~ TRY AGAIN ~
Voici ma première fanfiction ! (enfin sur ce site)
Alors, évidemment, elle n'est pas des plus parfaites, étant donné que je ne suis pas habituée à ce genre d'écriture. Mais j'ai voulu tenté l'expérience avec le couple Destiel qui m'a vraiment tapé dans l'œil.
Je dois vous prévenir que le style sera particulier. On retrouvera Destiel, Sam et quelques autres protagonistes dans l'univers Supernatural mais l'intrigue ne se rattache pas particulièrement aux dernières saisons. Elle est plutôt intemporelle et quelques faits ont été déformés ou inventés.
Il y aura sûrement du Lemon mais cela restera très fluffy. Il faudra prévoir des moments un peu difficile, étant donné que c'est aussi une histoire de Comfort où Dean s'en prend beaucoup en pleine poire. Donc accrochez-vous ;)
Pairing : Destiel (donc Dean/Castiel dans Supernatural)
Type : IC et OC (May) - Hurt/Comfort (mais Happy ending ne vous inquiétez pas)
Rating : M (même si de nombreux chapitres ne dépasseront pas le T)
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Seulement l'intrigue et mes mots. Ah et May j'ai oublié x)
Spoil : Je ne risquerai pas de dire aucun. Il se peut que certains se baladent sans que je ne me rende compte mais parmi eux il y a des choses inventées donc bon ;)
Note : Je m'excuse d'avance pour toutes les coquilles qui peuvent se trouver dans ce récit...
Hey chers lecteurs ! Me revoici avec un nouveau chapitre qui va BEAUCOUP vous plaire ! *je ne veux pas spoiler mais j'ai enfin craqué* Donc au dernier moment, j'ai changé d'idée pour la fin de ce chapitre et au lieu de faire quelque pages il en fait plus d'une dizaine... Quand je disais que je ferais des chapitres synthétiques, décidément je n'y arrive pas !
Bref bonne lecture ! J'ai hâte de voir vos petites reviews, ce chapitre est méga important pour moi :)
Ps :
Yakusokuyumi, hahaha c'est vrai que mes indices se contredisent un peu puisque certains sont déformés par la perception des personnages. Donc est-ce qu'ils voient ou concluent est vrai ? Je ne sais pas si ça va t'aider à démêler mais en tout cas, dans ma tête, je sais qui est le tortionnaire donc ce n'est pas juste du flou artistique ne t'inquiète pas :) Et oui, Dean est jaloux ! Et qu'est-ce qui se passe quand on touche à ce que le chasseur aime ? Il laisse tomber toutes ses barrières ! Et pour la marque, tout sera explicité dans ce chapitre mais tu es sur la bonne voie ^^
Courtney Ackles, Oh, ça c'est un peu LA question de l'intrigue ;) Il va falloir être patient !
/!\ Warnings ! Ce chapitre contient du langage grossier, de la violence et mentionne de la souffrance psychologique. Rated : T/M
:: Chapitre 10 ::
~.*.~
[ Printemps 2017 – Dans un café en Écosse ]
Sam tapotait sur le clavier de son laptop, dans le café Unicorn Valley en compagnie de May. Les pieds croisés en-dessous de la table carrée, le cadet Winchester ne prêtait pas trop attention à la jeune fille. Son regard était résolument fixé sur l'écran qu'il faisait défiler du doigt, passionné par les notes qu'il avait réussi à collecter.
May observa le mug blanc et impersonnel, à la faïence grossière, entre ses doigts. Le bruit environnant bourdonnait dans ses oreilles, elle, qui était si habituée au silence. Les conversations des autres clients parasitaient sa propre conscience, envahissant ses pensées, tandis que les grandes baies vitrées qui donnaient sur la rue laissaient traverser trop de lumière pour ses yeux clairs à l'aise dans la pénombre. Mais elle endurait ce petit supplice en silence, tournant entre ses doigts le mug sous son œil observateur. Tout sauf prêter attention au monde l'entourant ou boire ce liquide chaud infâme qui lui laissait un goût artificiel sur le palet.
Sa première nuitée dans le passé s'était globalement bien passée. Après tout, s'étant isolée dans un château à peine entretenue depuis des années, elle n'était pas un modèle de modernité de son époque. Cela lui arrivait même de découvrir certaines petites avancées qu'elle n'avait pas suivi depuis sa chambre close, comme la finesse du laptop de Sam. Mais elle conservait sa surprise pour elle.
Car si elle ne se sentait pas menacée, elle palpait la méfiance qui suintait des trois hommes lorsque leurs regards se posaient sur elle. Parfois même de la haine si noire et poisseuse pour l'un d'eux que triturer nerveusement ses doigts se trouvait être sa seule réponse corporelle face à cette agression visuelle. Dean, qu'il s'appelait. Le Dean. Celui de ses rêves.
