14 mars 2005

On a même pas vraiment eu le temps de souffler après l'arrêt de la tournée. A peine finie, notre charmant manager nous annoncé qu'on allait commencer à travailler sur un nouveau single. On était contents, bien sûr, mais aucun de nous aurait craché sur quelques jours de vacances. Consécutifs bien sûr. On a tellement peu de temps à nous que j'ai du mal à me souvenir de quand date la dernière fois que j'ai réellement pu passer du temps avec Hiro, rien que tous les deux, à faire autre chose que s'occuper de l'agence. On passe notre temps côte à côte, on se touche souvent , on se parle, on se sourit et tout, mais c'est pour le boulot, c'est pas pareil. Du coup il me manque quand même. Je sais, c'est con.

Depuis l'arrêt de la tournée, les KAT-TUN viennent parfois squater la loge ou manger avec nous. On s'est tous bien entendus et on a passé d bons moment alors c'est cool. Enfin quand je dis tous... En fait y'a une exception. Je sais pas pourquoi, mais dès qu'il a vu Ueda-kun pour la première fois, Nishikido a commencé à s'acharner sur lui. Apparemment, son visage un peu androgyne lui revient pas. Pauvre Ueda, comme si c'était sa faute... Et bien sûr, rien de ce qu'on a pu dire n'a servi pour qu'il arrête. Ce type est vraiment horrible quand il s'y met. Je devrais être content qu'il ait trouvé une autre tête de turc que moi, mais nan. Enfin heureusement, malgré son apparence frêle, Ueda a pas l'air d'être le genre de gars à se laisser marcher dessus vu comme il lui répond à chaque fois. En plus, il paraît qu'il fait de la boxe, alors je suppose que le jour où Nishikido dépassera les bornes avec lui, il se prendras un pain dans la tronche. Et ce sera bien fait.

La nouvelle chanson s'appelle « Cherish » et elle doit sortir dans deux jours mais on a encore pas mal de boulot pour la promo même si l'enregistrement est fait. Le rythme est aussi sympa que les autres, sautillant, pétillant et tout. Elle devrait plaire aux fans, mais on ne sait toujours pas à quoi va ressembler la pochette.

- Taka ?

La voix d'Hiro, tout près de moi, me tire de mes pensées.

- Je vais au distributeur. Tu viens avec moi ?

Le distributeur. Notre excuse quotidienne pour nous retrouver seuls au moins quelques minutes.

- Hai !

- Pas trop de cochonneries ! prévient alors Uchi, entraînant les rires des autres. Pensez aux innocents Juniors qui peuvent passer dans le couloir.

Pour toute réponse, je lui tire la langue de façon très mature et sort avec mon petit ami. A peine la porte refermée, il me plaque contre lui et m'embrasse presque sauvagement. Ravi, je le laisse faire et répond avec bonheur.

- Quelle torture... murmure-t-il à mon oreille.

- Hum ? fais-je tandis que ses lèvres descendent dans mon cou.

- Aujourd'hui, tu es tellement...

- Plus que d'habitude ? fais-je, surpris.

- Bien plus... Etre aussi sexy devrait être interdit par la loi...

Et ça, ça veut dire que ce soir...

- J'ai hâte d'y être. murmuré-je en le fixant avec intensité.

- Me regarde pas comme ça ou je pourrais jamais tenir toute la journée, me prévient-il.

Sa voix est déjà rauque. Je lui fais sacrément d'effet on dirait. Ca me gêne toujours un peu, mais en même temps, je suis flatté qu'il me trouve désirable à ce point.

- Désolé, dis-je par réflexe, sans pour autant arrêter de le regarder.

Il déglutit. Je vois bien qu'il se retient de toutes ses forces de me sauter dessus. C'est trop mignon. Et en même temps, je peux pas le laisser dans cet état, ce serait de la cruauté. Je fais pas ça d'habitude et surtout pas à l'agence, mais là, j'ai pitié, son envie est trop visible. Je prend sa main et l'entraîne vers les toilettes les plus proches où, à sa grande surprise, je le pousse dans une cabine, que je verrouille.

- T... Taka ? balbutie-t-il. Qu'est ce que tu...

