12 janvier 2009
Après deux mois de tournage épuisant (que j'ai fini la larme à l'œil vu que c'était mon premier et que tout le staff et les acteurs ont été super sympa), le drama commence sa diffusion ce soir. Et même si ça m'embarrasse, Tesshi a tenu à venir le regarder à la maison. Du coup, en sortant de l'agence, il a voulu passer au combini chercher de la bouffe. Conclusion, on se retrouve avec deux bento chacun, des sachets de popcorn à faire au micro-ondes (sucrés pour lui, salés pour moi) et je sais plus combien de canettes. On dirait qu'il a pris pour tout le groupe, alors qu'on est deux.
Là, il est dans la cuisine, en train de faire chauffer notre repas et, à peu près toutes les minutes, il me demande, inquiet "ça a pas commencé ?!". Et moi je réponds "non non".
Cinq minutes après ma dernière réponse, il revient avec un bento dans chaque main… et un saladier en plastique plein de popcorn coincé entre les dents. Je me marre.
- Vraiment, Yu', c'était pas à une minute, fais-je en récupérant les plateaux, pour qu'il puisse reprendre le saladier et arrêter de martyriser ses pauvres dents.
- Bah si ! Regarde ça commence ! Vite vite !
Il me pousse presque dans le canapé et se blottit contre moi.
Bon, j'avoue, même si ça fait un peu narcissique, je suis curieux de voir ce que je donne en mode drama une fois qu'il est monté. Parce que les rush que j'ai eu l'occasion de voir m'ont pas tellement aidé et on se rend pas compte des choses quand on est dedans.
Après le premier tiers de l'épisode pilote (qui dure une heure et demie apparemment), mon Tesshi est tellement à fond dedans, qu'il s'est arrêté de manger et rapproché de l'écran. Moi ça me fait sourire et j'avoue que je prends plus de plaisir à regarder les expressions qui se succèdent sur son visage au fur et à mesure de l'action, qu'à regarder vraiment l'épisode. Je regarde quand même, cela dit, ne. Comme je l'ai dis, je suis curieux et franchement, le montage est super bien fait. Des fois j'ai de ces expressions… j'ai presque pas l'impression que c'est moi à l'écran. J'ai quasi l'impression de regarder un simple drama.
- Gambatte, Yutaka !
Je sursaute et regarde mon petit ami qui vient de s'exclamer. Ah il parle de la scène d'entraînement. C'est clair qu'on en a chié pour la tourner. Ce qui est montré à l'écran, c'est pas le quart du tiers de la moitié de ce qu'on a souffert. Surtout le passage de la descente en rappel de la fausse façade. Moi je m'en foutais un peu, mais ça a été l'horreur pour le pauvre Nakamaru qui a affreusement le vertige. Et il a bien du recommencer la prise cinq ou six fois, parce qu'il était tout crispé par la peur et que le réalisateur était pas content. Franchement j'ai compatis, parce que notre Keii-chan a le même problème que lui.
- C'est plutôt Daichi que tu devrais encourager. Nakamaru a eu du mérite à faire cette scène avec son vertige.
Détournant les yeux de l'écran, Tesshi me regarde.
- Ah bon ?
- Oui il en a vraiment bavé. Imagine Keii-chan à sa place. Ca te donnera une bonne idée de sa terreur.
- Oh le pauvre…
- Comme tu dis.
Du coup, j'ai toutes les images du tournage qui me reviennent et je peux pas m'empêcher de lui raconter les anecdotes auxquelles je pense. Ce qui fait qu'au bout d'un moment, il se tourne vers moi en gonflant les joues.
- Mou, Massu, j'essaye d'écouter tu sais. Et avec toi qui parle tout le temps j'ai du mal.
- Gomen, je pensais que ça t'intéresserait…
- Ca m'intéresse, mais tu me raconteras après, ne, dit-il en me souriant.
Je me tais donc et m'absorbe dans des souvenirs pas si anciens en le laissant au drama. Après une heure supplémentaire, alors que le générique défile sur la chanson "rescue" de KAT-TUN, Yuya se tourne vers moi, les yeux brillants.
