~ TRY AGAIN ~
Voici ma première fanfiction ! (enfin sur ce site)
Alors, évidemment, elle n'est pas des plus parfaites, étant donné que je ne suis pas habituée à ce genre d'écriture. Mais j'ai voulu tenté l'expérience avec le couple Destiel qui m'a vraiment tapé dans l'œil.
Je dois vous prévenir que le style sera particulier. On retrouvera Destiel, Sam et quelques autres protagonistes dans l'univers Supernatural mais l'intrigue ne se rattache pas particulièrement aux dernières saisons. Elle est plutôt intemporelle et quelques faits ont été déformés ou inventés.
Il y aura sûrement du Lemon mais cela restera très fluffy. Il faudra prévoir des moments un peu difficile, étant donné que c'est aussi une histoire de Comfort où Dean s'en prend beaucoup en pleine poire. Donc accrochez-vous ;)
Pairing : Destiel (donc Dean/Castiel dans Supernatural)
Type : IC et OC (May) - Hurt/Comfort (mais Happy ending ne vous inquiétez pas)
Rating : M (même si de nombreux chapitres ne dépasseront pas le T)
Disclaimer : Rien ne m'appartient. Seulement l'intrigue et mes mots. Ah et May j'ai oublié x)
Spoil : Je ne risquerai pas de dire aucun. Il se peut que certains se baladent sans que je ne me rende compte mais parmi eux il y a des choses inventées donc bon ;)
Note : Je m'excuse d'avance pour toutes les coquilles qui peuvent se trouver dans ce récit...
Me revoilà avec un nouveau chapitre ! Plus court cette fois-ci (la moitié du dixième), il s'ancre plus dans l'intrigue que le précédent. A vue de nez, je pense que ma fanfiction voit sa fin se profiler de plus en plus...
Pour les curieux qui aiment jouer au "cluedo" avec moi chapitre après chapitre, des nouveaux indices sont dispersés et je pense qu'ils pourraient vous guider assez facilement sur la bonne voie !
Et pour le destiel, on va rentrer dans une nouvelle vague de déni (oui je suis cruelle) mais je craquerais sûrement dans quelques chapitres ^^
Et surtout je n'oublie pas le promis Lemon qui prend du temps à venir, ne vous inquiétez pas ! (c'est un peu pour lui que j'ai classé cette histoire en rated M après tout...)
Bref, bonne lecture ! :)
Ps :
Yakusokuyumi, Oui, Castiel se trompe évidemment mais c'est un ange qui depuis sa rencontre les Winchester a perdu beaucoup d'assurance ;) Ce qui les torture tous les deux ^^
Courtney Ackles, Ah gabriel x)
/!\ Warnings ! Ce chapitre contient du langage grossier, de la violence et de la souffrance psychologique. Rated : M
:: Chapitre 11 ::
~.*.~
[ Printemps 2017 – Écosse ]
Sam passa une main sur son front. Bon sang, comment étaient-ils arrivés jusque là ? May n'avait aucune idée de ce qui se passait et ne pouvait pas le renseigner avec précisions sur les années qu'elle avait passé isolée.
Selon elle, les jours se ressemblaient tous et elle avait fini par perdre la notion du temps. Quand les visions étaient devenues trop fortes, ces dernières étaient devenues sa délimitation du temps, le jour et la nuit ne devenant plus que des événements journaliers flous. Parfois, quand elle se réveillait en sursaut après avoir suivi durant une semaine entière le moindre pas du petit groupe, elle sentait comme un creux dérangeant dans son ventre qu'elle devinait comme une faim tenace qui ne pouvait venir que de plusieurs jours de non-nutrition. Face à cette déduction, May se sentait obligée d'accepter qu'elle pouvait passer des jours entiers en transe. Comment faire plus confus et sans repère temporel que tous ces faits assemblés ?
Alors, Sam avait abandonné toute insistance sur cette période de sa vie pour se focaliser sur ses visions.
Étrangement, May, allongée en travers de son lit, s'était mise à parler. Clairement cette fois-ci. Avec une foule de détails, plus riches les uns que les autres. Sam assis sur la chaise du motel ne voyait pas l'expression de l'écossaise mais une tension étrange s'était abattue sur ses épaules. Il ressentait comme une connexion avec elle alors que les yeux fixés sur le plafond, elle ânonnait le contenu de ses visions. Le même genre de lien qu'il avait pulsé entre Ava, Andy ou Jake des années auparavant.
