Salut, je vous ai manqué ? Non ? Tant pis ! voila le chapitre suivant ! (ne me tuez pas, je suis désolée pour l'attente)

J'espere que ça vous plaira, bonne lecture ^^


Le machopeur ne tint pas longtemps face à la puissance folle des attaques de Draco, mais toutefois un peu plus que le meditikka qui avait été mis hors-combat presque directement après son arrivée sur le terrain.

- Tu es vraiment forte, commenta Mélina en rappelant son combattant, mais mais je ne me laisserai pas faire ! Lulu, je compte sur toi !

Un lucario apparut en un flash sur le terrain, et lança aussitôt une charge-os que le dragon se prit sur la tête. Il évita la deuxième charge, et profita de la troisième pour éloigner l'adversaire avec un ouragan.

- Draco-queue, maintenant ! Ordonna Aurore depuis sa moitié de terrain. Utilise hâte avant, ajouta-t-elle sans prononcer un mot.

Le dragon fonça donc vers le pokémon combat qui bondit pour esquiver, et se fit ramasser en atterrissant par l'attaque, dont la puissance avait augmenté avec la vitesse. Il valdingua mais se rattrapa avec une pirouette, avant de revenir à la charge avec vampipoing. Draco esquiva, mais sa longueur lui fit défaut, et l'attaque le toucha quand même au bas du corps. Il ne fut pas vraiment blessé, mais le lucario récupéra juste assez d'énergie pour enchaîner avec forte-paume. Il fallut de peu pour que l'attaque touche un point d'énergie de Draco, qui échappa ainsi à la paralysie.

- Mince ! Recommence ! Empêche-le de bouger ! Encouragea Mélina, qui imitait les gestes de son pokémon.

Elle était totalement en sueur, mais sa réactivité était exemplaire. Sur son ordre, le lucario évita de peu un draco-rage, réussit à placer une griffe acier et continua avec forte-paume. Il était rapide, même si ses attaques n'étaient que peu efficaces.

Draco évita la seconde forte-paume, mais pris la troisième de plein fouet. Il fut projeté au sol et se trouva presque incapable de se redresser.

- Peux plus bouger !

- Tu peux encaisser une ou deux attaques ?

- Oui, largement.

- Ok, tiens bon. Laisse-le te frapper une ou deux fois, puis mue et hâte !

Le dragon obéit, et après avoir pris deux vampipoings, se glissa hors de sa peau morte, traversant le terrain à vitesse éclair.

- Projettes-toi, Draco ! Hydroqueue !

Celle-ci eut raison du lucario, qui tenta de se relever sans y parvenir. Mélina vint l'aider à se redresser, lui frottant les oreilles avec tendresse.

- Lucario est hors-combat. Le vainqueur de ce match est donc notre challenger, annonça l'arbitre, un karatéka assez balaise. Félicitations à elle.

- Ce fut un sacré combat, souffla la jeune championne. Ce n'est pas la première fois qu'un dresseur abats mon équipe avec un seul pokémon, mais assurément c'est bien la première fois que le match est si rapide.

Elle se releva, rappela son équipier, puis se dirigea vers un petit sac suspendu à un sac de sable. Elle en tira un badge, qu'elle tendit à Aurore familièrement.

- Tu m'excuseras pour le manque de formalités. Je te remets ce badge pavé, symbole du respect des membres de ce dojo que tu as acquis en me battant. Tu seras toujours la bienvenue pour un entraînement. Tu deviens à présent une dresseuse de catégorie E. Cinq pokémons maximums, dont deux œufs. Tu perds en revanche le droit de changer de pokémon n'importe quand dans le combat.

Mélina s'inclina, et Aurore fit de même. Elle rangea le badge dans la boite qu'on lui avait donnée, à côté de tous les autres. Le badge charbon s'était brisé sur la route, le badge forêt commençait à se fendillait, alors elle comme son équipe avaient jugé raisonnable de les ranger plutôt que de les porter. Gabrielle, Perrine et Blue vinrent la rejoindre, et ils quittèrent prestement l'arène – et la ville – après avoir salué les karatéka.

- Ça c'est passé encore mieux que prévu, souffla Blue une fois la porte franchie.

- En général ils surveillent plutôt les docks, mais on est pas encore tirés d'affaire. On sera plus tranquilles quand on aura atteint Bonville.

- Je me disais, on pourrait voler, non ? Proposa soudainement Gaby.

- J'ai pas de pokémon volant.

- J'ai pas encore dressé Croche à ça.

- Mon roucarnage risque d'attirer l'attention à peu près autant que ton libégon. Honnêtement, il vaut mieux marcher tant qu'on le peut.

La dracologue soupira.

- Tant pis. Au moins il neige pas, c'est déjà ça.

Le petit groupe avait fini par troquer vestes et gilets divers pour des manteaux, des bonnets et surtout deux paires de chaussettes dans leurs bottes. Blue avait l'avantage d'avoir Fauve autour du cou. Un dresseur sur la route lui avait fait une réflexion quant à la fourrure, et avait certainement mis des heures pour se remettre du choc émotionnel que lui avait provoqué l'écharpe en lui mordant la main alors qu'il allait la saisir.


Il leur fallut une journée et demie pour arriver à Bonville. Ou plutôt, au petit bar à la sortie de la ville. Exténués et encouragés par le soleil tombant, ils s'installèrent à une table dans un coin et commandèrent une boisson chaude. Gabrielle fit sortir Sonic le sonistrelle qui vint se percher sur ses genoux, et s'avachit sur sa chaise.

- C'est loin, Unionpolis ?

- Non, la route est minuscule. Ça va aller vite à partir de maintenant, quand on aura rejoint Unionpolis on pourra prendre le bus jusqu'à Féli-Cité.

- Maintenant que j'y pense, c'est bien là-bas que se trouve le hall des concours ? Demanda Perrine.

- Yep. J'y avais gagné l'œuf de Beth, dit Aurore avec un léger soupçon de nostalgie. J'ai l'impression que c'était il y des années.

- Attends, on peut gagner des œufs sur ce genre de concours ? S'exclama Blue.

- Pas toujours, non. Les prix varient en fonction du niveau du concours, et de l'occasion. Là, ils avaient mis un œuf en récompense parce que c'était le lancement des concours débutants.

- Oh, c'est naze, fit Gaby, déçue.

Elle attrapa son cappuccino et en but une grande gorgée.

- A part ça, Unionpolis, c'est quel type d'arène ?

- Spectre. Ça devrait pas poser problème, surtout que Syrius connaît mâchouille. Mais là il faudrait vraiment que Riker combatte un peu. Je le sens à deux doigts d'évoluer.

- Il commence à peine à pouvoir réutiliser des attaques de projection d'eau, ne sois pas si impatiente, tempéra Perrine.

Elle eut pour toute réponse un soupir déçu de Riker, dont le bec affichait tout un quadrillage de cartilage de diverses nuances. Il y avait toujours un trou à la base de la fissure, mais la corne repoussait un peu. À force de n'utiliser que ses ailes, les plumes de Riker étaient devenues aussi solides et tranchantes que des lames, et s'il n'était pas très rapide, il avait toutefois acquis une souplesse et une réactivité exceptionnelles pour son espèce.

Aurore ajouta du sucre dans a tasse de chocolat. Ils demeurèrent silencieux un instant, plus fatigués que pensifs.

- Je m'endormirais presque, marmonna Perrine, plus pour elle même que pour les autres.

Blue hocha la tête, remuant machinalement son café.

- On est pressés ?

- Quoi ?

- Pour le badge, on est pressés ?

Aurore haussa les épaules.

- On est le 29 novembre. Il faut qu'on soit à Féli-Cité pour le 20 décembre au plus tard. Pourquoi ?

- On pourrait pas rester à Bonville pour se reposer, demain ? Je t'avouerais que je me vois mal repartir de suite.

- T'es un flemmard, c'est pour ça. Mais bon, pour le coup je suis d'accord, faut que j'aille voir la Tour Perdue.

