15 septembre 2007
On est arrivés à la dernière chanson de l'album. C'est la dernière qui nous reste à travailler avant l'enregistrement et Tomo nous a prévenus qu'elle va nécessiter un entraînement particulier. Pourquoi, on en sait rien, par contre. Assis sur le canapé de la loge, je relis les paroles pour au moins la dixième fois, mais comme elles ont rien de particulier, ça m'avance pas tellement. Ce qui me perturbe un peu, c'est qu'il a estimé nécessaire la présence de notre ancien prof de chant et que ça fait dix minutes qu'ils se parlent à voix basse, en jetant parfois des coups d'œil à certains d'entre nous. Soudain, ils se tournent dans notre direction mais, contre toute attente, ce n'est pas mon petit ami qui prend la parole.
- Bon, pour cette chanson, votre leader a demandé mon assistance car c'est une chanson entièrement a capella.
Stupéfait, j'échange un regard avec mes amis.
- Heu, on a déjà chanté a capella, fais-je remarquer.
- Non, Masuda-kun, vous avez déjà chanté sans musique. C'est tout à fait différent. Là, c'est un véritable a capella, ce qui signifie que vous serez votre propre musique.
Comme son explications nous laisse un peu perplexes, il exhibe un cd de Pow Wow, un groupe qui me dit absolument rien, mais qui doit être ancien étant donné la couleur passée de sa jaquette.
- Pour que ce soit plus parlant, j'ai apporté ceci. Vous ne comprendrez pas les paroles étant donné qu'elles sont en français, mais comme ce groupe était spécialisé dans l'a capella, vous allez vite savoir ce que je veux dire.
Sur ces mots, Tomo nous rejoint et le prof met le cd. Comme il l'avait dit, on pige le concept dès les premières notes, parce que justement, y'en a pas, de notes. Aucune musique, la chanson est rythmée par la voix du chanteur, des claquements de doigts et des « away up, away up » scandés par d'autres voix.
- On va devoir faire ça ? interroge Shige, stupéfait, quand la chanson se termine.
- En effet, Kato-kun.
- Et qui va faire la voix principale ? demande Keii-chan.
- Moi, répond Tomo en rougissant un peu. Avec Tesshi en voix secondaire à partir de la deuxième moitié des paroles.
- Ce qui veut dire que Ryo, Keii-chan, Shige et moi on fait la rythmique ?
Il hoche la tête.
- D'où ma présence, puisque c'est un exercice qui ne vous est pas familier, reprend le prof. Bien, faites-moi quelques notes, que je fasse les groupes.
Il les connais, nos voix, il nous fait quoi là ? Enfin quoique nan, il a du oublier depuis qu'il nous a plus en cours. Du coup, on s'exécute et très vite, on est séparés en deux : les basses (Ryo et moi) et les altos (Keii-chan et Shige). Plus Tesshi qu'il classe en soprano même si, à mon sens, un homme peut pas tellement entrer dans cette catégorie.
- Bien, maintenant, il faut définir la musicalité que vous allez apporter. Donc écoutez d'abord chanter Yamashita-kun.
Suivant sa partition, Tomo se lance donc. J'adore sa voix et quand il chante tout seul, en plus, on en entend toutes les inflexions. Pourtant il semble pas à l'aise et a l'air presque soulagé quand il arrive à la fin.
- Et donc ? demande Ryo.
- Minute, Nishukido-kun. Yamashita-kun, reprend au début et toi, Tegoshi-kun, tu fais la seconde voix en suivant la même partition, mais un octave plus haut.
Tous deux s'exécutent. Et ils chantent super bien, mais malgré ça, le résultat est pas probant du tout. Ca fait super vide. Même la beauté de leurs voix combinées fait pas oublier qu'il manque un truc. Plusieurs même.
- Maintenant, vous allez tous claquer des doigts pour imprimer le rythme.
Arf... Là, c'est la galère, parce que j'ai jamais été foutu d'y arriver. Du coup, tout le monde s'arrête pour me donner des conseils sur la façon de faire et on perd une demi heure. Quand je réussis enfin, il faut tout recommencer et même plusieurs fois parce qu'on a pas tous pris le même rythme. Une fois qu'on est tous calés, il nous donne de nouvelles instructions.
