24 septembre 2007

Comment qualifier le reste du week-end ? Magique ? Oui probablement. Avoir mon Tomo rien qu'à moi dans ce cadre, c'était inespéré alors… Bon, je passerais sur les fréquentes apparitions de Tesshi décidé à me scotcher et, du coup, sur les interventions de Ryo pour l'écarter de moi. Je passerais aussi sur le fait qu'en profitant d'un moment d'inattention, mon meilleur ami a réussi à m'embrasser et qu'il en avait pas du tout l'air embêté. Il va falloir que je mette les choses au clair avec lui une bonne fois pour toutes, avant que Tomo se doute de quelque chose et décide de le tuer. Enfin je crois pas qu'il le tuerait vraiment, mais il s'arrêterait de lui parler et ça foutrait une sacré mauvaise ambiance dans le groupe, surtout à peine plus d'un mois avant la sortie de « Pacific » et de la tournée correspondante.

Du coup, ce matin, c'est moins détendu que d'habitude que je me dirige vers l'agence. Je serais bien allé le chercher directement chez lui, mais j'ai pas tellement envie de me retrouver nez à nez avec son coup d'un soir. Ca aussi, je me l'explique pas bien : on dirait qu'il ressent toujours quelque chose pour moi, mais en même temps, il se tape je sais pas combien de mecs par semaine. Ca tourne à un tel rythme que j'en ai presque le tournis. Je suis un peu largué.

Une fois sur place, je vais à la loge en priant pour qu'il soit arrivé et seul, mais quand j'ouvre la porte, il est déjà en grande conversation avec Keii-chan, ce qui m'arrange pas du tout.

- Salut, salué-je à la cantonnade.

- Salut Massu, répond notre aîné en souriant. Bien dormi ?

- Ouais ça va.

- Massuuuuuuuuu ! s'exclame alors Yuya en courant vers moi à son habitude.

Ce qui tombe à pic.

- Tesshi, faut que je te parle, t'as un moment ?

- Pour toi toujours, répond-il, les yeux brillants.

- Tu nous excuse, Keii-chan, fais-je pour pas qu'il me prenne pour un malpoli.

- Pas de souci.

J'entraîne donc mon cadet dans les douches et referme la porte. Comme je reste silencieux plusieurs secondes, il me presse.

- Qu'est ce qui se passe ?

- Ecoute, Yuya…

- Oh oh… « Yuya »… C'est jamais bon quand tu m'appelle par mon prénom… J'ai fais ou dis un truc qu'il fallait pas ?

- Non non c'est pas ça, mais… comment dire… depuis l'anniversaire de Tomo, je me suis rendu compte que tu me colle de plus en plus et… et tu m'as même embrassé quand on était au onsen, alors je me demandais… enfin je me suis dit que peut-être…

- J'étais toujours amoureux de toi ? Ben oui. C'est quand même pas une découverte pour toi ? Si ?

Je m'attendais tellement peu à ce qu'il dise ça, que j'en reste bouche bée et que je reste à le fixer avec l'air stupide d'une vache qui regarde passer un train.

- Ah bah on dirait que si, rigole-t-il.

- Bah… Bah si… je pensais que c'était mort et enterré cette histoire…

- Ca l'a jamais été, Massu. Jamais.

- Mais… tous ces mecs avec qui t'es sorti…

- Ben justement, tu t'es jamais dis qu'il y en avait un peu trop pour que ce soit normal ?

- Si mais…

- Bah voilà. J'ai jamais arrêté de t'aimer, Massu.

- Tesshi…

- Je sais mais j'y peux rien. J'ai essayé de t'oublier, mais j'ai jamais réussi.

- Tesshi… Je…

- Je sais… Je sais que tu aime Pi-chan et que je suis juste ton meilleur ami… mais me demande pas de t'oublier… Me demande pas… (il étouffe un sanglot) Me demande pas de plus penser à toi de cette façon… Je pourrais pas… Depuis qu'on se connait, tu as toujours été mon moteur, le centre de ma vie… Je t'aime et je pourrais jamais aimer quelqu'un d'autre…

Il termine sa phrase en fondant en larmes. Je m'attendais pas à ce qu'il se mette à pleurer, ça me décontenance. Du coup, je le serre contre moi et lui tapote le dos.

- Je… Je te demande rien, à part ne plus m'embrasser ni ce genre de truc. J'aime Tomo, je suis bien avec lui et je sens même que je pourrais faire ma vie avec lui, alors s'il te plait ne gâche pas tout si tu veux qu'on continue au moins à être meilleurs amis.