- Shhhhhht, on a pas beaucoup de temps...

Sur ces mots, je m'agenouille,ouvre son jean et, en évitant de réfléchir à ce que je fais, me met à le caresser avec ma bouche. D'abord stupéfait, il ne bronche pas, puis se met bientôt à gémir en se mordant la lèvre.

- Han... Taka... Mmmh... Je sais que... Aaaah mmmmh... t'aime pas... Han... faire ça... Te force... Mmmh... pas...

Effectivement, « ça » continue à me dégoûter, c'est pour ça que je ferme toujours les yeux et que j'évite de penser quand je « le » fais. Mais ça m'embête pas de me forcer pour lui. Surtout que d'après ce que j'entend, je me débrouille pas trop mal. Impression vite confirmée par sa main qui vient se glsser dans mes cheveux.

- Han... Taka... a... arrête... je vais...

Ouh alors là oui mais non. Je veux bien « le » fare, mais pas à ce point. Je sais que Hiro le fait pour moi, mais je trouve ça répugnant, alors je pourrais jamais. Je me redresse un peu et c'est avec ma main que je l'aide à venir, ce qu'il ne tarde pas à faire dans un râle étouffé.

- Tu... t'améliore, tu sais... souffle-t-il, encore haletant de plaisir.

Je souris et le laisse se rhabiller, tandis que je rouvre la cabine pour aller me laver les mains.

A notre retour dans la loge, les gars ont uu sourire narquois évidemment.

- Ah ça va hein, fais-je en grognant plus ou moins.

- On a rien dis, les défend Keii-chan, rigolard.

- Bon allez, au boulot, on reprend, déclare Pi pour regrouper ses troupes dispersées.

Mais à ce moment-là, Fujioka-san débarque. C'est pas pour tout de suite le boulot. Dans sa main, il a deux boîtiers, ce qui nous fait tout de suite comprendre de quoi il va nous parler.

- Bonjour, les garçons. Bon, jusqu'ici, je vous ai toujours montré uniquement le visuel des versions limitées en vous laissant découvrir seuls celui des versions régulières, mais à partir de maintenant, vous verrez systématiquement les deux.

Sur ces mots, il pose les deux boîtiers sur la table, puis recule pour nous laisser approcher et attendre notre réaction. En les voyant, un seul mot me vient : sauvés. On est ridicules sur aucune des deux. Sur la limitée, ils ont juste placé tous nos visages sur fond de ciel bleu, placés en carré autour du mot « News » écrit en vert sur fond blanc. Et la régulière nous montre en pied et dans des vêtements très simples sur un fond de palissade en bois. Soulagé, , je regarde les autres, qui ont l'air aussi contents que moi. Ces pochettes sont top.

- Merci, Fujioka-san, fait Yamashita, prêt à se remettre au travail après ce temps « perdu ».

- Attendez, j'ai autre chose à vous dire, de très important.

Notre attention lui étant de nouveau acquise, il poursuit.

- A partir de la semaine prochaine, vous entrez en studio pour enregistrer votre premier album. Il s'appellera « Touch » et sortira le 27 avril.

Après cette annonce, il y a un gros blanc.. puis des explosions de joie de partout. Tesshi se met à sautiller dans tous les sens en sautant dans les bras de tout le monde, je me jette dans ceux d'Hiro, Keii-chan et Shige se claquent dans les mains, Nishikido donne une grande tape virile dans le dos de Pi et les sourires d'Hiro et Uchi sont équivalents aux notres.

- Oui, reprend notre manager une foix l'excitation générale un peu calmée, c'est une excellente nouvelle, mais vous vous rendez compte que ça signifie encore plus de travail, ne ?

- Bien sûr, répond notre leader. Nous serons à la hauteur, ne vous en faites pas.

- Vous allez devoir concilier la promo de « Cherish » avec l'apprentissage des autres chansons de l'album, insiste Fujioka-san, l'air inquiet.

- Tout ira bien, faites-nous confiance.

Son regard nous parcours et notre air décidé, si bien qu'un sourire finit par apparaître également sur son visage.

- Dans ce cas, je vous laisse travailler.