- Koyama-kun, Kato-kun, sans arrêter de claquer des doigts, vous allez faire en rythme le son « tup tudu », jusqu'à ce qu'il y ait un léger blanc dans les paroles. Vous continuez pendant ce blanc, et quand Yamashita-kun reprend, vous faites « ouh ouh » avec une petite variation de ton, jusqu'à ce que Tegoshi-kun se mette à chanter. Là, après le petit blanc, vous reprenez les « tup tudu » jusqu'à la moitié de leurs paroles communes et vous finissez avec « ah ah » et « ouh ».
L'avalanche de consignes étranges a l'air de les laisser aussi perplexes que moi. Franchement, ils ont plein de trucs zarb à retenir, c'est super chaud. Surtout que s'ils sont comme moi, ils doivent pas réellement avoir pigé quoi faire et en plus je sais pas s'ils ont tout mémorisé. Cela dit, aidés de la voix de Tomo que rien semble pouvoir perturber, ils se lancent quand même et, perso, je trouve qu'ils se démerdent vachement bien pour tout ce qu'ils ont à faire. Finalement ils ont du mieux piger que moi. Mais malgré ça, le prof les fait recommencer je sais pas combien de fois.
Avec Ryo, vu qu'on fait rien, on commence un peu à se faire chier, bien qu'écouter soit instructif. Au bout d'un moment quand même, le prof se tourne vers nous.
- Nishikido-kun, Masuda-kun, vous allez faire « bam bam » tout du long avec des variations de ton, en vous arrêtant à chaque blanc. Masuda-kun,tu prend un octave plus haut et vous dites plus rien quand les autres en sont à « ah ah » et « ouh ».
Ok. Ca a l'air plus simple en fait vu qu'on fait toujours la même chose. Mais en fait 1) il faut suivre les voix de Tomo et Tesshi 2) il faut aussi suivre ce que font Keii-chan et Shige MAIS pas se laisser entraîner par eux ni dans ce qu'ils prononcent, ni dans leur tessiture 3) il faut continuer à claquer des doigts en rythme. C'est juste impossible.
Au cours de l'heure qui suit, je me mets à faire des « tup tudu » malgré moi, je pars dans les aigus, oublie de claquer des doigts parce que je suis trop occupé à tenter de pas oublier tout le reste... Bref, quand la pause déjeuner arrive, je suis mort. Pas physiquement bien sûr, mais mentalement. J'ai l'impression d'avoir de la gelée de groseilles en guise de cerveau et j'arrive plus à réfléchir à ce que je dois ou dois pas faire.
Même à la cafète, personne arrive à sortir cette foutue chanson de sa tête, au point que, sans y penser, Tomo se met à chanter et qu'on suit tous. Et c'est en arrivant à la fin, qu'on se rend compte qu'il y a un grand silence dans la pièce à la place de l'habituel brouhaha. On se retourne alors et on voit tous les Johnny's attablés, tournés vers nous.
- Suggoooooooooi ! s'exclame alors un Junior, avant de se mettre à applaudir à tout rompre, bientôt imité par le reste de nos collègues.
La même gêne nous prend d'avoir été involontairement la cible de l'attention générale et on s'incline légèrement avant de replonger le nez dans nos bols. Inutile de dire qu'après ça, le déjeuner a pas traîné. On avait pas spécialement envie que des Juniors (ou des sempai) nous demandent de recommencer, surtout qu'on est toujours pas au point.
- La hooooooooonte ! s'exclame Yuya en se laissant tomber dans le canapé de la loge. Pi-chan, pourquoi t'as commencé à chanter ? Tout le monde doit croire qu'on voulait se la péter.
Je le regarde, étonné qu'il critique son Pi-chan adoré, même par sous-entendu. Je crois que c'est jamais arrivé jusqu'ici. Il a vraiment du se sentir embarrassé.
- Pourquoi se la péter ? lui demande Keii-chan.
- Bah parce que a capella, c'est la classe quand même. Enfin quand on y arrive. Et là, j'ai pas l'impression que c'était réussi. On a encore trop de travail...
- Désolé, c'était involontaire, répond mon petit ami.
- Il le sait très bien, Tomo, dis-je pour lui éviter de se sentir coupable. Ne, Tesshi ? appuyé-je avec un regard éloquent vers le concerné.
- Oui oui. T'en fais pas, Pi-chan, le rassure mon meilleur ami dans un sourire.
Notre prof repasse alors la porte. Je grimace. C'est le signal du retour à la cervelle en gelée. Cette chanson, je suis sûr qu'on va continuer à la chanter dans notre sommeil tellement elle va nous rester dans la tête. C'est pas humain.
