Mot de l'auteur : J'ai la grippe depuis le 26 alors désolée si je n'ai pas pu poster avant... Je me rattrape aujourd'hui avec ce long drabble un peu particulier... et je retourne me coucher, au chaud sous ma couette. La bise à tous !


Demande apocalyptique de ma bêta :

"Un pervers, une jupe, un pari avec Oliver et Marcus [...] parce que je vois bien Oliver mettre un tutu pour danser". Voila. Je vais la licencier... quelqu'un pour prendre sa place ? Non ? Tant pis...


'

Hiver 2000

'

'

Chanson préférée de Marcus cette année : "L'Envie d'Aimer" _ Daniel Lévi
.

.

Quand Oliver lui avait dit "Ma grand-mère m'a légué un appartement sur le bord de mer... C'est pas très loin de la pizzeria et ça pourrait nous faire économiser plusieurs loyers en attendant mieux", Marcus avait accepté directement, comme un abrutis. Ce fut seulement au moment où ils virent l'appartement en question qu'il commença à regretter. Près de la mer, oui. Pas loin de la pizzeria où bossait Oliver, d'accord pas de soucis. Mais vingt-trois putain de mètres carrés. Pour deux. Sur le papier, le studio cabine semblait plus grand...

- C'est... lumineux, tenta Oliver en posant un premier carton par terre, une légère grimace au coin des lèvres.

Pour être lumineux, ça l'était avec la baie vitrée qui donnait sur un petit jardin ridicule. Le studio était tout en longueur, avec une petite salle de bain équipée d'un lavabo, d'une baignoire taille Playmobile et d'un siège toilette. Le grand luxe... La tentation de grincer des dents était forte mais Marcus se retint. Oliver détestait quand il faisait ça.

- Ça a été refait y a pas longtemps... On... on pourrait mettre le lit ici, fit Oliver en faisant le tour de la pièce. Et le meuble télé là. Tu... en penses quoi ?

Le regard de cocker qu'il lui lançait était assez significatif. Marcus détestait quand il faisait ça. Pour un peu, Oliver allait commencer à se ronger les ongles...

Marcus se décolla sur mur contre lequel il était adossé et chercha ses mots avec diplomatie.

- C'est merdique, lança-t-il sans appel en commençant à arpenter la pièce de séjour.

Le raidissement qui marqua Oliver le fit regretter ses mots. Diplomatie, hein... Il prit une grande inspiration en se grattant nerveusement l'arrière du crâne. Ses yeux sombres sondèrent la pièce.

- Mais c'est pas plus petit que le studio où on vit déjà, tenta-t-il de relativiser. L'agencement sera plus dur parce que c'est en longueur. Tu... es vraiment sûr de vouloir vivre la-dedans ?

- Ce serait juste provisoire, défendit Oliver. L'argent qu'on dépense dans le loyer de notre studio, on pourrait l'économiser pour obtenir un crédit... avoir plus grand et après on peut louer ça pour des saisonniers...

Son visage était troublé, confus, mais rien que pour la lueur pétillant dans ses yeux, Marcus avait envie de lui laisser une chance. Logement temporaire, hein ? Il se tourna pour contempler la pièce. L'agencement serait complexe, c'était sûr mais en relativisant bien, ils n'étaient que deux. Et Marcus avait compris l'enjeu financier. Ça faisait un moment déjà qu'Oliver nourrissait l'envie d'avoir sa propre pizzeria et l'économie des loyers serait vraiment utile.

L'ombre au tableau résidait juste en une chose : si proche de la mer par cette saison, ils allaient crever de froid en hiver...

oOo

Au final, le petit appartement était fonctionnel et assez cosy à sa manière. Le canapé avait été placé contre la baie vitrée, le lit rentrait pile poil à côté. Plusieurs commodes faisaient office de rangement, la télé posé dessus rendu le tout très familial, accueillant -si on omettait que rien n'était assortit et que le mobilier jurait avec la kitchenette intégrée. Le petit sapin a côté du canapé était assez drôle. Ils s'y étaient pris au dernier moment pour l'acheter et cette chose ridicule à moitié dégarnie leur arrivait à peine aux cuisses. Bref, c'était chez eux. Mais il faisait froid, bordel !

