Bon, de toute façon, faut que je vois Ryo alors autant en finir au plus vite.

- Tesshi, je vais sortir, lancé-je en me dirigeant vers l'entrée pour me chausser.

Il se retourne vers moi, un petit sourire aux lèvres.

- Tu vas voir Pi-chan ?

Ah tiens le –chan est revenu. Mais je le détrompe immédiatement.

- Non. Ryo.

Là, il perd son sourire et se décompose littéralement sous mes yeux C'est quoi le problème maintenant ?

- Non, tu peux pas faire ça… Faut que t'arrête avec Ryo, c'est pas bien. Ca pouvait à la limite se comprendre avant, mais plus maintenant. Tu veux mieux que ça et eux aussi…

J'émet un claquement de langue agacé. J'adore Tesshi, mais il devient irrationnel dès que ça touche Pi. Et c'est un peu pénible je dois dire.

- Je fais ce que je veux et ça ne te concerne pas, Yuya. Bon, merci pour le thé, le réconfort et la sieste, je file.

La dernière chose que j'entend avant de sortir c'est « t'es un type bien, Massu ! Tu vas prendre la bonne décision à propos de tout ça, je le sais ! ». Ca veut dire quoi ça ? Que je serais un sale type si je fais pas ce qu'il attend de moi ? Rah ça me gave bon sang ! J'ai rien demandé à personne, moi, pourquoi on me fout pas juste la paix ?! En plus, avec Ryo, ça m'allait très bien jusqu'à ce qu'il se mette à avoir des sentiments pour moi. Maintenant, si je le garde comme sexfriend, j'aurais VRAIMENT l'impression d'être le pire des salauds ! Nan mais sans déconner, dès que les sentiments s'en mêlent, ça devient tout de suite le bordel. Vous savez ce que je vais faire ? Je vais choisir… personne. Je vais rester célibataire et je vais papillonner comme Tesshi d'un mec à l'autre, je m'emmerderais beaucoup moins avec juste des relations pour le cul. Je laisse Pi à Bakanishi et Ryo à sa main droite.

Ma décision prise, c'est plus léger que je me dirige vers le parc où je lui ai donné rendez-vous. Je tarde pas à le repérer, il est juste tropvisible, assis tout seul sur son banc.

- Ryo, l'appellé-je.

- Oh Massu, dit-il en relevant la tête. Yo. Ca va ?

- Hum, fais-je en m'asseyant près de lui.

- Tu voulais me parler ?

- Ouais. Heu…

Gêné, je me passe une main dans les cheveux. On est pas ensemble alors c'est une rupture sans en être une et puis bon, c'est la première fois que je fais ça, c'est pas simple.

- Ben t'en tire une tronche, qu'est ce qu'il y a ?

- Ecoute… on va s'arrêter là.

Voilà. Rester le plus vague possible. Ne pas lui laisser voir que je sais, pour épargner son amour-propre surdéveloppé.

- He ? Tu veux dire… ?

- Ouais, confirmé-je. C'était cool, mais on arrête.

- Mais pourquoi puisque ça nous va à tous les deux ? C'est à cause de Pi ?

Mais qu'est ce qu'ils ont tous à mettre Pi sur le tapis dès que je dis un truc ?

- Rien à voir. Je vais rester célibataire si tu veux tout savoir.

- Bah je vois pas où est le problème alors, vu qu'on est que sexfriends.

Ok… Je voulais pas en arriver là, mais il me laisse pas le choix.

- Et t'es sûr que ça te va ?

- Bah… oui, puisque je le dis.

- Avec ce que tu éprouves, ça te va ? insisté-je en le regardant bien en face.

Voilà, comme ça il sait que je sais et que je suis pas dupe. D'ailleurs il a tout de suite un air gêné et détourne la tête.

- Comment tu…

- le sais ? Je l'avais déduis de tes scènes de jalousie et Pi me l'a confirmé.

- …

- Je veux plus être impliqué dans une relation où il y a des sentiments, dis-je.

- Mais…

- Ce qui signifie que je vais dire exactement la même chose à notre bien-aimé leader.

- C'est ton dernier mot ?

Je hoche la tête.

- Je suis désolé, Ryo. Je vais juste penser à News à partir de maintenant. Et à Tegomass. C'est tout.

