2 février 2008
J'étais en train de rêver d'une super île déserte où Tomo était rien qu'à moi, quand une sonnerie très désagréable me réveille en sursaut. Je mets quelques secondes à comprendre que c'est le portable de mon chéri qui a sonné et grogne.
- Qui c'est qui fait chier un jour off ? fais-je en mode nounourson des cavernes.
Un regard de mon petit ami et son doigt sur ses lèvres me font comprendre qu'il faut que je la ferme et il reprend pour le chieur :
- Oui Fujioka-san, je vous écoute… Oui… Mais c'est un peu t… Oui je comprend… A tout à l'heure.
Il raccroche et se tourne vers moi. Je sais pas pourquoi, je le sens mal.
- Comment ça « à tout à l'heure » ? demandé-je, suspicieux. On est off pour une semaine, ne.
- Plus maintenant, répond tranquillement mon petit ami.
Mais moi ça me fait juste bondir.
- Quoi ?! C'est quoi le délire ?!
- Apparemment, ils viennent juste de se rendre compte qu'il y a eu une erreur de durée pour nos jours off et que si on reprend pas aujourd'hui, on aura jamais le temps de travailler et enregistrer le prochain single à temps pour sa sortie le 27 février.
Je le regarde, ahuri. Il déconne là, c'est pas possible. Ils nous ont quand même pas sucré nos vacances alors qu'on sort à peine d'une tournée épuisante ?
- C'est une blague, ne ?
- Hélas non, mon Taka. On est attendus à l'agence dans une heure…
Qu'on soit des pions, des marionnettes, passe encore, je suis habitué, mais là trop c'est trop.
- Ils se foutent de nous ! On est pas des machines, merde ! On a eu vingt-quatre pauvres petites heures de répit ! Ils se prennent pour qui ?!
Mon éclat semble surprendre mon petit ami, qui me dévisage, les yeux écarquillés.
- Mais Taka, calmes-toi. Qu'est ce qui t'arrive ?
- Il m'arrive que je suis claqué, voilà ! Et que sept jours off, c'était une évidence en finissant cette tournée ! Depuis 2002 que je suis entrée dans cette putain d'agence, on a même pas eu un mois de vacances ! Même pas un mois en six ans ! Et là, c'est eux qui font une connerie et c'est nous qui payons ! Merde quoi !
- Shhhhhht… Calmes-toi… fait-il en me prenant dans ses bras pour m'apaiser.
J'inspire profondément et comme j'ai le nez dans son cou, son odeur m'apaise rapidement. C'est vrai qu'en ce moment, j'ai les nerfs tellement à fleur de peau, que je pète un plomb à chaque fois qu'un truc me contrarie.
- Ca va mieux ? me demande-t-il au bout de quelques minutes.
Je hoche la tête sans répondre, pour continuer à m'enivrer de son parfum, mais il s'écarte un peu pour me regarder.
- Je sais qu'on avait mérité ces vacances, qu'on en a pas eu beaucoup depuis quelques années et aussi qu'on voulait se retrouver tous les deux…mais tu sais aussi bien que moi qu'on a pas le choix.
- Je sais, on est que des pions… marmonné-je.
- Je n'irais pas jusque là, mais…
- Ah non ?! Comment t'appelle ça alors ?! m'exclamé-je, reparti de plus belle. Ils nous baladent où, quand et comme ils veulent sans se soucier si on est morts de fatigue ou autre ! Faites-ci, faites-ça, faites pas ci, faites pas ça… Des pions, je te dis !
- Mais on le savait, tout ça, quand on a accepté d'entrer dans l'agence, Taka…
- On savait quoi ? Tomo, j'avais 12 ans ! Seulement 12 ans et j'étais tellement heureux d'avoir été choisi que j'ai signé et c'est tout !
- Tu regrette de l'avoir fais ?
Il y a de la tristesse dans sa voix. Comme s'il avait peur que je renie notre rencontre du même coup.
- Bien sûr que non, m'empressé-je de le détromper bien plus doucement. Je regrette rien de cette fabuleuse aventure et encore moins les merveilleuses rencontres que j'ai fais depuis que j'en fais partie. Mais cette sensation d'être qu'une marionnette me dérange.
Je passe les bras autour de son cou et colle mon front au sien en le regardant, avant d'ajouter :
- Je regretterais jamais de t'avoir connu, Tomo. Même pas dans un million d'années.
Il me sourit et passe ses bras autour de ma taille, pour me serrer contre lui avec bonheur et tendresse.
- Moi non plus, Taka. Même pas dans un milliard d'années. Je t'aime.
Je lui souris et l'embrasse avec tout mon amour. Il me rend mon baiser, puis se lève.
- Allez, mon Taka, il faut y aller, sinon on sera à la bourre.
Je grognonne encore, mais me lève à mon tour et, quinze minutes plus tard, on est dans sa voiture, en route pour l'agence.
