28 mars 2007
Enfin. Il aura fallu une semaine de plus pour que le tumulte causé par notre retour se calme et entre, on a pas arrêté. Du coup, à part entre deux portes à l'agence, j'ai pas une fois eu l'occasion de me retrouver seul avec Tomo. Même pas le soir, vu que j'étais trop mort pour faire autre chose que m'écrouler dans mon lit. Bon, j'aurais pu m'écrouler dans le sien vous me direz, mais nan. J'ai l'impression que toutes ces semaines à rien faire ont tué mon endurance. Je suis rapidement à plat maintenant. Faut vraiment que je trouve un moyen de récupérer ma forme.
Enfin bref, ce soir, finalement, on peut se voir. Le « enfin » est d'autant plus valable que depuis qu'on est officiellement ensemble, on a plus eu de vrai moment en tête à tête. Du coup, je suis encore plus pressé d'y être.
En chantonnant, je range mes affaires dans mon sac, ce qui étonne Keii-chan.
- T'es bien joyeux, Massu.
- Il voit Pi-chan ce soir, le renseigne alors Tesshi, redevenu mon confident.
Mais bon, confier un secret à mon meilleur ami, c'est courir le risque que toute la Jimusho soit au courant en moins de vingt-quatre heures. Enfin si ça se limite au groupe, ça va. Inquiet, je jette un coup d'œil à Ryo pour voir comment il encaisse la nouvelle, mais il a l'air totalement impassible. Blasé même. Je sais pas si c'est plus rassurant que de la colère ou de la tristesse.
- Oh le petit canaillou, rigole Shige en chopant mes joues et en les pinçant comme le font les grands-mères.
- Faites pas trop de bêtises, neeeeee, ajoute Keii-chan en souriant.
- Fa, ve peux pas promeccre, réponds-je alors que Shige a pas lâché mes joues.
- J'y vais, à demain, dit alors Ryo.
- Ciao, Ryo-tan, répond Tesshi avec un signe de la main.
La porte claque derrière lui et, libéré de l'emprise de mon ami, je soupire.
- Bah qu'est ce qui t'arrive d'un coup ? demande Yuya, visiblement surpris par mon changement d'humeur.
- Tesshi... tu voudrais pas passer la soirée avec Ryo ?
- He ?
- Il m'inquiète.
- T'en fais pas, Massu. Ryo-tan est plus fort que tu crois. C'est pas le genre à s'écrouler.
- Peut-être, mais...
- Allez, arrête de faire cette tête, dit Keii-chan. Sinon, Pi va croire que t'es pas heureux de votre premier tête à tête.
- Pourquoi je croirais ça ? fait alors la voix de Tomo juste derrière nous.
On se retourne tous d'un même mouvement. Mon petit ami est enfin sorti de la douche où il semblait vouloir passer sa vie. Il a eu la bonne idée de se rhabiller là-bas, heureusement. Parce que déjà, habillé mais avec les cheveux humides et ébouriffés, j'ai déjà envie de lui sauter dessus, alors s'il avait juste porté une serviette... C'est dingue l'effet qu'il me fait quand même. J'ai l'impression d'être devenu un pervers tellement j'ai envie de lui dès que je le regarde. Et là, j'ai juste envie de lui arracher sweat, t-shirt et jean comme on ouvre un paquet cadeau. Ce que je m'abstiens de faire, évidemment, je suis pas un sauvage. Enfin la majeure partie du temps.
- Massu se fait du souci pour Ryo, répond Shige à ma place.
- Oh. Mais Ryo est solide, tu sais, Taka.
- C'est ce que je lui ai dis, fait Tesshi.
Je suis le seul à m'en faire pour lui ou quoi ? C'est bien beau de compter sur sa force, mais il est humain et il vient de se prendre une veste quoi. Ce serait normal qu'il craque.
- Bon, je file aussi, décrète soudain mon meilleur ami. J'ai rencard ce soir.
- Avec qui ? demande alors cette commère de Keii-chan.
- Voyons, il y a déjà eu Fujigaya, Kamenashi, Yasuda et Yokoyama si je me trompe pas... réfléchit alors Shige à voix haute. Ce qui veut dire que t'as déjà « tappé » dans les Kisumai, les KAT-TUN et les Kanja. Donc... Ne, t'as pas osé te faire un Arashi quand même ?
- Va savoir, répond énigmatiquement Tesshi, avant d'ajouter en tirant la langue : Ca vous regarde pas bande de curieux. Ciao !
Il s'en va avec son sac et je regarde nos deux pipelettes, qui continuent à parler du « cas Yuya ».
- S'il s'est fait Ohno-sempai, Chinen-kun s'en remettra jamais, dit Keii-chan.
- Et si c'est Ninomiya-sempai, c'est Ohno-sempai qui s'en remettra pas, dit Shige.
- Et si c'était Sakurai-sempai ?! Nan, nan ! Plutôt Matsumoto-sempai !
- Haaaaaan là ce serait vraiment énorme.
- A moins qu'il ait tapé dans les Juniors...
- Il a pas pu, les Juniors c'est interdit, ils sont mineurs.
- Lui aussi pour le moment.
- Haaaaaan mais alors y'aurait moyen.
- Surtout que... heu... Yaotome-kun je crois qu'il s'appelle, le mate dès qu'il le croise.
- Haaaaaan...
Je pouffe en les entendant. Ils sont pas croyables. Même les pires commères de Tokyo leur arrivent pas à la cheville niveau ragots et rumeurs.
- On y va, Taka ?
La voix de Tomo, non loin de moi, me ramène à lui.
- Hai. Bon ben à plus les gars, dis-je au KoyaShige. Si vous trouvez une réponse, envoyez-moi un mail, ça m'intrigue aussi.
- Ok ! font-ils en cœur avant de reprendre leur conciliabule.
Je rigole, chope mon sac et suis mon petit ami hors de la loge. D'un accord silencieux, on décide de prendre plutôt sa voiture et je m'installe côté passager. C'est la première fois que je monte dans la sienne, ça fait drôle.
- Pas trop fatigué ? me demande-t-il.
- Un peu, mais ça va. Toutes ces semaines d'inactivité m'ont ramolli je crois, dis-je en riant.