- Huuu, tu veux dire le vieux cimetière flippant ? Intervint la dracologue. Y'a pas autre chose à faire dans le coin ?

- Les ruines. Déjà visitées, c'est rempli de zarbis à cause d'une plaque esprit tout au fond.

- Ouais, ça a moyen d'être sympa, ça.

- Oh, des zarbis, pitié, se lamenta Blue. Ces trucs sont infernaux. Je préfère encore passer la journée à coiffer les laporeilles de la pension !

- Il y a une pension, ici ?

- Yep, pratiquement à l'ouest de la ville, à peu près au même niveau que le centre, tu peux pas la louper.

- Attendez, mais du coup je vais me retrouver tout seul demain ?

- Oui, sauf si tu décide d'aller chasser les fantômes, répondit Gaby. Ou aller brosser des laporeilles. Ou affronter des zarbis.

- Vous savez quoi, je vais plutôt dormir.

- Flemmard.

- Casse-couilles.

- Oh, recommencez pas avec vos scènes de ménage tous les deux !

Gabrielle reçut un double regard peu amusé accompagné d'un soupir. Les deux fauteurs de troubles s'enfoncèrent dans leur chaise, buvant pour ne plus avoir à parler. Ce qui ne les empêchaient pas de se fusiller mutuellement du regard.

Les quatre compagnons finirent leur boissons tranquillement, puis partirent d'un pas léger vers le bâtiment au toit orange.

- Je prends le lit du haut, lança Perrine en pénétrant dans le hall.

- Et moi le second !

- Tu l'as déjà eu à Voilaroc, Blue.

- Personnellement, je m'en fiche, arrangez vous entrez vous, intervint Aurore. Filez moi vos balls, je vais au comptoir.

- Quelqu'un a faim ? Ajouta la brune.

- Nope, je monte directement, indiqua Blue en donnant la capsule de son roucarnage à la dresseuse.

- Et tu prends le lit du bas !

- Ok, c'est bon ! Mais je réserve celui du haut pour Unionpolis. Files moi ton sac, Perry.

- Ah, merci. Gaby, je te prends des baies ?

- Ouais, des mepo si il y a. Je monte aussi.

- Je vous rejoins tout de suite alors. J'ai pas faim, Perry, merci beaucoup. C'est ok pour les pokémons ?

- Yep. Donnes-moi ton sac aussi.

- J'en ai besoin.

- Bah va te faire voir alors.

- Merci de ta gentillesse, Blue.

- C'est naturel.

Et ils partirent chacun dans leur direction. L'infirmière avait l'ai un peu fatiguée mais souriait quand même sincèrement. Elle soigna très vite les pokémons et souhaita une bonne soirée à Aurore, avant de se retirer en baillant. Elle fut remplacée cinq minutes plus tard par une autre femme un peu replète aux lunettes pointues.

Aurore attendit Perrine qui arriva vite avec un sandwich dans les mains, suivie de son charmina aux bras chargés de baies.

- Besoin d'aide ?

- Non, ça va, merci.

Elle montèrent à l'étage en silence, ravies de voir que leurs camarades avaient laissé la porte ouverte pour leur indiquer la chambre.

Les affaires de chacun étaient jetées sur les lits, et la jeune femme blonde s'installa sur le seul de libre, sous Gaby, qui d'ailleurs était absente.

- Allée se laver, répondit Blue. Je vous attendais pour y aller aussi, les clés sont sur ma table de chevet.

Il finit de faire son lit et quitta la pièce promptement. Gaby arriva alors, en pyjama à rayure avec sa cape sur les épaules. Elle ne semblait jamais vouloir s'en séparer.

- Vous pouvez y aller, je reste ici, dit-elle. Merci pour les baies, t'es un amour Perry !

La soirée passa vite, ils s'endormirent comme des pierres.

La lendemain, Gaby fut réveillée par les premières lueurs du jour. Elle attrapa ses vêtements, son sac, et sortit à pas de loup, claquant la porte un peu trop fort toutefois.

- Bordel, quelle heure il eeeest ?

- Tôt. Fermes-la, Blue.

Il grommela quelque chose d'incompréhensible est se retourna. Puis se retourna encore. Et encore. Et encore. Et il tomba enfin sur les regard plus qu'ennuyé d'Aurore, parfaitement enterrée sous sa couette.

- Tu dors ?

- Non.

- On va manger ?

- Fait froid.

- Mets un pull.

- Tu comptes faire quoi de plus de toute façon ?

- Je sais pas. T'accompagner à la Tour ?

- Je croyais que t'avais peur.

- La seule chose qui me fait peur c'est ta tronche au réveil.

- Taiiiiseeez vouuuus… marmonna Perrine.

Il levèrent les yeux vers son matelas, d'où provenait une respiration lente et régulière. Aurore repris, chuchotant :

- On se retrouve en bas dans vingt minutes.

Elle se leva alors, jeta la couverture histoire de ne pas laisser le lit en désordre total et attrapa ses affaires avant de sortir, suivie de Riker qui titubait, encore dans les vapes.

Vingts minutes plus tard, elle posa son plateau en face de celui de Blue.

- C'est pas un mythe, ce qu'on dit sur les filles qui prennent trois heures à se préparer.

- Hé, t'as déjà essayé de te coiffer ? Je suis sur que tu prendrais plus de temps que moi.

- Sauf que j'en ai pas besoin, mes cheveux sont naturellement parfaits.

- Comme ta connerie.

Il prit un air profondément choqué et leva le menton comiquement.

- Au fait, tu veux voir quoi dans cette foutue tour ?

- Tu verras quand on y sera, répondit Aurore en haussant les épaules.

Le vent leur coupa le souffle quand ils mirent le pied dehors. Fauve se serra un peu plus autour du cou de son dresseur, Aurore remonta encore plus son col roulé et enfonça son bonnet sur son front. Riker, lui, semblait totalement satisfait de la température et sautillait un pas devant eux.

- Bon sang, en plus ça sera plein de courants d'air ! Faut vraiment que ce truc soit important, j'te jure !

- Il paraît que ça l'est.

- Dis-moi ce que que c'est, à la fin !

- Nan, tu te moquerais de moi.

- Est-ce que je me moque souvent de toi ?

- Je suis réellement obligée de répondre à cette question ?

Il soupira.

- Pour de vrai, je veux dire !

- J'avais compris la première fois, merci.

- Alors craches le morceau !

La jeune femme soupira et dévia de la route principale pour s'engager sur le petit chemin pavé qui menait à la Tour.

- Cet endroit est bardé de pokémons spectres.

- Sans déconner, Sherlock !

- Fermes-la, Watson. C'était le préambule. Ce que je veux dire, c'est que les spectres ont tendance à dégager une certaine énergie psychique, de même que les pokémons psy et certains autres.

- Heu, je vois pas où tu veux en venir. C'est toujours le préambule ?

- Le premier chapitre, plutôt. En fait, ce que cette tour a de particulier, c'est la stèle à son sommet. Elle a été taillée dans une pierre assez particulière, i peu près trois cent ans, un peu après la Grande Guerre, en l'honneur de…de…

- De ?

- Deux minutes, j'ai le nom sur le bout de la langue !

Aurore se tut, cherchant le nom. Ce faisant, ils passèrent la grande porte d'entrée. Un courant d'air les accueillit, les faisant frissonner. A moins que ce ne soit l'atmosphère pesante.

Des funécires et des mélancolux flottaient au dessus des pierres tombales, éclairant le lieu doucement. Un Ténéfix rôdait près de l'escalier.

- Blanche !

- Qui ?

- Blanche. La stèle est à l'honneur de Blanche, une des trois héros de la région.

- Tu veux dire, les élus des gardiens ?

- Exactement. Enfin, bref, il se trouve que cette pierre absorbe est conserve l'énergie mentale.

- Une sorte de plaque esprit inversée, donc.

- Ouaip.

- Et tu veux en faire quoi ?

Aurore ne répondit pas tout de suite, occupée à vérifier que la rampe tenait bon. Elle grimpa à l'étage suivant en vitesse.

