18 juin 2004
Avec ce plan délirant mis en place par Tesshi, j'ai fini par réaliser que je suis pas gros et encore moins difforme comme je l'ai si longtemps cru. Pour que je m'en souvienne, mon meilleur ami a retapissé les murs de ma chambre avec des agrandissements géants de chaque photo. Et comme si ça suffisait pas, quand il vient me chercher le matin (il a repris cette habitude depuis le shoot), il me fait répéter des mantras du genre « je suis aussi beau que les autres ». Et si je le dis pas assez fort ou que je suis pas assez convaincant, il me tape sur la tête. Délicat et fragile, lui ? Quelle blague ! C'est une brute, ouais ! Surtout depuis qu'il a pris du muscle en faisant de la natation trois fois par semaine.
Aujourd'hui, on bosse notre deuxième single « Akaku moyuru taiyou », mais il parait que notre manager a un truc à nous annoncer avant. Je me demande bien ce que c'est.
Quand j'arrive à l'agence, tout le monde est déjà là. J'aime pas être le dernier, parce que Nishikidiot me regarde d'un sale œil. Avec en général une réflexion du genre « c'est toi qui habite le plus près et t'arrive après tout le monde, c'est abusé ». Ce à quoi je répond généralement « je suis pas en retard, alors qu'est ce que ça peut te foutre ? ». Bref, on s'entend toujours aussi bien. Et le pire, c'est que je lui ai jamais rien fais, je sais pas pourquoi il m'a pris en grippe comme ça.
- Désolé, Massu, j'ai pas pu passer ce matin, j'étais pas en avance, me dit Tesshi en s'approchant, alors que je pose mon sac dans mon casier.
- C'est pas grave, t'inquiète, dis-je, content d'avoir échappé à ma corvée quotidienne.
Mais c'est bien mal connaitre l'obstination de mon cadet.
- Mais crois pas t'en tirer comme ça. Je t'écoute.
J'écarquille les yeux.
- He ? Mais non t'es dingue, pas ici, fais-je, mort de honte par avance.
- Si justement. C'est un très bon exercice.
- Demo…
- De quoi vous parlez ? demande soudain Hiro en s'approchant à son tour, son t-shirt d'entraînement à la main.
- C'est un exercice pour la thérapie de Massu, lui répond mon meilleur ami.
- Sa thérapie ? relève mon copain, interloqué.
- Ouais. Les photos de An An, c'était juste une partie. Pour qu'il oublie pas qu'il a aucune raison de complexer, je lui fais répéter des trucs tous les matins sur le chemin de l'agence.
- Quels trucs ?
- Ah tu vas voir. Allez Massu.
Je secoue la tête. Pas devant les autre et surtout pas devant Hiro. C'est déjà assez gênant comme ça dans la rue, s'ils entendent ça, j'ai plus qu'à me suicider avec des yaourts périmés.
- Allez ! s'impatiente mon cadet en me donnant une tape sur la tête.
- Hé, pas besoin d'être violent, s'indigne Hiro. Ca va, Taka ?
Maintenant que tout le monde sait qu'on est ensemble, il a plus besoin de se forcer à m'appeler « Massu ». Je me masse le crâne. Quelle brute ce Yuya.
- Hai ça va...
- T'inquiète, ça fait partie de la thérapie, répond-il à mon copain, avant de se tourner vers moi : Alors, Massu, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?
- Jesuisaussibeauquelesautres, marmonné-je très vite, les yeux rivés au sol.
Je sens mes joues me cuire tellement c'est embarrassant.
- Plus fort ! ordonne mon bourreau en me frappant à nouveau.
- Je suis aussi beau que les autres ! fais-je tellement fort que les autres se retournent et nous fixent.
Tuez-moi… Surtout qu'ils s'approchent à leur tour. Achevez-moi à coup d'abricots secs…
- Qu'est ce que vous fabriquez ? demande Keii-chan, intrigué.
- La thérapie de Massu, répond Tesshi pour la deuxième fois avant de s'en prendre à moi une fois de plus. Ensuite ?
- Je suis pas gros.
- Bien. Eeeeeet ?
- Jesuissexy… marmonné-je d'une voix presque inaudible.
