Septembre 2001
Enfin un trou dans mon emploi du temps ! Et pour une fois, il concorde avec celui de Masa-chan, ça tient du miracle.. Un week-end entier de libre, c'était inespéré. Du coup, on va en profiter à fond. Je sais pas encore ce qu'il a prévu parce que je veux la surprise, mais je sens que ça va être génial, parce que c'est lui et que je l'aime. J'ai passé au moins mille ans sous la douche et là, je cherche ma tenue. Comme à chaque fois qu'on doit se voir. Je suis un peu nerveux à l'idée de le revoir pour la première fois depuis longtemps. Surtout qu'en ce moment, mes idées louches le sont de plus en plus et sont omniprésentes. C'est très embêtant, parce que « ça » se manifeste même quand il faut pas. Genre en cours de sport, sous la douche… Personne comprend pourquoi, des fois, je me sauve en courant. Non seulement c'est très gênant, mais en plus c'est douloureux. Et pour que « ça » passe, c'est encore plus embarrassant, mais je suis obligé de « le » faire une fois par jour, parce qu'à chaque fois que je pense à Masa-chan torse nu et collé à moi… Aaaaaah non, « ça » recommence ! Pestant contre moi-même et contre mon traître corps qui me trahit traîtreusement (oui, tout ça !), je retourne à la salle de bain et ouvre l'eau pour camoufler le bruit. Oui, parce que comme si c'était pas déjà assez embarrassant de faire « ça », « ça » me fait émettre des sons atrocement embarrassants. Je ressors dix minutes plus tard, soulagé, mais en retard. J'attrape n'importe quels vêtements longs et larges, puis fonce sur mes baskets et sors en criant « ittekimasu ! » après avoir pris mon sac. On a rendez-vous dans un endroit moins voyant que Ebisu Garden Place, parce que maintenant qu'il est une idole célèbre et moi un Junior reconnaissable, on peut plus vraiment être tranquilles. Du coup, je fais comme lui, je me déguise : perruque, lunettes de soleil et écharpe/foulard. C'est pas confortable du tout, mais c'est le seul moyen. Je me glisse dans le bus en essayant au maximum de passer inaperçu. Heureusement qu'il est bondé, comme ça, personne fait attention à moi et mon déguisement bizarre. Je descend à mon arrêt et me dirige vers notre pont de rendez-vous : un magasin de jeux vidéos en plein dans Harajuku. Je suis le premier on dirait. Pas grave, d'habitude, c'est lui qui m'attend. J'espère juste qu'il va pas flotter. On dirait pas, mais je me méfie, parce qu'il pleut systématiquement à chaque fois qu'on a prévu de se voir. Je scrute les environs, me demandant d'où il va arriver et soudain, je l'aperçois. Il me fait un signe de la main et me rejoint en courant.
- Ohayo, Taka-chan. Ca fait longtemps que tu attend ?
Je secoue la tête.
- Non, je viens d'arriver, dis-je en souriant.
- So ka. Ikko ?
- On va où ? demandé-je en glissant ma main dans la sienne.
- Un ciné, ça te va ? Comme ça on sera à l'abri s'il pleut.
- Bonne idée. Tu as une idée précise ?
- Pas vraiment. On verra sur place, ne.
J'acquiesce et souris en regardant nos mains aux doigts entrelacés alors qu'on se dirige vers notre but. Avec le temps, ma main, si petite dans la sienne avant, est devenue aussi grande. Je suis presque devenu son égal maintenant que j'ai atteint l'âge qu'il avait quand on a commencé à sortir ensemble. Enfin au niveau physique. Parce qu'au niveau professionnel, il est évident que je lui arrive toujours pas à la cheville et ce sera probablement jamais le cas, même si le niveau de Yamashita et Nishikido tire GJ123 vers le haut.
On finit par arriver devant le ciné et contemplons les affiches.
- Tu en vois un qui t'intéresse ? me demande Masa-chan.