Dans son regard, je vois plusieurs choses là, plusieurs émotions. De la tristesse, mais aussi de la colère… et c'est cette dernière qui finit par ressortir.

- Alors va, pense qu'à toi et ignore les sentiments de tout le monde, c'est tellement plus facile ! Je croyais que t'étais un type bien, mais visiblement je me suis planté sur toute la ligne !

Et sur ces mots, il se casse en me laissant en plan. Mais putain de bordel de merde, pourquoi c'est encore moi le connard de l'histoire ?! C'est donc un crime de vouloir protéger son cœur quand il a déjà été brisé deux fois ?!

12 août 2006

On a repris le boulot depuis plusieurs jours maintenant, mais vive l'ambiance dans la loge… Depuis LE jour, Ryo et Pi me fuient comme la peste et m'adressent la parole que si c'est absolument indispensable. Quant à Tesshi, il me fusille du regard dès qu'il pose les yeux sur moi. Y'a que Keii-chan et Shige qui ont l'air de rien avoir contre moi, encore que je les soupçonne de juste faire semblant. Bref, y'a vraiment une ambiance de merde et penser que c'est à cause de moi me soule juste profondément.

Du coup, à la pause, je file hors de la pièce. Je suis tellement sur les nerfs, que j'ai presque envie de me mettre à fumer. Il parait que ça détend et là, j'en aurais bien besoin. Je me dirige vers l'escalier et percute alors quelqu'un. Fait chier.

- Itai… fait une voix que je reconnais sans mal.

Nakayama Yuma, un Junior. Il tombe à pic celui-là. Je l'aide à se relever et, sans un mot, chope son bras pour l'entraîner à ma suite.

- Masuda-sempai, on va où ? J'ai entraînement là…

Sa question est logique, mais j'ai pas envie de répondre et je me fous qu'il soit en retard. Sans le lâcher, je monte au quatrième où mes salles sont souvent inoccupées et, une fois là, ouvre la porte de la première loge qui se présente. Je le pousse ensuite à l'intérieur, referme derrière nous et me tourne vers lui.

- Déshabille-toi, lui jeté-je.

Il me regarde avec de grands yeux effarés, ce qui termine de m'énerver. Je parle pas japonais ou quoi ?

- Dépêche-toi ! ordonné-je encore.

- Sempai… tu as bu ?

- Tu veux que je t'aide ?! fais-je, menaçant, en commençant à lui retirer son pantalon de sport.

Soudain, à l'extérieur, j'entends des voix juvéniles, que je reconnais aussitôt. Yamada-kun et Chinen-kun.

- Yuma ? T'es là ? crient-ils dans le couloir.

- Yuri ! Ryosuke ! crie ma victime en réponse. Je suis là !

Il a peur. Il le dit pas, mais ça s'entend dans sa voix, ça se voit dans ses yeux. Qu'est ce que je fous ? Il a que douze ans, c'est un gosse… Il pourrait être mon petit frère…

Je le relâche immédiatement et recule de trois bons mètres.

- Excuse-moi, Nakayama-kun, fais-je en m'inclinant très bas. Je sais pas ce qui m'as pris… Rejoins-les…

- Tu m'as fais peur, sempai…

- Je sais. Excuse-moi…

Il me regarde d'un drôle d'air. Normal, il doit me prendre pour un détraqué. Kami-sama, heureusement que ses amis sont venus le chercher, sinon le pire serait sûrement arrivé…

- J'ai aucun droit de te le demander, soufflé-je, mais est ce que tu pourrais éviter de parler de ce qui s'est passé ? Je te jure que ça ne se reproduira jamais.

- … D'accord.

- Merci. Je te le revaudrais.

Il manquerait plus qu'on me prenne pour un pédophile et je me retrouverais « suspendu » comme Uchi et Hiro. Ou pire, je me retrouverais en taule. Plutôt crever.