En fronçant des sourcils, il saisit un post-it et écrivit son idée à la va vite avant de reprendre en notes la litanie de May. C'était impressionnant à quel point sa vision pouvait s'étendre. Elle ne s'arrêtait pas seulement aux faits mais se nourrissait aussi des sentiments, des émotions et des états d'esprits des personnes. Le plus douloureux fut quand elle expliqua le déni qui tuait à petits feux son frère, mais aussi sa peur aveugle de ne plus être à la hauteur quand les démons, les anges et les monstres auraient fini de parcourir cette terre. Sam se rendait brusquement compte de toute la torture mentale que celui-ci s'était infligé sans qu'il ne le sache, et bien avant l'épisode de la Cage Originelle.
Il lutta contre les larmes de rage qui l'assaillirent. Intérieurement, il hurlait sa frustration, la sensation de rejet s'imprimant sur son âme. Pourquoi Dean ne lui avait pas fait confiance ? Pourquoi ne s'était-il pas confié à lui ? Il aurait pu l'apaiser, le guider, le rassurer. Il aurait pu être là pour lui et éviter toute cette souffrance. Tout aurait pu se passer d'une manière plus douce, plus naturelle.
Mais il réprima ses émotions afin de continuer de prendre en notes sur son laptop l'histoire de May. Au bout de quelques heures, Sam put planter le point final sous l'œil un peu perdu de l'écossaise. Elle s'était lentement redressée, son visage tiré par la fatigue, son regard vide.
Une vague de culpabilité assaillit le cadet Winchester. Pour l'ignorer, il lui lança une gaufre industrielle sous emballage transparent. D'un mouvement plutôt vif pour une jeune femme dans le coaltar, elle le saisit au vol, le regard toujours au loin. Il reporta son attention sur les multiples notes qu'il avait saisi sur son laptop, le bruit de déchirure de l'emballage emplissant ses oreilles.
Pour l'occasion, Sam avait téléchargé un nouveau logiciel qui permettait de prendre des notes volantes qu'il pouvait réorganisé comme cela lui chantait par quelques clics et déplacement de souris. Il sourit, heureux d'avoir pris cette décision car les visions de May étaient plutôt en bazar, toutes entremêlées et parfois contradictoires. En les remettant dans l'ordre, très vite il comprit que la nature des détails dépendaient du point de vue.
Le pire de toutes les focalisations qu'avait pu prendre l'écossaise était celui de Dean. Et malheureusement le plus récurrent. Il suintait le désespoir depuis tous les pores, une détresse hurlante qu'il contenait silencieuse par honte et par peur. Sam essuya vivement ses yeux, s'efforçant de se concentrer.
Ensuite venait le tour de l'ange. Être dans sa tête était particulièrement perturbant. Toute cette haine qu'il portait en lui-même et cette dévotion sans faille pour son frère étaient entremêlées dans un cocktail difficile à cerner. Si Sam ne connaissait pas aussi bien l'être céleste, il aurait même osé dire que Castiel commençait à ressentir des sentiments plus sensuels envers Dean.
Et enfin, il y avait lui. S'il était douteux de la véracité des sentiments exploités dans ces visions, lire sa part suffit à le détromper. Il avait comme l'impression de lire en écho ces dernières semaines et cet effet était plus que perturbant.
Une demi-heure plus tard, les notes avaient commencé à prendre un sens. Et de ce qu'il en déduisait, un peur affreuse le prenait à l'estomac.
Levant son regard de son écran, il le posa sur May. Elle s'était rallongée sur le lit, l'emballage froissé dans son poing, la tête sur le côté et sa chevelure blanche s'étendant comme une auréole autour de sa tête. Endormie, elle avait l'air d'une petite fille effrayée venant trouver un peu de paix dans l'inconscience bienfaitrice du sommeil.
Sam sourit et se leva. D'un pas lent pour ne pas la réveiller, il saisit un plaid qui traînait sur le canapé et la déposa sur le corps blanc de la jeune fille.