- Betsuni. Choisis celui que tu veux.
Il demande alors deux billets pour ce qui semble être une comédie. Quant à savoir de quoi elle parle… J'essaye même plus d'insister pour payer ma part, parce qu'il me sort toujours la même réponse : « je suis mieux payé que toi ». C'est vrai puisqu'il a débuté et moi pas, mais bon… On va s'installer dans la salle presque vide et je me blottis aussitôt contre lui (ma place favorite), tandis qu'il passe un bras autour de mes épaules. Après quelques minutes de pubs ennuyeuses, la salle est plongée dans le noir et le film commence. Sa main caresse ma joue et je tourne machinalement la tête vers lui. Presque aussitôt, même si je distingue à peine la forme de son visage avec la lumière de l'écran, je sens le souffle de Masa-chan sur mes lèvres juste avant qu'il n'y pose les siennes. Mais son baiser n'est pas comme d'habitude, il est plus… possessif, exigeant. La façon dont la pointe de sa langue vient jouer avec ma bouche est plus… sensuelle. J'ai l'impression qu'on verra le film ni l'un ni l'autre en fait, mais je m'en fiche. Je pourrais passer des heures à l'embrasser sans rien faire d'autre et sans me lasser. J'entrouvre les lèvres pour le laisser entrer, mener la danse, mais je me laisse pas faire non plus. Alors que je réponds, je sens mon souffle s'accélérer, mon cœur battre plus fort, mon sang circuler plus vite dans mes veines et surtout… je sens que « ça » réagit. Avec un simple baiser. Sa main a quitté ma joue maintenant et glisse sur mon t-shirt en descendant. De plus en plus bas. Il ne va pas… ? Un léger gémissement m'échappe, étouffé par le baiser, lorsqu'il la pose « dessus ». je suis mort de honte. Sa bouche délaisse la mienne, remonte jusqu'à mon oreille.
- Je commençais à croire que je ne te faisais aucun effet, murmure-t-il en remuant légèrement les doigts, « l' »effleurant à travers mon pantacourt.
Je me mords la lèvre inférieure pour pas gémir à nouveau. C'est tellement embarrassant que je pourrais plus jamais le regarder en face. Surtout s'il savait que rien que penser à lui me fait de l'effet. Merci l'obscurité.
- Ca doit te gêner, souffle-t-il encore.
Oui, mais bon, c'est pas la première fois que je… he ? Mais qu'est ce qu'il fait ? J'ai à peine le temps de comprendre ce qui se passe, qu'il a ouvert mon pantacourt et glissé une main dans mon boxer. J'étouffe difficilement un hoquet de surprise et (je dois bien l'avouer) de plaisir.
- Non… chuchoté-je si bas que je m'entend à peine.
C'est pas que je veux pas qu'il « le » fasse, mais on est dans un lieu public et… Aaaaaaah…Mmmmh… Je retiens de justesse le long gémissement qui manque m'échapper alors qu'il commence à me caresser à « cet » endroit sans tenir compte de ma peu convaincante protestation. Je tremble de tous mes membres et mon souffle devient saccadé. C'est si bon… Heureusement que je suis assis, parce que mes jambes m'auraient pas porté très longtemps. Soudain, je ressens autre chose. Quelque chose de doux, chaud et humide s'est posé sur mon… sur ma… « dessus ». Il faut quelques mouvements, avant que je réalise de quoi il s'agit : mon copain est en train de me… Oooooh ! Je tente d'émettre la protestation formulée par mon cerveau « non arrête, c'est sale et horriblement gênant ! », mais ma bouche a pas l'air d'accord et un nouveau gémissement étouffé est tout ce qui en sort. Je me mord le poing alors que des sensations jusque là inconnues déferlent. Une violente décharge semble me traverser. J'ai envie de lui dire d'arrêter et de continuer en même temps. Je ressens tellement de choses à la fois sous sa bouche… Et soudain, je la sens monter en moi, cette vague que j'ai appris à connaître sous mes propres mains.
