10 octobre 2006

C'est aujourd'hui que sort « Miso soup », notre premier single duo avec Tesshi et du coup, on est aussi excités l'un que l'autre, ce qui fait qu'on a du mal à se concentrer sur le KoyaShige qui tente de répéter sa propre chanson et sa propre choré. Tomo nous regarde d'un air indulgent et me couve, moi, d'un regard des plus amoureux. Yuya est monté sur ressorts, piaille à tout va que c'est trop génial, qu'il est trop content etc et moi, je tiens pas en place non plus bien que d'une façon plus mesurée. J'ai l'impression d'être revenu à la sortie de « News nippon ».

- Dites les gars, je sais ce que ce jour représente pour vous, intervient finalement Keii-chan, mais ce serait sympa si vous pouviez vous sentir un tout petit peu concernés par ce qu'on fait quand même.

- Pardon, Keii-chan, pioupioute Tesshi en lui bondissant dans les bras pour un câlin d'excuse en règle.

Bien sûr, notre aîné peut pas faire autrement que craquer devant l'adorable bouille que lui fait mon meilleur ami. Il est comme ça, Keii-chan, il sait pas dire non et refuser quelque chose à quelqu'un lui est très pénible. Ca fait partie de son charme, mais c'est aussi pour ça qu'il se fait souvent avoir par Yuya, qui lui a des idées bien arrêtées et sait très bien comment obtenir ce qu'il veut.

Mais une fois que Tesshi est en mode câlin, il est aussi en mode crampon collé à la super glue, du coup, il entrave complètement notre pauvre ami, qui tourne la tête vers nous, désespéré, surtout que Shige a pas la force de le faire remuer.

- Quelqu'un peut le détacher ? Je peux plus bouger et on va finir par…

[BOUM]

- … tomber. Itaaaaai… termine-t-il en finissant par terre à cause du rouleau compresseur de marque Tegoshi.

- Tego, t'abuse, dit alors Ryo en venant au secours de Keii-chan, que Yuya a toujours pas lâché malgré la chute.

Et, aidé de Tomo, il désincarcère notre aîné, qui se relève en se massant les fesses et le dos, endoloris par sa chute forcée. Il regarde ensuite notre cadet et lui dit :

- Tu sais que t'es casse-couille quand tu t'y mets ?! Putain Tego, t'as dix-neuf ans, pas dix ! T'aurais pu blesser Keii avec tes conneries ! A quoi tu pense, bordel ?!

- Mais Ryo-tan, je faisais juste un câlin…

- Et pourquoi tu l'as pas lâché quand vous êtes tombés ?! T'es con ou quoi ?!

- Ne sois pas trop dur quand même, Ryo, il n'y a pas mort d'homme, intercède Keii-chan, visiblement ennuyé que notre cadet reçoive un sermon par sa faute.

- T'es trop gentil avec lui. Faut qu'il pige qu'il a passé l'âge de ce genre de truc et qu'il peut pas se permettre de faire n'importe quoi quand il a envie. T'entends, Tego ?

- Oui…

- Maintenant excuse-toi proprement.

Ryo m'impressionne. C'est le seul qui puisse parler sur ce ton à Tesshi sans qu'il réponde de façon mal aimable. Même moi j'y arrive pas et les autres s'y risquent pas souvent, même pas Tomo.

De fait, mon meilleur ami s'incline devant notre aîné, embarrassant encore plus ce dernier.

- Iie, relève-toi, c'est rien, fait Keii-chan en le redressant lui-même.

C'est ce moment que choisit Fujioka-san pour entrer dans la loge. En tenant notre single. D'un même mouvement, Tesshi et moi nous précipitons vers lui, je lui arrache presque le cd de la main… et mon sourire retombe. Qu'est ce que c'est que cette jaquette pourave ? Nan mais sérieux quoi, c'est pas possible, c'est une blague.

- C'est une blague ? demandé-je d'ailleurs, plus joyeux du tout.

- He ?

D'habitude, pour News, je ferme ma gueule même si j'en pense pas moins, mais là nan c'est juste pas possible, ça ressemble à rien.