Une sorte d'affection s'était développée au sein de sa poitrine pour elle. Pour cette écossaise étrange, à la vie floue mais sûrement non enviable. Sans comprendre d'où cette envie avait émergé, il ressentait le besoin de la protéger. Peut-être que plus le temps passait, plus il se rendait compte qu'ils se ressemblaient énormément. Qu'elle faisait peut-être partie de ce groupe très fermé des individus maltraités par un démon nommé Azazel. Mais n'était-elle pas trop jeune pour cela ? Cela faisait onze ans que Dean avait tiré une balle du Colt dans le front de ce salaud aux yeux jaunes.
Il devait faire des calculs. Cette certitude pulsait en lui et il allait s'asseoir à nouveau pour lancer des hypothèses quand un bruit d'ailes dans son dos le fit se retourner.
— Sam ! s'exclama avec urgence la voix grave de l'ange, ses cheveux noirs en bataille, ses yeux bleus écarquillés.
Puis avec une lenteur exaspérante, le cadet fit glisser son regard de l'être céleste à son frère, soutenu par Castiel, le menton contre sa poitrine. Aucune plaie et aucun liquide rouge ne s'étalait ou ne parsemait son corps. Il était juste inconscient.
— Sam, bon sang ! Aide-moi !
La peur dans le timbre de l'ange le fit réaliser la gravité de ce qui était en train de se passer. Relevant ses yeux vers lui, le cadet Winchester laissa échapper avec une toute petite voix :
— Qu'est-ce que je peux faire ?
— Il ne respire plus, Sam ! Et ma Grâce ne fonctionne pas !
~.*.~
[ Quelques heures auparavant – Écosse – Du côté de Dean ]
Craquement d'une latte de plancher pliant sous le poids d'un ange insouciant.
Le chasseur fronça des sourcils accusateurs envers l'être céleste. Pourquoi était-il si bruyant pile au moment où le silence était nécessaire ?
Castiel haussa des épaules, un rictus émergeant de ses lèvres. Excédé, Dean roula des yeux avant de reporter son attention sur la porte entrebâillée du couloir du premier étage.
Ils avaient découvert le château dans un état pitoyable – enfin plus pitoyable qu'hier – et cela juste après que le soldat de Dieu ait détecté une présence. La tapisserie poussiéreuse du hall n'était plus que charpies et l'ancien parquet à lames grinçantes entaillé par des marques de griffures sur chaque parcelle. Les meubles anciens avait été renversées, certains même brisés, les bibelots prenant la poussière sur leur surface collante fracassés par la force de l'impact. Un silence pesant, identique à celui des catacombes profanés, prenait aux tripes tandis qu'une fragrance indiscernable mais irrémédiablement répugnante flottait dans l'air.
Dean avait refoulé une vague de nausée. Cette odeur... Il la connaissait. Il ne l'avait rencontré dans un seul lieu. Dans un seul et unique lieu pendant des jours et des jours durant. Il avait lutté contre les réminiscences de son passé dans la Cage, sous l'œil inquiet de Castiel. Celui-ci avait posé une main sur son épaule mais il s'était dérobé. De ses souvenirs sanglants émergeaient une peur sourde de le blesser.
« Tue-le, Dean... »
Devant le regard interrogateur de l'être céleste, le chasseur s'était défilé. Au lieu de lui expliquer ses ressentis, de lui confier ce qu'il lui pesait, il planta un doigt en travers de ses lèvres. Voilà, c'était parfaitement lui ! Feindre de prêter plus d'attention à l'instant présent qu'au passé : il était devenu un maître dans cet art au point que celui était devenu un automatisme.
Castiel avait froncé des sourcils devant son signe et avait penché la tête sur le côté. Évidemment ! Son inculture purement angélique pouvait parfois compliquer la communication gestuelle.
Face à l'absence de réponses, le brun avait ouvert la bouche. Terrifié, Dean avait réagi par impulsion : il s'était jeté sur lui pour couvrir cette dernière de sa main. Castiel avait ouvert de grands yeux surpris, ses iris bleues captant la lumière filtrante des carreaux sales.
Le souffle du chasseur s'était coupé. Toutes ses préoccupations l'avaient quitté, les souvenirs de la Cage écartés. Toute son attention s'était focalisée sur les camaïeux de bleus qui se disputaient les iris de Jimmy Novak. Était-ce lui ou la Grâce de l'ange les rendait d'autant plus envoûtant ?
