Je regarde mon collègue qui semble avoir perdu les pédales.
- Alors déjà tu te calmes, j'ai pas l'intention de sortir avec Pi. Ensuite, tes accusations gratuites, tu peux te les mettre où je pense pour rester poli.
- Te fous pas de moi, qu'est ce que tu fous là si…
- Bien que ça te regarde pas du tout, figures-toi que je l'attendais pour lui parler et que je l'ai vu rentrer complètement bourré.
- He ? Mais Tomo avait rien bu chez moi.
- Ben faut croire qu'il l'a fait après. Donc je l'ai juste hissé sur son canapé et voilà.
- Là, tu te fous de ma gueule, vous étiez enlacés !
- Ah bordel, tu fais chier, je sais PAS ce qui s'est passé ! commencé-je à m'énerver.
- Chut pas si fort, tu vas réveiller…
- He ? Skisspass ? fait alors un Pi totalement dans le coltard en levant le nez.
- … Tomo, achève Akanishi. C'est malin.
- C'est rien, Pi, rendors-toi, fais-je, pas super aimable à cause de l'autre couillon.
Ma recommandation appuyée est immédiatement suivie d'effet et mon leader se rendort en ronflant de façon pas glamour du tout. Un mythe s'effondre : non, parfois, Pi n'est pas sex du tout. Comme là. Hum, bref, revenons à notre grand ahuri. Je me lève et fais face au KAT-TUN.
- Et toi, qu'est ce que tu fous là ? D'où tu rentre chez lui comme t'as envie ?
- J'ai la clé, MOI.
- Et c'est une raison ? T'es pas chez toi.
- Toi non plus.
Cette fois, la coupe est pleine. Je vais lui donner raison en faisant ça, mais j'en ai ma claque.
- T'inquiète, je me casse ! fais-je, gavé, en me dirigeant vers la porte.
- Bon débarras !
Je sors en claquant la porte. Bordel, ça m'apprendra à me faire du souci pour un ami ! Là, ils me soulent tous ! Le reste de mes vacances, je vais les passer tranquillement chez moi !
26 juillet 2006
Je m'ennuie… C'est terrible ce que je m'ennuie. Et j'arrive pas à m'occuper assez pour oublier le bordel pas possible dans lequel je suis plongé jusqu'au cou. J'y pense jour et nuit et même comme ça, je suis pas plus avancé. Déjà, je capte pas pourquoi moi. Enfin je veux dire, qu'est ce qu'ils me trouvent tous ? Ca a commencé avec Masa-chan et Tesshi, ça a continué avec Hiro et maintenant c'est Pi. Et si ça se trouve même Ryo. Et je compte pas Akanishi qui me considère visiblement comme un rival dangereux dans sa course pour l'obtention du cœur de Pi. Incompréhensible. C'est totalement dingue, parce que j'ai vraiment rien d'un sex symbol ni de quoi que ce soit d'autre qui pourrait justifier une telle… fièvre.
En plus, depuis l'embrouille avec ce crétin, j'ai recontacté personne, même pas Pi et toujours pas éclairci l'affaire du baiser avec Ryo. D'ailleurs, faudrait que je sache à quoi m'en tenir avec lui. S'il doit y en avoir un de plus, autant que je sois fixé.
Bon, ben j'ai mon objectif de la journée du coup. Cette fois, mon cher leader devrait être sobre et, techniquement, Bakanishi devrait pas venir faire chier son monde. Et je vais pas prévenir que je viens, sinon Pi va encore se barrer et je vais pas m'en sortir. D'un coup, je suis plus motivé (youhou, je vais voir un gens !) et me grouille de me préparer, avant de filer hors de l'appart. Par contre, j'avoue que je sais pas quoi lui dire au juste. « Tu m'attire et toi tu m'aime alors on fait quoi ? » ? Nan, ça fait orgueilleux, je suis pas Ryo. « Ecoute, ce baiser avec Ryo, ça voulait rien dire du tout, c'est toi qui m'attire. » Mouais… pas très convaincant, surtout vu la passion qu'il y avait dans ce fameux baiser. Ah putain… En plus, si je lui demande de sortir avec moi alors que je suis pas amoureux de lui, je vais me faire écharper par l'autre grand crétin… et je me vois pas en faire un deuxième sexfriend même si j'en crève d'envie. Je suis dans la merde.