- C'est le cas pour nous tous je pense, mais la forme va vite nous revenir. Tu as faim ?
- Je meurs de faim.
- Alors ça tombe bien, on va se faire des super ramen qui vont nous requinquer.
- Et ensuite ? demandé-je en regardant son beau profil.
Il me jette un bref regard, histoire de pas perdre la route de vue trop longtemps, mais je peux y lire tant de promesses, que je me sens frissonner d'avance. Je suis même pas sûr d'arriver à attendre d'être arrivé chez lui, sans parler d'attendre la fin du repas. Jamais quelqu'un m'avait autant obsédé. Tomo est comme une drogue pour moi, c'est dingue.
Comme mue par une vie propre, ma main se pose sur son genou et remonte lentement sur sa cuisse musclée.
- Taka, je conduis... me reproche-t-il doucement mais sans réelle conviction.
Surtout que je l'ai senti frissonner lui aussi. Ce qui m'incite à continuer. Ma main continue donc son chemin jusqu'à son entrejambe, sur laquelle elle se pose et qu'elle commence à caresser doucement.
- Mmmh... Taka... arrête, on... va avoir un accident... proteste-t-il faiblement.
- Alors gare la voiture... fais-je d'une voix suave que j'ai du mal à identifier comme étant la mienne.
- Mais on est... presque arrivés...
- Alors accélère...
J'ai du lui donner sacrément envie, parce que je sens la voiture faire une embardée et notre vitesse s'accentuer de façon drastique. Du coup, en moins de dix minutes, on est arrivés à son immeuble. On s'éjecte presque hors du véhicule, on monte les escaliers quatre à quatre et je lui laisse même pas le temps de chercher ses clés dans sa poche, avant de me jeter sur ses lèvres comme un affamé, de les suçoter, lécher, mordiller, de glisser ma langue à la recherche de sa jumelle et de leur faire danser un tango endiablé. Je me presse contre lui, le collant contre la porte sans cesser de l'embrasser. Mon souffle est erratique, mon cœur bat comme un tambour, comme si c'était la première fois que je le touchais et j'ai l'impression que ça sera toujours comme ça, parce que c'est lui et qu'il me rend totalement dingue.
- T... Taka, murmure-t-il contre ma bouche, laisse-moi juste ouvrir la porte... Si un voisin arrive...
Son souffle sur mes lèvres semble décupler encore la force de mon désir et je lui arrache presque la clé des mains pour ouvrir moi-même cette maudite porte qui m'empêche de le toucher à loisir. Une fois à l'intérieur, je lui arrache presque ses vêtements. Je crève tellement d'envie de toucher sa peau, d'être sûr que la moindre parcelle de son être n'est là que pour moi... que je n'essaye même pas de me retenir. Mes mains le parcourent avec avidité et il en a l'air tout étourdi lui-même.
- Je te fais tant d'effet que ça ? s'effare-t-il.
- Et plus encore... Je t'aime, Tomo...
- Moi aussi, Taka...
Il me regarde d'un tel air... Ses yeux paraissent me dire « prends-moi ». Ce genre d'incitation devrait être interdite par la loi...
- Avec plaisir... susurré-je en réponse à sa prière muette.
Je me laisse retomber à côté de lui, sur le sol de l'entrée qu'on a finalement pas quittée. C'était trop bon, mais j'ai un peu honte quand même, je me conduis comme un animal en rut quand je suis avec lui. Enfin il a pas l'air de s'en plaindre, mais c'est pas respectueux pour lui, je m'en rend compte maintenant que c'est fait.
- Je suis désolé, Tomo... dis-je une fois que mon souffle est redevenu régulier.
Sur son visage, les traces du plaisir qu'il a ressenti pendant notre étreinte n'ont pas encore disparu et un sourire, fatigué mais réel, éclaire ses traits.
- De quoi tu t'excuse ? s'étonne-t-il.
- De... Enfin je veux dire, c'est la deuxième fois que je te saute dessus comme une bête sans même nous laisser le temps d'aller à la chambre...
- Hé, t'en fais pas... dit-il en levant la main pour la poser sur ma joue. Si je n'étais pas d'accord, je te l'aurais fais comprendre. Un peu de bestialité ne fait pas de mal de temps en temps et puis... tu n'es pas brutal pendant l'amour, c'est ça l'important.
Il se redresse sur un coude pour m'embrasser tendrement et je réponds de même, rassuré.
- Que dirais-tu d'une bonne douche maintenant ? dit-il.
- On la prend ensemble ?
- Ce n'est pas une bonne idée si le but est de se laver, dit-il malicieusement.
- Et si c'est pas le but ?
Il rigole.
- Pervers, dit-il en souriant.
- Un peu, j'avoue. Mais ça a pas l'air de te poser problème.
- Aucun. Parce que c'est toi.
Adorable.
- Donc ?
- Donc tu vas à la douche et moi je commence à préparer les ramen.
- Mou, t'es pas drôle, Tomo, fais-je dans une moue empruntée à Tesshi.
- Je croyais que tu mourrais de faim ?
Et comme pour lui donner raison, mon estomac se met à gronder de façon très bruyante. Oups...
- Tu vois, dit-il encore en riant.
J'ai dis que j'adorais son rire ?
- Ok, ok j'y vais.
Je vais donc me glisser sous l'eau chaude de sa douche high-tech (je vous jure, elle fait MP3 etc c'est un truc de fou) et y reste plusieurs minutes avec délices. J'ai l'impression que ma fatigue s'en va par le trou d'écoulement et que mes muscles endoloris par la journée d'entraînement et par nos ébats se dénouent. C'est presque magique. Je passe ensuite avec bonheur le gel douche parfumé sur mon corps et ferme les yeux, imaginant malgré moi que ce sont les mains de Tomo qui me parcourent. Cette évocation suffit à me faire redémarrer et je soupire. Oui, je crois que je suis vraiment devenu pervers. C'est malin, j'ai plus qu'à faire passer ça. Je commence donc à me caresser en pendant à lui et des gémissements étouffés passent mes lèvres. Heureusement que la cuisine et la salle de bain sont pas trop proches, parce que c'est limite gênant.
