune homme qui me tendit ma pokéball sans vraiment le regarder, mon attention soudainement attirée par Victor qui arrivait juste derrière, en baillant.

- J'ai faim, annonça-t-il en guise de salut.

- Parfait, allons manger alors, répond Barry dans mon dos. Al, tu es nulle.

- Oh, tais-toi un peu.

Il grimaça et se dirigea droit vers le réfectoire, suivi de notre nouvel ami.

- Barry, prends-moi un truc ! J'arrive dans dix minutes, j'ai un coup de fil à passer.

- Comme tu veux.

Je filai alors droit dans notre chambre et fermai la porte. Il y avait trois lits alignés le long du mur du fond, séparés par des petites tables de nuit. Le mur le long de la porte était occupé par une armoire et une petite table avec deux chaises. Mon sac était jeté sur le lit de droite, le plus proche de la fenêtre. Je farfouillai dedans et en extirpai le pokématos. Je composai le numéro de Peter.

La ligne était occupée. Je raccrochai donc et me saisit de l'épais dossier. Je relus la page concernant le lac Courage sans rien trouver si ce n'était son occupation par la Galaxie Corp. ainsi que la légende concernant son gardien divin. Les deux autre lacs de la région avaient leur propre page, quasiment vide. Je passai au fichier concernant Cynthia. Nom, prénom, informations personnelles de base, composition de son équipe active officielle (je me promis mentalement de ne jamais la provoquer en duel), date d'accession à son poste. Cela faisait presque six ans, et elle était restée invaincue malgré de nombreux défis. Je remarquai alors une note en bas des informations de base : c'était une des premières personnes à s'être vu confier un pokédex dans la région de Sinnoh, dix ans auparavant. Elle n'avait pas eu l'objet à proprement parler – il n'existait même pas à l'époque – mais avait collaboré avec Sorbier pour la création de fiche établissant le nombres d'espèces endémiques à la région.

La page suivante consistait simplement en un historique de ses déplacements et actions officiels, ainsi qu'une liste de personnes avec qui elle avait été vue depuis la création de la Team. Il était annoté, à la main et en rouge « Rôle indéfini. A observer. »

Rien d'intéressant de mon point de vue, mais c'était toujours bon de savoir que le professeur en savait peut être sur elle. Peut être même, en tant que Maître de la Ligue et ancienne assistante du professeur Sorbier avait-elle accès à ses dossiers. Si tel était le cas, alors l'agression du vieil homme à Féli-Cité – ma première confrontation avec ces voyous – la disculpabilisait totalement. Mais c'était beaucoup trop simple.

Je soupirai et rangeai le dossier puis fermai mon sac. J'allais glisser le pokématos dans ma poche lorsqu'il se mit à sonner je décrochai aussitôt.

- Allô, Aurore ? Tu m'as appelé ?

- Salut, Peter. Oui, je pense avoir quelque chose qui pourrait t'intéresser.

Je lui racontai les événements de la journée assez rapidement. Il resta silencieux un instant.

- Et donc elle t'as confié ce pendentif pour sa grand-mère ?

- Oui.

- Tu sais ce que c'est ?

- Non. Ça ressemble à un croc de la taille d'un pouce, passé sur une corde. Il dégage quelque chose, comme le bout de plaque esprit.

- Ça doit être un croc de dragon. Certains ont fini par acquérir une espèce d'aura au fil du temps, pas étonnant qu'on s'en serve comme grigri. La plupart des gens ne sentent pas cette énergie, toutefois. Dis-moi, tu n'aurais pas de plus en plus de facilités à comprendre ton équipe ?

- Si, c'est possible, pourquoi ?

- Oh, pour rien. Continue comme ça.

- Heu, très bien.

Il y eut un léger moment de gêne, puis je changeai de sujet.

- Est-ce que tu sais à quoi pourrait servir ce carton ?

- Je parlais justement avec Marion. Le colis vient de Voilaroc. Il contiendrait une bombe, créée et testée là-bas pour pouvoir assécher le Lac. Ils ne prévoient de l'utiliser qu'en dernier recours, d'après ce qu'elle a entendu.

- Mais pourquoi est-ce qu'ils veulent vider le lac ? Ils cherchent quoi ?

- Ça, c'est secret, même pour les sbires. Seuls ceux qui bossent au lac sont au courant, même si des rumeurs circulent. Apparemment, ils chercheraient un pokémon légendaire.

- Pour quoi faire ?

- Aucune idée. Ce genre de créature possède une puissance phénoménale. Mais le capturer n'a aucun sens en tant que but, c'est ce qu'ils comptent en faire qui m'inquiète.

Il y eut une autre pause. Je jetai un œil au dehors par le fenêtre. Je pouvais apercevoir le lac derrière le marais.

- Il y a autre chose. Cynthia, elle a bien aidé le professeur Sorbier dans ses recherches ?

- Oui, bien sûr, pourquoi ?

Là, il semblait perdu. Je lui fit part de mes constatations et suppositions, et il ne se départit pas de sa confusion.

- Il faudrait que je me renseigne. Mais c'est vrai que ta théorie est plutôt bonne. En fait, ça ferait de Cynthia une sorte d'électron libre.

- C'est à dire ?

