18 juillet 2006

Une semaine. Ca fait une semaine que ce shoot de malheur a eu lieu… et une semaine que j'arrive pas à retirer de ma tête les images de Pi sous la douche. Dès que je ferme les yeux ou que je relâche mon attention même deux minutes, je le vois. Ca tourne à l'obsession. Quant à ce que je vois dans mes rêves, l'évoquer serait indécent et si le pauvre savait…Malgré les vacances, je suis revenu à l'agence plusieurs fois (parce que je me fais chier tout seul, faut bien le dire), les autres aussi (ils doivent être dans le même cas) et le problème, c'est qu'à chaque fois, j'ai été incapable de le regarder en face et qu'il l'a remarqué. Plusieurs fois, il a tenté de venir me parler, mais j'ai fuis à chaque fois. Je sais même pas exactement ce que je crains. De lui déballer la vérité ? Aucun risque, je suis pas suicidaire et je tiens à son amitié.

Plongé dans mes pensées, j'ai même pas percuté que Tesshi, Shige, Keii-chan et Nishikido s'étaient barrés et je sursaute violemment quand mon leader plaque brusquement la paume sur le casier à côté du mien.

- Alors c'est quoi le problème ? me demande-t-il en se rapprochant un peu.

C'est devenu un réflexe, mais je baisse les yeux direct et la tête aussi. On dirait une héroïne de drama, c'est pathétique.

- Massu, je t'ai posé une question, j'estime avoir droit à une réponse.

Pris au piège, j'envisage de m'échapper par l'autre côté mais, comme s'il avait deviné mes intentions, mon aîné pose sa deuxième main de l'autre côté de moi. Je suis coincé.

- Espère même pas te tirer sans m'avoir répondu.

- Y'en a aucun, réponds-je d'une voix basse que je reconnais à peine.

- Ah nan ?! Et c'est parce qu'il y a aucune problème que tu me fuis comme la peste ?! Te fous pas de ma gueule, Massu !

Il est en colère maintenant, je l'entend à son ton et je suis sûr que ses yeux qui savent si bien jeter des regards de braise, lancent des éclairs en ce moment. Il doit être terriblement sexy, mais j'ose pas lever le nez pour vérifier.

- Regarde-moi, bordel !

Et en donnant cet ordre, il me fait relever la tête avec sa main, sans douceur.

Au contact, je sens une violente bouffée de désir me submerger, surtout avec le regard noir qu'il me lance. Je déglutis. Faut pas qu'il me touche ou je répond plus de rien…

Je le repousse un peu brusquement et me « défend » de la seule façon qui me vient à l'esprit.

- C'est bon, lâche-moi, j'ai pas de comptes à te rendre ! fais-je, agressif. Si je dis qu'il y a aucun problème, c'est qu'il y en a aucun, point barre !

- Mais merde, qu'est ce que je t'ai fais ?! Pourquoi tu réagis comme ça ?!

- Laisse tomber… grondé-je sourdement.

- Ah nan, crois pas t'en sortir si facilement !

Et en parlant, il s'est de nouveau rapproché. Son visage est plus qu'à quelques centimètres du mien. Putain, il se rend pas compte que j'essaye de garder mon calme là…

- Pi, je te jure, écartes-toi, articulé-je avec le plus grand mal.

- Ou quoi ? Tu vas me foutre un pain pour une raison que j'ignore ?

Faut pas que je craque… Faut pas même si j'en ai envie. Même si j'ai envie de lui à en crever. Et puis c'est que physique et surtout, je crois pas qu'on soit du même bord lui et moi. Il serait choqué si je craquais. Je dois me calmer.

J'inspire et me force à le regarder bien en face pour dissiper ses craintes. Kami-sama qu'il est sexy quand il est furieux…

- Ecoute, désolé de t'avoir fui, mais t'inquiète ça va aller maintenant, fais-je dans un petit sourire que j'espère convaincant.

Il fronce les sourcils. Je pense qu'il me croit pas, mais faut dire que je suis mauvais menteur. Mais là, faut que j'arrive à filer me soulager même si j'aime pas me masturber, parce que j'ai mal tellement je le veux. Je suis tellement tendu à cause de lui, que j'ai l'impression que le moindre effleurement pourrait me faire sauter sur le premier venu. Ca fait huit mois maintenant qu'Hiro est parti, huit mois que je suis célibataire et huit mois que j'ai pas fais l'amour et comme j'aime pas me toucher (ça fait vicieux je trouve), j'ai, comme dirait « poétiquement » Nishikido « les couilles pleines ». Et du coup, ce shoot m'a mit et me met toujours au supplice. Pi se rend même pas compte de ce qu'il me fait endurer.