Une fois rapidement relavé, je me sèche et me rhabille, puis le rejoint. Il me tourne le dos, occupé à couper quelque chose sur le plan de travail et je l'enlace par derrière, le menton sur son épaule.
- Elle était bonne cette douche ? me demande-t-il en souriant après avoir tourné un peu la tête pour m'embrasser.
- Oui, mais elle manquait de toi. Tu fais quoi ?
- Tu vois, je coupe des poivrons en dés.
- Tu veux un coup de main ?
- Ben tu n'as qu'à prendre le relai pendant que je vais me laver à mon tour. Fais attention, les couteaux sont extrêmement tranchants.
- D'accord, acquiescé-je en m'efforçant de ne pas penser à la perfection de son corps nu ruisselant d'eau.
Il m'embrasse de nouveau (on dirait qu'il n'y a pas que moi qui suis drogué), puis le lâche pour qu'il puisse s'échapper là-bas et m'oblige à me concentrer sur les poivrons. Mais tous les deux coups de couteau, mon esprit s'évade quelques mètres plus loin et je ne suis bientôt plus du tout à ce que je fais. Au point que je finis par me couper assez salement. Merde... Merde et merde, ça fait un putain de mal et ça pisse le sang... Je choppe un torchon en vitesse et en entoure mon doigt blessé. Je supporte pas la vue du sang. Je me sens mal...
- C'est bon, Taka, on a... (il s'interrompt en voyant le torchon taché de sang) Taka, tu t'es blessé ?!
- Hai...
- Montre-moi ! exige-t-il, paniqué.
- Il faut... que je m'asseye, Tomo... Je me sens pas bien...
- Bien sûr, chéri, excuse-moi.
Il me guide vers le canapé et écarte précautionneusement le torchon... avant de grimacer.
- Tu ne t'es pas raté... Je t'emmène à l'hôpital, il te faut des points de suture. Tu as eu ton vaccin antirabique ?
- Je sais plus...
- Allez viens, on y va.
Adieu le tendre tête à tête. C'est pas franchement à l'hosto que je nous imaginais pour la suite de la soirée et c'est entièrement ma faute.
Je le laisse donc me conduire aux urgences, où je suis pris en charge rapidement. Je détourne la tête quand l'interne de service sort une aiguille. J'aurais préféré des straps, j'ai une trouille bleue des aiguilles, alors ça, les prises de sang etc... c'est ma bête noire.
Quand je sors du cabinet où il m'a charcuté (enfin où il a réparé mon charcutage pour être exact), je suis plus mort que vif et dois être tout pâle vu comment je flippais.
Dès qu'il me voit, Tomo se précipite à ma rencontre.
- Taka, chéri, ça va ?!
L'angoisse est audible dans sa voix.
- J'ai connu mieux, mais ça peut aller, fais-je dans une ombre de sourire.
- Mais qu'est ce qui s'est passé ? Tu n'es pas si maladroit d'habitude, fait-il observer en retournant à la voiture après avoir réglé les frais des soins.
- Je... pensais à toi sous la douche et le couteau a dérapé... avoué-je, piteux.
- Oh, Taka...
Cette fois, la désolation se mêle à la réprobation dans sa voix.
- Je t'avais pourtant prévenu de faire attention...
- Je sais. Pardon, Tomo.
- Enfin tu t'es puni toi-même de ta distraction par la douleur et la peur que tu as eue, alors je ne vais pas en rajouter. Viens, on rentre. Je vais m'occuper du repas et de toi.
Je hoche la tête et le suis, pas fier de moi. Surtout que j'aurais carrément pu me couper le doigt au lieu de juste me l'entailler. Et ça aurait pu être à la main droite, j'ai eu de la chance dans mon malheur. Ses couteaux de cuisine, c'est des vrais rasoirs, j'ai jamais vu ça.
Une fois rentrés chez lui, mon petit ami prend son air de leader mécontent pour m'interdire de bouger du canapé et il repart dans la cuisine continuer la préparation avortée de notre repas. Il est plus de minuit et on a toujours pas mangé, mais j'ose pas lui dire qu'avec tout ça, j'ai plus faim du tout. Lui il a le droit de dîner, ce serait égoïste de l'en empêcher parce que moi j'en ai plus envie.
Après une demi heure entrecoupée de fréquents allers-retours au salon destinés à vérifier que j'allais bien, il amène deux bols de ramen fumants sur la table basse.
- Itadakimasu, fait-il en attaquant les siens.
Avec un petit sourire, je le regarde aspirer goulument le contenu de son bol (preuve qu'il est affamé, parce qu'en général, il mange avec plus de classe), jusqu'à ce qu'il se rende compte que je touche pas au mien.
- Taka ? Ca va pas ? Tu mange pas ?
- Ma mésaventure m'a un peu coupé l'appétit. Mais c'est pas grave, Tomo, mange, toi.
- Oh. D'accord.
Il termine son bol, puis s'allonge en posant la tête sur mes genoux. Je m'y attendais pas mais ça me fait sourire pour de bon. Il est trop mignon. Du coup, je lui caresse les cheveux et il se retourne comme une crêpe pour pouvoir me regarder.
- Ne, Taka... commence-t-il en caressant le dos de ma main avec le bout de son index.
- Hum ?
- A partir de la semaine prochaine, je vais être pas mal absent, j'ai deux dramas à tourner coup sur coup et ensuite, j'ai un single à enregistrer.
- Encore un ?
- Hum.
- Oh...
Et ben on aura pas été tranquilles longtemps. Et sa carrière solo prend de plus en plus de place dans une existence qui laisse déjà pas tellement de temps pour la vie privée. J'en ai jamais trop parlé jusque là, mais c'est pas le premier single qu'il enregistre et loin d'être ses premiers dramas. Il part régulièrement en tournage ou en enregistrement en nous laissant en plan tous les cinq. Je suis content que les fans le suivent aussi en solo, mais...
- Taka ? Tu boude ?
- Non, Tomo. Mais on a déjà pas tellement de temps à passer ensemble...
- Je sais.
- Je suis fier de toi, bien sûr et je suis content que ça marche si bien pour toi mais...
- Je sais, chéri. Désolé.
