27 mars 2008

J'ai pas dormi de la nuit. Imaginer que Tomo me quittait parce que j'ai été assez idiot pour céder à Yuya m'a crucifié et c'est encore ce que je ressens maintenant. Il a dit que c'était pas grave, mais pour qu'il se soit énervé comme ça, au point de partir en claquant la porte, c'est que ça doit l'être quand même et c'est normal.

Du coup, ce matin j'ai une gueule de déterré et je sais pas du tout comment je vais réagir devant lui.

Quand j'arrive devant la loge, j'ai un sursaut de stupeur : deux types gigantesques taillés comme des armoires sont plantés devant la porte, bras croisés et l'air pas commode (normal pour des armoires XD). Qu'est ce qui se passe ?

- Halte, me fait l'un d'eux d'une voix rocailleuse. Qui êtes-vous ?

- Heu…Masuda Takahisa, dis-je, plus vraiment habitué à m'entendre poser cette question.

- Prouvez-le, dit le deuxième.

La porte s'ouvre au moment où je vais répondre et Ryo apparait.

- Nan mais c'est bon, c'est un membre du groupe, le faites pas chier.

- Nous ne faisons que notre travail, Nishikido-san.

Ryo grommelle un truc, puis m'attrape par le bras et m'attire dans la loge.

- Ils comment doucement à me courir ceux-là… maugrée-t-il en refermant la porte derrière nous.

- Merci pour le sauvetage, mais c'est quoi le délire dehors ? C'est quoi ces mecs ? demandé-je, encore éberlué.

- Les gardes du corps de Tesshi, spécialement mandatés par papi Johnny himself, me répond Shige.

- He ?

Mon regard se porte sur mon meilleur ami.

- Heu…

- Il a entendu les Juniors dire que j'avais été témoin d'un meurtre et du coup voilà le résultat, me répond-il.

- Et les Juniors l'ont su comment ?

- Apparemment, l'un a vu la plaque d'immatriculation de ma voiture.

- Oh… Je vois. Et ce cirque va durer jusqu'à quand ?

- Va savoir… fait Ryo, visiblement pas de très bonne humeur.

Je soupire. Comme s'il y avait besoin de ça en plus du reste…

- T'as pas l'air dans ton assiette, Massu, note Keii-chan. Ca va pas ?

Comment lui répondre ? Je vais pas lui dire « j'ai couché avec Yuya et Tomo est parti en claquant la porte » quand même…

- Si si, ça va, mens-je donc. J'ai juste pas super bien dormi.

- C'est ça de faire des folies de son corps, sous-entend Ryo, me faisant sursauter.

Comment il sait que…

- C'est pour ça que Pi est à la bourre ? Il a pas pu se lever parce que tu lui as mis misère ?

Je relève même pas l'allusion graveleuse. Non, apparemment il sait rien.

- Non… Il doit encore être chez Akanishi…

- He ? Qu'est ce que Bakanishi vient foutre dans l'histoire ?

- Il est parti dormir chez lui hier soir…

- Vous vous êtes disputés ? questionne Keii-chan, compatissant, en passant un bras autour de mes épaule.

- Oui… fais-je, malheureux.

Je croise alors le regard de Tesshi et il comprend instantanément pourquoi je me suis « disputé » avec mon petit ami, du coup il baisse la tête. Et tout le monde le remarque.

- Heu… On a loupé un épisode ? demande Shige en nous regardant alternativement. Tesshi, il s'est passé un truc ?

Mais l'interpellé reste muet et Ryo m'attrape par le bras pour m'entrainer à l'écart.

- T'as craqué et baisé avec Tego, c'est ça ? me souffle-t-il. Et Pi l'a découvert et il s'est vénère.

Ahuri par sa perspicacité, je le fixe avec un air de poisson hors de l'eau.

- Me regarde pas comme ça. Pi s'est barré chez Bakanishi, pour un truc qui concerne Tego vu la tronche qu'il tire. Et comme ça peut pas être le fait qu'il te colle vu qu'il l'a toujours fait et que Pi a jamais rien dis, faut pas être bien malin pour faire le lien. Alors j'ai raison ?

- Pour l'essentiel oui…

- Et tu vas faire quoi maintenant ?

- J'en sais rien… J e me suis excusé, je lui ai juré que je voulais pas et que ça se reproduirait jamais et il a dit « c'est bon n'en parlons plus », alors j'ai cru qu'il me pardonnait… Mais il a pété un plomb en apprenant qu'on l'avait fait à l'appart et c'est là qu'il est parti.

