-« Maître Harry, réveillez-vous ! Vite, Mademoiselle Ginny dit que c'est urgent ! Allons ! Réveillez-vous ! Ré-veil-lez-vous ! . »

Harry mit quelques secondes à réaliser que ce n'était pas dans son rêve, mais bien dans la réalité que Kreattur essayait de le réveiller, secouant en désespoir de cause le hamac dans lequel son maître s'était endormi après le diner.

Tout en reprenant ses esprits et laçant ses baskets, il ne pu que constater que le répit n'avait été que de courte durée. Il avait tant de mal à dormir que la moindre minute de sommeil grappillées était un trésor qu'il chérissait et aussitôt la dernière bouchée avalée, il était allé s'affaler dans un hamac attaché entre deux vieux pommier dans le verger du Terrier.

Quelques jours auparavant, alors qu'ils débarquaient du Poudlard Express, il avait fallu toute l'insistance de Mme Weasley pour qu'il vienne s'installer pendant quelque temps au Terrier. Comme elle le s=disait, il faisait partie de la famille et ce n'était bon pour lui, ni pour personne d'autre de rester seul après tout ce qu'ils avaient vécu. Aussi avait-il momentanément abandonné le 12, square Grimmaurd pour s'installer au Terrier, à la condition expresse que Kreattur vienne aider Mme Weasley et lui faciliter la vie alors que tout était à reconstruire, tant les vivants que la maison qui, après le passage d'une troupe de raffleurs en fuite, semblait tenir debout par habitude plus qu'autre chose.

Talonné de près par Kreattur qui avait visiblement pour consigne de le ramener à tout prix, il entendit nettement un ricanement venir du massif de groseilliers sur sa gauche.

-« Partilsha, partilsha ! » faisait une petite voix d'un air triomphant. Et ce petit cri était repris en chœur de massif en massif. Sur le coup, Harry ne compris pas la signification de de ses petits cris, tant la fatigue menaçait de reprendre le dessus. Devant lui, Ginny était en grande discussion avec Ron.

-« Je te dis que ce n'est pas normal. Pattenrond a disparu depuis plus d'une heure. Je suis sur qu'Hermione a des problèmes. » Et tout en parlant elle allait et venait entre la table installée sous le vieux chêne et les buissons tout proches où on pouvait entendre les gnomes ricaner. « Papa nous a bien dit qu'il fallait rester vigilant. Il y a encore des mangemort en cavale sans compter des raffleurs qui se sont mis à leur compte. Hermione a dû avoir un problème, il l'a senti et à volé à son secours ».

-« Première fois que j'entends qu'un flaireur peut transplaner, et surtout ressentir ce qui se passe à des kilomètres de distances ». Fit Ron aussitôt interrompu par Harry.

-« Peu importe ce qu'un flaireur ressent ou peu faire, ou pas. Là n'est pas le problème. Je ne sais pas ce qui ce passe et peut-être qu'on s'inquiète pour rien mais je serais d'avis d'aller jeter un œil. » Fit Harry qui lui aussi commençait à s'inquiéter « On y va et temps pis pour ce qu'à dit ton Père. Après on verra bien. Le seul hic c'est qu'une adresse, c'est un peu mince pour transplaner et on risque de se retrouver Merlin seul sait où, si on ne se désartibule pas. Et si on y va par les moyens de transports des moldus, on en a pour cinq heures, si tant est qu'il y est encore un train à cette heure de la soirée.

Je sais ce qu'on va faire, on transplane jusqu'aux chemins de traverse et de là on fonce à la Gare de St Pancras. Je me souviens qu'une fois elle a dit qu'elle mettait un petit quart d'heure en train pour aller de chez elle à Kings Cross, et c'est juste à côté de St Pancras ».