- Essayer de voir si je peux pas faire quelque chose de ces ondes. La pierre est un énorme récepteur à ondes psychiques, ce qui, par chance, se trouve être le pouvoir qui m'a été attribué.

- J'ai peur de ce que tu vas faire, d'un coup.

- Rien de dangereux. Je me disais juste, avec une antenne comme celle-là peut être que j'arriverai à voir assez loin pour entrer en contact avec les Gardiens !

- Ok, c'est de la folie. Tu es folle. Je fais demi-tour.

- Bon vent, et éclates-toi bien avec les nosféraptis, je te rappelle que c'est moi qui ai les repousses !

- Argh, les nosféraptis, mes mortels ennemis !

Elle rit et continua son chemin vers le dernier escalier. La lumière ne provenait plus que par quelques meurtrières managées dans les murs sud et ouest, formant quelques tâches au sol. Les flammes des lugulabres se reflétaient dans les yeux de pierre des ténéfix qui observaient, cachés derrières des dalles effondrées et en haut des piliers. L'air était de plus en plus lourd, mais un souffle frais arrivait depuis l'étage supérieur.

Blue revint à la charge.

- Non, sérieusement, pourquoi tu tiens à leur parler ?

- Tu sais, quand j'étais dans le coma ?

- Oui ?

Aurore s'arrêta, la main sur la rampe. Elle réfléchit.

- Comment dire… j'étais plus ou moins consciente. En fait, j'étais dans une espèce d'endroit complètement noir, et ils étaient là. Enfin, pas vraiment. C'étaient plus des…des ombres. Je sentais totalement leur présence. Et ils parlaient.

- Sérieux ?

Elle hocha la tête. Le rouquin s'assit sur une marche.

- Raconte.

Elle eut un petit sourire en coin, puis l'imita. Aurore posa son menton sur ses poings liées et ferma les yeux.

- En fait, c'est comme si mon esprit avait été envoyé ailleurs. Je sais pas comment t'expliquer ça. Tu vois quand tu tends ton bras sur le côté ?

- Oui ?

- Il est hors de ton champ de vision, pourtant tu sais où se trouve ta main. Et ben là c'est pareil, sauf qu'au lieu d'être ta main, c'est l'intégralité de ce qu'il y avait dans cette espèce de dimension qui me donnait cette impression. Tu vois ?

- A…peuuu près, oui.

- Comme je te disait, j'était là, il y avait leur présence, et ils parlaient. Parfois à moi, parfois entre eux, et dans ce cas là je comprenais pas ce qu'ils disaient. Mais ils avaient l'air alarmés. En fait, ce que j'ai surtout retenu, c'est « danger », ça revenait souvent.

- Donc j'imagine que c'est lié à la présence de la Team au lac Cour age.

- Oui. Mais imagines ça, Blue : ce sont des pokémons capables de te griller le cerveau, enfermés au plus profond d'un lac, dans une espèce de « grotte immergée » pour reprendre les mythes, que personne en des années de plongée n'a réussi à voir et ça les fait paniquer ?

- C'est sûr que vu comme ça…

- En plus, pour le moment, il n'y a qu'un lac entre leurs mains. Pourquoi ils seraient trois à se lamenter ?

- Bonne question, avoua Blue. Ils disaient autre chose ?

- Une expression ou deux qui revenaient souvent. La « Chaine Rouge » et le « Grand Cauchemar ».

- Le grand cauchemar, ça me dit quelque chose.

- C'est darkrai, c'est comme ça que les anciens l'appelaient. Chaque année aux équinoxes il file des sueurs froides aux habitants de l'îlot Pleine Lune, pas loin de l'Aire de Combat, en se battant contre cresselia. En général il pose pas de problème, le seul dernier incident remonte à quelques années maintenant, un gamin de Frimapic resté coincé dans un rêve pendant une dizaine de jours. Ils avait fallu faire appel à une chercheuse d'Unys qui avait réussi à régler le problème avec l'aide d'un mushanna.

- Tu crois que la Team Galaxie l'aurait attrapé ? Ça expliquerait pourquoi ils auraient eu besoin de pokémons spectres. Puisqu'ils connaissent la capacité dévorêve, ils permettent d'éviter les accidents.

- Aucune idée. C'est probable, mais j'ai pas vraiment l'impression que ce soit ça. Maintenant que j'y pense, j'avais l'impression qu'ils capturaient tous les pokémons de la Maison Hantée pour en attraper un en particulier. Un verra bien, de toutes façons.

- Ouais, comme tu dis. Et du coup, c'était l'autre truc ?

- La chaine rouge. Aucune idée. La doyenne t'as parlé d'un truc ressemblant ?

- Pas vraiment non. Peut être qu'en cherchant un peu…

- Possible, soupira Aurore. Y'a une bibliothèque bien remplie à Joliberges, ce qui tombe bien parce qu'il y a aussi une arène.

- Pigé, j'irai un faire un tour.

- Ouaip. Bon. On y va ?

- Allez.

Ils montèrent rapidement les dernières marches, suivant le mur de la main par peur que la rampe ne s'effondre. En haut, le sol dallé de vielles pierres était couvert de mousse. Des trous dans le toit faisait arriver la lumière par flaques, et la poussière dansait dans leur halo. Au milieu de la salle reposait la stèle, immense pierre argentée et attaquée par des lierres dont les inscriptions étaient devenues invisibles. Il n'y avait pas un seul pokémon en vue, et le roc semblait bourdonner d'énergie. Blue sentit ses poils se hérisser sur ses bras.

- On se dépêche, hein ?

- Quoi, t'as peur que la Tour s'effondre ?

- Non, mais cet endroit me met mal à l'aise.

Aurore se retourna, surprise de constater que son ami était totalement sérieux.

- C'est marrant, mais moi je me sens tout à fait bien. Enfin, je vais faire vite.

Il hocha la tête, geste qui chez lui s'approchait le plus d'un remerciement, et alla s'asseoir contre un mur, le plus près possible de l'escalier. Il appela Aza l'Arcanin qui vint s'enrouler autour de lui, le tenant au chaud.

Aurore, elle, s'approcha doucement de la stèle. Prinplouf tournait déjà autour, curieux. Elle sentit Draco s'agiter dans sa capsule et l'appela. Le dragon s'approcha de la pierre, ses orbes s'illuminant un peu quand il était assez proche. La jeune femme s'agenouilla et ferma les yeux, posant ses mains à plat sur le monument.

Noir.

Des centaines de voix vinrent envahir sa tête. Des mots sans aucun sens, perdus dans une cacophonies de voix, de cris, de hurlements, et puis surtout des émotions. Pures, brutes, qui la frappèrent violemment et l'auraient certainement fait tout arrêter si elle n'avait pas appris à gérer le flux.

Elle concentra d'abord son esprit sur les voix, et parvint à les faire taire. Elle se concentra ensuite sur ses propres émotions, et parvint à isoler son cœur de ceux des autres. Ce fut le silence total.

Alors Aurore commença à chercher. Elle se concentra sur elle-même, et il lui sembla que son esprit prenait une forme physique dans ce monde spirituel. La pierre arriva ensuite, un magma d'ondes lumineuses qui pulsaient anarchiquement et aspiraient l'énergie autour comme un trou noir. Il fallut un peu plus de concentration pour dessiner la belle aura bleue vibrante de Riker celle un peu plus discrète de Draco arriva ensuite, douce comme un ciel étoilé. Aurore sentait leur curiosité, et l'état d'apaisement dans lequel ils étaient – le même que le sien. Vint ensuite une petite onde de nervosité, accompagnée d'une silhouette recroquevillée, celle de Blue. La jeune femme lui envoya quelques ondes d'énergie positive, espérant qu'il veuille bien la laisser tranquilles cinq minutes de plus s'il était rassuré.

La suite fut plus simple. Elle augmenta le champ de ses recherches, coupant petit à petit le lien énergétique avec les être vivants qui entraient dans son sonner, jusqu'à arriver assez loin pour sentir le souffle mystique qui l'avait entourée dans son rêve.