Je regarde mon kohai sortir rejoindre ses amis comme s'il avait le diable à ses trousses et soupire. N'empêche que si je fonds sur le premier Junior qui passe pour évacuer ma frustration et ma mauvaise humeur, c'est que j'ai un gros problème. Finalement, jeter Ryo était peut-être pas une si bonne idée…

Non non, j'ai pris la bonne décision et il faut que je m'y tienne, même si je me suis attiré les foudres des trois quarts du groupe. D'ailleurs, je me demande bien comment résoudre ça…

19 août 2006

Une semaine. Ca fait une semaine qu'ils me font la gueule. Et une semaine que j'ai failli violer le pauvre Nakayama-kun. J'ai tellement honte de moi et je me fais tellement horreur… Je comprends même pas ce qui m'as pris, je suis pas comme ça normalement, à sauter sur tout ce qui bouge… En plus, depuis, je suis parano. J'ai l'impression que tous les Johnny's que je croise dans les couloirs me regardent d'un air dégoûté, murmurent dans mon dos et m'évitent. Comme si y'avait écrit « PERVERS » en énorme sur mon front. Je suis ni un pervers ni un pédophile, je suis juste totalement paumé. Est-ce que j'aurais eu toutes ces emmerdes si Masa-chan m'avait jamais quitté ? Est-ce que je me serais posé toutes ces questions ? Je le saurais jamais, mais du coup, je me souviens avec nostalgie de cette période de ma vie où j'étais insouciant. Elle me semble bien loin.

Masa-chan… Mais oui, la voilà la solution ! J'avais aucun problème quand j'étais avec lui ! Il suffirait qu'il veuille bien me reprendre pour tout résoudre ! Il est plus malade et ma carrière est lancée, alors plus rien s'y oppose !

Tout content de mon idée, je quitte mon appart en chantonnant et, une fois à l'agence, vais directement frapper à la loge d'Arashi. Il est encore tôt, mais ils sont souvent là plus tôt que les autres groupes.

- Entrez ! fait une voix que je reconnais comme celle de Sakurai-sempai.

Normal, Ohno-sempai parle jamais à moins d'y être vraiment obligé et comme Sakurai-sempai aurait été leader s'il avait pas perdu cette fameuse partie de janken.

Bref, je rentre et ils me regardent tous, étonnés.

- Tiens, un visiteur inhabituel, fait Ninomiya-sempai en souriant.

J'ai toujours du mal à me dire qu'il a trois ans de plus que moi, il fait tellement jeune.

- Bonjour sempai, fais-je en luttant pour pas m'incliner devant eux comme je faisais quand j'étais plus jeune.

En regardant Masa-chan, j'ai presque un choc Avec tout ce qui m'est arrivé, j'ai l'impression qu'il s'est passé des années, alors je m'attendais presque à ce qu'il ait l'air plus vieux… mais nan. Masa-chan reste Masa-chan. Inchangé et toujours aussi séduisant.

- Bonjour, Taka-chan, me salue-t-il avec chaleur. Tu vas bien ?

- Hai. Et toi ?

- Très bien comme tu vois.

- Tant mieux.

Il y a un blanc. Cette conversation est bizarre. J'ai l'impression de parler à un étranger.

- Tu venais pour quelque chose ou c'est une visite de courtoisie ? me demande Matsumoto-sempai.

Un autre truc qui a pas changé : il me bloque toujours autant.

- Ano… Masa-chan, je peux te parler ?

- Bien sûr. Je reviens, les gars.

On sort tous les deux et je le suis jusqu'au réfectoire, désert à cette heure. Je reste silencieux un bon moment, au point que mon aîné soupçonne quelque chose.

- Qu'est ce qui ne va pas ? me demande-t-il gentiment.

- Masa-chan… tu veux bien me reprendre ?

- He ?

- Ressortir avec moi, tu veux bien ?

Il a l'air stupéfait. Normal. En général, un ex revient pas demander ce genre de truc, il reste un ex.

- Taka-chan… je t'aime toujours beaucoup et tu auras toujours une place spéciale dans ma vie, mais ce n'est plus possible. Je sors avec Jun maintenant. Depuis longtemps.

J'écarquille les yeux, stupéfait par l'énormité de la nouvelle. Pas qu'il ait refait sa vie, c'est normal depuis le temps et j'aurais du y penser avant, mais…

- Toi et Matsumoto-sempai ? m'effaré-je.

- Hé oui, rigole-t-il. Je t'avais dis, à l'époque, qu'il ne fallait pas se fier à ce qu'il dégage à l'extérieur. A l'intérieur, c'est un nounours aux petits soins pour moi.

- Je vois… Tu es heureux alors ?

- Très. Mais parlons d'autre chose. Toi, tu n'as pas l'air d'aller bien. Tu es pâle et amaigri. Qu'est ce qui te tracasse ? Je peux t'aider ?

