5 février 2006
Ce matin, je me réveille en me sentant très mal. Je me sens fiévreux, je tremble de froid mais en même temps, je meurs de chaud et dès que j'essaye de mettre un pied par terre, ma chambre tangue et je suis pris de nausée. Génial, j'ai choppé une crève carabinée en restant sous la flotte pendant des heures (je sais plus à quelle heure je suis rentré, mais tard, enfin tôt vu que je me suis perdu à force de courir droit devant moi). J'ai plus qu'à appeler Pi pour lui expliquer que je suis dans l'incapacité de venir. Il va me maudire... J'éternue et choppe un mouchoir dans la boite posée à côté de mon lit, avant d'attraper mon portable.
Bon, finalement, il est compréhensif. Il a l'air blasé, mais il semble pas m'en vouloir non plus. Par contre, si ça va pas mieux ce soir, je sais pas comment je vais faire. Je veux pas foutre les autres dans la merde, on a pas besoin de ça en plus du reste. Faut absolument que j'arrive à remonter la pente. Au moins pour News si c'est pas pour moi. Et je dois la remonter plus vite que la dernière fois. Ce qui tue pas rend plus fort, dit le dicton. Alors il faut que je le prouve. Pour les autres. Pour News. Pour les fans.
6 février 2006
Ca sert à rien de me le cacher, je vais pas mieux. J'ai même l'impression que mon état a empiré parce qu'en plus du reste, je tousse comme un pot maintenant. Je suis seul fautif, mais rah, je déteste être malade ! Une bronchite, c'est ça que le médecin que j'ai fini par appeler hier soir a dit que j'ai. J'en ai pour une semaine… Inutile de dire à quel point Pi était ravi quand je lui ai annoncé. Faut dire que ça tombe mal avec la date de sortie du nouveau single qui approche (parce que oui, on prépare un nouveau single comme si de rien était, comme si on avait pas perdu deux membres en l'espace de trois ans) et le boulot qu'on a. Va falloir que je bosse comme un taré à mon retour pour les rattraper. En attendant, j'ai un infirmier à domicile : Tesshi, qui a décrété qu'il s'installait avec moi jusqu'à ce que j'aille mieux vu que je me voyais pas appeler ma mère et que la sienne était d'accord. C'est pour ça que je l'entends chantonner dans la cuisine pendant qu'il trafique je sais pas quoi.
- Tesshi ! appellé-je d'une voix éraillée.
Mon meilleur ami apparait presque instantanément.
- Tu as besoin de quelque chose, Massu ?
- Désolé de t'embêter, m'excusé-je pour ce qui me semble être la millième fois, mais j'ai mal au crâne.
- Oh. Ok, je t'apporte un anti-douleur, fait-il en sautillant vers la salle de bain.
Il en revient rapidement en me tendant un comprimé et mon verre à dents rempli d'eau. J'avale le tout sans broncher et me rallonge.
- Merci. Tu fais quoi ?
- De la bouillie de riz. Ma mère me fait toujours ça quand je suis malade. Par contre, je garantis pas le goût, c'est une première, répond-il en riant.
- C'est trop gentil. Désolé de te causer des problèmes.
- Tu m'en cause pas, Massu, arrête. Allez repose-toi. Tout à l'heure, je t'apporterais tes médicaments.
Je hoche la tête et ferme les yeux, mais je m'endors pas, je réfléchis. A Hiro. C'est vrai, j'ai mal, très mal même, mais en même temps, avec un peu de recul (autant que je peux en prendre pour le moment du moins), je le plains. Exilé à l'autre bout du monde, dans un pays où il connait personne et dont il parle aucune des langues (je me suis renseigné, là-bas c'est le français et l'allemand) pour une faute dont je suis indirectement responsable vu qu'il voulait me rejoindre à la base, il doit se sentir bien seul. J'aimerais pas plus être à sa place qu'à la mienne. Enfin si j'avais le choix de pas être à la mienne.
C'est sur cette pensée que je glisse dans le sommeil… et je suis réveillé par le son d'une alarme de portable. Celle de Tesshi dans la chambre à côté. On est déjà le matin, j'ai pas pris mes médocs et lui doit aller à l'agence. J'entend le son feutré de ses pas, le bruit d'une porte qu'on ouvre et qu'on referme, puis un bruit d'eau qui dure un bon moment. Un silence, à nouveau la porte et le son feutré, puis la porte de ma chambre s'ouvre.