Elle se concentra dessus, et une petite aura cristalline se dessina, floue, lointaine. L'énergie d'un être endormi. Ça ne l'empêchait pas de parler, dans ce langage inconnu que les Gardiens utilisaient entre eux. Aurore devina qu'ils discutaient ensemble, mais elle n'arrivait pas à étendre son champ assez loin pour percevoir leur présence.

- Bonjour ? Tenta-t-elle.

Les vibrations stoppèrent, et un élan de surprise résonna dans son corps.

- L'humain ? Fit la voix. L'humain de Follet ?

- Qui est Follet ?

- Follet ! Follet ! Émotions ! La tristesse et la joie !

- Et toi, qui tu es ?

- Fadet ! Volonté ! Où est mon humain ?

- Ton humain ? Répéta Aurore, de plus en plus largué.

- Mon ami choisi ! Gentil, gentil humain ! Très brave! Il va aider nous contre les méchants, méchants humains du Lac !

- Je…crois que je…ne l'ai pas…vu. Que font ces…méchants humains ?

- Chaîne rouge ! Ils cherchent la chaîne rouge ! Ils savent !

- Fadet, qu'est-ce que c'est que ça ?

Il y eut quelques petit « squicks » puis une nouvelle conversation dans ce langage inconnu. Le Gardien répondit enfin.

- J'ai le droit de dire ! Je vais dire ! C'est pas bon. La chaîne rouge enchaîne et soumet. Elle détruit le temps ! Elle brise les dimension ! Ne les laisses pas la prendre !

- Je veux bien, mais où est-ce qu'elle est ? Comment je suis censée la protéger ?

- Les Gardiens gardent la chaîne. Les lacs protègent les gardiens. Les lacs tiendront encore, longtemps, longtemps, mais ces méchants, méchants humains sont intelligents. Follet est tranquille, Helf est tranquille, mais Fadet à peur. Peur. Les humains attaquent le lac. La barrière est résistante, ma volonté est forte, mais ces humain ont des plans. Des idées. De la ruse. Fadet aime pas la ruse. Fadet craint pour sa pierre.

- Quelle pierre ?

- La pierre de Fadet est un bout de la chaîne. Fadet garde la pierre, elle fait partie de lui.

Il se coupa soudain, et la conversation étrangère repris. Aurore essaya de déchiffrer, mais ne comprit pas un traître mot de ce qui se dit.

- Ami de Follet ! Tu est la seule à nous entendre ! L'ami de Helf ne sais pas encore bien, l'ami de Fadet ne sait même pas encore. Alors tu es la seule, la seule. Aides-nous, ami de Follet. Les amis sauront bientôt. Ils protégeront aussi. Il nous faut du temps. Du temps. Donnes-nous du temps.

- Je ferai ce que je peux, promit Aurore.

- Follet choisis bons amis ! Des amis avec une jolie, jolie aura qui brille, brille comme le ciel du matin. Merci ! Adieu.

- Une minute, Fadet !

- Oui ?

- Qu'est-ce que ça veut dire ? On a tous la même aura ?

- Non, non bien sûr. Chaque âme est unique. Mais les corps sont mortels. L'aura jolie, jolie de l'ami de Follet est la même à chaque période. Toute chaude, rose, et orange, et rouge, comme l'aube. L'ami de helf est plus pâle. Tout blanc, et doré, et nacré, comme le soleil sur la neige. L'ami de Fadet, il a une belle aura bleue. Toute transparente, comme le cristal qui pousse dans la chambre de Fadet. Fadet aime bien le cristal !

Il émit un petit couinement aigu et les deux autres voix parlèrent de concert. Elles semblaient un peu fébriles. L'être repris un peu paniqué :

- J'en ai trop dit ! Ne racontes rien, ne racontes rien !

- Ne t'en fais pas, je serai muette.

- C'est vrai ? Promis ?

- Promis.

- Gentil, gentil humain. Cœur noble. Va. Adieu.

- Adieu, Fadet.

Les voix se fadèrent et Aurore relâcha sa concentration. Un déluge d'émotions et de paroles déferla dans ses pensées, et elle rouvrit vite les yeux, arrachant les main de la pierre en coupant le flux. Elle remarqua qu'elle était en sueur, à bout de souffle. Un poids se posa sur ses épaules. Elle mit quelques secondes à réaliser qu'il s'agissait d'une veste. Celle de Blue exactement. Il était agenouillé à côté d'elle, une main sur son dos.

- C'est bon, tout va bien ? J'ai cru que t'allait faire une crise ou je sais pas quoi ! J'allais te débrancher du caillou !

- Oh, tu t'inquiètes pour moi ? C'est mignoooon !

- C'est bon, elle fait du sarcasme, tout va bien ! Tu es guérie, rends moi ma veste.

- Prends-là, tu va tomber malade.

- C'est toi qui vas tomber malade, t'es en nage ! Répliqua-t-il. Expliques moi plutôt ce qu'il s'est passé.

- Et ben… c'était assez intense. Tu veux pas plutôt qu'on aille se mettre au chaud ?

- Vendu.

Il se releva, imité par la jeune femme qui manqua de perdre l'équilibre.

- Ok, je crois que je me suis surestimée.

- C'est à peu près ce que tu fais tout le temps, oui.

- Je crois que j'aurais besoin d'un repas. Et d'une sieste.

- Et d'une douche, vu l'odeur.

- Non, ça vient de toi, ça.

Il pouffa et l'aida à se redresser. Aurore fit rentrer son dragon dans sa capsule et Blue fit de même avec son arcanin. Riker vint se placer de l'autre côté de la jeune femme et ils firent demi-tour, clopin-clopant, en s'envoyant des vacheries.


- Donc pour résumer, la chaîne rouge est un truc, dont tu ne sais pas encore l'utilité exacte mais est globalement capable de bouleverser l'équilibre de l'univers, qui est divisé en morceaux gardés par les pokémons des lacs.

- C'est ça. Et c'est pour cette raison que créfadet panique.

- Tu veux dire que Galaxie à les moyens de mettre la main dessus ?

- Pas pour le moment, mais c'est juste une question de temps au point où on en est.

Aurore soupira et arrangea l'oreiller dans son dos, dérangeant Riker qui s'était appuyé contre elle. Elle se mit à lui gratter la tête entre les deux cornes et repris :

- Je pense que la bombe qu'on a retardée la dernière fois était un de leurs moyens, mais il semble qu'ils ne l'aie pas encore utilisée.

- C'est logique.

Devant le regard curieux d'Aurore, le garçon haussa les épaules et repris, la tête toujours appuyée sur son poing :

- Ils ont le lac pour des recherches, avec un dossier validé par le département environnement de Sinnoh. Une bombe c'est pas super-super pour être bien vu par les écolos si tu veux mon avis. Si jamais ils l'utilisent, ce sera vraiment en dernier recours, ils ne peuvent pas risquer de perdre la mainmise sur le lac. Donc pour le moment c'est pas notre soucis numéro un.

- Ouais, c'est vrai. Donc le plus gros problème, c'est les améliorations qu'ils peuvent faire et n'importe quoi qu'ils puissent découvrir. Soit ce contre quoi on ne peux pas vraiment lutter.

- Attends, on peut toujours les empêcher de récupérer de l'énergie ou quelques chose comme ça, non ?

La jeune femme secoua la tête.

- Non, ils se sont calmés à ce niveau-là. La Centrale n'a subi aucun incident depuis l'été dernier et de ce que Pierrick m'a dit, ils ont totalement déserté le bâtiment de Vestigion. Donc plus d'électricité ou de trafic de spectres. En fait, leur point de recherches principal doit être leur labo souterrain, à Voilaroc. Le problème, c'est que Marion n'y a pas accès, que le peu de rumeurs qui circulent ne nous apprennent rien sur le côté technique et qu'on ne sait toujours pas qui est Pluton.

- On quoi ça nous avancerait de savoir ça ? Qui est Pluton, je veux dire.

