Bonjour à tous ^^

je m'excuse du temps que j'ai pris pour faire ce chapitre, qui en plus n'est pas vraiment long, mais j'ai eu beaucoup de mal a m'y mettre et à y consacrer du temps.

Mea culpa.

Bonne lecture !


La brume qui couvrait la montagne était tellement épaisse qu'elle en paraissait vivante. Un dragon de buée se mouvant entre les pics rocheux, embrassant la terre, nourrissant l'herbe déjà gorgée d'eau, cachant les falaises au yeux des intrépides s'éloignant du chemin. La route était difficile : un simple chemin de caillou et de terre humide serpentant le long d'une montée interminable entrecoupée de plateaux et de ponts surplombant une rivière que nous ne pouvions voir. Nous la devinions loin en dessous au bruit que faisait le débit infernal du courant – mais elle aurait pu être seulement deux mètres sous nos pieds, pour ce que le brouillard absorbait les sons.

Blue marchait à un pas seulement devant moi, aux côtés d'Aza dont la fourrure écarlate rayonnait légèrement, nous évitant de nous perdre de vue si nous nous éloignions trop. Je serrais la bandoulière de mon sac, luttant pour garder l'équilibre et assez peu rassurée par les cris de pokémons tout autour.

- Mais pourquoi installer un village ici ? Marmonnai-je.

- Ça fait déjà quatre fois que tu poses la question. J'ai toujours pas la réponse.

- Certain ?

- Ok, peut être une idée.

Il attrapa mon bras pour m'aider à passer un rocher assez haut, et nous nous arrêtions deux secondes pour souffler.

- Alors, cette idée ?

- A Johto, le village des dracologues, Ebenelle, il est foutu pareil. Enfin, je veux dire, perdu dans la montagne.

- Y'a autant de brume ?

- Pire. La route passe par un tunnel entièrement gelé. Le village est plus bas alors il fait légèrement meilleur, mais globalement ça caille sévère.

Je grimaçai, réprimant un frisson.

- Pas étonnant qu'ils aient un caractère de merde, à force de vivre dans des coins pareils, râla-t-il.

- J'imagine que c'est ce qui participe à faire d'eux de bons dresseurs.

- C'est même sûr et certain. Mais faut être totalement fou.

Il rigola un peu, pris une grande inspiration et se remit à marcher, pendant que je faisait de même. Nous sommes restés silencieux durant toute la côte, et nous avons finalement atteint un pont de corde comme nous en avions déjà passé, tellement long que l'autre bout était totalement invisible.

- Il est encore plus inquiétant que les autres celui-là !

- Quoi, t'as peur ?

- Moi ? Évidemment que non !

- Passe d'abord alors.

- Oh, je t'en prie, les dames en premier.

- Voyons Blue, tu es plus lourd que moi, ce serait mieux que tu y ailles avant.

- L'inverse me semble plus logique.

Il se tut, et je ne sut pas quoi répliquer. Nous sommes restés un peu à fixer le pont d'un air inquiet, lèvres pincées.

- On se la joue à pierre-feuille-ciseaux ?

- Trois manches ?

- Trois manches.

Et trois manches plus tard, Blue a rappelé son arcanin et posé le pied très, très, très doucement sur la première planche. Comme toutes les autres, elle était patinée et épaisse mais pas vermoulue malgré l'humidité ambiante. Elle grinça. Le pont tangua.

- Ok, j'avoue, je suis pas à l'aise là.

- Le pont à l'air solide, si ça peut te rassurer.

Une bourrasque souffla à ce moment là, faisant tanguer la passerelle de corde. Blue hurla, je fis de même. Mon regard croisa le sien, et nous avons éclaté de rire. Les planches avaient à peine émis un son, les piquets n'avaient pas cillé.

- Viens avec moi !

J'hésitai. La rivière me semblait vraiment loin en dessous.

- Allez ! Me pressa Blue.

Il y avait dans sa voix un léger soupçon de supplication qui devait être totalement inconscient. Jamais il ne se serait abaissé à ce genre de chose.

