Bonjour les gens ! Et non, je suis par morte !

Je sais que vous avez attendu très très très longtemps et je m'excuse platement. J'ai pas vraiment d'autre excuse que le manque de motivation ou d'inspiration pour ne pas avoir fini ce chapitre plus tôt. J'ai même failli abandonner, à vrai dire, mais il faut donner à cette histoire une fin digne de ce nom ! Ce chapitre est court en comparaison aux précédents, et je ne sais pas quand j'aurai fini le prochain, mais toujours est-il que je vous remercie de lire cette histoire, du fond du coeur !


L'accès au Mont Argenté se faisait par un chemin sauvage, presque impraticable, menant au pied d'une piste vaguement tracée au flanc de la montagne. L'escalade jusqu'au premier plateau était simple, mais à partir de là s'élevaient des crêtes glacées, des falaises tombant à pic, des chemins à peine assez large pour une personne.

- Tu es sûre que tu veux toujours venir, fit Blue, le nez levé vers le sommet caché par les nuages. Je peux le faire tout seul.

- Sauf si tu y tiens vraiment, je préférerait être dans le coup.

- Tu sens toujours rien ?

Aurore ferma les yeux et attrapa la pokéball que lui avait confiée Blue. Il s'agissait de la capsule du pikachu de Red, dont il n'avait jamais eu l'utilité. Elle était toujours vaguement imprégnée de l'énergie du pokémon électrique, et la jeune femme mit quelques secondes à sonder la montagne.

- Il y a bien quelques signaux vaguement similaires, deux ou trois je dirai, mais je peux pas être vraiment sûre de moi. C'est difficile de différencier des auras de même couleur.

- C'est déjà mieux que rien. Ça s'affinera en montant.

Il se mit à marcher, son arcanin devant pour ouvrir la route. Aurore eut un signe de tête entendu avec Riker et ils suivirent le mouvement, veillant à ce qui pouvait arriver derrière. L'endroit était occupé par des pokémons sauvages plus forts et agressifs que tout ce qu'ils avaient pu voir jusqu'à présent, et la route pour venir avait déjà été une épreuve en soi.

Le premier chemin à flanc de montagne montait à pic, et plusieurs fois ils manquèrent de trébucher dans un trou caché par l'herbe et les racines. Des pins en tout genre avaient envahi le lieux, et dans leur branches reposaient des nids de dardargnans. Il fallut un bon nombre de lance-flammes ou de laser glace avant que les insectes ne cessent d'attaquer, pour finalement être remplacés par des ursaring.

- Ok, bouges pas. Recule doucement. On va remonter la pente ici, fit Blue en voyant la silhouette sombre d'un spécimen particulièrement costaud se détacher entre les troncs.

Il firent ce qu'ils purent pour escalader la pente couverte de terre humide, en s'agrippant aux arbres dont la base poussait presque à l'horizontale, aux buissons et aux racines. Aurore dut supporter les trente kilos de son prinplouf sur son dos tout en escaladant, manquant de basculer en arrière, se prenant les pieds dans les racines et concentrant toute la détermination dont elle était capable pour ne pas se laisser rouler jusqu'en bas et abandonner. Le seule avantage qu'elle avait, c'était la protection que lui offrait son pokémon contre les apitrinis que n'avait pas Blue, ce dernier luttant à coup de branches pour les éloigner. Aza, massif, grimpait comme il pouvait en sautant de troncs en rocher, manquant de se coincer à chaque fois.

- Enfin là-haut ! Hurla Aurore en se laissant tomber à terre.

- Attends, tu l'as porté ?!

Blue grattait une piqûre sur son visage en râlant. Il tendit une main à Aurore pour l'aider à se relever, tout en cherchant le chemin du regard. La température était un peu plus fraîche, et de temps en temps un flocon tombait sur eux.

- On devrait arriver vers les neiges éternelle bientôt, si on continue à monter. Je crois que le tracé va par là.

Ils continuèrent en suivant une piste qui serpentait entre les arbres de plus en plus rare et qui montait régulièrement, formant un virage en épingle avant de repartir à chaque fois plus haut. Les sol se faisait de plus en plus dur, la terre boueuse se muait en une glaise traître, formant des plaques de verglas indiscernables seul Riker se sentait de mieux en mieux à mesure qu'ils grimpaient, sautant de plaque de glace en plaque de glace pour les briser. Il avait pris la tête du groupe, laissant le soin à Aza de fermer la marche.