- Taka, ça va pas ? me demande Tomo.

Sans dire un mot, je lève le single pour qu'ils voient.

- Oh, fait juste Keii-chan.

- Ah ouais, dit Shige.

- C'est… spécial, commente Ryo.

- C'est…

- Pourave, terminé-je pour mon copain qui semble en avoir perdu ses mots. Non mais sérieusement, Fujioka-san, c'est quoi ce fond derrière nous ? Pourquoi un bol de soupe EN VERSION BANDE DESSINEE ?!

- Ne t'énerve pas, Massu, essaye de me calmer mon meilleur ami qui, lui, parait remis du choc.

- Que je m'énerve pas alors que notre premier single ressemble à rien ?!

- Mais on est kawaii dessus, c'est déjà ça, essaye-t-il encore.

- Ca te suffit peut-être, mais pas à moi ! Merde, on méritait mieux même si c'est le premier !

Notre manager a l'air tout éberlué de ma réaction. Il devait sincèrement penser que c'était bien. Mais nan, c'est pas bien. Pas du tout. Et le pire, c'est qu'on peut plus rien y faire. Et ça me gave profondément.

- Je suis désolé que ça ne te plaise pas, Masuda-kun. Malheureusement c'est trop tard, il est sorti.

- Ca je sais.

- Alors pourquoi tu t'énerve si tu peux plus rien y faire ? demande Keii-chan.

- Pour faire savoir que je suis pas content.

- Heu… ok.

Il a l'air de penser que c'est complètement con, mais tant pis, j'avais besoin que ça sorte.

Du coup, ma bonne humeur est plus qu'un lointain souvenir et rien de ce qui se passe dans la journée arrive à me rendre le sourire. Pourtant c'est pas mon genre, mais là c'est franchement du foutage de gueule cette pochette.

Le soir, quand je range mes affaires, je suis encore tellement agacé que je déchire mon pantalon d'entraînement en faisant pas gaffe.

- Et merde ! Putain… juré-je à voix haute, ce que je fais pas d'habitude.

- Taka… Taka calmes-toi, tu m'inquiète, je t'ai jamais vu dans cet état, fait alors Tomo en me prenant dans ses bras.

Il est encore tout humide de la douche qu'il vient de prendre et sent bon le gel douche à la vanille. Et surtout, il porte juste une serviette autour de la taille. Putain… Putain, putain, putaiiiiiin, c'était pas le moment. Je suis tellement frustré, que je risque de lui sauter dessus sans tenir compte du fait qu'on est encore à l'agence. Avec Ryo ça m'arrêtait pas mais connement, j'ai pas envie que ma première fois avec lui se fasse dans les toilettes de la Jimusho ni dans une loge vide. J'ai envie d'un truc plus romantique quoi. Et là, ça en prend pas le chemin, parce qu'il est carrément trop sex. Et il a même pas l'air de s'en rendre compte, c'est ça le pire. Il a pas l'air de s'apercevoir de l'effet qu'il me fait.

- Taka… tu… heu…

- Quoi ?

- Heu… comment dire… tu es content de me voir ?

- He ?

Du regard, il désigne la bosse qui commence à franchement déformer mon jean.

- Disons plutôt que j'ai envie de toi à en crever, rectifié-je, pas d'humeur à mettre les formes dans mes paroles. Tu te rends compte que je te veux depuis le shoot An An et que depuis…

- Alors viens, me coupe-t-il.

- Nan, pas ici. Pas pour notre première fois, ce serait glauque, je veux pas.

Il sourit et me caresse tendrement la joue.

- Tu es romantique. Je ne le savais pas.

Je grogne de façon indistincte. Là je me sens pas spécialement romantique, je suis plutôt en mode homme des cavernes. C'est dingue, mais quand ça le concerne, j'arrive plus à penser, c'est mon instinct qui prime. Et mon instinct me dit « on s'en fout de l'endroit ! », ce qui est contraire à ce que dit ma tête à savoir « Tomo mérite mieux qu'un coup à l'arrache dans l'agence et toi aussi ».