- Bouges pas. J'arrive, concédai-je.

Je le rejoins en me tenant à la corde si fort que mes doigts m'en firent mal. Mes mais commençaient à être gercées.

- On y va ?

- Ouais, allons-y.

Nous nous sommes enfoncés dans la brume pas à pas, épaule contre épaule, paniquant à chaque coup de vent. Quand enfin l'autre bord de la crevasse apparut dans mon champ de vision, je dus refréner l'envie de partir en courant. Nous sommes restés prudent malgré nos pas qui se faisaient plus empressés, et quand nous avons mis les pieds sur la terre ferme, j'ai poussé un énorme soupir de soulagement, ce qui fit rire mon compagnon d'infortune. Je le frappai dans le bras.

- On est presque arrivés, m'annonça-t-il en désignant une masse noire qui se détachait un peu plus bas.

La brume se faisait moins épaisse, et on devinait facilement la formes de maisons rassemblées les unes contre les autres. Le village de Célestia s'étendait enfin devant nous, enfoncé dans une cuvette au creux de la montagne, à seulement quelques centaines de mètres. Après trois jours horribles à lutter contre le vent et la brume, j'eus presque envie de pleurer.

- Tu compte rester plantée là ? Allez, on bouge ! La vue est pas terrible en plus.

Et il repartit d'un pas décidé, glissant sur le premier galet qui croisa sa route.

- Et bah bravo !

- La ferme !

Environ vingt minutes plus tard, nous avions descendu le petit sentier escarpé qui menait au hameau et nous retrouvions devant une petite arche de bois rouge qui en marquait l'entrée. La brume flottait en fin filets, et la lumière nous arrivait enfin.

- Je pensais qu'il faisait déjà nuit, marmonna Blue.

- Tu crois qu'il faut aller où, maintenant ?

- Heu…au centre non ? On ira voir la vieille après.

- Oui, bien sûr, mais c'est surtout que je vois pas de toit orange là.

Nous sommes restées confus quelques instants, avant de nous décider à marcher. Cela s'avéra payant, parce que la première bâtisse sur la gauche de la place central – autour de laquelle rayonnaient toutes les maisonnettes – affichait une pancarte « centre et boutique pokémon ». Elle ressemblait à n'importe quelle maison du coin, avec ses murs en bois rouge et son toit d'ardoise, sauf qu'elle était plus haute, plus large, et dotée d'une petite terrasse. La porte était peinte en orange vif, avec un symbole en forme de pokéball peint en blanc par-dessus. La peinture devait être récente : elle brillait avec force.

La première réaction de l'infirmière fut d'ouvrir grand les yeux en nous voyant entrer, expression qu'elle remplaça par une sourire qui s'étendait jusque dans ses yeux sombres.

- Bonjour, bienvenue à Célestia !

Elle sortit de derrière son comptoir, suivie de son charmina. Elle ne portait pas l'uniforme classique, seulement une blouse vert pâle ouverte sur une robe de laine grise. Elle vint nous serrer la main avec un enthousiasme débordant, ses fossettes se creusant encore plus sur son visage fin. Elle était très jeune.

- Je m'appelle Perrine, je suis enchantée !

- Heu, merci beaucoup, moi aussi. Aurore, au fait.

- Moi c'est Blue.

- C'est de plus en plus rare qu'on vienne ci, vous êtes des courageux !

Elle marqua un blanc, puis une lueur de panique marqua brièvement son regard.

- Je manque à mes obligations ! Confiez-moi vos équipes, je vais les soigner ! Enfin, sauf s'il y a des soins particuliers ?

- Non, répondîmes-nous en chœur.

Le charmina nous tendit un plateau dans lequel nous avons posé nos capsules, et nous nous sommes rapprochés du comptoir en suivant la jeune femme.

- Vous comprenez, je gère surtout la boutique d'habitude, je fabrique les médicament. C'est mon frère qui soigne, mais aujourd'hui il est au repos. Comme il n'y a personne, vous comprenez…

Nous avons hoché la tête.