La main de Castiel se refermant fermement sur son poignet l'avait extirpé de ses songeries. La surprise avait disparu de son regard. Il avait pris son air sévère et solennel, digne de son statut de soldat de Dieu.
Rougissant comme une adolescente rejetée par son amoureux secret, Dean avait reculé sa main. Ou plutôt tenté. La poigne de Castiel était bien trop serrée. Perdu, le chasseur avait haussé des sourcils, ses lèvres s'entrouvrant instinctivement. Il avait senti plus qu'il n'avait vu le regard de l'ange se glisser sur celles-ci, brûlant sa peau tel une flamme.
Bruit mat d'un objet qui chute à l'étage au-dessus. Les arrachant à leur contemplation respective.
Dean avait alors récupéré sa main sous l'œil brûlant de l'ange, puis avait réalisé un enchaînement de signes qui n'avait pas plus avancé Castiel. Ce dernier s'était contenté de le suivre, raide et droit comme un piquet, tandis que le chasseur s'était replié, l'arme à feu sortie dans un éclat métallique.
L'aîné Winchester inspira profondément et jeta un coup d'œil à Castiel. Juste pour s'assurer que l'ange était toujours à ses côtés. Avalant une dernière goulée d'air, il ferma les yeux et compta.
Un.
« Deaaaan »
Deux.
« Comment vas-tu tuer ton petit Cas' aujourd'hui ? »
Trois.
« Je te propose un bon vieux bûcher à la Winchester »
Dean les rouvrit, une rage nouvelle pulsant au sein de sa poitrine. D'un seul mouvement, il ouvrit à la volée la porte et pénétra dans la pièce plongée dans l'obscurité.
Une silhouette sombre était allongée sur un lit double baldaquin. L'expression fermée, il s'était avancé, l'arme en poing. Il pouvait entendre son souffle s'élever, doux mais profond. Un peu plus assuré, il se rapprocha encore d'un pas.
La silhouette se redressa alors brusquement, deux iris ensanglantés vibrant dans le noir. Le cœur du chasseur rata un battement. Il tenta de reculer mais aussitôt une longue main fine s'agrippa à son poignet. Serra à lui en briser les os.
Il geignit, la souffrance se diffusant dans tout son corps, et en lâcha son arme. Celle-ci cliqueta au sol et la démone esquissa un sourire qui aurait pu être séducteur s'il n'avait pas été emprunt de tant de malfaisance.
— Bonjour, Dean, susurra-t-elle en battant des paupières. Tu te rappelles de moi ?
Le souffle du chasseur s'accéléra, son pouls frôlant la crise cardiaque. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il distinguait à présent les mèches noires indomptables qui encadraient ce visage féminin. Il se souvenait d'elle, effectivement. S'il ne s'agissait pas de la jeune femme qui l'avait piégé dans la Cage depuis le bar miteux du New-Jersey quelques mois auparavant, alors elle devait être sa jumelle. Seule fausse note dans ce portrait, le regard écarlate qui aurait dû être d'un bleu profond. Comme ceux de...
Avant même qu'il ne puisse finir sa pensée, une lumière incandescente les heurta, brisant l'étau de la démone. Il fut projeté violemment contre un mur.
Noir.
~.*.~
[ Hiver 2017 – Dans la Cage ]
L'odeur de carbone et de soufre emplissait ses narines.
Il essayait de ne pas soulever les paupières. Il préférait subir milles tortures plutôt que de devoir affronter le regard bleu s'éteignant pour la millième fois.
— Tsss, siffla de mécontentement son bourreau à son oreille. Je n'aime pas quand tu m'ignores.
Il déglutit. Il transpirait, la chaleur insupportable submergeant son épiderme d'une couche de sueur.
— Tu sais très bien ce qui t'arrive quand tu retardes le moment d'ouvrir ces jolis petits yeux.
Le bout d'une lame s'infiltra, insidieuse, entre les tissus de sa chair. Elle courut, sans paraître vouloir s'arrêter. La douleur qui provenait de ce genre d'incision ne l'affectait plus vraiment. Son bourreau le savait évidemment. Rien ne lui échappait. Pas le moindre détail. Mais celui-ci appréciait débuter chaque séance par ce petit rituel. À chaque commencement détenait sa plaie spécifique, gravant son corps par une marque d'appartenance plus que par simple envie de destruction. Et plus il résistait, plus l'incision s'étendait.