Elle frissonna en revoyant la souffrance dans les yeux bleus de l'ange du jeudi, en sentant les gouttes de sang éclater contre sa joue immatérielle, en entendant les gémissements plaintifs et les cris de douleurs se répercutaient en écho sous son crâne. « Pas mes ailes » qu'avait dit Castiel dans sa vision.
— Hey, May, ça va ?
L'interpellée redressa vivement la tête vers le cadet Winchester et rougit quelque peu à l'idée d'avoir été prise en flagrant délit de songeries. Elle acquiesça, ses lèvres pincées.
— Tu es sûre ? insista-t-il, ses yeux gris émeraude se détachant définitivement de l'écran. Tu es plus pâle que d'habitude.
Un sourire nerveux fendit sa figure.
— Je me demande comment tu peux faire une telle différence avec ma pâleur de nature.
Il haussa des épaules avant de replonger dans ses recherches.
— Mon frère et moi avons une certaine expérience dans ce qui est se sentir mal.
May pencha la tête sur le côté, soudain plus intriguée.
— Tu sais que j'ai des visions de vous ?
— Oui, Castiel m'a fait un rapport hier soir pendant que tu te douchais.
« Ou plutôt essayais » songea celle-ci en se remémorant sa difficulté à gérer la température avec ce système récent qu'elle ne connaissait pas.
— Mais étrangement, je n'ai pas vu grand chose de toi, Sam.
Les doigts de ce dernier cessèrent aussitôt de taper.
— Pardon ? fit-il en relevant la tête, un sourcil haussé.
May souda ses doigts entre eux, luttant contre l'envie de les triturer. Elle se contenta de détourner son regard vers le comptoir où des hommes et quelques femmes prenaient un rapide café, leur téléphone à la main et leur pouce glissant sur l'écran. Elle n'aimait vraiment pas l'atmosphère de cet endroit. Entourée par tant de gens renfermés sur eux-mêmes, elle prenait d'autant plus conscience de sa solitude que lorsque seul le vide et le silence se tenaient au côté de son ombre.
— Je disais que mes visions sont surtout centrées sur Castiel et... Et Dean.
Un silence durant lequel May eut l'impression que le couperet allait s'abattre sur sa nuque tant l'air était chargé de tensions.
— Tu m'avais dit que tu n'avais jamais vu Dean.
— Oui, c'est vrai. Du moins en chair et en os.
— Mais lui te connaît. Tu dois reconnaître qu'il y a un petit problème là, non ?
Elle haussa des épaules, nerveuses.
— Plusieurs explications logiques et toutes bêtes peuvent résoudre ce problème. Par exemple, la plus simple de toutes : il m'a confondu avec quelqu'un d'autre.
— Non, Dean ne se trompe jamais.
May eut un petit rire puis redirigea son regard vers lui.
— Je ne suis pas si sûre de ça d'après ce que j'en ai vu.
L'expression de Sam était tendue, presque menaçante. Oui, la compassion et la politesse n'étaient que des masques que le cadet Winchester contrairement à l'aîné s'imposaient. Véritablement, le géant se méfiait d'elle comme de la peste.
— Et qu'est-ce que tu as vu ?
Évidemment. La question ! Elle ne pouvait pas y couper plus longtemps.
— Des choses pas bien joyeuses.
— Pourrais-tu être plus précise ?
May reporta son attention sur le plafond, ses bras croisées sur sa poitrine, la tasse toujours serrée dans sa main.
— Je ne suis pas sûre que...
— May, l'interrompit-il en grondant.
Elle soupira et retourna son regard sur son mug, extrêmement embarrassée.
— Que se passe-t-il si l'on arrache les ailes d'un ange ?
Un long silence. May ne put vérifier son expression, n'osant évidemment pas à le regarder dans les yeux.
— Je pense... Je pense que soit l'ange survivrait mais en ressortirait si brisé qu'il ne serait plus l'être céleste qu'il était, soit qu'il en mourrait dans une agonie particulièrement douloureuse.
La jeune fille grimaça alors.
— Sam... Tout ce que je peux te dire, c'est de garder un œil sur Dean.
Le cadet Winchester fronça des sourcils, sa réflexion comblant les blancs laissés par l'écossaise.
— Tu veux dire que...
— Bonjour, Sam, fit soudainement une voix mille fois reconnaissable par son timbre grave à leur côté.
Relevant la tête, l'interpellé découvrit Castiel, toujours portant son masque serein et solennel. Et complètement débarrassé de son imperméable. Ainsi que de sa veste de costard.
Castiel, en chemise ? L'Apocalypse pouvait bien être partie pour un nouveau round, il en serait pas plus surpris qu'à cet instant présent.
— Cas' ? s'étonna le géant. Tu as perdu ton imperméable ?
L'ange grogna, ses mains lissant désespérément les plis qui parsemaient son torse. Plis qui laissaient la trace indéniable d'une tête ayant chercher à se blottir contre sa poitrine.