A moitié endormi, Marcus regardait la télévision, blottit dans un grand plaid sur le canapé. Des frissons parcouraient son corps alors qu'il se mouchait pour la énième fois.

- Tu... tu fais toujours la gueule ? demanda Oliver en déposant un plateau de fruits de mer sur la table basse.

Un reniflement suivit d'un grognement peu amène fut la seule réponse de Marcus. Oliver grimaça quand une quinte de toux ébranla son petit ami, lui causant une douleur atroce dans les poumons. Ça faisait quatre jours que Marcus l'ignorait proprement et pour cause : quand il avait demandé à Oliver de monter le chauffage de l'appartement, ce dernier l'avait gentiment traité de frileux avant de le réduire au silence avec une partie de jambes en l'air mémorable. Sale manipulateur. Sauf que Marcus n'était pas si frileux que ça, que le sol était glacé et que le thermomètre affichait une température de 18° dans l'appartement. Dix-huit putain de degrés ! Résultat : il avait attrapé une bronchite monumentale et grelottait, complètement shooté aux antibiotiques le soir de noël. A croire qu'entre l'autre débile qui se pétait le coccyx l'année d'avant, et lui malade à crever cette année, ils étaient maudits.

- J'ai fait des huîtres gratinées comme tu aimes... tenta Oliver et bon sang, Marcus risqua un léger coup d'œil vers le plateau garnis. Il y a aussi des crevettes, des moules avec une sauce persillade. J'ai ouvert un bocal de foie gras et un pot de confiture de cerise noire...

D'accord, il était vendu. En fait, s'il était honnête, il avait baissé les armes dès l'évocation des crevettes. Il était trop facilement achetable par la bouffe, c'était pas bon pour son image ça... Oliver dû le sentir car un grand sourire illumina son visage et il le poussa sans ménagement pour se blottir avec lui sous le plaid. Marcus grogna pour la forme mais son bras vint naturellement enlacer l'autre qui se blottit contre lui.

- On est obligé de se faire ce film à la con ? demanda Oliver.

- Y a que ça, rétorqua Marcus en se penchant pour attraper une crevette qu'il croqua avec bonheur.

C'était excellent, divin. Un petit ami cuisinier, c'était le bonheur pour ses papilles. Même s'il avait des mimiques enfantines et une tendance insolite pour faire mal tout seul avec sa maladresse, Oliver était vraiment attachiant. Oui, attachiant. Pour un peu, il était tenté d'arrêter de bouder. Juste tenté. Et ça n'avait strictement rien à voir avec les doigts d'Oliver qui lui grattait tendrement la tête dans une tentative de se pardonner.

oOo

Ce fut un bruit de casse qui sortit Marcus de son sommeil profond, comme du verre qui s'écrase sur le sol. L'appartement était silencieux et alors qu'il n'était pas totalement réveillé, le premier réflexe de Marcus fut de se pencher pour tâtonner le sol à la recherche de sa batte de baseball. Oliver se moquait souvent de lui en le traitant de parano mais en attendant, ils étaient au rez-de-chaussée dans une ville balnéaire. Il n'était pas parano, juste prévenant. Puis il réalisa qu'Oliver était absent du lit et il se détendit aussitôt, ramenant la couette sur lui. Très certainement qu'Oliver avait pété un truc en allant aux toilettes, ce ne serait pas la première fois. Ça lui suffit à se rendormir tranquillement...

... jusqu'à ce qu'une main lui secoue l'épaule doucement. Un grognement franchit ses lèvres. Il était fatigué, qu'Oliver aille se faire voir. Le repos, c'était sacré... Une nouvelle secousse, plus franche le fit jurer jusqu'à ce qu'une bouche chaud se colle à son oreille.

- Tu veux pas ouvrir tes cadeaux ? demanda Oliver, un sourire dans la voix.

Alors ça pour le coup, ça demandait réflexion... Marcus ouvrit un œil paresseux dans le but de lui demander l'heure qu'il était avant de se figer, les yeux écarquillés de stupeur. Ils s'étaient couchés tôt à cause de la montée de fièvre de Marcus alors... c'était la fièvre qui lui faisait voir ça. Oui, il devait au moins être à quarante de fièvre et délirer fort, fort, fort.

- Qu'est-ce que...