- Elle a ses propres intérêts, et agis en conséquence. Elle n'est pas avec la Team ou contre elle, mais profite de sa position pour remplir un objectif qui nous est inconnu. Il faut la garder à l'œil.

Il y eut une pause, et je hochai la tête inutilement.

- A part ça, tu as affronté le champion de Verchamps ?

- Oui, éludai-je. Il semble normal.

- Je peux te demander un service ? Je sais que ça va te frustrer un peu, mais j'aimerais que tu restes quelques jours à Verchamps, pour surveiller.

- Pas de problème.

- De l'aide ne devrait pas tarder à arriver, ce soir ou demain. Je lui ai donné ton nom. Il va falloir que tu le mettes au courant de ce qui se passe, entre autres choses.

- Pas de problème. Qui est-ce ?

- Blue Chen. Environ vingt ans, plutôt grand, châtain avec des yeux bleus. Et une coupe improbable. C'est probable que tu le reconnaisses à ça, il ressemble à un héricendre.

- Une seconde. Blue Chen ? Comme dans Blue – Maître de la Ligue Indigo pour le plus court temps de l'histoire – Chen ?

- Oui, celui-là même. Il a son caractère mais il n'est pas mauvais. Évites juste de le tuer.

- Pardon ?

- Je plaisante. Je peux te faire confiance ?

- Évidemment. Je te rappelle si j'ai du nouveau. Bonne soirée.

- A toi aussi.

Je raccrochai et grimaçai en voyant l'heure. J'avais largement dépassé les dix minutes promises. Tant pis. Je posai l'objet sur mon matelas et sortis, prenant soin de bien verrouiller derrière moi, et descendis les marches quatre à quatre.

C'était déjà froid quand j'arrivais. Barry me fit remarquer que j'avais une capacité innée à arriver en retard, et qu'il avait du coup pris les devants et nourri mon équipe. Beth par ailleurs finissait doucement sa part tout en s'occupant de mon petit dragon.

- Qu'est-ce que c'est ? Demandai-je en désignant le contenu de mon assiette.

- Aucune idée, fit Victor. Mais c'est bon.

- C'est immonde, objecta Barry.

- C'est parce que tu n'as pas de palais.

- Plutôt parce que tu as des goûts de chiottes.

- La je vais aller du côté de Barry, ce truc est infect.

- Merci Aurore !

- Tss.

Je me forçai à en prendre quelques bouchées de plus et finis mon repas en me gavant de pain et de baies. Une fois mon ventre plein, je me levai de table. Mes amis m'imitèrent, et même pas un quart d'heure plus tard nous étions tous dans notre lit, à moitié endormis.

Je me levais le lendemain quand le soleil commença à percer à travers les volets mal fermés. J'avais étonnamment bien dormi. Sur ma gauche, Syrius occupait tout l'espace entre le lit et le mur et à ma droite se trouvait Fencer, endormis. Je m'extirpais doucement, en prenant soin de ne réveiller personne. Le lit de Victor était déjà vide et prit d'assaut par son duo de nosféraltos. Je fouillai dans la pénombre à la recherche d'un pull et sortis.

Il n'y avait personne au comptoir : l'infirmière n'avait pas encore pris son service. Je décidai donc de prendre du thé et je remontai vers la salle de communication. Je repérai un téléphone au fond de la salle et vérifiai l'heure. Huit heures et demie, ma mère devait être debout. Je composai son numéro.

- Allô ?

- Allô maman, c'est Aurore.

- Mon chou ! Enfin tu m'appelles ! J'ai cru que tu m'avais oubliée !

- Désolée, j'ai pas mal crapahuté. Il s'est passé plein de trucs depuis la dernière fois, et la je suis à Verchamps pour quelques jours. En fait, j'aurais besoin d'un service.

- Quoi donc ?

- Quand je suis partie, j'ai laissé mon ordinateur à la maison, tu crois que tu pourrais me l'envoyer ?

- Pourquoi as-tu besoin de ton pc ?

- C'est plus simple pour archiver les données de mon pokédex, mentis-je. Je passe mon temps à essayer de trouver un ordi libre.

- Je comprends. Écoute, je te l'envoie au centre en rentrant du boulot, par les machines de transfert. Tu veux autre chose mon laporeille ?

- Ma clé USB qui doit être à côté, si tu peux. Merci beaucoup, maman.

-Pas de quoi mon chou. Maintenant, racontes moi un peu tes aventures !

- T'es pas en train de bosser ? Réalisai-je soudain.

- Si, mais j'ai bien vingt minutes, c'est calme en ce moment. Dis-moi tout !

- Avec plaisir !

Finalement, je lui tins la jambe pendant près d'une bonne heure, et raccrochai presque à regret. Avoir ma mère au téléphone faisait ressurgir une vague de nostalgie, et je réalisai à quel point ma maison me manquait.

Je me relevai lourdement et jetai mon verre en carton vide. Je me dépêchai de descendre à nouveau pour constater avec satisfaction que l'infirmière occupait maintenant son office. Elle me remarqua et me fit un signe de la main avec un petit sourire.

- Prinplouf devra éviter de combattre pendant quelques temps. Évitez tous les chocs et réduisez sa nourriture en petits morceaux, qu'il n'ait pas à mâcher. Je veux le voir tous les soirs jusqu'à mardi, d'accord ?