Il s'éclipse et je me tourne vers Hiro.

- Notre premier album, tu te rend compte ?

- Oui, fait-il. Je suis sûr que ça va être génial.

- Mais en attendant lundi, on a une montagne de travail alors ne perdons pas plus de temps, nous recadre Yamashita.

Le reste de la matinée se concentre donc sur « Cherish » puis, après la coupure de midi (enfin plutôt de quatorze heures), on file dans les salles du sous-sol pour découvrir à la fois les textes des dix-sept chansons qui vont composer « Touch » (dix-sept ! C'est pas un mini album quoi !) et leurs musiques. La majeure partie est joyeuse et sautillante comme « Cherish » et le deux autres. J'ai l'impression que ça va un peu devenir notre marque de fabrique, notre identité. Ce qui fera qu'en entendant les premières notes, les gens se diront directement « ah ça c'est NewS ». Bah ça me va. Vaut mieux être associés à la fête qu'à la tristesse.

Bref, du coup, la répète dure jusqu'à minuit et on finit tous claqués. Mais heureux. Je crois que la nouvelle a galvanisé tout le monde toute la journée, ce qui a mis de côté notre épuisement en quelque sorte.

21 mars 2005

Voilà, aujourd'hui, « Cherish » sort et on va être débordés de lives, shoots et interviews. Hier Nishikido a tenté de s'esquiver avec les Kanjani, mais Pi l'a pas laissé faire. C'est vrai, sans blague, comme si on avait pas assez de boulot avec la préparation de l'album, sans qu'un membre file à l'anglaise. Il peut quand même survivre un moment sans ses copains du Kansai, faut pas pousser.

Au niveau de l'apprentissage des chansons, j'ai envie de dire qu'on gère plutôt pas mal. On a bien pris le pli avec les singles alors maintenant, tout roule. Enfin mis à part la pression supplémentaire que nous a mis Fujioka-san en nous sortant que la sortie de l'album irait de pair avec une tournée. « Nippon est-to-west spring concert » qu'elle va s'appeller. Mais bon, notre planning est tellement chargé, qu'il nous laisse pas le loisir de paniquer. Il nous laisse pas de loisirs du tout d'ailleurs si on va par là. J'entraperçois à peine ma mère entre deux portes tellement je suis jamais là et j'ai totalement oublié ce que signifiaient les mots « grasse mat' ». Et bien que vois Hiro à l'agence, j'ai plus aucun moment d'intimité avec lui. J'ai peur qu'à force, ça nous éloigne l'un de l'autre Le seul moyen que je vois pour pas que ça arrive, on pourra pas l'utiliser avant que je sois majeur l'année prochaine. Ma mère voudras jamais que j'eménage « seul » avant.

Je soupire dans ma soupe miso et Tesshi, assis à ma droite, s'inquiète aussitôt.

- Massu ? Ca va pas ?

- Hum ? Si si t'inquiète, fais-je en soupirant de nouveau quand même.

- Alors pourquoi tu soupire comme si tu portais tous les malheurs du monde sur tes épaules ?

J'hésite pas très beucoup. Hiro est parti pour le moment et ça fait vraiment longtemps que je me suis pas confié à mon meilleur ami (ce qu'il me reproche assez d'ailleurs), alors je lui raconte tout. Mes peurs, mes angoisses, mes espoirs aussi. Tout y passe et lui m'écoute avec attention, comme il l'a toujours fais.

- Tu lui en as parlé, de tout ça ? finit par me demander Yuya.

- A qui ?

- A Kusano.

- Non.

- Tu devrais peut-être. S'il pense comme toi,ça t'aideras sûrement à trouver le courage de parler à ta mère de ton envie d'indépendance.

- Je sais pas... On est très jeunes tous les deux et même pas majeurs. Si mon envie lui faisait peur et qu'il me quittait ? Je le supporterais pas, Tesshi. Pas encore. Si ça arrivait, je m'en remettrais pas cette fois.

- Mais Kusano t'aime nan ? Alors tu dois pouvoir tout lui dire sans avoir peur de ses réactions.

- Dans la théorie oui, mais dans la pratique...

- Quoi dans la pratique ?

- C'est pas si simple.