Celle-là, elle a toujours du mal à sortir. Déjà parce que malgré les photos, je suis quand même toujours pas super à l'aise avec mon corps, mais bon ça, je pense que ça changera jamais. Sans compter que c'est définitivement pas un adjectif qui peut s'appliquer à moi. Et ensuite parce que ce genre de phrase, c'est du made-in-Nishikidiot et que j'aime pas. Ca fait trop prétentieux.
- J'ai pas entendu, s'acharne mon cadet.
- Allez, Tesshi, laisse-le, il me fait de la peine, il a l'air au supplice, tente d'intervenir Shige.
Mais quelle chance a-t-il contre l'obstination d'un Tegoshi ? Aucune.
- Non non, si je le laisse s'en tirer une fois, il va recommencer comme avant et le shoot aura servi à rien. Allez Massu, j'ai pas entendu.
- Je suis sexy…
- Plus fort !
- Je suis sexy ! cédé-je, pressé d'en finir avec cette séance de torture publique.
- Et ben voilà. Tu vois quand tu veux, me félicite-t-il. Bon garçon, ajoute-t-il en me tapotant la tête.
Moi je suis mort de honte et j'entend Nishikidiot ricaner. J'ai déjà dis « tuez-moi » ? Bah tant pis, je me répète : tuez-moi. C'est tellement embarrassant, que je voudrais me planquer dans un trou. En levant les yeux, je croise le regard d'Hiro qui me dévore des yeux… et les détourne presque aussitôt de moi. Je soupire. Je suis pas rendu et Tesshi me lâchera pas avec ses mantras idiots tant qu'il sera pas persuadé que je suis convaincu de ce que je dis.
C'est à ce moment que notre manager entre dans la salle. Je suis tellement soulagé qu'un long soupir m'échappe. Sauvé. Le regard de Fujioka-san passe sur chacun de nous comme s'il nous évaluait, puis il lance :
- Les garçons, en décembre, vous aurez votre première tournée, intitulée « NewSnow concert ». Enfin c'est plus une série de concerts qu'une tournée à proprement parler en fait. Elle débutera le premier décembre et se terminera la veille du Countdown.
Tout d'abord sous le choc de la nouvelle, aucun de nous ne réagit, puis c'est l'explosion de joie collective.
- Yeeeeeeah !
- Génial !
- Une tournée, trop bien !
- Ca va être géant !
Tesshi sautille dans tous les sens, Keii-chan et Shige se sautent dans les bras, même Pi sourit ! Moi, je suis sur un petit nuage. J'arrive juste pas à croire à notre chance si peu de temps après nos débuts.
- Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, voilà la seconde, reprend notre manager. Juste après, vous ferez un mois de concerts avec deux autres groupes.
- Heeeeee ? Juste après ? fais-je stupéfait.
Et on respire quaaaaaand ?
- Avec quels groupes ? demande Pi, étonné.
- Ya Ya Yah et KAT-TUN.
On se regarde tous, la même question aux lèvres : KAT-TUN ? C'est…
- … qui ceux là ? questionne Nishikidiot en écho à ce que je pense.
- Justement, je leur ai demandé de venir pour que vous les rencontriez.
Sur ces mots, il s'éloigne vers la porte, l'ouvre et laisse le passage à six mecs totalement inco… Hé une minute, je le connais lui… C'est… mince c'est quoi encore son nom…
- Kame ?
La voix de Tesshi s'est élevée, hallucinée.
- Tegoshi ? fait le concerné.
- Hei vous vous connaissez ? s'étonne Shige.
- Ben… oui plutôt.
Ah mais ouiiiiii ! C'est un des ex de Tesshi ! Le mec de la sortie à quatre, dont je connaissais pas le groupe ! Woh, ça commence à dater. Je me serais jamais attendu à bosser avec lui. Et visiblement, vu la tête de poisson hors de l'eau de mon meilleur ami, lui non plus. Kamenashi est toujours aussi maigre et émacié. Peut-être même plus parce que là, j'ai l'impression que le moindre coup de vent pourrait l'emporter. Je le quitte des yeux pour m'intéresser aux cinq autres : un à l'allure de poupée accentuée par des cheveux mi longs un du genre ténébreux et qui le sait (un Nishikidiot bis ? Ils devraient bien s'entendre) un grand mais genre plus grand qu'Okura des Kanjani8 un avec une drôle de coiffure genre playmobil et un avec des piercings. Woh, tu parle d'un mélange des genres… Après les présentations, j'apprend que la poupée s'appelle Ueda Tatsuya, le ténébreux Akanishi Jin, le grand Taguchi Junnosuke, le playmobil Nakamaru Yuichi et le piercé Tanaka Koki.