- Tu veux venir chez moi ?

Je hoche la tête et referme mon sac.

- J'ai le droit à un baiser quand même ?

- Vaut mieux pas, je suis pas sûr de me contrôler ensuite, fais-je d'une voix rauque que je reconnais à peine.

Il écarquille les yeux, l'air réellement surprit.

- A ce point ?

- A ton avis ?

- Woh…

- Me dis pas que ça t'étonne, alors que je viens de te dire…

- Oui oui… mais je n'avais pas compris l'urgence de la situation. Là, j'ai l'impression que tu vas me dévorer tout cru.

- T'es pas loin. T'as même pas idée de l'état dans lequel tu me mets, même quand t'es fringué, alors presque à poil…

Il sourit. Il a l'air content et commence à se rhabiller lentement. Trop lentement. Mes yeux parcourent sa nuque, son dos musclé, sa vertigineuse chute de reins, son sublissime postérieur, ses jambes… Je vais pas tenir s'il se grouille pas un minimum. Je retiens un grondement de frustration quand la vue m'est subitement cachée par un boxer, un jean et un t-shirt… mais finalement c'est mieux, ça m'aide à tenir, même si ces images semblent imprimées sur ma rétine.

Lui laissant à peine le temps de se chausser et de prendre son sac, je chope sa main et l'entraîne hors de la loge presque en courant, percutant au passage quelques Juniors et même des sempai je crois. Mais je m'en fous. Pour le moment, je me fous de tout à part de lui.

Je laisse ma voiture et m'engouffre dans la sienne dès qu'il l'a ouverte. Jamais je me suis senti comme ça, tellement au bord de l'implosion que je me sens capable d'inverser les rôles et de le prendre moi, alors que d'habitude, c'est moi qui suis pris. Mais là… Il est en train de me rendre fou. Totalement et irrémédiablement. D'ailleurs, fou, je le suis déjà. De lui tout entier.

Je me pensais honnêtement pas capable d'un si grand self-contrôle, de tant d'empire sur mes sens, parce que pendant tout le trajet, mes mains sont sagement restées sur mes cuisses au lieu de se balader sur lui comme j'en crevais d'envie. Enfin disons plutôt qu'elles étaient crispées sur le tissu de mon pantalon pour éviter des gestes malheureux qui auraient immanquablement causé un accident. Mais même le plus grand flegme de la terre ne peut pas tenir indéfiniment non plus. Et le mien est arrivé à son point de rupture.

Je m'éjecte littéralement de l'habitacle, fais le tour à la vitesse de l'éclair pour ouvrir sa portière, le faire sortir et l'entraîner en lui laissant à peine le temps de refermer sa voiture à distance. Son sac est resté dedans mais c'est pas grave, rien en a, à part ce désir brûlant qui court dans mes veines comme la lave d'un volcan, consumant tout les organes qu'il touche au point que la moindre de mes cellules n'est là que pour lui.

Une fois la porte de l'appartement, je craque. Je le plaque littéralement contre et fonds sur sa bouche charnue comme un affamé. Je la suçote, la lèche, la mordille, la maltraite sans lui faire mal, puis en prend littéralement possession. Mon ardeur me fait rapidement haleter et je respire par le nez, mon souffle brûlant se déposant sur nos lèvres fusionnées. Contaminé par la passion, Tomo me rend mon baiser avec une fougue égale et, dans le même état que moi, plaque une main sur ma nuque pour accentuer encore un baiser déjà plus que torride.

Finalement, quand on se sépare, son regard est devenu aussi noir de désir que le mien doit l'être et c'est lui qui m'entraîne dans sa chambre où il me pousse sur son lit, avant de s'assoir à califourchon sur moi et de reprendre notre baiser. Mais je le laisse pas faire et, d'un mouvement de hanche, inverse nos positions, avant d'attraper ses poignets et de les immobiliser de chaque côté de sa tête, mes yeux plantés dans les siens.

- Taka… souffle-t-il.