- On pourrait savoir ce qu'il a fait avant.

- Et du coup essayer de prévoir ce sur quoi il peut bosser, coupa Blue en se frappant le crâne. Évidemment.

Il y eut un temps de silence.

- Peter avait pas dit qu'il avait du nouveau à ce sujet ?

- Une avancée minime. J'imagine qu'on sera les premiers au courant si jamais il apprend un gros truc. Enfin, je crois que si c'est aussi long c'est parce qu'il a déjà assez à faire de son côté.

- Il y a un problème au Plateau Indigo ? Demanda Aurore.

- Non, dans Johto. Apparemment les quelques membres restants de la Team Rocket sont devenus un problème de grosse envergure.

- Il m'en avait parlé mais je pensais pas que ce serait dramatique à ce point !

Elle baissa le regard et hésita.

- Tu ne devrais pas y retourner ? Pour donner un coup de main, je veux dire. Tu les as déjà combattu, non ?

- Je pense que la Ligue peut se débrouiller sans moi, répondit Blue en haussant les épaules. Ils ont des nouveaux membres au conseil, les anciens prêts à filer un coup de main et un nouveau DexHolder digne de confiance. Plus, pour ce que j'en sais, une éleveuse assez penchée sur le combat et une espèce de catastrophe ambulante qui apparemment fait du bon boulot.

- Une…catastrophe ambulante ? Répéta la fille, surprise.

- Ouais, un voyou sorti de nulle part qui a volé un pokédex et qui se fait poursuivre par Peter qui s'est mis en tête de le remettre dans le droit chemin. Je plains sincèrement ce gamin, Peter peut être vraiment super lourd quand il s'y met.

Aurore ricana, imaginant le dracologue suivre quelqu'un, un code du dresseur à la main, tout en prêchant la bonne parole.

- Bon, passons à autre chose, déclara-t-elle en se redressant. Je viens de penser à un truc.

- Oh ?

- Oui. On est d'accord que la prochaine ville sur la carte est Unionpolis ?

- Ouais, et ?

- On sait que le colis du lac – tu sais, la bombe ? – venait probablement de là-bas. Sachant qu'on soupçonne le labo souterrain de Voilaroc d'en être à l'origine. Il y a un désaccord, non ?

- Si, bien sûr. Tu proposes quoi ? Une espèce de succursale à Unionpolis ?

- En fait, j'ai jeté un œil aux fiches la dernière fois et ça me trottais dans la tête depuis. Soit le colis à été fabriqué là-bas, ce qui implique des laboratoires secondaires, soit il a été stocké là-bas, ce qui implique des entrepôts secondaires.

- Donc dans tous les cas un bâtiment dans lequel ils seraient implantés, comme à Vestigion, conclut Blue.

- C'est ça. Sauf que le bâtiment de Vestigion appartenait à la Galaxie Corp. originelle, dirigée par Jupiter. Là, on a aucun bâtiment référencé à Unionpolis, rien qui fasse état de leur présence dans la ville.

- Ok, et donc ils sont là ou ils sont pas là ?

- Aucune idée. Du coup, je me disais, ce serait sympa de ta part si pendant que je m'occupe de l'arène tu pouvais aller à la mairie avec Perrine pour te renseigner sur l'occupation des entrepôts dans la zone industrielle.

- Et Gaby ?

- Si ils sont bien là-bas, et on va supposer que oui, il vaut mieux qu'elle fasse profil bas, comme on a fait à Voilaroc. Je pense qu'on pourra lui demander d'aller dans la zone industrielle même pour voir comment sont occupés les entrepôts.

- Heu attends, tu l'enverrais dans la gueule du loup, là.

- Non, il y a des magasins d'usine, fais-moi confiance. Il y toujours plein de gens, une personne seule avec deux ou trois sac passe absolument inaperçue. Il lui suffira de planquer ses cheveux, c'est vraiment le seul trait qui puisse la trahir. Et comme ç à la fin de la journée, on a le comparatif entre les infos de la mairie et ce qu'on sait de visu. Si il y a un truc suspect on mènera l'enquête, sinon ça nous évitera de perdre du temps pour rien.

- Ouais, ça me semble un bon plan, mais comment tu veux que la mairie me donne le plan des entrepôts et leur occupation ? Non seulement la zone indus doit être immense, mais en plus c'est pas une information qu'on demande tous les jours.

Aurore haussa les épaules.

- Faites vous passer pour des inspecteurs d'impôts, des huissiers ou un organisme de contrôle quelconque. Je suis sûre que tu trouveras une idée. T'es peut être pas malin, mais t'es rusé.

- Je sais pas comment le prendre, celui-là.

- Prends le comme tu veux, je m'en fout. On est ok ?

- On est ok, concéda-t-il avec un soupir.


L'arène d'Unionpolis était assez impressionnante. Un hall éclairé seulement par des lampions pendus à différentes hauteurs, des murs et un plafond peints en noir, un dallage aux motifs ésotériques. Il y avait toutefois deux somptueux fauteuils de velours rouge dans un coin plus clair, disposés atour d'une petite table de bois sombre croulant sous des magazines. Aurore n'y prêta pas plus attention et continua droit vers la porte, gardé par les deux statues marquant l'entrée des arènes, et poussa le rideau sombre qui séparait les pièces.

L'ambiance fut radicalement différente.

Le mur du fond était totalement percé par des vitraux à l'effigie de pokémons fabuleux provenant de mythes de toutes sortes de régions, baignant la pièce de couleurs vives. Le sol était dallé, les murs en pierres, et pour casser cette austérité moniale la championne avait installé de grandes tapisseries de différents tons de mauves sur les murs.

Cette dernière, justement, était en train de commenter un mouvement de concours de l'arbitre, une femme qui possédait un charmillon.

- Oh, excuse-moi, darling ! S'écria la championne en voyant la dresseuse, je me prépare au combat ! Donne moi quelques minutes pour finir ce tour !

- Prenez votre temps, répondit Aurore en s'asseyant en tailleur.

Pendant ce temps, Perrine et Blue, habillés de ce qu'ils avaient trouvé de plus sérieux dans leur sac – ce qui fut plus simple pour le soigneuse qui avait pensé à prendre une robe noire et des escarpins que pour Blue qui avait dû emprunter un des pulls trop grands de Gaby pour cacher les motifs de sa chemise hawaïenne – attendaient dans le hall de la mairie qu'on veuille bien les recevoir. Ils avaient bien mis au point un mensonge qui pourrait passer pour peu que l'on ne fouille pas trop.

Lorsque après avoir dû voyager entre cinq ou six bureaux ils arrivèrent enfin dans la bonne ailes, ils se retrouvèrent face à un homme un peu bedonnant, d'une cinquantaine d'années, qui avait l'air avenant.

- Bonjour madame, bonjour monsieur, les salua-t-il en serrant leur main, je vous en prie, asseyez-vous ! Qu'est-ce qui vous emmène ici ?

- Hé bien, commença Blue, essayant de paraître le plus à l'aise possible, nous venons de la région de Kanto.

Il sortit aussitôt sa carte de citoyen de Kanto, son passe dresseur ainsi que son pokédex pour faire bonne mesure. L'homme y jeta un œil et la surprise se peint sur sa figure.

- Chen ? Vous êtes Blue Chen ? L'ancien Maître de Kanto ?

- Oui, j'ai été démasqué, répondit-il avec un éclat de rire un peu forcé. En fait, nous avons été envoyés par le Plateau Indigo, ma…mon homologue de l'administration et moi, pour vérifier deux ou trois choses à propos de la ville.

Le visage débonnaire de l'autre devint vite inquiet.

- Il se passe quelque chose de mauvais ?