- D'accord. Merci encore.

Elle me tendait alors la capsule rouge dont je me dépêchai d'extraire mon allié. Il me sauta dans les bras, et je le serrai avec soulagement. Un gros pansement enserrait son bec et sa tête, lui donnant un air de momie, mais ses yeux pé posai la main sur son aile.

- Tu m'as fait peur, tu sais.

- Je sais. Je sais pas ce qui m'a pris. Je l'ai quand même pas mal amoché.

- Tu es incorrigible. Tu ne vas plus pouvoir te battre.

Je sentis alors une vague de tristesse m'envahir. Riker retira son aile et secoua la tête.

- C'est pas grave. On a d'autres trucs à faire, de toutes façons. Et je pense que tu devrais voir Beth.

Il eut un air curieux qu'il garda jusqu'au moment où il découvrit le leveinard. Il manqua de lâcher une larme de fierté en serrant sa coéquipière dans ses ailes. Elle, en revanche, se pencha sur le pansement et une forme ovoïde lumineuse se forma entre ses petites pattes. E-coque marcherait certainement, à la longue, mais Riker lui fit comprendre de ne pas en abuser.

Je récupérai le reste de mon équipe, et après un petit déjeuner en compagnie de Victor, je sortis m'entraîner.

Vers dix heures, mon ami d'enfance vint nous rejoindre, ce qui nous permit de nous entraîner en combats doubles, puis triples (une catastrophe sans nom proposée par une dresseuse originaire d'Unys avec qui je faisait équipe), et vers midi nous décidions de prendre une pause.

Nous franchissions à peine la porte lorsque la pokémontre de Barry sonna.

Il décrocha, et la voix paniquée de Louka se fit entendre.

- Heu… Allô ? Barry ? Je… j'ai rencontré un petit problème.

- Quoi, c'est grave ?

- Oui et non. Enfin, je veux dire je vais bien, mon équipe aussi, m-

- Viens en au faits ! Au faits !

- Oui, oui, pardon. Je me suis faufilé près des entrepôts de Voilaroc. Il en a un occupé par la Team Galaxie, je vous expliquerai en détail plus tard, et je me suis fait chopper.

- Quoi ? M'exclamai-je soudain.

- Heu…Aurore ?

- Oui, ne fais pas attention, continue, répondit Barry. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- C'étaient deux sbires, ils m'ont défié en combat et j'ai réussi à les avoir, j'en ai profité pour essayer de fuir, mais ils ne m'ont pas laissé partir. Un autre me barrait la route, alors je suis passé entre deux containers. J'ai pas fait attention à un clou qui dépassait et mon sac s'est déchiré.

Il marqua une pause, comme s'il cherchait ses mots.

- J'ai entendu l'alarme se déclencher alors j'ai ramassé mes affaires le plus vite possible, mais j'ai pas eu le temps de tout prendre avant que la femme aux cheveux violets débarque avec son moufflair. Je me suis planqué et elle a trouvé mon pokédex.

- Tu es à l'abri, maintenant ?

- Oui. Mais il faut que je récupère mon pokédex au plus vite. Je l'ai bidouillé pour bloquer les trucs importants avec un code, mais ça m'étonnerait qu'il résiste plus d'une journée. Je…je peux pas l'affronter seul, il faut que vous veniez m'aider.

- Ne tentes rien de stupide, j'arrive.

Mon ami coupa la communication presque aussitôt et se précipita droit vers l'escalier, nous deux sur ses pas.

- Je viens avec toi, s'écria Victor.

- Tu sais grimper à dos de ponyta ?

- Je devrais me débrouiller.

Ils débarquèrent dans la chambre et replièrent toutes leurs affaires en quatrième vitesse.

- Tenez-moi au courant, d'accord ? Si il se passe quelque chose je viendrai vous prêter main forte.

- Merci Al, mais on peut gérer ça. Ne t'inquiètes pas, ok ? On t'appelle quand c'est fini.

- J'en doute pas, mais j'aime pas cette bonne femme. Elle pourrait très bien essayer de vous attaquer à coups de lance-flammes.

- On sera prudents, tempéra Vicky. On fuira si ça tourne au vinaigre.

Je hochai la tête, pinçant mes lèvres. Ne pas être impliquée dans l'affaire se révélait plus inquiétant encore que d'en être le cœur. Les deux garçons jetèrent leur sac sur leur dos, arrangèrent leurs balls sur leur ceintures et se dépêchèrent de descendre. Je les accompagnai jusqu'au pas de la porte, et Barry m'ébouriffa les cheveux en guise de salut.

Je restai là quelques instants, hébétée. Je n'eus jamais autant l'impression d'être totalement désœuvrée. C'était exactement la même impression désagréable de vide total qui nous prend lorsqu'on termine une série de livres que l'on avait avidement suivi pendant des années. L'angoisse en plus.

Je fis rapidement un tour complet des options qui s'offraient à moi pour occuper mon après-midi – qui se résumaient à entraînement, visite de la ville ou visite du marais – tout en passant la mais contre la capsule de Riker. Je ne l'avais presque pas sorti depuis qu'on me l'avait rendu, mon pauvre allié ayant largement besoin de repos. Je me décidai finalement à aller chercher mon sac et ma veste, et me dirigeai droit vers la plage.