- Tu vas arrêter de me fuir ?

Oui oui, tout ce que tu veux, mais laisse-moi passer, bordel…

- Hai… Yakusoku.

- Bon, je préfère ça.

Sur ces mots, il retire ses bras et, ahuri, me regarde détaler comme si j'avais le feu aux fesses. Le feu, je l'ai, mais pas franchement aux fesses là.

Comme une fusée, je traverse le couloir, manquant renverser au passage Tackey et Tsubasa, mais je prend pas le temps de m'excuser, y'a urgence, je vais imploser.

- Chauffard ! me crie l'un des deux.

Je m'engouffre dans les toilettes et dans la première cabine venue, puis la verrouille. J'ai du mal à défaire mon pantalon tellement mes mains tremblent d'impatience. On dirait un drogué en manque. Quand j'y arrive enfin, le simple fait d'effleurer mon sexe à travers le tissu déjà humide de mon boxer, me tire un gémissement sonore. Bien vite, ma main trouve sa place et je ferme les yeux en pensant à l'objet de mon désir.

-Han Pi… Mmmh… Oui, motto… Mmmh… Han...

C'est si bon, que je fais pas gaffe que je suis plus tout seul, jusqu'au moment où une voix familière venue d'en haut me tire de ma béatitude.

- Ah putain, Masuda qui s'astique aux chiottes en pensant à Pi ! Enorme !

Brusquement dégrisé, j'ouvre les yeux et vois alors Nishikido, dont seule la moitié supérieure du corps est visible, ce qui me fait supposer qu'il est debout sur la cuvette de la cabine d'à côté. Qu'est ce qu'il fout encore là, ce con-là ? Il s'était pas barré ?

Il me regarde d'un air hilare, avec un sourire en coin qui me dit rien de bon.

- T'as besoin d'un coup de main ? continue-t-il sur le même ton railleur.

- Dégage, grogné-je, embarrassé.

- Ah nan sûrement pas, c'est le scoop du siècle !

Sur ces mots et sous mes yeux hallucinés, il se faxe littéralement dans l'étroit interstice entre le plafond et le sommet de la cloison et se laisse glisser de mon côté où il se réceptionne adroitement.

- Ca fait longtemps que t'es en trip sur Pi ? C'est ton combien ? Troisième c'est ça ? Je te pensais pas collectionneur de mecs. Fais gaffe, tu prend le même chemin que Tegoshi.

- Tu peux la fermer et te casser ?! fais-je, mal aimable au possible à cause de la gêne provoquée par la situation abracadabrante.

- Tu veux pas que je t'aide ? T'as pas l'air doué en la matière.

- Je doute pas que tu y sois pro, mais je me démerde très bien tout seul, alors barres-toi !

- Et si je racontais à Pi que tu t'astique en pensant à lui ?

La menace me fait pâlir. C'était ça qu'il avait en tête, cet enfoiré avec son sourire pervers… Et il en serait tout à fait capable…

- Non… soufflé-je. Tout mais pas ça…

- Tout ? Tu serais prêt à faire quoi exactement pour que ton petit secret reste entre nous ? Hum ?

Je déglutis péniblement. Je sais pas à quoi il pense, mais ça va sûrement pas me plaire. J'adorerais l'envoyer au diable, mais je peux pas. Je veux pas que Pi sache… Moi et mon imprudence ! Pourquoi j'ai pas vérifié que j'étais bien seul ?! Ca m'aurait évité de tomber dans les griffes de ce maître-chanteur de Nishikido ! Je suis vraiment un crétin !

- Ce que tu veux… murmuré-je piteusement.

- D'accord… Alors d'abord, tu me laisse t'aider. Ensuite on verra.

Et avant que je puisse dire quoi que ce soit, il se laisse glisser à genoux et regarde mon membre toujours dressé. Atrocement gêné, je chope mon jean pour essayer de préserver le peu de dignité qui me reste, mais il m'en empêche et émet un sifflement appréciateur.

- T'es vachement bien monté en fait, constate-t-il à ma plus grande honte, avant de caresser et masser mes bourses, me faisant gémir malgré moi. T'as pas baisé depuis combien de temps ?