- C'est génial ce drama ! s'eclame-t-il. Et tu es un très bon acteur tu sais.
- Tu trouve ?
- Oh oui ! Je t'assure.
Le compliment me fait plaisir et me fait aussi sourire, parce que je doute toujours.
- Merci mon cœur.
- A mon avis, tu auras plein de propositions après ça.
- On verra bien. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
A ce moment là, mon portable sonne. Qui peut bien m'appeler si tard ? Un coup d'œil à l'écran m'apprend l'identité de mon correspondant.
- Keii-chan ? m'étonné-je. Qu'est ce qui se p…
« Omedeto Massu ! », me coupe-t-il. « On a regardé le pilote et franchement tu gère ! »
« C'est prenant et tout ! » entends-je Shige en écho derrière.
Je rigole.
- Merci les gars. C'est sympa d'avoir regardé.
« Bah ton premier drama, on allait quand même pas louper ça. Du coup, si on bosse pas à chaque diffusion, Shi' et moi on regardera. On veut savoir la suite. »
- A ce point ?
« Bah oui. »
- Heu bah… C'est cool, merci.
- C'est qui ? me demande Tesshi de loin, avant d'abandonner le saladier de popcorn auquel il était occupé à faire un sort.
- Keii-chan et Shige. Ils ont regardé le pilote eux aussi et ils l'ont aimé.
Mon petit ami sautille jusqu'à moi, m'arrache quasiment mon portable des mains et embraye sur une conversation avec nos amis.
Je sais pas combien de temps tous les trois passent à chanter mes louanges et celles du drama, mais c'est quand même un peu gênant je trouve.
Au bout d'un moment, je lâche l'affaire et décide d'aller me coucher. Je profite qu'on était off aujourd'hui pour ça. Et il faut que je me dépêche de dormir, parce que si je dors pas quand Yu' aura fini de discutailler… je sais bien ce qui risque de se passer. J'ai toujours envie de lui, même s'il s'est encore rien passé depuis cette fois où il s'était empalé sur moi et je risque de perdre le contrôle. Or Pi a demandé qu'on vienne tôt demain, parce qu'on doit commencer à travailler la choré de notre prochain single "Koi no ABO". Donc si on est trop crevés parce qu'on fait des folies ce soir, on se fera engueuler et j'y tiens pas spécialement. Je me grouille donc de me désaper et de me coucher. J'ai à peine le temps de fermer les yeux, qu'il me rejoint.
- Massu ? Mon amour, tu dors ?
Je m'abstiens à la fois de répondre et de bouger, pour qu'il me croit endormi.
- Tu devais vraiment être fatigué, mon pauvre chéri, murmure-t-il en m'embrassant sur la joue. Oyasumi.
Il se glisse près de moi, collé comme d'habitude et passe son bras droit autour de ma taille. Quelques minutes plus tard, il dort profondément et moi j'ose plus remuer du tout, de crainte de le réveiller. Je me suis fait prendre à mon propre piège.
18 janvier 2009
Aujourd'hui, on fait un truc inédit. On a été demandés tous les six pour faire le cm photo de la marque de fringues Russ-K. La collection hiver apparemment, donc on va tous porter des doudounes. C'est pas le plus glamour ni le plus sexy, mais au moins ça va nous changer un peu de ce qu'on fait d'habitude et ça nous fait une coupure dans nos répètes de "Koi no ABO". Donc on est tous en route vers le studio où doit se faire le shoot et mon Tesshi ronronne près de moi comme un chaton.
Dans ma poche, il y a le double de mes clés, que j'ai fais faire pour lui. Comme il est à la maison tous les soirs ou presque, j'ai l'intention de lui demander de vivre avec moi. Quand j'en ai parlé à kaa-chan et Keisuke, ils étaient tellement heureux pour moi (kaa-chan surtout, mais son mari aussi), que ça m'a conforté dans l'idée que c'est la bonne décision. Et comme elle rayonne depuis son mariage (oui je l'ai vue, je voulais pas lui annoncer par téléphone quelque chose d'aussi important pour moi), j'ai eu aucun scrupule à lui dire combien je suis heureux avec Tesshi. Elle a toujours adoré mon Yu' en plus. Bref, je doute pas de la réponse de mon petit ami, qui est de toute façon pratiquement déjà installé chez moi depuis qu'il a amené une partie de ses vêtements "parce que tu comprends, c'est plus pratique pour repartir à l'agence". Mais je vais pas lui en parler tout de suite, sinon je le connais, il sera plus concentré du tout.