Les vagues frappaient le sable doucement, le vent soufflait à peine. Ce dernier était frais et chargé d'embruns. Vivifiant, aurait dit ma mère. Je gardais mes chaussures malgré l'envie prenant de me mettre pieds nus, mais l'eau devait être glaciale et le sol humide. J'appelai mon équipe, qui inspecta l'environnement avant de me jeter un regard curieux.

- Temps libre, éclatez-vous.

Draco ne se fit pas prier pour aller barboter, éclaboussant Beth qui restait au bord à esquiver l'écume. Syrius s'allongea, enfonçant son corps dans le sable autant qu'il le pouvait avec un soupir d'aise, et je m'assit contre lui, imitée par prinplouf.

- Tu te souviens du truc de Sara ?

Il hocha la tête, me tendant l'aile. Je l'attrapai du bout des doigts.

- La méditation ? Je pense qu'on a atteint les objectifs, non ? Tu commences même à arrêter de parler.

- Parce qu'on me regardait bizarrement à chaque fois que je le faisait.

- Oui, maintenant on se regarde dans le blanc des yeux sans ciller durant de longues minutes, c'est bien mieux.

- Garde ton sarcasme, s'il te plaît. Qui t'as appris ce genre de trucs ?

- Techniquement, toi. Enfin, pour ce qui est des formulations de phrases. J'avoue que Syrius m'a pas mal aidé.

- C'est vrai, ça ?

- Laissez moi dormir, j'ai pas envie d'être impliqué dans vos scènes de ménage.

Syrius bougea alors légèrement, juste assez pour couper le contact physique. Son énergie disparut aussitôt.

- Je me disais, tu crois qu'il pourrait y avoir une étape au dessus ?

- C'est à dire ? La télépathie ?

- Tu lis dans mes pensées !

- C'est… ce que je suis en train de faire, oui.

- Je… suis encore un peu confuse avec ce concept. Enfin, je veux dire, ça vaut le coup de tenter, non ?

- Non. J'ai besoin d'intimité.

Je soupirai.

- Je vais méditer toute seule alors. Quand j'arriverai à soulever des objets par la seule force de mon esprit, ne sois pas jaloux.

Il le leva les yeux au ciel et s'avachit un peu plus. Je le vis gratter les quelques plumes à la base de son bec consciencieusement. De toute évidence, le pansement le gênait énormément, mais il refusait de se plaindre. Sa fierté restait encore une chose à travailler, mais je m'étonnais des progrès qu'il avait fait depuis note départ. L'espace d'un instant, je me demandai si il accepterait un nouvel équipier capturé, mais l'idée fut avortée avant même de se former réellement. Mon équipe me convenait telle qu'elle était, et je ne pouvais de toutes façons pas ajouter un membre actif à mon petit groupe.

Je secouai la tête et fermai les yeux, inspirant un grand coup. Je me forçai à ralentir ma respiration et à vider mon esprit. L'exercice devenait de plus en plus facile, que ce soit par habitude ou grâce à la plaque. En quelques secondes, je visualisai l'énergie de mes deux coéquipiers à côté de moi. Je me concentrai dessus, faisant passer leur forme globale vaguement lumineuse en un contour un peu plus précis. Il pulsait légèrement au rythme de leur cœur. En projetant un peu plus mon esprit vers mon starter, je réussissait à capter des bribes de pensées, mais surtout des émotions – avec plus de subtilité à chaque fois. Je bloquai le flux, me retrouvant dans un silence total, avant d'étendre encore ma perception. Ça n'alla pas plus loin que Beth, à deux ou trois mètres. Mon petit dragon était décidément hors de portée.

J'inspirai à nouveau profondément, tentant d'étendre encore les limites. L'énergie de Draco se faisait sentir, tout juste hors de portée, perfide invitation. La ligne bloquait, malgré mes efforts pour l'élargir c'était comme un élastique trop tendu. Malgré tout, je forçai encore. C'est alors que le voile craqua.

Tout un flot de pensées brutes, hurlantes et mélangées, mêlées à des émotions sans finesse, explosa dans mon esprit. J'ouvris les yeux, souffle coupé comme si je venais de me prendre un coup de poing. Il me fallut quelques secondes pour me remettre.

- Ça va ? Demanda Riker, une aile posée sur mon bras.

Je hochai la tête.

- Oui, oui. J'ai été…surprise. Je ne pensais pas que vous pourriez penser autant.

Il eut un regard curieux. Je réalisai alors qu'il y avait eu bien trop de voix, de mots, de sentiments différents pour seulement trois pokémons. Ça me frappa alors : le voile d'isolement que j'établissais à chaque fois constituait la limite. Une fois déchiré, mon esprit pouvait accéder à celui de n'importe qui, sur une distance qui devait être impressionnante, puisqu'il n'y avait personne sur le sable. Le prix à payer était cette masse d'informations qui m'expulsait de mon état méditatif.

- On dirait bien que je suis une sorte de professeur Xavier, murmurai-je.

Riker ne parut pas comprendre la référence et retourna à sa demi-sieste. Je me frottai les yeux, avant de me lever, hélant Draco qui s'éloignait un peu trop du rivage. Le château de Beth avançait tant bien que mal, et je remarquai avec amusement qu'elle avait empilé des coquillages dans sa poche.