Je me sens con à dire ça, mais bordel, pourquoi plusieurs mecs de mon groupe sont tombés amoureux de moi ? D'abord Tesshi, puis Hiro, Ryo et Tomo. Qu'est ce que j'ai de si spécial ? Je pige vraiment pas, ça me dépasse.

- Alors… tu m'en veux pas de t'aimer ?

- Non… fais-je en me passant une main dans les cheveux pour me donner une contenance. Mais c'est gênant vis-à-vis de Tomo…

- Pi-chan en saura jamais rien, je te le jure, fait mon cadet en essuyant ses larmes. Je me contenterais de t'adorer bien sagement de loin…

- Bon…

Je sais pas trop quoi ajouter de toute façon. C'est le genre de conversation qui me gêne et me met super mal à l'aise. Du coup, il faut vite qu'on arrête.

- On y retourne ? demandé-je. Les autres ont du arriver entre temps.

- Hai.

Quand il passèrent à nouveau la porte, le duo se rendit compte qu'effectivement, tout le monde était là et ils n'échappèrent pas à un commentaire sarcastique de Ryo.

- C'est pas le moment pour les gâteries, les deux là, on a du boulot.

Commentaire qui déclenche un regard noir de la part de notre bien-aimé leader et convainc tout le monde de se mettre au travail.

A la pause, je décide de m'approcher de mon copain.

- Tomo… tu sais qu'on faisait rien avec Tesshi, ne ?

Il me regarde d'un air surpris. Apparemment, je suis le seul qui pensait qu'il pourrait penser à ça.

- Ben oui. J'ai confiance en toi, Taka.

Il est trop mignon. Je souris, l'enlace et l'embrasse tendrement. Je lui ai pas encore dis ce que j'ai avoué à Yuya concernant notre relation. Je sais pas pourquoi. C'est pas par peur, mais j'ai l'intuition que ce serait trop tôt.

6 novembre 2007

Le single « Weeek » et « Pacific », notre deuxième album, sortent simultanément demain. On est tous heureux et excités, mais on a plus eu une seconde à nous depuis mi septembre, avec toute la promo qu'il fallait assurer. Et encore, c'est rien comparé à ce qui nous attend après la sortie. Je suis épuisé par avance. Heureusement, en général, un baiser échangé avec Tomo recharge mes batteries. Temporairement du moins. Du coup, je me prive pas pour lui en voler souvent, ce qui fait râler Ryo et bouder Tesshi, mais je fais comme si je voyais rien.

On est en train de revoir une millième fois (enfin ce qui me semble être une millième fois tellement elle s'est presque incrustée dans chaque pore de ma peau) la choré de « Weeek », quand la porte s'ouvre sur notre cher manager. Ca m'étonne, parce qu'en général, son grand débarquement, c'est le jour-même des sorties, pas la veille. Du coup, je me demande bien ce qu'il nous veut et ça a l'air d'intriguer les gars autant que moi, surtout qu'il a un gros sourire. Ca veut dire une bonne nouvelle ? Des vacances peut-être. Allez faites que ce soit des vacances, j'ai envie de passer du temps seul avec Tomo.

- Les garçons, je sors à l'instant d'une réunion avec Kitagawa-san. En se basant sur les statistiques de ventes de tous vos singles et de votre premier album, il a estimé que ce septième single et ce second album allait faire exploser votre cote de popularité.

Il fait une pause. Je sais pas si c'est pour laisser du suspense, mais personne ose l'interrompre, bien qu'on ait tous envie de lui dire de se grouiller de raconter.

- Donc, après avoir soigneusement calculé les risques, il a décidé de retenir le Tokyo Dome juste pour vous, pour pas moins de quarante-deux dates !

Il y a un gros blanc, pendant lequel on le regarde tous avec les yeux écarquillés et l'air totalement stupides de vaches qui regardent passer un train, puis il y a une réaction.

- HEEEEEEEEEEEEEEEEE ?! fait Keii-chan, ébahi.

Du coup, son exclamation déclenche une avalanche de questions.

- Quarante-deux dates ?!

- Rien que pour nous ?!

- On va être sur scène tous les soirs non stop pendant quarante-deux jours ?!

- Vous êtes sûrs qu'autant de billets vont se vendre ?

- Ouais parce que remplis quarante-deux fois cinquante-cinq mille places…

- Kitagawa-san estime qu'il n'y aura aucun problème et j'ai confiance en son jugement.

