Je préfère prévenir, que je n'ai pas respecté la façon réelle dont les News ont apprit qu'ils avaient débuté, parce que ça n'aurait pas collé avec la fic. Je m'en excuse auprès des fans qui connaissent leur bio sur le bout des doigts.
Chapitre 14
Débuts
15 août 2003
Ca fait maintenant un an que je suis célibataire et ça a pas l'air près de changer, mais j'arrive maintenant à parler de Masa-chan sans pleurer et j'ai même réussi à aller le voir à l'hôpital plusieurs fois. Bien sûr, je me suis pas vanté de mes mois de déprime, parce qu'il m'aurait engueulé. Son état s'améliore doucement. Il est pas encore prêt à revenir sur scène, mais il est dans la bonne direction. Et moi aussi. Grâce au soutien de tout mon groupe. J'ai fini par leur expliquer à tous ce qui avait causé mon état et, bien sûr, ils m'ont engueulé. Selon eux, j'étais un idiot de pas leur en avoir parlé. C'est là que j'ai mentionné l'aide que m'a apportée Hiro. Il a été congratulé par tout le monde à grand renfort de tapes dans le dos et de « bien joué ». Enfin, sauf par Tesshi, qui me regardait d'un sale œil, parce que Hiro était dans la confidence et pas lui alors que c'était lui mon meilleur ami. Il m'a d'ailleurs fait une scène pas possible. Un jour, son exclusivité à mon sujet lui causera des ennuis ou une vraie grande peine.
Ce matin, notre nounou/accompagnateur est venu nous voir en nous demandant de nous rendre dans une salle de réunion, ce qui n'était jamais arrivé jusque là et on se demandait un peu à quelle sauce on allait être mangés. On s'est tous installés autour d'une table ovale assez longue pour que quatre groupes au complet s'asseyent et maintenant, on attend en échangeant des théories sans fondements sur la raison de cette réunion totalement inattendue. On a interrogé Pi, mais même lui est pas au courant de ce qui se passe, alors qu'il sait toujours tout d'habitude. Du coup, on est encore plus impatients de savoir. Heureusement, Fujioka-san entre dans la pièce seulement quelques minutes après nous.
- Les gars, j'ai une nouvelle importante à vous annoncer, commence-t-il. Vous n'êtes pas sans savoir qu'une compétition internationale de handball aura lieu le mois prochain. Il faut un hymne à cette rencontre et Johnny-san a décidé de vous le confier.
La nouvelle fait l'effet d'une bombe et tout le monde se met à parler en même temps, ce qui crée un bordel pas possible, que Fujioka-san essaye de dissiper sans y arriver. On a encore jamais chanté quoi que ce soit en dehors des cours et d'un coup, on nous sort ça. Et complètement à l'arrache en plus. C'est de la folie. Si on se plante, on aura l'air totalement ridicules. Mais c'est peut-être un test, pour voir si on peut bosser sous pression et sortir un truc bien. Je fais part de mon hypothèse aux autres, qui la valident. C'est ce qui semble le plus plausible, même si la raison de ce test est plus que floue. Parce que s'ils nous donnent un temps si court, c'est qu'ils ont déjà le texte et la musique depuis un bail. Du coup, l'hypothèse du test semble encore plus plausible, sinon, ils nous auraient tout filé avant. Peut-être qu'ils commencent à penser à nous là-haut, mais bon, soyons pas trop optimistes non plus, on serait trop déçus. Bien sûr, Yamashita est le premier à se ressaisir. Il se lève et regarde notre accompagnateur.
- Vous avez plus d'informations à nous communiquer, je pense, dit-il calmement, provoquant notre silence. Comme le titre de la chanson, ses paroles, la musique…
- Je peux vous donner le titre, c'est « NewS nippon ». Par contre, pour le reste, il faudra que vous voyez directement avec Sakamoto-san.
Le titre nous éclaire pas du tout sur le contenu de la chanson et, à première vue, à part « nippon » qui, éventuellement, peut se rapporter à une compétition internationale, il a pas tellement l'air d'avoir un rapport avec le sport.