Je serre les dents pour pas répondre. Je veux pas lui faire ce plaisir, à ce fumier. Mais ce salaud recommence où je me suis arrêté et c'est si bon, si libérateur, que je commence à perdre pied. De toute façon, je suis dans un tel état, que je suis prêt à tout ce qu'il veut, pourvu qu'il continue.

- Huit… Han… Motto… Huit… mois… Mmmh…

- Huit mois ?! Je sais pas comment tu fais, moi je pourrais jamais. Tu m'étonne que t'as les couilles pleines, mon pauvre ! Mais il t'as fait quoi, Pi, pour te mettre dans cet état ? Il t'as chauffé à mort ou quoi ?

- I… Iie… Même… Han… Mmmh… Même pas… C'est le… Aaaah… le shoot…

- Quel shoot ? Celui de An An ?

Ca a pas l'air de le déranger de me questionner tout en me masturbant mais moi, j'ai vachement de mal à me concentrer sur mes réponses. Je hoche juste la tête et un sifflement lui échappe.

- Et t'es comme ça depuis une semaine ?! Ah bah putain, t'es résistant, j'aurais déjà pété un plomb ! Il était bandant à ce point ?

- T'as même… pas idée… Mmmh… Nishikido, motto… réclamé-je malgré moi.

- Ryo. Appelle-moi Ryo.

- R… Ryo… continue onegai…

Un hoquet de stupeur m'échappe quand je le sens me prendre en bouche et commencer des va-et-vient. Des plaintes de plus en plus sonores se font entendre, résonnant dans les toilettes. Prenant soudain conscience qu'on pourrait m'entendre, je me bâillonne d'une main pour tenter de rester discret (enfin si toute la Jimusho est pas déjà au courant de ce qui se passe depuis cinq minutes), mais il retire ma main de ma bouche et, pour m'empêcher de la remettre, tient mon poignet dans sa main. Soudain, je sens un spasme secouer mon bas-ventre et je comprend que c'est la fin, ce qu'il doit comprendre aussi parce qu'il remet sa main et, quelques secondes plus tard, avec son aide, je me libère longuement. Très longuement. Dans un râle de jouissance rauque.

- Tu dois te sentir plus léger, nan ? fait-il en se redressant.

C'est alors que les brumes du plaisir se dissipent dans ma tête, que je réalise vraiment ce qui vient de se passer. La honte me submerge et je vire au cramoisi tandis que je chope mes fringues pour me rhabiller. J'arrive pas à croire que j'ai fais ça… Comment j'ai pu faire ça ?!

- Tu sais que t'es vachement bandant ? Rien que t'entendre gémir comme une petite chienne, j'ai la trique.

- Tu peux éviter d'en rajouter et de me rabaisser ? fais-je, blessé.

- Oh nan. Tout ce que je veux pour pas que Pi apprenne ton secret, tu te souviens ?

J'aurais du savoir que je courrais droit à ma perte quand j'ai dis ça. La chair est faible. Et lui, c'est un beau salaud pour se comporter comme ça.

- Alors qu'est ce que tu veux, Nishikido ?

- Hum hum, je t'ai dis de m'appeler Ryo.

Genre je vais consciemment appeler celui qui me fait chanter par son prénom. Il croi au père noël ma parole !

Comme je reste muet, il sort son portable de sa poche.

- Ok, j'appelle Pi. Ca va lui faire vachement plaisir d'apprendre que tu…

- Non ! fais-je en refermant moi-même le clapet de l'appareil. C'est d'accord… Ryo.

- Bon, je préfère ça. Donc, pour en revenir à nos moutons, à partir de maintenant, on sort ensemble.

- Quoi ?! fais-je, halluciné.

- Disons que ton joli petit cul me fait envie depuis un bon moment et que j'ai bien l'intention d'en profiter tant que je veux.

- En d'autres termes, tu veux que je sois ta pute perso ?! Va te faire foutre ! explosé-je.

- Oh non, c'est toi qui va te faire foutre, mon petit Massu. Par moi, où et quand je voudrais, fait-il dans un sourire malsain.

- Pas question !

- T'es sûr de ta réponse ?

J'hésite fortement. Perdre l'amitié de Pi en lui avouant tout ou perdre toute fierté et toute dignité en me soumettant aux désirs de celui que je pensais mon ami bien qu'on soit pas super proches ? Non, je peux pas accepter la deuxième solution. Hors de question.