Quand j'arrive à son immeuble, je suis pas plus avancé, c'est ça le pire. Et je peux toujours pas sonner à l'interphone, sinon c'est mort de chez mort. Plus qu'à compter sur ma chance. Cinq minutes passent, dix, quinze… Putain, je vais pas attendre des heures que… Oh safe ! Je me précipite pour choper la porte avant qu'elle se referme sur la personne qui vient d'entrer. Et qui me regarde d'une drôle de façon. J'ai l'air si louche que ça ?
- J'ai oublié mes clés, me sens-je obligé de me justifier.
La femme me fixe, puis hausse les épaules et monte dans l'ascenseur. Moi, je prends l'escalier, en espérant que mon leader est chez lui. Je sonne et, quelques instants plus tard, un bruit de pas se fait entendre derrière la porte, qui s'ouvre.
- Oui, que…
Il s'interrompt, me dévisage comme s'il voyait un alien… et essaye de refermer la porte. Woh… Sympa l'acceuil. Je m'attendais pas à une effusion, mais quand même, je pensais pas que ça en était là. J'ai le réflexe de mettre mon pied pour empêcher la rupture des communications.
- Pi, s'il te plait, il faut qu'on parle, dis-je.
- J'ai rien à dire, fait-il.
- Et moi je crois que si, fais-je en entrant malgré lui.
Obligé de se pousser pour pas finir façon crêpe vu que je force sur la porte, il me laisse finalement entrer et je referme derrière moi. On passe un bref moment à se fixer, puis je me lance à l'arrache.
- Déjà, je voudrais savoir pourquoi tu me fuis et pourquoi tu t'es bourré la gueule l'autre jour ? Je t'ai ramassé dans l'escalier dans un sale état.
- Ah c'était toi ? Y'avait que Jin à mon réveil.
- Normal, je me suis embrouillé avec lui. Alors ?
- Qu'est ce que tu veux que je te dise ? Tu connais la réponse, répond-il, les yeux fixés sur le sol.
- Oi, fais pas ça. Regarde-moi quand tu me parle, dis-je en lui attrapant le menton pour qu'il le fasse.
Il devait pas s'y attendre, parce que ça le fait enfin lever les yeux sur moi.
- Bon. Et si tu pouvais m'expliquer ce que tu ressens, pour commencer. Et ce que tu pense.
- A quel sujet ?
- Au sujet des éléphants roses, fais-je avec une pointe de sarcasme, avant de rectifier, sérieusement. Au sujet de ce que tu as vu et entendu entre Ryo et moi, bien sûr.
- J'ai dis tout ce que j'avais à dire.
- Moi je crois pas. Tu t'es monté la tête. Pi… Ryo et moi, on… enfin je te l'ai dis, tu m'attire. Comme un aimant. Ryo n'est qu'un pis aller. Je l'ai pris comme sexfriend à sa demande, parce que j'étais frustré de pas t'avoir toi. Mais il m'intéresse pas plus que ça.
- Sauf que lui t'aime. Il me l'a dit. Encore un truc qui fait que j'ai rien dis avant.
Ah bah première nouvelle. Donc j'avais vu juste concernant sa jalousie… Et meeeeerde…
- Mais moi je l'aime pas. Et en ce qui te concerne… Tu m'attire, mais, j'ai pris la décision de plus sortir avec personne pour pas souffrir. J'en ai marre de m'attacher à des personnes qui me lâchent les unes après les autres, c'est trop dur. C'est pour ça que…
A ces mots, il semble s'animer. Ses yeux se mettent à briller et il me fixe vraiment cette fois, pas de façon fuyante comme depuis tout à l'heure. Tant mieux mais j'ai dis quoi pour qu'il m'observe aussi intensément ?
- Mais moi je partirais pas, Massu. Jamais. Je suis le leader de News et je vous adore tous, alors je n'ai pas la moindre intention de partir, pour quelque raison que ce soit, plaide-t-il.
- Je me doute que tu en es persuadé, mais j'ai aucun moyen d'en être sûr, alors…
- Comment je peux t'en convaincre ?
Sa voix s'est faite suppliante. Non, pitié, pas ça. Pi, c'est comme Ryo, c'est la virilité incarnée. S'il se met à être larmoyant etc, ça va pas le faire… et ma volonté risque d'en prendre un sacré coup.
- J'en sais rien, dis-je prudemment.