Ma première impression en entrant dans la loge, c'est qu'on a tous des tronches de déterrés. Tous. Même Tesshi a l'air complètement éteint. Et c'est normal.
- 'Jour, marmonné-je sans déclencher plus de réaction que la main levée de Shige.
- Salut les gars, fait Tomo d'un ton bien plus cordial.
- 'Jour, Pi-chan, fait mon meilleur ami d'un ton morne.
- Désolé que les vacances aient été abrégées, se sent obligé de s'excuser notre leader.
- C'est pas comme si on pouvait y faire quelque chose, répond Keii-chan avec une philosophie que je lui envie un peu.
- Effectivement, acquiesce mon petit ami en se dirigeant vers son casier pour y déposer ses affaires. Restez là, je vais voir pour récupérer le matos pour la chanson qu'on doit travailler.
Il sort rapidement de la pièce et le silence retombe. On ressemble vraiment tous à des loques. Shige somnole à moitié sur l'épaule de son comparse de KoyaShige, qui a à peine l'air plus réveillé Tesshi a les yeux dans le vague genre « je suis physiquement là, mais mon esprit est dans mon lit », Ryo pas mieux et moi… je sens qu'il suffirait de pas grand-chose pour que je retourne au pays des rêves. Pourtant il est dix heures, donc pas une heure très matinale, mais comme on pensait tous pouvoir buller vu qu'on était off, certains ont du se coucher tard, enfin tôt.
Quelques minutes de coma plus tard, Tomo revient avec le matériel… et notre manager, auquel je jette un regard mauvais… qu'il parait pas remarquer.
- Bonjour les garçons ! lance-t-il joyeusement.
Ne recevant pas de réponse, il poursuit :
- Une nouvelle chanson, est ce que ce n'est pas fantastique ?!
- MER-veilleux… marmonné-je dans la barbe que j'ai pas.
- Heu… Fujioka-san, n'en faites quand même pas trop, entends-je mon petit ami conseiller à notre manager à voix basse. Je vous rappelle que leurs vacances d'une semaine ont simplement duré vingt-quatre heures au final alors…
Mais avant que quiconque ait pu faire un geste, Ryo se lève et fusille l'homme d'un regard encore plus mauvais que le mien.
- Oh mais ouais bien sûr ! C'est tellement fantastique qu'on en danse tous de joie ! Regardez Tego ! Est-ce qu'il a pas l'air aussi sautillant que d'habitude ?! Et le KoyaShige a-t-il pas l'air de s'apprêter à sortir des conneries comme d'habitude ?!
- Ryo, arrête… tente de le stopper Tomo.
Mais peine perdue, personne semble pouvoir stopper le torrent furieux des imprécations de notre tête de lard. Et pour le coup, je lui en tiens pas rigueur, parce que je pense pareil.
- Regardez nos tronches, bordel ! Vous trouvez qu'on a l'air assez en forme pour bosser correctement, quel que soit le boulot ?! On sort d'un mois de tournée épuisante, merde ! Une semaine de congés, c'était pas demander la lune ! On est pas des machines, y'a un moment où, physiquement, on peut plus et là, on a tous atteint la limite !
- Je sais bien, Nishikido-kun, mais… tente de se défendre notre manager.
- Pourquoi on devrait payer les pots cassés pour VOS conneries ?! continue Ryo comme s'il avait pas été interrompu. Le planning, c'est bien vous qui le faites, nan ?! Alors si vous avez zappé cette putain de chanson, vous pouvez vous en prendre qu'à vous, nous ça nous concerne pas !
- Quand même un peu… ose répliquer un Fujioka-san qui en mène pas large.
- QUOI ?!
Là, je le sens mal pour lui. S'il continue à l'ouvrir…
- C'est bon, Ryo, ferme-la maintenant ! intervient alors Tomo, lassé, avant de s'adresser à nous tous. Ecoutez, je sais que les paroles de Ryo sont un reflet de ce que vous pensez tous, mais vous savez aussi bien que moi que Fujioka-san n'est pas responsable et qu'il se contente de nous transmettre les informations qu'on lui demande. Donc je comprend que vous soyez en colère, mais vous en prendre à lui ne changera rien à la situation. Donc on se calme et on relativise : on a environ un mois avant la sortie de « Taiyou no namida », donc on va bosser dessus correctement et ensuite, je pense qu'on aura le droit à ces fameux congés. C'est simplement partie remise. N'est ce pas, Fujioka-san ?
La dernière question est accompagnée d'un regard signifiant clairement « vous avez intérêt à faire en sorte que ce soit le cas si vous ne voulez pas avoir une grève des membres de News ».
- Hai… Je m'arrangerais pour que vous n'enchainiez pas immédiatement avec la promotion du single, promet notre manager.
- Ok, capitule Ryo. Mais je vous préviens que si on a pas de vacances à ce moment-là…
- Ryo, pas de menaces je te prie. Fujioka-san a très bien compris.