Quand on arrive, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est attendus. Un vrai comité d'accueil composé de tout le staff, avec trucs à boire et tout. Ca fait vraiment VIP, on est pas habitués à ce point-là.
Le styliste qui a créé les manteaux de la collection qu'on va présenter vient nous faire un petit speech de remerciements et d'explications, puis nous montre ceux qu'on va porter. Je m'attendais à des trucs de folie, mais non. Quatre des six sont basiques, c'est-à-dire noirs. Y'en a que deux qui sortent du lot, parce qu'ils sont en couleurs : un rouge et un bleu. Et encore, c'est pas des nuances pétantes.
On nous dirige vers une loge où nous attendent six jeans noirs identiques et les fameuses doudounes. Ah, apparemment, la rouge est pour Tesshi et la bleue pour moi. Je me demande si c'est fait exprès (bah oui, Tegomass, tout ça), mais bon, ça m'étonnerait, on a rien fait depuis un bon moment mon chéri et moi. Ca commence à me manquer d'ailleurs, j'aime bien bosser juste avec lui.
Du coup, il nous faut pas longtemps pour être habillés, mais l'inconvénient majeur, c'est que vu qu'on est en intérieur, ben on crève de chaud. Ca doit être génial de porter ça quand il fait bien froid dehors, mais là c'est juste un sauna le truc. Si je la retire dans une demie heure, c'est sûr que le t-shirt que j'ai en dessous sera trempé de sueur. Super glamour quoi. En plus, y'a que Ryo et Shige à qui on a donné pour consigne de les laisser ouvertes. Tesshi, Pi, Keii-chan et moi, on peut bien crever étouffés. Enfin bon, c'est pas comme si c'était nous qui décicions.
On rejoint donc le studio en lui-même, où un fond représentant la façade d'un vieux garage a été mis en place. Probablement pour donner un style plus urbain à nos tenues. On nous place dans un ordre défini par le photographe : à gauche Keii-chan, puis Ryo, Pi au centre comme toujours, Teshi, moi et Shige. Ils prennent quelques clichés rapides, puis le refrain de "Weeeek" se fait entendre, en boucle et on comprend qu'on va devoir chacun en danser un bout. Oui oui, avec les doudounes fermées.
Quand le tournage se termine, bien évidemment comme je l'avais deviné, je suis trempé de sueur. Beurk.
- Je vais à la douche en premier, dis-je en prenant mes affaires.
On a tous appris à toujours se balader avec du gel douche sur soi, parce qu'on sait jamais ce qui peut se passer.
Je suis en train de me déshabiller, quand j'entend la porte de la cabine se rouvrir et vois apparaître mon petit ami.
- Yu' ? Qu'est ce qu'il y a ?
- Tu es trop sexy comme ça… me dit-il d'une voix plus grave que d'ordinaire, en me fixant.
Oh oh… Ce regard... Je déglutis et, dans ma tête, un panneau géant "mayday !" s'est allumé. Mais je suis incapable de bouger. Je suis prisonnier de son regard comme une biche des phares d'une voiture.
- Yu', tu…
- Je te plais pas, Massu ? demande-t-il d'une voix dangereusement suave.
- Qu… Qu'est ce que tu raconte ?
- Je sais pas, tu as encore rien tenté du tout. Alors que je crève d'envie que tu me touche. Tu as pas envie de me toucher, Massu ? Tu as pas envie de moi ?
Oh dieu du ciel, il veut ma mort…
- Oh si… Tu as pas idée à quel point…
Ca servirait à rien de prétendre le contraire alors que je réagis physiquement à son regard et à sa voix.