- Non, rien de grave, rassurez-vous, intervint Perrine de son ton d'infirmière. Il se trouve que…

- Que quelques membres de la Team Rocket que nous cherchons assidûment depuis quelques mois se soient enfuis à Sinnoh, et un peu partout dans le monde. Ils tenteraient de reformer des organisations criminelles et il s'agit de notre devoir d'étouffer le mal dans l'œuf, coupa Blue, avant d'ajouter : Pardonnez ma collègue, elle est un peu timide et cherche toujours des détours pour annoncer chaque situation. Je vais aller au but : nous suspectons un de ces membres de se cacher dans un entrepôt ou un immeuble bureaucratique de location pour y refonder sa base, aussi nous voudrions vous demander les… les…

Il jeta un regard un peu perdu à Perrine.

- Pardonnez mon collègue, il est agent de terrain, l'administration c'est plutôt mon domaine, rattrapa-t-elle avec un peu plus d'aplomb. Il nous faudrait donc vérifier les fiches de locations des bâtiments appartenant à la ville pour les douze derniers mois, ainsi que tous les actes de changement de propriété, que ce soit par vente, donation ou héritage des vingt-quatre derniers mois, ainsi que les actes de propriétés des bâtiments privés professionnels, à savoir locaux, entrepôts et bureaux. S'il vous plaît.

Blue hocha la tête, pas certain d'avoir compris la moitié des mots. L'homme adopta un sourire un peu crispé.

- Enfin, vous m'en demandez beaucoup, pour quelqu'un qui n'est pas de la police et ne possède pas de mandat. Ce sont des informations confidentielles, est-ce que vous avez une autorisation ? Vous comprenez, je risque mon travail…

- Bien sûr, je comprend, fit Blue avec un ton volontairement agacé. Mais notre cher Maître de la région est un étourdi en ce qui concerne les papiers administratifs. Je crains qu'il ne vous faille l'appeler.

- P-p-pardon ?

- J'ai son numéro, vous aurez son accord express. Vous pouvez l'appeler en visio si vous avez un doute. Mais vous ne douteriez pas d'un Chen et ancien Maître de la Ligue, n'est-ce pas ?

- Non, non, bien sûr… mais vous comprenez, l'autorisation… permettez que j'appelle ?

- Je vais le faire, si vous le voulez. Peter est quelqu'un qui déteste être dérangé dans son travail, il vaut mieux que je lui explique la situation moi-même.

- Oui, oui je comprend, fit l'homme en tendant le clavier et la souris de son ordinateur.

Blue ouvrit l'application visiophone et composa le numéro, lissant ses cheveux difficilement domptés du plat de la main pendant le chargement de l'appel.

Après quatre ou cinq tonalités, le visage à la fois sévère et très étonné du dracolgue apparut à l'écran.

- Blue ? Mais qu'est-ce que…

- Pardonnez moi de vous interrompre, Maître Peter, fit il en tirant le col boutonné de sa chemise pour le mettre en évidence, mais vous avez complètement oublié de nous donner les mandats d'autorisation d'accès aux informations officielles quand vous nous avez donné l'ordre de vérifier les actes de propriétés.

- Oh, oui, bien sûr. J'imagine que vous me dérangez parce que vous avez besoin de mon accord, répondit Peter en rentrant dans leur jeu.

Blue hocha la tête et se poussa de l'écran, laissant apparaître l'employé municipal, un peu intimidé. Le dracologue en rajouta une couche en adoptant l'air le plus glacial qu'il puisse prendre.

- Je m-m'excuse de vous dérangez, m-mais vous comprenez, les autorisations… m-mon boulot…

- Hé bien, vous avez mon accord. Il se peut que j'ai commis une faute d'inattention en oubliant d'envoyer le mandat. Je me charge de prévenir administration du Plateau, une telle erreur est inadmissible. Vous aurez le mandat complet et signé en deux exemplaires dans la semaine, j'y veillerai. Sur ce, bonne journée.

Il coupa alors la communication, laissant les deux compères avec un sourire victorieux et l'employé avec un air confus.

- Je suis d-désolé d'avoir douté, je vais vous mener aux archives, je vous donne les papiers, suivez-moi…

Il se leva alors, fébrile, et les guida à l'étage supérieur, dans une grande salle remplie d'étagères bourrées de dossiers et classeurs, avec des tables dotées de bans et de lampes sur le côté.

- Il s'agit des archives de consultation, expliqua-t-il en le menant vers un rayonnage du fond. Ici, ce sont les actes de propriétés publics, ici les privés, et là tous ce qui concerne les changements de main. Derrière il y a les locations, tout est classé par année, mois et nom. Les dossier sont bien nommés vous ne devriez pas avoir de problème à trouver ce que vous cherchez. Venez me voir dans mon bureau quand vous aurez fini, et encore une fois désolé.

Il se retira en partant à reculons, fermant la porte doucement comme si les deux jeunes gens étaient des bêtes féroces prêtes à lui bondir dessus à la moindre contrariété.

- Hé ben ! Souffla Perrine, ça s'est encore mieux passé que prévu !

- C'est bien la première fois que mes vingt minutes de gloire m'apportent autre chose que des moqueries, rit Blue. Allez, au boulot. Je prends cette armoire ci.

- Heu…qu'est-ce que tu fiches ? Demanda la brune en le voyant faire.

- Bah, je prend les dossiers utiles en photo.

- C'est pas légal.

- Rien de ce qu'on fait en ce moment ne l'est. On a eu de la chance que Peter nous couvre ce coup-ci, mais tu ferais mieux de t'y habituer. Tiens, prends ça et fais pareil.

Il fouilla dans sa sacoche pour en extirper un appareil photo usé mais en parfait état, qu'il lui tendit.

- On fera le tri tout à l'heure, alors si tu hésites, tu prends et si ça sert à rien tant pis. Il vaut mieux trop d'infos que pas assez.

- Ok, pigé !

Elle ouvrit donc le premier dossier et se mit à la tâche.


Devant le miroir de la salle de bain, Gabrielle se regarda une dernière fois avant d'enfiler son couvre-chef. Elle avait refait sa couleur, et ses cheveux auparavant rose vifs arboraient une teinte dragée pâle qui pouvait aisément passer pour un blond platine aux reflets chauds. Elle avait aussi camouflé ses yeux clairs comme le ciel sous des lentilles noires, et le maquillage que Perrine lui avait appliquait avant de partir semblait modifier le creux de ses pommettes juste assez pour lui donner un visage différent. Elle était certaine de pouvoir voyager tête nue ainsi, mais par précaution avait choisi d'ajouter un bonnet-casquette à sa tenue. Elle jeta un œil à Sonic, qui tenait un plan de la ville à la limite de son champ de vision. Elle n'avais jamais été très douée pour s'y retrouver dans les rues des grandes villes, contrairement à la montagne où son sens de l'orientation ne la trompait jamais. Elle savait par contre lire des cartes sans problèmes, et espérait que ce petit défaut ne la ferait pas repérer.

- Au pire on me prendra juste pour une touriste, marmonna-t-elle en grattant le sonistrelle entre les oreilles.

Elle ferma son manteau, fit bien attention à ce que sa cape ne dépasse pas de son sac et rappela le petit dragon.

Une fois dehors, elle attrapa une soin ball et en sortit un archéodong. L'antique cloche carillonna, une suite de sons très graves, et se mit à flotter derrière la fille, la suivant comme une ombre tandis qu'elle arpentait les rues d'un pas confiant.

Ils arrivèrent à la zone au bout de quelques kilomètres. Comme prévu, les boutiques étaient pleines de gens qui se baladaient au hasard, la plupart en groupe et les bras chargés de sacs, suivis par des miaouss, des chaglam, des évolis et autres pokémons citadins en tout genre. Il y avait même un garçon avec un rocabot qui déambulait avec l'air de celui qui s'est retrouvé là par hasard. Gabrielle commença par se fondre dans la foule, suivie de près par le pokémon que lui avait prêté Perrine. Elle ne mit pas énormément de temps à noter le nom des hangars servant de magasins et à en dresser une carte rudimentaire sur un carnet. Elle s'éloigna ensuite un peu plus, vers des entrepôts moins fréquentés. Les premiers étaient des hangars de stockage peints aux couleurs des marques qu'ils accueillait, l'un d'eux avait été transformé en une sorte de service après vente de matériel électronique et un autre en garage automobile. Un employé en pause, le bleu de travail couvert de cambouis, était en train de fumer une cigarette sur une pierre qui en marquait l'entrée. Il jeta un regard curieux à la jeune femme.

