Le shoot du lendemain a été u vrai calvaire, une torture mentale. Parce que le photographe, voyant que personne protestait (vu que je m'étais juré de plus le faire), s'est éclaté. Je le soupçonne même d'avoir totalement pris son pied. Les autres ont passé chaque pause à me demander si ça allait et moi à mentir bravement : oui ça allait Non je n'étais pas gêné oui j'étais prêt à continuer… Alors qu'en fait je voulais juste que ça s'arrête. En plus, j'avais l'impression que le mec me mitraillait au lieu de nous prendre tous les neuf, mais je suis sûrement un peu parano aussi. Et comme si c'était pas suffisant, ils nous ont trempés pour faire genre qu'on était sous la pluie. Résultat, au bout de dix minutes, je grelottait, mais il a fallu prendre l'air lointain et surtout « soyez sexy ». Il en a de bonnes, le mec.. Avoir l'air sexy quand on ressemble à un bibendum et qu'on se déteste c'est un peu dur. Et pour rien arranger, Nishikidiot me regardait d'un air moqueur entre chaque cliché. J'avais juste envie de me planquer dans un trou et de plus jamais en sortir.

Enfin mon supplice est fini pour aujourd'hui. Par contre, j'ai un truc dur à faire en rentrant : annoncer à ma mère que j'ai décidé de laisser tomber mes études pour me consacrer à NewS. Je sais pas comment lui dire en fait. Si on était occidentaux, ce serait plus facile, parce qu'apparemment, ils sont moins attachés à la réussite scolaire que les japonais, mais les choses étant ce qu'elles sont, je vais galérer. Du coup, je suis tellement pris par mes pensées, que j'entends pas Tesshi s'approcher.

- Bah tu vas pas à la douche, Massu ? fait sa voix cristalline.

Je sursaute.

- He ?

- Bah comme t'as pas arrêté de trembler pendant le shoot, je pensais que tu allais te précipiter sous la douche.

- Ah. Oui j'y vais.

Décidément, Hiro et lui ont l'œil à tout en ce qui me concerne. Et je dois être encore plus transparent que je croyais. C'est vrai que j'ai toujours froid, je me grouille donc d'y aller. L'eau chaude me fait un bien fou, je me sens revivre et du coup, je m'éternise un peu. Sûrement trop même, parce que soudain, j'entends la porte s'ouvrir, la voix de mon copain dire « T'as fini, Massu ? On va y all… » et puis plus rien. Etonné, je rouvre les yeux et croise son regard. Il est en train de me fixer de la tête aux pieds, bouche bée. Je sais, c'est pas beau à voir, pas la peine de me le dire. Je me grouille d'attraper ma serviette , m'en couvre le plus rapidement possible et m'enfuis presque vers les vestiaires en manquant m'étaler sur le carrelage parce que mes pieds sont mouillés. Mais je me taule pas, l'honneur est plus ou moins sauf. Je suis déjà mort de honte qu'il m'ait vu nu, pas la peine d'en rajouter. En me rejoignant, il fait aucun commentaire sur ma réaction et ça me soulage. Une fois rhabillé, je prends mes affaires et rejoint les autres. Tout le monde a l'air emballé par la sa séance qu'on vient de finir, surtout Tesshi qui piapiate comme à son habitude. Hiro dit rien, lui, mais son regard posé sur moi est inquiet. Je lui dédie ce que j'ai baptisé un « sourire commercial » (c'est un dire qu'on dirait un sourire naturel mais qu'en fait il est forcé) et fait le signe que tout va bien. Je sais pas s'il est dupe, parce que je suis pas très bon acteur et qu'en plus il commence à bien me connaître, mais je me suis juré de faire comme si tout se passait impec quelles que que soient les circonstances.

Dans le van, il me prend dans la main et entrelace nos doigts. Je sais qu'il cherche à me rassurer et je lui en suis reconnaissant, même si là, ça marche pas. Depuis l'épisode de l'hôpital, il me porte presque à bout de bras en permanence, comme si je pouvais m'effondrer à tout moment, ce qui est pas si loin de la vérité. Il est si fort et en même temps si tendre…

Le retour à l'agence est plus rapide que je pensais. Du coup, c'est sur le chemin de la maison que je réfléchis à comment aborder le sujet épineux avec ma mère. J'ai gentiment refusé qu'Hiro, mis au courant de mon « problème », m'accompagne. C'est quelque chose que je dois régler seul. J'inspire en ouvrant la porte. On dirait que je me prépare à une bataille. Alors que l'« ennemi », c'est juste ma mère.