- Coucou Massu. Je t'ai laissé de quoi manger dans le micro-ondes, mais lève-toi le moins possible, ne, me dit-il en passant la tête.
- Hai…
- Ittekimasu !
- Itterashai, lui dis-je avant de tousser.
Il referme la porte, s'éloigne, j'entend la porte d'entrée se refermer et le silence retombe.
14 février 2006
J'essaye de pas penser à la date du jour, mais c'est presque impossible vu l'ambiance générale : dans les boutiques, il y a des tas de guirlandes et de ballons en forme de cœurs roses et blancs des odeurs de chocolat flottent dans l'air un peu partout les filles dans la rue parlent que de ça et, même s'ils essayent de le cacher par égards pour moi, je sais que les gars préparent des trucs aussi, comme une grande partie des mecs de l'agence. Bref, aujourd'hui c'est la Saint Valentin. Youhou…
On est en pause depuis dix minutes et mes amis se sont exilés à l'autre bout de la pièce pour murmurer des trucs loin de moi. Ils font tant d'efforts pour m'épargner, que ça me touche et je prends pitié.
- C'est bon les gars, vous pouvez en parler à voix haute.
Ils se retournent. Apparemment, ils s'attendaient à tout sauf à ça vu la tête ahurie qu'ils font.
- T'es sûr, Massu ? me demande Yuya, inquiet.
- Hum, c'est bon. Si ça devient insoutenable, je sortirais, c'est tout.
- Je suis fier de toi, me dit-il en souriant. Tu réagis plus vite que la dernière fois.
C'est surtout que « la dernière fois », on avait pas débuté et on était pas connus. Si je lâche maintenant… Non, je peux pas lâcher. Du coup, pour moi, il y a plus que le travail. Je me relève et vais remettre la musique sans attendre la fin de la pause. J'ai tellement de boulot pour rattraper ma semaine d'absence, que je peux pas me permettre de perdre du temps. La choré, c'est celle de « Adashi no cinderella boy », la deuxième des chansons du single qui sortira le 15 mars. Elle est rapide et très punchy, ce qui m'oblige à me concentrer et c'est exactement ce qu'il me faut. Parce que celle de « Sayaendo » (la chanson principale du single) est moins speed et du coup je suis moins fixé dessus. Les paroles des deux sont sympas et elles auraient fait de bons PV aussi… sauf qu'on a appris qu'aucune n'en aurait. Personne a rien dit sur les raisons, mais je crois qu'on pense tous la même chose : on est « punis » pour tout ce qui s'est passé depuis trois mois. Ce qui est profondément injuste à mon sens vu qu'on est innocents nous, mais bon, c'est pas comme si on pouvait contester ce genre de décision. Enfin je sais que Pi a essayé en plaidant que les fans seraient déçues, mais peine perdue, il se serait adressé à un mur, ça aurait été pareil. Conclusion, le single sort bientôt, mais y'aura rien pour l'illustrer, c'est naze.
Les autres me regardent un moment danser seul, puis Tesshi décide de me rejoindre, puis Keii-chan et finalement, la pause se termine avant l'heure.
15 mars 2006
Comme on a un gros live ce soir, suivi d'une émission, j'ai décidé d'arriver en avance à l'agence, histoire de répéter tout seul pour être sûr d'être totalement calé. Je sais que je le suis, mais je préfère être prudent.
Je danse depuis plus d'une heure maintenant et, soudain, j'entend la porte s'ouvrir.
- Massu ! s'exclame Yuya en me voyant.
- T'es tombé de ton lit ? demande Shige qui a l'air de galérer pour garder les yeux ouverts.
- Me dis pas que t'es nerveux pour ce soir ? fait Nishikido.
- Mais non ça peut pas être ça, il a l'habitude, le détrompe Pi.
Pas un qui me laisse en placer une. Ils sont pas croyables.
- Je peux parler ? fais-je. Je voulais juste être sûr d'être calé et de pas hésiter.
- Massu… t'es le meilleur danseur du groupe, répond Keii-chan. Bien sûr que t'es calé.
Ca me fait toujours bizarre quand l'un ou l'autre me sort ça.
- Bon ben au boulot, déclare notre leader. Faut le rattraper.