- Alors pourquoi tu fais rien ? Pourquoi tu as rien fais depuis qu'on est ensemble ? On est plus des ados, Massu, les baisers, ça me suffit plus.
A moi non plus et depuis un bon moment, mais comment lui expliquer mes réticences ? Comment il pourrait comprendre que le fait que je saute tout le temps sur Pi quand… enfin… à l'époque… m'a vacciné de me laisser guider par mes envies ? Evidemment, je sais que Tesshi est différent, mais…
- Je… On… Ce soir, d'accord ? On verra tout ça ce soir.
- Ce soir ?
- Ce soir.
Son regard est un tel brasier, que j'ai presque du mal à respirer.
- D'accord. Mais j'attendrais pas plus, ne. En attendant, embrasse-moi.
- C'est pas une bonne idée vu les circonstances, Yu'…
Il se rapproche encore de moi, presque menaçant et plaque une main sur la paroi derrière moi. Son visage est si près que je distingue le grain fin de sa peau.
- J'ai dis… embrasse-moi.
Je baisse la tête. Je dois avoir l'air d'une fille en ce moment, mais si je cède, on est perdus tous les deux. Il faut qu'au moins l'un de nous garde la tête froide pendant qu'on est à l'extérieur.
- Non, Yu'… Sois raisonnable… On sait tous les deux ce qui va se passer… si on se touche…
Mais ma propre voix manque de conviction et il le sent bien. La preuve, il vient de me forcer à relever la tête et pose sa bouche sur la mienne avec tant de passion que j'e suis ébahi. Glissant sa langue entre mes lèvres à la rencontre de la mienne, il leur fait danser un ballet torride auquel je suis incapable de résister et réponds de même. Pourtant, après quelques instants, je trouve le courage de le repousser.
- Yu', stop. Il faut arrêter maintenant, avant que ça dérape sérieusement.
Mon dieu… La voix qui sort de ma gorge est tellement rauque… J'espère qu'il va pas insister, parce que si on continue, je réponds clairement plus de rien.
En plus, j'avais jamais vu mon Tesshi comme ça. Il avait presque l'air… dangereux. Je comprends mieux pourquoi tous ces mecs défilaient sans broncher dans son lit. Son charme est maléfique quand il décide de l'utiliser vraiment.
- D'accord… Mais ce soir…
Il dit ça d'un tel ton, que je commence à me demander si c'est pas moi qui vais finir par passer à la casserole en fait. Ca me dérangerait pas plus que ça s'il y tenait, mais c'est pas ce que j'ai prévu.
Je hoche la tête et il s'écarte.
- Tu as besoin d'aide ?
Je secoue la tête. S'il me touche à cet endroit, c'est foutu.
- Moi si.
- Non Yu'… Tu… Pour cette fois, tu vas devoir te débrouiller tout seul.
Ca me coûte de lui dire ça, mais je me sens vraiment sur le point de craquer et là, avec les autres à côté, je peux pas.
- Bon, très bien…
Il va donc s'enfermer dans une cabine de toilette, j'entends distinctement le zip de sa braguette et quelques secondes plus tard, voilà ce que j'entends :
- Han… Oui… Han… Massu… C'est bon… Han Massu… Encore… Mmmh…
Je serre les dents et me bouche les oreilles, mais ses gémissements indécents (et bien trop excitants) me parviennent quand même. Pourquoi ? Pourquoi il fait ça ? Il se venge d'un truc ? Qu'est ce que j'ai fais de mal pour mériter ça ? S'il cherche à ce que je perde le peu de contrôle qui me reste et le viole sur place, il va y arriver très vite.
Du coup, plutôt que ça, je préfère me passer de douche. Tant pis si je transpire comme un poney, vaut mieux ça que lui sauter dessus ici. Je me rhabille donc en quatrième vitesse et retourne avec les autres.
- Déjà ? s'étonne Shige. T'es plus rapide que l'éclair.
- Heu… ouais.
- Nan nan. Il shlingue, me trahit alors Ryo qui s'est approché je sais pas pourquoi. Donc il s'est pas douché en fait.
- Beurk. Mais Massu, c'est crade, pourquoi ?