Un léger sourire effleura la surface de ses lèvres mais Sam le retint. Par respect pour Castiel qui devait passer un moment assez difficile avec un Dean si perturbé.
— J'ai oublié de le remettre avant d'aller vous voir.
— Attends... Parce que tu t'es téléporté ? Tu n'as pas peur que l'on t'es vu ?
L'être céleste conserva son sérieux.
— Je suis invisible, Sam. Les gens ne peuvent pas m'avoir vu m'être téléporté s'ils ne me voient pas tout court.
May pouffa alors de rire face à l'expression outrée qui émergea des traits du cadet.
— Quoi ? chuchota-t-il alors à toute vitesse d'un ton venimeux. Je parle dans le vide depuis tout à l'heure ?
Castiel pencha la tête sur le côté.
— Théoriquement, non. Mais pour eux, oui.
Le rire de May s'accentua. L'euphorie qui envahissait son corps par vagues chaudes lui procurait un bien fou qu'elle n'avait plus ressenti depuis longtemps.
— Bon et si au lieu de se moquer de moi, tu m'expliquais ce que tu viens faire ici en mode invisible ?
Une hésitation évidente et le regard qu'il posa sur May refroidit instantanément le début de joie qui s'était allumée dans sa poitrine.
— C'est à cause de moi, n'est-ce pas ? souffla-t-elle, une amertume envahissant sa bouche. Dean ne veut pas me voir.
L'ange se mordit la lèvre inférieure mais il hocha tout de même la tête.
— Oui, il propose même que nous nous séparions aujourd'hui pour faire des recherches chacun de notre côté.
— Laisse-moi deviner, fit aussitôt d'un ton grognon, une main sur son café. Toi et lui vous partez à la recherche d'indices supplémentaires au château tandis que May et moi rassemblons nos connaissances des événements pour trouver des failles à explorer ?
Les yeux bleus parurent s'arrondir sous l'effet de la surprise.
— Oui, c'est parfaitement cela.
— En tout cas, moi cela me va, répondit Sam. Même si j'avoue que j'aurais bien aimé me dégourdir les jambes un peu aujourd'hui. Et toi, May ?
La jeune fille haussa des épaules, indifférente. Quoique, plus elle se trouvait loin de ce château de malheur, mieux elle se tenait.
— Très bien, conclut Castiel. Je vais y aller maintenant. Nous prenons la voiturette.
Mais avant qu'il ne puisse disparaître, Sam saisit son coude et le retint.
— Hé ! Cas' ! Tu es sûr que cela va aller pour la conduite ?
Un sourire pris alors naissance sur ses lèvres.
— Sam, j'ai des millénaires derrière moi. Je crois que conduire ne sera pas en dehors de mon champ de compétence.
Puis il se dégagea de la prise du cadet et disparut dans un chuintement d'ailes.
En soupirant, Sam reporta son attention sur leur table. Son regard tomba sur la figure pâle et constamment inquiète de la jeune écossaise. Mais ce qui l'intrigua le plus fut cet éclat dans ses iris glacier. Un éclat qu'il connaissait bien. Il percevait le même chaque jour en croisant son reflet.
~.*.~
[ Hiver 2017 – Sur le chemin de New-Jersey ]
— Hé, Dean, tu peux t'arrêter à cette air d'autoroute ?
Le chasseur tapota un air nerveux de ses doigts sur le volant et jeta un coup d'œil à son frère qui se redressait sur le siège passager. Tout juste sorti de sa sieste, la trace de la vitre maculait sa joue de rouge et ses yeux gonflés par le sommeil peinaient à s'ouvrir pour affronter le soleil matinal.
— Pourquoi ? fit l'aîné, agacé.
Il n'avait pas envie de s'arrêter. La nuit dernière lui avait été suffisante pour lui donner la sensation d'être observé. D'être suivi. Il craignait que le moindre arrêt lui enlève la moindre chance de les semer. D'autant plus qu'ils s'approchaient de plus en plus de leur destination.
— J'ai faim et je sais que tu as fini ma salade avant-hier soir, grogna Sam en frottant ses yeux du plat de la main, sa voix vacillante puisqu'il n'était pas complètement réveillé.
Dean fronça des sourcils. Il ne comprenait pas pourquoi il l'accusait. De un, il n'était nullement responsable de l'engloutissement de sa salade et de deux, Sam savait pertinemment qu'il préférait plonger sous les crocs d'un léviathan plutôt que de s'enfiler sa nourriture de lapin.
— Et puis j'ai besoin d'un café, grommela le cadet alors qu'il tentait de s'arranger ses cheveux en bataille.
L'aîné eut un rire nerveux, ses mains se crispant sur son volant.
— Clairement. Mais cela ne me gêne pas si tu continues de dormir jusqu'à que l'on soit arrivé, tu sais.
Sam tourna son regard vers son frère et souleva un sourcil interrogateur.