- Tu dois lui dire quand même, Massu. Kusano a le droit de savoir.

- J'ai le droit de savoir quoi ? interroge alors Hiro en reprenant place à table.

- Iie. Nandemo nai, dis-je, embarrassé.

Et pour le coup, j'en reçois un discret de Tesshi.

- Massu... Allez... me souffle-t-il.

- On... en parlera plus pars devant.

Et sous le regard halluciné de mon copain, de mon meilleur ami et du reste des membres, je file en abandonnant ma soupe refroidie et mon plat de gyozas intact. Je sais même pas pourquoi je fuis, c'est complètement con.

Finalement, « plus tard » est passé sans qu'Hiro me reparle de ce que je lui avais pas dis. Et j'ai aussi passé la reste de la journée à éviter le regard lourd de sens de Yuya et ceux, interrogateurs, des autres. Dur à supporter, je suis pas mécontent que la journée finisse.

23 mars 2005

Aujoud'hui, c'est le grand jour : on enregistre les dix-sept chansons qui vont former « Touch », notre premier album... et j'ai les yeux explosés tellement j'ai pas réussi à dormir. Une fois de plus. J'ai l'impression que plus il se passe des trucs importants dans ma vie, moins mon corps me laisse me reposer.

Je bâille à m'en décrocher la mâchoire et prie pour que ma mère ait fait du café. J'en bois jamais parce que j'aime pas ça, maislà, je suis preneur de tout ce qui pourra me maintenir éveillé et un minimum concentré. Elle est pas dans la cuisine, mais y'a bien du café. Je m'en sers une tasse, en bois trois gorgées et grimace. Je confirme, le café, j'aime pas ça. Du coup, je me fais un thé. Ce sera moins éfficace, mais buvable au moins.

- Bonjour, mon coeur, me salue ma mère en entrant.

- 'Hayo, 'kaa-chan... fais-je en bâillant de nouveau.

- Alors c'est le grand jour.

- Hai.

- Et tu n'as pas pu dormir.

- Iie.

- Ca va aller quand même ?

- Il va bien falloir, fais-je avant de bâiller une nouvelle fois. Je suis un pro, alors même si ça va pas, ça ira quand même.

- Je suis si fière de toi, mon Taka...

Je lui fais un sourire fatigué, ramène ma tasse de thé sur la table et, pensif, réfléchis aux paroles de Tesshi. Dans la théorie, je pourrais parler de mon idée à ma mère maintenant mais, encore une fois, le courage me manque. Je dois être un trouillard au fond.

- Oh toi, je te connais, quelque chose te tracasse.

Je m'y attendais pas, du coup je sursaute. Et tente de noyer le poisson. Je suis pas prêt.

- Mais non, quelle idée.

- Taka, je te connais, mon chéri. Tu peux peut-être tromper tout le monde, mais pas moi. Qu'y a-t-il ?

- Je... 'Kaa-chan, je sais que je suis pas majeur, mai j'ai envie et besoin de prendre un appartement...

Finalement, je me suis jeté à l'eau.

- Et ?

Je la regarde, éberlué.

- Comment ça « et ? » ?

- Ne me dis pas que c'est juste ça qui te tracassait ?

D'un coup, je me sens très très con de m'être tellement pris la tête. Parce qu'à voir son air détendu, elle, ça a pas l'air de la choquer.

- Si...

Un sourire tendre fleurit sur ses lèvres.

- Mon coeur, je m'y étais préparée, tu sais. Tu n'es certes pas encore majeur, mais tu es un célèbre idol maintenant. Tes horaires sont aléatoires et tu as envie d'un genre d'intimité que vivre avec ta mère ne peut pas te donner, alors c'est normal.

J'en reste comme deux ronds de flan. Si bien qu'elle éclate de rire et m'ébouriffe les cheveux.

- Ne fais pas cette tête. Bien sûr je suis un peu triste parce que je te verrais encore moins souvent, mais il arrive un jour où les oisillons doivent quitter le nid. Toi, ça arrive simplement un peu plus tôt.

- Mais 'kaa-chan, tu vas rester toute seule... dis-je, submergé de culpabilité devant tant de compréhension.