Il y a vraiment que lui qui puisse réellement s'opposer à un Ryo furieux. Je l'admire vraiment. Et Tesshi encore plus vu comment il le regarde avec de grands yeux.
Du coup, il ose pas répondre à Tomo et se tait, s'enfermant dans un silence borné.
Bref, après tout ça, on a commencé à bosser « Taiyou no namida ». La mélodie est entrainante, comme d'habitude et les paroles sympa, mais vu notre état de fatigue, on a tous eu beaucoup de mal à rentrer dedans. Si Kizahawa-san avait été là, on se serait sûrement fait sacrément engueuler. Il nous aurait même probablement dit que ce qu'on faisait était pas digne d'un groupe qui prépare un single de son futur troisième album. Et il aurait pas eu tout à fait tort, mais être à fond quand on est épuisé et contrarié, c'est pas simple, même pour des pros. Du coup, quand on se sépare ce soir-là, on est pas franchement fiers de nous et le silence qui règne entre Tomo et moi dans la voiture pendant que je nous ramène chez moi, en est une preuve.
9 février 2008
On en est venus à bout ! Malgré notre fatigue, notre lassitude, on connait enfin par cœur les paroles de « Taiyou no namida » et c'est pas dommage. Je me demande si on a déjà autant galéré pour retenir des paroles. Et maintenant il va falloir passer à la choré. J'espère que ce sera moins laborieux, sinon ça va virer à la séance de torture pour tout le monde, parce que vu qu'on a déjà sorti deux albums qui cartonnent, notre chorégraphe laissera rien passer. A la moindre erreur, on va tous salement morfler et franchement, je suis tellement sur les rotules, que je me sens capable de lui rentrer dedans verbalement à la moindre remarque un peu trop pointilleuse. Ce qui ferait pas du tout nos affaires.
17 février 2008
Allez plus que le PV à tourner et c'est terminé pour ce single, on pourra vraiment se reposer un peu. Quand on arrive sur le plateau, je comprends vite, vu ce qui a été mis en place, que ça va pas être une partie de plaisir pour moi. Y'a des espèces d'arrosoirs géants fixés en hauteur à côté d'escabeaux. Ils vont nous mouiller. MER-veilleux… Il manquait plus que ça pour faire tourner cette chanson au cauchemar absolu. La flotte j'ai rien contre en soi et j'adore prendre des douches, mais 1) pas des douches froides 2) pas avec mes fringues 3) pas filmées. Conclusion, rien n'aurait pu être pire.
Vu que je fais aucun commentaire sur ce que je vois contrairement aux autres, Tomo, qui discutait avec Fujioka-san, s'approche de moi :
- Taka ? Ca va pas ?
Vous vous souvenez de ma décision de plus jamais montrer si quelque chose me dérangeait ou me déplaisait ? Ben voilà, du coup, je souris.
- Si si, t'en fais pas.
- Ca a pas l'air.
Il lève le nez vers l'endroit où je regardais, voit l'arrosoir XXL… et comprend immédiatement mon état d'esprit.
- Ca va aller, mon cœur. Et puis tu seras pas seul, on sera tous trempés alors l'attention ne sera pas focalisée sur toi seul, me souffle-t-il.
- Hum.
Je sais bien, c'est pas comme un shoot, mais il n'empêche que j'appréhende cette journée de torture. Je suis pourtant les gars qui se dirigent vers la loge en écoutant leur bavardage d'une oreille plus que distraite. Même Tesshi finit par s'en rendre compte et sautille vers moi, avant d'attraper mon bras.
- Massuuuuuu… Pourquoi t'as pas l'air content ? On va bien s'amuser.
- C'est pas un jeu, Yuya, c'est du sérieux.
- Bah oui je sais bien, rétorque mon meilleur ami. Mais ça empêche pas d'y prendre du plaisir et de s'amuser. Qu'est ce que t'as aujourd'hui ?
Je m'apprête à lui répondre que j'avais rien de spécial jusqu'aux arrosoirs, mais vu ce qu'on fait tout le temps, il comprendrait pas que j'ai pas encore vraiment vaincu ce complexe. Je mens donc encore.
- J'ai rien, t'en fais pas, fais-je dans ce sourire commercial qui trompe jamais Tomo.
- Ah bon.
C'est tout. Un sourire faux et un mensonge suffisent à le berner. Il cherche pas plus loin, alors qu'il y a quelques années, il aurait senti quelque chose allait pas malgré mes paroles et m'aurait harcelé. Son acuité en ce qui me concerne s'est vraiment émoussée. « Me crois pas ! Tu vois pas que mon sourire atteint pas mes yeux ?! Inquiète-toi ! », c'est ce que j'aurais voulu lui dire en le secouant comme un prunier. Mais bien sûr, je le fais pas. Je me contente d'entrer dans la loge qui nous est dévolue, de poser mes affaires dans un coin et de me diriger vers le portant qui supporte le costume que je vais porter toute la journée. Je dis LE costume, parce que c'est le même en une dizaine d'exemplaires. Ils savent qu'on sera trempés et qu'il faudra sûrement refaire des prises, alors ils ont prévu le coup. Je soupire lourdement et me laisse tomber sur une chaise, devant un miroir. Putain, la gueule de déterré… Les maquilleuses vont avoir un taf de ouf pour qu'on ait l'air reposés et au top de notre forme.