Le chemin les emmena droit sur une espèce de petite corniche qui donnait droit sur le vide. La route continuait à l'intérieur de la montagne, dans une grotte étroite. Ce fut avec regret que Blue dût faire rentrer son arcanin. Il appela son mackogneur à la place.

- La vache, c'est encore plus impressionnant en vrai.

- T'en avait jamais vu ?

- Non, juste des machopeurs. Rien à voir avec ce monstre.

- Pff. En effet, rien à voir, répéta-t-il, un brin crâneur.

Blue prit la tête du groupe et s'avança, avant de se faire violemment attaquer par des nosféraltos. Riker réagit au quart de tour et commença à les geler un par un, pendant que le pokémon combat agitait ses quatre bras dans tous les sens, courbé au-dessus des dresseurs pour les protéger.

- Courrez ! Hurla Aurore.

Il n'y avait qu'une voix, heureusement, car la seule lumière venait des pierre fluorescentes dispersées de-ci et de-là dans la caverne. Aurore trébucha et se râpa le coude contre une paroi et plusieurs fois Riker gela par accident le sol devant eux. La lumière du jour fut un soulagement total, et ils sortirent de la caverne au pas de course, continuèrent encore à courir une cinquantaine de mètres, et s'arrêtèrent enfin quand ils estimèrent être à l'abri. Le pokémon colosse avait des traces de morsure partout sur les bras et la tête, mais ne semblait pas empoisonné.

- Ok, tout va bien. Il y a de la neige partout, on doit être assez haut, maintenant, non ?

- Si on veut atteindre le sommet on en a encore pour un bout de temps, fit Aurore en reprenant son souffle. Pitié, dis-moi juste qu'on aura pas d'autres grottes.

- J'peux rien promettre. Et c'est moi où le vent souffle plus ici qu'en bas ?

- Ouais, il est plus fort. On ferait mieux d'attendre que ça tombe.

- Non, ça ira.

Aurore remonta son écharpe sur son nez, dégageant au passage quelques flocons échoués sur son manteau. Son coude était toujours douloureux, mais la manche n'était pas déchirée. Ça devait aller.

- Comme tu veux. On établira un camp si vraiment ça devient plus violent.

Blue secoua la tête, et fit de nouveau sortir Aza. L'énorme canidé remplaça le colosse en guise de guide, marchant lentement pour que les deux compagnons de route puissent profiter de sa chaleur.

Le vent se fit de plus en plus vif et chargé de flocons à mesure qu'ils montaient. La route était en bord de falaise, relativement large, et suivait les reliefs de la montagne. Avec la neige qui couvrait tout, il était impossible de dire précisément à combien de mètres se trouvait le sol en-dessous, d'autant plus que les sapins aux aiguilles sombres limitaient la visibilité.

- Qu'est-ce-que… Riker, à droite ! Hurla Aurore. Éclate-roc !

Le prinplouf réagit à l'ordre sans voir sa cible, qu'il manqua de peu. Le dimoret fonça à nouveau vers lui, griffes tendues. Riker évita l'attaque et envoya le démon de glace au tapis, pour être aussitôt assailli par deux fafurets.

- Ils nous ont encerclés ! Aurore, cours, Aza, lance-flamme !

Dans le paysage blanc, le lance-flamme brilla d'un feu infernal, mettant hors-combat quatre ou cinq farfurets dirigés par un dimoret qui esquiva. La créature noire bondit avec agilité contre le tronc d'un arbre, prête à frapper à nouveau. Elle fut percutée par un jet d'eau qui la projeta au sol, et sa cible s'enfuit. Les deux dresseurs restaient collés près de leur pokémon, n'osant en appeler plus à l'aide à cause de la largeur du chemin, et avançaient droit vers un promontoire un peu plus loin. Des deux combattants, c'était Aza qui avait le plus de mal à gérer le combat, des vagues de montres des neiges lui sautant dessus de tous côtés. Les lances-flammes partaient de manière aléatoire, les coup de griffe et de croc n'aboutissaient à rien et Riker, que les dimorets avaient finit par laisser tranquille, manquait de se prendre un coup à chaque fois qu'il tentait de s'approcher pour l'aider.