— Dean, cela fait bientôt plus de vingt-quatre heures que tu roules sans t'arrêter. Je ne te pensais même pas capable de tenir aussi longtemps la route.
— Et ? fit celui-ci comme misérable tentative pour convaincre son cadet de cesser d'insister.
Évidemment, cela ne fonctionna pas. Au contraire, cela sembla même le réveiller un peu plus.
— Dean, souffla-t-il, tu dois me passer le volant. Ou faire une pause d'au moins trois heures pour que tu puisses récupérer.
L'interpellé grogna, ses jointures blanches tant ses doigts enserraient le volant.
— Dean.
Celui-ci tenta d'éviter son regard mais très vite, face au silence pesant qui était tombé dans l'habitacle, le chasseur rendit les armes.
— Très bien, mais on va faire ça vite. Tu te prends un café, je t'achète ta nourriture de lapin puis tu montes dans la voiture et tu roules.
Sam fronça des sourcils à la mention « nourriture de lapin » mais laissa couler. Quelque chose de bien plus inquiétant lui était venu à l'esprit.
— Dean, tu es sûr que ça va ? On dirait que tout l'Enfer est à tes trousses.
L'aîné Winchester ferma les yeux l'espace d'un bref instant, un rire jaune s'échappant doucement de ses lèvres. Décidément, son frère avait un don pour choisir ses comparaisons.
— Oui, tout va très bien.
La sortie se profilait. Avec un soupir, Dean enclencha le clignotant et se plaça sur la bonne voie. Alors qu'il quittait la vitesse de l'autoroute pour un rythme plus calme, ses pensées se tournèrent sans le vouloir vers Castiel. Très vite, la sentence tomba. Son langage n'avait pas besoin d'être plus fleuri que la normale pour se fustiger mentalement. La petit voix qui avait pris domicile dans un coin de sa tête lui asséna une gifle verbale sans pareille.
Cillant exagérément, il se força à reprendre prise avec la réalité. Il se gara d'un coup de volant, prenant deux places à lui seul. Il ignora le regard étonné que son frère lui lança et se contenta de sortir vivement de l'Impala.
Sam suivit la cadence mais toujours en recul. Dean détestait sentir son regard sur son dos. Il pressentait un jugement. Non, il savait qu'il l'analysait. Et il le haïssait quand il faisait cela. N'avait-il pas droit à un peu d'espace privé ?
Il entra brusquement dans le magasin de l'air d'autoroute, faisant voltiger la porte battante sur ressorts contre le poteau qui servait de garde-fou. Il attira quelques regards étonnés sur lui qu'il ne prit pas garde et se précipita dans la partie supermarché. Il trouva bien vite le rayonnage des sandwichs en tout genre et se permit une pause. Malgré son empressement, il souhaitait offrir à Sam un repas qu'il apprécierait. Ce qui devait être l'exact contraire de sa vision d'un bon repas.
Finalement, il se décida sur une salade césar à emporter. Il avait beaucoup hésité avec les autres types de salades mais la couleur bleue de l'emballage et le nom l'avaient séduit. Il ignorait ce que pouvait bien être une salade césar mais cela lui semblait bien être un repas digne du régime de lapin que s'était imposé Sam.
Une fois le repas de Sammy en main, il courut vers la caisse et grogna tandis qu'un vieux bonhomme en face de lui se débattait avec ses pièces. Bon sang, le temps s'écoulait à toute vitesse et il ne voyait même pas son frère cadet sorti de sa propre file avec son café à la main ! En même temps, pourquoi il se devait de boire un café au nom si exotique qu'il en était devenu imprononçable ?
Quand son tour vint, la transaction fut vite pliée. Mais alors qu'il relevait ses yeux sur la foule dans le magasin, il n'aperçut pas la tête de son frère en émerger. Il devait avoir enfin mis la main sur son café et était sorti rejoindre en avance l'Impala.
Alors, il n'attendit pas une seconde de plus et se dépêcha de sortir de l'infrastructure. Mais tandis qu'il foulait le bitume, à quelques mètres de sa voiture chérie, ses yeux plissés par les rayons agressifs du soleil, il entendit un bruit derrière lui. Un simple claquement qui l'alerta, mais bien trop tard.
Une main se referma sur son coude et le tira en arrière, le faisant chuter. Sa mâchoire percuta l'asphalte et la souffrance irradia tout son crâne. Une force conséquente le releva et le plaqua, la face contre un mur cimenté, un bras coincé dans son dos. Un souffle chaud effleura son oreille et un petit rire se répercuta contre ses tympans. Il se figea, reconnaissant cette haleine sucrée qui lui emplissait les narines.
— Alors, on me cherche, n'est-ce pas ?
Dean grimaça. Plus aucun doute était possible. Cette voix narquoise était définitivement la sienne.
— Gabriel, gronda-t-il en essayant de se débattre.