- Putain, Massu, t'es pas dégourdi quand même… JAMAIS on baise chez soi quand c'est pas avec son partenaire habituel enfin, c'est évident. Trop dangereux. Pas étonnant qu'il se soit vénère.

- Merci de m'enfoncer, c'est vrai que je me sens pas déjà assez mal comme ça…

- Et en plus… tu connais visiblement pas assez bien Pi.

- He ?

- Pi est rancunnier. Très rancunnier. Quand on lui fait une crasse, il oublie pas, même s'il dit le contraire. Je serais toi, je ferais gaffe au retour de bâton.

- He ? Tu crois que ça craint pour moi ?

- J'en suis sûr.

- Mais il pourrait faire quoi ?

- Tout ce qui lui passe par la tête.

- Même à moi ?

- Surtout à toi.

- Alors qu'il m'aime ?

- Ouais, ça change rien. C'est même un fait agravant.

- Comment ça ?

- 'Tain, faut vraiment tout t'expliquer à toi… Il t'aime comme un dingue et toi aussi, donc ta trahison envers lui est encore plus grave que si tu avais été n'importe qui d'autre. Donc la vengeance ou leçon je sais pas comment il considère ça, risque d'être à la hauteur de la faute.

Attéré car effectivement je connaissais pas cette facette de Tomo, je reste silencieux. Pour le coup, je sais encore moins quoi faire. Pourquoi, mais pourquoi j'ai cédé à Yuya ? Si je perd Tomo à cause de ça, je me le pardonnerais jamais.

Soudain, des éclats de voix s'élèvent de derrière la porte et je reconnais sans mal la voix de mon petit ami, lui aussi aux prises avec les gardes du corps de Tesshi.

- C'est notre leader, laissez-le passer, fais-je en ouvrant la porte. Vous avez fais le coup à tous les membres du grouppe, vous croyez pas que c'est exagéré ?

- On a pas été engagés pour croire, Masuda-san, mais pour protéger Tegoshi-san.

- Mais réfléchissez deux secondes, bon sang ! Qu'est ce que vous voulez qu'il lui arrive DANS l'agence ?! commencé-je à m'énerver. C'est à l'extérieur que c'est dangereux ! Et si des membres d'autres groupes viennent nous voir vous allez faire quoi ? Leur demander leur dossier dentaire pour vérifier leur identité ?!

- C'est bon Massu, stop, calmes-toi… fait alors Keii-chan. Merci messieurs, on est tous là maintenant.

Il referme la porte derrière Tomo, qui passe près de moi sans m'accorder un regard. Je commence à comprendre ce que Ryo voulait dire. Mais c'est pas le bon moment pour essayer de lui parler.

- Il se passe quoi exactement ? C'est quoi le délire ? interroge mon petit ami avec les mêmes mots que moi.

- C'est comme ils t'ont dit, répond Shige pour la seconde fois. Johnny-san a entendu parler des yakuza et de Tesshi qui a assisté au meurtre, alors il les a engagés pour le protéger.

- Jusqu'à quand ?

- On sait pas, répondons-nous tous en cœur.

- Oh ! Bah ça va, je peux m'informer sans que vous me sautiez tous à la gorge oui ?!

- C'est toi qui nous saute à la gorge là, fait remarquer Keii-chan. Nous on a juste répindu à ta question.

- T'as tes règles ce matin ou quoi ?! appuie très diplomatiquement Ryo.

- Toi c'est pas le moment de ramener ta grande gueule !

- Oi ! Tu vas calmer ta joie ouais ?! Je suis pas ton clebs alors baisse d'un ton !

Ouh là… Ambiance ambiance… Et tout est ma faute…

- Allez, allez, vous battez pas… intervient Keii-chan avant que les choses s'enveniment. Pi, tu voulais pas faire un débriefing d'avant-hier soir ?

- Si… grommelle mon petit ami.

- Alors vas-y.

- Si Nishikido-san est disposé à m'écouter, oui.

- Nishikido-san t'emmerde, mon petit pote ! rétorque immédiatement le concerné. Bon allez ça me gave, je me tire !

Sur ces mots, il se dirige vers la porte à grands pas, mais il a même pas le temps de l'ouvrir, parce que Shige lui barre le passage.

- Bon, Ryo, ça suffit là. Pi est notre leader, donc que ça te plaise ou pas, tu l'écoute.

- Et qui va m'y obliger, p'tit gars ? Toi ?

- Arrête de faire le malin en piquant tes répliques dans des films et retourne t'assoir. C'est important.

Ryo foudroie un peu Shige du regard puis, n'ayant rien à lui repprocher vu qu'il a raison, s'exécute en se murant dans un silence butté.