- Blue, rappelle-le !

- Quoi ?!

- Fais ce que je te dis ! Riker, hydrocanon !

L'arcanin se dématérialisa juste à temps pour ne pas recevoir la trombe d'eau, qui frappa ses assaillants rudement. Ils atterrirent un peu plus loin, et Aurore n'attendit pas une seconde pour attraper la manche de Blue et sprinter. Le dresseur eut un léger temps de flottement avant de se mettre à courir à son tour, poussé par le prinplouf qui assommait les quelques pokémons courageux qui tentaient de se relever.

Les deux dresseur avancèrent le plus vite possible dans la neige qui leur couvrait largement les chevilles, jusqu'à un renfoncement dans une paroi derrière lequel ils s'abritèrent. Le rouquin fit à nouveau sortir son pokémon, qui, s'il avait l'air en forme, avait à présent des trous dans la fourrure.

- Ils nous ont pas suivis, fit Aurore après un temps. Riker, ça va ?

Le prinplouf hocha la tête. Il n'avait tiré de son combat qu'une ou deux égratignures.

- C'est un peu le genre d'entraînement que tu nous donne, commenta-t-il.

Elle hocha la tête avec un petit sourire, tandis que Blue se laissait glisser contre la paroi.

- On devrait prendre une pause. Je commence à fatiguer.

- Sors de quoi manger, Riker et moi on va chercher du bois.

Ils n'eurent pas à s'éloigner beaucoup pour trouver un sapin et en couper quelques branches. Dix minutes plus tard, ils étaient recroquevillés autour d'un feu, appuyés contre l'arcanin qui mâchonnait une baie. Les rafales étaient d'une violence extraordinaire, s'embouchant dans le moindre interstice entre les vêtements, gelant la peau si froidement qu'elle paraissait brûler elles semblaient toutefois s'écarter.

Quand les deux dresseurs décidèrent de reprendre le chemin, une nouvelle couche de poudreuse s'était rajoutée, effaçant toute trace de leur passage.

Ils avançaient le plus vite possible et se repliaient derrière l'arcanin à chaque bourrasque. Cette méthode fut chaotique au début, mais très vite ils prirent leur rythme et franchirent quelques centaines de mètres à une allure respectable.

- J'ai l'impression d'être… dans un jeu vidéo… articula Aurore, haletant. Tu sais, ce truc de… avancer, bouclier, avancer, bouclier…

Blue eut un rire essoufflé, et le vent tomba. Ils se relevèrent et suivirent l'arcanin qui creusait un chemin en faisant fondre la glace à leurs pieds.

- Il y a un pokémon, fit soudainement Riker en s'arrêtant.

Il se mit à tourner le bec dans tous les sens, tandis qu'Aurore se concentrait. Blue ne remarqua pas de suite qu'ils s'étaient arrêtés et continua quelques pas avant de remarquer.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Un pokémon, d'après Riker, répondit Aurore, les yeux fermés. Le froid semblait geler son cerveau, lui faisant perdre sa concentration.

- Les farfurets ?

- Non, j'en sens qu'un. Ou deux. Près…

Elle ouvrit soudainement les yeux.

- Bouge !

Le tas de neige à côté de Blue explosa soudain, éclaté par un tartard qui prit l'arcanin de surprise, l'envoyant droit dans des sapins bas d'un hydrocanon à puissance maximale. Son poing se leva, et avant que qui que soit ait pu bouger, il frappa le dresseur de plein fouet, le projetant hors du sentier, droit dans le vide.


Louka tomba lourdement du haut du grillage, déchirant sa manche au passage. Il ne perdit pas la moindre seconde et se releva au pas de course, sprintant pour s'éloigner le plus vite possible de l'entrepôt. Victor était à quelques pas devant lui, les guidant tous les deux. Un bruit métallique indiqua que leurs poursuivants grimpaient à présent la barrière, et ils se mirent bientôt à zigzaguer pour éviter le faisceau des lampes.

