~ TRY AGAIN ~

Voici ma première fanfiction ! (enfin sur ce site)

Alors, évidemment, elle n'est pas des plus parfaites, étant donné que je ne suis pas habituée à ce genre d'écriture. Mais j'ai voulu tenté l'expérience avec le couple Destiel qui m'a vraiment tapé dans l'œil.

Je dois vous prévenir que le style sera particulier. On retrouvera Destiel, Sam et quelques autres protagonistes dans l'univers Supernatural mais l'intrigue ne se rattache pas particulièrement aux dernières saisons. Elle est plutôt intemporelle et quelques faits ont été déformés ou inventés.

Il y aura sûrement du Lemon mais cela restera très fluffy. Il faudra prévoir des moments un peu difficile, étant donné que c'est aussi une histoire de Comfort où Dean s'en prend beaucoup en pleine poire. Donc accrochez-vous ;)


Pairing : Destiel (donc Dean/Castiel dans Supernatural)

Type : IC et OC (May) - Hurt/Comfort (mais Happy ending ne vous inquiétez pas)

Rating : M (même si de nombreux chapitres ne dépasseront pas le T)

Disclaimer : Rien ne m'appartient. Seulement l'intrigue et mes mots. Ah et May j'ai oublié x)

Spoil : Je ne risquerai pas de dire aucun. Il se peut que certains se baladent sans que je ne me rende compte mais parmi eux il y a des choses inventées donc bon ;)

Note : Je m'excuse d'avance pour toutes les coquilles qui peuvent se trouver dans ce récit...


Pfffiou, me revoici après quoi... ? Un mois d'absence ? C'est impardonnable je sais bien, surtout que je m'étais fixée une publication hebdomadaire. Malheureusement, mois de novembre et études ont œuvré contre moi. Mais étant une guerrière qui ne s'avoue jamais battue, j'ai réussi à écrire ce chapitre 13 plutôt compliqué à mettre en oeuvre. Vous vous demandez sûrement pourquoi. Bah, j'ai choisi d'avancer dans le destiel au risque peut-être d'aller trop vite. Alors, tout a été une histoire de dosage afin de conserver les caractères de nos personnages préférés au plus proche. Je ne vous promets rien mais j'ai beaucoup travaillé sur cet équilibre, j'espère que vous ne serez pas déçus !

Quand à l'intrigue, on avance petit pas à petit pas. La fin approche de plus en plus et je réfléchis beaucoup à la fanfiction Ua Destiel que je vais aborder ensuite. Pour l'instant, elle s'appellerait "Ta chute est la mienne" et beaucoup de questions me viennent en tête, bouleversant tout. Par exemple, préférerez-vous un High School fiction ou un College fiction ? En sachant que le College fiction me donne plus de libertés dans tout ce qui est fêtes, relations sociales, études envisagées et surtout collocation et fraternité ! Ce sera aussi plus difficile à gérer, n'étant pas une habituée du College ambiance. Et comme les deux me plaisent, je me remets surtout à vous ^^ J'attends vos avis avec impatience !

Ps :

Courtney Ackles, Merci beaucoup pour ce commentaire, il m'a fait énormément plaisir ! J'espère que tu continueras à aimer la suite ;)


/!\ Warnings ! Ce chapitre contient du langage grossier, de la violence et des scènes sexuelles explicites (LEMON). Rated : M


:: Chapitre 13 ::

~.*.~

[ Printemps 2017 – Écosse ]

— Non, c'est faux.

Dean dévisagea le démon en costume trois pièces devant lui.

— Pardon ? Tu peux répéter ? Je crois ne pas avoir bien compris.

Crowley roula des yeux, insolemment assis sur une chaise.

— Je te dis que c'est faux. Je n'ai jamais participé à cette petite séance de torture.

Il lorgna ses ongles d'un regard en biais.

— Toi-même, tu le sais, n'est-ce pas, Squirrel ?

Sam grogna, assis près d'une May inconsciente. Il tenait sa main, furieux d'entendre son pouls s'affaiblir de secondes en secondes. Il ne pouvait pas la soigner tant qu'ils n'avaient pas une idée précise de ce qu'elle pouvait être.

— Qu'est-ce que tu racontes, Crowley ?

Le démon eut un rire désobligeant. Agitant ses mains dans l'air, il sourit.

— Ce n'est pas à moi de révéler ça, fit-il en lançant un long regard à l'aîné Winchester. Tout ce que je peux te dire, c'est que toutes vos petites suppositions sont à côté de la plaque.

Il soupira de manière théâtrale et posa son menton dans le creux de sa main.

— Et puis, regardez donc ce que vous faîtes à vos interrogés, reprit-il en posant ses yeux entièrement noirs sur le macchabée. Quel bazar ! Un travail si bâclé ! Cela déchire mon cœur de professionnel de voir un tel... « massacre ».