- Voilà, donc à partir de la semaine prochaine, vous allez travailler en étroite collaboration, dit Fujioka-san en s'adressant aux deux groupes. J'espère donc que vous vous entendrez bien.
Une collaboration à quatorze ? Ca va être coton. Ah nan plus que ça, y'a l'autre groupe aussi. Enfin remarque je dis ça mais quand on était junior, on a bien fait une collaboration à trente et quelques, alors ça devrait aller. Je croise le regard du playmobil. On se sourit. Il a l'air sympa. ITAI ! Hiro vient de me donner un grand coup de coude dans les côtes. Qu'est ce qui lui prend ?
- Tu veux que je t'aide ? me souffle-t-il d'un ton mécontent.
C'est quasi ses premiers mots depuis qu'il m'a viré de chez lui et c'est des remontrances. Génial…
- De quoi tu parle ? murmuré-je.
- Nakamaru. Tu crois que je vous ai pas vus vous regarder ?
- He ? Mais tu débloque, je l'ai regardé lui comme j'aurais regardé n'importe qui. Tu me fais quoi là ? t'es jaloux ou quoi ?
- Oui.
J'ouvre de grands yeux. Il est sérieux là ?
- Jaloux pour un simple regard amical ?
- Oui.
D'un côté c'est flatteur, mais de l'autre, je vois pas en quoi un simple regard et un sourire peuvent suffire à le rendre jaloux. Ca me parait un peu disproportionné, d'autant que le playmobil et moi nous sommes pas parlé. Bref… Je regarde Tesshi qui a toujours l'air halluciné (bizarrement, que je regarde un mec du groupe a pas l'air de déranger Hiro, je pige pas le distinguo mais bon…). Je pense que ça va pas forcémment être simple pour lui de bosser avec un ex même s'il me semble pas qu'ils se soient séparés en mauvais termes. Je sais même plus pourquoi ils se sont séparés en fait. Peut-être sans raison spéciale d'ailleurs. C'est juste que Tesshi aime papillonner d'une relation à l'autre. Et ça a commencé après que je l'ai repoussé. Je me demande si c'est ma faute s'il s'attache pas.
- Bien, Kamenashi-kun, vous pouvez retourner travailler dans votre loge, dit soudain Fujioka-san. Je pense que Yamashita-kun se mettra bientôt en rapport avec toi concernant le planning.
Ah d'accord, donc c'est lui le leader de KAT-TUN… C'est vrai qu'à part peut-être le ténébreux (Akanishi je crois), les autres ont l'air aussi charismatiques que des brosses à dents.
- Au fait il veut dire quoi le nom de votre groupe ? demande Hiro.
Excellente question, elle me brûlait les lèvres.
- Ce sont les initiales de nos noms. K pour Kamenashi, dit-il en se montrant, A pour Akanishi (il montre le ténébreux), T pour Taguchi (le grand), T pour Tanaka (le piercé), U pour Ueda (la poupée) et N pour Nakamaru (le playmobil).
C'est plus fort que moi, j'explose de rire à l'étonnement de tout le monde. C'est presque aussi ridicule que s'appeler comme les quatre points cardinaux. Je sais pas qui trouve les noms de groupes à l'agence, mais il a absolument aucune imagination : Arashi, NewS, KAT-TUN, Ya Ya yah, SMAP (encore une histoire d'initiales je parie), V6… Aucun est un minimum élaboré avec une vraie signification derrière. Ca fait limite pouilleux. Mais apparemment, il y a que moi qui trouve ça risible alors je me taits, surtout que Kame et le ténébreux me fusillent du regard. N'empêche que ça aurait donné quoi si on avait du appliquer le principe des initiales à nous huit ? YUNK-MKTK ? Y'a même pas assez de voyelles pour faire un truc prononçable, lol quoi. J'en rigole tout seul. Intérieurement, bien sûr, histoire de pas me faire griller.
Ils sortent tous les six, puis Fujioka-san fait de même, nous laissant seuls et Pi se tourne vers nous.