Je m'étirai en baillant, profitant de l'air chargé d'iode.

- Tiens, la maladroite d'hier soir ! Fit une voix à ma gauche. Il est à toi ce minidraco ?

Je me tournai lentement. Un garçon d'une vingtaines d'année s'approchait d'une démarche décontractée, mais dans les poches de sa veste. Il me fallut quelques instants pour reconnaître le jeune homme qui m'avait tendu la pokéball que je n'avais pas réussi à ramasser.

- Oui. Mais je l'ai pas attrapé dans le coin, désolée.

- Dommage. Enfin, pas étonnant, ils vivent plutôt dans les rivières.

A mesure qu'il se rapprochait, je notai quelque chose qui semblait familier. Un truc dans ses cheveux en pétard et son sourire sarcastique.

- Dis-moi, tu es de Verchamps ?

- Pas du tout, je suis dresseuse. Je participe à la Ligue.

- Oh, d'accord, répondit-il avec un air légèrement déçu. Tu connais quelques dresseurs du centre pokémon ?

Je hochai la tête négativement, sourcils toujours froncés, repensant à ce que m'avait dit Peter. Est-ce que ce garçon pouvait être Blue ? Il soupira. Je tentai le coup.

- Tu cherches quelqu'un, c'est ça ? Tu es ?

- Blue.

- C'est bien ce que je pensais ! M'exclamai-je en claquant des doigts.

Devant son air surpris, j'ajoutai, tendant la main :

- Aurore Sixwicks. Enchantée.

Ses sourcils s'élevèrent encore plus, mais il fit un effort pour ne pas paraître déstabilisé. Il adopta très vite un air serein, me serrant la main brièvement.

- Désolé, je t'imaginais plus vieille.

- Et moi plus…hérissé.

- Pardon ? Attends, est-ce que Peter m'a encore comparé avec un héricendre ?

Il poussa un mugissement de lassitude pendant que je toussotait. Je repris la parole, changeant de sujet.

- Je pense que j'ai des choses à te raconter.

- Certainement.

- Par où je commence ?

- Le commencement. Je suis au courant du statut de la Team Galaxie et de tout ce qui concerne le Conseil de Sinnoh.

- Je vais faire court alors. La Team cherche à mettre la main sur les recherches du professeur Sorbier. Ils ont aussi bloqué l'accès au lac pour des recherches, mais on ne sait pas sur quoi.

- Ça, on me l'avait expliqué.

- J'ai rencontré Cynthia, hier, mais je n'ai rien pu en tirer. On ne sait pas quel rôle elle peut jouer dans cette histoire ni quelle relation elle a avec Galaxie. Elle m'a confié un grigri à livrer à Celestia.

- Ok…

- Et pour finir, ils ont mis au point une bombe pour faire sauter le lac Courage.

- Quoi ?!

Je lâchai un petit rire nerveux.

- Il semblerait qu'ils cherchent quelque chose au fond. Créfadet, selon les rumeurs. Mais on ne sait pas pourquoi.

Il hocha la tête, pensif.

- Compris. Je crois qu'il va falloir qu'on se renseigne sur ces légendes, j'imagine.

- Je peux te raconter celles de lacs. Il y a certainement plus à apprendre, mais ça peut être un début.

- Ouaip. Et en ce qui concerne les points à risque dans la région, les QG, les arènes…

- Il me manque des détails, avançai-je d'un ton peu confiant. Mais j'ai un dossier complet avec moi, tu pourras y jeter un œil.

- Ils te l'ont confié ?

Il paraissait indigné, presque jaloux.

- Parce que j'étais la seule sur Sinnoh, je crois. Tu le veux ?

- Oh, pas maintenant, répondit-il nonchalamment. Tu restes au centre, non ? On fera ça là-bas.

Je haussai les épaules.

- Comme tu veux.

Il s'installa un peu plus confortablement sur le sable et sortit trois pokéballs de sa veste. Quelques flash rouges plus tard, un arcanin gigantesque était couché derrière lui, un roucarnage à côté et un évoli en boule sur ses genoux.

- Sans vouloir être indiscret, je peux te demander ce qui est arrivé à ton prinplouf ?

- Un mauvaise blessure qui s'est mal remise. Le combat contre le champion de Verchamps aura été la fois de trop, éludai-je.

- Aïe. Quel pokémon il combattait ?

- Un léviator.

Blue leva un sourcil.

- C'est ton équipe active ? Demanda-t-il en désignant mes alliés.

- Oui.

- Et le champion, c'est un champion de type eau ?

- Oui.

- Le combat a pas dû être facile.

- Non, pas vraiment.

Il changea de position, plantant son menton dans sa main.

- Tu ne peux pas avoir plus que quatre équipiers pour le moment, c'est ça ?

- Exactement. Mais ça me suffit, j'ai déjà du mal à les gérer.

- Avec une équipe aussi réduite, c'est dommage d'inclure un leveinard en tant que membre actif. Je veux dire, c'est un pokémon absolument génial, mais beaucoup plus utile en voyage qu'en combat. Ça aurait été pas mal d'inclure un pokémon de type plante.

- Ça aurait réglé ma faiblesse à l'eau, oui. Mais je n'ai pas envie de remplacer Beth.