- Uwaaaaah… C'est la gloire, les gars. Imaginez, si on remplit autant de fois cette immense salle, ça fera comme si on était…

- Arashi.

Se comparer à Arashi, c'est la classe absolue, mais de mon point de vue, c'est de la folie furieuse, surtout que la décision a été prise juste en extrapolant des chiffres. Si ça marche pas comme prévu, la boite aura paumé des millions de yens. Des millions. Voire des centaines de millions. Ca me fait froid dans le dos.

Soudain je sursaute : quelqu'un a passé son bras autour de mes épaules.

- Mais fais pas cette gueule-là ! me dit Ryo. Qu'est ce que t'as, t'es pas content ?

- Si si.

- Bah aie l'air un peu plus content et on pourra tous aller se pendre, ne, réplique-t-il.

Il en faut pas plus pour que Tesshi et les autres s'approchent.

- Taka, qu'est ce qui se passe ? s'enquiert alors Tomo.

- Rien…

- Si, tu as quelque chose. Ryo a raison, cette nouvelle n'a pas l'air de te rendre joyeux.

- C'est le moins qu'on puisse dire… commente Ryo.

- Ryo, la ferme… le rabroue mon petit ami, avant de se tourner de nouveau vers moi. Alors, mon Taka, qu'est ce que tu as ?

Je soupire. Je voulais rien dire pour pas leur gâcher leur joie, mais là, j'ai plus le choix.

- J'ai simplement peur que tout le monde vende la peau de l'ours avant de l'avoir tué au sujet de cette tournée…

- Ah mais c'est que ça ?! Tu m'as foutu la trouille, baka ! s'exclame encore Ryo. T'as pas confiance en nous ?

- Bien sûr que si… Mais quarante-deux dates au Tokyo Dome, ça vous parait pas démesuré ?

- Moi je sais qu'on peut le faire, déclare Yuya.

- Moi aussi, renchérit Keii-chan.

- Moi aussi, déclare Shige.

- Pareil, dit Ryo.

Je me retiens d'ajouter autre chose. De toute façon, là ils sont tous en mode « ouais on va devenir les nouveaux Arashi », donc ils m'écouteraient pas. Sauf que n'est pas Arashi qui veut.

- Bon, sur ce, je vous laisse travailler. Félicitations, les garçons.

19 novembre 2007

Raaaaaah je suis claqué. Ce matin quand mon réveil a sonné, je voulais pas me lever. Mais vraiment. Pas le genre de matin où tu te dis juste « oh non j'ai pas envie », non je parle du vrai matin où tu te sens pas dans ton assiette, que tu sens qu'il fait un temps pourri et que tu sais très bien quelle masse de travail t'attend. En plus, j'avais tellement sommeil que mes paupières avaient l'air collées et que mes yeux me piquaient. Bref, aujourd'hui je le sens pas. Du coup, j'ai même hésité à prendre ma voiture vu comment je suis explosé, mais bon comme je peux plus prendre le bus au risque de déclencher une émeute et que j'aime pas les taxis… Donc baaaaaaah… voiture quoi. Mais pas vite. Pas envie d'un accident. Même si je suis à la bourre. Oh putain ! Je suis méga à la bourre même ! Je vais me faire détruire !

Un bon coup d'accélérateur (sous des trombes de flotte, c'est ce que je disais) et je finis par arriver à l'agence. Dans le parking, je croise Taguchi, aussi en retard que moi mais qui risque sa vie, lui, vu le caractère de Kame.

- Panne d'oreiller ? le taquiné-je pendant qu'on court comme des dératés jusqu'à l'escalier principal.

- Nan une tuile qui m'est tombé dessus sans prévenir, répond-il.

- Comme c'est souvent le cas pour une tuile. C'est résolu ?

- Plus ou moins.

- Bon courage en tout cas, lui souhaité-je.

- A toi aussi.

La dernière chose que j'entend avant d'entrer dans notre loge, c'est « douce » voix de Kame qui hurle « Putain Taguchi ! ». Le pauvre, ce qu'il va prendre… J'ai pitié de lui.

A mon entrée par contre, aucun cri. J'ai même la surprise de trouver tout le monde réuni autour d'un ordinateur au lieu de bosser.

- Heu… salut, fais-je à la cantonade. Qu'est ce qui se passe ? questionné-je ensuite en me demandant quel nouveau problème nous tombait dessus.

- Massu ! Viens, voir, grouille ! me crie alors Tesshi.

Il a pas l'air paniqué, alors ça doit pas être trop grave. Du coup, je m'approche un peu plus zen.