21 septembre 2007
Ce matin il fait super froid quand je sors de chez moi. Il y a un vent à décorner un bœuf et il est glacial. On est pourtant pas encore en hiver, loin de là. Du coup, quand j'arrive à ma voiture, je suis congelé. Bah oui j'avais pas prévu ça, alors j'ai juste un petit blouson léger sur moi. Le problème c'est que le temps que je chauffage se lance correctement, je serais déjà arrivé à l'agence. Foutu temps, on sait plus comment se fringuer... Et effectivement, le trajet donne juste le temps à ma saloperie de chauffage de rendre l'habitacle chaud et douillet. Là, je me sens comme un chat, j'ai pas envie de quitter mon cocon.
Quand je rentre dans le hall, je pense pouvoir retrouver cette chaleur, mais étrangement, il ressemble plutôt à un frigo géant. Je monte les escaliers quatre à quatre, croisant des tas de Johnny's emmitouflés jusqu'aux oreilles, se hâtant dans toutes les directions et pousse la porte de la loge. Dans laquelle je trouve tous mes amis, enveloppés de la même façon.
- Vache, qu'est ce qui se passe ?
- La chaudière est tombée en rade pendant la nuit... m'explique Shige dont la voix étouffée me parvient de sous son écharpe.
- Et ben c'est gai... Et ce sera réparé quand ?
- On en sait rien, c'est bien le problème...
- Comment on peut bosser dans ces c... Où est Tomo ?
Je viens de me rendre compte que mon petit ami ne se trouve pas parmi les bibendums présents dans la loge.
- Aucune idée. On l'a pas vu depuis qu'on est arrivés, fait Keii-chan en claquant des dents.
Je trouve ça bizarre, parce que mon leader de petit ami est toujours le premier arrivé en règle générale.
- Je vais me transformer en M. Freeze ! se plaint alors Tesshi. Massu, tu veux pas me réchauffer ?
Je le regarde d'un drôle d'air. Je veux pas psychoter ni devenir parano, mais je sais pas dans quel sens prendre ça. Depuis l'épisode de la cuisine pendant l'annif de Tomo, je suis un peu sur la défensive avec lui. Du moins dès qu'il s'agit de m'approcher de près.
- Bah quoi ?
- Rien, fais-je en tentant de me convaincre une fois de plus que sa demande est innocente. Mais comment tu veux que je te réchauffe alors que je suis congelé moi-même ?
- Pourquoi tu t'es pointé fringué comme ça aussi ? demande Ryo. T'es maso ?
- Je pouvais pas deviner qu'il allait cailler comme ça.
- Si on se serrait les uns contre les autres sur le canapé, on aurait peut-être moins froid, hasarde Shige.
On a pas le temps de mettre son idée en pratique, parce que la porte s'ouvre sur mon Tomo, superbe dans une doudoune rouge vif et qui a un sourire jusqu'aux oreilles. Ce qui, en général, veut dire une bonne nouvelle.
- Réchauffez-vous, les gars, parce demain, on part à... Okinawa !
On se regarde tous, stupéfaits.
- Majide ?!
- On a un shoot prévu dans un onsen là-bas.
- Trop de bol ! Ca tombe à pic ! s'exclame Tesshi.
- Je savais que vous seriez contents. Et le plus beau, c'est qu'après le shoot, on peut profiter du onsen le reste du week-end.
Un cri de joie collectif salue cette excellente nouvelle, mais moi, c'est à autre chose que le changement de température que je pense. Tomo en yukata sans rien en dessous... ruisselant d'eau ou couvert de mousse parfumée... alangui dans un bassin et n'attendant que moi...
Perdu dans mes rêveries coupables, je sursaute quand Tesshi s'exclame :
- Massu, ton nez ! Tu saigne !
Machinalement, je passe la main dessus et la ramène maculée d'une petite trainée rouge. Merde...
- Je crois que l'un de nous pense pas franchement au changement de température pour se réchauffer, note Keii-chan en souriant.
- Kyaaaaaa ! Massu il pense à des trucs cochons ! piaille exagérément Shige. Pervers !
Je me sens rougir et baisse la tête parce que je peux pas me disculper vu que c'est vrai. Mais au passage, j'ai eu le temps de voir que Tomo a rougi aussi.
