8 novembre 2005

Ca fait un peu plus e vingt jours aujourd'hui que je vis seul et j'ai encore un peu de mal à m'y faire, mais ça doit être normal. Je suppose qu'on ne peut pas avoir habité avec ses parents toute sa vie et s'acclimater du jour au lendemain au fait de ne plus avoir personne avec soi. Et puis habiter chez ses parents donne un confort qu'on ne réalise pas toujours mais auquel on renonce quand on les quitte : pas de loyer ni d'impôts à payer, un « réveil » humain si on oublie de mettre le mécanique, le minimum de courses et de ménage, le petit-déjeuner prêt le matin, le « taxi » à volonté... Bref, je suis seul chez moi et je me sens un peu... bah... seul en fait. Mais ça aussi je pense que ça passera.

De peur d'oublier de me réveiller le matin, j'ai tendance à mettre mon portable à sonner toutes les minutes, ce qui me stresse plus qu'autre chose et je sais que j'ai une tête de déterré en arrivant dans la cuisine pour me faire mon chocolat en bâillant. Tout est tellement silencieux, que s'en est presque flippant et que je suis tenté de me parler à moi-même pour combler le vide, mais bon, j'évite parce que ça fait un peu pitié quand même.

Après une demi heure de bus (ben oui, déménager m'a éloigné de la Jimusho), j'arrive à l'agence et monte à la loge où je suis accueilli par Tesshi.

- Massuuuuu! Alors, c'est mieux ? me demande-t-il comme tous les matins depuis que je vis seul.

Il s'inquiète depuis que j'ai eu l'imprudence de lui dire que je m'habituais pas encore. J'aurais mieux fais de me taire je crois.

- Pas encore, Yuya.

- Oh... Gambatte, ne.

- Hai.

Il faut bien de toute façon.

Je regarde les autres et, surpris, note l'absence des deux potes du Kansai.

- Ils sont avec les Kanja aujourd'hui, Nishikido et Uchi ? demandé-je.

- Non, soupire Pi de l'air blasé de celui qui a déjà répondu quatre fois à la même question.

- Apparemment, Uchi a été convoqué dans le bureau de Johnny-san, me précise Shige.

- Convoqué ? Carrément ?

- Ouais...

Uwah Ca sent pas bon ça. Une convocation chez le grand patron, c'est jamais bon signe.

- Mais pourquoi ?

- On en sait pas plus que toi, Massu, me dit Keii-chan.

- Tout ce qu'on peut faire, c'est attendre pour avoir des explications, conclut Yamashita.

- et Nishikido ?

- Il l'a accompagné, me dit Tesshi.

- D'accord.

Je le sens mal. Je sais pas ce qui s'est passé, mais je le sens over mal. Hiro a rien dit, mais quand je croise son regard, je comprends que lui aussi a un mauvais pressentiment.

Le temps passe. Cinq mnutes, puis quinze, trente, quarante-cinq... et plus ça va, plus notre leader qui est pourtant le sang-froid incarné, a l'air nerveux. Même Keii-chan, Shige et Yuya, toujours bavards comme des pies d'habitude, disent pas un mot. On est juste assis et on pourrait entendre une mouche voler.

Au bout d'une heure vingt, la porte s'ouvre sur Uchi, Nishikido, Fujioka-san et même le manager des Kanja dont j'ai oublié le nom. Ils font des têtes pas possible. Quelle catastrophe va nous tomber dessus ?

- Les garçons, j'ai une mauvaise nouvelle, commence Fujioka-san.

- Que se passe-t-il ? demande notre leader, plus tendu que la corde d'un arc.

- Il y a quelques jours, un journaliste a surpris Uchi-kun dans un bar, en train de boire de l'alcool. L'histoire est, bien entendu, remontée aux oreilles de Kitagawa-san et vous n'êtes pas sans savoir à quel point il tient à votre image à tous. Il veut que les fans vous voient comme de modèles et...

- Venez-en au fait, s'il vous plaît, le coupe alors Pi. Que se passe-t-il ?

- Oui... Bref, les choses auraient pu en rester à un bon savon si Uchi-kun était majeur... mais il est mineur et Kitagawa-san a estimé qu'en agissant ainsi, Uchi-kun avait montré le mauvais exemple et égratigné l'image des Johnny's. Il a donc estimé qu'il convenait d'être intransigeant et décidé de le suspendre pour une durée indéterminée.

Il y a un graaaaaand blanc, parce qu'on vient de s prendre une si grande claque virtuelle, que même la démission de Moriuchi il y a quelques mois paraît insignifiante à côté.

- Il est viré ?! s'exclame Shige en se relevant d'un bond.

- Non, suspendu.