- Qu'est ce que vous foutez ?

- C'est pour faire taire tes craintes, monsieur le sceptique, répond Ryo en me prenant par les épaules, avant de me pousser au milieu d'eux. Regarde ça.

Comme il désigne l'écran d'ordinateur, je le fixe moi aussi. Dessus, le titre de la tournée et, en dessous, le calendrier des dates avec le nombre de places disponibles. On est déjà rendus au 25 janvier et la mention « sold out » clignote sur toutes les dates précédentes.

- Tout a été vendu ? fais-je, stupéfait.

- Tait-toi et regarde, me dit Shige.

Mon regard se pose alors sur la date du 26 janvier, dont le compteur descend en flèche sous nos yeux à une vitesse vertigineuse. Plus que dix places. Non six. Non… sold out.

- MAJIDE ?! m'exclamé-je alors que le compteur du 27 entamait une descente tout aussi rapide.

- Tu vois que tu avais aucune raison de t'en faire, Massu ! triomphe Tesshi. Le public nous aime !

Je suis sous le choc, mais bien forcé de reconnaitre ce que j'ai sous les yeux. C'est complètement dingue, mais la réalité est là. On était attendus. Pour de bon.

Et pendant que je peine à le réaliser, le compteur du dernier jour a lui aussi atteint « sold out ». Ce qui veut dire qu'il n'y a plus une place libre. On a fait vendre un million deux cent soixante cinq mille places. Ce chiffre me file juste le vertige. De quoi se prendre pour les nouveaux Arashi effectivement.

- Bien, je vais informer Kitagawa-san de tout ça, fait alors la voix de Fujioka-san dont j'avais même pas remarqué la présence.

Il sort et je sens Tomo m'embrasser sur la joue alors que mes yeux ont pas quitté tous ces « sold out » qui continuent de clignoter en rouge sur tout le calendrier.

- Alors, mon Taka, tu es tranquillisé maintenant ? me demande-t-il en m'enlaçant.

Il a organisé ça pour que j'arrête de m'inquiéter. J'en étais sûr.

- J'arrive pas à le croire…

- Voilà pourquoi tu échoue… fait alors Keii-chan d'une étrange voix chevrotante.

Interloqué, je le fixe et il explose de rire.

- Nan c'est rien, Massu, c'est une réplique de Star Wars, m'explique notre aîné, manifestement toujours aussi amusé.

- Et le rapport avec la conversation, c'est… ?

Toujours en rigolant, il me fait signe de laisser tomber et continue à rigoler avec Shige. Complètement dingos.

Du coup, les conversations vont bon train et, au retour de notre manager, on est toujours en train de commenter l'évènement.

- Les garçons, au vu de la situation, Kitagawa-san a décidé d'ajouter deux dates à votre tournée, pour permettre aux fans qui n'ont pas pu avoir de billet, de venir aussi.

- He ? Qui n'ont pas pu avoir de billet ? Alors qu'on en a vendu…

Je peux pas terminer ma phrase, parce que Ryo me bâillonne d'une main en me soufflant un discret « ta gueule » et c'est Tomo qui répond :

- C'est génial. Nous sommes ravis et allons travailler dur pour qu'elles soient toutes satisfaites.

- Je compte sur vous, dit encore Fujioka-san, avant de nous laisser pour de bon.

Une fois qu'il est sorti, je me libère de l'emprise de Ryo et me tourne vers eux.

- Un million trois cent soixante quinze mille personnes, vous savez ce que ça représente ?! fais-je, halluciné par leur flegme. C'est pratiquement la population de Kyoto !

- On le sait, Massu, rigole Tesshi.

- Mais y'a que toi que ça a l'air de stresser, renchérit Shige.

Peut-être parce que je suis le seul qui pense encore qu'on peut se casser la gueule à n'importe quel moment… Je sais qu'on fait un super boulot, mais le cœur des fans est fluctuant et celles qui vous portent aux nues un jour, peuvent très bien vous plonger au fond du gouffre le lendemain. Il y a tellement de groupes de mecs sur le marché, qu'elles ont l'embarras du choix pour donner leur « amour ». Alors au fond de moi, j'essaye de garder au moins un peu les pieds sur terre, même si ça passe clairement pour un manque de foi en News. J'aimerais bien que les gars le réalisent aussi, ça leur éviterait de tomber de méga haut si un jour tout s'arrête brusquement.