- Bah je peux pas lui en vouloir, dit alors Ryo. Moi aussi j'ai envie de b...
Il peut pas terminer sa phrase, parce que la porte s'ouvre brusquement sur la dernière personne qu'on s'attendait à voir.
- Qu'est ce que tu fous là, hime ? grogne-t-il en reconnaissant Ueda. Ta loge, c'est la porte à c...
Mais une fois encore, il peut pas finir sa phrase, mais là, c'est parce que le KAT-TUN l'a empoigné par le col et traîné hors de la loge sans lui laisser le temps de dire ouf.
La porte se referme et je m'étonne à peine de pas entendre Ryo l'agonir d'injures comme il en a l'habitude. Après tout, je me souviens très bien de ce qui s'est passé à l'anniversaire de Tomo. Mais du coup, je grille de curiosité, alors une fois n'est pas coutume, je décide de faire mon KoyaShige et de jouer les commères. Au grand amusement de mon petit ami, je vais jusqu'à la porte et l'entrouvre pour regarder s'ils sont pas à proximité. La voie étant libre, je me faufile dans le couloir. Ils ont pas pu aller loin en une minute. Notre loge est pas dispo, celle de KAT-TUN non plus et il me semble que c'est pareil pour toutes celles de l'étage. Donc y'a pas trente six endroits possibles et je me glisse dans les toilettes.
- ... crois là exactement ? Que t'as qu'à claquer des doigts et c'est bon ?
- Fais pas celui qui a pas compris, Nishikido. Te fais pas plus con que tu n'es.
Bingo, ils sont là ! Je m'approche à pas de loup et colle l'oreille au battant.
- Putain, je vais te...
- Bonne idée, vas-y.
- Et puis quoi encore ?! Prends pas tes désirs pour des réalités, hi... Putain, arrête, merde !
Il se passe quoi ?! Il se passe quoi ?! Ueda a fait un truc ?! Dommage que je puisse pas voir...
Un petit rire se fait entendre. Ueda.
- Dis-moi, pour quelqu'un qui est pas consentant, tu bande vachement.
Je peux pas dire que c'est un scoop pour moi, mais ça fait bizarre à entendre quand même.
- Avoue que tu crève d'envie de me baiser.
Hé il est vachement cru, le Ueda. J'aurais jamais pensé ça de lui. A moins... qu'il parle comme ça juste pour exciter Ryo ?
- Joue pas à ça, hime. Parce que là, tu fais princesse catin.
- Et ça a pas l'air de te déplaire...
- Tu fais ça avec Sakurai aussi ?
Ouch le coup bas. Celle-là, Ueda doit pas l'avoir vu arriver étant donné le blanc qui suit la question de mon ex sexfriend.
- Tu croyais quand même pas que j'avais oublié ce que tu m'as hypocritement reproché ? En fait, tu l'avoueras pas, mais c'est toi qui crève d'envie de baiser avec moi, hime.
- Et si c'était le cas ?
- Tu l'avoues en plus ? Pauvre Sakurai...
- Il me trompe aussi si tu veux tout savoir.
- Je m'en fous comme de ma première giclée de sperme.
Je retiens à grand peine un éclat de rire. Quelle expression ! Du Ryo tout craché.
- Très classe...
- Et ça t'excite de m'entendre parler comme ça, avoues, hime. Dis que tu crève d'envie de te prendre ma bite bien profond et de jouir comme une petite chienne.
Wow... Ce genre de phrase, il se la serait jamais permise avec moi.
Il y a un grand silence et je me demande si, cette fois, il est pas allé trop loin. Si Ueda lui fout un pain dans la gueule dans cette petite cabine, il pourra pas esquiver et il va le sentir passer. Mais j'entend pas le moindre bruit de baston. Qu'est ce qui se passe là dedans ?
- Mmmh...
Un gémissement... Et c'était pas la voix de Ueda... Mais alors ça veut dire que Ryo...
- Tu sais que quand on se vante comme ça, Nishikido, c'est qu'on formule ce dont on a vraiment envie ? susurre le KAT-TUN.
- Mmmh... Va... aaaaaah... Va crever... mmmh... enflure...
Mais je crois pas que c'est ce qu'il avait envie de dire.
Je décide de me barrer avant d'être le témoin auditif de leurs ébats et c'est plus qu'une question de secondes pour que les hostilités soient lancées, vu comment ils sont partis. Ennemis, eux ? Quelle blague !