- Tadaima ! fais-je.

- Oh, Taka ! Okaeri, mon cœur, fait-elle en sortant de la cuisine, un sourire aux lèvres.

Elle a de la farine sur le nez et dans les cheveux. Elle doit être en train de faire un gâteau.

- La séance photo s'est bien passée ?

- Ca va.

Elle sait rien de mon complexe et j'ai aucune intention de lui dire, parce qu'elle réagirait comme tous les autres. Donc je mens. Encore.

- Tu n'as pas l'air enchanté, note-t-elle.

Bon bon bon, ne pas dériver du sujet prévu, sinon je vais pas m'en sortir.

- 'Kaa-chan, il faut que je te parle. Tu as un moment ?

- Bien sûr, trésor. De quoi veux-tu parler ? répond-elle d'un air étonné.

Evidemment, elle a pas l'habitude que je lui dise ce genre de truc. Je me déchausse et l'entraîne dans le salon.

- Tu es bien sérieux, finit-elle par dire vu que je dis rien. Que se passe-t-il ?

- Ano… En fait je… (bon ben j'ai pas de formulation, alors j'y vais à l'arrache, tant pis) J'ai décidé d'arrêter mes études pour me consacrer à NewS

Heu… Ok, vu son air choqué, j'y suis peut-être allé un peu trop à l'arrache.

- 'Kaa-chan ? Daijobu ?

- Arrêter tes études ? Mais mon nounours, tu es sûr de toi ?

- Maintenant qu'on a débuté, j'aurais plus le temps de faire des devoirs etc.

- Mais Taka... si ça ne marche pas avec NewS ? Si le groupe ne fonctionne pas et que Johnny-san le dissout, que feras-tu ?

- Tu crois pas qu'on puisse y arriver ?

- Je n'ai pas dis ça, trésors... Mais c'est une possibilité réemme et si tu n'as rien derrière... Je m'inquiète pour toi.

Je me lève et l'embrasse sur le front.

- Il faut pas. Je sais ce que je fais, je t'assure. Et j'ai besoin de ton soutien, 'kaa-chan.

- Tu l'as, mon nounours, demo...

- Onegai,'kaa-chan, fais-moi confiance. Et puis est ce que tu me répète pa tout le temps que c'est en faisant des erreurs qu'on apprend ?

- Si...

- Si je tombe, je me relèverais et voià. Tout ira bien.

Evidemment, le risque quelle a avancé existe bien, mais je crois en nous. Et puis on a Pi avec nous. Le talentueux et charismatique Pi. Alors ça devrait aller. Ca va marcher, j'en suis sûr.

Pour changer de sujet et lui retirer cet air soucieux, je lui souris (un vrai sourire, ce qui est rare en ce moment).

- Tu faisais de la pâtisserie pour ta réunion ? Je peux t'aider ?

- He ? Oh ce n'est pas la peine, mon nounours. Va te reposer, tu dois être fatigué.

- Iie. Daijobu. Je vais t'aider.

Elle me sourit et me serre contre elle.

- Tu es le meilleur fils qu'une mère puisse avoir.

J'aime qu'elle me dise ça. Ca me rassure un peu. Et ça me prouve une fois de plus que ma mère est un ange et qu'avoir peur de sa réaction, c'est con. Je remonte mes manches et la suis dans la cuisine. Elle fait ça pour la réunion mensuelle des mères du quartier et je lui donne toujours un coup de main quand j'ai le temps.

Trois gâteaux plus tard, je m'affale sur mon lit, le nez dans l'oreiller. Je suis claqué... et le Countdown, notre premier en tant que NewS, est pour demain. On va pas arrêter de la journée, on va être morts. Mais je crois que ça en vaudra la peine.