- Qu'est-ce qui vous emmène ici d'ailleurs ? Les ruines ?

- Oui, plus ou moins, répondis-je. J'ai aussi un paquet à livrer à la doyenne du village.

- La vieille Damara Lawner ? Elle habite un peu plus loin, près de l'antre d'entraînement. Célestia est tellement petite que vous ne devriez pas avoir de problème à la trouver. Vous devriez quand même aller faire un tour près des ruines avant, elle y traîne souvent.

Nous avons hoché la tête a nouveau et Perrine me rendit enfin mon équipe. Je fis aussitôt sortir Riker, qui s'ébroua.

- Oh mon dieu, qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?

Mon starter et moi avons échangé un regard entendu. Il n'avait plus de pansement, mais son bec était fendillé de tous côtés, et la base de sa corne gauche était pratiquement inexistante.

- Une blessure qui s'est amochée, éludai-je. On m'a dit qu'il faudrait probablement attendre qu'il évolue pour que ça se fixe, ajoutai-je en repensant aux dires de Judicaël, l'interne au lockpin.

- Mais…il ne peux pas se battre.

- Non.

- Et s'il ne se bat pas, il n'évoluera pas.

- Là est le problème, intervint Blue. Je sais que les dracologues ne s'occupent pas de leurs pokémons de la même manière que les dresseurs lambda. Peut-être que vous pourrez faire quelque chose ?

Je le regardai avec une légère surprise. Son visage était tourné vers Perrine, qui triturait ses épaisses boucles aux mille reflets sombres, les lèvres pincées.

- Je n'en sais rien. Je sais préparer des remèdes à base de plantes, des pansements, mais ça s'arrête là. Peut-être que mon frère en saura plus. C'est lui est ici demain, demandez-lui !

Par la suite, elle passa quelques minutes à nous expliquer comment étaient fabriqués les médicaments traditionnels, tout en nous accompagnant jusqu'à la chambre du centre. Elle nous confia la clé devant la porte.

- Je vous laisse vous installer, conclut-elle avec un clin d'œil entendu.

Elle revint sur ses pas, nous laissant pantois.

- Mais…heu…on est pas ensemble, hein ! Fit enfin Blue, un peu tard.

Je pouffai.

- Je crois qu'il va falloir s'y faire.

- Si j'arrive pas à me faire une belle brune à cause de toi tu vas morfler.

- Ooh ! L'infirmière t'intéresses ?

- Nan.

- Peut être un peu, avoue-le.

- Non, je te dis !

- Menteur !

- Pête-couilles !

Nous sommes entrés et avons posé nos affaires en échangeant insultes et coups de coude. Quand enfin nous nous sommes arrêtés, Blue s'est laissé tomber sur son matelas, son sourire en coin habituel reprenant sa place sur son visage.

- Tu crois qu'on devrait porter un panneau ?

Je me mis à rire bêtement, ne trouvant rien de plus à répondre. Le rouquin se laissa tomber à plat dos, et son évoli grimpa sur son ventre où il se roula en boule.

- Et merde, je suis piégé.

- Bien fait !

- Mais j'ai fait quoi encore ? Pourquoi tant de haine ?!

- Parce que tu es une diva.

- C'est pas vrai !

- Jamais de ma vie je n'avais croisé un être humain se rapprochant autant d'une princesse Disney !

Il rit, puis se mit à chanter, faux :

- Un jouuuuur mon priiiince viendra…

- T'en connais pas d'autre ?

- Si, mais je me sens très en phase avec Blanche-neige. Ce qui tombe plutôt bien, parce que je crois qu'il y aurait eut conflit d'intérêt avec la belle aux bois dormant, n'est-ce pas, Aurore ?

- Tais-toi. Tu fais baisser le Q.I. de la ville.