Il est si gentil, il y a tant de compassion et d'inquiétude sincère dans sa voix, que je craque et, à sa grande surprise (et à la mienne parce que j'ai rien senti venir), fonds en larmes.

- A ce point ? fait-il en me prenant dans ses bras avec autant de tendresse qu'avant.

- Oh, Masa-chan… je sais… plus où j'en… suis… hoqueté-je.

- Pour que tu viennes me demander de ressortir avec toi, c'est ce que je constate. Tu veux me raconter ?

Je hoche la tête mais, dans mon état, aucun mot ne sort. Il me caresse les cheveux et va chercher un verre d'eau, qu'il me tend.

- Bois un peu et respire profondément, me conseille-t-il.

J'opine de nouveau, vide le verre à petites gorgées et m'oblige à me calmer, ce qui prend un peu de temps. Une fois que j'ai repris le contrôle de moi-même, je lui raconte tout, mais vraiment tout, jusqu'à ma tentative sur Nakayama-kun.

Mon aîné garde le silence un moment, puis prend la parole.

- Déjà, en ce qui concerne Nakayama-kun, je te connais assez pour savoir que tu ne lui aurais rien fais. Ce n'est pas ton genre.

- Mais je lui avais retiré son pantalon…

- Tu ne serais pas allé plus loin, même si ses amis n'étaient pas arrivés. Ta conscience t'aurait empêché de lui faire du mal.

J'en suis pas du tout aussi persuadé que lui, mais Masa-chan est lui-même tellement adorable, qu'il ne voit pas le mal dans les autres, alors je lui fais pas part de mes doutes et je le laisse poursuivre.

- Quant à Nishikido-kun… qu'est ce que tu ressens pour lui ?

- Bah… je l'aime bien quoi.

- Mais de quelle façon ? Compare à ce que tu éprouve pour Kato-kun et Koyama-kun.

- Ben à peu près pareil.

- C'est déjà un point. Et pour Yamashita-kun ?

Au nom de Pi, je me trouble, tressaille malgré moi et je suis sûr que mes joues ont pris une magnifique couleur cerise, parce qu'elles me cuisent sans que je puisse rien empêcher, ce que mon aîné parait remarquer.

- Je vois, conclut-il de son observation. Alors tu devrais foncer. Je sais que tu as pas mal souffert, en partie par ma faute, mais il faut que tu passe au dessus et que tu aille de l'avant sans craindre d'être blessé, sinon tu vas te priver de beaucoup de choses.

- Je sais, mais je ne…

- Je sais ce que tu vas dire, Taka. Et tu te mens. Je te connais bien, je sais déchiffrer tes expressions, tes regards et ils me disent que tu es amoureux de Yamashita.

- Tu es le deuxième à me le dire.

- Qui était le premier ?

- Tesshi. Enfin Tegoshi-kun.

- Et bien alors écoutes-nous et laisse-toi la chance d'être heureux. Tu en as le droit, Taka.

- Mais ça fera de la peine à Ryo… objecté-je parce que je peux pas m'empêcher de penser à ces fameux dommages collatéraux.

- Tu sais, Taka-chan, chacune de nos actions peut faire plus ou moins de mal à quelqu'un, bien souvent sans même que nous nous en doutions. Mais ça ne doit pas t'arrêter, Nishikido-kun s'en remettra. Et repousser Yamashita-kun alors que vous partagez les mêmes sentiments vous fait du mal à tous les deux, alors n'hésite plus.

Je le regarde pensivement. C'est vrai qu'il a toujours été de bon conseil, mais là…

- Bon…

Sur cet unique mot, il se lève et m'attrape par le bras pour m'entraîner à sa suite. J'ai une impression de déjà-vu. Mais inversé.

- Masa-chan, on va où ?

Déjà-vu confirmé.

Pour toute réponse, on grimpe l'escalier, puis il ouvre la porte de notre loge.

- Yamashita-kun, Taka-chan a quelque chose à te dire, déclare-t-il à ma grande stupeur.

Et là-dessus, il me propulse vers Pi avec tant de force, que je lui tombe littéralement dessus. En réflexe, il referme les bras sur moi et je rougis. Si je voulais, je pourrais très bien l'embrasser là tout de suite, vu que ses lèvres si tentantes sont pas à plus de trois centimètres des miennes. Mais je me dégonfle au dernier moment et me contente de me redresser, embarrassé. Et là, je constate que Masa-chan a filé comme un voleur une fois son « méfait » accompli.