Chacun va donc se changer, puis on se réunit pour mettre au point les derniers détails, jusqu'à ce que Fujioka-san entre. Avec les singles dans les mains. Moche ou pas moche ? Suspence… Ah ben non pas moche, mais ils se sont pas cassé la tête : les pochettes de la version limited et de la regular sont presque pareilles. Sur la première, on porte tous des chemises bleues type hawaïennes sur fond de plage et de ciel bleu et on a tous un instrument dans les mains (trompette pour Pi, tambourin pour Nishikido…). Et sur la deuxième, on est placés pareil, mais nos chemises sont rouges et nos mains sont vides. Ce qui fait vide aussi, c'est qu'on est plus que six sur les photos. Ca fait douloureusement prendre conscience qu'Hiro n'est plus à nos côtés.
- J'ai plusieurs choses à vous dire aujourd'hui, nous annonce notre manager. L'une concerne deux d'entre vous. Tegoshi-kun, Masuda-kun, à partir du mois de mai, vous allez former un unit du nom de Tegomass.
Pas sûr de bien comprendre, je le fixe.
- Qu'est ce que vous entendez par « unit » ?
- Un sous-groupe avec une existence indépendante de celle de News.
J'écarquille les yeux, bouche ouverte, totalement abasourdi par cette nouvelle à laquelle j'étais loin de m'attendre et croise le regard de mon meilleur ami, tout aussi éberlué.
- Mais pourquoi ? finis-je par demander.
- Kitagawa-san trouve que vos voix s'accordent à la perfection et pense que votre duo peut cartonner.
- C'est flatteur. Ca veut dire qu'on va faire partie de deux groupes à la fois, comme Ryo-tan ?
- En quelque sorte, oui.
Personne a encore dit le moindre mot dans la pièce. Je crois qu'ils sont aussi surpris que nous.
- Et ben félicitations à tous les deux, nous dit Pi, premier à se ressaisir.
- Ouais, bravo les gars, dit Nishikido en me fixant.
- Mais ça va vous faire encore plus de travail très bientôt, soyez-en bien conscients, ajoute Fujioka-san.
- On en est conscients et capables, dis-je en notre nom à Tesshi et moi.
C'est une sacrée marque de confiance, alors on les décevra pas. Si Nishikido y arrive, on peut très bien s'en sortir aussi.
- Le reste des nouvelles concernent des faits plutôt lointains. Le premier single de Tegomass devrait théoriquement sortir en octobre et une tournée est planifiée pour News, dont le début sera en décembre.
- Pourquoi nous en parler aussi tôt ? questionne Shige.
- Pour commencer à vous y préparer. Tout ça arrivera plus vite que vous ne le pensez.
8 avril 2006
Depuis la sortie du single, on a plus de boulot que jamais et les fans nous attendaient au tournant à ce que j'ai compris. Et ça se comprend, elles devaient se demander si on arriverait à se relever de ces deux suspensions successives. Moi… j'ai mis de côté dans un tiroir fermé à clé dans ma tête tout ce qui n'est pas News. Et Tegomass maintenant puisque ce unit va pas tarder à débuter. Et du coup, je vais plutôt pas mal. Avec Tesshi, on se retrouve souvent le soir chez moi, pour essayer d'imaginer ce qui sera attendu de nous deux et à quoi pourra bien ressembler notre premier titre prévu pour dans six mois. En admettant qu'ils se basent sur nous, j'imagine un truc plutôt sautillant, mais dans un genre différent de celui de News. En tout cas, ça va être une expérience intéressante.
7 juillet 2006
Quand Fujioka-san passe la porte de la loge ce matin, Tesshi et moi on s'apprête à aller répéter. Parce que depuis hier, on a enfin les infos sur le single de notre unit, qui doit sortir en octobre. La chanson s'appelle « Miso soup ». Les paroles ont l'air sympa pour ce que j'en ai lu, par contre, je pige pas pourquoi notre premier titre parle de bouffe (même si c'est pas que ça) et pas d'un truc plus classe. C'est pas comme si y'avait pas le choix des thèmes quoi. Y'en a des tonnes, y compris les plus bateau genre l'amour ou l'amitié, alors pourquoi la bouffe ? On a une tronche à aimer bouffer ou alors c'est mon visage rond qui leur a donné cette idée zarb ? Belle entrée en matière en tout cas. J'espère que les suivants seront pas tous comme ça…
- Les garçons, j'ai une nouvelle, déclare notre manager.
Mouais… Moi je commence à me méfier de ses nouvelles. Ou elles nous annoncent une catastrophe ou encore plus de travail.