De son côté, Ginny était allé dans le salon du Terrier où un petit feu avait été allumé dans la cheminée pour chasser l'humidité qui tombait dès la fin du jour. En elle-même, même si elle savait qu'Hermione était une combattante hors pair, il valait mieux être plus nombreux que moins pour venir à son aide, quitte à se déplacer pour rien. Sans mobiliser tout l'ordre du Phénix pour un simple raffleur en cavale ou un simple fausse alerte, elle savait qu'un problème, un peu d'aide serait toujours la bienvenue et elle ouvrit un vieux pot en terre ébréché posé sur le linteau de la cheminée et y prit une poignée de poudre de cheminette qu'elle jeta dans l'âtre en disant « Maison des Lovegood », puis elle s'accroupît devant la cheminée, plongeant sa tête dans les flammes.

Sortant la tête dans la cheminée de Xenophilius Lovegood, elle trouva aussitôt Luna qui était en grande conversation avec Neville qui semblait sur le point de partir, les bras chargés d'un gros pot en terre contenant une étrange plante dont les longues tiges flottaient comme si elles étaient en lévitation.

-« Luna, Neville ! Cà tombe bien que vous soyer là tous les deux ! Il y a un problème. Hermione a dû avoir des ennuis. Pattenrond a disparu et je pense qu'il a dû foncer à sa rescousse ».

-« Tu veux dire, transplaner ? » fit Neville. « Mince ? Il doit y vraiment avoir un problème. Je me souviens bien de ce que disait le Professeur Gobeplanche sur la capacité du flaireur à sentir quand son maître est en danger, … »

-« Oui, Oui, c'est bien » l'interrompit brusquement Ginny « Tu as retenu ce qui disait Gobeplanche. C'est bien mais on n'a pas le temps de parler des cours ou de comparer Hagrid à la mère Gobeplanche ! Maintenant, si vous voulez bien rappliquer fissa au Terrier et après on fonce à Londres voir ce qui se passe avec Hermione ! »

Quelques secondes, Luna et Neville transplanaient et apparaissaient dans le jardin du Terrier. Harry eu vite faite de leur expliquer la situation et ils repartirent vers le Chemin de Traverse.

La nuit tombait sur le quartier magique de Londres et la lueur des lampadaires donnait un air fantomatique aux façades dont certaines portaient encore les stigmates de troubles des mois passés. Rares étaient les passants en cette heure tardive et Harry préférait cela à devoir répondre aux sollicitations et salutations des uns et des autres. Même s'il n'y rechignait pas d'ordinaire, là il devait faire au plus vite.

Au Chaudron Baveur, seuls quelques clients prenaient un verre ou finissait leur repas tandis qu'ils traversaient la salle en toute hâte, prenant seulement le temps de saluer Tom, le vieux serveur qui trônait derrière son comptoir avant de filer vers la porte ouvrant sur le monde des moldus.

Dehors, sur Charring Cross Road, la circulation était dense comme toujours à Londres, et les trottoirs encombrés de moldus. Harry marquât un instant de pose avant de montrer la bouche de métro toute proche.

-« Une chance, j'ai toujours un peu d'argent moldu sur moi. On va y aller par le métro, ce sera plus rapide. Si je me souviens bien, par la Piccadily Line on ne devrait pas en avoir pour plus de cinq minutes pour arriver à St Pancras, et de là le train jusqu'à Hampstead. Souriez, vous allez connaître les joies du métro londonien ! »

Pour Ginny, Neville et Ron, la cohue, les odeurs, le brouhaha incessant était un choc et ils serraient de près Harry pour ne pas se laisser emporter par la foule. Seule Luna était restée à l'écart le regard vagabondant dans toutes les directions et Harry fut obligé de lui faire signe de rester près d'eux.

-« Excuse-moi Harry. Les moldus ne s'en rendent pas compte mais cet endroit est infesté de Starcabicus ».

Mais Harry ne répondit rien, se contentant de l'agripper fermement par le bras.

-« Luna, les starcabicus, c'est bien gentil, mais maintenant, on reste groupés ! Je te rappelle que nous allons voir si Hermione va bien, pas à la chasse au starcabicus, au dahu ou au ronflak cornu ».