- Je… me doucherais chez moi, je préfère.
- Mais Massu, on retourne à l'agence continuer l'entraînement là. Tu vas pas rester tout suant jusqu'à ce soir quand même ? fait Keii-chan; stupéfait.
Oh merde… Merde de merde de merde… J'avais pas du tout prévu ça dans mes plans. Je fais quoi ? Je fais quoi ?!
- Bah vous en faites des têtes, fait alors Yuya qui, lui, a l'air d'avoir quand même pris une douche éclair avant de revenir.
- On essaye de comprendre pourquoi Massu s'est finalement pas lavé.
- Tu t'es pas lavé ? fait mine de s'étonner ce petit traître qui le sait très bien. Pourquoi ?
Je me sens rougir. C'est con mais je suis incapable de m'en empêcher. Ce qui met la puce à l'oreille de nos amis.
- Vous auriez pas essayé de faire des saloperies dans les douches, des fois ? tente Ryo.
- M… Mais non !
- Mouais. Tu proteste vachement fort pour un mec innocent, poursuit-il dans un sourire en coin.
- Massu a rien fais. C'est moi qui lui ai fais des avances, qu'il a refusées. Et comme il a pas voulu non plus… "m'aider" ensuite, j'ai du me débrouiller.
Il a osé tout déballer comme ça. J'en reste bouche bée. Moi j'aurais jamais pu, je suis trop pudique sur le sujet.
- Heu merci, Tego-nyan, mais on a pas demandé les détails des saloperies en question, ne.
- Tu demande, je réponds.
- Pas les détails, merde !
- T'es frustré, Ryo-tan ? T'as toujours pas parlé à Chonchon, c'est ça ?
- L'appelle pas comme ça !
- J'ai raison, ne ?
- Tego, la ferme !
- Tu vois bien que tu…
- Bon bon bon et si on se calmait tous ? intervient Pi. Que ceux qui ne sont pas encore passés à la douche y aillent. On a encore du boulot aujourd'hui, on a pas de temps à perdre en chamailleries. Ryo, faudra que je te parle tout à l'heure.
Le retour à l'agence a été très… silencieux, parce que j'étais gêné que mon petit ami ait déballé notre vie intime à nos amis, que Ryo faisait manifestement la gueule à Tesshi à cause de leur "dispute" malgré sa conversation à voix basse avec Pi… et qu'encore une fois le KoyaShige pionçait. Du coup, j'ai eu tout le loisir de penser à ce qui s'était passé dans les douches. J'avais jamais vu mon doux et gentil Tesshi comme ça. Aussi animal, aussi dangereux, aussi… il faut bien le dire… torride et excitant.
La répète elle-même a presque été une épreuve (et j'étais pas très concentré, il faut bien le dire) et c'est perdu dans mes pensées que j'essaye de me projeter dans ce "ce soir" qui sera dans si peu de temps. Tesshi sort de la douche et va à son casier, puis s'essuie le visage avec sa serviette. Même comme ça, il reste aussi atrocement sensuel que tout à l'heure et, sans posséder l'animalité à fleur de peau de Pi, j'ai du mal à m'empêcher d'imaginer tout ce qui est susceptible de se passer.
Pendant que je tente de penser à autre chose, Pi, Ryo, Keii-chan et Shige disparaissent un dans les douches, puis quittent la loge pour rentrer chez eux, me laissant seul avec l'objet de mes fantasmes.
Le silence soudain est presque assourdissant et la tension sexuelle, quasi palpable tellement elle est présente. Sans que rien se soit passé, qu'un mot soit prononcé ou un regard échangé, mon souffle s'est accéléré et les battements de mon cœur ont pris une cadence quasi infernale. Au point que je commence à me demander s'il va pas juste éclater.
Pendant ce qui semble une éternité, aucun de nous ne bouge, chacun conscient que le moindre geste peut tout déclencher. Puis lentement, Yuya se tourne vers moi et son regard plus brûlant que tous les deux de l'enfer se pose sur moi à travers ses cheveux humides, me réduisant presque en cendres. Il se lèche les lèvres comme il fait tout le temps, mais là, je sens que c'est intentionnel. Pour m'allumer. Sauf qu'il en a pas besoin parce que je le suis déjà depuis des heures.