- J'espère quand même qu'on va pas passer tout le tournage trempés, lance soudain Keii-chan en écho à ce que je pensais plus tôt.
- Je pense pas. Ils peuvent pas risquer qu'on chope la crève, répond Ryo.
- Allez, changeons-nous, ne perdons pas de temps.
C'est le signal qu'il fallait pour qu'on se bouge tous et je récupère mes fringues du jour. Franchement, elles sont normales. Pas de paillettes ni rien de bizarres. Mais c'est vrai que pour les PV, ils font un effort. Du coup, je me retrouve avec un t-shirt blanc, un sweet à capuche noir, un pantacourt blanc, des bottines noires et une sorte de longue veste en imprimé écossais sable et noir. Je trouve ça presque terne, mais bon, à la limite, mieux vaut ça. En fait, si je regarde bien, on a tous des vêtements décontractés… à part Tesshi qui a hérité d'un costard, avec même la cravate qu'il a pas encore mise.
- Tu vas pouvoir danser avec ça ? lui demandé-je en me dirigeant vers lui.
- Ca devrait aller oui. On fait pas d'acrobaties donc…
Tout en parlant, il a attrapé la cravate et s'est placé devant le miroir pour essayer de la nouer. Il essaye deux fois, trois fois, cinq fois… Je le vois s'énerver mais il y arrive pas plus en fait et moi je peux lui être d'aucune aide, parce que je sais pas faire non plus. Heureusement que je suis pas tombé dessus.
- Ah mais putain de merde ! s'exclame-t-il en s'acharnant sur le morceau de tissu.
Entendre mon meilleur ami jurer est tellement rare, que tout le monde tourne la tête vers lui, surpris. Du coin de l'œil, je vois Tomo et Keii-chan amorcer un même mouvement vers lui, sûrement pour l'aider, mais Ryo est plus rapide.
- Putain, Tego, t'es vraiment pas doué, bougonne-t-il en s'emparant de la cravate malmenée. C'est pourtant pas compliqué.
- Mou, Ryo-tan, sois pas méchant…
- Je suis pas méchant, je constate.
Sur ces mots, il le prend fermement par les épaules pour le tourner correctement face au miroir, passe les bras de chaque côté de son cou et entreprend de la lui nouer en expliquant tout ce qu'il fait.
- Tu repasse le morceau dans la boucle et tu tire pour resserrer, conclut-il. T'as pigé ?
- Je crois…
- Super, alors refais tout seul maintenant.
Moi, pendant ce temps, je refaisais les mêmes gestes dans le vide, en murmurant chaque explication pour m'aider. Ce qui a pas échappé à Tomo, qui vient m'enlacer par derrière.
- Bah alors, mon Taka, toi non plus tu sais pas faire les nœuds de cravate ?
- Non…
- T'aurais du me dire, je t'aurais appris.
- Ca me paraissait pas vital comme truc à savoir en même temps.
- Peut-être pas vital, mais utile. Tu aurais fais comment si ça avait été toi qui avais hérité du costume-cravate ?
J'ai pas le temps de répondre, parce qu'une voix se fait entendre à travers la porte, nous demandant de nous rendre sur le plateau. Tomo m'embrasse sur la joue, puis s'écarte et passe ses troupes en revue pour vérifier qu'on est bien tous prêts. On sort ensuite de la loge et on rejoint le studio qui a été transformé en un genre de maison avec cours intérieure.
- Bonjour à tous, je suis Ishikawa Ryutaro, c'est moi qui vais réaliser ce PV, se présente un homme d'une quarantaine d'années.
- Yoroshiku onegaishimasu, fait notre leader en s'inclinant, imité de nous tous.
- Comme vous l'avez sûrement deviné en arrivant, le tournage se fera en partie sous la « pluie ». Comme danser mouiller ne doit être ni agréable ni pratique, on fera ces séquences en premier, pour que vous en soyez débarrassés. Donc le premier et le dernier refrains sur lesquels vous dansez et la fin de la musique où vous êtes simplement debout et groupés.
- Wakatta, opine mon petit ami. Nous allons faire de notre mieux.
- J'en suis sûr. Vous êtes des pros après tout.
Ouais, mais des pros trempés, ça peut grelotter aussi… Enfin bon. Si ça se limite à trois séquences, on évite le pire au moins.
- Parfait. Dans ce cas, mettez-vous en place, ne vous laissez pas déconcentrer par les personnes qui vont vous mouiller et n'oubliez pas le playback, sinon il faudra tout recommencer.