- Donc, on a un mois pour être prêts ? résume Pi.
- Exactement, confirme notre accompagnateur. Sakamoto-san vous attend maintenant. Travaillez bien.
On se lève et les conversations reprennent de plus belle. Aucun de nous s'attendait à une nouvelle pareille, c'est un truc de ouf. On entre dans la salle où le prof de chant nous attend et il nous fixe d'un tel air, que ça fiche la frousse.
- Vous avez seulement trente jours pour être parfaitement au point, alors j'aime autant vous dire, que vous n'allez pas rigoler tous les jours, nous prévient-il immédiatement. Surtout certains.
Etrangement, c'est moi qu'il regarde à ce moment-là. Il abuse, j'ai fais des progrès et il le sait. Pourtant, je dis rien et le laisse continuer.
- Je vais vous distribuer les paroles. Dans un premier temps, lisez-les simplement.
Il se tourne vers son bureau, y prend une pile de feuilles et nous en tend un exemplaire à chacun. Curieux, je commence tout de suite à les lire. Ouais, c'est sympa. Après, faut voir quel genre de musique ils ont mis avec et ce que ça donne dessus, parce que là, comme ça, c'est un peu dur de se faire une idée. Et visiblement, vu l'air perplexe des autres, ils pensent la même chose.
- Et la musique ? demande Pi.
- J'y venais. Ecoutez bien, dit le prof en enclenchant un cd.
Je ferme les yeux pour écouter. La mélodie est sautillante, entraînante, avec des passages calmes. Ca peut être sympa, mais encore une fois, avec la musique seule, c'est un peu dur de se faire une idée. Il faudrait les deux ensembles.
Le regard de Sakamoto-san passe sur nous et il reprend.
- L'articulation de la chanson est faite de cette façon : vous chantez tous le refrain. Yamashita-kun, tu es chargé du premier couplet. Uchi-kun, Kusano-kun, Nishikido-kun, Koyama-kun, vous faites le second puis Yamashita-kun reprend seul. Tegoshi-kun, Masuda-kun, Kato-kun, vous prenez la suite avec Moriuchi-kun et Tegoshi-kun, je te demanderais de faire la seconde voix. Ensuite, il y a un nouveau refrain tous ensemble et vous continuez tous ensemble jusqu'à la fin. Des questions ?
Ouch, ça fait beaucoup d'infos d'un coup et visiblement on est tous du même avis, mais on s'accroche pour suivre. Je suis dans le même « groupe » que Tesshi et Shige, c'est cool, mais par contre, se taper Moriuchi qui s'en fout, c'est un peu rageant. J'aurais préféré Hiro. Mais bon, je crois pas que cette distribution soit vraiment contestable. Et Pi est le seul à avoir des parties solo. Même Tesshi et sa belle voix claire n'en ont pas. Ce qui prouve bien que non seulement c'est lui le leader, mais qu'il est le seul à avoir de l'expérience. Mon Tesshi est d'ailleurs tout content de recevoir une mission spéciale. Il doit se dire que c'est une juste récompense à ses efforts.
Maintenant, il va falloir s'organiser pour apprendre les paroles. Parce que là, on change de registre. Enfin je veux dire par là, qu'on a encore jamais appris les paroles d'une chanson pour de bon. Jusque là, on avait le texte sous le nez. Là, il va falloir mémoriser et ça va être une sacrée paire de manches. Je demande un stylo, m'assois à l'unique table de la pièce et commence à annoter ma feuille. J'indique dessus qui chante à quel moment, et souligne mon propre passage. Mon idée doit avoir du bon, parce que tout le monde se grouille de faire pareil.
- Vous commencez dès le début de la musique, par les directions, indique le prof. Je vais repasser la musique plusieurs fois. Imprégnez-vous bien de la mélodie, car ensuite, vous tenterez de chanter a capella.