D'une démarche féline que je lui connaissais pas, il s'approche de moi et, par jeu, je recule jusqu'au mur. Lorsqu'il est plus qu'à quelques centimètres et que je peux distinguer les paillettes dorées dans ses prunelles noisette, sa voix suave me murmure :
- On est "ce soir" là non ?
- Hai… soufflé-je, comme hypnotisé.
- Et tu as passé l'aprèm à me regarder.
- Hai…
- Tu as envie de moi, ne ?
- Hai… acquiescé-je pour la troisième fois.
- Massu…
Je frissonne en l'entend prononcer ce surnom qu'il a pourtant à la bouche en permanence, car sa façon de le dire pour le moment me rend tout chose, puis craque et l'attire contre moi pour l'embrasser avec passion. L'une contre l'autre, nos langues dansent le tango le plus torride qu'elles aient jamais connu, nos souffles se déposant sur nos lèvres fusionnées et le baiser s'éternise. Lorsque finalement je le laisse s'écarter de quelques centimètres, on est essoufflés tous les deux et ses yeux sont devenus aussi noirs que doivent l'être les miens. Et on est au bord de l'explosion. Pourtant, avant de faire quoi que ce soit, je dois savoir.
- Yu'… est ce que tu veux…
Je termine pas ma phrase, mais je sais que j'en ai pas besoin. Mes yeux posés sur lui parlent pour moi.
- Tu… me laisserais faire ?
Je hoche la tête.
- Oh Massu… Je te jure que tu le regretteras pas, me dit-il en me fixant avec envie et amour. Je serais doux.
- Mais tu as déjà…
- Oui plusieurs fois, t'inquiète pas.
- So ka…
Je sais pas si apprendre qu'il a déjà pris d'autres mecs me rend jaloux ou me rassure sur son expérience en la matière. Probablement un peu des deux.
- Tu as peur ?
Oh misère, voilà que je suis transparent maintenant… Me voilà bien…
- Pas vraiment mais…
- Et toi, tu t'es déjà… retrouvé à cette place ?
- Seulement avec Pi comme tu le sais.
- Ne pense plus à lui ! Je vais te faire oublier jusqu'à son souvenir ! Jusqu'au souvenir de tous les autres !
Dis comme ça, on dirait que j'ai eu des dizaines d'amants avant lui, mais c'est pas le cas : Masa-chan, Hiro, Pi même si les choses étaient ce qu'elles étaient… et lui. Ah non Ryo aussi mais bon, en dehors du premier, je me suis limité aux gars du groupe, c'est-à-dire à ceux en qui j'avais le plus confiance au monde. Du coup j'aurais pu être vexé, mais je sais que c'était pas ce qu'il voulait en disant ça. Je le connais, mon Tesshi.
- Hai…
Il me fait reculer jusqu'au canapé de la loge et m'embrasse de nouveau à perdre haleine, puis m'y fait basculer avec douceur et se place au dessus de moi. Ah mon dieu… Je crois que j'ai jamais eu autant envie de lui (je dis pas "envie" tout court, parce que mes envies de Pi… à l'époque… étaient carrément dévastatrices, elles. C'est bien ce qui m'a perdu d'ailleurs. Avec Yu' c'est moins dévastateur mais pas moins puissant. Enfin c'est compliqué).
Profitant de sa position, je passe les mains sous le t-shirt qu'il a remis après sa douche et qui est humide parce qu'il s'était pas assez séché et caresse la peau douce de son ventre. Sous mes doigts, je sens le dessin de ses abdos et un tressaillement le parcours quand je les fais remonter. Frustré par la barrière de tissu qui m'empêche de l'admirer, je lui retire son haut et laisse mon regard parcourir sa taille fine, son buste, ses bras finement musclés, ses épaules nacrées légèrement carrées…
- Yu'… Tu te rends compte que si on excepte cette fois où tu t'es… enfin tu vois… c'est notre première fois. Je voudrais que ce soit exceptionnel même si ça a lieu ici.