Il grimaça pendant que j'attrapais mon pokématos au fond de mon sac. Riker assistait à nos échanges en couinant de rire, puis me jetais des regard légèrement moqueurs. J'enfilai mon manteau et glissai l'objet dans ma poche, avec la clé et mon pokédex.

- Allez, debout ! On va aux ruines.

- Je peux pas, j'ai un évoli sur les genoux.

- Comme tu veux, répondis-je en haussant les épaules.

Je m'avançai vers la porte, suivie par Riker qui sautillait, content de se dégourdir enfin les pattes.

- T'oublies pas un truc ?

- Heu…dire au revoir ? Je savais pas que tu étais autant attaché à ça.

- Oui et non. Le grigri.

- Oh zut ! Merci.

- Pas de quoi. Appelles-moi si y'a un souci, je te rejoins dès que j'ai fini ma sieste. Enfin, je veux dire, dès que Fauve sera réveillé.

J'attrapai l'objet et fermai doucement la porte. Perrine n'était pas en bas, mais son charmina m'adressa un petit signe de la main. Le froid me pris à la figure des que je mis le pied dehors. Et je frissonnai. Riker, lui, semblait tout à fait à l'aise. Une flopée d'airmures passa dans le ciel.

- Alors, les ruines. En avant.

Je rejoins la place centrale, une statue abstraite représentant trois formes humanoïdes tournoyant autour d'une sphère. Il y avait des bancs autour, l'un d'eux occupé par une fille d'à peu près mon age. Elle avait un sonistrelle sur les genoux, et un air impatient sur le visage. Elle m'offrit un regard bienveillant quand je m'approchai.

- Heu, salut ! Désolée de te déranger, mais est-ce que tu pourrais me dire où sont les ruines ?

- Tu me déranges pas. C'est par là-bas, fit elle en tendant le bras vers le nord de la ville. Il faut aller tout droit, il y a une arche. Tu la passes et tu suis le chemin. C'est tout simple.

- Ok, merci.

- Attends, tu veux que je t'accompagne ?

- Ne t'embêtes pas ! Je veux pas te déranger, vraiment !

- Je te dis que c'est bon ! J'attends juste un étouraptor, il aura aucun problème à me trouver que je sois ici ou là-bas. Et puis honnêtement y'a pas grand-chose à faire ici, ça me fait plaisir de voir de nouvelles têtes ! Tu participe à la ligue ?

- Oui. Et toi ? T'es dresseuse ?

- Nope. Enfin, pas vraiment. Je suis dracologue apprentie. Ça se voit à l'uniforme.

Elle désignait d'un doigt fier sa veste courte en cuir couleur brique, dont le dos était frappé d'une tête de carchacrok stylisée. Elle était élimée aux coudes, avait un col rapiécé et des gants dépassaient de la poche. L'apprentie portait aussi de solides bottes de la même matière, aux lacets dépareillés.

- On est plus vraiment beaucoup à devenir dracologues dans la région. Ma régente a dû s'absenter pour la journée, alors je prend du repos. Je suis la seule apprentie, pour le moment.

- Régente ?

- Un dracologue confirmé qui accepte de te prendre comme élève. Ça fonctionne toujours comme ça, un régent et un apprenti. En général on reste s'entraîner dans l'antre, mais parfois on part sur les routes. C'est cool. Galère, mais cool.

Nous arrivions à hauteur de la porte – une autre arche de bois massif, peinte en dorée. Le sonistrelle était posé sur l'épaule de sa dresseuse, les oreilles se tournant dans tous les sens, à l'affût du moindre bruit.

- Par curiosité, comment ça marche le système de la Ligue ?

- Heu, faut avoir un pokémon, une autorisation si on est pas majeur et être déclaré officiellement dresseur.

- Tout le monde peut y participer ?

- C'est le principe, oui. Pourquoi, c'est différent chez les dracologues ?

Elle réfléchit une seconde, cherchant ses mots.

- Déjà, les enfant d'ici ont plus de chance de l'être, parce que les gens viennent plus trop. Il faut passer une épreuve de moralité et de courage avant même de pouvoir espérer être candidat.