Ouch. Bon ben c'est comme qui dirait parti. Je décide de m'assoir sur le sol et ferme les yeux pour mieux ressentir ce que j'entends. Ca sert peut-être à rien du tout, mais moi j'ai l'impression que ça m'aide. Au bout d'un quart d'heure, Sakamoto-san arrête le cd et nous indique que c'est à nous de jouer. On se rassemble tous en cercle et on lance les hostilités, mais on a des problèmes dès le début, parce que les directions (« to north, to east, go west, go south ») sont pas chantées mais parlées en rythme et on cafouille pas mal. On recommence encore et encore et encore, jusqu'à en avoir ras le bol et on a même pas commencé la chanson en elle-même, c'est la cata. Finalement, on s'en sort à peu près même si c'est pas évident sans musique pour s'aider, parce que la mélodie dont chacun se souvient a l'air un peu décalée et on embraye sur le fameux refrain à chanter tous ensemble. D'ailleurs je me demande bien pourquoi il y a de l'anglais dedans. On est japonais, quoi, pas américains, anglais ou je sais pas quoi.
Il nous faut bien deux heures pour se sortir convenablement du refrain seul. Pourquoi autant de temps pour si peu ? Simple : on était pas calés du tout. D'ailleurs, Sakamoto-san s'est bien énervé à ce sujet. Je peux pas trop le blâmer, parce que c'est vrai que d'habitude, on arrive à chanter de façon plus chorale que ça, mais là les circonstances sont pas les mêmes. On est plus à un bête entraînement, on prépare notre toute première chanson. Ca doit tous nous perturber d'une certaine façon.
- Bon, faites une pause. On reprend dans un quart d'heure, décrète le prof.
Aussitôt, les conversations reprennent entre nous, mais elles n'ont plus qu'un seul sujet : la chanson. Tout en buvant un coup, on essaye de trouver une solution pour réussir à chanter tous ensemble, mais c'est pas probant. Je sens que Sakamoto-san va s'arracher les cheveux avant qu'on arrive à la moitié des paroles et pourtant, on est tous concentrés.
On reprend finalement et on arrive tant bien que mal au bout du refrain. C'est là que Pi a commencé sa partie solo et je l'ai écouté, un peu halluciné. Je l'avais jamais entendu chanter tout seul en fait. Il a une belle voix. Grave et un peu nasale, assez agréable à écouter. Et il s'en sort comme un chef en plus. Sa partie passe comme une lettre à la poste, on dirait qu'il fait même pas d'effort. Et je suis pas le seul à le penser.
- Tesshi, tu vas avaler des mouches, murmuré-je en riant à mon meilleur ami, qui fixait notre leader bouche bée.
- Bien, Yamashita-kun, félicite le prof, mais je n'en attendais pas moins de toi. Les autres, séparez-vous selon vos équipes, pour vous entraîner sur la suite.
A ces mots, Uchi, Hiro, Keii-chan et Nishikido s'éloignent vers un côté de la pièce, tandis que Tesshi, Moriuchi, Shige et moi partons d'un autre côté. Et Pi qui reste tout seul.
C'est là que les « problèmes » commencent, parce qu'aucun de nous quatre n'a la même façon de voir le travail en équipe et en plus, j'ai même pas l'impression que nos voix s'accordent. Mais c'est peut-être qu'une idée. Le prof doit mieux savoir que moi ce qui est bien ou pas. On convient d'un signal pour savoir quand commencer, puis on démarre tous ensemble, mais ma voix déraille un peu. Je m'excuse, on recommence et cette fois, c'est Shige qui bafouille. Heureusement que Nishikido est pas avec nous, il s'énerverait je crois. Nous accorder sur notre partie nous prend le reste de la matinée, mais ça a pas l'air de déranger le prof. Il doit se dire qu'on s'en sort pas si mal que ça. A l'heure du déjeuner, il nous libère, en nous recommandant fortement de nous entraîner chez nous aussi et on se dirige tous vers le réfectoire.