— Tut-tut-tut, fit celui-ci derrière lui en resserrant son étau sur le bras du chasseur. Je crois que nous devons discuter toi et moi. Juste quelques échanges d'infos pour remettre les pendules à l'heure, tu vois ?
Dean eut un rire jaune. Décidément, il ne parvenait plus à rire de manière sincère ces temps-ci.
— Et laisse-moi deviner la fin de cette petite entrevue... Tu m'effaceras tous souvenirs pour conserver l'avantage sur nous.
Si l'aîné Winchester était en train de loucher sur le ciment, il était pourtant certain qu'un immense sourire s'était épanoui sur les lèvres de Gabriel.
— Comment pourrais-je refuser une proposition formulée avant tant de gentillesse ? Mais vois-tu, j'ai aussi ma petite idée de comment cela va se finir. Et simplement oublier serait trop facile. Puis j'ai aussi d'autres préoccupations actuellement. Par exemple, Castiel. Le pauvre, il souffre le martyre. Et à cause de toi. Tout est à cause de toi.
Le timbre chaleureux s'était refroidi. La voix désormais glaciale vrilla dans les oreilles avec une ironie à en glacer le sang.
— Mais j'ai une petite idée pour que tu puisses tout arranger, ne t'inquiète pas mon petit loup.
« Et merde » songea Dean. « Putain d'archanges. »
~.*.~
[ Printemps 2017 – Sur les routes d'Écosse – Du côté de Dean ]
— Cas' ?
— Oui, Dean ?
— Qu'est-ce que tu as dit à mon frère ?
Un silence. Puis les yeux bleus de l'ange se tournèrent vers lui, intrigués.
— Pourquoi cette question, Dean ?
Celui-ci déglutit en sentant la voiturette dériver de sa voie.
— Regarde la route, Cas' ! aboya-t-il, trop nerveux à l'idée d'avoir un accident.
Paradoxalement, il avait plus peur quand Castiel roulait doucement mais semblait tête en l'air que lorsque lui conduisait à toutes vitesses, les yeux fixés sur l'asphalte.
L'ange obéit et reporta son attention sur le fil gris qui jouait entre les vallons.
— Alors ? insista-t-il néanmoins.
Le chasseur plongea dans une longue réflexion et en émergea seulement lorsqu'il croisa les iris bleu de Castiel dans le rétroviseur.
— Je ne sais pas trop... Peut-être parce que... Parce qu'il y avait des choses que je ne voulais pas que tu lui dises.
Un moment de pause. Dean s'était accoudé à la vitre, observant le paysage tout en relief et en courbes qui s'étendait à sa vue, jouant avec les rayons du soleil matinal, juste une heure avant son zénith. Les ronflements de la terre et la végétation tenace, le sifflement du vent contre la carrosserie et l'air humide, présages d'une pluie rafraîchissante. Le chasseur était rarement sujet à de telles niaiseries mais quelque chose en lui avait changé : il avait fini par saisir à quel point la vie pouvait être courte.
Et pourtant, il avait eu affaires avec la Mort plus de fois qu'il ne l'aurait voulu. C'est-à-dire chacune. Mais ce n'était que dans cette... cage... qu'il avait compris. La vie n'était pas seulement une période de temps dans laquelle des êtres comme lui se débattait pour faire de leur mieux. La vie était aussi un ensemble de ces petits instants sans importance mais dont la beauté restait gravée en mémoire. La vie, c'était être capable d'apprécier ces moments, les savourer en isolant les soucis dans un coin de sa tête.
Or, Dean ne savait plus depuis quand ceux-ci avaient disparu de sa routine. Était-ce après le Purgatoire ? Ou bien après l'Apocalypse ? Ou, pire encore, après que sa mère se soit retrouvée enflammée vive et épinglée au plafond ?
Tout ce dont il était sûr, c'était qu'il n'avait que survécu jusqu'à présent. Il avait oublié ce qu'était de respirer sans sentir d'anciennes blessures se réveiller partout sur son torse. Il avait oublié ce qu'était de s'immobiliser totalement et de simplement observer le soleil mourir à l'autre bout de l'horizon. Il avait oublié ce qu'était de voler des fusées de feux d'artifices pour illuminer le ciel brumeux du 24 décembre, son frère à ses côtés. Riant devant la luminosité perçant l'obscurité. Émerveillés par les crépitements et les couleurs qui en jaillissaient. Pareils aux enfants qu'ils étaient encore alors.
Il avait tout oublié, obsédé par une seule pensée : « Limiter les dégâts. Il faut limiter les dégâts. » Avait-il trop pris sur ses épaules ? S'était-il perdu en chemin ?
— Dean ?
La voix rauque légèrement agacé de l'ancien séraphin à ses côtés l'extirpa de ses pensées noires. Il reporta son regard sur le visage qu'il connaissait par cœur. Qu'il pouvait redessiner sous ses paupières alors qu'il priait pour lui.