- Ne t'occupe pas de moi. Tu dois vivre ta vie, Taka et elle est magnifique. Rien de ce que j'aurais pu dire ou faire n'aurait pu t'apporter le bonheur qui transparait sur ton visage et rayonne autour de toi quand tu es sur scène. Et pour moi, c'est le plus important.

- 'Kaa-chan... murmuré-je, bouleversé.

- Tout ira bien, alors arrête de te mettre la tête à l'envers tout le temps pour des broutilles, tu as mieux à faire de ton temps, ne ?

C'est plus fort que moi, je me lève et la serre contre moi, la gorge nouée d'émotion.

- Mon petit garçon a bien grandi, fait-elle en me caressant les cheveux.

- Je serais toujours ton petit garçon, 'kaa-chan..

- Je sais, trésor. Allez dépêche-toi maintenant, sinon tu vas être en retard et Yamashta-kun ne sera pas content.

- Hum !

Je la lâche, retourne à ma place et vide ma tasse de thé presque d'un trait, avant de filer à la salle de bain. Après une douche rapide, je me grouille pour arriver à l'agence, mais je suis pas le dernier, Nishikido est pas encore là.

Bien sûr, Tesshi me saute dessus le premier comme à la bonne époque avec un « Massuuuuuu ! » tonitruant et, derrière, je vois Hiro qui « attend son tour » vu qu'il s'est encore fait griller la place.

- Tesshi... fais-je à mon crampon perso.

- Hum ? Doshita ? fait-il sans me lâcher pour autant.

Pour toute réponse, je pointe mon petit ami du doigt, juste derrière et Yuya tourne la tête.

- Ah... Gomen, Kusano, dit-il en se détachant de moi.

- C'est rien, Tegoshi, répond Hiro, avant de m'embrasser brièvement. Coucou toi.

- Coucou toi, dis-je en souriant. Faudra que je te parle quand on aura le temps.

- C'est important ?

- Assez.

- D'accord.

Un claquement de langue agacé se fait entendre près de nous. C'est Pi qui en a assez d'attendre le retardataire. J'en connais un qui va se faire passer un sacré savon quand il pointera le bout de son nez. Ce qui ne tarde pas. Trois minutes plus tard, Nishikido passe la porte, essoufflé.

- T'as vu l'heure, Ryo ?! l'apostrophe immédiatement notre leader. T'as cru que c'était les vacances ou quoi ?

- Pi...

- Tu te rends compte du temps qu'on a perdu à t'attendre ?! C'était vraiment pas le jour à faire...

- Pi !

- ... des fantaisies avec les horaires ! J'espère que t'as une bonne excuse, parce que...

- PI ! Ecoutes-moi, bon sang !

- Quoi ?!

- Ma grand-mère a été admise à l'hosto cette nuit. J'en arrive directement là.

Il y a un blanc et notre leader le regarde comme s'il cherchait à voir si ce n'était pas l'excuse bidon du jour, mais le visage de Nishikido est pâle et fatigué et il a un air trop sérieux pour être en train de se payer notre tête.

- Merde, fait Uchi, il s'est passé quoi ?

- Un AVC apparemment.

- Est ce qu'elle...

- Nan, tout va bien, mais on a tous eu la trouille.

- Ca se comprend, reprend Pi, mais tu aurais du appeler. Ca aurait évité que je t'engueule.

- Désolé, Pi.

- Ca va aller pour bosser ? lui demande alors Keii-chan, compatissant.

- Hai. Daijobu. Plus de peur que de mal alors je peux bosser tranquille.

- OK, alors on y va, le van nous attend.

Je lâche à regret la main d'Hiro et on emboîte le pas à notre leader. Pi énervé, c'est pas une sinécure. J'espère ne jamais être sa cible.

27 mars 2005

J'ai volontairement fait l'impasse sur l'enregistrement de l'album, parce que ça n'a rien de passionnant à raconter, vu que c'est la même chose que pour un single, à part qu'il y a plus de chansons. Par contre, aujourd'hui l'album sort. Aujourd'hui, les gens vont pouvoir vraiment nous découvrir et j'espère du fond du coeur que ça va plaire aux fans. En plus, j'ai décidé de profiter de cette journée pour parler à Hiro à propos de l'appart. J'ai un peu peur de sa réaction, mais si j'essaye pas, je saurais jamais ce qu'il en pense. Du coup, en prenant le bus, je réfléchis à ce que je vais lui dire et quand j'arrive à la loge, je sais toujours pas exactement comment formuler ça.