- Alors, comment vous vous en sortez ? demande Hiro en posant son plateau face à moi. C'est pas trop dur ? Nous on galère. Nishikido est vraiment très chiant quand il s'y met et en plus il est jamais content.
- Nous ça va, dis-je. On a un peu merdé au début, mais en fait, ça passe.
- Vous avez du bol.
- Vous en pensez quoi de la chanson ? demande alors Tesshi, assis à ma gauche. Elle est sympa non ?
- Ben à première vue oui, répond Shige, assis à ma droite, mais c'est pas évident d'avoir un avis réel alors qu'on a même pas encore tenté de chanter sur la musique.
Tout en parlant, chacun entame son repas et, très rapidement, les plateaux sont vides. Travailler, ça creuse.
- Cet après-midi, c'est la chorégraphie qu'on travaille, nous annonce Yamashita en venant s'assoir près de nous. Il va falloir tout bosser de front, on a pas le c hoix.
- Oh la loose… soupire Tesshi. On arrivera jamais à tout retenir…
- Parle pour toi, microbe, répond Nishikido, toujours aussi aimable.
- Ca suffit tous les deux. Maintenant plus que jamais, on doit être soudés et pas passer notre temps à nous engueuler pour des conneries, intervient fermement Pi. Ryo, si t'es pas capable de parler à Tesshi sans être désagréable, taits-toi.
- En plus le microbe est plus grand que toi, na ! renchérit mon meilleur ami en tirant la langue à son éternel détracteur.
- En rajoute pas, Tesshi, lui soufflé-je. Pas la peine de le provoquer.
- Hai…
Comme nous avait prévenus Pi, après le repas, on s'est mis à la danse. La chorégraphie n'était pas très compliquée, on avait déjà fait bien plus dur. Non, ce qui allait être coton, ne serait pas de retenir les enchaînements, ce serait plutôt de les caler correctement sur la musique et les paroles. Parce que compter les temps, c'était une chose, mais les adapter sur la chanson en était une autre. Et, dans la mesure où on était encore très loin de connaître les paroles par cœur, on allait lutter pour faire les deux à la fois. Tant qu'on fait les deux séparément, on a à se concentrer que sur un truc à la fois : la chanson ou la choré. Quand on devra faire gaffe à la fois à pas oublier les paroles et à pas zapper un mouvement, on va vachement moins se marrer, c'est moi qui vous le dis. Enfin bref, on a tellement bien géré, que le prof a trouvé aucune remarque à faire à personne, même pas à Tesshi dont c'est pourtant le point faible.
La première journée de répétition se termine par ce succès et on est tous pressés d'arriver au lendemain, pour relever à nouveau le défi qui nous a été lancé. On va prouver à tout le monde que les GJ123 sont sérieux et doués.
14 septembre 2003
Tout nous tombe dessus en même temps. Alors qu'on est en plein dans les répètes de notre première chanson, Fujioka-san nous appelle, Pi, Tesshi et moi. Apparemment, il a été demandé qu'on aille tous les trois au Shounen Club pour chanter un truc. Et le jour même en plus. Genre, on peut apprendre une chanson en une journée quoi. Même si c'est une chanson déjà existante, il faut quand même un minimum de préparation. Heureusement que « Non stop, don't stop » est pas très compliquée à retenir au niveau des paroles. Par contre, pourquoi seulement nous trois ? Je pige pas. Du coup, on le fait, mais j'ai pas vraiment la tête dedans. C'est presque comme dans un rêve que je fais ce qui est attendu de moi, parce que pendant toute la performance, je pense au temps qu'on perd à mémoriser ces paroles-là, au lieu de se concentrer sur « NewS nippon ». Et ça m'agace. J'ai toujours pensé que quand on fait plusieurs trucs à la fois, y'en a forcément qui sont moins bien faits. Pourquoi multiplier les projets, quand on en a un principal ? C'est idiot. Enfin bon, c'est pas comme si on avait notre mot à dire.