- Massu… murmure-t-il.
Il s'est approché d'un coup. Vraiment très très près. Trop pour un mec qui voulait me claquer la porte au nez y'a pas dix minutes. Et trop pour ma tranquillité d'esprit aussi. Il est juste over canon et j'ai toujours envie de lui. En plus, j'avais jamais fais gaffe parce que je l'avais jamais regardé d'aussi près, mais il a des yeux magnifiques. Putain… Putain, putain putaiiiiiin… Non, Taka, résiste. Tu peux pas céder comme ça, résiiiiiiiiiste.
Du coup, c'est con, mais je recule. Et lui avance de plus en plus, jusqu'à ce que je sois bloqué par le mur. On dirait qu'il va me sauter dessus. Panique à bord ! Je fais quoi ? Je fais quoi ?!
Mais j'ai pas le temps de paniquer vraiment, parce que soudain, sans que rien le laisse présager, il pose ses lèvres sur les miennes. Elles sont si pleines, douces et chaudes… Je ne les avais touchées qu'une fois et j'avais oublié leur texture soyeuse. Surtout que la première fois, c'était moi qui l'avait embrassé. Là… je sens sa langue s'insinuer entre mes lèvres et un de ses bras s'enrouler autour de ma taille. Et je le laisse faire. Ma volonté est comme totalement annihilée par ce contact imprévu mais ô combien sensuel et surtout désiré. Oui, désiré. Je le voulais du plus profond de moi-même. Du plus profond de mon cœur, de mon corps, de mon âme. J'avais envie, je mourrais d'envie qu'il me touche et maintenant que c'est le cas, je souhaite qu'il ne s'arrête plus. La tête me tourne et j'ai très chaud. Je vais craquer… Je ne peux que craquer… et je craque. De tout mon être, je réponds à son baiser, passant les bras autour de son cou et me collant à lui sans la moindre retenue ni la moindre pudeur. Me sentant plus actif, il accentue ses mouvements et notre baiser devient franchement torride. C'est pas bon.
M'arrachant à regret à cette étreinte, je le repousse doucement et, je dois bien l'avouer, sans aucune conviction réelle. Mon t-shirt est froissé, ma peau si chaude qu'on pourrait y faire cuire un œuf, mes lèvres tremblent encore, mes jambes aussi, mes joues me cuisent, mon cœur bat comme un fou en cognant presque douloureusement contre mes côtes, mon souffle est court, ma gorge est sèche et je suis en sueur… tout ça après un seul et unique m'était jamais arrivé. Avec personne. On croirait qu'on vient de faire l'amour vu mes réactions. C'est totalement démesuré et je comprend pas moi-même ce qui m'arrive. Qu'est ce qui tourne pas rond chez moi ? Je sais plus où j'en suis… et j'ai encore envie qu'il m'embrasse. C'est addictif.
- Massu ? Ca va ? finit par me demander Pi.
- Oui…
- Ca a pas l'air.
- Si mais je…
Comment lui dire ce qui se passe quand je le sais pas moi-même ?
- Je… C'était une erreur de venir, fais-je en battant en retraite vers la porte.
- Non, au contraire, me dit mon aîné en me barrant le chemin. Dis-moi ce qu'il y a. Parle-moi.
- Tu veux parler maintenant ? fais-je d'une voix que je reconnais pas. Tu me fuyais encore y'a pas un quart d'heure.
- J'avais peur de ce que tu pourrais me dire, mais… après la façon dont tu viens de répondre à mon baiser, je pense que…
- Que quoi ?!
Mon ton, d'un coup, est un peu agressif, mais j'ai peur de comprendre ce qu'il va dire et j'ai pas envie de l'entendre.
- Désolé, ça va faire orgueilleux, mais à la façon dont tu as répondu, j'ai l'impression que… toi aussi tu as des sentiments pour moi.
Je sursaute comme s'il m'avait giflé. C'est bien ce que je craignais.
- N'importe quoi. T'es juste doué pour embrasser. Et puis je te l'ai dis, tu m'attire, alors…
- Je sais ce que tu as dis, mais j'ai senti quelque chose de particulier…
Mayday ! Mayday ! Il faut que je parte ! Vite !
- T'as rêvé.