Un long sourire sardonique s'épanouit sur ses lèvres sur le dernier mot.

Sam souffla. Il n'avait pas vraiment eu le temps de s'occuper du cadavre de la demonatia. Mais d'un certain côté, il était certain que le démon ne parlait pas du sang et de la chair refroidie dont la puanteur commençait à se faire ressentir. Non, le Roi des Enfers était tout simplement déçu de la torture que le cadet lui avait infligé. Un travail d'amateur pour l'artiste des côtes brisés, des crânes tranchés, des globes oculaires percés, des poumons arrachés, des colonnes vertébrales extraites de leur cage de muscles.

— Que veux-tu Crowley ? s'exprima alors brusquement Castiel, les yeux comme éteints.

Le démon se mordit la lèvre, ses iris brillant d'une lueur d'excitation qui, durant un bref instant, rappela à Sam devant qui ils se tenaient. Un vieux frisson tombé dans les oubliettes remonta le long de son dos. Instinctivement, il referma sa prise sur la main de la jeune écossaise.

— Tu te rappelles de notre petit deal ?

Dean montra aussitôt les dents.

— Tu n'as pas eu ce que tu voulais de lui ? Sa Grâce ? D'ailleurs, en parlant de ça, tu comptes lui la rendre ou tu vas l'assécher jusqu'à qu'il en crève ?

— Du calme, Squirrel. Je ne vais certainement pas provoquer la mort de ton cher angelot. D'autant plus que votre relation est pour l'instant le meilleur drama que je peux me mettre sous la dent.

Devant l'air offusqué du chasseur, le démon ne put s'empêcher d'enfoncer le clou.

Oh, Cassou, prends-moi dans tes braaas, protège moooi de mes cauchemars, sois là pour moooi. Oh mon petit cœur adoré, comme tes yeux sont beaux ! Mais comment puis-je aimer un ange ? Pourrais-je ressentir des sentiments tout sauf catholiques pour un homme ? Oooh, Cassou, j'aime quand tu deviens violent et me plaque contre un mur...

Crowley éclata de rire face au visage de Dean qui se contractait nerveusement.

— Vous n'oserez pas le démentir, n'est-ce pas ? Rien que ce t-shirt sans goût à propos d'un groupe de musique sans intérêt appartenant sûrement Squirrel sur le dos de notre emplumé est une preuve suffisante, même pour ceux qui n'ont pas suivi l'intrigue.

Le visage de Dean vira à l'écarlate et serra les poings. Castiel réagit au quart de tour, posant ses mains sur celles de son protégé. Le contact l'apaisa quelque peu mais la rage palpitait toujours dans sa poitrine.

— Que. Veux. Tu ? martela Sam.

Crowley éclata de rire.

— Pour une fois, et vous n'allez pas me croire, mais pour une fois, une unique fois, je considère l'option de vous aider. Gratuitement.

Dean fronça des sourcils.

— Si tu dis vrai, prouve-le. Rends sa Grâce à Castiel et barre-toi d'ici.

— Tu aimerais, n'est-ce pas ? Te retrouver avec un emplumé tout puissant à toi tout seul.

— Crowley, siffla Sam. Contente-toi d'être plus explicite dans ta proposition.

Le Roi des Enfers lui lança alors un long regard glacé.

— Ce n'est pas une proposition, petit ingrat. C'est une obligation.

D'un mouvement vif, il tira quelque chose de la poche intérieure de son veston et jeta l'objet à la figure de l'aîné. Celui-ci le rattrapa au vol et contempla le bracelet qui reposait dans sa main sans comprendre.

Un bracelet en cuir tressé. Et un petit flacon au creux des lianes, rempli à moitié de poussière noire.

— Je l'ai trouvé au château. Ne me demandez pas ce que je faisais là-bas, ajouta-t-il aussitôt en voyant Sam ouvrir la bouche. Ce ne sont pas vos affaires. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il était dans la table de chevet du cher monstre que tu tiens dans tes bras, Moose. Et comme vous ne pourriez pas résoudre cette petite histoire sans ça et la montre, j'ai pensé passer vous voir. Mais voilà comment je suis accueilli !

Dean ne parvenait pas à refermer sa bouche. Sa mâchoire s'était décrochée devant le bracelet, incapable de surmonter la peur qui enflammait sa peau. Un déluge de souvenirs lui revint en pleine figure. Cillant, il lutta contre les larmes qui lui montaient aux yeux.

— Dean, murmura une voix qu'il connaissait si bien près de son oreille.

Mais il se retourna pas. Sa main se referma sur le bracelet et le porta contre son cœur. L'ange doucement l'enserra de ses bras autour de son torse et posa sa tête contre son épaule.