En tout cas, pour un scoop, s'en est un. Et de taille. Tu parle d'un retournement de situation...
Quand je rentre à nouveau dans la loge, je suis pas encore remis du choc.
- Alors, quelles nouvelles ? m'interroge directement Tesshi.
- Ils se sont battus ?
- Vous allez jamais me croire... dis-je.
- A ce point ?
Je hoche la tête et leur raconte les grandes lignes de ce que j'ai entendu. A la fin de mon récit, ils me regardent tous avec des yeux ronds. Jusqu'à ce que Tomo prenne la parole.
- Je me suis toujours dis que leur antipathie était trop marquée et visible pour ne pas être louche.
Les autres approuvent de la tête.
- Mais pas un mot de ça quand il va revenir, ne ? S'il découvre que je l'ai espionné, il me tue.
- Promis.
- Heu bon, on fait quoi ? demande alors Shige. Parce qu'il va nous trouver louches si on fait rien quand il revient.
Comme on est tous d'accord, chacun trouve à s'occuper. Jusqu'à ce qu'un beuglement retentisse dans le couloir.
- UEDA ! T'AS INTERET A RAMENER TON CUL DANS LES TROIS MINUTES OU JE TE BUTE !
Ah la douce voix de Kame en mode vénère. Je pouffe. On dirait bien que Ueda va devoir se grouiller de faire son affaire à Ryo.
Est-ce qu'il va vraiment revenir dans le temps imparti ? Top chrono !
Le hurlement a fait sortir tout le monde de sa loge en tout cas. Ca va être la grosse loose quand ils vont réapparaitre. J'ai pitié, du coup je souffle à Tomo :
- Tu peux demander à Bakanishi de faire rentrer son groupe dans sa loge ?
Il hoche la tête et sort son portable. J'en fais autant pour envoyer un mail à Masa-chan en espérant qu'il ait le sien sur lui.
- C'est quoi ce bordel ?! fait alors la voix grave de Nagase-sempai. Qui gueule comme ça ?!
Oh merde, ça a dérangé les Tokio aussi... Kame vire au blanc en s'en rendant compte, puis au cramoisi alors qu'il se dénonce.
- C'est... C'est moi, sempai...
- Toi, Kamenashi ? Qu'est ce qui te prends ? T'es devenu dingue ?
- Non mais...
- Mais quoi ?
- J'ai... Il manque l'un de nous et on peut pas bosser...
- Et tu peux pas juste l'appeler sur son portable, au lieu de crier comme un demeuré ? Y'en a qui bossent.
- C'est bon, Tomo-chan, intervient alors Taichi-sempai pour calmer le plus jeune de son groupe. Je crois qu'il a compris.
Nagase fusille une dernière fois Kame du regard, puis rentre dans leur loge en claquant la porte.
- T'en fais pas, Kamenashi, dit encore Taichi-sempai. Il est un peu grognon parce qu'il s'est engueulé avec Okura, ça va lui passer. Mais il a raison, appelle ton collègue, ce sera plus efficace. (puis à tous les curieux) Allez, au boulot tous. Allez, ajoute-t-il avec un geste de la main vers nos loges respectives.
Personne ose désobéir et je vois les Arashi refermer la porte derrière eux, puis les KAT-TUN. Finalement, on rebrousse chemin aussi. Il y a un blanc, puis une voix s'élève :
- Il s'est engueulé... commence Keii-chan.
- ... avec Okura ? termine Shige.
Ah donc y'a pas que moi que ça a perturbé d'apprendre que l'irascible Nagase Tomoya sort avec le choupi-kawaii Okura Tadayoshi. Je me demande si Ryo est au courant.
Bah en tout cas, l'intervention des Tokio a eu le mérite d'arriver à ce que je voulais : plus de curieux dans le couloir. La voie est libre pour Ryo et Ueda.
22 septembre 2007
Il est quatre heures du matin et, en bâillant, je vérifie une fois encore que j'ai rien oublié pour ce week-end mi boulot-mi vacances à Okinawa. Mon sac étant complet, je sors dans le froid persistant et rejoins ma voiture dans un nuage de buée. Hier, personne a dit quoi que ce soit à Ryo pour son petit intermède avec son « ennemi », mais il boitait un peu en revenant. Ueda a du être plus vigoureux qu'il pensait. Je me demande s'il a aimé. Probablement, sinon il serait revenu avant les quinze minutes qui lui ont été nécessaires pour réapparaitre. Par contre, Ueda a du sacrément se faire engueuler par kame vu qu'il s'est pris une soufflante de Nagase-sempai à cause de lui.