- Ca revient au même ! explose alors Pi, avant de fondre sur le coupable comme un aigle sur sa proie. Tu te rends compte de ce que tu as fais ?! Tu as pensé à quoi ?! Tu as pas encore compris que dans un groupe, tu peux pas penser de manière égoïste et que tous tes actes rejaillissent sur les autres ?! En plus, là c'est carrément deux groupes que tu pénalise, espèce d'irresponsable ! Comme si on...

Rien ne semblait pouvoir arrêter la tirade furieuse de notre leader, jusqu'à ce que la voix du manager X (je sais vraiment plus son nom) l'interrompe.

- Ni vous ni les Kanjani8 ne serez pénalisés. Vous continuez à sept, tout comme eux.

Il y a un nouveau blanc et je regarde Pi, qui a l'air de bouillir de l'intérieur et d'avoir envie, en prime, de coller son poing dans la figure du fautif. Ce qui se comprend très bien, parce que même moi j'ai envie de lui en mettre une. Je pige vraiment pas ce qui lui est passé par la tête. Il le sait, pourtant, que nos faits et gestes sont surveillés par la presse... S'il avait été plus malin, déjà il aurait pas bu et au pire, il se serait pas fait surprendre, parce que c'était évident que ça allait s'ébruiter et que Johnny-san aimerait pas du tout. C'est con pour lui. J'avais pas d'affinités avec lui, mais je sais qu'il aimait ce qu'il faisait. Ca se voyait qu'il s'éclatait.

- Je suis désolé, les gars.

La voix du fautif a enfin résonné et il s'est incliné très bas, l'air vraiment repentant... mais ça suffit pas à calmer la colère de notre leader.

- Désolé ?! Désolé ?! C'est tout ce que tu trouve à dire ?! Tu te fous de nous ?! Tu crois qu'être désolé va effacer les conséquences de tes conneries ?! Putain, Uchi, tu...

- Hé Pi, arrête ! intervient alors Nishikido qui avait étrangement gardé le silence jusque là. Tu crois pas qu'il est assez puni comme ça ? Pas la peine d'en rajouter des tonnes ni de lui hurler dessus pendant trois heures !

- La ferme,Ryo ! Je...

- Nishikido-kun a raison, Yamashita-kun, intervient alors Fujioka-san, coupant de nouveau la parole à l'interessé. Ce qui est fait est fait et s'apesantir dessus ne changera rien à la situation. Le mieux que vous ayez à faire est de rapidement tourner la page et de continuer le bon travail que vous faisiez jusqu'à présent.

Bah ouais, bien sûr, on a qu'à faire comme s'il avait jamais été là tant qu'on y est... Sérieux, c'est abusé d'être sans coeur à ce point quoi, surtout qu'il est encore dans la pièce. Parler de lui en l'ignorant, c'est juste du manque de respect et je déteste ça. Même s'il a fait une connerie monumentale qui s'apparente à un coup de pute, il a pas mérité ça.

- La sentence prend effet quand ? questionne alors Keii-chan.

- Immédiatement. Uchi-kun, ba vider ton casier, j'ai ordre de te ramener chez toi. Avec interdiction de revenir.

La consternation se lit sur tous nos visages. C'est ce qui s'appelle ne pas avoir le temps de dire ouf. Franchement, ça leur aurait coûté quoi de lui laisser une heure maintenant que sa carrière est brisée ? C'est des enfoiré, bordel !

La tête basse sous nos regards qui le lâchent pas, il va ouvrir son vestiaire et en sort tout ce qu'il y avait entreposé depuis nos débuts, puis rejoint notre manager. Sur le pas de la porte, il se retourne et nous regarde.

- Je suis vraiment désolé de vous foutre dans la merde. J'espère que vous continuerez à avoir du succès.

Je sens qu'il aimerait nous serrer la main sans oser. C'est pas un pestiféré et c'est sûrement la dernière fois qu'on le voit, alors je fais le premier pas, m'approche et vais la lui tendre. Surpris, il la serre en m'adressant un sourire contrit. Du coup, mon initiative débloque les autres et Keii-chan m'imite, suivi par Shige, puis Tesshi et Hiro. Pi se fait un peu tirer l'oreille, mais finit par le faire aussi, à contrecoeur.

- Merci, les gars, fait Uchi, touché. C'est sympa.

- Tu vas faire quoi maintenant ? l'interroge mon meilleur ami.

- Je sais pas. J'avais pas de plan de secours.

J'entend Pi marmonner un truc du genre « bien fait », ce qui me surprend. Je connaissais pas cette facette de lui.

- Tiens-nous au courant quand même, demande Shige.

- Vous aurez des nouvelles par Ryo.

Sur ces mots, il sort ave Fujioka-san et la porte se referme derrière eux. C'est pas pour dire, mais c'est le troisième membre qu'on perd si on compte le tout début quand on était backdansers. C'est un peu flippant quand même. On a un problème ou quoi ?