31 décembre 2003

Quand mon réveil sonne à sept heures, j'ai juste envie de l'éteindre et de me rendormir. Je me suis mis au lit à vingt-deux heures trente (ce qui arrive jamais), j'ai donc dormi plus de huit heures et pourtant, j'ai l'impression de pas m'être couché plus de deux heures. Bref, je suis totalement cassé et en plus, on démarre la journée avec une réunion. Une réunion à huit heures du mat'... Il est dingue notre manager. Je me traîne sous la douche, puis m'affale dans la cuisine, le front sur la table. J'ai une de ces envies de continuer ma nuit... Mais je peux pas.

- A ce point ? rigole ma mère.

- T'as pas idée, fais-je en bâillant.

Elle dépose le repas devant moi, s'assoit et pose le menton sur ses poings en me regardant d'un air attendri.

- Nani ? fais-je en arrêtant la course de mes baguettes pleines de riz à mi chemin de ma bouche.

- Je serais là ce soir.

- He ?

- Dans le public du concert. Je serais là pour t'encourager.

Je la regarde, ébahi. C'est la première fois qu'elle va vraiment sortir (je compte pas les courses etc comme des sorties) depuis que mon père nous a laissés tomber quand j'avais huit ans. Je suis content, parce que je m'inquiète souvent qu'elle soit si seule et ne voit pratiquement que moi. Qu'elle décide de sortir pour de bon, ça veut dire qu'elle se remet enfin.

- So ka, dis-je en engloutissant ma bouchée. Tu as une bonne place au moins ?

- Ca va. Ne t'inquiète pas et fais de ton mieux.

Je hoche la tête en souriant.

- Hai ! Gambarimasu ! Tu seras fière de moi, 'kaa-chan. Yakusoku.

- Je le suis déjà, mon nounours. Infiniment.

Reboosté, je dévore mon riz et mes gyozas, bien décidé à faire tout ce que je peux pour rendre ma mère heureuse. Un tour à la salle de bain pour me laver les dents et tenter de mettre un minimum d'ordre dans ma tignasse, puis je file en manquant pas de l'embrasser.

Quand j'arrive dans la loge à la Jimusho, je ne trouve que Tesshi. Personne d'autre est arrivé.

- Massuuuuuuuuuuu ! s'exclame mon meilleur ami en se précipitant sur moi.

Je souris et le serre dans mes bras. Ca faisait longtemps et cette habitude gardée de l'audition me manquait un peu.

- Salut Tesshi. Ca va ?

- Oui ! Je suis trop pressé d'être ce soir !

- Ma mère sera là d'ailleurs.

- Honto ? Tu dois être content vu comment tu t'inquiétais.

- Oui, si elle décide de sortir, c'est bon signe.

C'est vrai que pour le moment, seul Tesshi est au courant de ma situation familiale. J'ai encore rien dit à Hiro. Non pas que ce soit grave, ne. C'est devenu banal, de nos jours, le père qui se tire voir ailleurs en laissant femme et enfants. Bref, j'ai prévu de lui en parler le jour où je le présenterais à ma mère. Histoire d'éviter une boulette du genre « Masuda-san est pas encore rentré ? » qui ficherait un sale coup à ma pauvre mère qui a pas besoin de ça.

Peu à peu, tout le monde arrive : Pi, puis Crétin-sama, Uchi, Keii-chan, Shige... Hiro essoufflé (il a du courir pour pas arriver à la bourre. Je connais ça). Et c'est tout.

- Ben il est où Moriuchi ? m'étonné-je.

- Dans le bureau de Johnny-san, répond Yamashita qui est toujours au courant de tout.

Je regarde les autres pour voir s'ils le savaient, mais vu leur air surpris, je déduis que non.

- Il a fait une connerie ? demande Shige.

- Je ne crois pas, répond Pi. Il avait demandé un rendez-vous.

- Ah. So ka.

Je me demande bien de quoi il voulait parler au big boss, mais j'ai pas le temps de m'interroger plus, parce que notre manager entre à son tour.

- Bonjour, les garçons. Plusieurs choses ce matin, débute-t-il.

- Ben on attend pas Moriuchi pour commencer ? s'étonne Keii-chan.

Il m'a pris de vitesse, j'allais dire pareil.