Pi s'est relevé aussi et, du regard, je guette d'éventuels signes de blessure physique puis, ne voyant rien, je demande :

- Tu t'es pas fais mal ?

- Non, ça va, répond-il, manifestement aussi gêné que moi. Mais heu… Aiba-sempai a dit que tu voulais me parler ?

- Ah… Heu…

Je m'interromps, parce que je sens des regards sur moi. Les yeux de Tesshi brillent d'impatience et je peux presque voir des petits cœurs roses apparaître et éclater autour de lui comme des bulles de savon. Ceux de Ryo sont comme des charbons ardents, quant à ceux de Keii-chan et Shige, ils sont si pleins de curiosité que ça me met encore plus mal à l'aise. Ils m'aident pas du tout là…

- Heu j'ai… Je… balbutié-je avant de m'arrêter une seconde fois.

Alors, la voix de mon meilleur ami résonne fortement dans la pièce.

- Massu ! Dis-lui ! me crie-t-il carrément.

- Dis-lui ! fait à son tour le KoyaShige.

He ? Ils savent quelque chose ces deux là ?

- Allez Massu, bouuuuuugeeeeee !

- Bouge, Massu !

- Massu ! Massu ! Massu !

Finalement, j'y tiens plus et m'exclame :

- Mais bon sang, fermez-la deux minutes ! Comment vous voulez que je me concentre pour lui dire que je l'aime avec tout le bordel que vous faites ?! Vous êtes chiants !

Pour le coup, il y a un groooooos blanc. Une bombe venant d'exploser aurait pas provoqué un plus gros silence. Ils me regardent tous avec des yeux ronds et j'entends la porte claquer. Rah mais qu'est ce qui se passe à la fin ?!

- Massu… ce que tu viens de dire… c'est vrai ? demande doucement Pi.

Là, je suis largué, je sais même pas ce que j'ai dis à part que j'ai gueulé sur ce trio d'ahuris.

- De quoi ?

- Tu as dis… que tu m'aimais…

- J'ai dis ça ?!

Vraiment aucun souvenir. Super, j'ai déjà Alzheimer. A vingt ans à peine, ça craint.

Je finis par hocher la tête, super gêné et aussi un peu honteux qu'il l'ait apprit comme ça. Mais mon embarras disparait immédiatement en voyant l'énorme sourire qui a fleuri sur son beau visage. Il a l'air tellement heureux… Je l'ai jamais vu comme ça et ça me rend heureux moi aussi.

- Youhou ! Enfiiiiiin ! exulte alors Tesshi en sautant partout comme un Marsupilami rose (il s'est fringué en rose aujourd'hui, je sais pas pourquoi).

- T'es un peu long à la détente, Massu, quand même, rigole Keii-chan. On était à deux doigts de te faire la gueule aussi. Heureusement qu'on a pas eu à en arriver là.

- Heeeeee ?!

J'ai rien le temps de dire d'autre, parce que les trois zozos se mettent à faire la ronde autour de nous en chantant (mal) « Enfin ! Enfin ils sont ensemble et n'ont pas laissé filer le sable ! Enfin ! Enfin ils sont ensemble, on va pouvoir monter les meubles ! ».

- Le sable ? Les meubles ? de quoi vous parlez ? relevé-je en me demandant ce qu'il avaient bien pu boire, manger ou fumer pour en arriver là.

- De rien, c'est pour la rime, répond Shige.

- Mais c'est totalement débile.

- On s'en fouuuuuut ! piaille Tesshi, me détruisant presque les tympans.

Et pendant ce temps, Pi rigole, lui. Ca le fait vraiment marrer leurs débilités. Il a bu, mangé ou fumé la même chose qu'eux ou quoi ?

Finalement, le trio de bakas se calme et je prends conscience d'un truc.

- Où est Ryo ?

- Bah t'as pas entendu la porte ? Il s'est barré quand tu t'es déclaré, répond Keii-chan.

- He ?! Mais pourquoi personne l'a retenu ou suivi ?!

- Ryo-tan vient de se prendre une sale veste, me répond mon meilleur ami. Et tu connais son caractère, c'est pas le genre à étaler sa peine. Il va rester seul pendant un bon moment et puis il reviendra.