-Bon, vous l'avez compris, on entre dans une période de grande activité. Quand on aura fini l'enregistrement de « Akaku moyuru taiyou », il y aura le tournage du PV. Ensuite il faudra jongler entre les interviews, les pubs, les shoots, les entraînements communs avec KAT-TUN et ceux pour nos concerts. Préparez-vous mentalement à passer quelques nuits blanches.
19 juin 2004
Je savais bien que j'avais oublié de parler d'un truc important. Les PV. Et pourtant on en a déjà tourné deux. Un PV, c'est un genre de mini film promotionnel qui image la chanson et nous met en scène en train de la chanter/danser (en playback). De ce que j'ai vu pour le moment, c'est plutôt marrant à faire. Il faut parfois refaire les prises à cause des fous rires, des faux pas, des erreurs de temps etc, mais c'est fun. C'est peut-être un des trucs que je préfère. Et aujourd'hui, on tourne notre troisième, je suis content. Mais pour l'instant, notre loge s'est transformée en salle de réunion géante, parce qu'en plus des KAT-TUN qui sont là pour parler du planning des entraînements communs, les Kanja squatent aussi. J'ai compris qu'ils avaient un truc à discuter avec Nishikidiot et Uchi. Je les laisse faire, ils font trop de bruit pour moi. Je préfère penser à ce que je vais faire demain, pendant notre dernier jour off avant Kami-sama sait quand.
20 juin 2004
Hier, j'ai passé la journée à me faire engueuler, parce que j'étais pas à ce que je faisais. Les prises pour le PV ont du être refaites je sais pas combien de fois, au point que même Keii-chan a perdu patience. Et tout ça pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, j'ai décidé d'aller chez Hiro pour reprendre les choses où on les avait laissées. Il est au courant de rien une fois encore, je vais lui refaire la surprise. Et à mesure que je m'approche de chez lui, je me rends compte d'un truc important : petit à petit, sans que je m'en rende compte, mes sentiments ont changé et je suis tombé amoureux de lui. Je le réalise, parce que je crois pas que j'aurais autant souffert quand il m'a éjecté de chez lui, ni que j'aurais eu le courage d'y aller si je l'avais pas aimé. En y repensant, ça fait déjà un bon moment que penser à Masa-chan me fait moins voire plus du tout mal. Et ça c'est une preuve de plus. Le changement a été si graduel que je me suis rendu compte de rien.
Bref, me revoilà devant sa porte et je suis encore plus nerveux que l'autre fois. Parce que cette fois, je suis conscient de ce que va entraîner tout ce que je vais faire et dire dans les prochaines minutes. Parce que cette fois, je suis conscient de l'aimer. Fébrile, je frappe et quelques instants plus tard, la porte s'ouvre. Sur sa mère. Oups… dans mes plans, j'avais pas envisagé une seule seconde l'option « ses parents sont là ». Ca tombe mal. C'est ce qui s'appelle être refroidi violemment.
- Konnichiwa, Kusano-san, fais-je en m'inclinant poliment malgré la déception.
- Oh tu es un ami d'Hironori, ne ? Konnichiwa.
Je met quelques secondes à réaliser de qui elle parle. J'ai tellement l'habitude de l'appeler par son diminutif, que j'avais zappé que son prénom complet était Hironori.
- Hai. Masuda Takahisa desu. Hajimamashite.
- Hajimemashite.
- A qui tu parle, 'kaa-san ? fait soudain la voix de mon copain qui arrive derrière.
- A l'un de tes amis. Masuda-kun.
A la mention de mon nom, il s'approche et me fixe. Ses yeux sont pleins de questions qu'il ose pas poser devant sa mère.
- Que se passe-t-il ? demande une voix masculine.
- Rien, anata. L'un des amis d'Hironori est venu lui rendre visite.
Je m'incline de nouveau. Devant son père cette fois. Il me rend mon salut de la tête, puis s'adresse à sa femme.
- Dépêchons-nous, nous allons être en retard.
- Tu as raison. Masuda-kun, ravie de t'avoir rencontré. A bientôt.
Elle sourit et sort de l'appartement sans me laisser le temps de répondre.
- A un de ces jours, mon garçon, ajoute le père avant de quitter les lieux à son tour.
La porte se referme derrière eux et je reste seul avec Hiro sans plus savoir quoi dire. Dire que j'étais si décidé en venant…
- Heu… bon ben c'était pas prévu, mais voilà, t'as rencontré mes parents, déclare mon copain après quelques instants de silence embarrassé.