Dire que toute la journée a été tendue serait un euphémisme. L'air crépitait d'électricité statique et d'une tension presque palpable. Le jeu du chat et de la souris a recommencé avec Tomo : je l'approche pour lui parler, il me fuit. Et quand on a enfin quitté l'agence, il est parti de son côté sans se retourner. J'ai eu beau l'appeler, tenter de l'arrêter, il m'a tout simplement ignoré et je sais pas quoi faire pour réussir à m'expliquer. Je vais quand même pas le séquestrer pour le forcer à m'écouter… Du coup, j'ai bien l'impression que je vais encore dormir seul ce soir… et j'ai horreur de ça, je suis plus habitué. Enfin si j'arrive à dormir…

3 avril 2008

Ca fait une semaine maintenant. Une semaine que j'ai pas vu Tomo en dehors de l'agence dans laquelle il me regarde même pas et m'adresse pas un mot. Il dort toujours chez Akanishi à ce que j'ai compris. Je sais pas ce qui lui passe par la tête, mais là j'ai l'impression… qu'on est de parfaits étrangers. Pire que quand j'ai intégré GJ123… Je sais pas comment résoudre le truc. Il faudrait que j'arrive à le coincer quelque part pour qu'on puisse parler, mais ça va pas être de la tarte et je peux pas demander l'aide de Keii-chan, Shige et Ryo, parce que j'ai peur qu'ils me jugent mal. Conclusion, il va falloir que je trouve une solution par moi-même.

En arrivant à l'agence, je suis encore en train de réfléchir à ce que je pourrais faire pour le forcer à me regarder, l'obliger à me parler… et à part le séquestrer (et encore…), je vois pas.

Il est encore tôt, donc les portes de toutes les loges sont ouvertes, sûrement pour le ménage. J'ai l'impression que je suis le premier arrivé, mais il est encore super tôt, vu que j'ai pas fais gaffe à l'heure tellement j'étais préoccupé. Pourtant, alors que je m'approche de notre loge, des voix en provenance de celle des KAT-TUN s'élèvent et je les identifie sans peine.

- Pourquoi t'as l'air si joyeux, Jin ?

Nakamaru.

- Il t'es arrivé un truc bien ?

Taguchi.

- Plutôt ouais. J'ai couché avec Pi !

Akanishi.

Et là, je sens le sang se retirer de mon visage. Non… C'est pas possible…

- Je savais qu'il était bien foutu, mais c'est carrément un putain de bon coup.

J'entend même pas le reste de la conversation, je suis effondré. J'arrive pas à me dire que Tomo a été coucher avec son meilleur ami par simple vengeance. Et je me rend compte en tournant la tête, je vois Kame qui arrivait aussi et a lui aussi tout entendu. Moi… j'ai mérité ce qui m'arrive même si ça fait atrocement mal, mais lui avait rien fais. Tomo a pas pensé à lui dans son désir de vendetta et Akanishi non plus. Il convoitait mon Tomo depuis tellement longtemps, que quand il lui est tombé dans les bras, il a du zapper tout le reste.

- Kame… murmuré-je, compatissant alors que j'ai si mal.

- Pourquoi… souffle-t-il d'un ton douloureux. Qu'est ce que j'ai fais de mal ? Qu'est ce que j'ai de moins que Pi ?

Je me rend alors compte qu'il pleure. Il a toujours l'air solide comme un roc, alors le voir verser des larmes me retourne. Mettant de côté ma propre douleur pour le moment, je vais passer un bras autour de ses épaules.

- Je sais pas… mais te poser ce genre de question fera que te faire plus de mal… dis-je.

- Et à toi, ça t'en fais pas de mal ?

- Oh si… énormément… Mais moi je l'ai mérité on va dire.

- Peu importe la faute, personne mérite jamais d'être trompé… je pensais… que Jin m'aimait au moins un peu.

Je sais pas quoi lui répondre, parce que moi je sais bien qu'Akanishi est raide dingue de Tomo et que du coup, même s'il est en couple avec ce pauvre Kame, il l'aime pas. Et je trouve ça horrible. Quand on aime pas quelqu'un et à plus forte raison si on en aime un autre, on se met pas avec une personne qui vous aime, c'est cruel.

- Viens, fais-je. On va boire un truc. T'en as besoin et moi aussi.

Je m'éloigne avec lui vers la cafétéria, en me disant qu'en fait, c'est d'alcool dont on aurait besoin tous les deux.