- Tu vas t'en remettre, mon cœur ? demanda Oliver, ne sourire jusqu'aux oreilles sous son bonnet de père noël et tout fier dans son... tutu rouge.

Il portait un tutu rouge. C'était quoi ce délire ? Une furieuse envie de se pincer s'empara de lui. Même dans ses rêves les plus tordus, Oliver ne se travestissait jamais, c'était carrément pas son fantasme alors... Un CLIC se fit entendre et le flash d'un appareil photo jetable l'aveugla momentanément, lui donnant les larmes aux yeux.

- Ta tête est magique, mon cœur ! rit Oliver.

- Mais c'est quoi ce bordel, putain ? s'écria Marcus en se redressant dans le lit.

- Joyeux noël ! répondit simplement Oliver en lui fourrant un paquet dans les mains.

- Mais pourquoi t'as un putain de tutu ?

- Je sais pas, l'envie de déconner et de marquer le coup.

- T'es ridicule la-dedans...

- Je sais, c'est le but, répondit Oliver, tout sourire. Oh allez, avoue que tu fais plus la gueule. Je vois un début de sourire là, fit-il en caressant sa joue.

D'une petite tape sur le poignet, Marcus repoussa sa main, encore confus entre la frustration d'avoir été réveillé et l'envie de rire qui le menaçait. Il fallait reconnaitre qu'il était cocasse, sa musculature, même fine tendait le tissus au maximum et Marcus roula des yeux en apercevant quelques poil qui ressortaient du décolleté. Un vrai gamin...

- Profite bien parce que je vais vite l'enlever, prévint Oliver.

Marcus le vit frissonner, certainement à cause de la température basse de la pièce. C'était un coup à chopper la crève, ça. Mais c'était mignon, dans l'ensemble. Totalement con de la part d'un jeune homme de vingt-quatre ans, mais mignon. Et puis c'était comme ça qu'il l'aimait après tout, parce qu'il était totalement fêlé. Ça lui suffit à attraper le col d'Oliver pour l'attirer à lui, un sourire coquin aux lèvres.

- Pourquoi tu veux l'enlever maintenant ?

- Parce que ce truc me compresse les parties, grimaça Oliver en tirant sur le jupon du tutu.

Un rire grave échappa à Marcus devant sa petite mine défaite. Oliver avait ce don de faire ressortir le meilleur de lui.

- Tu sais quoi ? Je te promet de te l'enlever moi-même si tu relèves un petit défis, défia-t-il en taquinant ses flancs.

Un sourire coquin, véritable reflet du sien étira les lèvres d'Oliver.

- Vas-y, dis.

- Je veux une jolie petite danse, Mère Noël.

- Tenu ! s'exclama Oliver en se levant sur le lit.

Assit dans le lit, le corps parcourut d'un mélange de rire et de toux, Marcus le regarda lever les bras aux ciel. Avec son bonnet et son tutu ridicule, Oliver avait un faux air précieux sur le visage qui fit que Marcus ne put s'empêcher de prendre l'appareil jetable et de le bombarder de photos. Oliver ne réussit pas à rester sérieux bien longtemps, surtout quand le tutu craqua lors d'une tentative pour lever sa jambe en l'air. Et ils se retrouvèrent à rire comme des gamins, loin des adultes qu'ils étaient le reste de l'année.

oOo

Le charme fut néanmoins rompu quand Oliver avoua le lendemain que le truc cassé dans la salle de bain, c'était sa bouteille de parfum hors de prix.


Réponse aux reviews anonymes du précédent drabble :

'

Lili24 : Je suis ravie de te rencontrer Lili, et je te remercie pour ta review toute mignonne ! Elle m'a fait très plaisir et c'est toujours un bonheur de partager mon amour pour ce couple avec d'autres fans! J'espère que ce nouveau drabble t'auras plu autant que le précédent, et je te dis à bientôt ;)


Yep, je trouve que je m'en sors plutôt pas mal cette fois !

Assez particulier comme noël, j'avoue... Je ne suis pas trop fan des déguisements, mais il faut croire que je ferrais tous pour ma petite bêta chérie ;)

Bonne fêtes à vous tous, mangez plein de chocolats et restez couverts surtout, parce que ça caille !

La bise !