J'ai juste envie de lui répondre que, comme il l'a lui-même souligné, on est des pros. Donc pas des débutants qui tournent leur premier PV, c'est quand même notre septième. Mais je dis rien. Ca servirait à rien de toute façon.
On se place tous comme on a l'habitude pour cette choré… et on pousse tous en chœur un cri de stupeur, avant d'avoir le souffle coupé, parce que la flotte dont on nous arrose est glacée. Et je vous jure que c'est pas une image, j'ai l'impression que je congèle de l'intérieur tellement je suis gelé à l'extérieur. Et vu la tête des gars, ça doit être le sentiment de tout le monde. Ils auraient au moins pu mettre de l'eau tiède, les enfoirés !
Soudain, la musique démarre. Comme ça, sans préavis. On est pas encore revenus de notre surprise, donc pas prêt à commencer. Le réalisateur semble le comprendre et fait remettre au début.
- Prêts ? nous demande-t-il pour la forme, mais ce qui nous laisse le temps de nous mettre en condition. Action !
La musique redémarre et nous aussi. Tout se passe bien, la choré passe nickel malgré le froid, jusqu'à un double incident : une double chute du KoyaShige (à cause du sol trempé) et une série d'éternuements de Tesshi. Aussitôt, les caméras s'arrêtent et on se précipite vers nos amis pour vérifier qu'ils vont bien. Heureusement ils n'ont rien de cassé, juste un peu mal aux fesses. On est tous soulagés, ils auraient pu se blesser. Mais bon, du coup, il faut tout recommencer du début.
Du coup, effectivement, on reprend tout. J'ai froid mais je tiens bon en me disant qu'après ça, on tournera le reste, bien au sec. Et vu l'acharnement de tout le monde, on en vient à bout facilement.
Le réalisateur nous demande ensuite d'aller nous changer et c'est avec plaisir que je mets un des exemplaires secs de mon costume. Maintenant que la partie pénible est passée, ce tournage va devenir une partie de plaisir. A la demande d'Ishikawa-san, Tomo prend place sur la chaise à droite de la table, devant la « fenêtre » derrière laquelle il « pleut », puis Tesshi sur sa droite. Ensuite c'est au tour de Ryo sur la chaise de droite, de Keii-chan sur celle de gauche, de Shige sur celle de droite et pour finir, le mien sur celle de gauche. Les plans s'enchainent : nous tous à l'extérieur, assis sur des pierres à l'extérieur, debout au milieu de la cours inondée, de nouveau à l'intérieur, assis sur les chaises… C'est marrant en fait. Je me demande bien ce que donnera ce PV une fois qu'il sera monté. On peut pas se rendre compte comme ça.
20 février 2008
Le PV (très sympa une fois monté d'ailleurs) a à peine commencé sa diffusion, qu'on est déjà demandés partout. Fujioka-san a pas tenu sa promesse de nous éviter toute promotion immédiate. Du coup, on est arrivés tôt à l'agence, avec les gars, pour tenir une réunion de crise.
- Alors on fait quoi ? demande Tesshi qui a l'air mal à l'aise de faire un truc dans e dos de son Pi-chan adoré.
Et j'avoue que je suis pas mieux, parce que j'ai un peu menti à mon petit ami pour ne pas dormir chez lui hier soir, pour pouvoir arriver seul ce matin. Mais là, faut vraiment marquer le coup ou on se fera jamais entendre. Ils doivent comprendre, là haut, que les News en ont ma claque.
- Un piquet de grève, je vois que ça, dis-je de concert avec Ryo vu qu'il y a que nous qui l'ouvrons quand un truc nous plait pas.
- Mais où ? demande Shige. Devant la loge ?
- Nan, réponds-je. Si on se contente de rester sagement dans notre couloir, ça aura aucun effet à part celui de faire rigoler les collègues et on passera juste pour des guignols et des tire au flanc.
- Massu a raison, m'approuve mon co-leader de rébellion. Si on veut frapper un grand coup, c'est le hall ou carrément le dernier étage.
A ces mots, je vois Keii-chan, Shige et Tesshi réprimer un mouvement de recul.
- Vous êtes avec nous, les gars ? leur demandé-je en les regardant avec insistance. Notre rébellion aura d'impact que si on est au moins cinq.
- Et Pi-chan ? demande mon meilleur ami d'une petite voix.
- S'il voit qu'on est solidaires, Tomo nous suivra, affirmé-je, sûr de moi.
Yuya échange un regard avec le KoyaShige et c'est notre aîné qui répond en leur nom.
- C'est d'accord, on vous suit.
- En espérant pas s'attirer d'ennuis, parce qu'on a déjà été bien servis en la matière, fait remarquer Shige.
- On va où alors ? questionne Tesshi. Au dernier étage ?
- Non, le hall, décidé-je.
- Pourquoi le hall ? m'interroge Keii-chan.