- Ohayo ! lancé-je à la cantonnade.

Cette fois, mon copain semble avoir décidé de me guetter pour prendre Tesshi de vitesse, ca c'est lui qui se précipite sur moi.

- Ohayo toi, me dit-il avant de me faire un bisou.

- Massuuuuuuu ! s'exclame ensuite Yuya après avoir vérifié que la voie était libre.

- Salut Tesshi. Hiro, il faut que je te parle.

- De ce dont tu m'as pas parlé la dernière fois ?

Je hoche la tête.

- OK. Tego, on revient, dit mon copain, avant de m'entraîner dans le couloir. Alors qu'est ce qu'il y a, mon ange ?

Un peu embarrassé, je me triture les doigts.

- Bah... tu vois je me disais que... on a plus le temps d'être tous les deux en dehors de l'agence... On se voit et tout mais... Enfin je réfléchissais à une solution, tu vois...

- Et ?

- Et... ben heu...

Je m'interromp. En fait, c'est sûrement très con comme idée.

- Taka ? Tu pensais à quoi ? Dis-moi, dit-il en me caressant la joue.

- Je... pensais qu'on pourrait... prendre un appart tous les deux.

Il y a un blanc. Qui s'éternise. Je savais que j'aurais du la fermer. Ii me trouve sûrement ridicule.

- Tu veux vivre avec moi ? demande-t-il,incrédule.

Je hoche simplement la tête, les yeux rivés sur le bout de mes chaussures.

- Taka, mon ange, regarde-moi.

Je secoue la tête. Il m'a appellé « mon ange » mais ça me rassure pas. Soudain, je sens ses doigts sous mon menton, qui m'obligent à lever la tête et à le fixer.

- C'était ça qui te tracassait depuis quelques jours ?

- Hai...

- Baka...

Sur ce mot, il me serre fort contre lui. He ? Il est pas fâché ? Il trouve pas ça con ? Il nous trouve pas trop jeunes ?

- Ca veut dire... fais-je sans pouvoir me résoudre à finir ma phrase.

- Ca veut dire que je suis d'accord. C'est une très bonne idée.

- Honto ?

- Honto. Moi aussi j'en ai assez de te voir que pendant le boulot. Il est temps que ça s'arrête et je suis content que tu aie pensé à ça.

Je souris, mais le genre de big smile qui donne la pêche pour la journée. Et on peut dire qu'elle commence bien. Mais d'un coup, je pense à un truc et je déchante. Hiro a deux ans de moins que moi. Ce qui veut dire que si moi je serais majeur l'année prochaine, lui, ce ne sera pas avant trois ans. Je pâlit.

- Taka ? s'inquiète-t-il tout de suite. Qu'est ce que tu as ?

- Je... Hiro... nos projets, c'est bien beau, mais... tu es... plus jeune que moi. Tes parents...

- Ah c'est ça, tu m'as foutu la trouille. T'inquiète, mes parents, j'en fais mon affaire.

Il a l'air confiant mais ça me rassure pas.

- Je leur en parle ce soir et je t'appelle après, ok ?

Je hoche la tête. Je sais pas pourquoi, mais je le sens pas du tout. Comment ça a pu m'échapper ça ? Du coup, comme je suis préoccupé, pendant toute la journée, je suis plus ou moins attentif et je me fais un peu engueuler par Pi. Et même une fois rentré à la maison, je tourne en rond comme un ours en cage, croyant toujours entendre sonner mon portable, mais c'est jamais le cas. C'est seulement une fois à table, qu'il se met à sonner. Je m'excuse auprès de ma mère et file décrocher.

- Hiro ?! Alors ?! lui sauté-je dessus.

Il y a un blanc à l'autre bout du fil. J'ai peur.

« Taka... je suis désolé... ils ont refusé... »