Cette fois-ci, il ne perdit pas pied. Le souffle de son ange dans son cou apaisait les plaies, le guérissait de la pourriture qui avait envahi son âme. Il pleura, certes, mais silencieusement. Avec raison.

Ce n'était pas des larmes destructrices, emportant tout sur leur passage. Non, il s'agissait de purification.

Comment en étaient-ils arrivés jusque là ?

~.*.~

[ Quelques heures auparavant ]

— Pourquoi crois-tu alors que les miennes sont faussées ?

Castiel était proche. Trop proche.

— À cause de la Marque, tu le sais.

Il pouvait sentir son souffle effleurer sa bouche. Tentateur.

— Non, c'est faux.

Castiel haussa des sourcils, laissant ses iris accrocher les éclats de l'ampoule suspendue.

Ses yeux étaient renversants, remplis d'une paix intérieure qu'il souhaitait plus que tout y goûter.

Un sourire timide fleurit sur ses lèvres. Le voilà tout intimidé, lui, le chasseur que chaque créature craignait ! La puissance angélique pulsait tout autour de son corps, sous cette forme immatérielle mais perceptible, bien qu'entamée par il ne savait trop quelles raisons.

Le brun se mordit la lèvre inférieure, tic qu'il avait acquis à force de passer du temps avec les frères Winchester. Il signifiait réflexion, envie et peur.

Inspirant profondément, l'aîné brisa sa paralysie. Doucement, tout doucement, il porta sa main vers la joue de l'ange. Ses doigts glissèrent le long de sa mâchoire, soulignèrent l'os de son menton dont il aimait ses traits francs, puis remontèrent pour se déposer sur ses lèvres fines.

Castiel l'observait, sans mot dire. Le chasseur n'en était pas certain, mais il avait l'impression que la respiration de son camarade s'était accélérée.

— Si cela n'avait été que la Marque... chuchota-t-il, son regard détaillant la moindre des courbures de sa bouche. Que serait-il passé durant le temps où tu as perdu ta Grâce ?

Cette fois-ci, il fut sûr : le souffle de son ange s'était nettement redoublé. Il perdait pied. Et il ne fut même pas honteux de lui infliger une telle souffrance. Car au fond de lui, il savait que les flammes étaient souvent préférables à l'acide. Une douleur vive mais brève était moindre à supporter pour un cerveau qu'une torture lente mais interminable. Et là-dessus, il commençait à en connaître un rayon.

— Je... souffla Castiel, les yeux soudainement écarquillés.

L'aîné Winchester hocha la tête avec un sourire en coin nostalgique. Mais surtout triste. Il se souvenait de cette période. Plusieurs fois Cas' avait perdu les pédales. Il entendait encore ses crises de colère dans sa chambre, revoyait son regard fou. Totalement perdu, impuissant. Désespéré.

— Je te désirais déjà, murmura-t-il, sa voix plus basse qu'un soupir.

Il ancra son regard dans le sien. Chercha à comprendre ce qu'il pouvait bien s'y passer derrière.

— Je te désirais depuis longtemps et à ce moment, je te voulais près de moi d'autant plus.

Ses doigts glissèrent jusqu'aux bords d'une commissure.

La poigne de l'ange s'était nettement relâchée sur le col de son t-shirt.

— Te voir aussi détruit me tordait le ventre. Mais savoir que tu avais besoin de moi m'emplissait de fierté. De bonheur.

— Dean...

L'expression du brun n'était plus si indéchiffrable. Son masque de soldat de Dieu craquelait sous la pression délicate de ses mots. Il devenait vulnérable. Et d'autant plus désirable.

— Et si tout était dû au fait que ta Grâce souhaitait plus que tout se réunir, jamais je n'aurais continué à ressentir une telle attirance pour toi. Jamais je me serais rendu compte à quel point tu comptais pour moi. Parce que j'ai besoin de toi, Cas'. J'ai besoin de toi, que tu sois maudit ou non, que tu sois déchu ou non, que tu te sois perdu en chemin ou que tu penses avoir trouver celui qui te guidera vers la victoire. Parce que je t'ai...

Sa phrase mourut dans un grognement. Les lèvres de l'ange s'étaient pressées contre les siennes à une vitesse sidérale. Elles étaient douces et leur chaleur l'euphorisait déjà.

Ce baiser ne fut pas aussi chaste que le premier. Très vite, Castiel encercla son visage de ses mains et approfondit le baiser. Dean grogna de contentement, savourant le goût mentholé de l'ange, et mordilla sa lèvre inférieure. Contre les siennes, le brun gémit. C'était un son déchirant. Une lamentation laissant enfin échapper toutes les frustrations que sa Grâce avait accumulé.

Obéissant à ses pulsions, le chasseur fit glisser ses doigts dans la chevelure ébène, tira sur les mèches soyeuses. Rétrécit la distance en empoignant de sa main libre sa cravate et en l'attirant à lui.