Bah de toute façon c'est pas comme si j'avais le choix. C'est sûrement quelque chose d'inévitable quand on sort avec un Johnny's aussi connu que Yamapi. Alors je fais contre mauvaise fortune bon cœur et souris.
- Ils parlent de quoi tes nouveaux dramas ?
Alors il se met à me raconter les synopsis avec un air passionné et des yeux si brillants d'excitation, que je n'ai plus le courage de lui reprocher d'avoir accepté. Il a l'air tellement à fond... ça le rend adorable et sexy à la fois. C'est mon Tomo quoi. Soudain, je bâille. Pas que je m'ennuie, mais avec tout ça il est presque une heure du mat' et on retourne au boulot demain.
- Allez viens, on va se coucher, dit mon petit ami en se redressant, avant de m'entraîner à sa suite.
Une fois dans la chambre, il entreprend de me déshabiller sans se rendre compte que c'est dangereux pour lui, en disant qu'avec mon doigt blessé, j'y arriverais pas. Il a pas tout à fait tort, vu la taille de la « poupée » que l'interne m'a mis. Je me glisse avec bonheur sous la couette et le regarde retirer ses propres vêtements en m'endormant à moitié. Il se glisse ensuite près de moi et se colle à moi en m'enlaçant.
- Oyasumi, Taka chéri.
- Oyasumi, mon Tomo.
29 mars 2007
Inutile de dire qu'avec tout ça, on s'est levés à la bourre le lendemain matin. Mais genre vraiment à la bourre. On avait rendez-vous à neuf heures et on est arrivés à dix heures et demi bien tassé. Donc évidemment, quand on a passé la porte, on a été accueillis pas des sifflements moqueurs et des quolibets.
- Wahouuuu ! Enfiiiiiin ! s'exclame Tesshi en faisant exploser un cornet surprise qui nous asperge de serpentins et de confettis.
- Une heure et demi de retard quand même, la nuit a du être joyeuse, rigole Keii-chan.
- On s'est même demandés si vous alliez venir, ajoute Shige.
- La nuit a été calme, merci, répond Tomo. La soirée par contre a été mouvementée...
- On veut pas de dét...
Yuya, qui avait commencé sa phrase, s'interrompt et écarquille les yeux en voyant l'énorme bandage qui entoure mon doigt. Du coup, il se précipite.
- T'es blessé, Massu ?!
- Ouais, comme un con je me suis entaillé le doigt avec un couteau de cuisine hier soir.
- Donc on a passé une partie de la soirée aux urgences.
- Aïe dur pour une première soirée en amoureux, commente Shige. Et ça va maintenant, Massu ?
- Ben ouais mais je peux pas faire grand-chose avec ma main gauche quoi.
- Ben heureusement que c'est la gauche et pas la droite, remarque Ryo qui avait rien dit jusque là. Imagine la merde si tu t'étais planté la mauvaise main.
- Comme tu dis, fais-je en le regardant, soulagé qu'il ait l'air normal.
- Ne me dites pas que vous nous avez attendus pour commencer à bosser ? demande alors Tomo, repris par son instinct de leader.
- Beeeeeen... fait Keii-chan, embêté.
- Si si, répond Ryo. Ces têtes de pioche ont décrété qu'ils voulaient pas commencer sans vous parce que, je cite, « on a fait des placements à six, c'est pas pour des prunes, donc si on s'entraîne à quatre ça sert à rien ».
En entendant ça, mon petit ami fronce les sourcils.
- C'est la pire excuse que j'ai jamais entendu pour tirer au flanc, dit-il. Comme si vous ne saviez pas que vous n'avez qu'à rester à votre place.
- Mais c'est perturbaaaaaant, piaille Tesshi en faisant la moue. Allez, Pi-chan, râle pas, on va travailler maintenant.
- Mais vous avez perdu une heure et demi.
- Techniquement, Massu et toi aussi, rétorque Shige.
C'est pas faux. Du coup, Tomo en reste coi et va se changer sans rien dire. Moi je me retiens de pouffer, parce que les gars qui surprennent mon petit ami, c'est rare. Pendant que je retire mes fringues, Keii-chan s'approche de moi.
- On a trouvé qui était le rencard de Tesshi hier soir. C'était Aiba-sempai, me souffle-t-il.
Alors là, je rigole plus du tout. Masa-chan... Yuya a osé s'attaquer à Masa-chan... Mais merde quoi, il sait pas que les ex c'est sacré ?! Surtout Masa-chan quoi ! Et lui, pourquoi il a accepté ?! Il était pas en couple avec Matsumoto-sempai (et c'est pour ça qu'il m'avait repoussé quand j'étais revenu vers lui) ?!
Je donne un coup de poing sur la porte de mon casier, faisant sursauter tout le monde et s'enfuir Keii-chan.
- Massu ? Ca va pas ? me demande ce petit traître.
- Toi... Comment tu as pu ? grincé-je entre mes dents.
Je sais même pas pourquoi ça me touche autant, parce que je ressens plus rien pour Masa-chan à part une sincère amitié et que je suis fou amoureux de Tomo, mais je me sens plus ou moins trahi là.
- Comment j'ai pu quoi, Massu ? Je comprends pas.
- N'importe qui d'autre, ça aurait pas eu d'importance, mais pourquoi lui précisément alors que t'avais l'embarras du choix ?
Il parait enfin saisir de quoi je parle.
- Ah... On dirait qu'une pipelette a pas su tenir sa langue. Bon, si tu veux tout savoir, je suis pas coupable. C'est Aiba-sempai qui est venu me demander de l'aider à se venger de Matsumoto-sempai qui l'a trompé avec Kitayama-kun je crois.
Un peu honteux de l'avoir immédiatement jugé sans savoir, je trouve rien à dire à part un misérable « désolé », auquel il répond par un simple « hum », avant de reprendre :
- Je croyais que tu me connaissais depuis toutes ces années... Tu crois vraiment que j'aurais pu aller le draguer en sachant qu'il est toujours très important pour toi ? Je suis pas un enfoiré, Massu.
- Je le sais. Excuse-moi, Yu'.
Il hoche la tête comme pour dire Ok, mais je sens et je vois bien que je l'ai vexé. Il va falloir que je me fasse pardonner d'une façon ou d'une autre.