- M… Masa… -chan… Je… vais… arrivé-je simplement à articuler.
Avant d'exploser violemment. Dans sa bouche. J'ai tellement honte. Je comprends pas pourquoi il a fait ça. C'était trop bon, mais je pige pas. Je doute façon, j'arrive plus à réfléchir, le plaisir a été trop intense.
- Je suis heureux que tu aie aimé, susurre-t-il à mon oreille avant de se rassoir à côté de moi.
Il a parlé. Et s'il a parlé alors que je viens de… c'st qu'il a… Mais non, beurk, c'est dégoûtant ! Comment il a pu faire ça ? Moi je pourrais pas. Sans aller jusque là, rien que faire ce qu'il a fait me rebute, j'en serais incapable.
- Pou… pourquoi tu as… ?
Ne pouvant pas prononcer le mot, je met la main sur sa gorge et simule un mouvement descendant.
- Je voulais te goûter. Tu es délicieux.
Je me sens devenir cramoisi. C'est tellement embarrassant… Tout est embarrassant depuis le début. Je me suis jamais senti aussi gêné de toute ma vie. Inutile de dire qu'ensuite (et après m'être rahabillé, ne), même si mes yeux étaient posés sur l'écran du cinéma, j'ai absolument rien vu ni rien entendu du film. J'avais toujours l'impression de le sentir « dessus ».
Les lumières se rallument alors que le générique défile. Les yeux de masa-chan sont posés sur moi et je me sens rougir sans oser croiser son regard.
- Taka-chan ?
- Hum ?
- regarde-moi.
Je secoue vigoureusement la tête, mais il glisse la main sous mon menton, pour me forcer à le dévisager.
- Ce n'est pas mal, ni sale, tu sais, me dit-il doucement.
- Mais c'est horriblement gênant…
- Tu trouve ça gênant parce que c'est la première fois, ne. Pourtant, tu as apprécié.
Je peux difficilement dire le contraire.
- Mais tu as… avalé… Tu trouve pas ça dégoûtant ?
- Non. A mes yeux, c'est une preuve d'amour.
Je vois mal comment « ça » peut être une preuve d'amour. « C »'est visqueux et gluant… Rien que d'y penser, j'ai presque la nausée.
On sort du cinéma en se tenant la main. Personne nous a vus ni entendus, mais j'ai l'impression que ce qui s'est passé est marqué sur mon front. On se ballade un moment sans but, puis il s'arrête, me fixe et demande :
- Ca te gêne, d'avoir envie de moi ?
Je m'étrangle avec ma salive, mais avant que j'ai pu répondre, il reprend.
- Moi j'ai envie de toi et je n'ai pas honte de le dire.
Je vire au cramoisi une fois de plus. Comment il peut dire un truc pareil aussi tranquillement ? Et puis en plus… En plus je sais rien à part l'évidence : où « ça » rentre. J'ai pas voulu me documenter sur la question, de peur de découvrir un truc qui me foutrait encore plus la trouille que j'ai déjà. Sans compter que pour « le » faire, il faut être nus. Et ça, je peux pas.
- Taka, onegai, laisse-moi te prouver mon amour…
Je secoue la tête. Ca fait trois ans qu'il attend, je comprend son impatience, mais…
- Je sais que tu as peur, mais je te jure d'être très doux.
Dois-je lui avouer mes craintes ? J'hésite. Et puis je me dis que vu la largeur de « ça » quand on est… excités, « le » faire entrer là doit faire horriblement mal. Et je suis pas tellement pote avec la douleur.
- laisse-moi t'aimer, Taka… me supplie-t-il encore en me serrant contre lui, déposant une pluie de petits baisers dans mon cou.
Rien que ça me refait gémir. En pleine rue. Je me pensais pas si sensible. Ou alors c'est juste parce que c'est lui. Ou les deux. En tout cas, il recommence à me donner envie.
