Donner la vie, depuis l'aube de l'humanité les femmes mettent au monde les enfants, dans les larmes et la souffrance jusqu'à la délivrance. Donner la vie...la mère de ce bébé avait littéralement donnée la sienne pour permettre à son petit de survivre. La jeune femme observa son amie, allongée sur son lit avec son enfant posé sur le ventre, et elle ne put retenir ses larmes lorsqu'en appuyant son index dans le cou de son amie elle ne sentit aucune pulsation. Elle ne respirait plus, c'était terminé...et le bébé continuait de boire au sein de sa mère, inconscient de l'état actuel des choses. Elle n'avait pas le cœur à arracher tout de suite l'enfant de sa mère, elle ne pouvait pas...pourtant il allait bien falloir qu'elle se décide à agir; ce petit avait besoin de quelqu'un pour veiller sur lui et cette personne ne pouvait certainement pas être son père...Brendol Hux ? Comment un monstre comme lui avait-il pu engendrer une pareille merveille ?

Le bébé gigotait doucement contre le sein de sa mère alors que sa peau devenait légèrement bleuté. Maintenant il fallait agir rapidement, il ne pouvait pas rester ici. Elle caressait doucement le dos de l'enfant pour qu'il lâche le sein de sa mère et lorsque ce fût fait elle le prit dans ses bras en l'enveloppant dans un drap propre afin qu'il n'ait plus froid. Elle le berçait lentement en lui murmurant des paroles rassurantes, tout en prenant soin d'éloigner de son champ de vision le cadavre de sa mère. Les larmes ne cessaient d'affluer le long de ses joues alors qu'elle se demandait comment annoncer tout cela au Général Hux...la naissance d'un garçon illégitime et la mort de sa mère. Elle travaillait à l'Académie depuis assez longtemps pour savoir que Brendol Hux n'était pas une personne bienveillante, il ne prendrait certainement pas l'enfant avec lui pour s'en occuper. Elle baissait alors les yeux sur ce petit être minuscule, pâle comme la lune et coiffé de petits cheveux roux. Elle souriait face à cette vision adorable du petit garçon entrain de bailler et d'étirer doucement ses bras fins.

" Qu'est-ce qu'on va faire de toi mon petit ? " murmura-t'elle d'une voix à la fois douce et étranglée par les sanglots.

Pour toute réponse le nourrisson étendit sa main pour attraper un morceau de vêtement de la femme qui le portait dans ses bras. Un sourire attendrit s'était dessiné sur son visage puis elle s'était penchée afin d'embrasser doucement le front de son petit protégé.

Dans un tout autre bâtiment de l'Académie Brendol Hux écoutait sa femme lire, sur son datapad, les dernières nouvelles de la destruction de l'étoile noire. Il s'était installé dans un immense fauteuil rouge, un verre de vin rouge d'Alderaan entre ses doigts qu'il s'amusait à faire tanguer pour faire tourner la boisson à l'intérieur du verre. En vérité il n'écoutait que d'une oreille, ses pensées étaient tournées vers les mots échangés quelques heures plus tôt avec cette servante. Il ne savait pas trop comment gérer cette possible naissance et donc cette hypothétique nouvelle responsabilité...celle de devenir père. Sa femme avait remarqué qu'il semblait distrait...elle stoppait alors sa lecture pour observer son mari, elle déposa le datapad sur ses genoux et une de ses mains sur la cuisse de Brendol.

" Vous semblez ailleurs mon cher..." constata-t'elle pendant qu'elle effleurait délicatement du bout de ses doigts le pantalon de son époux

" C'est simplement que j'ai encore du mal à réaliser que notre arme suprême ait pu être détruite par ces terroristes. " Brendol Hux avait un don inné pour les mensonges. Bien entendu sa femme n'était pas au courant que son mari lui avait été infidèle, plus d'une fois, et donc son explication lui semblait vraie. D'un geste tendre elle effleura doucement la joue de son homme en poussant un profond soupir de désespoir.

" Tout ira bien, l'Empire se relèvera plus fort encore et nous aurons notre revanche. "

Pour toute réponse il hocha brièvement la tête et termina son verre de vin avant de se lever de son fauteuil, au même instant des coups se firent entendre contre la porte. Qui osait déranger les Hux si tard ? Eeren se dirigea alors vers la porte d'un pas gracieux afin de connaître l'identité de ce visiteur. Lorsqu'elle ouvrit la porte la lumière de leur appartement éclairait le visage d'une femme, une domestique sans l'ombre d'un doute. Cependant Eeren fût étonnée de découvrir un tout petit enfant dormir au creux de ses bras. Ses sourcils se froncèrent alors qu'elle jugeait du regard la femme puis l'enfant, aux cheveux aussi roux que ceux de Brendol.

" Qu'est-ce qui vous amène devant moi ? " questionna-t'elle d'un ton empli de dédain, presque de dégoût.

" Je suis vraiment désolé de vous déranger à cette heure tardive Madame...tellement désolé, je ne sais pas pourquoi je suis ici..." bredouilla-t'elle, les yeux baissés et les bras tremblants

" Je reformule ma question. Que faites-vous devant chez moi avec un bébé dans vos bras ?" demanda Eeren d'une voix plus autoritaire.

" Cet enfant est le fils de Brendol Hux. " murmura-t'elle, apeurée.

En entendant ces mots Eeren fût mortifiée, incapable de bouger ou de prononcer le moindre mot pendant de longues secondes. Cet enfant n'était résolument pas le leur. Eeren était incapable de donner un descendant à son mari, elle avait été examinée par un droïde médecin quelque mois plus tôt...et pourtant ce garçon était là. Elle su immédiatement que son mari l'avait trompée, quelque chose se brisa dans son cœur...elle lui faisait confiance, elle avait fait tout son possible pour satisfaire son époux mais pourtant cela ne semblait pas avoir suffit à son bonheur. Elle serra les dents avant de se tourner vers son mari et déclara d'une voix froide.

" Je vous laisse régler ça mon cher époux. "

De rage elle bouscula la domestique pour quitter cette pièce, se réfugier quelque part loin de son infidèle de mari. La femme qui portait le nourrisson dans ses bras flancha quelque peu et se rattrapait au mur le plus proche alors que Brendol s'approchait.

" Espèce d'idiote qu'avez-vous fait !?" s'écria-t'il avant de gifler la pauvre femme, qui protégea l'enfant tant bien que mal. Sous la violence de la gifle elle tituba et se mit à sangloter.

" Frappez-moi tant que vous le voulez mais ne faites pas de mal au bébé...je vous en prie"

Elle était résignée à accepter son destin, par son geste elle avait probablement briser une famille mais cet enfant avait besoin d'un parent pour s'occuper de lui et elle ne pouvait clairement pas subvenir aux besoins primaires de ce petit. Le confier à Brendol était la pire chose à faire et pourtant il fallait s'y soustraire, il n'y avait pas d'autre moyen.

" Je suis désolé Monsieur...je sais que j'ai agis sans réfléchir, mais ce bébé à besoin d'une famille. Sa mère est morte en le mettant au monde...vous êtes le seul qui puisse l'aider."

Brendol s'approcha lentement de la domestique, qui fermait les yeux car elle s'attendait à recevoir une nouvelle gifle. Au lieu de cela il attrapait l'enfant enveloppé dans son drap pour le prendre dans ses bras et l'observer, avec autant de tendresse que s'il s'agissait d'une facture et déclara.

" Après tout, ce garçon pourrait bien être utile un jour ou l'autre. "