Et pas loin, mon petit ami affiche un air sombre, dont je comprend facilement la cause. Je m'approche donc de lui, l'enlace et l'embrasse dans le cou.
- Tomo, c'est toi que j'aime. Je ressens plus rien d'amoureux pour Masa-chan depuis longtemps.
- On ne dirait pas...
Il est jaloux, c'est trop mignon.
- Je t'assure. C'est juste que comme Masa-chan était le premier, j'ai toujours un peu l'impression qu'il m'appartient, mais c'est tout. Tu es le seul pour moi, je te jure.
- Bon, fait alors la voix de Ryo, quand vous aurez fini vos mamours, on pourra peut-être bosser. A moins que vous ayez décidé qu'on perdait carrément la matinée. Parce que si c'est le cas, je vais avec les Kanja qui ont du boulot, eux.
- Non non on s'y met, ne râle pas, répond notre leader en s'apprêtant à s'écarter de moi.
Mais je le retiens par le bras.
- Tomo, tu me crois au moins ? demandé-je, inquiet.
- Tu me l'as juré, alors oui. Mais onegai... arrête de l'appeler « Masa-chan » devant moi... Ca me donne l'impression qu'il y a toujours quelque chose entre vous.
- Et bien oui, de l'affection et de l'amitié.
Le regard qu'il me lance est si suppliant, que je cède.
- Très bien, Tomo, je l'appellerais plus comme ça quand tu es là.
- Merci.
Il m'embrasse tout aussi tendrement qu'avant et se dirige vers la chaîne hifi, me laissant soulagé. Maintenant qu'un de mes soucis est résolu, je vais pouvoir me concentrer. En attendant de trouver un moyen pour que Tesshi me pardonne.
Bon, ça m'a pris la journée, mais j'ai réussi à arracher un sourire à mon meilleur ami. Il a suffit pour ça que je prononce le mot « shopping ». C'est dingue à quel point il aime faire les magasins. De fringues surtout. Une vraie fashion victime. Depuis, il me sautille autour comme un kangourou pour qu'on y aille « maintenant allez Massu s'te plaiiiiiit ». Il profite du fait que Tomo nous a lâchés début d'aprèm pour une réunion à propos du premier de ses futurs dramas et Ryo pour retrouver les Kanja qui préparent un nouveau single apparemment.
- Tu me laisse me doucher quand même ? Je vais pas aller faire les boutiques tout suant.
- Alors dépêche-toi, neeeeee.
- Oui oui, fais-je en rigolant.
Du coup, moi qui aime m'éterniser sous l'eau chaude, j'ai du réduire ma douche à sa plus simple expression pour épargner l'impatience grandissante de Yuya. Qui me saute presque dessus quand je reviens dans la loge.
- Massuuuuuu, viiiiiiteuuuuuu ! piaille-t-il. Sinon on aura le temps de rien faire.
Misère, pourquoi j'ai parlé de shopping moi ? Je dois être maso. Vu son excitation, on va y passer des heures et des heures.
On prend donc ma voiture pour filer à Shibuya.
Au 109, je crois bien qu'on a tout fait. Magasins de fringues classes, de fringues de sport, de fringues de tous les jours, de pompes, d'accessoires... Il a même insisté pour qu'on passe chez le coiffeur tous les deux et comme un idiot, je me suis laissé convaincre. Il en est ressorti châtain et moi rouge. Mais pas un rouge discret, ne. Le rouge bien vif qui se voit à dix kilomètres. Je sais pas si Tomo va apprécier. Je suis trop influençable... et claqué. Il a pas voulu arrêter une seconde, je suis mort.
- Pouce, fais-je au bout de quatre heures non stop. On va boire un truc, là j'en peux plus, tu vas avoir ma mort sur la conscience.
- Mou, petit joueur. Ok, ben on a qu'à aller là, fait-il, en tendant un de ses bras chargé de sacs divers en direction d'un café.
- N'importe quoi pourvu que je puisse m'assoir et boire.
Du coup, on va s'affaler dans des fauteuils très confortables et je pourrais presque m'endormir, je sens mes yeux commencer à se fermer. C'est dingue, j'arrive plus à tenir la cadence. On commande nos boissons et mon portable sonne. C'est Tomo.
- Coucou mon Tomo. Ca se passe bien ta r... Ah ouais ? Ben tant mieux... Heu au 109 avec Tesshi... Ouais à mort, il a du ruiner son compte... Oh ben si tu veux. Là, on est posés dans le café face à Uniqlo... OK, à toute alors. Je t'aime.
Je raccroche et Yuya me bombarde aussitôt de questions auxquelles il me laisse même pas le temps de répondre.
- Pi-chan nous rejoint ? Il va faire les boutiques avec nous ? Ca l'ennuie pas ? Il reste longtemps ? Vous passez encore la soirée ensemble ? Vous allez faire quoi ?
- Oui, oui, non, je pense pas, je suppose et j'en sais rien, réponds-je dans l'ordre quand il me laisse en placer une.
- Tu devrais lui trouver un cadeau.
- He ? Pourquoi ? Son anniversaire est que dans onze jours.
- Ben oui, mais ça fait plus d'une semaine que vous êtes ensemble et vous avez pas fêté ça, nan ?
- Heu... nan. Mais en même temps, c'est qu'une semaine, ça vaut pas le coup. Quand ça fera six mois ou même un mois, je dis pas mais là... Ca fait nana, de vouloir fêter la première semaine. C'est comme si je lui sortais un truc bateau du genre « je pense à toi une fois par jour mais ça dure vingt-quatre heures ». Ca fait gnangnan.
- Oi, je suis pas une nana et je suis pas gnangnan non plus et moi c'est ce que je ferais !
- Désolé, Tesshi.
- Mou t'es pas marrant. Et son cadeau d'annif, tu l'as déjà ?
- Pas encore.
- Tu sais quoi lui prendre au moins ?
- Pas encore, répété-je.
- Ah la la, Massu, t'es désespérant. Profitons-en avant qu'il arrive alors.
- C'est peut-être pas la peine de tant se presser, Yu'. Il reste plus de dix jours.
- Et quand est ce que t'auras le temps de t'en occuper, baka ?! Là, t'as une occasion en or !
C'est pas tout à fait faux.