- Je comprends, affirma-t-il en grattant la base d'une oreille de son évoli. Maintenant que j'y pense, tu pourrais te contenter d'entraîner ton minidraco. Ils apprennent des attaques de type électrique.

- Je savais pas.

- C'est marqué dans la fiche détaillée de draco ou dracolosse pourtant, répliqua-t-il en désignant son pokédex – un modèle bleu, légèrement différent du mien.

- Il n'est pas dans le régional. Ça te déranges si je copie tes données ?

- Pas du tout. Mais c'est de la triche. T'es censée le compléter toi-même.

- Je ne copierai que ce qui concerne les autres régions alors, lançai-je.

- Je préfère ça !

Il eut alors un sourire en coin en me lançant l'objet. Je cherchai un câble link dans mon sac – j'étais certaine que Louka m'en avait donné un à un moment ou un autre – et connectai les deux objets. Je restai sidérée en voyant le nombre de pages complètes et de pokémons capturés que l'écran d'accueil affichait.

- Impressionnée ? Fit Blue d'un ton vantard.

- Oh, t'as eu plus de trois ans devant toi.

- Un simple oui m'aurait suffit.

- Je vais pas te faire ce plaisir.

Il ricana. Il fallut quelques minute à mon appareil pour télécharger les données. Nous sommes ensuite restés là ans un silence malaisé pendant quelques minutes, le temps que l'évoli du jeune homme ne décide d'aller jouer avec Beth.

- C'est toute ton équipe ? demandai-je alors.

- Ouais, j'ai laissé les autres avec mon grand-père. Rufus et Aza sont suffisamment forts.

Je hochai la tête.

- Il commence à faire un peu frais, non ?

- Possible. Il vaudrait mieux rentrer. J'ai des trucs à faire, plus, conclus-je en regardant l'heure.


Vers six heures, ma mère m'envoya mon ordinateur, ma clé, rajoutant même au paquet trois paires de chaussettes en laine que j'avais jugé inutile de prendre. Après une profusion de remerciements, je raccrochai à contre-cœur.

- Prriiinp' ! M'accueillit Riker quand j'entrai dans ma chambre.

J'avais dû en changer, aussi le lit n'étaient pas encore fait. Il s'en chargeait, avec l'aide de Beth. Je posai mon ordinateur sur la table, et sortis l'épais dossier.

- Commençons par vider cette clé, marmonnai-je pour moi-même.

Je déplaçai donc les quelques photos sur la mémoire de mon pc, supprimai les quelques cours que j'avais dessus, puis la reformatai pour être sûre que tout soit impeccable. Je fis craquer mes doigts et attrapai la première entrée.

- Fichier un… les membres connus… Hélio…

Il faudrait que je scanne les photos pour les ajouter, pensai-je.

- Ou alors je pourrai scanner le dossier, ce serait plus simple…Remarque, comme ça ça me permet de le modifier plus facilement. Alors, commandante Jupiter…

J'en étais à la moitié de la fiche lorsqu'on toqua à ma porte. Je lançai un « entrez ! » sans réfléchir, tout en fermant l'écran.

- Tu aurais pu me donner ton numéro de chambre ! Ça aurait été plus simple de te trouver. Je peux avoir le dossier ?

- Sans problème. J'étais juste en train de le recopier, alors si tu pouvais me laisser les premières pages ce serait sympa.

- Pas de problème ! C'est ce truc ?

Il n'attendit pas ma réponse pour attraper l'objet et s'asseoir sur le matelas pour le feuilleter.

- Je crois que tu gènes mes pokémons, dis-je en me rasseyant.

- Oh, pardon.

Il se releva d'un bond, permettant à Beth et Riker de finir leur tâche, puis se rassit. Mon starter prit place en haut du lit, s'accaparant l'oreiller, et ma boule rose vint jeter un coup d'œil par-dessus mon épaule avant d'aller chercher sa pokéball pour que je la rappelle. C'était assez étonnant de sa part, mais la chambre étant étroite, elle estimait que c'était plus pratique. Je ne pouvais qu'être d'accord.

Je me remis au travail, regardant au passage ma montre, qui trônait juste à côté de mon sac. Aucun message.

- Ils doivent avoir oublié de me contacter, murmurai-je.

- Quoi ?

- Rien, rien. Je parle seule.

- Oh, d'accord. Ça te dérange pas si je te pose quelques questions de temps en temps ?

- Du tout.

- Cool.

Et il se replongea dans le dossier. Un tintement métallique m'informa que Riker s'était mit à triturer le badge Charbon qu'il portait autour du cou. La cordelette était abîmée, et devenue un peu étroite. Il faudrait certainement la remplacer un jour ou l'autre. Voire l'enlever.

- Ça, c'est fait… Commandante Mars…

Une vague d'amertume me crispa les doigts. C'était à cause de son chaffreux que tout était parti de travers. Si j'avais su, peut-être n'aurais-je jamais tenté de la défier. Ça m'aurait évité bien des embrouilles.

- Aurore ?

- Hm ?

- C'est où ça, le lac savoir ?

- A Frimapic, tout au nord de la région.

- Donc les lacs sont disposés en triangle tout autour du Mont Couronné, c'est ça ?

- Exactement.

- Mh mh.

Je me remis au boulot. Une page, deux pages.