- Hai. Ils ont l'air gentils.
- Hum… Ils le seraient moins s'ils connaissaient la vérité.
- La vérité ? relevé-je.
- T'as pas remarqué que je les ai pas détrompés quand ils ont parlé de toi comme d'un ami ?
- Si, mais je me suis dit que t'avais pas fait gaffe.
- Alors que ma mère l'a dit au moins trois fois ?
- Ben…
- Pour être honnête… mes parents savent pas que je suis gay. Ils considèrent l'homosexualité comme une maladie honteuse, alors si je leur disais… je sais pas comment ils réagiraient. Déjà que ma sœur est bi…
J'encaisse la double info, mais je savais même pas qu'il avait une sœur.
- Et ils savent rien pour elle non plus ?
Il secoue la tête.
- Elle aussi a peur de leur réaction, alors elle fait comme moi, elle se tait.
Il y a un blanc. Qui s'éternise au point de redevenir gênant. Puis soudain, mon copain brise le silence.
- Qu'est ce que tu fais là, Taka ? Ce que j'ai dis l'autre fois est toujours valable, tu sais.
- Je sais, mais j'ai deux choses importantes à te dire.
- Ah ? Quoi ?
Je m'approche au point que seuls quelques millimètres nous séparent. Je sens son souffle chaud sur mes lèvres et je lutte pour garder les pieds sur terre. Est-ce qu'il a la moindre idée de l'effet qu'il me fait juste en respirant ?
- Je t'aime et j'ai envie de toi, me jeté-je soudain à l'eau en le regardant dans les yeux.
Sur ces mots, sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, je prends sa main et la pose sur ma peau. Sous mon t-shirt. A l'endroit exact où tout s'est arrêté l'autre fois.
- Touche-moi, Hiro… ajouté-je pour lui faire comprendre que cette fois, je reculerais pas.
- Taka… murmure-t-il avant de fondre sur mes lèvres comme un affamé.
Sa langue se fraie un passage jusqu'à la mienne, l'entoure, la caresse, la palpe et je réponds de la même façon, jusqu'à en perdre le souffle. Je me colle étroitement à lui et mes mains se perdent dans ses cheveux tandis qu'il m'enlace. Lorsque nos bouches se descellent, je m'écarte légèrement. J'ai chaud. Si chaud. Bien trop chaud et mon sang semble bouillir dans mes veines alors que je retire mon t-shirt. Il en reste bouche bée.
- Tu fais ça direct… Daijobu ?
- Hai… Mais j'ai chaud… dis-je en défaisant mon jean et en léchant mes lèvres entrouvertes.
Mon corps est en feu et le brasier intérieur qui me consume s'intensifie à mesure que le même s'allume dans ses yeux. Mon comportement actuel est à l'opposé de ce qu'il a toujours été, je le sais, mais j'ai envie d'être désiré jusqu'à la limite du supportable.
- Est ce que tu imagine l'effet dévastateur que ton shoot An An a eu sur moi ? susurre-t-il à mon oreille. Tu sais combien de nuit j'ai passé à rêver de toi ? Je t'avais jamais vu comme ça et j'avais juste envie de te sauter dessus. Exactement comme maintenant.
- Alors fais-le…
- Tu es sûr de toi ?
- Hai…
- Alors viens.
Il prend ma main et m'entraîne de nouveau vers sa chambre, où il me fait doucement basculer sur le lit. Mon cœur bat comme un tambour à cause de l'excitation. Il m'embrasse de nouveau comme si sa vie en dépendait, puis descend dans mon cou et mon cerveau se met sur off. Je peux plus que ressentir le moindre de ses gestes. Le plus simple effleurement, le plus petit attouchement me déclenche soupirs et frissons. Je veux tout et plus encore. Mon corps trop longtemps sevré de caresses se réveille à mesure que ses mains volent sur moi, palpent la moindre parcelle de peau. Ses lèvres aspirent celle de mon cou, y laissent des marques et je m'entend gémir légèrement. Il se décolle de moi pour me retirer mon jean et s'interrompt pour me consulter du regard avant de s'attaquer à mon boxer. J'ai pas besoin de parler, mes yeux lui crient de faire ce qu'il veut. Il se le fait pas dire deux fois et en quelques secondes, je suis nu devant lui. Et étrangement, ça me dérange pas plus que ça.