- Ok, acquiescé-je finalement sans avoir la moindre idée de quoi lui acheter.
C'est pas grave, mon meilleur ami en a assez pour deux, des idées. Pour trois ou quatre même, parce qu'il arrête pas de lancer des propositions, qu'il rejette aussitôt, comme un gosse qui sait pas quel jouet choisir dans un magasin. Finalement, comme il me donne le tournis avec son flot de paroles ininterrompu, j'y coupe court en entrant dans une boutique de fringues qu'on a déjà visitée et opte pour un t-shirt blanc avec des écritures stylisées noires. Simple mais classe. Tout à fait à l'image de Tomo. Enfin ça c'est mon point de vue. Yuya, lui, a pas l'air d'accord.
- Mais c'est pas fun du tout ça... Moi j'aime pas.
- Mais c'est pas pour toi que je l'achète, Tesshi, c'est pour Tomo et je sais que ça va lui plaire, parce que vous avez des goûts totalement opposés.
Il boude à moitié pendant que je vais payer et faire emballer le t-shirt, mais son sourire revient dès qu'il voit arriver mon petit ami.
- Pi-cha... commence-t-il à s'exclamer, mais je le bâillonne d'une main.
- Chut, baka, soufflé-je. Tu crois vraiment qu'attirer l'attention sur nous en plein 109 est une bonne idée ? Ca grouille de filles ici, alors si tu termine ta phrase, on va finir avec une émeute dans les deux minutes.
Il hoche la tête pour montrer qu'il a compris et je le lâche.
- Alors tu as dévalisé les boutiques ? lui demande Tomo.
- Oui, j'ai acheté plein de trucs, j'avais plus rien à me mettre de sympa.
- Espèce de nana ! disons-nous en cœur Tomo et moi.
Ca nous fait rigoler tous les trois.
Du coup, l'aprèm se termine vite et Tesshi finit par nous lâcher en disant qu'il va aller voir s'il peut se trouver un nouveau rencard. Il s'éloigne en sifflotant, ses nombreux sacs dans les mains et je me tourne vers mon petit ami.
- Je me demande si c'est bien sain, cette façon de ne jamais avoir la même personne dans son lit...
- Bah du moment qu'il est heureux comme ça et surtout qu'il se protège, c'est l'essentiel, répond-il avant de changer totalement de sujet. J'aime beaucoup ta nouvelle couleur de cheveux, ça te va bien.
- Tu trouve pas que c'est trop flashant ?
- Pas du tout. Ca t'éclaire.
Le compliment me fait monter le rouge aux joues, je le sens bien parce qu'elles me cuisent. C'est complètement con, mais mes réactions face à Tomo sont toujours imprévisibles.
- Tu rougis, c'est mignon, remarque-t-il en me caressant la joue.
On finit par faire encore quelques boutiques ensemble, puis il propose de rentrer chez lui.
- D'accord, mais faut qu'on fasse gaffe à pas arriver en retard demain, parce qu'on va se faire allumer à force. Ryo était pas très content ce matin.
- On mettra les réveils, ne t'en fais pas.
Donc on retourne chez lui et on s'affale sur le canapé, dans les bras l'un de l'autre, sans rien dire. On a pas forcément besoin de se parler, on est juste bien ensemble. Au bout d'un moment, je me sens piquer du nez... et me réveille à moitié en le sentant me transporter dans ses bras. J'ai envie de dire un truc, mais j'ai l'esprit trop embrumé par le sommeil.
8 avril 2007
Ce matin, je me suis réveillé d'un bond, puis j'ai passé trente ans dans la salle de bain. Aujourd'hui est un grand jour, parce que bien que mon Tomo ne fête ses vingt-deux ans que demain, on fait la fête surprise ce soir, vu que pour une fois on est tous libres un dimanche. Mais ça a pas été simple de la prévoir. Déjà parce qu'il a fallu jongler avec les emplois du temps de tout le monde : entre les émissions de Keii-chan, les études que Shige a repris malgré tout, les shoots de Tesshi, le single des Kanja de Ryo... et puis le planning, bien rempli aussi, des KAT-TUN qui sont conviés parce que Tomo est super pote avec Akanishi et que ça se fait pas d'inviter qu'un seul membre d'un groupe... Sans compter qu'il fallait réussir à en parler en l'absence du principal intéressé.
La fête a lieu chez Akanishi parce que c'est lui qui a le plus grand appart, alors on doit y aller en avance pour tout préparer. Ca va me donner l'occasion de lui parler à nouveau, parce qu'on s'est plus adressé la parole depuis notre clash à propos de Tomo et que du coup, je sais pas comment il a pris le fait qu'on sort ensemble. Faut qu'on crève l'abcès une bonne fois. Enfin remarquez, il m'en a plus reparlé, alors peut-être qu'il a fini par sortir avec Kamenashi qui lui courait après, j'en sais rien. Bref je verrais bien.
Et une fois que tout sera prêt, il va falloir que je trouve une bonne excuse pour emmener Tomo là-bas. Ce qui va pas être de la tarte non plus, parce qu'il sait bien que son pote et moi, on l'est pas vraiment, alors il va falloir que je sois vraiment convaincant, sinon il va trouver ça louche.
Je chope le cadeau, puis décide d'aller faire quelques courses auxquelles je suppose qu'Akanishi aura pas pensé. Genre les nappes et les serviettes en papier, les gobelets et assiettes en plastique pour éviter d'avoir la vaisselle à faire... Ce genre de truc utile quoi. Et comme il est un peu crétin sur les bords, je mettrais ma main au feu que ça lui aura pas traversé l'esprit d'en prendre. La bouffe sûrement, la boisson aussi... quoiqu'il aura sûrement pas pensé aux mineurs à ce niveau là, donc je suppose qu'il va falloir que je m'en occupe aussi.
Je file donc à mon combini et ressort une demi heure plus tard, chargé de sacs. En fait, j'ai pris un peu plus de trucs que prévu, mais c'est des choses auxquelles j'ai pensé seulement en passant devant. Je fourre le tout dans le coffre de ma voiture et trace vers chez lui. En me payant une prune parce que j'ai pas fais gaffe qu'un feu était rouge et que les flics étaient pas loin. Je suis vraiment poissard par moment. Bref j'arrive finalement en bas de son immeuble, me gare et ressort tout le fourbi, avant d'aller sonner à l'interphone.