- Question de stratégie, expliqué-je. Si on se met au dernier étage, on donnera juste l'impression de faire un caprice auprès du big boss. Alors que si on se met dans le hall… tous les collègues qui vont arriver nous verront, en parleront parce que c'est inédit, la rumeur se propagera, enflera, empêchera tout le monde de bosser et ça arrivera aux oreilles de papi Johnny. Du coup, il enverra quelqu'un voir ce qui se passe, voir essayer de négocier avec nous, mais comme ça marchera pas, il devra se déplacer en personne. Et là on lui fera écrire et signer un document attestant qu'avant la reprise de toute activité, on a une semaine… non deux semaines off.
Je termine d'expliquer mon plan et note que mes amis me regardent, estomaqués.
- Quoi ? C'est con ?
- Au contraire, c'est très malin, dit Shige. C'est juste qu'on te croyait pas capable d'une telle duplicité.
- C'est pas de la duplicité, c'est de la ruse, nuance.
- Allez on descend les meubles, déclare alors Ryo.
- Pourquoi les meubles, Ryo-tan ?
- Un piquet de grève digne de ce nom doit avoir une barricade. Et puis perso, si ça doit durer la journée, j'ai pas envie de me péter le dos en restant le cul par terre.
On commence donc par sortir tout ce qui est pas trop lourd, genre la table basse, les chaises etc… et on met en place une chaîne humaine entre la loge, le couloir, l'ascenseur et le hall. On en a déjà sorti une partie, quand Tomo arrive à son tour. Ebahi, il regarde le bordel qu'on a commencé à mettre et me regarde.
- Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce que vous faites ?
- La grève, réponds-je sans me démonter.
- He ? Oh, Taka, non… Me dis pas que tu as réussi à convaincre les gars ?
- Pour moitié avec Ryo, oui.
Je le vois soupirer, mais il fait aucun commentaire. De toute façon, remonté comme je suis, je l'écouterais pas.
Une demi heure plus tard, la loge est vidée de tous ses meubles, qui sont tous entassés dans le hall du building.
- Rien de ce que je dirais ne vous fera changer d'avis, je suppose ? tente encore Tomo pendant qu'on s'installe tous confortablement.
- Rien du tout, confirmé-je.
- Alors je ferais aussi bien de vous rejoindre.
- Clairement. Un piquet de grève sans le leader du groupe, ça sera pas aussi efficace qu'avec, confirme Ryo.
Tomo s'assoit près de moi sur le canapé et les minutes passent en silence.
- Bon ben puisqu'on bosse pas, autant s'occuper, lance Shige. On fait un poker ?
- Tu vas me dire que t'as un jeu de cartes et des jetons dans ta poche ? lui demandé-je.
- Nan, mais dans mon sac, oui, répond-il à ma grande surprise.
Il va donc fouiller dedans (on a tous descendu nos affaires vu qu'on a pas l'intention de regagner la loge tant qu'on aura pas obtenu satisfaction) et en sort ce qu'il a dit. Ca me stupéfie que le sérieux (enfin ça dépend des moments) Shige joue à un jeu aussi controversé que le poker. C'est comme s'il nous avait sorti qu'il jouait au mah jong et faisait des paris.
- Je sais pas jouer, moi… fait alors la voix de Tesshi.
- Moi non plus, renchéris-je.
- He ? Mais après ta question, je pensais…
- Heu il y a une différence entre savoir ce qu'il faut pour jouer... et savoir jouer, ne.
- Pas grave, dit Ryo. On a le temps de vous apprendre vu l'heure matinale.
Les experts en la matière (Ryo, Shige et, à ma grande surprise, Tomo), entreprennent donc de nous initier à ce jeu. Le temps des explications et de deux tours pour rien, nos premiers collègues font leur apparition dans le hall. Et notre présence, ainsi que celle de nos meubles, passe pas inaperçue, loin de là. Les premiers à se pointer pour nous interroger, c'est les Tokio. Envoyé en porte-parole, Nagase-sempai demande :
- Hé, les jeunes, vous faites quoi ?
- La grève, répond sobrement Ryo.
- Sans déc' ?! Et pourquoi ?
- Pour faire valoir notre droit aux vacances, dit à son tour Keii-chan.
Notre sempai explose de rire et, en se tenant les côtes, , explique la situation aux membre de son groupe, qui finissent par se marrer aussi. C'est un peu vexant, mais je m'y attendais.
- Bravo, les gars, vous nous aurez bien amusés pour commencer la journée, fait Taichi-sempai toujours en rigolant. Bon courage pour la suite de votre grève.
Pendant qu'ils montent, on les entend encore rire, mais ça ébranle aucun de nous et on reprend notre partie interrompue. Jusqu'à l'arrivée de Taguchi, attiré par l'appel du jeu, même s'il est pas vidéo.
- Pourquoi vous jouez dans le hall ? demande-t-il, intrigué. Et c'est quoi tous ces meubles ?