Ces deux syllabes me font frissonner de la tête aux pieds. Parce que c'est sa voix qui les prononce avec une sensualité quasi animale.

Il se lèche les lèvres sans me quitter du regard et j'ai l'impression de plus être qu'un brasier ardent.

- Tomo…

Je lâche ses mains et faufile les miennes sous son t-shirt, tandis que ma bouche descend dans son cou, aspirant sa peau pour y laisser des marques rouges qui le font gémir. Kami-sama, l'entendre gémir en plus…

Frustré de pas pouvoir l'admirer, je lui arrache presque son haut et son jean et passe de longues secondes à l'observer en détails. On dirait une statue de dieu grec. Absolument sans défaut.

Je m'apprête à continuer à le caresser, quand sa voix m'arrête.

- Attend… moi aussi je veux te voir…

Je hoche la tête et me redresse pour me déshabiller.

- Tu es beau, Taka… murmure-t-il en me dévorant littéralement des yeux.

Etrangement, quand c'est lui qui le dit, j'ai pas envie de nier. Je le vois dans ses magnifiques iris chocolat, qu'il me trouve beau. Et ça me suffit, même si moi je me trouve quelconque.

- Moins que toi… Toi, tu es parfait… rétorqué-je dans un souffle, ce qui le fait rougir.

Sur ces mots, je me penche sur lui et, de la langue, trace des sillons brûlants sur son torse, avant de venir suçoter et mordiller chacun de ses tétons. C'est la première fois que je suis à cette place, mais je sais ce que j'aime qu'on me fasse et je me laisse guider par mon amour pour lui. Ce qui semble fonctionner à en juger par ses soupirs et plaintes de plaisir. Lentement, sensuellement, mes mains explorent son corps aux proportions parfaites, comme si j'étais un sculpteur parachevant son œuvre la plus aboutie. La rondeur dorée de ses épaules, la ligne fluide de ses pectoraux, le dessin de ses abdominaux travaillés par la musculation, le galbe de ses biceps, la finesse de sa taille… Puis elles descendent encore, s'égarant sur cette partie de son anatomie qui me fascine (et je sais que je ne suis pas le seul) : ses fesses que moulent souvent un jean ajusté, comme s'il savait très bien que c'est un de ses atouts non négligeables. Et il doit le savoir à mon avis.

Elles descendent encore, toujours aussi lentement et je l'entends soupirer davantage comme je me rapproche de son membre. Pourtant, je ne le touche pas, je continue à descendre, caressant doucement l'intérieur de ses cuisses, lui tirant une légère plainte. Je savoure le moindre son qui émane de lui avec délices.

Il doit mourir d'impatience, mon Tomo, pourtant il me demande pas de me dépêcher, il savoure autant que moi ces instants magiques. Après plusieurs minutes supplémentaires, je me décide à effleurer son bas-ventre du bout des doigts puis, de la main, y imprime quelques va-et-vient, avant de me pencher pour le prendre en bouche.

- Han ! Taka ! s'exclame-t-il alors en glissant une main dans mes cheveux.

Ravi de lui faire tant d'effet, je continue en alternant la vitesse, donnant parfois un coup de langue, creusant les joues ou raclant légèrement sa peau tendue avec mes dents. Le moindre de mes gestes lui tire des plaintes sonores qui me mettent moi aussi dans tous mes états, mais il faut que je me retienne encore un peu.

Il me laisse faire un moment, puis me force à m'arrêter.

- Attend… je veux pas sans toi…

Je comprends sans mal ce qu'il veut dire et mon cœur se met à battre encore plus vite. J'espère y arriver. J'espère tellement…

- Tomo, tu sais, je n'ai…

Mais il m'empêche de poursuivre en mettant son index sur mes lèvres.

- Shhht. Ne pense pas, agis juste.

- Mais si je te fais mal plus que nécessaire ? Toi non plus tu n'as jamais été à cette place, non ? m'inquiété-je.

- La douleur passera. Taka, je veux que ce soit toi.