Ses hanches cognèrent contre les siennes, son torse se pressa contre sa poitrine, ses bras allèrent s'appuyer contre le mur.

Plus proche. Encore plus proche.

Il voulait plus. Il voulait toujours plus. Respirer l'oxygène de son vaisseau n'était pas suffisant. Être collé contre sa peau non plus.

Il le voulait. À lui et rien qu'à lui, tout entier.

Alors, sans crier gare, Dean détacha ses lèvres de ceux de Castiel pour réfugier sa tête dans son cou. Sa bouche embrassa sa peau et suçota un léger suçon. Il sentit le corps de l'ange se tendre quelques secondes puis il se détendit à nouveau et se laissa aller contre lui.

Le chasseur balada ses lèvres le long de son cou jusqu'à son oreille, aspirant, chatouillant, caressant, alors que ses mains, curieuses, quittaient la tignasse sombre pour se glisser sous l'imperméable. Lorsque les paumes rencontrèrent la peau sensible de son ventre, l'ange ferma les yeux et appuya sa tête contre l'épaule de son protégé.

Mais ce n'était pas suffisant. Dean le savait très bien. Ses rêves se superposaient à la réalité. Alors ses mains agrippèrent ses flancs, creusant dans la peau. Un frisson fit vibrer le vaisseau. La bouche du chasseur engloba le lobe d'oreille, ses dents mordillèrent la chair. Le gémissement de l'ange l'enflamma d'autant plus.

Plus entreprenant, Castiel fit glisser timidement ses propres mains sous le t-shirt de son partenaire. Dean ferma les yeux à son tour et dut se mordre la joue pour ne pas laisser échapper le soupir grossissant dans sa gorge. C'était peut-être bien égoïste en sachant qu'il se délectait de ceux de son ange, mais il n'était pas encore prêt à s'exprimer sans peur de jugement. Quelque chose au fond de lui le bridait. Et il avait beau se dire qu'il ignorait son identité, son cerveau ne faisait que lui remémorer les paroles douceâtres de son tortionnaire.

Un froid saisit brusquement l'aîné Winchester. Inquiet, il souleva les paupières et vit que Castiel s'était éloigné d'un pas. Son col déboutonné laissait apparaître une marque rouge dans son cou et sa chevelure désordonnée ressemblait à une pelote de laine emmêlée. La tête légèrement penchée, signe d'incompréhension de sa part, une lueur de suspicion dansait dans son regard assombri par le désir.

— Dean... murmura celui-ci, un air inquiet tordant ses traits.

L'expression du chasseur se figea et ce fut avec des mots brûlants qui le coupa dans son élan.

— Ta gueule, Cas'.

D'un pas, il combla la distance. D'un pas, il l'enserra dans ses bras et enfoui son visage dans son épaule. D'un pas, il se mit à pleurer.

Il ne comprenait plus rien. Tout se bousculait dans sa tête.

L'ange, perdu, referma délicatement ses bras sur son dos. La pression de ses mains sur sa colonne vertébrale le fit frissonner. L'odeur qui se dégageait de son cou emballa son pouls. L'os de sa mâchoire appelaient à tous les baisers et caresses qu'il pouvait imaginer. Mais ce fut le battement de son cœur en phase avec le sien qui lui montra le chemin. Roulement de tambour chaud et humide contre roulement de tambour chaud et humide, Dean sut enfin ce qu'il cherchait depuis tout ce temps.

Il cherchait un abri. Il cherchait une paire d'ailes ayant assez de bonté pour le porter au-dessus des flammes de sa propre damnation. Il cherchait un regard compréhensif sans le moindre jugement.

Il cherchait le bleu de la paix qu'il désirait tant. Il cherchait la force d'une guerre surpassée, la confiance d'un guerrier endurci. Il cherchait des mains qui pourraient enserrer les siennes malgré le sang qui les recouvrait.

Il le cherchait lui. Lui et seulement lui.

Alors Dean cessa de pleurer. Il se mordit la joue, hésita puis céda. Il déposa ses lèvres dans le creux de son cou et remonta vers sa mâchoire.

Il sentit un frisson secouer l'enveloppe charnelle de son ange. Il sourit et murmura :

— J'aime ça... Pas toi ?

C'était timide. D'une voix si faible qu'une personne normale n'aurait pas entendu. Mais l'ouïe acérée de Castiel l'entendit.

— Tu es sûr, Dean ? répondit-il sur le même ton, ne souhaitant pas perturber l'atmosphère intime qui vibrait entre eux. Il me semblait aux dernières nouvelles que tu n'aimais que les femmes.

— Tu n'es pas qu'un mec, Cas'. Tu n'es pas qu'une femme. Tu es un putain d'ange. Un putain d'ange avec des yeux bleus.