- Inutile vu les circonstances, répond l'homme. Donc…

- Quelles circonstances ? le coupent en cœur Uchi, Pi, Shige, Keii-chan, Tesshi et Hiro.

Moi je dis rien, j'attend une réponse.

- Nous y viendrons ensuite. Asseyez-vous.

On se regarde tous les huit. Tout le monde meurt de curiosité, mais bon, comme on peut pas le forcer à parler, on s'exécute bien sagement.

Il plaque sur la table deux cd et je reconnais facilement ce qui est dessus : nous, en double exemplaire. Et visiblement, ils ont pas gardé les tenues que je craignais.

- Celui-ci est la version « East », déclare notre manager en désignant le single sur lequel on porte le gilet sans manche. Et celui-là est la version « West », ajoute-t-il en montrant celui où on a la tenue blanche. Ils sont sortis hier, comme prévu et sont déjà en rupture de stock.

Tout le monde s'extasie et moi aussi je suis content, mais un truc me laisse perplexe.

- Ano… NewS ça veut bien dire « North, east, west, South », ne ? Alors pourquoi y'a que deux directions là ?

Il y a un tel silence après ma question, que je me demande si j'ai dis une connerie ou quoi.

- Ben quoi, c'est vrai, me justifié-je comme je peux, mal à l'aise des regards incrédules posés sur moi.

Je vois Hiro ouvrir la bouche pour m'expliquer, mais Nishikidiot le prend de vitesse.

- Mais t'es vraiment con, ma parole, Masuda. T'as jamais entendu parler du « Japon de l'est » et du « Japon de l'ouest » ? T'allais pas en cours ou quoi ?

Charmant. Vraiment.

- Si t'as rien d'autre à dire, ferme-la, répliqué-je.

- Ca suffit ! s'exclament en chour Pi et Fujioka-san.

- Vous êtes infernaux tous les deux, remarque Keii-chan.

- Bon, je peux continuer ? demande notre manager en nous foudroyant du regard.

Je baisse la tête. J'en mène pas large, même si c'est Mister Crétin qui a commencé.

- Sumimasen, marmonné-je.

Moi au moins, je m'excuse. Pas comme Nishikidiot qui dit pas un mot.

- Donc, à partir d'après-demain, vous participerez à diverses émissions pour promouvoir le single.

Bien sûr, on est contents et tout, mais l'histoire de Moriuchi nous tracasse. On a envie de savoir ce qui se passe et notre manager a l'air de le comprendre.

- En ce qui concerne Moriuchi-kun, dit-il après un soupir, il semble qu'il ait décidé de nous quitter.

- HEEEEEEEEEEEE ?

Le cri est sorti tout seul. Unanime.

- C'est quoi cette histoire ? interroge Uchi.

- Il a un problème ? questionne Shige.

- Je n'en sais pas beaucoup plus pour le moment, répond Fujioka-san. Il devait discuter de sa décision avec Johnny-san ce matin. Je suppose que nous en saurons plus lorsqu'il en reviendra.

On se regarde tous, effarés. Ben ça pour un coup de massue sur le crâne, s'en est un. Personne s'y attendait. On vient tout juste de débuter et on a déjà perdu deux membres. Un vrai record. A se demander s'il y a pas un problème avec nous quoi. Du coup, impossible de se concentrer sur autre chose, tout le monde essaye de comprendre. J'entends certains avancer des théories, mais ça m'étonnerait qu'elles soient bonnes. Moi, je préfère rester dans mon coin et attendre de savoir.

Au bout de quelques minutes, Hiro me rejoint et s'assoit près de moi. Ses mains sont sagement posées sur ses genoux, mais je sais qu'il voudrait prendre une des miennes, seulement il ose pas parce que les autres sont là. Je le comprends, moi aussi j'ai peur du regard des autres.

Soudain, alors que le KoyaShige a commencé à faire les guignols pour passer le temps, la porte s'ouvre sur notre futur ex-collègue. Tous les regards se posent sur lui, puis il est littéralement assailli. Tout le monde parle en même temps et le pauvre doit rien capter du tout, même si de là où je suis, j'entends à peu près ça :

« C'est quoi ce bordel ? »

Nishikido, toujours aussi aimable.