- Est-ce que tu sais à quel point tu es beau, Taka ? souffle-t-il d'un air émerveillé en effleurant mon ventre du bout des doigts.
- Il parait que je le suis, dis-je en le dévorant du regard.
Une réponse totalement impensable il y a encore très peu de temps. C'est aussi ce qu'il a l'air de penser.
Sans le quitter des yeux, je relève son t-shirt, le fais passer par-dessus sa tête et lui retire, avant de glisser à mon tour les mains sur lui. Le sentir frissonner est un délice. Du coup, je continue, remonte sur son torse et titille ses tétons des pouces jusqu'à les sentir durcir, puis les pince entre mes lèvres pour les suçoter. Mes gestes lui tirent des gémissements d'autant plus indécents qu'il a basculé la tête en arrière. Je me sens de plus en plus excité de le voir et de l'entendre, du coup, je tiens plus et inverse nos positions d'un coup de reins. Je suis au dessus de lui maintenant et le fixe comme s'il était un gâteau appétissant. Je relève ses bras au dessus de sa tête pour emprisonner ses poignets dans une main. Lui, il me laisse faire sans broncher. Comme s'il n'attendait que ça, que je prenne les commandes. Etonné, je le regarde dans les yeux. Des yeux qui me crient la même chose que sa bouche :
- Fais ce que tu veux de moi…
J'écarquille les miens, stupéfait. Est-ce qu'il veut dire ce que je crois ?
- Tu veux que… fais-je, incertain.
- Oh oui… A un point que t'imagine même pas.
- Mais j'ai jamais…
- Tu sauras. J'ai confiance en toi.
Ben ça, si je m'y attendais… Avec Masa-chan, j'étais toujours en dessous (je parle jamais de dominant/dominé. J'aime pas ça, je toruve ça réducteur. C'es notions devraient pas exister quand on aime vraiment l'autre), alors être au dessus d'un coup… Sans compter que comme Hiro est fort et viril, je me suis même pas posé la question, ça tombait sous le sens pour moi.
- Taka… tu réfléchis trop… murmure-t-il, me tirant de mes réflexions. Fais ce que tu veux…
Je hoche la tête et le déshabille à mon tour, effleurant sans cesse sa peau de façon totalement intentionnelle. Oh woh… Il est super bien foutu, je crois que j'aurais eu over mal si c'était lui qui avait… Surtout que ça fait longtemps que je l'ai pas fais.
Mes mains glissent sur lui, passent sur le moindre centimètre carré de peau volent sur sa poitrine, ses côtes, son ventre descendent sur ses cuisses et je déguste le moindre soupir, le plus petit gémissement qui passe ses lèvres. Il respire fort et ses yeux sont obscurcis par l'envie.
- Taka, onegai… supplie-t-il.
Mais je sais pas ce qu'il veux que je fasse et je me vois pas lui demander. Il semble le comprendre, car il attrape ma main et la pose sur son membre dressé.
- Onegai…
Je me sens piquer un far monstrueux, pourtant j'accède à se requête et entame de lents va-et-vient.
- Han… Mmmh… Taka, hayaku…
Encouragé, mes mouvements sur lui s'accélèrent et la fréquence de ses plaintes de plaisir également. Et on peut pas dire que ça me laisse indifférent.
- Han ! Motto ! Mmmh ! continue-t-il à gémir en se cambrant.
Ca commence à être difficilement tenable pour moi tellement j'ai envie. S'il craque pas bientôt… mais non, il continue à gémir sous mes coups de poignet. C'est seulement au bout d'un temps qui me semble infini, qu'il se libère brusquement dans un long râle rauque. Moi j'en peux juste plus, je vais imploser.
- Tu veux que… je t'aide ? me demande-t-il ensuite, haletant.
Je hoche la tête. Vite, je t'en prie, dépêche-toi…
- Alors mets-toi debout… sur les genoux.
Etonné, je m'exécute et comprends ce qu'il va faire, au moment où il pose sa main sur mon membre et le dirige vers sa bouche. Il le happe entre ses lèvres et entame des va-et-vient à cadence soutenue. Gémissant sans arrêt, je bascule la tête en arrière, les yeux fermés et pose une main en coupe sur sa nuque pour pas qu'il s'arrête. Enfin jusqu'à ce que je sente monter une sensation familière. Je dois lui dire, le prévenir… Par respect. Mais c'est si difficile, parce que c'est si bon…
- A… Arrête… Je… vais… articulé-je péniblement.