Le concerné fronça des sourcils.

— Où est le rapport avec la couleur des iris de mon vaisseau ?

Dean rit. C'était un rire plaisant. Presque purifié des souffrances qui avaient défiguré son âme.

— C'est plutôt difficile à expliquer, Cas'. Je vais plutôt te montrer. Tu me donnes la permission ?

Castiel le dévisagea longuement. Il était beau ainsi. Son âme rayonnait sous la cendre. Ses yeux verts le transperçaient de part en part. Vert, entièrement vert. Il avait comme l'impression de commencer à comprendre ce qu'il avait voulu dire par là. Pourtant, il acquiesça. Parce qu'il était curieux. Parce qu'il voulait que Dean lui montre ce qu'il avait derrière la tête. Parce qu'il accepterait de lui toujours tout.

Alors Dean posa une main sur sa joue et se pencha vers lui. Leurs lèvres se rencontrèrent avec douceur, dans une lenteur qui aiguillonna l'envie chez l'ange. Ne résistant pas à la tentation, il approfondit lui-même le baiser alors que le chasseur tentait de garder son sang-froid, de ne pas se laisser trop vite à ses émotions. Devant le gémissement de frustration de Castiel, Dean eut un petit rire. Il détacha sa bouche de la sienne seulement quelques secondes pour lui murmurer à l'oreille :

— Sois patient, petit ange.

Puis avec un sourire, il agrippa les revers de l'imperméable et lui en débarrassa d'un ample mouvement. Face au regard interrogateur, le chasseur se contenta de saisir l'ange à la taille et de l'embrasser avec une passion de plus en plus difficilement dissimulée. Mais alors que Castiel repartait avec plaisir aux échanges sensuels, Dean, lui, avait une idée en tête.

Pressant le corps qu'il avait tant désiré contre lui, il l'entraîna vers la salle de bain. Loin de la dépouille de la demonatia. Quand il referma la porte derrière lui d'un claquement de talon, l'ange le plaqua contre le mur adjacent, juste à côté du lavabo. Les mains de Castiel s'ancrèrent à sa chair, remontant de son ventre jusqu'à sa poitrine, soulevant son t-shirt. Comprenant aussitôt ses intentions, Dean leva les bras pour que l'ange puisse l'en débarrasser. Bien vite le tissu chuinta sur le sol.

La bouche de l'être céleste se posa dans le creux de son cou, ses mains caressant, imitant le moindre faits et gestes que Dean lui avaient accordé. Il apprenait vite et il était doué. La peau du chasseur commençait à s'échauffer malgré le froid qui régnait dans la salle de bain. Se retenir devenait de plus en plus difficile, sa gorge se nouant de toutes ses forces pour ne pas s'exprimer. Mais ce fut lorsque ses doigts frôlèrent sûrement par erreur l'un de ses tétons que son premier soupir lui échappa. Aussitôt Castiel lui lança un regard intrigué.

— C'est donc une zone sensible ?

Dean sourit face à cette innocence mêlée d'insouciance.

— Chuuut, souffla-t-il en ramenant sa bouche contre la sienne.

Lui, lui, lui, lui. C'était le seul mot qui tournait dans sa tête.

— Apprends-moi, protesta-t-il cependant en séparant à nouveau leurs lèvres.

— Pourquoi voudrais-tu que je t'apprenne de telles choses ?

C'était un ange, après tout. Ce genre de connaissances n'étaient-elles pas à bannir pour eux ? D'autant plus entre deux sexes du même genre ? Puis il revit Chuck et il se dit que ce dernier point n'avait pas mérite d'exister. Dieu ne semblait pas du tout axé à l'homophobie et à l'idée de « contre-nature » que tout le monde lui attribuait.

L'ange leva un sourcil.

— Pour te rendre heureux, Dean. Pour te donner du plaisir.

Une vague de chaleur le submergea à ses mots. Il se mordit la lèvre puis poussa doucement Castiel jusqu'à la douche, tout en lui enlevant sa chemise, bouton après bouton.

— Dean ? fit son partenaire de sa voix rauque.

Dieu, qu'il aimait cette voix...

— Hum ? répondit le chasseur alors que le dernier bouton sautait et que la chemise s'affalait en un petit tas de tissu par terre.

Il contempla alors le corps de l'ange. Ou plutôt son vaisseau. Il avait beau avoir la quarantaine, il était resté ferme et musclé. Il n'avait pas la vigueur des premières jeunesses mais un dynamisme d'autant plus attrayant.

— Dean, qu'est-ce que tu fais ?

Prenant son courage à deux mains, il plongea son regard dans le sien.

— Tu veux que je t'apprennes, non ?

Sans attendre de réponse, il ouvrit le robinet et de l'eau déferla du pommeau de douche. Il posa le pommeau par terre en attendant que le ballon d'eau chaude se réchauffe. Devant l'air interrogateur de l'ange, il lui fit un clin d'œil.