Victor n'osait pas se retourner, espérant que Louka était bel et bien derrière lui. Le foulard sur son visage l'empêcher de respirer, et la zone mal éclairée était traître : plusieurs fois il faillit trébucher dans un nid de poule ou glisser sur une bouche d'égout. Malgré tout, ils arrivèrent jusque dans les rues d'Unionpolis. Connaissant à présent la ville comme sa poche, Vicky n'eut aucun problème à semer les membres de la Team Galaxie dans le dédale de ruelles de la ville. Quand ils furent assurés d'être enfin à l'abri, les deux dresseurs s'effondrèrent contre un mur, à bout de souffle.

Il restèrent là quelques instants, incapable d'articuler quoi que ce soit.

- La vache. Fit enfin Victor. C'était juste.

- Ouais. Désolée pour le… le… truc ? C'était quoi ? Une caisse ?

- Ouais je crois bien. T'as réussi à installer la caméra au moins ?

- Mieux que ça ! Chantonna Louka avec un air fier. J'ai réussi à dupliquer le porygon de Blue et à l'installer dans la caméra, comme ça, non seulement elle est en réseau, mais en plus il peut la contrôler.

- C'est possible de faire ça ? Je pensais que les porygons étaient incapables de faire bouger des objets ?

- Oui et non. Il faut que l'objet en lui même soit capable de bouger pour que porygon puisse le mouvoir. J'ai bidouillé la caméra.

- Beau boulot.

Louka souleva son béret, mimant un révérence.

- Maintenant on récupère nos affaires et on rentre au plus vite. Pas envie de tomber sur ces mecs par hasard.

- Tu penses pas qu'ils nous aient reconnus ?

Victor secoua la tête. Ils rejoignirent le centre et se laissèrent tomber sur leur lits, sans parvenir à fermer les yeux. L'adrénaline courraient encore dans leurs veines.

Ce fut donc très fatigués qu'ils partirent le lendemain, traversant à pied le tunnel sous le mont Couronné pour rejoindre Charbourg, enfin reliée à la route. Pierrick les salua quand ils passèrent devant l'arène.

- Vous retournez à Joliberges ? Vous pourrez donner un truc à mon père de ma part ?

Ils leur mit dans les bras un carton relativement lourd, scellé avec du scotch enroulé aléatoirement, tout en les remerciant à profusion. Ensuite, ils durent prendre une navette jusqu'à Féli-Cité, traverser la ville et attendre le bac pour traverser le chenal. Fort heureusement, la route qui menait du chenal à la ville était courte et dégagée.

Victor fut étonné de voir la maison qui leur servait de base.

- Oh, c'est vrai que t'as encore jamais vu, commenta Louka. L'intérieur est cool aussi. Peter a insisté pour peindre la carte de la Terre du Milieu dans le salon.

- Sérieux ? Parce qu'il sait lire ?

- Seulement quand il y a des dragons. Files-moi le carton, je passe à l'arène.

Louka fit sortir son chimpenfeu, qui le suivit le long du pont en sautant de câble en câble. Ils passèrent devant la bibliothèque et suivirent la rue qui descendait vers les quais, là où se rouvait l'arène. Cette dernière avait été une usine de métallurgie, reconvertie en immense usine de retraitement des déchets métalliques depuis la fermeture de la mine. Elle s'élevait sur plusieurs étages, et tout en haut se trouvait le stade de l'arène. Louka était déjà venu assister à un match d'entraînement entre Charles et Aline, et il fallait dire que le terrain au sol couvert d'acier était particulier. Des poutres étaient plantées aléatoirement sur la surface, certaines s'élevant jusqu'à la verrière qui servait de plafond. Certaines zones étaient graisseuses, d'autres rouillées, mais globalement le métal rutilait sous le soleil, compliquant les combats en éblouissant les dresseurs. Il régnait également une chaleur atroce, qui accentuait l'impression d'enfermement provoquée par le terrain. A la difficulté des conditions de combats s'ajoutaient également l'équipe du champion, lente et massive, présentant une force colossale ou une défense impénétrable.

Aline avait eu de mauvais moments à affronter le champion, mais son équipe avait progressé de manière exponentielle.