Sur ces mots, il prend ma main, la porte à sa bouche et, sans me quitter des yeux, entreprend de suçoter chacun de mes doigts avec application. Chaque passage de sa bouche sur ma peau fait redoubler mon désir. Ce mec est un appel au viol constant, c'est un truc de ouf. Malgré moi, je gémis en le sentant faire, ce qui a l'air de lui faire plaisir. Il lâche ensuite mes doigts et, dans un sourire absolument divin, me dit :

- Je suis tout à toi.

Je déglutis péniblement, en proie à l'anxiété et en même temps à l'excitation, puis glisse un doigt en lui pour le préparer de mon mieux. Il grimace mais ne dit rien alors, pendant un bon moment, je le fais juste aller et venir. Quand je constate qu'il a l'air habitué à l'intrusion, j'en ajoute un deuxième et, cette fois, je l'entend pousser une plainte de douleur. Inquiet, je cesse immédiatement tout geste et l'embrasse avec passion, jusqu'à ce que je sente qu'il remue légèrement le bassin. J'introduis alors un troisième doigt dans son intimité et le sens se crisper totalement sous l'effet de la douleur.

- Tomo… tu as trop mal et je n'ai… je ne suis même pas en toi… soufflé-je, torturé de le blesser.

- Non… Taka, s'il te plait…

- Mais Tomo…

- Je t'en prie…

In capable de résister à son ton suppliant, je rends les armes sans avoir vraiment combattu et hoche la tête.

- Alors viens…

J'opine de nouveau et me place, puis entre doucement en lui. Je voulais me montrer attentif à ses réactions, mais au moment où mon bas-ventre heurte ses fesses, une violente décharge de plaisir me traverse, occultant tout le reste. Depuis le temps que je crevais d'envie de le posséder, il est enfin à moi, tout entier. Et je suis tellement serré en lui, que je pourrais jouir tout de suite si je me retenais pas de toutes mes forces. Oui il faut pas sinon, je vais profiter de rien, ce qui serait gâcher son corps parfait et délicieux. Le souffle court et erratique, je rouvre les yeux pour le regarder… et me statufie. Des larmes de souffrance dévalent son cou et je me sens subitement coupable d'avoir pensé à mon seul plaisir.

- Tomo, mon cœur, mon amour, je suis désolé, dis-je, bourrelé de remords, en embrassant chaque centimètre de son beau visage.

- Ca… fait mal…

- Je sais, chéri, pardon. Mais tu vois, je ne bouge plus. Je ne bougerais plus tant que tu me diras pas que ça va.

Même si ça va être très difficile parce qu'il est vraiment très très bon.

Pour le faire penser à autre chose, je caresse son membre avec application et reviens l'embrasser passionnément. Après des minutes qui me semblent durer une éternité, je le sens se décrisper et, peu à peu, de petits gémissements passent ses lèvres. Comprenant qu'il est prêt, je pose les mains sur ses hanches minces et, m'y appuyant un peu, donne un premier coup de reins lent.

- Han ! gémissons-nous tous les deux.

Encouragé, je recommence plusieurs fois de suite, provoquant un concert de plaintes de plaisir, aussi bien de son côté que du mien. Il se redresse ensuite avec sensualité, passe les bras autour de mon cou et murmure à mon oreille :

- Fais ce que tu veux de moi, Taka…

Il me lâche ensuite et se rallonge alors que je suis parcouru par un long frisson d'excitation. Dans ses yeux, il y a un brasier semblable à celui qui me dévore de l'intérieur. Alors je me retiens plus et, me déhanchant en lui, lui prouve à quel point inimaginable j'ai envie de lui. A quel point inimaginable je l'aime.

A ce rythme et vu notre excitation, il ne faut plus bien longtemps pour qu'on se libère tous les deux dans un long râle sonore. Epuisé, je me laisse retomber sur lui le plus doucement possible, puis me retire et m'allonge près de lui, essayant de retrouver un souffle et un rythme cardiaque normaux. Jamais de ma vie je n'avais ressenti de sensations si intenses, si grisantes. C'était tout simplement merveilleux.