Extrait du journal intime de Yamapi

Tout marche comme sur des roulettes. Les KAT-TUN ont commencé leur comédie dès que j'ai prévenu Jin par texto, que Taka était dans le couloir, donc il en a pas perdu une miette. Quant à Kame, il mérite au moins un Oscar tellement son rôle du petit-ami-qui-découvre-que-son-copain-l'a-trompé-avec-son-meilleur-ami était réaliste. Il était tellement convaincant que Taka a plongé sans se douter de rien. Je l'ai bien vu, planqué où j'étais. Je rentre donc dans la loge en applaudissant.

- Bravo les gars, c'était magnifique, fais-je.

- J'en déduis que Masuda a tout entendu et gobé ?

- Du début à la fin.

- Quand même… ça me plaît pas… fait Ueda. Pauvre Masuda…

- Pauvre Masuda ?! relevé-je. Hé je te rappelle que c'est lui qui a commencé. S'il avait pas couché avec Tego, rien ne serait arrivé.

- Tat-chan a raison, appuie Taguchi. Moi non plus j'aime pas ça et je comprend pas. Quand on aime quelqu'un, on lui pardonne. Ou on le quitte si on supporte vraiment pas qu'il nous ait trompé… mais on monte pas des plans pareils.

- Bizarrement… j'ai beau ne pas aimer Masuda, je suis quand même d'accord avec Junno, reprend Jin. J'ai un peu honte d'avoir participé à cette mascarade…

- Personne vous y a forcés je vous signale, fais-je, maussade.

- Est-ce que tu l'aime vraiment au moins ? J'en ai pas l'impression vu le coup que tu viens de lui faire.

Il y a un blanc. Je pensais honnêtement pas Taguchi assez malin pour deviner la vérité.

- Non bien sûr. J'étais en manque et j'ai profité de l'entendre gémir mon nom quand il baisait avec Ryo. Sérieusement, c'était un gosse quand je l'ai connu et il l'est encore sur pas mal de points. Par contre, au pieu, c'est un super bon coup, un vrai dieudu sexe. C'est pour ça que je reste avec.

« - Tat-chan a raison, fait la voix de Taguchi. Moi non plus j'aime pas ça et je comprend pas. Quand on aime quelqu'un, on lui pardonne. Ou on le quitte si on supporte vraiment pas qu'il nous ait trompé… mais on monte pas des plans pareils.

- Bizarrement… j'ai beau ne pas aimer Masuda, je suis quand même d'accord avec Junno, reprend celle d'Akanishi. J'ai un peu honte d'avoir participé à cette mascarade…

- Personne vous y a forcés je vous signale, fais Tomo, maussade.

- Est-ce que tu l'aime vraiment au moins ? J'en ai pas l'impression vu le coup que tu viens de lui faire.

- Non bien sûr. J'étais en manque et j'ai profité de l'entendre gémir mon nom quand il baisait avec Ryo. Sérieusement, c'était un gosse quand je l'ai connu et il l'est encore sur pas mal de points. Par contre, au pieu, c'est un super bon coup, un vrai dieudu sexe. C'est pour ça que je reste avec. »

Je reviens de la cafète et passe devant la loge des KAT-TUN pour aller dire deux mots à Akanishi… quand je surprends ces horribles phrases et tout s'écroule autour de moi. Je m'effondre au sol, à genoux, atteint de plein fouet par l'affreuse vérité : Tomo, mon Tomo que j'aime tant, avec qui j'envisageais sérieusement de faire ma vie… ne m'a jamais aimé. Il m'a joué la comédie tout ce temps. J'ai été trahi, trompé, utilisé… Pourquoi ? POURQUOI ?! J'ai envie de pleurer sur moi, sur le destin qui s'acharne à m'arracher le bonheur dès que je le touche du doigt… mais je ferais pas à cet enfoiré de Yamashita le plaisir de m'avoir détruit. Je suis pas violent, mais ce connard va regretter ce qu'il a fait.

D'un pas décidé, je rentre dans la loge, fond sur lui et, sans lui laisser le temps de dire ouf, me met à le bourrer de coups de poings et de pieds.

- De la part de « celui qui baise bien » ! m'écrié-je en redoublant mes coups.

Auxquels il se met à répondre aussi.

- Oh le pauvre chou, il a le cœur en miettes, rigole-t-il.

Et ce rire, que j'aimais tant il y a encore quelques heures, me fait mal dans ce contexte, parce qu'il appuie sur les lambeaux sanglants de mon cœur : rien de rien a jamais été vrai. Tous des mots doux, ces « je t'aime », ces caresses tendres, ces moments partagés… tout ça était du jeu d'acteur et ça décuple encore ma rage, parce que moi, j'étais sincère.

On a déjà échangé une collection de coups plutôt conséquente et on est plutôt amochés tous les deux, quand les KAT-TUN se décident à intervenir pour nous séparer.