Louka dût slalomer entre les ouvrier et les machines avant d'arriver au bon ascenseur - ce qui était un bien grand mot, il s'agissait plus d'un monte-personne amélioré. Le plateau traversa les quatre étages à toute vitesse pour s'arrêter devant un espèce de petit bureau aménagé juste à côté du terrain. Un mur avait été construit dans un angle pour former une petite pièce à part, qui débordait de classeurs d'archives mal triés et de babioles exposées sur les étagères. Un bureau bricolé avec une planche et deux palettes comportait un nombre impressionnants de post-it, de factures et de bons de commande, une tasse ébréchée, un ventilateur dont une pâle tenait avec du scotch. Charles était assis derrière, les pieds croisés sur la table, un combiné plus vieux que l'usine elle-même dans la main. Il salua Louka d'un geste vague de la main et lui désigna une chaise qui traînait. Louka la rapprocha et s'y assit avec précaution, de peur qu'un des pieds ne se brise sous son poids.

- Je vous envoie les papiers par courrier recommandé dans les prochains jours, monsieur Rochard, mais je ne peux pas vous garantir d'avoir la quantité demandée avec le délai que vous m'imposez. Oui, bien sûr. Oui, je comprend, mais la mine de l'Ile de Fer étant fermée, les minerais ne sont extraits qu'à Charboug, et il s'agit d'une mine de charbon. Comprenez qu'il est rare de trouver des sélénites à cette profondeur. En ce qui concerne le monel, par contre, j'ai déjà le stock nécessaire pour tout vous envoyer par le prochain bateau. Oui. On fait comme ça. Bonne journée, monsieur Rochard.

Il reposa le combiné avec un telle force que Louka se demanda comment l'appareil pouvait encore tenir.

- Bon sang, mais tu le crois ça ? Trois tonnes de Sélénite ! Qu'est-ce qu'on fait avec trois tonnes de sélénite ?

- Qu'est-ce que c'est, la sélénite ?

Charles le regarda avec un air abasourdi.

- Bah…Ce qui sert à faire des pierre lune. Enfin, pas que ça, ça sert à d'autre chose, selon la partie du caillou qu'on prend. C'est une pierre particulière parce que c'est un amas de carbone autour de métal, alors ses propriétés peuvent ressembler à celle du métal sur certains point. Tu piges ?

- A peu près.

- Ok. Dans le temps on s'en servait du cœur de sélénite pour faire des armes particulières, ou des bijoux. C'est un métal noir, extrêmement solide et inoxydable. Et léger en plus du reste.

- Peut-être qu'il veut en faire des pokéballs ? Monsieur Rochard est bien le patron de la Devon Corp, non ?

Le champion cligna des yeux.

- Ouais, ptet'. Mais t'imagines le prix d'la pokéball ? On utilise du monel pour ça, des noigrumes à la limite. Mais d'la sélénite ! Enfin bref, qu'est-ce qui t'mène ici ? Tu cherches Aline ?

- Non, Pierrick m'a demandé de vous donner ça. Aline est pas à la base ?

- Nan, partie à l'Île de fer pour s'entraîner. Elle a presque faillit me battre la dernière fois, à ce stade-là elle fera qu'un bouchée de Mélina et Lovis. Et de la nouvelle, à Unionpolis. L'unysienne, là…Gamora ?

- Kiméra ?

- Ouais, Kiméra.

Il s'arrêta de parler pour chercher un cutter dans une boite à stylos où étaient rangés des tas de choses exceptés des stylos et coupa le scotch d'un geste expert. Le carton dévoila un objet enroulé dans du papier bulle.

- C'est un fossile ? Demanda Louka, curieux.

- Nan, ça Pierrick il les envoie au musée. C'est une citrine lumineuse. Enfin, quand ce sera un peu retaillé.

- Une ?

- Citrine lumineuse. C'est une grosse pierre semi-précieuse. C'est quand on a un gisement de citrines, parfois il arrive que des minéraux enrobent plusieurs pierres. Ça créée un amas dans l'quel les citrines qui servent de cœurs changent d'propriété en se servant de la pierre qui se forme autour, un peu comme une perle à partir d'un grain de sable, tu vois ? Bah quand on trouve un d'ces gros amas, il suffit ensuite de tout découper proprement pour avoir des pierres éclat. Les pierres solitaires sont plus fréquentes, mais de qualité moindre. Pour faire évoluer un pokémon c'est pas bien grave, mais en bijouterie j't'assure que ça fait hurler bien des gens quand des dresseurs essaient de revendre leur camelote. 'Fin, merci d'm'avoir livré ça. J't'aurai bien proposé un café, mais ça fait deux jours qu'la machine est en panne.