- Vous êtes perdue, mademoiselle ? Héla-t-il.

Elle secoua la tête tout en s'approchant.

- Non, j'étais juste en train de… me renseigner, improvisa-t-elle. Vous voyez… l'entreprise pour laquelle je travaille cherche un entrepôt dans la ville, vous savez si il y en a de vides ici ?

L'homme haussa les sourcils en grattant son crane dégarni, étalant du cambouis sur sa tête.

- Peut-être au fond. En général les gens mettent des panneaux. En tout cas je sais que le père Helgonza est en train de vider le sien, vous devriez lui demander.

Elle hocha la tête, suivant du regard la direction que lui indiquait le mécanicien.

- D'ailleurs, z'ètes pas un peu jeune pour vous occuper de ce genre de chose ?

- Oh, mais je suis en pleine quarantaine ! S'exclama Gabrielle avec un petit geste désinvolte. Mon mari a toujours du mal à en revenir, ajouta-t-elle en tournant les talons, laissant un homme un peu confus derrière elle.


Le magirêve planait sur le terrain avec une grâce et une aisance absolues, évitant en tournoyant les morsures de Syrius, répliquant dans le même mouvement pour ensuite s'éloigner afin d'éviter la contre-charge du dinosaure rocheux qui avait esquivé.

La dernière manche du combat était un ballet d'attaques qui frappait dans le vide, et les deux pokémons donnaient l'impression de danser plus que de combattre. Toutefois, si le charkos avait réussi à gagner contre le grodrive et l'ectoplasma, il commençait sérieusement à fatiguer.

- Oh my, s'exlama Kiméra, mais ce charkos est vraiment stubborn quand il s'y met ! Mabel, fais donc tournoyer tes feuillemagik !

Les yeux du spectre s'illuminèrent tandis qu'une déluge de feuilles multicolores vient former un tourbillon sur le terrain, formant en volant des motifs de toutes formes l'entourant comme des rubans. Le reptile ne se démonta pas et, avec une habileté digne d'un pokémon de concours, invoqua des dizaines de pierres qui volèrent en tout sens, se brisant au contact des feuilles tranchantes comme des lames. Les chocs provoquaient des petites étincelles rouges et oranges, et les gravillons en ressortant emplissaient l'air d'une espèce de brume argentée. Ils voletaient autour de Syrius, de plus en plus nombreux, de plus en plus denses, jusqu'à former une barrière qui semblait faite d'éclats de diamants tant elle était resplendissante.

- Brillant ! Fantastic ! Des paillettes, des étincelles, j'adooore ça ! Hurla Kiméra, des étoiles pleins ses yeux mauves. Il devrait faire du concours plutôt que du combat, ce charkos !

Et pendant qu'elle s'extasiait, Aurore, d'un ordre mental, ordonna à son combattant de charger. Celui-ci fonça alors, barrière en avant pour passer celle de la dame spectrale.

La collision fit une lumière de supernova, complètement aveuglante.

Des feuilles sifflèrent dans l'air, les gravillons se fendirent en fine paillettes, et des feux d'artifice se déclenchèrent de tous côtés, verts, jaunes, rouges, bleus, roses. Passant au travers de l'éblouissante fumée qu'il en résulta, le charkos déboula tête en avant, assénant un psycoud'boule dont l'éclat bleuté se répandit dans la brume. Cette dernière devint si éblouissante que les dresseuses et l'arbitre durent plisser les yeux, jusqu'à ce qu'une boule d'énergie sombre vienne tout aspirer avant d'exploser, formant de petites sphères qui foncèrent droit vers le dinosaure. Ce dernier en esquiva une partie, et les quelques unes qu'il se prit le firent reculer vers sa moitié du terrain. Il se tassa un peu sur lui même en reprenant souffle et équilibre, tandis que de son côté le spectre faisait de même en grimaçant. On pouvait encore voir la trace du coup dans les motifs de plasma de sa robe, qui n'était pas encore revenu à son violet sombre habituel.

La dame fantôme fut la première à bouger, formant une nouvelle attaque ball'ombre. Comme la première, celle-ci se scinda et fonça dans toutes les directions, et malgré ses saut et ses esquives le reptile ne put toutes les éviter.

- Tiens bon, Syrius ! Encouragea Aurore de son côté du terrain, cherchant une issue au problème.

- Tu aurais dû changer à la fin de la manche, darling ! Maintenant c'est trop tard ! Rafale psy !

La rafale de rayons colorés partit, et le dinosaure ne chercha même plus à esquiver. Il encaissa bravement, tituba, et tomba à terre, complètement sonné.

- Syrius a été mis hors-combat, annonça l'arbitre.

- Joli combat, tu t'es bien battu mon grand, souffla la dresseuse en faisant rentrer son pokémon épuisé dans sa capsule.

Riker, assis à côté, poussa un piaillement rauque, l'air d'approuver. Il se tourna vers la jeune femme, attendant sa décision.

- Non, tu ne te battras pas, annonça-t-elle en parcourant sa ceinture du bout des doigts.

Elle fit glisser sa main jusqu'à la pokéball de Draco et la lança d'un geste sûr. Le dragon de près de quatre mètre se déplia sur le terrain de toute sa hauteur, l'air prêt à en découdre. Malgré son apparente confiance en lui, Aurore sentait très bien le trac qui le prenait. Le combat en arène pouvait être intimidant, mais le spectre en face dégageait un aplomb déstabilisant. Malgré ses blessures, la demoiselle de plasma flottait avec délicatesse au dessus du sol, le regard fier et plein de défi.

Elle laissa le premier coup à Draco, qui fonça sans attendre pour tenter de placer un draco-queue. Le spectre esquiva, passa dans son dos et lança rafale psy, qu'il stoppa avec draco-rage. Les deux attaques se télescopèrent, explosant en formant une fumée grisâtre sans aucun charme.

- Oh, je préférais le dinosaure, soupira Kiméra. Enfin, peu importe. Mabel, éblouis nous avec ball'ombre !

Le magirêve chargea à nouveau une des ses attaques, provoquant comme à chaque fois une immense balle qui se devisa pour aller frapper un peu partout sur le terrain. Draco, souple et agile, réussit à toute les évitesr, et, prenant de la vitesse grâce à hâte, il fonça droit vers son adversaire. Un coup, esquive, deux coups, réplique, esquive, plongeon, saut, glissade, envolée. Les deux combattants devinrent deux flammes qui crachaient leurs attaques sans interruption , qui tourbillonnaient en ignorant les ordres, aspirés dans leur transe démente avide de victoire.

Cela dura un temps, puis le dragon, d'un coup souple, arriva à frapper le spectre et l'envoyer plus loin. Vif et toujours en forme, il enchaîna en fonçant droit sur sa cible, repliant son long corps comme un ressort pour se projeter. Le magirêve venait à peine de se remettre quand l'attaque le frappa, et il tournoya jusqu'en dehors des limites du terrain, semblable à une feuille emportées dans le vent. Sa robe s'était teintée de bleu, de rose, perdant sa pourpre intense à mesure qu'il s'épuisait. Le plasma de son chapeau était presque translucide et la demoiselle tentait malgré tout de se relever. Elle avait une grimace au visage qui s'élargissait à mesure qu'elle flottait vers le terrain, en tanguant comme un bateau ivre. Arrivée à la limite, lavande et transparente, elle s'effondra.

- C'était un très beau combat, commenta l'arbitre. Aurore est déclarée vainqueur.

La championne alla récupérer le spectre qui s'était roulé en boule sur le terrain. Il émit une petite stridulation étrange en acceptant volontiers de rigidifier son corps pour que sa dresseuse puisse le prendre dans ses bras.

- Félicitations, my dear, dit Kiméra en allant ouvrir un précieux coffret posé sur un piédestal sous le plus grand vitrail.