Je me redresse, relève la tête et foudroie mon connard perso du regard.

- Jamais. Plutôt crever, fais-je d'un ton glacial. Va te faire enculer, connard.

Je pensais qu'il serait fou furieux, mais au lieu de ça, il explose de rire. Mais pas un rire méchant, plutôt un rire joyeux totalement hors contexte.

Totalement éberlué, je le fixe.

- J'ai dis quoi de marrant ? Je suis sérieux.

- Je me demandais juste jusqu'où il faudrait que j'aille dans l'enfoiritude pour que t'arrête de carpétiser comme tu le fais depuis quelques temps. J'aime pas quand tu fais ça alors que je sais que t'as autant de caractère que moi sinon plus, alors je t'ai provoqué exprès. Je suis content que ça ait marché. Je te préfère comme ça.

He ? Il jouait la comédie, ce connard ? C'est une blague ?

- Je dirais que dalle à Pi, je te rassure, mais c'est vrai que j'aimerais bien que tu sorte avec moi quand même.

- Tu t'es payé ma tête ?! m'étranglé-je.

- Juste un peu. Pour voir ta réaction.

- Tiens, la voilà ma réaction, abruti !

Je suis pas violent de nature, mais là, nécessité fait loi et je lui colle mon poing dans la figure de toutes mes forces.

- Ca te fera peut-être passer l'envie de me prendre pour un con ! ajouté-je, furieux, alors qu'il se masse la mâchoire.

Mais là encore, sa réaction est pas du tout celle que je pensais.

- Wouhou, génial ! Trop sex !

De nouveau déstabilisé, ma colère s'évanouit. A quoi il joue ?

- He ?

- C'est comme ça que j'aime te voir, pas dégoulinant de guimauve, carpétisé ou déprimé.

- Qu'est ce que tu raconte encore ?

- Je dis que t'es sex quand t'es en colère et que j'aime ça. La guimauve, ça va bien à Tegoshi, mais pas à toi. Au moins, si tu sors avec moi, je suis sûr de pas en voir, parce que je vais tellement t'énerver que tu dégoulineras jamais.

Je le regard, ébahi de son raisonnement. Il est pas bien dans sa tête ce mec.

- T'es complètement malade, mon pauvre. Faut te faire soigner, fais-je en rouvrant enfin la porte de la cabine, avant de regarder ma montre.

Merde il est déjà vingt-trois heures passé.

- Sors avec moi, Massu ! lance encore Nishikido alors que je pars. Je suis sérieux !

Je file à la loge récupérer mon sac et me grouille de filer. Sortir avec lui ?! Alors qu'il m'a mené en bateau ?! Et puis quoi encore ?! Il a vu la Vierge lui ! De toute façon, je me suis promis de plus sortir avec personne, alors il peut toujours courir. Et en plus, le style ténébreux, c'est pas mon genre. Si je devais prendre un amant, c'est vraiment pas lui que je choisirais. Bon, sinon c'est vrai que si je met de côté trente secondes mon orgueil blessé, j'avoue que c'est un putain de bon acteur. J'y ai tellement cru, à son rôle de connard… Pas étonnant qu'il croule sous les demandes de dramas lui aussi.

Enervé, je marche vite, comme si marteler le sol rageusement avec mes talons changeait quelque chose. Des tas d'idées me traversent la tête, si bien que je finis par m'arrêter et sortir mon portable… et de le remettre aussitôt dans ma poche. Je viens quand même d'envisager de le prendre comme sexfriend. Alors que j'ai dis que c'était pas mon genre. Je suis pas bien moi non plus, faut que je me repose. J'aurais les idées plus claires demain.

19 juillet 2006

J'ai pas fermé l'œil de la nuit, je me suis repassé en boucle ce qui s'est passé avec Pi, puis avec Ryo et j'en suis venu à la conclusion que non, je sortirais plus avec personne, mais que pour que Pi m'ait fait autant d'effet, c'est qu'il y a un truc. Le manque de sexe explique pas tout. Et c'est perturbant. Du coup, pour peu que Nishikido se soit pas encore foutu de moi, faut que je le repousse proprement. Je regarde mon portable. Il est encore tôt mais tant pis, faut que j'en finisse, sinon ces vacances vont être infernales.