- Hai…
J'ai à peine murmuré, si bien que je suis même pas certain d'avoir vraiment dit quelque chose, mais lui a l'air d'avoir très bien entendu à en juger par ses yeux brillants. Je baisse les miens.
- Je te jure que tu ne le regretteras pas, fit-il avant de m'embrasser tendrement.
On prend la direction de chez lui. J'y suis pas allé très souvent depuis qu'on est ensemble vu qu'on se voit presque toujours dehors. Du coup, je suis encore plus nerveux et angoissé. Je sais que c'est Masa-chan et qu'il me fera jamais de mal, mais je suis terrifié.
- Tes parents sont pas là ? demandé-je pour tenter de penser à autre chose pendant qu'on se déchausse.
- Ils sont partis en week-end en amoureux. On est tranquilles.
J'aurais presque préféré qu'ils soient là. Très raide, je vais m'assoir sur le canapé. Je respire par petites goulées, complètement flippé.
- Détends-toi, mon cœur, je ne vais pas te sauter dessus, tu sais, fait-il dans un sourire en m'ébouriffant les cheveux.
« Mon cœur »… Il m'a jamais appelé comme ça jusque là. Et bêtement, ça me fait plaisir.
- Tu veux boire un truc ?
Je hoche la tête. Ca m'aidera peut-être à être moins nerveux.
Il s'éloigne donc vers la cuisine et je me force à respirer profondément et lentement. Il parait qu'avoir peur de quelque chose ne fait que renforcer le pouvoir effrayant de cette chose. Autrement dit, plus j'aurais peur de « ça », plus ça me fera peur. Donc il faut que je pose mes questions à Masa-chan avant de commencer à envisager de peut-être faire quelque chose. Quand je saurais, ce sera plus l'inconnu, ne, donc je serais peut-être plus calme. Oui, voilà, je vais tout simplement lui demander de m'expliquer. Tant pis si c'est pas glamour, sexy ou je sais pas quoi.
Masa-chan réapparait avec deux cannettes de soda et m'en tend une. Je la prend en le remerciant, triture un instant le machin qui sert à l'ouverture, puis l'ouvre et bois une gorgée du liquide pétillant en cherchant le courage de l'interroger.
- Ne, Masa-chan… comment ça se passe quand… tu vois ?
Il s'étrangle avec une gorgée de sa boisson, tousse et s'essuie les yeux. Woh, je pensais pas le surprendre à ce point…
- Tu veux dire que… tu ne sais pas du tout ?
Il a l'air tellement stupéfait, que je me sens complètement idiot avec ma question, pourtant, je secoue la tête.
- So ka… je m'y attendais pas…
- Gomen…
- Ne t'excuse pas… Bon, comment t'expliquer…
Ben s'il cherche ses mots, on est mal embarqués. Ou alors il flippe que je flippe, au choix.
- Bon, comme tu le sais, contrairement aux femmes qui, quand elles sont excitées, sont naturellement… ano… hum… lubrifiées, nous ne le sommes pas du tout.
Je hoche la tête.
- Donc c'est pour ça que, pour pas que ça fasse mal, il faut employer des moyens externes, genre la salige un un gel.
Heuuuuu… ouais effectivement, dit comme ça, c'est simple, mais pas du tout glamour et en plus ça donne pas tellement envie. Mais je préfère savoir quand même.
- Mais ça doit faire mal quand… quand « ça » rentre, murmuré-je.
- Bah je te cache pas qu'au début, ça fait mal oui. Mais le degré de douleur dépend aussi de la sensibilité de la personne et de la façon dont a été faite la préparation.
- La préparation ?
- Ano… ben pour que notre… enfin pour que « ça rentre » comme tu dis, ben il faut que le corps soit préparé.
- Comment ?
Manifestement gêné, il se contente de lever la main et de remuer les doigts. Sur le coup, je comprends pas ce qu'il veut dire par là, puis je replace le geste dans le contexte et réalise. Une grimace m'échappe. Eurk, non c'est dégoûtant…
- Je comprends que ça puisse te paraître bizarre, mais c'est ça ou avoir très mal, ajoute-t-il en me voyant faire.