— Ça, c'est pour plus tard.

C'était irréel. Cette situation était irréelle. Mais si agréable.

Le chasseur revint alors vers son ange et l'embrassa à nouveau. Il lui semblait qu'il ne pourrait jamais se passer du goût de ses lèvres.

La buée qui commençait à se former l'informa que l'eau chaude était enfin arrivée. À contrecœur, il se détacha de son ange pour saisir le pommeau de douche et l'accrocher en hauteur.

Son rêve qu'il avait eu éveillé, sous la douche, trois mois auparavant, était là, à la surface, tel un puissant déjà-vu. Il donnerait tout pour vivre réellement cette sensation d'abandon sous l'eau bouillante. Absolument tout.

Alors il l'entraîna sous le jet d'eau. Ils étaient encore habillés de leur bas qui, eux, se trempèrent bien vite. De l'index, Dean crocheta la taille du pantalon en tissu noir de Castiel et le tira contre lui.

L'eau était chaude. Elle glissait en perles sur leurs deux corps, les réchauffant brièvement avant qu'un courant d'air ne vienne s'infiltrer en eux. Dean l'embrassa, collant son torse nu contre le sien. D'un mouvement vif, il tourna des talons et inversa les positions. Il plaqua Castiel contre le carrelage, sous la cascade qui arrosait leurs visage et leurs dos.

Le chasseur ne pensait presque plus. Il s'était mis en mode automatique, ses mains et ses lèvres se baladant sur le corps de l'ange comme elles se seraient promener sur celui d'une fille. Castiel gémit alors qu'il titillait les bouts de chairs roses tendus par le courant d'air s'infiltrant dans la douce, ses doigts fourrageant dans la chevelure châtain plus longue qu'à son habitude.

Bien que la signification d'un tel laisser-aller pour Dean lui revint en mémoire, l'ange le chassa afin de se concentrer. Les lèvres traçaient un sentier de feu sur sa peau, s'attardant à certaines zones qu'il essayait de mémoriser. Apprendre, il voulait apprendre. Pour cela, il devait garder la tête froide. Même si une chaleur intense naissait dans son for intérieur, tout à fait distincte de celle se déversant à flot sur son corps.

Puis quand la bouche du chasseur se déposa sur son aine, il dut retenir un cri de surprise, ses doigts quittant la chevelure de son partenaire pour se crocheter au carrelage.

— Cette zone, Cas', cette zone est très sensible, chuchota-t-il.

L'ange acquiesça, les lèvres pincées, les yeux fermées. Il sentait sa présence auprès de lui. Son âme l'enveloppait dans une étreinte alors que ses mains glissaient le long de ses hanches. D'un mouvement sensuel, les doigts effleurèrent sa peau tout en se redirigeant vers le centre. Puis, tout doucement, il déboutonna le pantalon de tissu et le fit glisser le long de ses jambes.

Chaque frôlement de sa peau contre la sienne était un supplice pour chacun. Mais Dean continua son jeu, obsédé par lui et seulement lui. Pour la première fois, il ne pensait plus à son propre plaisir mais à celui d'un autre.

— Mais ce n'est rien par rapport à celle-là, souffla-t-il en déposant sa bouche à la limite de son boxer.

Castiel inspira profondément, un soupir se mêlant à son expression tendue par le désir. Ses doigts ne s'agrippèrent que d'autant plus au carrelage.

Néanmoins, le chasseur n'avait pas fini son exploration.

Délicatement, sa main glissa sous l'élastique du boxer.

— Ou à celle-là...

Lorsque la pulpe de ses doigts rencontrèrent son sexe gonflé, Castiel ne put retenir un gémissement langoureux. Plus, plus, plus.

Il perdait son sang-froid, il le savait très bien. Sa concentration était entièrement anéantie par cette main qui doucement s'enroulait autour de la zone la plus sensible qu'il lui avait été donné de voir.

Mais le plus étonnant fut les mouvements doux que Dean amorça. Déclenchant une vague de chaleur bien plus dévastatrice que toutes celles qui l'avait saisi, l'ange ne pouvait plus cesser de gémir, grogner, soupirer. La tension montait dans tout son corps et il n'avait plus qu'un seul souhait. Sentir ses lèvres contre les siennes.

Alors, de sa propre initiative, Castiel se détacha du carrelage pour encercler le visage de son protégé et planter ses lèvres contre celles du chasseur. Celui-ci laissa échapper un gémissement surpris et accéléra ses mouvements de manière imperceptible. Le baiser fut intense, tout comme l'euphorie qui doucement prenait possession de lui.