Je me lève, file à la douche et saute dans mes fringues, puis file en direction de chez lui. Une fois là, je sonne une fois, deux fois, trois fois… il a le sommeil lourd. Enfin j'entend le bruit des verrous et la porte s'ouvre sur un Ryo échevelé et seulement vêtu d'un boxer.

- Massu ? Qu'est ce que tu fous là ? T'as vu l'heure ?

- Je sais, gomen, mais il faut que je sache… Ta proposition d'hier, elle était sérieuse ?

Il a l'air totalement ahuri. Faut dire qu'il est six heures du mat' aussi.

- He ? Matte, entre et laisse-moi le temps de me faire un café, parce que là…

Je rentre donc, referme la porte et me déchausse, puis le suis au salon où j'attends patiemment qu'il avale sa dose de caféine.

- Donc tu veux savoir si j'étais sérieux ? fait-il ensuite. Ouais, très. Pourquoi, t'as réfléchi ?

- J'y ai pensé toute la nuit et… je peux pas accepter, fais-je.

- Pourquoi ? A cause de Pi ? Mais il est hétéro, t'as aucune chance.

- Rien à voir avec lui. J'ai juste décidé de plus sortir avec personne.

- A cause de tes ruptures ? Mais tu risque pas d'avoir le cœur brisé vu que t'es pas amoureux de moi. T'as qu'à juste me prendre comme sexfriend.

Je sursaute. Comment il sait que j'y ai pensé ? Il est devin ou quoi ?

- Ca t'as traversé l'esprit avoue.

- Oui, mais…

- Alors qu'est ce qui te retient, puisque ça nous va à tous les deux ?

J'hésite. J'hésite fortement parce que… ben faut bien dire ce qui est, je suis vraiment en manque et s'il est à moitié aussi doué pour faire l'amour que pour une fellation…

- Bon, je suppose qu'on peut faire un essai…

La chair est faible, je l'ai déjà dis je crois. La preuve.

Il sourit.

- Génial. Bah reste vu que t'es là. Tu veux boire un truc ?

Je hoche la tête. Personne me croira jamais si un jour je raconte cette histoire de dingues. Je fantasme sur Pi et je me retrouve avec Ryo en sexfriend.

20 juillet 2006

Une fois encore incapables de rester chez nous alors qu'on est en vacances, on finit par tous se retrouver à l'agence et on tape la discute. L'ambiance est plutôt détendue vu qu'on bosse pas, mais : 1) J'arrête pas de regarder Pi. 2) Je sens le regard de Ryo qui me regarde regarder Pi. 3) Je sais que Keii-chan, Shige et Tesshi regarde Ryo qui me regarde regarder Pi. Quel bordel… Si après ça ils ont pas pigé qu'il se passe un truc louche…

- Ano, désolé de changer de conversation, fait alors Yuya, mais ça fait dix minutes que je vous observe et je me demande à quoi vous jouez.

Et voilà qu'est ce que je disais. Bon, le problème, c'est que Pi est au courant de rien.

- Comment ça ? demande-t-il alors.

- Bah je sais pas. Massu te dévore du regard et Ryo-tan fixe Massu comme s'il allait l'avaler tout cru. On a loupé un épisode ?

Oh oui, plein. Tellement que même moi qui suis entre guillemets l'acteur principal, j'ai du mal à suivre. Je vous jure que si on faisait un drama sur ma vie, il tiendrait jamais en une seule saison. Mais je retiens ce faux frère de Tesshi… Il aurait pu me demander en tête à tête, au lieu de poser la question devant tout le monde… Comment je vais me sortir de là ?

- C'est vrai, Massu ?

- Ano… en fait je me demandais si t'avais pas pris du muscle, improvisé-je au hasard.

- Oh ça se voit déjà ? fait-il dans un de ses trop rares sourires. J'ai commencé la muscu la semaine dernière.

Heeeeee ?! Sérieux ?! J'ai dis ça au pif pourtant parce que, soyons lucides… on voit que dalle niveau changement.

- He ? Bah on voit r…

La phrase de Keii-chan, qui aurait pu mal tourner pour moi, est étouffée par Shige, qui avait pigé ma manœuvre.

- C'est vrai que tu t'es étoffé, Tomo, fait alors Ryo en rentrant dans mon jeu, me sauvant la mise par la même occasion.

- Cool.