15 septembre 2003
J'ai déjà oublié la micro-performance de la veille. On est tous surexcités. Même Moriuchi qu'on entend pas trop d'habitude, arrête pas de parler. On est à une heure de notre premier live. Le tout premier où on sera seuls, sans Arashi ni personne d'autre. Que nous neuf, notre chanson et notre choré. On a tous travaillé très dur pendant un mois et ce soir, on y est enfin. Je suis tellement stressé, que j'ai été incapable d'avaler quoi que ce soit pendant le dîner, alors que les autres dévoraient comme si c'était leur dernier repas. Moi, j'ai passé le temps à me repasser chaque mouvement mentalement et à chanter dans ma tête, alors que je sais très bien que c'est mauvais de réviser au dernier moment. Mais c'est tellement important… Ils se rendent compte, au moins, que ça peut décider de la suite de notre carrière ? A mon avis, si on se plante, on est finis avant même d'avoir commencé. Mais il y a aucune raison pour qu'on se plante, ne ? On est prêts. On est au point. Y'a plus qu'à, comme on dit. J'ai passé un mois à croiser les doigts pour qu'on ait pas des costumes trop ridicules. Genre pas trop flashy et avec des paillettes modérées. Ben j'ai pas été entendu. Ils sont… comment dire… Nan, en fait, je vais pas décrire, je veux pas faire peur. Tout ce que je peux dire c'est qu'on va tuer les yeux du public. A H-30 minutes, on commence à s'habiller et Tesshi devient intenable, sautant partout, me mettant les nerfs en pelote. Pi le rembarre et il se calme, mais pas pour longtemps. Du coup, même notre patient leader laisse tomber. A H-15, je commence à avoir les mains moites. Je me demande si je vais pouvoir tenir mon micro sans qu'il glisse et aussi si je vais me souvenir que je dois pas le tenir trop près de ma bouche. A H-10, Fujioka-san nous rejoint pour un dernier briefing avant notre entrée sur le plateau. Mon cœur est parti dans une course folle et je m'oblige à inspirer profondément pour éviter de paniquer, parce que c'est vraiment pas le moment. On écoute tous les recommandations dans le plus grand silence, avant de se placer de part et d'autre du rideau. Il est H-5. Dans cinq minutes, tout va basculer… ou pas. Dans cinq minutes seulement. De là où on est, on entend parfaitement le public réagir aux paroles des présentateurs, sans pour autant distinguer ce qui se dit. J'entends plus rien, à part les acclamations du public après une tirade qui se termine par le titre de la chanson. Le rideau se lève lentement et la musique démarre. A nous de jouer.
Je suis mort. Mort mais heureux. Tout s'est passé comme sur des roulettes et comme dans un rêve. On s'est éclatés, le public a apprécié, le sourire nous a pas quittés tout du long et on a été longuement acclamés. Notre acharnement, notre dur travail ont payé et le résultat, c'est ces trois minutes de pur bonheur. J'adore danser, mais avec ce live, je viens de réaliser que j'aime tout autant chanter et que communier avec le public est juste trop agréable. Dans la loge, dans les douches, on fait que parler de notre performance. Tout le monde est joyeux, se congratule, se tape amicalement dans le dos. Même Nishikido a le sourire, ce qui est plus que rare, parce qu'avec nous, il fait plutôt la gueule en général, comme si ça le faisait franchement chier d'être avec nous plutôt qu'avec ses potes du Kansai. Pi aussi, nous gratifie de l'un de ses trop rares sourires. C'est pour dire à quel point ce mini show a ravi tout le monde. On va tous bien dormir ce soir je crois. Et demain… ben on verra, mais en tout cas, on est tous content. Fujioka-san avait presque la larme à l'œil quand il nous a félicités pour notre boulot. Perso, j'ai vraiment pas l'impression d'avoir bossé ce soir, j'ai plutôt l'impression d'avoir fait la fête avec des tas de potes.