L'être céleste sut alors qu'il aimait apprendre les rituels qui animaient la quintessence de l'humanité. Surtout quand Dean était son professeur. Qu'il s'agissait de savoir faire du café, de commander une pizza, de choisir ses vêtements dans un centre commercial, de mentir, de se confier, d'apprécier les petits plaisirs ou de s'endormir paisiblement. Mais aucune leçon ne serait plus révélatrice de la beauté de l'humanité que celle dont le chasseur lui prodiguer actuellement : apprendre à aimer.

Un gémissement rauque sortit malgré lui de ses lèvres alors qu'il approchait du point culminant. Si cela continuait, Castiel était persuadé que son corps allait exploser de désir.

— Dean...

— Chuuut, souffla le chasseur juste contre sa bouche. Apprends, petit padawan angélique.

Castiel ignorait ce qu'était un padawan mais il sourit. Alors, dans un cri très loin d'être masculin, il relâcha toute la tension qui vibrait en lui dans la main de son partenaire.

Essoufflé, le cerveau encore grisé par de telles sensations, l'ange laissa sa tête retomber sur l'épaule de son protégé. Le silence s'était installé, seulement brisé par leurs deux souffles courts et par le bruit des gouttes d'eau s'écrasant sur le sol de la douche.

Castiel perdit la notion du temps. Il pouvait autant s'agir d'une minute qu'ils étaient ainsi enlacés que d'un quart d'heure. Ils n'avaient pas froid et ils ne ressentaient pas d'engourdissement, malgré le ballon d'eau chaude presque vidé et leur immobilité.

Puis soudain une porte claqua. Son humain releva brusquement la tête et croisa son regard. Il était terrifié. L'ange ne comprenait pas trop pourquoi et ne put donc aider son partenaire qui semblait s'être figé.

— Dean ? fit la voix de Sam depuis la chambre.

Il semblait lui aussi à court de souffle mais sûrement pour des raisons différentes.

— T'es sous la douche ? grogna-t-il. Parce que j'ai un peu besoin d'aide, là. Tu sais où serait Cas' ?

Mais Dean était incapable de prononcer le moindre mot. Il savait que s'il ne se bougeait pas, il risquait de devoir affronter ses actes dans le regard de son frère mais il était bien trop paralysé par l'appréhension.

« Bouge ! » qu'il se criait à lui-même.

Il entendit malheureusement un bruit mat, comme un corps retombant contre un matelas, puis des pas s'approchant de la porte de la salle de bain. Sam s'approchait et Castiel lui renvoyait un regard interrogateur, ignorant comment réagir.

— Dean ? s'enquit à nouveau le cadet winchester, un soupçon d'inquiétude pulsant dans cette toute petite syllabe.

Un silence où aucune réponse ne jaillit. Castiel se rendait bien compte que quelque chose clochait mais il savait aussi qu'il était trop tard pour réagir. Sa Grâce lui était trop instable pour qu'il puisse se téléporter en dehors de la douche dans une telle situation de stress.

— Dean, qu'est-ce que tu fous, bon sang ?

La poignée de la porte s'abaissa et le battant pivota. La tête de Sam apparut à travers l'entrebâillement.

Son expression inquiète se mua alors en un air choqué. La mâchoire décrochée, les yeux écarquillés, le cadet Winchester dévisagea les deux hommes, l'un nu et l'autre à moitié, sous la douche.

— Dean... ?

~.*.~

[ Une demi-heure plus tard ]

Dean grogna devant l'expression joyeuse de son frère, assis sur le rebord d'un lit, son laptop sur ses genoux.

— Arrête de me regarder comme ça.

— Je suis heureux pour toi, c'est tout ! se défendit celui-ci avec un air hilare sur sa figure.

L'aîné grommela tout en se versant du café dans une tasse. Castiel était en train d'enfiler dans la salle de bain les vêtements que Dean lui avait gentiment prêté, les siens étant trempés. Les deux frères étaient donc seuls dans la chambre à être conscients si on ne comptait pas le macchabée ni l'écossaise dans les vapes.

Après un silence durant lequel Sam s'était pincé les lèvres, ce dernier repartit à la charge :

— Tu comptes faire quoi ensuite ?

Dean fronça des sourcils et dévisagea son petit frère.

— C'est quoi cette question ? grinça-t-il en portant sa tasse à ses lèvres.

Une expression surprise se peignit sur le visage de Sam.

— Bah quoi ? C'est une question qui mérite d'être posée, te connaissant Dean.

— Tu sous-entends quoi par là ? insista son interlocuteur après avoir bu une gorgée de café.

Brusquement embarrassé de devoir mettre des mots sur une situation qu'il croyait claire, le cadet se frotta nerveusement l'arrière du crâne.

— Hum, je veux dire, est-ce que tu comptes donner suite ou... ?