Et alors que Shige fait la leçon à Keii-chan à voix basse, Ryo me lance un regard appuyé et articule silencieusement « le mate pas autant, c'est super cramé, baka ». Je hoche la tête pour lui faire comprendre que j'ai pigé et, avec effort, détourne les yeux de l'objet de mon désir. J'ai encore envie de lui à en crever. Ca va finir par être dur à cacher.

- Ano… je vais aux toilettes, lancé-je brusquement, avant de filer de même en lançant un regard explicite à mon sexfriend.

Je suis toujours aussi pathétique, c'est la loose totale.

Quelques minutes plus tard, Ryo me rejoint. Je me demande ce qu'il a donné comme excuse aux autres.

- Et ben, il te fait sacrément d'effet on dirait. J'ai bien cru que t'allais lui sauter dessus.

- C'était pas loin, alors grouille-toi.

- Oh ouais, donne-moi des ordres.

Je le fixe.

-T'es un grand malade toi, tu le sais ça ?

- J'y peux rien, je trouve ça excitant venant de toi.

- Ce qu'il faut pas entendre… Bon, tu viens ou t'attend le dégel ?

Le désir brûlant qui me consume de l'intérieur doit être assouvi et comme celui qui le provoque est inaccessible…

- HAN ! fais-je alors qu'il entre en moi pour la seconde fois en deux jours.

- Ah la vache, c'que t'es serré… Trop bon…

- Bouge ! ordonné-je puisqu'il aime ça.

- Avec plaisir…

Et sur ces mots, il donne de grands coups de reins qui me plaquent un peu plus contre le carrelage du mur du fond. Je ferme les yeux et bascule la tête en arrière, les lèvres entrouvertes.

- Han oui… Pi, motto… Han Pi… Oui… Aaaah… Mmmh… gémis-je sans retenue.

Je peux pas m'empêcher de dire son nom tellement je voudrais que ce soit lui en sachant que c'est pas possible. Les va-et-vient en moi se font plus rapides, plus forts, plus profond et pour couronner le tout il me masturbe en même temps. Je sens que je vais pas tarder à…

- HAN ! PIIIIII ! crié-je en me libérant brusquement.

Malgré ma jouissance, je sens que mon amant est prêt à continuer et j'ai rien contre parce qu'il est doué, mais soudain…

- Qu'est ce qui se passe ici ? fait la voix de Pi juste devant la porte.

Oh putain… S'il m'a entendu hurler son nom, je suis cuit. Enfin nan il m'a sûrement entendu, sinon il poserait pas la question.

Je fais signe à Ryo de la fermer et affermis ma voix autant que je peux.

- De quoi tu parle ?

- Sortez de là tous les deux.

- Tous les deux ? Je suis seul.

- Me prend pas pour un jambon. L'excuse de Ryo était tellement foireuse qu'il aurait fallu être le dernier des crétins pour pas capter qu'il te rejoignais. Ce que je pige pas, c'est pourquoi c'est mon nom qui sort de ta bouche pendant que vous faites des saloperies.

Oh putain… Ca fait que deux fois et je suis déjà over grillé of the dead. Tuez-moi…

- Une explication, Takahisa ?

J'écarquille démesurément les yeux, oubliant mon sexfriend qui se retire et se finit tout seul vu que lui n'a pas eu le temps de jouir. Takahisa ? Depuis quand Pi m'appelle par mon prénom ? Il m'appelle toujours « Massu » comme tout le monde d'habitude. Et il y a pas de colère dans sa voix. Qu'est ce que je dois comprendre ?

Je me rhabille, Ryo, qui a terminé de son côté, fait de même et on sort. Je me sens comme une fille que son père a surprise en train de faire l'amour avec son copain dans sa chambre. Inutile de dire que j'en mène pas large.

- Faites pas cette tronche tous les deux, je vais pas vous engueuler, je veux juste comprendre.

- Je…

- On est sexfriends, c'est tout, répond le mien à ma place.

- Pardon ?

- Fais pas cette tronche toi aussi, Tomo. Après tout c'est ta faute si Massu a besoin d'un sexfriend là, balance alors Ryo.

- Pardon ?! s'étrangle Pi.

Je foudroie Nishikido du regard. Merci bien, on peut compter sur lui pour garder un secret ! Il est encore plus bavard que Keii-chan et Shige.

- Me regarde pas comme ça, Massu. Ca sert plus à rien de te taire maintenant que Tomo a tout découvert.

- Et j'ai découvert quoi au juste ?

- Que Massu…