- Ca le sera forcément puisque c'est toi.
Sur ces mots, il m'embrasse de nouveau et je me concentre totalement sur lui qui descend dans mon cou pour suçoter ma peau, ce qui me tire un léger gémissement. Je le veux tellement que j'en suis là. Soudain, je le sens défaire mon pantalon. Il est fébrile comme s'il m'avait jamais vu nu, mais quelque part, c'est un peu comme si. Parce que c'est la première fois depuis qu'on sort ensemble. Et pour être honnête, je suis à peu près dans le même état. Ses mains courent sur moi, touchant chaque centimètre de peau avec avidité, en respirant par petites goulées rapides. Pour qu'il se calme, je prends ses mains, les garde simplement dans les miennes et le regarde avec amour. Il plonge ses yeux dans les miens et parait comprendre mon message muet, car il hoche imperceptiblement la tête et, une fois de plus, m'embrasse.
Ce je m'en lasserais jamais et lui non plus on dirait. C'est comme une drogue. Je suis sûrement trop influençable physiquement parlant, parce que j'ai l'impression d'avoir dis ça pour chacun de mes petits amis, mais c'est vraiment ce que je ressens. Ses mains recommencent à danser sur moi, mais plus lentement. Cette fois, il prend son temps et ça me plait encore plus. Je savoure le moindre attouchement et n'en finis plus de soupirer de bien-être, mais très vite, ça nous suffit plus et il présente ses doigts à ma bouche. Sans le quitter des yeux, je les happe et les suçote lentement un à un. Je l'entends gémir à son tour comme si ce geste exacerbait encore son désir. En tout cas, le mien est décuplé.
Il dit pas un mot mais, dans son regard, il y a une interrogation facile à déchiffrer. Je hoche la tête en réponse et le sens glisser un doigt en moi. Plus vraiment habitué à l'intrusion, je tressaille.
- Je t'ai fais mal ? souffle-t-il, inquiet.
Je secoue la tête et remue légèrement le bassin pour l'inciter à continuer.
L'insertion du deuxième doigt me fait serrer les dents à cause de la douleur. J'ai plus été pris depuis… que j'ai sauvé mon petit ami de la folie de Pi… Et avant c'était presque toujours moi qui le prenais, alors forcément, mon corps est pas/plus habitué.
- Daijobu ? me murmure mon Tesshi, manifestement inquiet. Tu veux que j'…
- Non… Laisse-moi juste m'habituer, ne.
- Mais Massu, je vois bien que tu…
- Non Yu'. Je veux que ce soit toi. Et toi aussi tu le veux.
- Oui mais…
Je pose mon doigt sur ses lèvres pour mettre fin à ses protestations. Il hoche la tête et remue les siens un long moment, avant que je me décrispe et lui fasse signe de poursuivre. Une plainte de douleur m'échappe quand il introduit le troisième doigt et je bloque volontairement ma respiration comme si ça pouvait aussi barrer le passage à la douleur. Je sens Yu' amorcer un mouvement pour les retirer, mais l'en empêche comme je peux et il abandonne. Après un moment, je m'autorise à respirer de nouveau. A petites goulées, comme lui tout à l'heure, mais pas pour la même raison. Puis je le fixe avant de hoche la tête de façon presque imperceptible.
Il déglutit et s'écarte de moi le temps de finir de se déshabiller. Moi j'ai fermé les yeux. Je préfère pas voir la… la largeur de son… membre quand il est excité.
Il revient ensuite m'embrasser passionnément.
- Je vais… venir d'un seul coup, d'accord ? Tu auras mal moins longtemps.
J'opine et bloque de nouveau mon souffle; Mais ça suffit pas et il retrouve brusquement sa place lorsque Yuya entre en moi. Malgré ma volonté, des larmes de souffrance glissent de mes yeux voilés par la douleur. Je me souvenais pas que ça faisait si mal… J'ai l'impression qu'on me déchire avec un fer rouge…
Tesshi, lui, s'est totalement immobilisé et je suis sûr que malgré ce qu'il doit ressentir en moi, il ose à peine respirer de crainte d'augmenter ma souffrance.