- Très ? relevé-je, pas rassuré.
- Très, confirme-t-il.
Gloups… Bon, ok… mais eurk quand même. Je vide ma cannette et me lève pour aller la jeter, mais j'en ai pas le temps. Ses bras s'enroulent autour de ma taille et il m'attire sur ses genoux, avant de m'embrasser. J'aime tellement ses baisers, ça me rend presque dingue. Il m'embrasse à perdre haleine, comme si sa vie en dépendait ou presque et je commence à avoir chaud. Bien trop chaud à mesure que le baiser devient torride. Sans cesser de m'embrasser, il passe la main sous mon t-shirt, palpe délicatement mon ventre, glisse sur mes flancs. Ses gestes sont si doux, si tendre, si pleins d'amour, que j'ai pas le courage de le repousser même un peu. Il délaisse mes lèvres assoiffées des siennes pour semer une pluie de baisers dans mon cou et, malgré moi, je penche la tête sur le côté pour lui laisser plus d'espace. Tout va pour le mieux, jusqu'à ce qu'il commence à soulever mon haut. Je panique instantanément.
- Non ! m'exclamé-je en agrippant la bordure de mon t-shirt pour le remettre à sa place et l'y maintenant.
- Tu ne veux pas que je te vois, Taka ?
Je secoue farouchement la tête.
- Pourquoi, mon cœur ? demande-t-il gentiment en me caressant les cheveux.
- Je suis difforme, murmuré-je en baissant la tête.
- Difforme ? relève-t-il. Taka, je t'ai jamais vu sans vêtements, mais je te tiens assez souvent dans mes bras et serré contre moi, pour savoir que tu es loin d'être difforme, gros ou rien du genre. (je répond rien, du coup il continue) Et puis franchement, tu sais comme moi qu'un Johnny's, c'est d'abord un visage et un corps avant d'être une voix/. Tu crois sérieusement que tu aurais été pris si tu étais ce que tu dis ?
Heu… là j'avoue qu'il marque un point. J'y avais pas pensé.
- Tu n'as aucune raison de complexer. Je le sais, j'en suis sûr.
- Tu as peut-être raison, mais moi je suis pas à l'aise…
- Alors laisse-moi te prouver que tu as toutes les raisons de te montrer…
J'hésite. C'est Masa-chan, je sais qu'il se moquera pas ni rien, mais j'ai toujours l'impression d'entendre la voix de Hayama-kun me traiter de gros lard, de gras du bide et j'en passe. La crainte reste.
- Tout ira bien, mon cœur, je te le promets, dit-il encore, avant de m'embrasser de nouveau avec une infinie tendresse.
Ses lèvres se posent partout sur mon visage avec légèreté, alors qu'il me caresse doucement le dos. Il essaye de me calmer, de me rassurer. Et je crois que ça marche : peu à peu, à force de baisers, de mots doux, mes mains qui tiennent encore le bas de mon t-shirt se décrispent et je finis par le lâcher. Les siennes se faufilent en dessous, se posant au même endroit qu'auparavant. Soudain, il se penche et pose sa bouche sur mon ventre, à différents endroits et jr frissonne malgré moi.
- Tu as froid ? me demande-t-il alors, toujours attentif.
- Non, soufflé-je.
Ma réponse déclenche un magnifique sourire, qui me donne un coup au cœur. Mais j'ai pas le temps de l'admirer longtemps, car il reprend et remonte de plus en plus haut sur mon torse. Je ferme les yeux, essayant de me concentrer sur les sensations plutôt que sur le fait qu'il me voit. Mon souffle se bloque presque, quand je sens ses lèvres se refermer sur l'un de mes tétons et l'aspirer doucement à plusieurs reprises.
- Mmmh… gémis-je malgré moi, avant de plaquer une main sur ma bouche, mortifié.