En mettant le contact, je bâille encore. L'avion est à sept heures alors faut pas que je traine. On doit tous se rejoindre à l'aéroport.
Heureusement, le vol est court et en une heure on est rendus. Je sais pas si c'est dans ma tête ou quoi, mais rien que d'avoir quitté Tokyo, je me sens plus léger.
Portant nos sacs, on sort et rejoint le van qui attend pour nous emmener à l'auberge.
- L'auberge nous a été réservée pour qu'on ne soit pas dérangés, nous informe Tomo pendant le trajet.
- Bonne nouvelle.
Parce que je sais pas comment elles ont fait pour savoir, mais à Narita, une horde de fans nous attendait malgré l'heure matinale, avec uchiwas, banderoles et tout le tremblement. J'arriverais jamais à comprendre comment elles peuvent être au courant du moindre de nos déplacements. Elles sont rapides et plus douées que des espions quand il s'agit de nous suivre. Qu'on parte en shoot, en concert, en enregistrement, en live ou n'importe quoi, elles sont là, criant nos noms.
On arrive rapidement sur les lieux et Tesshi s'extasie sur sa beauté. C'est vrai que c'est agréable, cet écrin de verdure. Une femme d'un certain âge habillée d'un kimono, vient nous accueillir. Ca doit être la propriétaire.
- Irrashaimase, dit-elle en souriant. Tanaka-san desu. Vous avez fait bon voyage ?
- Très bon, merci, répond Keii-chan.
- Tout est prêt. Le photographe est arrivé avec son équipe et son matériel, dit encore la femme. Vous pouvez prendre les chambres que vous voulez.
- Parfait, merci, dit Tomo.
Elle s'éloigne et on entre dans l'auberge par le patio. Soudain, Tesshi agrippe mon bras.
- Je me mets dans la chambre avec Massu ! s'exclame-t-il sans me demander mon avis.
Heureusement, Ryo le chope et l'arrache à son étreinte, le maintenant contre lui.
- Dis pas n'importe quoi. Tu te mets avec moi et tu laisse Massu tranquille avec Pi.
- Mou...
- Je sais pas si c'est une bonne idée de laisser Massu dans la même chambre que Pi, fait remarquer Keii-chan dans un sourire amusé.
- Ouais, il va encore penser à des trucs pervers, ajoute Shige.
- Mais arrêtez, me défends-je, je suis pas un obsédé.
- Alors pourquoi t'es tout rouge là ?
- Et pourquoi tu saignais du nez hier ? Perveeeeeers ! piaille encore Shige.
- Urusai... grogné-je en me dirigeant vers la première porte qui se présente pour couper court à leurs allusions.
Je le sais bien, que je suis devenu pervers. Mais comment faire autrement avec un petit ami qui a le corps de Tomo ? Et puis qu'i ose me dire qu'il va rien faire avec Keii-chan, tiens, que je rigole.
Tomo me rejoint une minute plus tard et pose son sac sur le lit.
- On va être bien ici, dit-il en souriant.
Je hoche la tête, l'enlace et pose le menton sur son épaule.
- Taka ? Ca ne va pas ?
- Si si. Laisse-moi juste rester un peu comme ça.
- T'en fais pas pour ce qu'a dit Shige, moi ça me dérange pas. Je suis heureux de te plaire à ce point.
- Hum.
Il caresse mes cheveux et m'embrasse tendrement sur la tempe.
- Je t'aime, Tomo.
- Moi aussi, mon Taka. Allez, viens, il faut qu'on se change et qu'on se mette au boulot. On aura tout le temps pour les câlins quand le shoot sera fini.
Je le lâche et hoche de nouveau la tête, puis le regarde prendre l'un des yukatas posés sur une chaise et aller sagement se changer dans la salle de bain. Il a bien fais. Je crois pas que j'aurais résisté longtemps à son corps parfait s'il s'était changé devant moi. Ce qui m'empêche pas de penser à lui arracher son yukata pendant tout le temps où je mets le mien. Il réapparait quelques instants plus tard et je déglutis péniblement en le voyant. Il est magnifique, superbe, merveilleux... carrément divin.
- On peut y aller maintenant, déclare-t-il en m'embrassant.