- Laquelle ? demande Pi du ton circonspect que j'aurais employé.
- A partir de lundi, vous avez trois semaines de vacances.
J'écarquille démesurément les yeux. J'ai mal entendu ou notre cher manager a prononcé le mot « vacances » ? Je regarde les autres qui, vu leur air de vaches qui regardent passer un train, hallucinent autant que moi. Des vacances ? Je me rappelle à peine de ce que veut dire le mot tellement on passe notre temps à bosser. Répètes danse, répètes chant, enregistrement d'émissions et de live, tournages de PV (et de dramas pour certains), enregistrements de singles, shoots, interviews… le rythme est plus qu'effréné. Sérieux, la dernière fois qu'on a eu des vacances, on était encore trainees je crois bien. Ou alors ça m'a pas marqué. Du coup, ces congés qui nous tombent dessus sans crier gare nous assomment un peu.
Notre réaction se fait tellement attendre, que Fujioka-san reprend la parole.
- Ben cachez votre joie. Je pensais que vous seriez contents.
- On l'est, rétorque Nishikido. Faut juste que l'idée fasse son chemin.
Les autres approuvent vigoureusement, mais je suis plus mitigé. Bien sûr, c'est cool comme idée trois semaines totalement libres, mais qui dit vacances, dit plus de boulot pour me vider la tête. Et ça c'est pas bon du tout. Il va falloir que je me trouve un programme d'enfer d'ici lundi, ça va être chaud.
- Oh Masuda-kun, j'en ai déjà parlé à Yamashita-kun, mais toi aussi tu as reçu une demande de shoot pour An An.
J'écarquille les yeux une nouvelle fois et m'étrangle presque avec ma salive.
- Qu… Quoi ?!
- Tu as déjà fais un shoot pour eux, ajoute Fujioka-san, et ils te veulent de nouveau.
- Mais…
- C'était officieux, fait Tesshi, venant à mon secours.
- Et bien là, c'est tout ce qu'il y a de plus officiel. Qu'en penses-tu ?
Totalement pris au dépourvu, je peux pas m'empêcher de regarder mes amis pour quêter leur avis.
- Tu l'as déjà fais, Massu, tu peux recommencer, j'en suis sûr, dit Keii-chan, vigoureusement approuvé de la tête par Tesshi et Shige.
- En plus, tu t'étais super bien débrouillé, appuie mon meilleur ami.
- Le photographe était tellement à fond qu'il avait presque les yeux qui lui sortaient de la tête et pour un peu il aurait fallu un seau pour sa bave, renchérit Shige.
- Très classe le commentaire, ricane Nishikido.
- Et vachement rassurant, ajoute Pi. Allez, Massu, dis oui, t'as rien à perdre, les fans t'adorent.
Ouais sûrement, mais bien moins que lui et les autres…
- Allez Massu !
Vu comme ça, j'ai pas trop le choix, mais je suis pas à l'aise avec l'idée. La dernière fois, je savais pas que le photographe était de An An vu que ce petit fourbe de Yuya avait tout manigancé dans mon dos et du coup, je m'étais lâché. Mais là, ce serait en toute connaissance de cause que j'irais et dans ma tête, c'est pas le même trip.
- Alors, Masuda-kun ?
- … D'accord, capitulé-je.
- Bien, dans ce cas, je vais contacter la rédaction.
- C'est quand ? demandé-je quand même.
- Demain à neuf heures, répond-il avant de quitter la pièce.
8 juillet 2006
Malgré les efforts de Pi, j'ai pas réussi à me détendre de tout le trajet jusqu'au studio. J'ai juste prié très fort pour passer en premier et pas après lui ou pire, avec lui. Parce qu'il est totalement évident que je soutiens pas la comparaison deux minutes.
- Massu ! fait soudain la voix de mon leader, accompagné d'un claquement de doigts tout près de mon visage.
Je sursaute. Merde, il devait me parler.
- Excuse-moi, tu disais ?
- Rassure-moi, t'es quand même pas en train de stresser là ?
Je suis vraiment transparent… ou alors mes potes sont trop observateurs. Ou les deux.
Prenant mon silence pour un acquiescement, il reprend :
- Massu, t'es pas possible, me dit-il. T'as déjà fais des photos pour An An, alors de quoi t'as peur ?
Je vais pas lui dire la vérité. Pour entendre des sermons pendant tout le reste du trajet, merci bien, je suis pas dingue non plus.