— OUVRE LES YEUX, DEAN WINCHESTER ! tonna son tortionnaire à cinq centimètres à peine de son oreille, vrillant ses tympans.
Un bruit aigu accompagna le hurlement sauvage, enflammant son cerveau d'une souffrance sans nom. Parcouru de spasmes, il céda, les lèvres tremblantes.
Alors, il se fit face. Son regard croisa le sien, détailla l'air fou et froid qui valsait sur son visage sans savoir quelle expression précisément il devait choisir. Son bourreau était lui-même. Et il ne pouvait lutter contre cela.
Son tortionnaire esquissa un sourire puis saisit le col de sa chemise en flanelle brûlée et déchirée de toutes parts.
— Dean, Dean, Dean, chantonna-t-il, ses yeux verts luisant.
Celui-ci retint sa respiration. Il craignait plus que tout de devoir à nouveau tuer son ami. Combien de meurtres de sang froid pourrait-il tenir avant de ne plus être que l'ombre de lui-même ?
— Tu sais, Dean, j'aime nos petites conversations. J'aime quand tu te lamentes, quand tu me supplies, quand tu cries à la revanche, quand tu pleures à l'aide, quand tu me craches à la figure que rien ni personne ne pourra te faire flancher. Mais ce que j'apprécie par-dessus tout c'est de voir cette fichue carapace autour de ton âme se fissurer. Car bientôt – bientôt mon cher ! – je vais pouvoir y goûter, savourer toute la peine et la détresse qu'elle a récolté et laissé pourrir au son sein ! Et ce jour-là, Dean, ce jour-là, je l'adorerais.
Un silence. Puis un petit rire.
— Mais pour l'instant, j'ai quelqu'un à te présenter.
Le chasseur fronça des sourcils, un mauvais pressentiment s'ancrant dans sa peau.
— Vois-tu, elle nous observe depuis pas mal de temps. En même temps, on empiète un peu sur son territoire.
Deux mains saisirent sa tête depuis le haut de son crâne, les doigts s'enfonçant dans ses joues.
— En vérité, sans elle, je n'aurais sûrement pas lieu d'exister. Après tout, elle est d'une telle source d'énergie que, combinée à ton si peu d'estime de toi, le résultat était inévitable.
Un long rire s'étendit dans le silence.
— Et dire que tu t'es créé tout seul ton pire ennemi !
Puis une pause. Une réflexion.
— Je crois qu'il est temps pour toi de rencontrer l'origine de toute cette souffrance...
D'un mouvement brusque, il le força à soulever la tête de la table en pierre. Si le geste lui tira une grimace, ses yeux eurent le temps d'enregistrer la figure de cette fameuse « elle ».
Yeux bleu glacier, peau translucide et chevelure blanche.
— Son nom est May, susurra son tortionnaire à son oreille. N'est-ce pas, May ? ajouta-t-il pour cette dernière.
Les iris pâles brillèrent d'un éclat étrange.
~.*.~
[ Printemps 2017 – Écosse ]
Dean gémit. Sa tête résonnait comme un gong au moindre mouvement.
— Dean ? s'enquit la voix inquiète de Castiel.
Des mains familières englobèrent son visage. Il geignit, la douleur maintenant ses yeux fermés.
— Dean !
Le ton rongé par l'angoisse le percuta en plein ventre. Il ouvrit brusquement les yeux dans une profonde inhalation, la souffrance irradiant à l'arrière de son crâne.
— Oh Père, merci ! s'exclama Castiel.
Des bras l'attirèrent dans une étreinte. L'aîné Winchester cilla, le nez enfoui dans l'épaule de l'ange. Instinctivement, il respira son odeur et ferma les yeux.
Mais très vite, l'être céleste se détacha de lui et disparut dans un chuintement d'ailes.
Battant des paupières, il discerna enfin l'endroit où il se trouvait. Il était sur un lit du motel miteux qu'ils avaient quitté quelques heures avant. Sam se tenait en face de lui, sa mine inquiète fronçant ses sourcils et affaissant les coins de sa bouche.