- Ce serait donc si terrible, que tu m'aimes toi aussi ? Tu as le droit au bonheur, Massu. Et moi aussi. Je sais que tu as souffert, mais si j'étais celui qui peut panser tes blessures et te les faire oublier, tu ne crois pas que tu devrais me donner une chance ? Nous donner une chance ?
Ses paroles sont belles et vraies, je le sens, mais non. Non, non, non, non, non ! Il ne faut pas que je retombe dans le piège de l'amour. Ses règles sont trop cruelles et mon cœur ne supporteras pas d'être brisé une nouvelle fois si quoi que ce soit se produit. Et puis… il faut penser aux…
- dommages collatéraux… soufflé-je, au supplice.
- Quoi ?
- Les dommages collatéraux que pourraient engendrer une éventuelle relation, fais-je en baissant les yeux.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Je parle d'Akanishi, qui m'a fait une scène l'autre jour quand il m'a trouvé près de toi, en m'accusant de gâcher toutes ses chances avec toi.
- He ?
- Je parle de Ryo, dont tu m'as dis toi-même qu'il est amoureux de moi.
- Oui, mais…
- Je parle même de Kame, qui se désespère parce qu'Akanishi, qu'il aime, t'aime toi et que du coup il est malheureux.
- Mais…
- Trop de choses entrent en ligne de compte, Pi… C'est impossible…
Et en prononçant ces mots, je sens ma gorge déjà sèche se serrer et une désagréable boule de chagrin s'y former et s'y bloquer. Cette fois, il faut vraiment que je sorte, sinon je vais fondre en larmes devant lui et j'y tiens pas. Surtout que je sais même pas pourquoi j'ai envie de pleurer.
- Massu…
Mais je l'écoute pas, je l'écoute plus et je rouvre la porte, avant de me ruer dehors sans même prendre le temps de la refermer. Je dévale les escaliers à toute vitesse et les larmes se mettent à rouler sur mes joues. Je suis totalement perdu. Tellement perdu que, sans que je m'en rende compte, ma course folle dans les rues m'emmène jusque chez Tesshi et que je me retrouve à sonner à sa porte. Il vient ouvrir quelques instants plus tard, pas très habillé et, en me trouvant face à lui, tout reniflant, il écarquille les yeux.
- Massu ? Ca va pas ? Qu'est ce qui se passe ?
Mais je suis incapable de parler et mon meilleur ami semble parfaitement le comprendre. Il passe un bras dans mon dos, me fait entrer et referme la porte avant de me piloter jusqu'au canapé. Il s'éclipse ensuite et, quelques minutes plus tard, je vois passer un homme, à travers le brouillard trouble de mes pleurs. Je les ai interrompus on dirait. Je suis vraiment bon à rien.
Tesshi revient, habillé cette fois et m'apporte une tasse de thé, que j'accepte avec reconnaissance.
- Tu peux me raconter ce qui t'as mis dans cet état ? me demande-t-il gentiment.
Mais je secoue la tête. Je peux pas prononcer un mot.
- Bon, finis ton thé, ensuite, tu vas prendre une bonne douche et te reposer un peu, ne.
Il me materne comme si c'était lui l'aîné, mais j'ai pas le courage de refuser sa proposition. Je termine donc le contenu de ma tasse à petites gorgées, puis me lève comme un automate.
- Allez, Massu, me dit-il en me prenant par les épaules, ça va aller.
Un quart d'heure plus tard, je suis allongé sur son lit, mais impossible de fermer l'œil, je suis encore trop agité et ça, Tesshi s'en rend très bien compte quand il rentre dans la chambre..
- Tu veux que je te chante un truc pour t'aider à dormir ?
- Bonne idée.
Il sourit et presque aussitôt, sa voix cristalline s'élève, coulant comme un courant frais sur mon cœur en proie aux flammes de l'incertitude. En l'écoutant, je me sens presque bien, parce que j'oublie tout et je finis par glisser dans le sommeil.
Je suis réveillé par mon meilleur ami qui me secoue. Effaré, le cœur battant, je le fixe.
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Tu… gémissais, Massu.
- He ? fais-je, encore mal réveillé.
- « Mmmh… Pi… Oui… Encore… », imita-t-il.
Silence consterné. Manquait plus que ça.
- J'ai loupé un épisode ? demande-t-il en scrutant mon visage.
- Pas vraiment, éludé-je.
- Tu gémis le nom de Pi dans ton sommeil et t'ose dire ça ?