- J'en sais rien, mens-je. Ca va sûrement passer.
Ca va passer que dalle, mais bon, c'est ce qu'il veut entendre je crois.
- J'espère, parce que t'as vraiment pas de raison de te sentir en infériorité.
Facile à dire pour lui, il est foutu comme une statue de dieu grec, avec quasi les mêmes proportions. Et l'air mystérieux et le charisme en plus. La vie est injuste. Tout pour les uns, rien pour les autres.
Une fois arrivés au studio, le photographe se pointe et nous salue.
- Yamashita-san, on va commencer avec vous. Pour changer un peu, les prises de vues seront faites sous la douche.
- Très bien, acquiesce-t-il.
- Jaa, dozo.
Je suis atterré. Rien aurait pu être pire, je pensais naïvement. ERREUR. Il y AVAIT pire que passer après Pi : passer après Pi EN TRAIN DE PRENDRE UNE DOUCHE ! Kami-sama, ouvrez le sol sous mes pieds et engloutissez-moi…
Il faut à mon leader que quelques instants pour se débarrasser de ses fringues et réapparaitre avec juste un peignoir.
- Vous êtes libre de faire ce que vous voulez, du moment que vous êtes sensuel et sexy.
- Wakatta.
Il laisse tomber le peignoir au sol, entre dans la cabine de douche spécialement installée sur le plateau, règle l'eau puis met la pomme en hauteur et se place dessous. L'eau commence à ruisseler sur lui, assombrissant ses cheveux qu'il rabat vers l'arrière d'une main comme il ferait sûrement dans sa propre douche, mais rien que ce geste très simple est torride, parce qu'en plus, ses lèvres sont entrouvertes. Le photographe a l'air béat et moi j'ai chaud. Très chaud. J'ai jamais vu mon leader comme ça. Il a un genre de… je sais pas… d'aura érotique qui me fait de l'effet. Non, stop Taka, arrête ça, pense au travail. Juste le travail, ok ? Sauf que mes yeux sont attirés comme s'il avait un pouvoir d'attraction. Je déglutis péniblement alors qu'il passe lentement ses mains pleines de mousse sur son corps parfait en posant un regard de braise que je lui connaissais pas sur l'appareil photo. Comme s'il invitait les filles qui regarderont les clichés à le rejoindre. Et là, c'est moi qui meurs d'envie d'y aller.
Je me donne une claque mentale et donne une excuse bidon pour quitter le plateau avant d'avoir vraiment un problème et qu'il devienne voyant. Voilà, fuir, c'était le mieux que j'avais à faire pour éch… Hé mais non, pourquoi je reviens sur mes pas ? Pourquoi je passe la tête pour jouer les voyeurs ? Non non… je joue pas les voyeurs, je regarde juste faire le pro. Oui c'est ça, c'est juste de la curiosité professionnelle, rien d'autre !
De la curiosité professionnelle, mon œil ouais ! C'est dingue comme on se trouve toujours des excuses quand on fait un truc pas avouable. La vérité, c'est que j'ai juste maté mon pote pendant tout son shoot et que j'en ai pas honte. Après tout, est ce que les gens qui vont au musée admirer des tableaux et des statues de nus ont honte ? Nan. Et bah Pi est une œuvre d'art que je me suis pas privé d'admirer voilà tout. Bon, le revers de la médaille, ça va être la comparaison, qui va franchement pas être à mon avantage.
- Masuda-san, à vous.
He ? Comment ça « à moi » ? Il veut quand même pas dire… ?!
- Dozo, appuie le photographe en me désignant de la main la douche que Pi a quitté, de nouveau enveloppé dans le peignoir.
Je reviens sur ce que j'ai dis. J'ai trouvé pire que passer après Pi sous la douche. PASSER APRES PI, SOUS LA DOUCHE ! Je sais, la différence entre les deux phrases se joue uniquement sur la ponctuation, mais ça suffit pour être une catastrophe à mes yeux.
- Allez Massu, m'encourage mon leader… qui m'encouragerait pas s'il savait le nombre de pensées pas nettes qui m'ont traversé l'esprit pendant sa séance.
Je déglutis et regarde la douche comme un ennemi, avant de me décider à me déshabiller et à y entrer dans le plus simple appareil.
- Bien, Masuda-san, même consigne que pour Yamashita-san, faites ce que vous voulez, mais que ce soit sensuel et sexy.