Une demi-heure plus tard, un train de banlieue cahotant les déposait à Hampstead.

-« Bond Lane, qu'elle habite. On va demander à un passant. Je me rappelle qu'elle a dit qu'il y un restaurant indien au début de la rue », dit Ron.

Bond Lane n'était qu'à deux pas de la gare et quelques minutes plus tard, ils étaient devant la maison d'Hermione. Rien n'indiquait une quelconque présence humaine. Pas de lumière aux fenêtres, aucun bruit et le jardin était dans le plus complet des abandons et Harry en vient à douter qu'Hermione fit passée par la maison de ses parents.

Harry s'était avancé jusqu'au porche encombré de feuilles mortes. Après avoir vérifié que personne ne les observait, il sortit sa baguette. Après quelques instants, il se retourna vers les autres qui s'étaient écarté pour surveiller les alentours. « Il n'y a personne, autant que je sache. Mais les sortilèges de protections sont toujours actifs. Faites le tour histoire de vérifier. Je reste là au cas où.

Ils durent se rendre à l'évidence, Hermione n'était pas là, ou plus là. Ils étaient sur le point de rebrousser chemin, se dirigeant vers la petite impasse qui longeait la maison d'Hermione pour transplaner à l'abri du regard des moldus lorsque du bruit dans les buissons de rosier attira leur attention. Instinctivement, Harry sortit sa baguette avant de la remettre dans sa poche, soulagé, car en lieu et place d'un improbable ennemi, ils se retrouvèrent face à Pattenrond qui au lieu de rester tranquillement, se mit à courir vers la rue tout en miaulant frénétiquement.

A deux pas de là, il s'arrêta devant un panneau publicitaire et se dressa sur ses pattes arrières pour taper dessus tout en miaulant à qui mieux-mieux.

-« Je crois qu'il essaye de nous dire quelque chose » fit Ginny qui avait été la plus rapide. « Regardez l'affiche ! Aéroport d'Heathrow. Harry ! J'ignore ce qui c'est passé, mais je suis sûre qu'elle a décidé d'aller chercher ses parents plus tôt que prévu !»

-« Oui, et sans me prévenir » fit Ron. « Harry, il nous faut combien de temps pour rejoindre l'aéroport ? Je ne veux pas qu'elle prenne de risque ou fasse de bêtise, ou quoi d'autre. S'il devait lui arriver quelque chose, je croix que je deviendrai fou ».

-« Au bas mot, je dirais qu'on en a pour une heure, entre retourner sur Londres et attraper la navette pour Heathrow. Et sans savoir combien elle a d'avance sur nous. En clair, on est marron ».

-« Oui, sauf à transplaner vers cet endroit, sauf que vu que personne ne connait l'endroit, à moins que tu ais une idée » répondit Ginny qui avait encore une fois fait le tour de la maison en quête d'un improbable indice.

Harry, lui, s'était assis sur la barrière et, plongé dans ses souvenirs, essayait de se rappeler la fois où des années auparavant il avait accompagné les Dursley pour aller chercher la Tante Marge à son retour de vacances. Une gare, ou bien un aéroport, tout cela se bousculait dans sa mémoire, tant cela remontait à longtemps. Enfin, il se releva et se dirigeât vers la petite impasse bordée d'arbres qui longeait la maison.

-« Heathrow. Oui c'est çà, c'était à Heathrow. Nous allons transplaner ensemble. J'espère que les lieux n'ont pas trop changés. Il y a bien longtemps, j'ai accompagné mon oncle et ma tante qui allait chercher la Tante marge à l'aéroport et je me souviens clairement d'un renfoncement dans les parkings souterrains. Accrochez-vous à moi et gardez vos baguettes à la main au cas où nous tomberions nez-a-nez avec des moldus. Je compte jusqu'à trois ».

Harry ferma les yeux, se concentrant sur ce mince souvenir. En lui-même, il psalmodia les trois règles du transplanage « détermination, destination, décision ! » et après l'habituelle sensation d'étouffement, ils atterrirent dans un recoin sombre d'un parking. Devant eux un volumineux 4x4 avait dissimulé leur arrivée aux nombreux moldus qui allaient et venaient.