- C'est quoi, cette maison hantée à Vestigion ? Un repère de spectres ?

- Exactement.

- Pourquoi ils avaient besoins de pokémons de type spectre ? Les évolis, je peux comprendre, mais les spectres…

- Aucune idée. Les ondes psychiques peut-être ? Je crois qu'ils sont intéressé par l'énergie, sous n'importe quelle forme que ce soit.

- De l'énergie, des pokémons légendaires… Au moins avec la Team Rocket c'était plus simple, marmonna-t-il.

Trois pages. Quatre pages. Quatre pages et demie…

Bip bip.

Appel entrant : Barry.

- On m'appelle ! Je reviens dans deux minutes.

- Hm hm.

Je me précipitai dans le couloir, tout en décrochant.

- Hey ! Salut ! Fit Barry d'un ton sincèrement enjoué.

- Ca va ? Il n'y a pas eu de problème ?

- Non, trois fois rien ! T'aurais vu ça !

- Raconte ! Viens en aux faits !

- Je rêve ou tu es en train de me presser ?!

- Oui, excuses-moi. Dis-moi tout.

- On est rentrés par effraction pour aller voir dans le hangar. Les nosféraltos de Vicky ont assommé les gardes à coup d'ultrasons avant même qu'on se fasse repérer !

- Et y'en avait pas d'autres ?

- Ils restent à leur poste s'ils ne voient rien de suspect. Là, on avait fait aucun bruit, alors out allait bien. Bref, on a laissé Louka monter la garde, et on a regardé par la fenêtre. C'était plutôt marrant en fait, parce que Vicor a dû me faire la courte échelle et-

- Abrèges !

- Oui, oui pardon. J'en étais où ? Ah ! Oui ! Donc on a remarqué qu'en fait le hangard avait été divisé en deux parties. Y'avait quelques sbires et la Commandante, en train de bidouiller le pokédex. Du coup on a cherché les issues de secours et Fencer les a scellées. Ensuite on est entrés.

- Attends, c'est tout ?

- Quoi, c'est tout ?

- Pas d'infiltration discrète, de plans foireux d'entrée par une trappe ou je sais pas quoi ?

- Nan, on a adopté la même stratégie qu'à Vestigion. Ça a marché une fois, maintenant deux. Je me suis occupé des sbires pendant que Victor combattait Jupiter ! Il lui a laissé aucune chance, je crois que je l'avais jamais vu aussi énervé ! En mode berserk total !

- Tu m'étonnes…

- Héhéhé ! En plus un de ses deux nosféraltos a évolué en plein combat, le pauvre moufflair s'en est pris plein la tête ! Toujours est-il qu'on a récupéré le pokédex en vitesse, détruit leur pc au passage, et qu'on s'est barrés en vitesse. Louka avait planqué les gardes en nous attendant, pour pas attirer l'attention.

- Au fait, tu avais dit que le hangar avait été divisé en deux ?

- Oui, oui, c'est vrai. J'allais y venir. En fait il y avait un mur au fond, clairement monté après coup, avec une espèce de porte d'ascenseur a digicode ou je sais pas trop quoi. Ils ont même pas essayé de s'y mettre à l'abri, donc j'imagine qu'ils avaient pas la clé, carte, code ou je ne sais quoi. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant que tu le notes.

- En effet, merci beaucoup.

- Pas de quoi ma vieille !

- Ça me soulage que ça se soit bien terminé. Tu comptes faire quoi après ?

- Aucune idée. Probablement aller faire un tour à Unionpolis, j'ai entendu dire que la championne avait pris son poste.

- Et Louka ?

- A Littorella. Pour régler un truc avec le prof à propos du pokédex. Certainement pour le sécuriser, j'en sais trop rien et je capte pas la moitié de ce qu'il dit.

- Étrangement, ça ne m'étonne qu'à moitié.

- Méchante !

- Boulet.

-Pfff. Bon, je vais raccrocher. Je t'appelles quand je suis à Unionpolis, si j'y pense. Tchao !

- Bonne soirée !

Je crois qu'il avait raccroché avant même que je lui réponde. C'était l'esprit tranquille que je retournai dans ma chambre, pour voir que rien n'avait bougé. Blue en tailleur au pied du lit, son évoli à côté, Riker en train de comater sur l'oreiller en grattant son bandage, mon ordi toujours en train de tourner.

- Je peux avoir la fiche de Voilaroc, s'il te plaît ?

- Une seconde… là, tiens. Il y un truc particulier ?

- Oui, une petite modification à faire, je vais créer la fiche maintenant pour pas oublier.

- Quoi donc ?

Il avait levé les yeux et arborait maintenant un air concerné.

- Les deux autres DexHolders qui ont commencé leur voyage en même temps que moi étaient à Voilaroc. Ils se sont retrouvés à s'infiltrer dans un hangar appartenant à la Galaxie Corp. et ont remarqué que des modifications suspectes avaient été faites. En l'occurrence, l'ajout d'une espèce de porte d'ascenseur à digicode.

- Verstigion, c'est pas leur QG principal ?

- Si. Mais le bâtiment officiel est une tour de bureaux tout ce qu'il y a de plus banale, on peut même la visiter.

- Tu penses que ce hangar serait relié à une sorte de labo secret souterrain ?