- Shhhhhht… Shhhhhht… dit-il en me caressant la joue. Massu, regarde-moi… Ca va aller… Ca va aller…
Les secondes passent et je tente de me décrisper, car je sais très bien que ça n'aide pas la douleur à refluer, mais c'est plus facile à dire qu'à faire.
- Embrasse-moi, touche-moi, murmuré-je dans l'espoir que ça m'aide.
Sans attendre, il s'empare de nouveau de ma bouche avec une avidité sûrement décuplée par l'attente que je le force à supporter. J'en suis désolé pour lui mais je…
- Han ! Mmmh…
Je suis interrompu dans mes pensées par mes propres gémissements, provoqués par la caresse sur mon propre sexe. Et avant que je m'en rende compte, d'autres franchissent mes lèvres, en rythme avec les lents passages que Yuya faisait en moi. Je m'étais même pas rendu compte que j'avais plus mal, mais lui l'a senti.
- Han… Yu'… Mmmh… Hayaku…
Son regard toujours empli de désir me brûle de nouveau et l'accélération de ses coups de reins me tire des plaintes franchement indécentes, mais je m'en fiche, c'est trop bon.
Notre excitation est telle, cependant, que quelques minutes plus tard à peine, je me libère brusquement et le sens venir presque en même temps. Et il est magnifique, perdu dans sa jouissance : la tête légèrement en arrière, un peu cambré, le souffle précipité passant ses lèvres entrouvertes… Il représente la tentation à l'état pur et je me sens redémarrer quasi instantanément.
- Yu'… je peux ? lui dmandé-je, la voix rauque.
- Hai…
Je le laisse se retirer, l'embrasse et d'un coup de reins, inverse nos positions pour le bloquer sous moi. Ses poignets sont prisonniers de mes mains mais il cherche pas à les dégager.
- Prends-moi… Tout de suite…
- Mais Yu', sans préparation, tu…
- J'en ai jamais eu besoin. Viens…
Je cherche pas à analyser ses paroles, j'ai bien trop envie de sentir son corps frêle, qui m'a donné tant de plaisir il y a un instant, se tordre sous celui que je vais lui donner. Je hoche donc la tête, me place à l'entrée de son intimité et le pénètre d'un seul coup de bassin.
- HAN ! m'écrié-je, le souffle presque coupé par son étroitesse.
- HAN ! crie-t-il en écho. Han Massu, tu es… tellement excité…
- Parce que tu me rends fou, Yu'… Je t'aime.
- Ore mo. Aishiteru. Sarang hae. I love you. Et je pourrais le dire dans toutes les langues de la Terre, ce serait jamais assez pour te faire comprendre à quel point.
- Yu'… fais-je, plus que touché par ces mots que je l'ai jamais été.
- Massu… Bouge, onegai. Hayaku.
Je relâche ses poignets et agrippe ses hanches, puis commence à me déhancher en lui. Il est tellement serré, que c'est une délicieuse torture. Ses gémissements montent dans la pièce et l'emplissent, tandis que j'alterne la force et la vitesse de mes coups de bassin. Je crois que je vais pas tarder à me libérer de nouveau, c'est trop bon.
- Han… Massu… Oui encore… Han… gémit-il, les doigts accrochés à mes épaules.
Mais soudain, alors que je suis au bord de la jouissance, la porte s'ouvre plus que brusquement, littéralement défoncée par un coup de pied et Fujigaya fait son entrée en mode ouragan.
Complètement ébahi, je m'immobilise, ce qui n'est pas du goût de Tesshi qui, complètement perdu dans les brumes du plaisir, s'est rendu compte de rien. Ce que moi j'ai vu, par contre, c'est le couteau acéré que tiens le Kisumai. Qu'est ce qu'il…
Avant que j'ai le temps de me demander ce qu'il cherche, il se jette carrément sur moi dans un cri de bête blessée, m'attrape par le cou et y colle sa lame.
- Recule… Recule tout de suite ou je te tue… T'entends "sempai"… TOUT DE SUITE !