29 janvier 2008

Ce soir, c'est le dernier show de la tournée. Le dernier. Il y avait vingt-cinq dates et pourtant c'est passé comme un éclair, j'en reviens pas. Et j'avais beau savoir que tous les billets avaient été vendus y compris ceux des deux dates ajoutées à l'arrache, voir cette gigantesque salle pleine à craquer vingt-cinq fois, c'était quand même renversant. Et on s'est totalement éclatés les vingt-cinq fois. Pas une seconde aucun de nous s'est dit que c'était chiant de faire exactement la même chose autant de fois. On était tous à fond et le public aussi.

Là, on est juste rentrés dans les coulisses en attendant les rappels. Et vu comme les fans hurlent, je crois qu'on est bien partis pour en faire au moins trois. Elles sont déchaînées.

- Prêts ? On y retourne, nous dit un Tomo si couvert de sueur que ses mèches lui collent au front, lui donnant l'air trop sex.

Raaaaaah non Taka, c'est pas le moment de penser à ça. Le concert est pas terminé, reste concentré.

- Hai ! répondons-nous en cœur... avant de courir de nouveau jusqu'à la scène principale dans un vacarme assourdissant.

Il est vingt-trois heures trente et c'est terminé. La tournée est finie. Vingt-cinq fois trois heures bouclées.

Heureusement qu'on était pas sur scène absolument tous les soirs (enfin à part les quatre derniers jours), parce que je crois qu'on serait tous morts d'épuisement. Sans déconner, je crois que jamais depuis mes débuts… nan même depuis mon entrée à l'agence, je me suis senti aussi épuisé. Et il y a qu'à regarder les traits tirés de Tomo, Ryo, Tesshi, Keii-chan et Shige, pour comprendre qu'on est tous dans le même état lamentable. Heureusement que le maquillage a permit de dissimuler notre fatigue au public. Comme ça, même celles qui étaient près de la scène principale, de la secondaire ou des plateformes mobiles ont rien pu remarquer. Enfin maintenant que c'est vraiment fini, j'espère qu'on va pouvoir souffler un peu. Ce serait agréable d'avoir quelques jours de vacances.

Assis sur une chaise à côté de moi, Yuya bâille à s'en décrocher la mâchoire, Keii-chan a l'air éteint et Shige comate. Quant à Tomo et Ryo, l'un a les yeux dans le vague et l'autre a carrément disparu (sûrement pour aller cloper vu qu'il s'est mit à fumer). Et aucun de nous a encore bougé : on porte encore tous nos costumes de scène trempés de sueur et on est toujours maquillés. Mais bouger, c'est duuuuuur. L'adrénaline du concert retombée, on ressemble à une troupe de pantins dont on aurait brusquement coupé les fils. Rien de glamour ni de sexy quoi.

Soudain, mon chéri a un sursaut de volonté inhumain. Il se lève et frappe dans ses mains, nous faisant tous sursauter.

- Allez les gars, on se bouge. Tout le monde à la douche, sinon on va attraper la crève. Et ensuite retour au bercail. On a besoin d'un bon nombre d'heures de sommeil.

Aucune réponse se fait entendre (même parler est une gageure vu notre état), mais lentement, chacun se redresse et retire ses vêtements trempés, avant d'aller aux douches communes. Ce qui met fin à l'étape une de l'after show. L'étape deux se fait entendre quelques instants après mon entrée. Des rires, des éclaboussures… Tesshi a entrepris d'arroser ses voisins de douche (Keii-chan et Shige), qui se laissent pas faire et l'arrosent aussi. Le tout en rigolant comme des petits gosses qui se seraient sauvés tout nus du bain dans lequel leurs parents les auraient mis et qui courraient dans la maison.

La bataille d'eau devient générale quand Ryo revient et est soudain « pris en otage » par le KoyaShige, qui place la pomme de douche contre sa gorge à la manière d'un pistolet, sans que ledit otage proteste, trop anesthésié de fatigue (au contraire, il rigole bêtement). Le duel devenant inégal, je décide de venir en renfort de Yuya et en profite pour attraper Tomo comme otage perso. Ce qui le fait rigoler tout aussi bêtement que Ryo.

Au bout de dix minutes, comme d'habitude, les douches ressemblent à une piscine tellement il y a de la flotte partout et on est tous tellement essoufflés, qu'on se laisse glisser assis sur le carrelage avant de se laver sans un mot, à même le sol.

Une fois rincés, séchés, revenus dans la loge et habillés chaudement, la voix de notre leader adoré se fait de nouveau entendre.