- C'est fort probable. Mais on ne peux pas y accéder pour le moment, alors il vaut mieux se concentrer sur autre chose pour le moment. Remarque, je pourrais envoyer un message à Marion pour savoir si elle a des infos supplémentaires.

- Bonne idée, agréa Blue. Tu as son numéro ?

- Peter me l'as donné, expliquai-je en sortant le pokématos de mon sac.

Je commençai à taper le message.

- Ce serait pas plus sûr de le garder sur toi ?

- J'ai tout d'important dans mon sac, du coup j'y fait beaucoup attention qu'à mes poches. Mais j'avoue que j'ai hâte d'avoir fini de taper ce dossier, ça me permettra de trouver un système plus fiable.

- J'ai peut être une idée.

Je levai un sourcil curieux tout en appuyant sur le bouton d'envoi. Blue se leva et désigna l'objet.

- Je peux ?

Je lui tendis avec une légère circonspection. Il attrapa le pokématos et l'examina sous tous les angles.

- Il faudrait que je le modifie un peu, mais je pense pouvoir faire un truc chouette.

- J'ai l'impression d'entendre Louka.

- Qui ?

- L'assistant du prof Sorbier. Il bidouille pas mal de trucs. Il a même réussi à mettre au point un détecteur de métal fonctionnel sur sa pokémontre. Pas que ça serve à grand-chose, mais bon…

- Hé bien, disons que j'aurais deux-trois trucs à lui montrer à l'occasion, fit-il avec un rire.

- Qu'est-ce que tu veux en faire, au final ?

- Ajouter un port USB, une carte mémoire et un script Améliorator.

- Heu…pour quoi faire ? Je veux dire, j'imagine que tu veux que je copie le dossier sur ce truc plutôt que sur une clé pour n'avoir qu'un objet à protéger, mais le script…

- Système de sécurité. En fait, j'ai un porygon. Plutôt que dans les pokéballs, ils aiment vivre dans les objets informatiques. La seule condition pour qu'ils puissent les accueillir, c'est d'avoir ce script. En échange, les porygons protègent toutes les données avec une efficacité sans faille.

- Ça me semble être une bonne idée !

- Évidemment, c'est la mienne.

Il arbora un petit sourire vaniteux en me rendant mon pokématos, qui émit une sonnerie.

- Réponse de Marion ?

Je hochai la tête et ouvrai le message. Il disait :

Salut ! Écoute, j'étais au courant que quelque chose se trame au sous-sol, le problème c'est qu'il y en a deux (ou plus). Je suis autorisée au labo de recherche souterrain le plus basique, mais ceux d'en dessous sont réservés aux chercheurs et seuls certains membres y ont accès, dont Hélio, Saturne, et le chez des scientifiques, Pluton. Je vais ouvrir l'œil, et aller voir cette porte à l'occasion. Je n'avais aucune idée de comment accéder aux niveaux inférieurs.

Je te tiens au courant s'il se passe quelque chose.

- L'organisation m'est totalement incompréhensible, souffla Blue. Pourquoi certains commandants et pas d'autres ?

- C'est inscrits dans les dossiers que je t'ai empêché de lire. Hélio est le chef suprême, le cerveau de la Team.

- Ça, je le savais.

- Quant à Saturne, il est chargé de coordonner les recherches au niveau du Lac Courage, probablement des autres Lacs s'il arrive à avoir les autorisations. C'est un ancien scientifique, d'après les enquêtes. Mars et Jupiter étaient chargées de récolter des l'énergie ou capturer des pokémons. De ce que j'ai pu voir, Mars travaillait en tant qu'ingénieur dans une centrale à Kalos, et Jupiter était à la tête de la Galaxie Corp. originelle, une petite entreprise de recherche informatique sans grande envergure avant qu'Hélio n'en prenne la tête.

- Et Pluton ?

- Il est plus âgé que les autres. Des rumeurs disent qu'il a participé à la création de mewtwo, mais d'après le document : « Puisque l'on ne connaît pas son nom réel, il est impossible de le confirmer, mais Auguste semble trouver l'homme familier » et là encore, Auguste a travaillé avec tellement de gens au cours de sa vie qu'il est probable qu'ils aient collaboré sur un tout autre projet, voire même qu'ils se soient simplement croisés lors d'une conférence.

Blue avait attrapé les feuilles et fixait les photos comme pour les graver dans sa mémoire.

- Comment ça se fait qu'on a pas son nom, si on a sa photo ?

- On ne sait pas de quelle région il est originaire, et aucun document officiel interne aux régions de Kanto, Johto ou Sinnoh ne le mentionnent. Un véritable fantôme. Le Plateau Indigo doit probablement être en train de s'accorder avec les autres régions pour étendre son périmètre de recherche-

- Mais ça risque d'être long, devina Blue.

Je hochai la tête.

- Tant pis. C'est pas une information vitale, conclut-il en haussant les épaules.

Il reposa les fiches dans le dossier qu'il reboucla soigneusement.

- Je pense que tu pourras continuer demain, commença le jeune homme en tapotant mon portable, pour le moment il vaudrait mieux aller manger. Et au fait, tu accepterait de sacrifier ta clé USB ?

- Est-ce que j'ai le choix ?

- Pas vraiment.

- Parfait. Allons manger alors !