Elle revint avec un badge de métal sombre et luisant.

- Je te remets avec joie cette badge Fantôme. J'ai pris beaucoup de plaisir à combattre contre toi. Tu es maintenant à cinq badges n'est-ce pas ? Ça fait donc de toi une dresseuse de catégorie…heu… F ! Si je me souviens bien, tu as donc le droit à une équipe active complète, et toujours deux œufs maximum. Je te souhaite un bon courage pour les futurs combats, ça promet d'être très intéressant ! Annonça-t-elle joyeusement, son accent se renforçant avec l'excitation.

Aurore ne s'attarda pas plus et quitta l'arène pour se diriger droit vers le centre, laissant la championne et la jeune arbitre soigner l'équipe qu'elle venait d'affronter.


Blue se jeta sur son lit tandis que Perrine se posait sur sa chaise, appareil photo à la main, pour montrer leur travail à Aurore. Gabrielle, curieuse, se pencha par dessus-son épaule. Elle avait donné les quelques plans et notes qu'elle avait faits au jeune homme, qui les lisait d'un œil distrait.

- Ça va prendre un bout de temps avant de réussir à placer tous les bons emplacements, soupira Aurore en faisant défiler la liste de fichiers du bout du doigt.

- On peut peut être optimiser ça en filant le travail à porygon, proposa Blue.

Gabrielle leva un un sourcil curieux.

- Porygon ?

La jeune femme blonde leva son pokématos, expliquant rapidement qu'il contenait toutes les informations à leur dispositions. Elle s'étendit un peu sur le système de sécurité, sans toutefois aller trop loin de peur de raconter n'importe quoi. Elle avait encore du mal à comprendre le concept même de pokémon programme, quand bien son compagnon de voyage lui ait expliqué de nombreuses fois. Elle enchaîna, s'adressant cette fois au garçon :

- Et qu'est-ce que tu vas faire exactement ? Pour nous faciliter la tache, je veux dire.

Il agita le papier avec flegme.

- Gaby a eu la bonne idée de relever les emplacements, avec un ou deux numéros. Je suis sûr et certain qu'il y a dans les photos un plan précis avec toutes les adresses. Il suffira de demander à porygon de prendre toutes les adresses sur les bails et les titres de propriété et de les faire concorder avec le plan, puis d'y appliquer les noms des propriétaires, dans l'ordre chronologique. On pourrait aussi le faire nous même, mais on prendrait certainement plus de temps.

- Attends, il est capable de faire ça ? Demanda Perrine ébahie.

- C'est un porygon 2 que j'ai formaté moi-même, évidemment qu'il peut le faire ! Bon, c'est pas un Z non plus, il faudra certainement rentrer les données dans un tableur, sur des photos ça va lui demander trop de temps, et faire un plan plus propre aussi.

- Il est pas capable de faire ça tout seul ? Intervint la dracologue, qui avait à présent l'appareil en main. On y voit parfaitement bien la dessus, les adresses et les noms sont en grand et en gras.

- Mais ce sont des photos, c'est…différent.

Blue se pinça l'arête du nez, cherchant ses mots.

- Pour un programme, tout est une question de nombres. Pour porygon, une image, c'est une image, peu importe ce qu'elle représente. Une série de pixels allumés ou non, avec une couleur attribuée. Nous on voit des lettres, lui ne comprend qu'une série de pixels noirs et blancs. S'il doit chercher des concordances entre les alignements de pixels et les lettres de l'alphabet, non seulement ça peut lui prendre des mois, mais en plus il va finir par nous haïr. Par contre, si on lui donne un tableur avec des numéros qui correspondent à des noms, qui eux même correspondent à des dates, et un plan composées de cases qui ont elles aussi un numéro attribué et qu'on lui demande de faire le lien, il va mettre en place un algorithme de classement et faire ça en quelques minutes et sans aucune erreur.

- Donc en gros il va falloir remplir un tableur, maintenant, résuma la soignante avec un ton peu enjoué.

- Malheureusement, il semble bien que oui. Mais on est quatre, ça devrait aller vite. Et on a le temps.

- Pas si on veut vérifier cette ville au plus tôt, objecta le fille aux cheveux roses.

- Ce n'est pas ce qu'on cherche à faire, répliqua Aurore. Pas au plus tôt, je veux dire. On veux évidemment savoir si la Team Galaxie a une branche ici ou non, évidemment, mais pour le moment nous ne sommes que tous les quatre, tu es devenue leur nouvelle cible privilégiée, pour ce que j'en sais je bénéficie toujours de mon statut de « problème éliminé » et Blue est facilement reconnaissable. Si on se met à fouiner ici et maintenant, on pourrait perdre beaucoup plus que ce qu'on a à gagner. Il vaut mieux quitter la ville au plus tôt, faire nos vérifications à Charbourg, puisqu'on sera en sécurité là-bas et si on trouve quelque chose, on passera à l'action quand il en sera le temps.

La dracologue hocha la tête.

- Je comprend. Tu as raison, je m'emballe. Si ça vous embête pas, dans ce cas, j'aimerais qu'on parte dès demain, le plus tôt possible.

- Ça me va, lança Blue depuis le lit, d'un ton nonchalant.

Perrine approuva.

- Tu ne nous avais pas dit que tu avais un ami là-bas, d'ailleurs ?

- Le champion de la ville, oui, répondit la dresseuse. D'ailleurs, Gaby, ce serait une bonne occasion pour aller faire un tour dans le souterrain. Tu pourrais trouver de l'ambre, apparemment Sinnoh en est rempli.

La dracologue fronça les sourcils.

- De l'ambre ? Pour quoi… un ptéra ! Oui, bonne idée.

Aurore s'étira, faisant rouler son cou.

- C'était une bonne journée. Demain, on se lève avec le soleil, alors tardez pas trop ce soir. Je vais me laver.

Elle quitta alors souplement sa chaise, sortant en coup de vent. La dracologue la suivit, tandis que les deux autres, déjà en pyjama, se glissaient dans leur lit.

- J'espère que tu regrettes pas d'avoir quitté ton hameau, souffla Blue d'un ton railleur tandis qu'il tentait d'atteindre un livre posé sur ça table de nuit.

Perrine sourit sincèrement, attrapant le bouquin – Evolution du dressage à travers les âges – pour lui tendre.

- Tu rigoles ? J'ai toujours rêvé de vivre une aventure ! J'ai l'impression que celle-ci va être encore mieux que tout ce que j'ai pu imaginer !

Blue sourit, mais avec une drôle de lueur dans le regard. Un quelque chose de nostalgique qui dansait dans le mordoré de ses pupilles absentes et s'étendait jusque dans le coin de ses lèvres tirées en un rictus vague.

- Oui, bien sûr, partir à l'aventure, c'est cool. Mais sans vouloir de démotiver ou quoi que ce soit, il faut que tu sache que ça se passe jamais aussi bien qu'on espère.

Perrine eut une mimique surprise et fixa avec un peu plus de sérieux le visage de son interlocuteur, qui reprit son air sarcastique habituel.

- Quoi ? Tu veux ma photo ?

Perrine recula, toujours sans le quitter des yeux, et alla s'asseoir sur son matelas.

- Non, je…je suis désolée que tes voyages se soient mal passés. Sincèrement, quand bien même ce ne soit pas de ma faute.

Elle se retourna alors, s'enroulant dans sa couette, laissant sans le savoir un Blue déconcerté et incapable de répliquer quoi que ce soit.

Cette nuit là, il eut du mal à s'endormir. Les souvenirs de son voyage à travers Kanto défilaient devant ses yeux des qu'il fermait les paupières. Pas les plus agréables, en plus.

Ça faisait un petit moment que ça ne lui était pas arrivé.


Bon hé bien merci d'etre arrivés jusqu'en bas ! j'espere que ça bous a plu et je m'excuse d'avance parce que je ne sais pas du tout quand je vais finir le prochain chapitre :/

Ne me tuez pas !

Bisous tout le monde !