« Ouais ? » fait sa voix dans l'appareil.
- C'est Masuda.
« Qu'est ce que tu fous là ? C'est pas l'heure »
Il est con ou il le fait exprès ?
- Faut bien préparer nan ?
« Chuis capable de préparer tout seul la fête d'annif de mon pote »
Mais putain on s'en fout...
- Sauf qu'en tant que petit ami, je veux la préparer aussi.
« Mais c'est chez moi qu'elle a lieu. T'y mettras pas les pieds avant ce s... »
« Jin, la ferme », intervient alors une voix que je reconnais comme celle de Kame. « Fais pas ta tête de con et ouvre-lui, bordel »
La porte s'ouvre alors avec le bourdonnement caractéristique et je grimpe à l'étage indiqué sur la boîte aux lettres. Faudra que je le remercie correctement, parce qu'il allait vraiment me laisser à la porte, cet abruti.
La porte s'ouvre sur le leader de KAT-TUN.
- Salut Masuda.
- Salut Kame. Merci de l'avoir forcé à ouvrir.
- Fais pas attention à lui, il fait la gueule parce qu'il estime que Pi est sa propriété même s'il sort pas avec. Du coup il peut pas te blairer, alors il aboie.
- Je vois ça. Ben c'est réciproque.
Il soupire.
- Entre vous deux qui vous supportez pas et le tandem de choc Ueda/Nishikido qui passe son temps à s'insulter, elle va être gaie la soirée.
- T'inquiète, fais-je en me déchaussant, on sait se tenir quand même. Enfin en ce qui me concerne, je sais et ça m'étonnerait qu'Akanishi veuille pourrir la soirée d'anniversaire de son meilleur pote, donc le danger viendra pas de nous. Et toi ça va aller ? Je sais que tu portes pas tellement Tomo dans ton cœur.
- Je suis civilisé, alors je vais faire avec. Le danger viendra pas de moi non plus. A ta place, je me méfierais plus de Tat-chan et Nishikido. Ceux-là sont bien capables de se taper dessus.
- On les aura à l'œil.
Je hoche la tête.
- T'es chargé, t'as ramené quoi ? questionne-t-il.
- Des boissons non alcoolisées pour Shige et Tesshi qui sont encore mineurs.
- Ah merde c'est vrai. On a plus de mineurs dans notre groupe, alors on avait totalement zappé. Quoi d'autre ?
Je lui montre le contenu de mes sacs et il sourit.
- Je vois que t'as pensé à tout.
Je baisse la voix et lui demande en chuchotant :
- Vous êtes ensemble ?
Il hoche la tête.
- Il s'est tourné vers moi en comprenant qu'il pourrait pas avoir Pi, répond-il sur le même ton.
- Et ça te va d'être un choix par défaut ?
- Avec le temps, il finira par m'aimer comme je l'aime.
- Je te le souhaite. (je reprend un ton normal pour demander) Vous avez pas encore poussé les meubles ?
- Non, on s'est dit que ça n'avait pas un caractère urgent. T'es vraiment très en avance.
- Et si t'es pas content, tu peux te casser, ajoute le propriétaire des lieux, mal aimable au possible.
- Jin, putain, si t'as rien d'aimable à dire, la ferme ! intervient de nouveau Kame. T'agresse Masuda sans aucune raison là, tu gave !
- Chuis chez moi, je l'agresse si j'ai envie !
- Et mon poing dans ta gueule ?!
Et sur ces mots, ils se regardent avec hostilité bien qu'aucun soit passé à l'acte. Ben la vache, c'est sympa l'ambiance dans le couple. Mais on dirait que le mauvais caractère d'Akanishi a trouvé du répondant. Au moins, si Kamenashi se laisse pas écraser, c'est bien. Déjà qu'il est avec un mec qui l'aime pas...
Je vois alors Akanishi se diriger vers l'entrée d'un pas rageur, mettre ses chaussures et sortir en claquant la porte. Merde...
- Désolé, j'avais pas l'intention de foutre la merde, m'excusé-je auprès de Kamenashi.
- T'en fais pas. Il sait que son caractère de merde me gave, que ses crises à propos de Pi me soulent encore plus et que je suis pas le genre à me laisser marcher dessus, donc il fait la gueule dès qu'on s'engueule. Ce qui prouve qu'il sait avoir le dessous. Il va revenir quand il sera calmé. Y'a au minimum un clash par jour, alors je suis habitué.
Un clash par jour ? Misère, je pourrais pas vivre comme ça moi. M'engueuler en permanence avec celui que j'aime, lutter dans la moindre discussion... Ca doit être épuisant à la longue. Pour moi, s'engueuler ça sert à rien à part se casser la voix et perdre de l'énergie. Il est tellement plus simple de discuter calmement en mettant les choses à plat quand ça va pas.
- En attendant, tu veux qu'on commence les préparatifs ?
- Oui ça va faire avancer les choses.
Et nous voilà tous les deux à repousser le canapé d'angle en cuir blanc contre le mur du fond, à bouger les fauteuils assortis dans les autres coins de la pièce, à déplacer le meuble de l'écran plasma, à porter la table basse là où elle gênera pas etc. Vu qu'on est que deux et qu'il est un peu taillé comme une brindille, toute l'opération de déménagement nous prend une bonne heure, mais pour finir, un grand espace est dégagé au milieu de la salle.
Kame est rouge et suant, il a l'air d'avoir un peu morflé.
- Ca va ? lui demandé-je, un peu inquiet de l'entendre souffler comme un soufflet de forge.
- Ouais. J'ai juste... pas l'habitude... de ce genre... d'exercice...
- Ca se comprend. Remet-toi. Tu veux boire un truc ?
Il hoche la tête.
- Jin a des... canettes dans son frigo...
- Ok j'y vais, dis-je en filant à la cuisine.
Oh la misère dans son frigo... On dirait le mien, mais en pire. A part les canettes en question, y'a pas grand-chose. Mais attendez, ça veut dire que...
- Kame, y'a rien à bouffer pour ce soir ?! m'effaré-je en revenant vers lui.