— Ou quoi ? gronda l'aîné, ses yeux soudain froids. Ou l'abandonner et le réduire en morceaux pour préserver ma foutue virilité ? Tu crois que je ne l'ai pas assez déjà fait ?

Sam fut interloqué.

— Tu veux dire que tu souhaites lui donner une chance ?

Dean baissa les yeux vers le liquide sombre dans sa tasse.

— À nous ? Ouais, je vais nous donner cette chance.

Après un silence éberlué, il reprit avec un air pincé :

— De toute façon, je n'ai pas le choix. Je crois... je crois qu'endommagé comme je suis, je ne pourrais plus vivre sans lui.

Sam ne sut plus quoi répondre. C'était touchant mais c'était surtout parce qu'il ne s'attendait pas que son frère passe aussi vite à l'acceptation. Mais après tout, il avait vécu tant de tortures dues à lui-même qu'il avait sûrement entamé ce travail depuis bien plus longtemps qu'il ne le pensait.

— Sinon, il s'est passé quoi de ton côté ? reprit l'aîné, les joues légèrement roses, tout en indiquant du menton la silhouette pale endormie sur le lit.

Le cadet poussa un long soupir. Puis il lui raconta leur discussion pour le moins enrichissante. Il sentit Dean se tendre au fur et à mesure qu'il avançait dans les révélations. Mais il ne dit rien. C'est ainsi que Sam se rendit compte à quel point Castiel avait été un remède extrêmement efficace. Physiquement, il était sain et mentalement, il allait beaucoup mieux. Il guérissait vite et bien. Peut-être qu'un jour cette histoire de Cage originelle ne serait plus qu'un lointain souvenir.

— Bref, à la fin de cette discussion, elle a perdu le contrôle sur ses « pouvoirs » et elle m'a projeté contre un mur. Quand je me suis réveillé, sûrement après quelques secondes de black-out, la crise était terminée. Les murs et le sol étaient noircis et elle était recroquevillée au centre de l'explosion, inconsciente. J'ai donc décidé de la prendre sur mon dos malgré mon épaule démise pour la ramener jusqu'au motel. Je peux te dire que j'ai douillé.

Dean eut un sourire en coin, assez amer. Bon, il restait du progrès à faire. Mais Sam avait confiance en Castiel. Et il était persuadé qu'une fois ce mystère de Cage originelle résolue, Dean pourrait enfin guérir de lui-même.

— Enfin, tu vois ce que je voulais dire quand je vous affirmais que ce n'était pas qu'une « enfant ».

Le cadet haussa des épaules.

— Peut-être mais de ce que j'ai compris, quelqu'un la contrôlerait à distance. Et j'ai des pistes de réflexion sauf qu'elles mènent très vite à un fossé.

Dean avala une nouvelle gorgée de café.

— Vas-y, explique.

Sam se mordit la lèvre tout en passant une main dans ses cheveux.

— May m'a raconté que quand elle avait huit ans, elle était sortie de sa chambre pour aller chercher une peluche qu'elle avait laissé dehors.

Un sourire en coin se redessina sur ses lèvres.

— Passionnant, ironisa-t-il.

Le petit frère leva les yeux au ciel.

— Mais quelqu'un l'a agressé dans son jardin. Plus précisément, un gars aux yeux jaunes lui a forcé à boire de son sang. Ça ne te rappelle rien ? fit-il sarcastiquement.

Dean se figea et ses traits se contractèrent.

— Azazel... Mais est-ce que ça correspond ? On ne l'avait pas déjà buté ?

— Théoriquement, ça va fait onze ans qu'on l'a abattu. May a vingt ans. Elle s'est donc fait agressée il y a douze ans. Donc à un an près, cela correspond.

— Donc ça signifie que May est... pareille que toi ?

Sam déglutit, ne sachant quoi répondre.

— Non, May n'est pas semblable à Sam, Dean, fit soudain une voix depuis la porte de la salle de bain.

Les deux frères tournèrent alors la tête et vit l'ange, habillé d'un jean flottant et d'un vieux t-shirt Metallica que Dean s'était offert pendant un concert avec Sam, juste avant que celui-ci ne parte à l'université. Le chasseur s'était certes épaissi avec le temps mais le t-shirt s'était élargi lui aussi à cause des multiples lavages. Le cadet Winchester était au courant de l'importance symbolique qu'avait ce t-shirt aux yeux de son grand frère. Ce fut pour cela qu'il resta sans voix.

Dean avait passé son t-shirt à valeur sentimental pour que Castiel le porte. Il avait eu tort de s'inquiéter d'un potentiel déni de la part de son frère. Il semblait tout à fait à l'aise dans la nouveauté qu'était devenue leur relation.

— Alors qu'est-ce qu'est May ? insista le chasseur en buvant le fond de sa tasse.

L'expression de l'être céleste se durcit.

— Une abomination. Et Crowley nous doit pas mal d'explication.