5 octobre 2003
Ca fait maintenant presque trois semaines que notre premier live est passé… et on en est toujours au même point. Tout continue exactement comme s'il s'était rien passé du tout. J'aime pas trop ça, parce que ça peut vouloir dire tout et n'importe quoi. Tesshi et moi retournons au Shounen Club ce soir. On doit chanter tous les deux « Yuuyake no uta ». Ca me dérange pas du tout, vu que maintenant je sais que j'adore chanter devant un public, mais je comprends pas pourquoi on s'obstine à me demander à moi. Pas que je chante mal, mais si on va par là, les autres chantent bien aussi, alors bon… Tesshi est tout excité de chanter en duo avec moi. Il dit que nos voix s'accordent bien et qu'on pourrait faire un mini groupe. Il est baka des fois quand même. Genre un groupe de deux c'est possible quoi. Ca ressemblerait surtout à rien du tout. Sérieux, même en y pensant bien, j'arrive pas à imagine le tandem Tegomass en concert. Ca ferait un sacré flop.
On s'est bien éclatés. La choré, c'était un grand porte nawak, mais c'était prévu. On nous avait demandé de l'improviser. Ah bah pour de l'impro, c'était de l'impro. On a tout fait au feeling, ça devait ressembler à rien, mais le public avait l'air content et nous aussi du coup. Les live, c'est vraiment ce qu'il y a de mieux.
2 novembre 2003
Je crois que le Shounen Club m'aime, parce que j'y retourne encore. Mais pas tout seul, ni juste avec Tesshi ou Pi. Non, cette fois, c'est le groupe entier qui a été demandé. On doit y chanter « NewS nippon ». Et ça fait plaisir. Je sens qu'on va autant s'éclater que la première fois. Avec le temps qui a passé, on a fini par se dire que finalement, la décision de nous confier une chanson, c'était juste pour voir si on était capables de chanter ensemble, mais qu'en fait, rien n'était réellement prévu pour nous. Bah, au moins on fait autre chose que juste danser. Parce que malgré tout, même derrière Arashi, ça reste juste de la danse quoi. On a un peu l'impression que le reste de ce qu'on apprend sert à rien. Alors que là ben… on met en application quoi. Du coup, quand l'heure du show arrive, on cartonne. Le public est à fond dedans et chante en même temps que nous, comme s'il avait appris les paroles par cœur, alors que c'est seulement la deuxième fois. Si ça se trouve, ils étaient déjà tous là la première fois. C'est marrant comme idée. Moi, je suis exalté. Je me sens tellement bien sur scène, tellement à ma place, que j'en oublie les costumes pourris qu'ils nous font porter (encore une fois, j'ose même pas décrire, mais on y retrouve évidemment les éléments habituels : paillettes et couleurs flashy) et quand ça se termine, j'ai qu'une envie : recommencer encore et encore. C'est pour connaître ce genre d'émotion que je suis entré dans l'agence. Etre un Johnny's, c'est génial.
17 décembre 2003
On est dans la loge, à l'agence, lorsque Fujioka-san entre comme un ouragan en brandissant des magazines.
- Quelque chose ne va pas ? demande Pi, alarmé par son agitation manifeste.
- Au contraire ! Vous n'avez pas lu les magazines ?
On se regarde tous sans comprendre. De quoi il parle ?
- Vous savez, les magazines de nanas, on apparait dedans, mais on les lit pas, répond Nishikido.
- Ben vous devriez, vous seriez au courant comme ça.
- Mais au courant de quoi ? questionne Uchi.
- C'est vrai ça, arrêtez de tourner autour du pot, renchérit Hiro.
Alors, il s'approche de la table et y étale Myojo, Junon, Potatoe et Wink-up… Avec tous la même couverture : nous revêtus des costumes vert pomme qu'on portait au dernier Shounen Club. Assortis du titre « NewS, la nouvelle révélation de la Johnny's Entertainment ». On se regarde, stupéfaits. NewS ? Comme dans la chanson ? C'est nous ça ? Visiblement, c'est la question qu'on se pose tous, parce que les autres ont l'air aussi ahuris que moi. Pi ouvre l'une des revues et on lit par-dessus son épaule « La Johnny's Entertainement a sorti de nulle part un nouveau groupe prometteur, les NewS. Le groupe, qui vient de débuter, fait une entrée fracassante dans le monde de la chanson, avec leur premier titre, « NewS nippon », bientôt disponible en single. ». Avec cette présentation, il y a une photo de chacun de nous, avec une fiche d'identité. Nom, date de naissance, taille, poids, couleur préférée… rien n'a été oublié. Les lectrices vont tout savoir de nous.