Le silence s'éternise. On est encore tous sous le choc. Faut dire qu'on aurait jamais pu s'attendre à ça.

- Essayez de pas trop lui en vouloir, c'est lui qui est à plaindre.

Nishikido.

- Compte pas sur moi pour compatir ! Il a bien cherché ce qui lu arrive !

Pi, toujours en colère.

- Faut dire que c'était pas malin de faire ça.

Keii-chan, réaliste.

De nouveau un blanc, que même Nishikido brise pas. On devrait tous se remettre au boulot, mais avec tout ça, l'envie de bosser s'en est allée faire un tour à Calcutta et pour tout le monde.

16 décembre 2005

Ca fait plus d'un mois que Uchi a été suspendu/viré et presque un mois qu'on a pas vu notre leader, très pris par le tournage d'un drama. Du coup, Nishikdo en a profité pour se barrer avec les Kanja en râlant qu'il avait deux groupes lui et pas de temps à perdre. Et du coup aussi, il a failli se friter avec Shige qui lui disait qu'il avait choisi d'être dans deux groupes à la fois et qu'il vienne pas se plaindre maintenant parce qu'il était lourd. Il a fallu que Keii-chan et moi nous en mêlions pour qu'ils se calment, mais ça a pas empêché monsieur-j'me-la-pète de se casser quand même. Et voilà où on en est : ça fait une semaine que Hiro, Shige, Keii-chan, Tesshi et moi sommes seuls. Le bateau News prend l'eau et on est pas assez pour écoper, c'est la merde. Pi, reviens vite...

20 décembre 2005

Aujourd'hui, pour la première fois depuis mon déménagement, on est off. Enfin c'est un grand mot parce qu'on fait plus grand-chose depuis que Pi tourne. Enfin on répète un peu bien sûr (Keii-chan y veille), mais sans plus. Vu qu'on a pas de single en préparation et aucun live en vue (et tant mieux parce qu'assurer un live à cinq…), on se sent un peu… désœuvrés. On s'ennuierait même limite.

Par réflexe, j'avais mis mon réveil et je me suis vraiment levé avant de percuter qu'on bossait pas et que je pouvais dormir aussi longtemps que je voulais. Du coup, c'est seulement à dix heures que j'émerge de nouveau en bâillant. Mais j'ai à peine le temps mettre un pied par terre, que j'entends la sonnette. La sonnette ? Il faut quelques secondes avant que le mot et ce qu'il implique se fraye un chemin dans mon cerveau encore embrumé par le sommeil. Qui pouvait bien venir me casser les pieds ? Encore la petite mamie du troisième qui a perdu ses clés ? Je soupire, bâille de nouveau et glisse les pieds dans mes chaussons pour me traîner jusqu'à la porte d'entrée, que je déverrouillais en bâillant encore.

- Ishida-san, vous… ai-je juste le temps de dire.

C'est tout ce que j'ai le temps de dire avant que mon visiteur (?), qui n'était de toute évidence pas ma voisine, me saute littéralement dessus en me renversant… avant de se mettre à me bisouiller partout. Il me faut quand même quelques secondes pour identifier mon « agresseur ».

- Hiro ? Qu'est ce que tu fais là ?

- Je viens profiter de notre jour de repos.

- En profitant de moi ?

- Exactement.

Je rigole.

- Tu me laisse me relever, que je ferme la porte ?

Il hoche la tête, se redresse et j'en fais autant.

- C'est qui Ishida-san ? me demande-t-il pendant que je verrouille de nouveau.

- La petite grand-mère du troisième, qui trouve mille prétexte pour venir sonner chez moi.

- Ah ouais ? Fais gaffe, je vais être jaloux, me dit mon copain en rigolant.

Je me marre à mon tour.

- Tu me cueille au saut du lit, dis-je.

- C'est ce que je vois.

- Tu dors toujours en boxer ?

- Hai.

- Hum, sexy.

Il a un air que je connais trop bien et son regard est plus qu'explicite. Quand il me dévore des yeux comme ça, j'ai l'impression d'être nu… ça me rend tout chose. Et comme dernièrement il arrête pas de me fixer avec cette intensité, vous imaginez mon état.

Il s'approche de moi et passe le bout de son index sur mon épaule droite pour en suivre la ligne, puis il fond sur ma bouche avec une telle voracité que ça me coupe le souffle. Sans trêve, il happe, suçote, lèche, mordille mes lèvres, avant de se glisser entre elles pour entamer avec moi un ballet torride qui nous oblige très vite à respirer par le nez. Lorsqu'on se sépare, nos lèvres rougies et gonflées ne dise que trop bien quel sera l'emploi du temps de la journée. Il y a une telle fièvre dans ses yeux, que j'en frissonne par anticipation. Quand il se comporte comme ça, il fait si adulte que j'ai du mal à me rappeler qu'il est plus jeune que moi.