A ma grande surprise, je sens Tomo se blottir contre moi en passant un bras autour de ma taille et son nez se nicher dans mon cou où il dépose un petit baiser tendre. Woh, mon Tomo c'est une peluche après l'amour en fait. Je découvre un truc là.

- Merci, Taka, c'était fantastique, murmure-t-il, son souffle chaud chatouillant ma peau.

- Tu n'as pas trop mal ? m'enquis-je.

- Non, ça va. Et puis je suis heureux que ça ait été toi.

Un peu embarrassé, je réponds rien et me contente de le serrer contre moi.

- Bonne nuit, Tomo, dis-je après l'avoir embrassé.

- Bonne nuit, Taka.

Une chose est sûre : là, je vais dormir comme une souche.

21 octobre 2006

- C'est bon les gars, ça va être à vous, alors donnez votre maximum, nous dit un technicien.

- Comme d'habitude, lui répondons-nous en cœur.

Il est vingt-et-une heures trente. Les gradins du studio sont pleins à craquer et on entend d'ici les fans hurler notre nom. C'est toujours aussi grisant comme sensation.

Nos regards se tournent vers les héros du jour : Keii-chan et Shige. Ce sont eux qui vont porter le live sur leurs épaules là. Nous, on va juste faire backdansers. Ca nous ramène aux sources quoi. Mais c'est bien pour eux d'être un peu seuls dans la lumière. Après tout, Tesshi et moi on l'est depuis la sortie de « Miso soup » (qui cartonne d'ailleurs, j'en reviens toujours pas vu la pochette de merde qu'on se coltine), Tomo et Ryo y sont déjà avec leurs dramas etc… il restait plus qu'eux deux et ils se sont jamais plains d'être mis de côté ou autre. C'est vraiment des mecs biens. J'espère juste qu'ils font pas trop fausse route avec leur chanson olé olé et que les fans seront pas choquées.

Le présentateur termine de nous annoncer et on rentre sur le plateau sous les hurlements des filles. C'est un coup à rendre sourd qui n'y est pas habitué, mais c'est heureusement pas notre cas. La musique démarre, les voix de nos amis s'alternent, se mêlent harmonieusement et nous nous chargeons de la chorégraphie prévue, qui, contrairement à celles de News, image les paroles. Ils nous rejoignent parfois, font quelques pas avec nous, puis repartent de leur côté. A la faveur d'une pirouette, je jette un œil au public. Elles ont l'air de bien le prendre et certaines au premier rang sont toutes rouges. On dirait que Keii-chan avait raison depuis le début. C'est dingue, mais ça fonctionne.

La chanson se termine et un tonnerre d'applaudissements se fait entendre, ébranlant presque la salle. On va s'assoir sur les bancs en forme d'arc de cercle en skaï rouge et le présentateur commence à assommer le duo de questions sur le pourquoi du comment et nous, parfois, on glisse une anecdote ou une blague. C'est comme ça les live et c'est plutôt sympa. Moi j'aime bien.

Une fois l'interview finie, on retourne dans les coulisses sous les ovations des fans et on regagne la loge.

- Alors, monsieur le sceptique, me dit Shige en me donnant un coup de coude dans les côtes, qui avait raison ?

- Mouais, coup de bol, répliqué-je juste pour le plaisir de les embêter.

- Ah ouais tu crois ça ?

J'ai rien le temps de répondre, parce qu'il me chope par le cou avec son bras, me maintient contre lui et me « savonne » la tête avec son poing fermé.

- Aïe ! Lâche-moi, brute épaisse ! fais-je en rigolant.

- Nan nan, avant tu dois admettre notre supériorité.

- Jamais ! réponds-je de même.

- Mauvaise réponse, intervient Keii-chan, en se mettant à me chatouiller.

Ah oui, lui il connait mon point faible, cet enfoiré qui cache bien son jeu. Du coup, il a à peine effleuré mes côtes, que je me tortille comme un vers de terre, essayant de leur échapper mais n'y arrivant pas parce que trop mort de rire.