Le silence retombe. Je crois qu'on est à la fois surpris, choqués, hallucinés, inquiets, agacés… Trop d'émotions se succèdent. Enfin en moi du moins. Je comprends pas ce qui se passe. Aucun de nous n'a l'air de comprendre. Même pas Pi.
- Ano… sumimasen… Qu'est ce que ça veut dire au juste ? demande notre leader.
- J'étais aussi surpris que vous quand je l'ai découvert mais apparemment, ça signifie que vous venez de débuter.
- HEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE ?
Un cri unanime a franchi nos lèvres. Un cri unanime et stupéfait.
- C'est une blague ? On débute comme ça, à l'arrache, sans même être prévenus ? fait Nishikido, résumant bien ce que je pense et ce qu'on doit tous penser.
Nan, parce qu'un début comme ça, j'en ai jamais vu moi, c'est n'importe quoi. Tous les groupes qui nous ont précédés ont eu des débuts officiels, avec préparation mentale, batterie d'interviews, lives de ouf, shoots de folie et annonce officielle. Et nous, non seulement personne nous prévient, mais en plus on l'apprend en lisant des magazines. C'est pas un peu du foutage de gueule ? Si on débute, on a bien le droit d'être au courant nan ?
La première surprise passée, la colère prend la majeure partie d'entre nous et aucun ne pense « on vient de débuter, on est un groupe à part entière à partir d'aujourd'hui et plus seulement des backdansers ». On est surtout indignés de la façon dont les choses se passent. Nishikido et Uchi, les inséparables, menacent d'aller dire leur façon de penser à Johnny-san et il faut toute la diplomatie de Yamashita pour les en dissuader. La grogne gagne tout le monde et l'ambiance détendue qui régnait avant l'arrivée de Fujioka-san s'évanouit, lorsque soudain la voix de Tesshi s'élève.
- Hé, les gars, c'est quoi votre problème, sérieux ? On débute ! Notre carrière commence aujourd'hui ! Alors franchement, qu'est ce qu'on s'en fout, de la manière dont c'est annoncé, quoi ! Votre réaction, là, c'est juste une fierté idiote ! Si vous commencez dans un si mauvais esprit, autant laisser tomber, on ira pas loin !
Le silence retombe dans la pièce après ce coup d'éclat de mon meilleur ami. Un silence ahuri, mais pas le même ahurissement que quelques minutes auparavant. On est juste stupéfaits que le membre le moins mature du groupe, qui fait souvent des caprices, soit capable d'un discours si vif, si adulte et surtout si vrai. C'est un discours que Pi aurait pu nous faire s'il avait été moins choqué par la nouvelle je pense. Et je me sens mal, parce que moi aussi, j'ai juste pensé à la façon dont nos débuts avaient été annoncés, pas à la finalité. C'est le plus jeune de la bande, qui, seul, a pensé à la réelle nouvelle du jour et même moi je le pensais pas capable de parler comme ça.
- Il a raison, les gars, rebondit Yamashita, apparemment revenu de sa surprise. On a autre chose à penser, maintenant que ça. On nous donne enfin notre chance, alors saisissons-la et faisons toujours de notre mieux.
- Haaaaaaaaaaaaaaai !
Galvanisés par ses paroles et celles de Tesshi, on s'est tous exclamés en même temps.
Ca y est, Masa-chan, ce que tu voulais pour moi est en route. Nous débutons. Nous existons par nous-mêmes. Adieu GJ123, nous sommes NewS maintenant.