— Hé, Dean, ça va mieux ? fit-il en lui agrippant l'épaule d'une poigne virile.
Ailleurs, l'aîné acquiesça. Il se souvenait de choses confuses. Comme si tout n'avait été qu'un rêve. Mais la panique de l'ange n'avait pas été feinte. Alors... Avait-il vraiment croisé le chemin de cette... De cette quoi d'ailleurs ? Par défaut, il avait catégorisé comme une démone mais il doutait que cela soit une. Car si ces derniers avaient gagné l'habilité de transporter des âmes au simple toucher, cela allait leur compliquer le travail.
— Cas' est revenu complètement effrayé, avec toi qui ne respirais plus...
Dean fronça des sourcils.
— Il y avait cette chose, expliqua-t-il. C'est elle qui m'a transporté comme par magie dans la Cage. Elle était là, elle semblait... nous attendre. Quand je me suis approché, elle m'a agrippé le poignet et m'a brisé les os...
La douleur d'ailleurs pulsait toujours mais semblait être contenue. En baissant les yeux, il discerna un plâtre englobant son articulation.
Devant son regard interrogateur, le cadet haussa des épaules.
— La Grâce de Cas' ne fonctionnait plus. Alors je t'ai soigné à la bonne vieille méthode.
Le souffle de l'aîné s'accéléra brusquement.
— La Grâce de Cas' ne fonctionne plus ? s'exclama-t-il, se débattant pour quitter ce lit moisi et défoncé.
— Doucement, Dean ! s'écria Sam en retour.
Ses mains s'appuyèrent sur ses épaules, l'empêchant de se lever. Quand le chasseur leva son regard vers lui, il croisa le sien. Il luisait d'une lueur déterminée et sévère sous la lumière des ampoules. Réprimant son angoisse, Dean abdiqua.
— Je disais donc que la Grâce de Cas' ne fonctionne plus, reprit Sam après s'être assuré d'un coup d'œil que son frère avait choisi l'option de la sagesse.
En soupirant, il s'assit à ses côtés et ferma les yeux en passant une main dans ses cheveux.
— Enfin, partiellement, précisa-t-il. Comme tu as pu le voir, il arrive encore à se téléporter. Mais soigner... Cela lui est devenu inaccessible.
Dean humidifia ses lèvres. Il avait peur pour Castiel. Il craignait que ses pouvoirs déclinant lui coûtent la vie en ce moment même. Car il savait pertinemment où il était parti ou pour quelles raisons : il s'affairait à capturer cette... démone pour ensuite l'interroger.
Connaissant la force de celle-ci, le combat serait rude. Et particulièrement éprouvant.
Soudain, une idée vint le percuter.
— Sam ? Où est May ?
Le cadet soupira.
— Elle dort sur l'autre lit.
Dean déglutit, le regard fixé sur le lit voisin.
— Non, elle ne dort pas sur l'autre lit, Sam.
Le géant releva la tête, les sourcils froncés, et suivit le regard de son frère. Le lit voisin était vide, à l'exception d'une couverture pêle-mêle.
— Quoi ? s'exclama-t-il en se levant.
D'un pas, il couvrit la distance et saisit le plaid qu'il avait déposé sur le corps endormi de la jeune fille.
— Mais... Si elle était partie, je l'aurais vu !
Un silence dans la pièce. Intrigué du manque de réaction de Dean, Sam se tourna vers celui-ci. L'aîné évitait son regard, un air embarrassé sur le visage.
— Dean... Qu'est-ce que tu me caches ?
Le chasseur soupira, les lèvres pincées.
— Sam... Je... Je sais qui elle est... Et si elle avait voulu partir sans que tu ne la vois, elle aurait au moins une dizaine de solutions dans sa manche.
Le cadet inspira profondément, les sourcils froncés dans l'attente d'une réponse qui déclencherait sans doute une seconde Apocalypse locale.
— Qu'est-ce qu'elle est Dean ?
L'aîné baissa les yeux. Malgré tout, Sam pouvait discerner des larmes s'accumulant sur sa cornée.
— Dean ? insista-t-il malgré son envie de ne pas enfoncer le couteau dans la plaie.
— Elle...
Un silence, une respiration hasardeuse.
— Elle est la propriétaire de la Cage, Sam...