- Taka… dit-il simplement, d'une voix plus rauque que d'ordinaire.

Une nouvelle fois, je frissonne.

- Hiro… fais-je d'une voix que je reconnais pas moi-même.

Sans rien ajouter, il m'enlace, me serre contre lui de telle façon que je peux pas ignorer l'étendue de son désir et plonge dans mon cou. Je le sens aspirer ma peau pour y laisser une marque, comme pour dire « tu es à moi » et je gémis doucement.

-Hiro… fais-je. On est… mmmh… toujours dans l'entrée…

- Alors viens…

Sur ces mots, il m'entraîne jusqu'à ma chambre, puis me pousse sur le lit et se débarrasse des deux épaisseurs de vêtements qui couvraient son torse. Il se met ensuite au dessus de moi et m'embrasse comme si sa vie en dépendait, avant de descendre pour suçoter mes tétons, me faisant de nouveau gémir. Soudain, il s'arrête, s'assoit à califourchon sur mon bas-ventre et ses index se mettent à décrire des cercles autour de mes deux bouts de chair. Je me demande ce qu'il fabrique, jusqu'à ce qu'il les pince doucement et les titille des pouces.

- Aaaaaah… Mmmh… gémis-je de nouveau.

Il avait jamais fais ça jusqu'ici et c'était si bon…

- Tu es vraiment sensible à cet endroit, remarque-t-il avec un brasier dans les yeux.

Je répond rien, je me contente de m'attaquer à son pantalon, mais il m'arrête et me retire mon boxer, dévoilant l'étendue de mon excitation. Il sourit et je sais très bien ce qu'il va faire avant même qu'il se penche pour me prendre en bouche.

Presque aussitôt, d'indécents gémissements franchissent mes lèvres et résonnent dans la pièce, tandis que je me cambre et glisse la main dans ses cheveux pour en réclamer davantage. Ses passages sur mon membre sont tantôt rapides, tantôt lents, parfois accompagnés de sa langue ou de ses dents. C'est si bon que je voudrais que ça s'arrête jamais.

- Han… Hiro… Motto… geins-je, les yeux clos et les lèvres entrouvertes sous l'assaut du plaisir.

Pourtant, il me laisse pas aller au bout et cesse tout mouvement, me laissant haletant et au bord de la jouissance.

- Hi… ro ? Qu'est ce que… tu fais ? articulé-je péniblement.

Sans répondre, il se déshabilla avec une lenteur exagérée, puis se replaça au dessus de moi et, sans prévenir, entre en moi.

- HAN ! crié-je, autant de plaisir que de douleur.

Mais cette dernière ne dure pas plus de quelques secondes, car ma jouissance avortée arrive à son terme à ce moment et je me libère brusquement entre nous. Mais il en a pas fini et commence à se déhancher en moi tout en caressant mon sexe.

- Han… Aaaaaah… Mmmh… fais-je de nouveau, les yeux fermés, en nouant mes jambes autour de sa taille pour mieux le sentir.

Jamais jusqu'ici il s'était montré si… sauvage. Et j'aime ça. Beaucoup. Comme en témoigne mon bassin ondulant au rythme de ses coups de reins et mes gémissements de plus en plus sonores et indécents.

- Han, Taka… Tu es si serré… dit-il en accélérant.

Est-ce qu'on peut mourir de plaisir ? Si c'est le cas, je vais pas tarder à y rester, c'est sûr.

Puis soudain, je le sens se tendre et se libérer dans un râle rauque, que je tarde pas à imiter. Epuisé, il se laisse retomber sur moi et je peine à reprendre pied dans la réalité tant ça a été intense.

- Uwah ! m'exclamé-je une fois que j'ai repris mon souffle. T'as mangé du lion ?

- Non, c'est toi qui me rend comme ça.

La déclaration me fait rougir. C'est pas qu'il le dit pas tout le temps, mais ça reste gênant quand même.

- Ca aussi j'adore.

- Quoi ?

- T'es tellement craquant quand tu rougis.

Ce qui, bien sûr, accroît ladite rougeur. Je dois avoir l'air fin.

- Baka… grogné-je vaguement.

Il rigole, m'embrasse dans le cou et se blottit contre moi. C'est bizarre, il est si… mâle quand il me fait l'amour, que le voir ensuite comme ça, si tendre, abandonné comme un enfant, ça me fait toujours quelque chose. Je lui caresse les cheveux et note qu'il commence à s'assoupir.

- Dors, mon cœur, lui-dis-je. On a la journée devant nous.