- On a... commandé la bouffe... à un traiteur... vu qu'on sera nombreux.
- Ah ouf, j'ai flippé en voyant son frigo. Tiens, ajouté-je en lui tendant la canette.
- Sankyu.
Il l'ouvre et en vide une bonne partie d'un trait, avant d'avoir l'air un peu mieux.
- Flippe pas, Masuda, elle sera parfaite, cette fête.
- Mes amis m'appellent Massu, rectifié-je.
- Ok, va pour Massu alors.
- Et je flippe parce que c'est le premier anniversaire que je vais fêter en temps que petit ami de Tomo.
- Je comprends, va. Allez, on va mettre le reste en place.
Une fois les nappes mises en place, avec les piles d'assiettes, de gobelets etc et les bouteilles de soft, je le regarde et décide de m'esquiver.
- Je vais filer. Tout est prêt et j'ai pas envie d'imposer ma présence à ton copain plus que nécessaire, alors je reviendrais ce soir avec Tomo, quand tout le monde sera arrivé.
- T'es pas obligé de te barrer, tu sais.
- Je sais mais... il a quand même raison, c'est chez lui et s'il m'aime pas, ben ça sert à rien que je reste pour l'énerver encore plus.
- T'es sympa. Il mérite pas que t'aie des égards pour lui pourtant.
- Allez à ce soir, Kame.
- Ciao, Massu.
Je me rechausse et quitte l'appart. C'est cool d'avoir pu parler un peu plus avec Kame qu'entre deux portes à l'agence. Il est sympa. Bon, en attendant, j'ai pas la moindre idée de ce que je vais faire.
Dix-neuf heures dix. C'est une bonne heure pour aller chercher Tomo. Finalement, plutôt que de chercher une excuse pour l'emmener sur le lieu de la fête, j'ai trouvé plus simple : lui bander les yeux en lui disant simplement que j'ai une surprise pour lui. Ca devrait fonctionner.
Je reprends donc ma voiture après avoir eu une confirmation de Keii-chan : tout le monde est arrivé.
Quand je sonne à l'interphone, la surprise de Tomo est réelle, mais c'est rien comparé à celle qu'il aura tout à l'heure.
- Taka chéri, qu'est ce que tu fais là ? me demande-t-il une fois que je suis devant lui, après m'avoir embrassé.
- J'ai une surprise pour toi, mon Tomo, réponds-je en souriant. Mais il faut que je te bande les yeux pour t'emmener la voir.
- Une surprise ? Me bander les yeux ? Petit cachotier, je suis curieux maintenant.
- Tant mieux, fais-je en sortant un bandana de ma poche.
Je le laisse se chausser et fermer sa porte à clé, puis positionne le bandana sur ses yeux, avant de le guider jusqu'à la voiture.
- Attention en entrant, baisse-toi, le prévins-je.
Il s'exécute et nous voilà partis. Ca me fait drôle de l'avoir aveuglé comme ça à côté de moi. Ca me donne des idées... Non non, il faut que je me concentre sur la route.
On finit par arriver. Je l'aide à descendre et rejoins avec lui Kame qui nous attendait pour pas que la surprise soit grillée à cause de l'interphone. Il lève le pouce sans un mot pour me dire « nickel » et je conduis Tomo à l'appart. Une fois là, je le fais déchausser, puis l'emmène dans le salon où je lui retire son bandeau.
- SURPRISE ! crie alors la dizaine de mecs présents.
Mon petit ami écarquille les yeux.
- Surprise ? Mais pourquoi ?
- C'est ta fête d'anniversaire ! répond Tesshi.
- Avancée d'une journée parce que demain , on bosse tous, ajoute Shige.
Tomo a l'air super ému. Tant mieux, le but c'est qu'il se souvienne longtemps de ses vingt-deux ans.
- Vous êtes tous barges, dit-il, la voix un peu tremblante.
- Bon anniversaire, mon Tomo, fais-je dans un sourire, avant de l'embrasser tendrement.
A ma suite, les autres viennent le congratuler, certains lui serrant la main, d'autres lui mettant des claques viriles dans le dos. Il passe au moins dix minutes à remercier tout le monde, jusqu'à ce qu'Akanishi, qui se tenait pas loin du bar, décrète que c'était pas le tout de taper la discute, mais qu'avec un verre dans la main c'était pas plus cher quand même. Il est approuvé à l'unanimité et se met donc à servir tout le monde. Bien sûr, Tesshi tente de gruger en prenant un verre d'alcool en douce, mais heureusement, je veille.
- Nan nan, pour toi c'est du soda, c'est tout.
- Mais Massuuuuuu, c'est l'annif de Pi-chan aujourd'huiiiiii... piaille-t-il.
- Raison de plus pour pas te bourrer la gueule alors que t'as pas le droit.
- Mais personne me verra...
- Il a raison, Massu, intercède Kame. Et il y aura toujours quelqu'un pour le ramener chez lui.
- Sauf si on est tous bourrés. Et Shige qui peut pas boire a pas non plus le permis, donc...
- Et ben vous pioncerez tous ici, voilà tout, intervient Akanishi. Fais pas ton rabat-joie ce soir, Masuda, t'es chiant.
- Toi, je t'ai pas demandé l'heure, fais-je sèchement.
- Dix-neuf heures quarante-cinq si tu veux tout savoir.
Je vais le tuer... Je vais le... He ? J'ai entendu Tomo rigoler à sa connerie là ?
- Tomo ? fais-je en voyant mon petit ami écroulé de rire sur l'épaule de Ueda qui fusille Ryo du regard (il a du lui dire une saloperie encore).
Mais il se marre tellement, qu'il arrive pas à me répondre et plus il nous regarde, Akanishi et moi, plus il rigole. Heu... bon je vais pas chercher à comprendre en fait.
- Fais comme tu v... commencé-je à dire en me tournant vers mon meilleur ami.
Avant de me rendre compte qu'il avait profité de mon altercation avec le KAT-TUN, pour s'enfiler cul sec un gobelet de vodka. Oh putain...
- Wahouuuuuu ! Ca brûle mais c'est bon ! s'exclame-t-il, les joues déjà bien rouges.
Nous voilà bien...