Je m'apprête à expliquer, mis je vois les autres KAT-TUN arriver au compte-goutte, du coup, je range ce que j'allais dire dans ma poche. Pas pour longtemps cela dit, parce que le reste du groupe nous rejoint à son tour.
- He ? Les News ? s'étonne Kame. Ben qu'est ce que vous foutez au milieu du hall ? Votre loge est pas assez grande ?
- Mais nan, couillon, répond diplomatiquement Ryo. On fait la grève.
- La grève ?
Derrière eux, pas mal de Juniors s'apprêtant à aller à leurs cours, se sont attroupés et je les entends murmurer le mot comme s'ils l'entendaient pour la première fois. Mon plan marche comme sur des roulettes pour le moment.
- Pourquoi la grève ? interroge Nakamaru. Tout va pas comme vous voulez ? Je croyais que vous crouliez sous les lives, shoots, interviews etc ?
- Justement, on croule un peu trop, rebondis-je immédiatement. C'est pour ça qu'on fait grève.
- He ?
- Pour faire valoir notre droit aux vacances.
Ma réponse semble les laisser perplexes. Enfin sauf Akanishi qui, soudain, s'assoit par terre, le dos calé contre notre canapé, à la stupéfaction générale.
- Putain, Jin, tu peux m'expliquer ce que tu fous ? finit par réagir son leader.
- Je trouve que c'est pas con leur truc. Nous non plus on a pas eu de vacances depuis un sacré bail, répond Akanishi.
Un grand silence suit ses paroles et je me retrouve tout con. Ca, ça faisait pas partie de mon plan par contre. Nous mettre en « danger » c'est une chose… Inciter d'autres groupes à nous imiter en leur montrant « l'exemple », s'en est une autre tout à fait différente. Je m'apprête à lui dire de trouver un autre moyen d'obtenir des vacances quand, sous nos yeux ébahis, Tanaka, Ueda, Taguchi et Nakamaru s'installent à leur tour. J'ouvre la bouche pour dire à Kame de calmer ses troupes, quand je le vois s'assoir aussi. Oi ! Ils nous font quoi là ?! Putain, on sera tous dans la merde s'ils restent là ! Un groupe, c'est une grève deux, c'est une rébellion. Manquerait plus qu'un troisième et ce serait carrément la révolu… Ah nan ! Pas les Kanja ! Merde quoi !
- Heu les gars, je vais être désagréable, fait alors Ryo, mais est ce que vous pouvez vous barrer ?!
- Oi, Dokkun, c'est pas sympa, ça, râle Yokoyama.
- On s'en fout, putain, vous allez tout faire foirer, bande de baltringues ! Vous croyez qu'on a mis ça sur pied juste pour s'occuper ou quoi ?! Cassez-vous tous, on se verra plus tard ! Vous aussi les KAT-TUN, barrez-vous !
- C'est pas l'amabilité qui t'étouffe, Nishikido, grogne Akanishi en se relevant, imité du reste de son groupe.
Je manque m'étrangler avec ma salive en l'entendant. Que ce soit lui qui dise ça, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.
Kame tourne alors son regard vers Tomo qui a pas dis un mot depuis le départ.
- Et toi tu laisse faire ? Bravo, Pi… Venez les gars, on est indésirable…
Les treize mecs s'éloignent, nous laissant juste avec les Juniors qui nous regardent avec des yeux ronds. Je me sens las, d'un coup, mais las… Pourquoi jamais rien de ce que je prévois se passe comme je veux ? Il était nickel, ce plan, jusqu'à ce qu'Akanishi foute le bronx.
Je soupire lourdement et je sens Tesshi me tapoter le dos en signe d'encouragement.
- Allez Massu, t'es notre leader de révolte. Si tu lâche, on peut pas y arriver, me dit-il dans un sourire.
Je hoche la tête et on se remet tous dans la partie, mais en fait, j'ai plus tellement la tête au poker, je me demande si le reste de mon plan va se dérouler sans accroc.
- Les gars… on devrait peut-être s'arrêter là, vous ne croyez pas ? demande Tomo.
Je le regarde.
- Pourquoi tu dis ça ? demandé-je alors que les backdansers attirés des KAT-TUN, les Kis-my-ft2 (ou Kisumai), s'approchent de nous à leur tour.
- Parce que si on montre cet exemple aux Juniors, j'ai peur que ça nous retombe dessus. Et on a déjà eu notre compte d'ennuis.
Il y a un silence et tout le monde (Ryo y compris, le faux frère) tourne la tête vers moi genre « on fait quoi maintenant ? ». Mais j'ai pas vraiment le temps de réfléchir à la question, parce que la voix de Fujioka-san résonne soudain dans le hall.
- Les garçons ? Qu'est ce que vous fabriquez là ?
Il tombe bien celui-là.
- A votre avis ? fais-je en croisant les bras et en prenant mon air le moins aimable.
- Heu… je ne vois pas, ose répondre notre manager à mémoire de poisson rouge.