- Pas grave, je comptais pas rester longtemps. En-enfin, pas contre vous, hein, faut que je rentre à la base et -

- Hé, te fais pas d'bile ! Pas la peine de t'justifier pour tout, aie un peu confiance en toi, gamin. Juste, quand Aline rentrera, dis-lui qu'je suis prêt à accepter un combat officiel.

- Ok, ce sera fait ! Bonne journée Charles.

- A toi aussi, p'tit.

Il reprit le combiné et attrapa un carnet d'adresse en cuir usé en soupirant, tandis que Louka faisait demi-tour. Il manqua de trébucher sur une chaîne en repartant et salua le guide de l'arène, un homme grand et large qui servait également d'arbitre et de chef d'atelier.

Sortir de la fournaise pour être frappé par la brise d'hiver chargée de l'humidité marine fut quelque peu désagréable.

- Allez, Gazer, on se dépêche, fit-il en enfonçant les mains dans les poches, tremblant.

A la base, le chantier était définitivement terminé : l'odeur de peinture avait été remplacée par l'odeur du poêle à bois qui chauffait la maison, l'ambiance continuellement survoltée avait laissé place au calme d'un foyer. Lucio était affalé sur un des canapés, une pile de bouquins à ses pieds, son mentali roulé en boule sur son ventre.

- Louka ! L'interpella Gabrielle. Viens voir !

Curieux, il la suivit à l'étage. Sur le palier, Peter était en équilibre sur une chaise à roulettes, marteau à la main et clous entre les dents pour accrocher un long tableau.

« Centre de formation – Caserne de Topdresseur de Joliberges »

- Maintenant, c'est officiel, fit Gaby en tapant dans ses main avec excitation.

- On a même reçu des cartes dresseur différentes, renchérit Perrine en agitant ladite carte.

- Et vous devriez recevoir les uniformes bientôt ! ajouta Peter en écrasant son doigt avec le marteau.

Il eut un mouvement de recul et tomba de la chaise, en plein sur le visage.

- Je crois que j'ai avalé un clou.

- Avant, j'avais de l'admiration pour toi, commenta Gabrielle dramatiquement.

Louka rit et s'éclipsa, s'enfermant dans la chambre qu'il partageait avec Barry. Il ouvrit l'ordinateur de Blue et entreprit de le mettre en réseau avec la caméra espion. Il fallut quelques secondes pour que l'image apparaisse : l'entrepôt, à moitié vide, gardé par deux personnes. Il y avait des caisses mal rangées, probablement celles qu'il avait fait tomber la veille.

Est-ce que l'intrusion avait été signalée ? Avaient-ils pensé qu'il s'agissait de simples voleurs ?

Il ne savait pas et espérait que tout irait pour le mieux.

- Je te dérange ? Fit la voix de Perrine.

- Non, du tout, j'étais en train de… répondit-il en remuant la main vers son ordinateur. On devrait peut-être installer ça dans la cuisine, ou quelque chose du genre, tu sais, comme un écran de vidéo surveillance.

- Dans la cave de réunion, ça aurait sa place je pense. Donnes-moi ça, je m'en occupe !

- Ça va, je le fais, t'inquiètes. Mais tu peux venir, que je t'explique comment ça marche. Vu que tu es là en permanence ce sera toi qui surveillera ce truc, j'imagine.

La table de billard trônait toujours au centre de la cave, accompagnée d'un fauteuil à haut dossier plutôt guindé et de deux chaises de soleil en toile rayée, transformant la pièce en un bureau incongru. Il y avait une lampe de bureau posée dans un angle, et des dossiers empilées dans un coin, face au côté cassé de la table. Louka prit place sur le fauteuil et poussa les papier précautionneusement.

- C'est Lucio qui utilise le bureau d'habitude. Il s'offusquera pas que tu déplaces ses affaires, expliqua Perrine en organisant tout en piles. Alors, comment ça marche ?

Louka posa le pc et lui expliqua rapidement les fonctions de base : comment établir et couper la communication, où se trouvaient les archives, comment envoyer un message.