« Pourquoi tu pars ? »

Keii-chan, déçu.

« Tu nous aime plus ? »

Tesshi, larmoyant.

« On a fait un truc qu'il fallait pas ? »

Shige, inquiet.

« Tu peux tout nous dire, on ne te jugera pas »

Pi, rassurant.

« Alors ? »

Uchi, direct.

Ils le laissent même pas en placer une. Déjà que le pauvre a l'air au supplice, ça doit pas l'aider de se sentir agressé.

- Et si vous le laissiez parler ? intervins-je, pris de pitié.

Comme si j'avais proclamé la plus grande vérité du millénaire, ils s'écartent de lui et un tel silence retombe qu'on entendrait une mouche voler. En fait, je me demande si c'est pas pire pour lui, que le vacarme d'avant, parce que là, tout le monde attend qu'il parle.

- Je… Déjà, c'est pas vous, c'est moi.

Bizarre, j'ai une impression de déjà-vu. Izumi a dit la même chose en se tirant. On sent le pâté ou quoi ?

- En fait, je… J'ai pas trouvé ce que je voulais chez les Johnny's.

- Et tu voulais quoi ? demande Shige, curieux.

- C'est difficile à expliquer…

- Essaye quand même, on es pas des débiles.

- La ferme, Ryo, laisse-le parler.

Merci Pi, tu me retire les mots de la bouche.

- Ano… Le style musical, l'ambiance…

- Qu'est ce qu'elle a l'ambiance ? demande Tesshi. Je la trouve super moi. En plus, y'a mon Massubidou.

Hum… Au froncement de sourcils d'Hiro, je devine que le « mon » lui a pas plu. Pourtant il sait bien que mon meilleur ami est possessif. Moi je fais même plus gaffe.

- En fait, j'espérais quelque chose de plus… rock, répond finalement Moriuchi.

- Ah ben c'est sûr que là, tu t'es bien gouré de porte, fais Moi-je-san, sarcastique. Ici on fait de la pop si t'avais pas remarqué.

- Ryo, arrête de l'agresser, bon sang, fait Yamashita. On ne fait pas son procès, on essaye de comprendre. (il se tourne ensuite vers le principal concerné) Tu es sûr de toi ? ta décision est prise ?

- Hai. Désolé de vous lâcher comme ça juste après la sortie du single, mais il faut que je trouve mon propre style pour être à l'aise. Et puis c'est pas comme si vous pouviez pas vous en sortir sans moi. Je suis loin d'être essentiel.

- C'est pas le problème, bordel ! Le problème, c'est que t'es un putain de lâcheur qu'a attendu qu'on ait débuté pour foutre le camp !

Evidemment, fallait s'attendre à un zéro absolu de compréhension de la part de Nishikidiot. Même si c'est un peu vrai quand même qu'il aurait pu se barrer avant. Là, ça fait un peu genre « maintenant que ma tronche est un peu connue, je m'en vais voir ailleurs si vous y êtes pas ».

- Bon, Ryo, va prendre l'air.

- Mais Pi, il…

- Va prendre l'air.

La porte claque. Sa Majesté est vénère. Il se vexe pour que dalle quand même. Surtout que Pi a même pas élevé la voix. Et pendant ce temps, notre manager a pas réagi du tout. Comme si ça le concernait pas. Alors qu'il perd un des membres du groupe dont il a la charge. Bizarre. Du coup, je me demande s'il savait quand même pas tout depuis le début.

- Tu vas faire quoi maintenant alors ? demande doucement Keii-chan. Ca va aller ?

Ce cher Keii, toujours si inquiet pour tout le monde.

- Je vais chercher ma voie. Je vous souhaite beaucoup de succès. Vous le méritez.

Le silence retombe, pendant que Moriuchi ouvre son casier pour récupérer ses affaires et tout le monde suit ses gestes du regard ? On a l'air de vaches qui regardent passer un train. Il se dirige ensuite vers la porte, l'ouvre et se retourne sur le seuil.

- Sayonara minna. Portez-vous bien.

La porte se referme sur lui. C'est fini. NewS ne compte plus que huit membres.