— Oui ? fit-il d'une voix basse, peu convaincue.
— Que ne veux-tu pas que je dise à ton frère ?
Dean se mordit la lèvre et contempla la route qui se courbait, se pliant aux volontés de la Nature.
— Déjà, cette histoire de marque.
Alors qu'il prononçait ses mots, il sentit l'ange à ses côtés se tendre. Tout comme lui, la discussion qu'ils avaient eu un peu plus tôt dans la journée était encore fraîche dans sa mémoire. Tout comme lui, il était confus sur ce qui avait été dit mais n'avait pas osé demander des clarifications. Tout comme lui, il ressentait une envie croissante de franchir encore une fois cette ligne qu'il n'avait jamais envisagé sérieusement de franchir auparavant. Mais cette dernière réciprocité, Dean tout comme Castiel l'ignorait.
— Je comprends pourquoi tu souhaites que Sam ne soit pas au courant, fit ce dernier prudemment. Mais d'un point de vue... Logique ?.. De ce point de vue, je pense qu'il faudrait lui en toucher un mot. Il pourrait nous aider à comprendre ce qui se passe.
Le chasseur faillit s'étouffer avec sa propre salive. En parler à Sammy ? Autant aller chercher des ennuis à Lucifer. « Mince, déjà fait » songea-t-il ironiquement alors que son esprit s'affolait.
Il ne pouvait pas se confier à son frère. Il avait déjà bien trop de mal à se confier à lui-même ses propres sentiments.
— Non, rétorqua-t-il alors catégoriquement.
Castiel passa une langue furtive sur ses lèvres légèrement craquelées. Dean dut éloigner son regard de ce spectacle.
— Pourquoi ?
— Parce que, Cas'.
Le chasseur jeta un coup d'œil à l'extérieur, ses yeux happant quelques détails qui lui permirent de reconnaître le chemin qu'ils avaient pris au retour – étant donné qu'il avait dormi durant l'allée. Ils s'approchaient du château et bientôt il pourrait descendre de cette voiturette écologique de malheur.
Dieu, comme Baby lui manquait... Cela faisait combien de temps qu'il n'avait pas touché au cuir de son volant ? Au moins trois mois. Il avait l'impression que cela faisait une éternité.
Mais alors que le silence s'installait dans l'habitacle, causé par la brusque sécheresse de l'aîné Winchester, celui-ci se remémora cette fameuse discussion qu'ils avaient eu quelques heures plus tôt. Il eut juste le temps de noter un coup d'œil curieux de la part de l'être céleste en imperméable avant de plonger dans ses souvenirs...
~.*.~
[ Quelques heures plus tôt ]
Dean rangeait ses affaires dans son sac, au pied du lit défait.
Ses mains tremblaient. Chaque mouvement était difficile. Ses yeux ne parvenaient pas se détacher des draps froissés. C'était plus fort que lui.
Il repensait sans cesse au contact de la peau de l'ange contre la sienne. Il frémissait, malgré sa veste, du froid qu'il avait laissé au petit matin, le réveillant en sursaut. Et il luttait. Il luttait de toutes ses forces pour ne pas se rallonger au creux du matelas. Pour ne pas céder à la tentation de respirer l'odeur de l'être céleste ancrée dans les draps.
Dean entrouvrit les lèvres pour laisser sa respiration s'approfondir. Il ne devait pas. Il ne devait pas être si faible.
Ses mains qui tenaient un t-shirt hagard se serrèrent. Le bruit du tissu se froissant sous sa poigne brisa le silence pesant qui régnait dans la chambre.
Il avait une envie brusque de pleurer. C'était plus fort que lui. Tout était devenu plus fort que lui.
Les muscles de ses avant-bras se contractèrent. Les yeux brillants, il fourra le t-shirt de force dans son sac puis tira sur la fermeture éclair. Mais celle-ci se bloqua dans les plis, enraillant le système. Il grogna. Ses yeux lui brûlaient. Il tira alors plus fort mais la fermeture était définitivement coincée.
Un grondement roula sous son palet. Sa poitrine se remplissait d'une humidité étrange, envahissante et embarrassant sa respiration alourdie. Il tira de toutes ses forces sur la fermeture et geignit, désespéré par l'inaction du bout de métal.
Il sentait néanmoins que le tissu du sac n'était pas loin de la déchirure. Les mailles maltraitées crissaient et se tendaient un peu plus à chaque mouvement d'épaule.
Un hoquet le parcourut et ses doigts crispés autour de la languette s'enroulèrent, améliorant sa prise. Ses muscles se tendirent, prêts au mouvement de trop. Il ferma les yeux, présageant la chute de cet enchaînement d'événements.
Une main alors se posa sur la sienne.
Sa main.
Il souleva prudemment ses paupières et croisa son regard.