- Si jamais il y a autre chose, au pire, tu me demandes.

Elle hocha la tête. Louka verrouilla l'ordinateur, et ils sortirent.

- Louka ! Appela aussitôt Gabrielle. Je vais récupérer Ally à l'île de Fer, tiens toi prêt à partir !

- Quoi, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je viens de recevoir un appel de la Ligue, intervint Lucio. Il se passe quelque chose dans la grotte revêche, près de Charbourg. Je voudrais que tu y ailles, Pierrick devrait t'attendre là-bas. Gabrielle, avec Aline, vous irez voir au mont Abrupt.

- Et l'île Pleine Lune ?

- Je m'en occuperai, c'est beaucoup trop dangereux pour que vous y alliez. Perrine, tu restes ici avec Victor jusqu'à ce que qu'on reviene, si jamais il arrive quoi que ce soit je veux que tu préviennes immédiatement Peter, c'est clair ?

- Heu, oui. Oui !

Un branle-bas s'en suivit, désorganisé et hasardeux. Louka s'écria soudain :

- Mais j'y vais comment, à Charbourg ?

Victor soupira.

- Je t'y poserai.

Il jeta ensuite une potion dans sa direction, celle que Louka venait de faire tomber et cherchait fébrilement. Gabrielle le gifla de sa cape involontairement en fonçant vers la porte un courant d'air fit s'envoler un papier sur la table que Perrine poursuivit quelques instant avant de réussir à l'attraper.

Lucio regardait depuis le salon, dos droit, bouche pincée.

- Il va falloir vous apprendre à réagir à des situations d'urgence, soupira-t-il. Vous perdez plus de temps que vous n'en gagnez en vous agitant comme ça.

Louka se força à se calmer et à mettre de l'ordre dans ses mouvements. Plus calme, mais toujours d'une main tremblotante, il finit d'empaqueter ses affaires et enfila sa veste. Son chimpenfeu vint se percher dans sa capuche. Il fit signe à Victor qu'il était prêt, et ils se mirent en route. A son tour, Lucio salua Perrine et partit.

Le froid embua ses lunettes dès qu'il mit le pied dehors, et il remonta un peu son écharpe. Attrapant un pokéball au fond de la poche de son duffle-coat, il fit apparaître un xatu qui s'ébroua avant de le regarder en penchant la tête.

- Direction l'île Pleine Lune, mon ami.

L'oiseau battit des ailes plusieurs fois, puis laissa son dresseur monter sur son dos ils s'envolèrent à toute vitesse, aidés par les pouvoirs psychiques du pokémon. Ce dernier volait presque sans battre des ailes, se servant de la pression de l'air pour avancer.

L'île Pleine Lune se trouvait quelque part au nord-est de la région, dans la baie au large de la Ligue. Ce n'était rien de plus qu'un petit îlot inhabité, aussi le trouver en volant de haut pouvait être compliqué. Fort heureusement, la personne qui l'attendait la-bas avait eu la bonne idée de faire un feu de camp assez large pour être vu de haut au milieu de la neige.

Ce n'est qu'en s'approchant que le kinesthésie se rendit compte qu'il ne s'agissait pas d'un feu de camp, mais d'un attroupent de pokémons feu se battant furieusement contre une horde de pokémon poison. Il pressa le xatu à descendre en piqué et n'eut pas le temps d'attérir qu'il avait déjà envoyé mentali à l'attaque. Les psycho du félin mauve aidèrent le maganon assaillit, et une fois débarrassé de leurs opposants, ils se précipitèrent vers un simiabraz qui passait un mauvais moment contre des nosféraltos et un galopas qui malgré sa vitesse ne parvenait pas à toucher des grotadmorv qui se dérobaient à chaque coup. Le gallame de Lucio vint s'ajouter à la mélée, lançant des coupe psycho pour couper les retraites adverses, tandis que le xatu se servait du vent pour rapprocher les chauve-souris du sol. Leurs adversaires se mirent à tomber un à un, une masse d'éclairs rouges tandis qu'il disparaissaient de la clairière ou se déroulait le combat. Leurs dresseurs étaient cachés plus loin, derrière des pins touffus ou des rochers couverts de glace. Probablement s'enfuyaient-ils à tour de rôle, car dès que le calme revint, il n'eut pas un mot pour briser le silence. Lucio resta sur ses gardes un moment, de même que le dresseur qu'il venaient d'aider. Quand ils furent assurés 'être seuls, ils s'autorisèrent des salutations correctes.