- Non, ne te cache pas, murmure alors masa-chan en rtirant ma main.
- Mais c'est…
- Gênant, je sais, complète-t-il avant de faire la même chose avec le second.
Incapable de m'en empêcher, je geins de nouveau. C'est embarrassant, mais c'est bon. Comme pour mieux ressentir, je me cambre un peu. Je veux pas qu'il arrête et ça a pas l'air d'être dans ses projets, vu qu'il recommence à m'embrasser partout. Emporté par les sensations, je remarque à peine qu'il m'a retiré mon haut que je suis donc à moitié nu devant lui. Prenant le relais de sa bouche, c'est à présent sa langue qui me parcourt et les sillons brûlants qu'elle trace sur ma peau me font de nouveau gémir et frissonner, alors que « ça » réagit fortement.
A mon tour, je cherche ses lèvres et les happe presque voracement, avant de me glisser entre elles pour un nouveau baiser torride. Toute peur m'a quitté. Ne restent que les merveilleuses sensations qu'il fait naître en moi. Ses mains glissent sur le moindre centimètre de ma peau, provoquant des sensations nouvelles et je commence à me sentir frustré de pas pouvoir le toucher moi aussi. Comme d'habitude, il paraît lire mes pensées et se débarrasse de son haut dans un sourire, avant de prendre mes mains et de les poser sur son torse.
- Vas-y, n'aie pas peur, dit-il en me souriant toujours. Je suis tout à toi.
Ses derniers mots me font rougir et mon souffle s'accélère. Je sais pas s'il attend quelque chose de particulier de moi, mais si c'est le cas, il risque d'être déçu.
- Tu réfléchis trop, mon cœur… Agis d'instinct, c'est le mieux.
Je hoche la tête, le cœur battant comme un tambour. J'ai soif de découverte (ce qui est idiot parce que, si on y réfléchit bien, il est foutu exactement comme moi), alors, prenant mon courage à deux mains, je les passe lentement sur lui. Sa peau est douce, chaude et elle semble palpiter sous mes doigts. Masa-chan a arrêté de me toucher, peut-être pour pas me déconcentrer, je sais pas, mais ça aussi c'est un peu frustrant. Tout est contradictoire, je sais bien, mais vu le contexte, j'ai des excuses. Des pouces, je passe et repasse sur ses tétons, qui durcissent et je l'entends gémir. Alors y'a pas que sur moi que ça marche ça ? Sugoi… Je continue, poussant plus loin mon exploration. A chaque caresse, je l'entends soupirer, alors que je fais rien de spécial. Il est aussi sensible que moi en fait, c'est un peu rassurant finalement. Pendant quelques minutes, il se laisse totalement faire et j'avise soudain la bosse conséquente qui déforme son jean. Comme le mien. Est-ce que je vais oser ? Une fois, deux fois, trois fois, j'approche la main, mais ne peux me résoudre à la faire. J'ai chaud. J'ai envie de quelque chose mais je ne sais pas de quoi. Peut-être qu'au fond de moi, j'ai envie qu'il refasse ce qu'il a fait au cinéma, même si c'était horriblement gênant. Mais je sais que même s'il le fait, je pourrais pas lui rendre la pareille. Ce me rebute, ça me dégoûte. Je peux pas, je bloque.
- Taka… Regarde-moi, on cœur.
Je lève les yeux sur son beau visage.
- Je ne te force à rien. Si tu ne veux pas faire certaines choses, rien ne t'y oblige. Rien ni personne. Et surtout pas moi.
- Hai…
- Alors arrête de te torturer la cervelle, ne, dit-il encore avant de m'embrasser une nouvelle fois. Viens, on sera mieux dans ma chambre, ajoute-t-il finalement.
Il me prend la main en se remettant debout et on s'y dirige. Sa chambre. Là où tout va commencer. Mais j'ai plus peur du tout maintenant. Parce que c'est lui.