Et comme à son habitude, il se perdit dans ces cieux sans fond, y cherchant les réponses aux questions qu'il ne s'avouait pas. Il s'y noya, flottant entre les camaïeux de bleus, virevoltant au plus proche de sa Grâce.
Il n'eut pas de mots échangés. Juste une pression de doigts, juste un regard messager. Rien d'autre.
Alors, comme un tic émergeant de ses lèvres, Dean les retroussa. Alors, comme si une pique s'était figée dans son cœur, ce dernier se figea. Rata un battement. Alors, comme si la chaleur de l'ange avait fondu la glace qui emprisonnait sa poitrine, une larme scintilla au bord de son œil droit et se décrocha de ces cils. Roulant sur le velours de sa joue, boule à mille facettes, facettes aux milles éclats, éclats aux milles souffrances. Souffrances aux milles espoirs.
« Justement, Dean, il s'agit de toi ! Et je ne supporterais pas de te voir t'éloigner de moi ! Tu le comprends ça ? »
Puis ce qui devait arriver arriva. La barrière qui contenait toute la fougue de Dean envers l'ange s'écroula. La carapace qu'il avait enfilé, honteux de ses sentiments, s'effondra.
Il ne se rappelait pas qui du premier s'était penché vers l'autre. Qui du premier avait effleuré la joue de l'autre, cloîtrant toute issue, empêchant toute fuite. Qui du premier avait posé ses lèvres sur celles de l'autre.
Ils étaient si proches l'un de l'autre que cela lui sembla être des détails futiles. Son cerveau ne s'était remis en état de marche que lorsque leur bouches, timides, s'entremêlèrent.
« Je serais toujours là. Quoique qu'il arrive. »
Leurs souffles devinrent un. Le chasseur resserra la distance, leurs deux corps pulsant d'une même énergie. L'ange, un peu perdu, imitait avec un peu de retard le moindre fait et geste de son protégé.
« Je te jure que je ne te lâcherais pas. Jamais. »
C'était doux. C'était lent. C'était d'une tristesse sans mesure. D'une joie sans égale. D'une peur si intense. D'un espoir si fragile.
Dean avait cessé de réfléchir. Avait fini de se chercher des excuses. Des prétextes. Dean avait lâché prise et nom d'un Chuck, que cela faisait du bien !
Il comprenait maintenant pourquoi chaque séance avec son ange ne l'avait jamais entièrement apaisé. Leur proximité l'avait certes soulagé mais avait eu autant d'efficacité qu'un pansement Winny l'Ourson sur une hémorragie pour une seule raison : Dean voulait plus. Dean crevait d'envie de plus.
Il ne souhaitait pas être proche de lui. Il rêvait de se perdre dans son étreinte. Il le voulait, lui, dans son entier. Pour lui, juste pour lui.
À bout de souffle, il dût couper leur échange à contrecœur. Reculant tout doucement sa tête, il conserva toutefois le contact par leur front joint et fit glisser ses doigts de la pommette de l'ange jusqu'à la ligne de sa mâchoire.
— Dean...
Son index dériva pour se placer en travers des lèvres de l'être céleste. Il ne voulait pas l'entendre. Il ne voulait pas entendre la moindre chose. Il craignait plus que tout que son protecteur brise cet instant. Pire : qu'il lui prive de sa bouffée d'air en le rejetant. Car Castiel était sa bouffée d'air et ses poumons ensanglantés ne tenaient plus l'apnée qu'il s'obligeait.
Il avait eu du mal à le saisir puis à l'accepter, mais l'ange était son oxygène.
— Non, Cas', souffla-t-il. Je t'en prie, ne dit rien.
— Non.
La voix rauque s'était faite plus dur. Plus ferme.
Le chasseur eut l'impression qu'une main de fer avait plongé dans sa poitrine pour lui arracher le cœur, brisant sa cage thoracique au passage. Alors, blessé, il fit ce qu'il faisait le mieux.
Il recula.
Le froid l'assaillit aussitôt, laissant sur sa peau une sensation de vide qui pesait sur son âme.
— Dean, je t'en prie, écoute-moi, fit soudain la voix de Castiel.
Mais le chasseur ne parvenait pas à lever la tête. Il craignait de croiser son regard. Il était terrifié à l'idée d'être rejeté. Une panique aveugle qui prenait le dessus sur l'euphorie qu'il avait ressenti quelques secondes auparavant.
— Dean !
La main de l'ange s'agrippa à son poignet. Amer, il se dégagea aussi sec.
— Dean, je veux juste te protéger...
Un rire nerveux s'éleva de sa gorge mais se brisa bien vite.
— Ah oui ?
Un silence. Durant lequel l'être céleste hésita. Celui-ci était perdu.
Il avait répondu à ce geste d'affection par automatisme, son vaisseau prenant les commandes pour satisfaire ce qu'au fond de lui, il désirait. Mais si ses désirs étaient si peu purs, c 'étaient bien parce qu'il était défectueux.