Je soupire et finis par lui raconter tous les derniers évènements. Il m'écoute jusqu'au bout sans me couper, mais comme un sourire a fleuri sur ses lèvres, je me demande s'il pense pas à autre chose de plus réjouissant en même temps en fait. Parce qu'il y a vraiment pas de quoi sourire.
- Quoi ? fais-je, un peu vexé.
- C'est évident.
- He ? De quoi tu parle ?
- T'es amoureux de Pi ! affirme-t-il.
- Mais nan !
- Mais si ! T'as beau nier et t'en défendre, tout ce que tu m'as raconté, plus tes… gémissements, veulent tout dire. Tu l'aime. Autant qu'il t'aime et peut-être plus encore.
- Impossible, je me suis juré de plus tomber amoureux, fais-je, buté.
- On commande pas ses sentiments, tu le sais très bien. C'est pas parce que t'as décrété ça, que ça peut pas arriver.
- Et pourquoi ça te réjouit autant ?
- Pi va plus souffrir puisque tu partage ses sentiments !
Evidemment, j'aurais du me douter qu'il penserait d'abord à son idole.
- … Merci de t'en faire autant pour ce que je ressens, Yuya, vraiment j'apprécie, fais-je, ironique.
- Roh boudes pas. Bien sûr que je m'en fais pour toi. Mais vu que vous allez être ensemble, j'ai plus à m'inquiéter pour l'un ni pour l'autre.
- Personne a dit qu'on serait ensemble.
- Ah ça, je te l'interdis ! Tu vas dire à Pi que tu l'aime et vous allez être très heureux, tu m'entends, Masuda Takahisa ?!
- C'est pas parce que tu m'appelle par mon nom et mon prénom et que tu prend un ton autoritaire, que je vais faire ce que tu as décidé, Yuya.
- Ah t'es trop têtu, ça m'énerve. C'est complètement idiot comme attitude. Reconnais la vérité et fais ce qu'il faut, c'est tout.
Sur ces mots, ils sort de la chambre et je reste seul avec les pensées que ses paroles ont fait surgir dans mon esprit. Amoureux de Pi, moi ?
J'ai quand même pas été assez bête pour tomber une troisième fois dans le dangereux piège de l'amour ? Pour confondre désir physique et sentiments plus profonds ou du moins pour les mélanger ? Et pourtant, ma réaction après son baiser… J'en avais jamais eu d'aussi forte et personne m'avait jamais obsédé à ce point. Est-ce que ça veut dire que Pi est celui qui m'est destiné depuis le départ ? Que je n'ai intimement connu Masa-chan et Hiro que pour mieux trouver les bras du très sexy Yamashita Tomohisa ? Non, Taka, arrête le délire ! Toutes ces histoires de destinée, c'est du pipeau, du blabla romantique pour les filles ! Tu es un mec et un mec croit pas à ce genre de truc. Enfin sauf Tesshi, mais mon meilleur ami est un cas à part à ce sujet.
Soudain, mon portable bipe et je fouille mes poches à sa recherche. C'est un message de Ryo. Merde, je l'avais oublié avec tout ça.
« Massu, je suis devant ta porte et je me casse le nez dessus depuis dix minutes, t'es où ? »
Et meeeeeerde… Putain de poisse.
Je répond tout de suite.
« Je suis chez Tego. Désolé. »
« C'est rien. Je préfère te savoir chez le petit que chez Pi. »
Oups… Je lui dis que j'y étais plus tôt dans la journée ou pas ? Hum… Nan. Pas par mail, ça se fait pas. Quitte à ce qu'il se prenne un râteau, c'est plus respectueux de lui dire les choses en face.
« Ryo, il faut que je te parle. Tu peux m'attendre dans le parc en face de chez moi ? »
« Ouais, pas de prob. Sois pas trop long. »
Je soupire. J'ai pas la moindre idée de ce que je vais lui dire vu que, techniquement, y'a pas grand-chose à dire, puisque je sais même pas quoi faire.
Mon portable bipe de nouveau. J'en ai des amis aujourd'hui, dis donc. C'est de Pi.
« Je ne vais pas abandonner. Je vais me battre, quitte à devoir affronter Ryo. Je ne te laisserais pas m'échapper une troisième fois. »
Je m'y attendais tellement pas, que j'en reste comme deux ronds de flan. Et du coup, je suis encore plus perturbé.