- Tomooooo ! Aide-moiiiiii ! appellé-je à l'aide.

- Désolé, Taka, mais je tiens pas à subir la même chose, se défile mon petit ami en se planquant derrière son meilleur pote au cas où nos amis auraient l'idée de lui faire subir le même sort.

- Ryooooo ! appellé-je encore en désespoir de cause.

- Ah nan, c'est trop marrant de voir ta force maîtrisée par de simples guilis.

- Bande de traîtres ! m'esclaffé-je.

- Moi je vais t'aider ! s'exclame alors Tesshi en se jetant courageusement dans la bataille.

C'est alors qu'une scène invraisemblable a lieu : voulant se protéger de l'assaut de Yuya, Shige m'entraîne au sol, tandis que Keii-chan ceinture mon meilleur ami sans difficulté et les deux tortionnaires se mettent à nous chatouiller sans relâche, provoquant nos hurlements de rire. Gagnés par l'atmosphère, Ryo et Tomo décident finalement d'intervenir et tentent de faire céder le KoyaShige en leur faisant subir le même traitement, ce qui ne marche que sur notre aîné, car Shige ne semble pas sensible aux guilis.

- Aaaaaaaaaah Ry… Ryoooooooooo ! Pitiééééééééééé ! Arr… Arrêêêêêêêêêêteuuuuuuuu ! implore Keii-chan qui pleure de rire.

Il parait encore plus craintif que moi à ce niveau, c'est marrant.

Libéré de son tourmenteur, Tesshi aide Tomo à me sortir des griffes de l'infâme Kato Shigeaki, le suprême chatouilleur et finissent par y parvenir au péril de leur vie. Je me grouille donc de me relever et hésite à venir en aide à Keii qui l'a quand même bien mérité. Je croise le regard de mon petit ami et nous décidons sans nous parler qu'il a assez payé, on se rue donc à l'assaut de Ryo cette fois. Sauf que le vil devait être à la solde de Kato Shigeaki, parce qu'il lâche Keii et prend Tomo en otage en reculant vers la porte.

- Arrière ! fait-il de son air de truand le plus convaincant, en mettant ses doigts à hauteur des côtes de son prisonnier comme si c'était une arme meurtrière. Le premier qui fait un pas, peut dire adieu à la vie de l'otage. Mourir de rire n'est pas très amusant, je peux vous l'assurer.

- Non ! m'exclamé-je alors. Si tu veux le toucher, Nishikido, il faudra me passer sur le corps ! ajouté-je pour faire bonne mesure.

- Je le touche déjà. Tu ne peux rien. Mouahahahaha !

- Kyaaaaa au secouuuuuuurs ! cria alors Tomo qui jouait vachement bien la jeune fille terrifiée.

C'est à ce moment que la porte s'ouvrit sur les KAT-TUN, qui devait se trouver dans le studio eux aussi et qui, poussés par la curiosité, venaient voir ce qui causait tous ces cris.

- Qu'est ce qui se passe ici ? demande Kamenashi en ouvrant de grands yeux stupéfaits.

- Vous avez tous pété un câble ? interroge Ueda à son tour.

- Nan, c'est juste que Shige avait prit Massu en otage et que Keii-chan le chatouillait, alors j'ai voulu l'aider, mais Keii-chan m'a attrapé et chatouillé aussi, explique Yuya. Du coup Pi-chan et Ryo-tan ont voulu nous aider, mais en fait Ryo-tan a lâché Keii pour choper Pi-chan et du coup, maintenant il menace de le faire mourir de rire à coups de chatouilles.

Un silence consterné de nos collègues suit cette explication plutôt concise de la situation et ils se regardent, l'air de dire qu'on est tous totalement dingues. Sauf que dans l'intervalle, le vil Nishikido a mis sa menace à exécution et que c'est Tomo qui s'est mis à crier comme un possédé.

- Ryoooooo, t'auras ma mort sur la conscieeeeeence ! proteste encore mon pauvre petit ami qui parait ne déjà plus en pouvoir.