-« On à eu du bol ! Maintenant on fonce vers le hall des départs, il n'y a pas une minute à perdre. »

Trois volées d'escalator plus tard, ils débouchaient dans le hall de l'aérogare et ils mirent quelques secondes à se repérer et trouver le panneau annonçant les vols au départ.

-« Mince, on a raté le vol de Sydney ! » fit Ron en s'affalant sur le premier siège venu. « C'est pas possible, on a dû la rater d'une demie heure. Rien. Une demi-heure. On n'aurait jamais dû la laisser seule quand on est revenu de Poudlard. Au besoin la mettre sous imperium. Je sais pas moi, m'ai on n'aurait pas dû, on aurait jamais dû l'abandonner »

Harry, lui, restait les yeux rivés sur le panneau d'information, cherchant les autres vols vers l'Australie.

-« On a un vol Quantas pour Melbourne dans 90 mn, et après un autre vol British Airways pour Sidney dans 4 heures. Mais ce ne sont que les vols directs. On va se renseigner sur les autres possibilités avec des changements de vol en cours de route. Ron tu viens avec moi ! Ginny, Luna et Neville, vous faites le tour du hall et essayez de voir si Hermione n'est pas dans les parages. Encore que, la connaissant, elle aura fait tout pour rester discrète ».

Tandis, que Ginny, Luna et Neville se séparaient pour quadriller le hall encombré de passagers en attente, Harry avait empoigné Ron qui s'enfonçait dans son désespoir pour se diriger vers le bureau d'information des voyageurs.

Derrière son comptoir, la jeune femme préposée à l'information des voyageurs finissait de renseigner un groupe de japonais et Harry de cette attente pour se mettre à l'écart pour dire à Ron de se poster en attente entre deux panneaux d'informations qui se trouvaient dans la pénombre de la mezzanine, à quelques mètres de là.

-« Tu fais ce que je t'ai dit ! Je ne sais pas, mais de là, tu as tout le hall en enfilade. Si tu la vois, tu me fais signe ».

-« Mais tu viens de nous dire qu'elle était dans l'avion ».

-« Non, Ron ! Soit à ce qu'on te dit ! Elle est peut-être dans l'avion. Peut-être. T'es un Gryffondor ou pas, mon vieux ? Oui ? Alors tu fais ce que je te dis. Fais-moi confiance, par Merlin ! ».

Pendant, ce temps, le groupe de Japonais était parti, laissant la place à Harry qui eu vite fait d'expliquer son problème. Une de ses amies devait partir pour l'Australie et elle avait oublié une de ses valises chez lui et malheureuses il ne souvenait plus du vol qu'elle devait emprunter. Tout en expliquant cela, il surveillait du coin de l'œil un Ron visiblement de plus en plus anxieux et qui semblait être sur des charbons ardents.

-« Vous avez effectivement le Quantas pour Melbourne dans 1h30 et le British Airways pour Sidney. Mais vous avez aussi la possibilité de rejoindre l'Australie avec des correspondances. La première possibilité est avec le vol de Singapore Airlines qui part dans 2 heures pour Singapour. Voulez-vous que je fasse un appel à passager ?

Entre temps, Ron avait été rejoins par Neville et Luna qui visiblement avaient fait chou-blanc. Et tandis qu'Harry revenait vers eux, un message retentit dans le hall.

-« Votre attention s'il vous plait. Wendel et Monica Wilkins sont attendus au bureau d'information des voyageurs. Je répète, Wendel et Monica Wilkins sont attendus au bureau d'information des voyageurs. »

-« Tu vois, Ron, si Hermione est encore là, nous allons vite le savoir ». Puis, après avoir jeté un œil aux alentours. « Bon, Neville, Luna et Ginny, sont juste en face de nous entre les deux escalators, maintenant, patience mon vieux ».