- Vraiment ? Cherchez bien… Il y a pas un truc que vous avez oublié nous concernant ?
- Heu…
- Faites un effort… continué-je sur le même ton dangereusement calme. Je vous donne un indice : ça commence par un V… ET CA FINIT PAR –ACANCES ! explosé-je finalement.
Ason regard paumé, je vois qu'il assemble le mot mentalement… et comprend finalement de quoi je parle.
- Oups…
- Ah bah oui « oups », vous pouvez le dire !
- Je suis désolé, je…
- On s'en fout de vos excuses ! me relaie Ryo en criant lui aussi. On vous demande jamais rien, vous pouvez pas dire qu'on vous fait chier ! Et là, votre unique mission, vous trouvez moyen de la zapper ! Vous vous foutez pas un peu de notre gueule ?!
- Je…
- Qu'est ce qui se passe here ? fait soudain une voix bien connue derrière nous. Why criez-vous ?
On se retourne dans un ensemble parfait. Johnny-san. Il était pas arrivé en fait. Donc mon plan aura pris moins de temps que prévu.
- Kitagawa-san… commence notre manager.
- No, Fujioka-san. I asked cette question to this boys, le rembarre le big boss.
Sous son regard d'acier, Tesshi se planque derrière moi et Shige se rapproche de Keii-chan, nous laissant en première ligne, Ryo et moi.
- On fait la grève, réponds-je sans me démonter. On refuse de reprendre toute activité tant que vous aurez pas accepté nos revendications.
- Which revendications ?
- Des vacances.
- What ?
- On exige des vacances. La machine News est épuisée. Seulement un mois de vacances en six ans, c'est n'importe quoi. On veut au moins deux semaines off à partir d'aujourd'hui. C'est le minimum.
Le silence retombe et je sens les poings de Tesshi se crisper sur mon haut, comme s'il craignait la réaction de papi Johnny. Ce que je comprends, parce que là, vu que je lui ai posé un ultimatum, c'est vraiment quitte ou double. Ca passe ou ça casse, y'a pas de milieu possible.
Et soudain, à la surprise générale, notre patron explose de rire. Mais vraiment. A s'en tenir les côtes. Putain, c'est pas possible, on a fait tout ça pour r…
- All right, sweet boys, dit notre patron. Your audace and your détermination me plaise. Personne n'avait encore osé doing this kind of thing. Vous êtes in holidays. For un mois à partir d'aujourd'hui. Mais after, il faudra reprendre le travail correctement, right ?
J'échange un regard stupéfait avec les gars. Sans déconner ? Non seulement il es pas en colère, mais il double la durée qu'on a demandé ?
- Fujioka-san ?
- Hai ?
- Supprimez immédiatement le planning de News pour les trente next days.
- Très bien, Kitagawa-san.
- Maintenant, sweet boys, rangez tout et rentrez chez vous, dit encore papi Johnny, avant d'ajouter pour nos collègues encore présents : and all of you, go back au travail. Allez.
Les derniers Juniors se dispersent, notre boss s'éloigne et le silence retombe. Pas pour longtemps cela dit, parce qu'un cri de joie le rompt bientôt.
- Ca a marché ! On est en vacances !
Tesshi.
- Je pensais pas que ça marcherait vraiment, bravo.
Shige.
- Je nous voyais déjà tous suspendus pour appel au désordre, mais non même pas.
Keii-chan.
- Massu, t'es mon héros.
Ryo.
Le seul qui dit rien, c'est Tomo. Mais il a vraiment pas décroché un mot depuis qu'il s'est assis à côté de moi. Même quand Kame l'a accablé, il a rien dit. Et ça commence vraiment à m'inquiéter.
- Tomo ? Pourquoi tu dis rien ? Ca va pas ? Tu me fais la tête ? le questionné-je pour essayer de comprendre.
Il se contente de secouer la tête et je comprends de moins en moins.
- Alors quoi ?
Il ouvre alors la bouche, mais la voix qui passe ses lèvres est un filet à peine audible, même pour moi qui suis à côté. Merde, il est aphone…
- T'es aphone ? Mais tout à l'heure, tu m'as parlé pourtant. Enfin t'étais enroué, mais j'ai pensé que t'avais juste un chat dans la gorge. Ah alors c'est pour ça que t'as rien répondu à Kame…
- Il a du choper la crève sur le tournage du PV, suppose Keii-chan. Même si les scènes sous la pluie ont pas duré très longtemps, vu qu'il est crevé en ce moment, ses défenses immunitaires sont moins performantes.
- Mon pauvre Tomo… On range et on rentre. Je vais bien m'occuper de toi, tu vas voir, dis-je en lui caressant la joue avec le dos de la main.
Pour toute réponse, il me sourit et hoche la tête. Heureusement qu'on est en vacances à partir d'aujourd'hui en fait, parce que si on avait du assurer la promo de « Taiyou no namida », ça aurait été une catastrophe. News sans la voix de Tomo, c'est imposible.