- Arrêtez ! s'exclame Nakamaru. Vous battre résoudra rien !

- Y'a rien à résoudre ! hurlé-je depuis les bras de Ueda qui m'a ceinturé. C'est un putain de connard !

- Qu'est ce qui se passe ? fait alors la voix de Keii-chan depuis le pas de la porte.

Il est suivi de Shige, Tesshi et ont du être attirés par mon hurlement. Leur regard ébahi se pose sur nos visages tuméfiés, sur moi toujours retenu par Ueda et lui toujours maintenu par Akanishi.

- Vous vous foutez sur la gueule ?! s'effare Ryo. Heu… c'est peut-être aller un peu loin pour une simple affaire de tromperie, tu crois pas, Pi ?

- Il s'est foutu de moi ! Il m'a jamais aimé ! hurlé-je encore, au bord de la nausée tellement j'ai mal au cœur. J'étais juste un bon coup pour lui !

- He ?

Tous les regards se tournent vers lui, que son meilleur ami a finalement lâché.

- Ouais et ? fait-il en essuyant le sang de sa lèvre supérieure éclatée.

Ce ton détaché alors qu'une fois encore je suis brisé de l'intérieur…

- Pi… c'est faux, ne ? demande Keii-chan.

- Pi-chan… murmure Yuyan déçu de constater que son idole, qu'il a hissée sur un immense piédestal, est rien de plus qu'un enfoiré.

- Putain, Pi, je savais que t'étais rancunnier et revanchard et j'avais mis Massu en garde à ce sujet… mais je pensais pas que tu deviendrais un fils de pute capable d'un truc pareil. En ce qui me concerne… à partir de maintenant, t'es plus qu'un leader pour moi. Fais une croix sur notre amitié.

Il le regarde d'un air dégoûté, puis sort.

- Ryo a raison, Yamapi, appuie Keii-chan. Si tu aimais pas Massu, tu étais pas obligé de lui jouer la comédie et de prétendre le contraire. Je suis vraiment déçu.

Et pour que notrr aîné, qui aime tout le monde, dise ça et l'appelle par son surnom complet alors qu'aucun de nous le fait plus depuis des lustres, c'est qu'il l'est vraiment.

- Avoir fais ça, c'est dégueulasse et inqualifiable, renchérit Shige en emboitant le pas aux deux autres.

- Alors que tu sais que Massu a déjà tellement souffert, comment tu as pu ? Je pensais que tu avais du cœur, que tu étais gentil… Je te croyais pas menteur, calculateur et manipulateur…

Tesshi… Il y plus que de la déception dans sa voix, il y a de la douleur. Il a jamais voulu voir les défauts de son idole et là, il les prend en pleine face. Quant à moi…

- A part pour le boulot, tu existe plus pour moi, laissé-je tomber. Viens, Tesshi, on a du boulot.

Je me dirige vers la porte en prenant mon meilleur ami par les épaules, quand la voix de Kame m'arrête.

- Massu ! On est désolés d'avoir trempé dans la magouille !

Son ton est si repentant, que je trouve la force de me retourner et de lui adresser un petit sourire.

- T'excuse pas, vous avez rien fais de mal. Au contraire, vous avez permis que je découvre la vérité. Sans vous, il aurait continué à me mener en bateau des mois, voire plus.

J'incline la tête vers eux qui me fixent avec des têtes désolées et sors. Je le sens nous suivre mais fais semblant de rien, ce qui est étrangement plus simple que je pensais. Enfin jusqu'à ce qu'une voix bien connue se fasse entendre non loin.

- Masuda-kun, Yamashita-kun, what… Both of you, dans mon bureau now.

Et merde, Johnny-san. Il manquait plus que ça pour que ma journée soit complète.

- Va avec les autres, Tesshi, dis-je à mon meilleur ami qui m'a pas quitté.

- Mais…

- Va et dis à Keii-chan que j'arrive.

Pour moi, le leader, c'est lui maintenant. Parce qu'un leader est forcémment une personne en qui on peut avoir confiance.

- D'accord…

La porte de la loge se referme sur lui et je monte au dernier étage du building. Notre patron fait le tour de son bureau pour s'assoir derrière et nous fixe.

- Vous avez eu un fight ?

- Hum…

- A quel sujet ?

Comme on reste silencieux (je vois pas comment lui expliquer), il tappe du poing sur la table, me faisant sursauter

- It's unspeakable ! You CANNOT vous conduire like that ! En punition, vous êtes mis à pied tous les deux pour un mois ! Rentrez chez vous !

Mis à pied… c'est pas suspendu, mais c'est une sacrée claque quand même…

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