Le délicieux mouvement s'arrête et je grogne de frustration (alors que c'est moi qui vient de lui dire de stopper, logique), avant qu'il soit repris par sa main. Moins de trente secondes plus tard, je me libère à mon tour dans un cri grave. Mon cœur bat si vite et si fort, que j'ai l'impression qu'il va exploser.
- Taka… prends-moi…
- He ? Maintenant ? Demo… je suis plus en forme, moi…
Ben oui puisque je viens de… venir.
- Ca peut s'arranger…
Il me fait un de ces regards en disant ça… Kami-sama, un véritable appel au viol. Et j'ai de nouveau chaud. Surtout qu'il recommence à me caresser. Et il s'y prend bien, parce que quelques instants plus tard, je suis de nouveau prêt. Il est doué et moi réactif. Quel mélange complémentaire.
- Viens… Maintenant…
- Tu veux dire sans… préparation ?
- Hai…
Il est dingue. J'ai jamais testé et j'y tiens pas parce que je suis pas maso, mais ça doit faire atrocement mal.
- Demo… hésité-je encore.
- Onegai, Taka… Viens…
Il halète comme… comme je veux pas dire quoi parce que ce serait rabaissant pour lui, mais il a l'air de savoir ce qu'il fait et je suppose qu'il connait son corps. Moi pas. J'ai jamais fais ça et j'ai la trouille. Pas pour moi, bien sûr, mais pour lui. J'ai peur de faire souffrir celui que j'aime, même si c'est sa volonté.
- Taka… Arrête de cogiter, par pitié… M'oblige pas à devenir vulgaire…
Vulgaire, lui ? Ca cadre trop pas. N'est pas Nishikidiot qui veut. Qu'est ce qu'il pourrait bien dire de vulgaire ? Je vois pas. Je hoche la tête, inspire et pose les mains sur ses hanches, puis entre en lui d'un coup.
- HAN ! OUI ! crie-t-il lorsque le bas de mon ventre percute ses fesses.
Et il n'y a pas trace de douleur dans sa voix. Seulement de plaisir. Moi je dis remue pas un cil. J'ose à peine respirer, de crainte de perdre totalement pied. Je suis si serré, en lui, que je pourrais partir immédiatement et des dizaines de sensations jusque là inconnues, m'assaillent, me donnant presque le tournis.
- Han… Taka… bouge… onegai…
- Ma… Matte… Pas en… core… sinon… je…
Faut que je me calme à tout prix, sinon ma première fois avec Hiro pourra figurer dans le livre des records comme la plus courte du monde.
Au bout de plusieurs minutes, je me sens assez maître de moi pour faire un premier mouvement. Qui nous fait gémir tous les deux.
- Motto… Motto, Taka… Hayaku… dit-il en s'accrochant à mes épaules.
Je redonne un coup de reins qui a le même effet que le premier, puis un troisième, un quatrième… et ainsi de suite. J'ai trouvé mon rythme et ça lui plait apparemment autant qu'à moi vu comme il ondule du bassin pour accompagner mes mouvements. Mais je pense pas pouvoir tenir longtemps. C'est trop étroit et trop bon pour ça.
Un nouveau mouvement le fait crier.
- HAN ! LA ! MOTTO !
J'ai du toucher l'endroit qu'il fallait. Et si je me fie à mes propres réactions dans ce genre de « cas », la fin doit être proche.
Et je me trompe pas, car deux ou trois va-et-vient plus tard, il se libère de nouveau et je le rejoins presque immédiatement, vaincu par le resserrement de sa chair autour de moi. Epuisé, je retombe sur lui en amortissant de mon mieux le choc avec mes bras. Les siens se referment autour de ma taille et je sens mes yeux se fermer tout seuls. C'est sûrement con, mais j'ai envie de dormir, là, mais d'une force… mais je dois lutter au moins un peu, c'est ni glamour, ni romantique, le mec qui s'endort direct après.
- Merci, Taka… c'était fantastique…
Seul un sourire fatigué apparait sur mes lèvres. Je pense pouvoir dire que là, j'ai franchi un cap.