Néanmoins, alors que son esprit avait lutté pour reprendre les rênes, une part de lui avait songé à se laisser aller. À répondre aux envies de son protégé. À satisfaire les siens. Il n'avait donc pu le repousser, ses lèvres savourant les siennes, sa peau frissonnant à son contact, son souffle goûtant au sien. Par rapport à la seule expérience qu'il avait eu avec April, il avait eu l'impression que son cerveau s'était illuminé comme une guirlande de noël.
Mais... Car il y avait un « mais ». Un si grand « mais » qui le hantait : Dean ne savait pas tout.
— Dean, reprit-il à voix basse, ignorant par où commencer.
Il avait si peur d'exprimer ce qu'il retenait secret depuis si longtemps. Il était effrayé par ce saut dans le vide. Et il mourrait de peur à l'idée de ce qu'il pourrait rester de lui à l'atterrissage. Si son protégé lui tournait le dos, il en ressortirait brisé.
— Dean, ce que tu ressens...
Il déglutit, inspirant profondément. Le chasseur évitait toujours son regard, les yeux fixés vers le sol, les bras ballants.
— Tout... Tout est faussé, Dean. Tu ne peux pas éprouver de tels sentiments pour moi. Je n'ai pas d'âme.
L'aîné Winchester fronça des sourcils. Il sembla reprendre vie sous ses yeux, alimenté par une colère flamboyante.
— Pourquoi tu dis ça, Cas' ? Tu penses que, parce que je suis un humain, je ne te mérite pas, c'est ça ?
Castiel fut choqué. Car ce n'était pas seulement de la provocation ou une déduction soudaine. Non, ses dires, il les pensaient réellement. Dans sa bouche, ils sonnaient comme une vérité douloureuse déjà acquise. Seulement, le chasseur ne pouvait pas être plus proche du faux !
— Non, Dean ! Je n'ai jamais dit cela !
— Alors, qu'est-ce que tu veux dire, bon sang ! Sois clair pour une fois !
L'ange sentit une vague de honte le saisir en voyant les larmes s'accumuler dans les yeux de son protégé. Il faisait souffrir Dean et cette vision lui était insupportable.
— C'est la Marque ! s'écria-t-il alors, la vérité claquant dans l'air pareil à un coup de fouet.
Un instant de pause. De réflexion. Où chacun observa l'autre. Puis l'aîné Winchester ouvrit prudemment la bouche.
— La Marque ?
— Celle que tu as sur ton épaule.
Dean fronça des sourcils, langage corporel voulant clairement signifier à l'ange de continuer. Celui-ci inspira profondément et détourna son regard, ne pouvant supporter celui de Dean.
— La Marque nous lie. Je l'ai créé volontairement quand je t'ai tiré des Enfers car tu me glissais entre les mains.
Un silence. Le chasseur était entièrement attentif à présent, tout son corps suspendu aux lèvres de son protecteur.
— Alors, pour que je ne puisse te lâcher, j'ai tissé ce lien. J'ai injecté un peu de ma Grâce dans ton âme pile à l'endroit où je te tenais encore. Ma main a fusionné avec ton épaule l'espace de fractions de seconde, créant cette brûlure qui a la forme de mon empreinte. Mais...
L'ange passa brièvement sa langue sur ses lèvres. Puis releva prudemment la tête. Croisa le regard vert émeraude de son tout.
— Je ne m'attendais pas à de telles conséquences.
— Quelles conséquences, Cas' ?
Voix urgente. Paniquée. Apeurée. Une véritable détresse qui le percuta en plein ventre.
— Tu crois ce que tu ressens est vraie mais en vérité, cette envie de proximité est simulée par ma Grâce. Elle souhaite juste réunir ses deux parts, et à tout prix.
Le chasseur inspira profondément puis passa une main sur son visage.
— Tu es en train de me dire que mes sentiments sont illusoires ?
Castiel baissa les yeux. Maintenant que Dean avait compris ce que cela signifiait, il ne voulait pas être là pour voir sa réaction.
— Je vais aller voir Sam pour proposer le plan qu'on avait préparé hier soir.
— Attends, Cas' !
Mais il disparut avant que la main du chasseur ne puisse l'atteindre. Au lieu de cela, elle se referma sur du vide.
~.*.~
[ Printemps 2017 – Dans un café en Écosse ]
L'ange observa la tablée de loin, invisible. Sam tapotait sur son écran, discutant distraitement avec May.
Il refoula sa peine. Il refoula sa colère envers lui-même pour avoir cédé. Il refoula son dégoût pour lui-même pour avoir blessé Dean. Il refoula tout.
Puis, quand il fut sûr que ses sentiments bien trop envahissants avaient été rangés correctement, sans que plus rien ne dépasse, il s'avança vers eux.
Et il ferait ensuite de même avec Dean. Jusqu'à qu'il n'en puisse plus.