- C'est à dire ?

- La doyenne nous pose des tas de questions, avec son lucario à côté. Il sait exactement quand tu mens et comment est ton âme. Ensuite il faut réussir à grimper sur la falaise du Mont Couronné pour aller récupérer un œuf de dragon.

- C'est pas dangereux ça ?

- Les dracologues sont là pour surveiller. Mais de toute manière, il faut bien apprendre à le faire. Enfin bref, si on réussit cette épreuve, on garde l'œuf. Et on peut enfin avoir un régent, si quelqu'un accepte de te prendre son son aile.

- C'est…impressionnant.

- C'est de la volonté. Et de l'habitude, ici on apprend à vivre au milieu des dragons, en plein dans la montagne. On nous apprends à être humbles et respectueux, même si ça me fait parfois un peu défaut.

Elle eut un petit rire nerveux.

- Et comment se finit la formation ?

- Avec l'épreuve finale. Oh pardon, je voulais dire : l'Épreuve Finale. On met un minidraco devant toi, et s'il décide de te choisir comme dresseur, alors tu es digne de faire partie des dracologues. Enfin, ici c'est des minidracos, ça change avec la région. Hé, on est arrivées !

Je m'attendais peut être à plus impressionnant. Il s'agissait d'un trou immense qui dévoilait deux parois de deux mètres de haut de chaque côté d'une sorte de porte. Chaque paroi était gravée du dessin d'un immense pokémon qui m'était inconnu. Il y avait, au centre de la cuvette, un petit autel traditionnel à l'intérieur duquel brûlait une bougie.

- La doyenne doit être là. Elle pourra te raconter les légendes du coin mieux que moi.

J'allais répliquer lorsque du coin de l'œil j'aperçus quelqu'un sortir en courant.

Des cheveux azur.

Un uniforme ridicule.

- Oh, c'est pas vrai !

Je fonçai droit vers lui, envoyant Syrius au combat. Mon dinosaure bloqua la route du sbire, qui appela un moufouette.

- Je connais la technique, met les K.O., vite !

Le pokémon poison n'eut pas le temps de lancer une buée noire qu'il avait déjà volé plus loin. La peur se dessina sur le visage de l'homme en uniforme quand mon charkos darda sur lui ses yeux brillants. Le sbire recula. De la porte sortit alors une vague de fumée noire, qui me prit de court.

- Sonic, anti-brume ! Hurla l'apprentie.

Le brouillard se dissipa instantanément, dévoilant deux autres sbires en train de prendre la fuite.

- Restes ici ! Va voir à l'intérieur, je les suis ! Lança la fille avant de se mettre à courir.

Je fonçai vers la porte, laissant Syrius devant pour empêcher quiconque de rentrer ou sortir. J'appelai Draco, qui se déploya dans toute sa grâce. Les orbes qui étaient apparues au bout de sa queue quant il avait évolué sur la route se mirent à briller doucement, dévoilant une pièce immense, aux murs de pierres antiques. Celui du fond était illustré d'une fresque qui m'intéressa peu en comparaison à ce que j'avais devant moi.

Une vieille dame, à l'allure fière et au kimono impeccable se tenait derrière un tranchodon semblant beaucoup trop vieux pour se battre, dans une position défensive.

En face se tenait l'homme que j'avais vu au Mont Couronné. Le chef de la Team Galaxie. Hélio.

Devant lui se tenait un farfuret à l'air féroce, un nosféralto et un cornèbre planaient autour d'eaux.

L'homme à l'air sévère ne daigna même pas tourner la tête. Il se contenta de faire glisser son regard dans ma direction, m'offrant un regard glacial malgré l'expression de son visage qui se voulait neutre.

- C'est étonnant cette habitude qu'ont les dresseurs de débarquer partout où nous sommes, n'est-ce pas ? Je ne t'ai jamais rencontré face à face, mais j'ai bien entendu parler de toi. Peu m'importe ton nom. Pars d'ici.