- Lucio ! T'en a mis un temps, j'ai failli geler ici. Content d'te voir, mon pote !

- Tu as failli geler parce que es en tongs, Adrien. Mets des chaussures, une bonne fois pour toutes !

- Mes orteils ont besoin de respirer et tu le sais très bien.

Lucio soupira et secoua la tête, repoussant ses cheveux en arrière.

- C'était les Galaxie, hein ?

- Eux mêmes. Je pensais m'infiltrer discrètement, mais…

- Mais tu es en jaune et noir dans un paysage couvert de neige ? Le camouflage était pourtant parfait.

- Oh, arrêtes. Je me suis fait griller parce que j'ai essayé de libérer ce pauvre pokémon.

- Quoi ?

Le visage d'Adrien se durcit, la colère envahissant ses yeux rougeoyants.

- Cresselia. Je sais pas comment ils ont fait, mais ils ont réussi à la capturer.

- Alors ça va recommencer ? Le grand Cauchemar ?

Ils restèrent silencieux un instant.

- C'est de Darkrai qu'ils se sont servis, la dernière fois, tempéra Adrien d'une voix incertaine. Si personne ne le pousse à utiliser ses pouvoirs à plein potentiel, tout ira bien, non ?

- Ce qui l'empêche de tout plonger dans le noir, c'est la présence même de Cresselia. Si elle n'est pas là le jour de l'équinoxe, ça va recommencer. Et tu le sais très bien.

Adrien pinça les lèvres et fit signe à Lucio de le suivre. L'île était envahie par des arbres touffus et des herbes sauvages, et ressemblait à un canyon miniature tant les rochers escarpaient le paysage.

- Ils se sont installés au centre de l'île. Je sais pas comment t'expliquer ça, mais… ils ont fait apparaître Cresselia. J'veux dire, ils ont cette machine bizarre, ils l'ont activé et pouf ! Une espèce de brèche s'est ouverte et Cresselia est apparue, complètement agitée. C'est à ce moment là que je suis intervenu, mais ils ont juste réussi à m'forcer à fuir.

- Donc tu ne les a pas vu la capturer ?

- Non, mais…

- Il y a encore peut être une chance.

Lucio remonta ses lunettes sur son nez et pressa le pas, forçant l'autre dresseur à trottiner pour le rattraper.

- Ils ont réussi à capturer Darkrai il y a dix ans ! Avec tout les trucs qu'ils ont mis au point depuis, y'a aucune chance pour qu'ils échouent sur cette capture !

- Ces deux pokémons ne sont pas du même type.

- Ils sont de puissance tout à fait égale !

- Cesses d'être pessimiste, il faut tenter notre chance.

Adrien le suivit, pâlissant de plus en plus à mesure qu'ils approchaient. Effectivement, le spectacle était horrible à voir.

La capture avait bel et bien réussi, Cresselia enfermée dans une cage, dans une sorte de coma. Son corps était parfois secoué de spasmes douloureux, les arches lui servant d'ailes s'illuminant comme pour lancer une attaque. Elle semblait prise d'un cauchemar, ou en grande douleur.

Le temps que Lucio ne décide quoi faire, un sbire avait déjà jeté une toile sur la grande cage il ne fallut alors pas plus de quelques secondes pour qu'ils lèvent le camp.

- Coupe psycho, Gallame !

Les taillades n'atteignirent pas grand-chose et les Galaxie, déjà sur leurs gardes, répliquèrent en formant un mur de différentes capacités. De la fumée se mêla à la brume et l'espace d'un instant plus rien ne fut visible. Il y eut enfin un grand mouvement d'air et plusieurs dracolosses et drattaks s'envolèrent, transportant l'intégralité de l'équipe et du matériel sur leur dos.

Le brouillard dense se dissipa juste assez pour qu'Adrien ne voie l'écran de la machine, toujours en place, clignoter suspicieusement.

- Lucio, au sol ! Hurla-t-il.

Et en l'espace d'une milliseconde, tout explosa.