- Silence, l'otage, gronde Ryo qui, décidément, fait bien le criminel en cavale, avant d'appuyer encore sa torture.

- Kyaaaaaaa t'es un monstreuuuuuuuuu !

De ce que je vois, Taguchi a bien envie de jouer aussi, mais son leader a pas l'air très d'accord et c'est sur une moue déçue qu'il fait demi tour avec le reste de son groupe. Leur sortie met un point final au jeu, qui a bien du durer une demi heure avec tout ça.

Totalement épuisés d'avoir fait ça juste après le live, on s'écroule tous à même le sol.

- C'était marrant, fait Tesshi en essuyant les larmes de rire qui perlent encore au coin de ses yeux.

- C'est vrai, dis-je. On a pas souvent l'occasion de faire nawak comme ça.

- Et ça fait plaisir, dit Shige.

- On devrait se lâcher comme ça de temps en temps, approuve Keii-chan.

Après ça, les studios ne comportant pas de douches, on rentre tous chez nous pour une douche et un repos bien mérités. Et ce soir, Tomo dort chez moi.

15 décembre 2006

Ca fait maintenant plusieurs semaines qu'on répète pour la tournée que nous avait annoncé Fujioka-san. « Never ending wonderful story » qu'elle s'appelle. Tu parle d'un nom. Je me demande bien qui les trouve, parce qu'à chaque fois ils font trois kilomètres. Et en plus, on doit répéter pour le différé qui aura lieu pour le Countdown. Vu qu'on sera en pleine tournée, on pourra pas être physiquement présents sur la scène avec les autres groupes. C'est assez bizarre de savoir qu'on va chanter et danser en live, mais qu'il y aura pas de public physiquement devant nous, qu'il nous verra qu'à travers un écran géant dans une autre partie de la ville. Encore un truc qu'on expérimente. Ca fait très… Arashi. Il y a eu un Countdown où ils ont du faire ça aussi parce qu'ils étaient à Sapporo à ce moment-là je crois et qu'un Countdown sans eux c'est juste pas possible. Et je compte pas les live à assurer aussi pour « Miso soup » vu que ça continue à cartonner et depuis la perf de KoyaShige, ils sont pas mal demandés aussi. Bref, on a jamais été aussi blindés de boulot.

18 février 2007

Soixante-quatre. C'est le nombre de jours écoulés depuis que j'ai dis qu'on était blindés de boulot. Et quarante-neuf, c'est le nombre de jour d'inactivité totale depuis la fin du Countdown. Mais quand je dis inactivité totale, c'est-à-dire rien, zéro, nada. Ni shoot, ni interviews, ni émissions, ni live. Le néant absolu. On a même pas eu droit à une seule visite de notre manager depuis. Alors en plus de tous mourir d'ennui et de manquer se taper dessus pour s'occuper (j'exagère à peine, on passe notre temps à s'engueuler depuis), on commence franchement à être inquiets. Il se passe quoi à la fin ?

Donc on est tous les six là, avachis sur nos sièges, à se demander une fois de plus ce qu'on fout là à rien foutre, quand la porte s'ouvre brusquement, nous tirant de notre quasi somnolence.

- Fujioka-san ! s'exclame Tomo en bondissant sur ses pieds.

- Enfin, on commençait à croire que vous nous aviez abandonnés ! Qu'est ce que vous foutiez ?! demande Ryo.

Il fait une drôle de tronche, j'aime pas beaucoup ça. Ca veut encore dire des mauvaises nouvelles. Et je suis pas le seul à le penser, parce que la voix de Tesshi s'élève, incertaine :

- Ano… il n'y a pas encore quelqu'un qui va partir, n'est ce pas ?

J'aurais pas mieux dit.

- Non non, vous restez tous les six, mais…

Ah il y a un mais.

- Mais quoi ?! le presse Tomo, qui lui aussi a l'air de craindre le pire.

Il hésite, cherche ses mots… Ca craint de plus en plus…

- Le groupe entier est suspendu. Jusqu'à nouvel ordre.