- Je suis désolée, articulai-je avec un élan de courage malgré la pierre qui obstruait mon ventre, mais je vais devoir vous demander de laisser cette dame tranquille. Nous pouvons juste discuter, n'est-ce pas ?

Il resta silencieux, mais ses yeux de métal glissèrent sur Riker et Draco. Il rappela son nosféralto, et son cornèbre se posa sur son épaule. Le farfuret perdit sa position d'attaque et vint s'approcher de lui.

- Très bien, nous allons discuter. Que veux-tu savoir ?

La question me prit de court. Je déglutis.

- Que faites-vous ici ?

- La même chose que toi il me semble. Je cherche juste à en savoir plus sur les légendes de cette région.

- Vous êtes totalement fou, intervint la doyenne. Vous voulez détruire l'équilibre de cette région !

- Ne soyez pas aveugle, répliqua-t-il. Ce monde court à sa perte. Les hommes sont faibles, hostiles. Ils se battent, ils sont imparfaits. Je veux simplement rendre ce monde meilleur. Rétablir l'équilibre originel.

- Vous ne pourrez pas ! Cette région est ainsi depuis la nuit des temps, vous ne ferez que tout détruire !

- Pourquoi te mets-tu en travers de notre chemin ? Me demanda-t-il alors, ignorant complètement la doyenne. Pourquoi cherches-tu à protéger ce monde imparfait, corrompu jusqu'à la moelle parce des choses aussi irrationnelles et animales que les émotions ?

Il fit un pas vers moi, sévère.

- Écoutes moi, et penses un peu. Dans un monde où le seul le temps coulait, où seul l'espace s'étendait, jamais le conflit n'aurait dû exister. Il est né de l'esprit humain. Il met le monde en péril. Cette situation est déplorable.

Il s'approchait encore, le regard au loin, les bras dans le dos.

- Je cherche le pouvoir de créer un nouveau monde. Un monde parfait. Essaie de voir ça sous un angle…cosmique. Au-delà de ta condition d'être humain faible et pitoyable. Tu pourrais faire partie des élus.

- Les élus de quoi ? Ce monde me plaît tel qu'il est ! On ne peut pas tout détruire pour une lubie !

- Une lubie !

Sa voix s'était élevée me faisant sursauter. Son air était toujours neutre, mis ses yeux plus vivants.

- Tu veux protéger ce monde, je veux le changer. Cela fait donc de nous des ennemis. Regardes-moi bien, jeune fille. Mon nom est Hélio. Je vais changer le monde.

- Je vous en empêcherai, lançai-je doucement. Vous êtes fous.

- Alors je n'ai d'autre choix que de t'éliminer.

Je n'eut pas le temps de comprendre la phrase que le farfuret se jetait sur moi. Riker me poussa au sol de justesse, et je me relevai d'un bond, manquant de peu de prendre un laser glace. Draco était aux prises avec le cornèbre, et du coin de l'œil je vis que le nosféralto était réapparu et qu'il tenait le tranchodon en échec. Riker assistait à la scène avec un regard désespéré, ne pouvant même pas lancer une vibraqua pour m'aider. Il enchainait comme il pouvait à coupe d'éclate-roc et de griffe acier, en vain. J'appelai Beth, qui se prit un vent glace à ma place. Elle ne broncha pas, mais sa vitesse pitoyable ne lui permettait même pas de porter de coups.

Le farfuret réussit finalement à me piéger dans un coin de la salle. Il chargea un laser glace, se délectant par avance de sa victoire.

J'espérai voir l'apprentie débarquer pour nous aider. Blue, Barry, Peter, n'importe qui.

Personne ne vint.

Le rayon partit, et me frappa en plein ventre.

Noir total.


Oui je sais, je suis sadique. l'histoire ne s'arrête pas là, mais j'ai l'intention de passer à un rythme supérieur. Autre type de narration, autre personnage principal, on va s'amuser ! Hell yeah !