- Les sept prochains jours sont off pour nous permettre de récupérer un peu, nous annonce-t-il. Donc reposez-vous bien et on se retrouve à l'agence samedi à neuf heures.

- Hai !

Sur ces mots, chacun quitte la pièce avec son sac après avoir salué les autres et je me tourne vers mon petit ami.

- Tu as le courage de conduire ou je le fais ?

- Ca t'ennuie de le faire ?

- Pas du tout, mon cœur.

Il sourit, récupère ses affaires et on sort main dans la main.

30 janvier 2008

A mon réveil, je suis seul et totalement empêtré dans les draps, si bien qu'à force de bouger pour me dégager, j'arrive juste à me casser la gueule du lit de Tomo.

- Taka ?! fait alors sa voix paniquée alors qu'il se précipite dans la chambre. Qu'est ce qui s'est passé ? Tu n'as rien ?

- Non, je suis tombé connement. T'étais où ? réponds-je en me relevant péniblement.

- Dans la cuisine. Je faisais le petit-déjeuner et d'ailleurs j'allais venir te réveiller. (il m'embrasse) Bonjour, mon cœur. Bien dormi ?

- Comme une bûche. Et toi ?

- Toujours bien quand tu es près de moi.

Je souris à cette adorable réponse et plante un baiser sur le bout de son nez.

- On mange ? Je meurs de faim.

Je le réalise en le disant, parce que mon estomac vient d'émettre un énorme grondement pas discret du tout. Et ça fait rigoler mon petit ami.

- Allez viens, c'est prêt. Ma soupe miso ne vaut pas celle de Koyama-san, mais elle devrait être mangeable quand même.

- Dis pas ça, Tomo. Tu cuisine bien, tu sais.

- Flatteur.

- Mieux que moi en tout cas.

- ca c'est pas bien dur, mon cœur, tu serais capable de faire brûler de l'eau, rigole-t-il.

- Mou ! fais-je, boudeur, en gonflant les joues et en croisant les bras.

Ce qui le fait rire encore plus.

- Boude pas, chéri, je te taquine.

- C'est pas gentil… Je fais des efforts…

- Excuse-moi. Tu me pardonne ?

Je lui en ai évidemment jamais voulu, mais je décide de faire un peu de chantage.

- Contre un bisou alors.

- Hum… tu l'as mérité ?

- Bah oui !

- Qui a dit ça ?

- Bah… Bah… moi.

Il rigole et m'embrasse tendrement.

- Ouais, j'ai gagné !

De nouveau son rire que j'aime temps.

- Allez viens, monsieur le winner, ça va refroidir.

Il sort de la chambre et je me grouille de le suivre. Ca sent super bon, du coup je me jette sur la nourriture et engouffre mon riz à une telle vitesse, que je m'étouffe.

- Taka ! s'exclame-t-il, paniqué, avant de m'attraper par derrière, de passer ses bras autour de moi et d'appuyer fortement sur mon thorax avec ses poings.

Finalement, avec ce traitement, je recrache la bouchée de riz mais reste rouge, hoquetant et avec des larmes coulant au coin de mes yeux.

- Ca va ?

Je hoche la tête, mais j'ai vraiment cru que j'aller y rester, vu que je pouvais plus respirer du tout.

- C'est bien fait, gros malin. Pourquoi tu mange si vite ?

- Merci de ta sollicitude, Tomo… grogné-je.

- Non mais franchement, Taka, tu aurais fais quoi si je n'avais pas connu la manœuvre de Heimlich ou pire, si tu avais été seul ?

Je répond rien parce que c'est évident que j'aurais crevé.

- Taka, mon cœur, je t'en prie, fais attention à toi. Je t'aime trop pour vouloir te perdre. Surtout d'une façon aussi stupide.

Je hoche la tête et il me prend dans ses bras.

- J'ai eu si peur… murmure-t-il à mon oreille.

- Pardon, Tomo. Je ferais attention à l'avenir.

Il opine à son tour et sourit, puis reprend le cours interrompu de son petit-déjeuner.

- Alors on fait quoi aujourd'hui ?

- Je sais pas. Traîner dans la maison avec toi me convient assez, réponds-je.

- Vendu alors.

On termine de manger tranquillement, puis on range et, finalement, on va s'écrouler tous les deux dans le canapé, blottis dans les bras l'un de l'autre, un plaid nous entourant comme un cocon douillet, à s'embrasser encore et encore.

On a du finir par se rendormir, parce que, quand on regarde de nouveau l'écran de télé, c'est le journal de midi. On a gâché au moins deux heures, c'est rageant.