Bonjour,
Voici un nouveau chapitre de William, bon ce n'est pas un chapitre très joyeux, mais il faut bien en passer par là !
Je veux vraiment revenir sur les faits marquant de cette période de la vie de Scully.
J'espère que le chapitre va vous plaire. Bonne lecture, n'hésitez pas à me laisser vos ressentis...
(En gras italique, dialogues extraits de l'épisode Espérance X-Files 8x14 et de l'épisode Renaissance 8x15)
9
Ce n'est pas possible !
Mardi 19 septembre 2000
Helena, Montana
Quelques jours étaient passés depuis la réapparition de Teresa Hoese, mais celle-ci avait de nouveau disparu, enlevée à l'hôpital en pleine nuit.
Enfin ils avaient une piste, ils étaient en ce moment même en train d'investir une ferme isolée où s'étaient regroupés les fervents d'Absalom. Ils fouillaient tous les bâtiments, Dana voulait y croire, elle avançait dans le dédale des couloirs toujours plus vite jusqu'à ce qu'elle arrive près d'un lit où elle découvrit Teresa complètement rétablie. Ils posaient des questions, mais n'obtenaient rien, aucune explication, Il n'y avait aucune trace de Mulder.
De retour à l'hôtel, en visionnant les vidéos Scully reconnait Jeremiah Smith, il fallait retourner à la ferme, ils avaient forcément manqué quelque chose…
De retour sur les lieux, après avoir réuni tout le monde dans une même pièce, Scully désigna un homme et l'emmena à l'écart pour l'interroger en présence de l'agent Reyes.
_ êtes-vous Jeremiah Smith ?
_ Non…
_ Avez-vous guéri les plaies de ces gens ?
_ Non…
_ Avez-vous guéri Teresa Hoese ?
L'homme en face d'elle essaya de se lever mais Scully l'en empêcha.
_ Allons ! Je sais qui vous êtes.
On frappa à la porte et cette dernière s'ouvrit faisant se retourner les deux agents. Reyes décida d'aller voir ce qui se passait à l'extérieur.
_ Agent Scully. Je vous attends dehors.
Dana prit en compte l'information et une fois la porte fermée, en revint à son interrogatoire, mais lorsqu'elle se retourna elle faisait face à Jeremiah Smith.
_ En essayant de me démasquer, vous mettez ces pauvres gens en danger. Il y a des otages dans toute la région, je les sauve et je suis le seul.
_ Où est Mulder ?
_ Vous avez investi ces lieux, alors que j'essayais justement de l'aider !
_ Où est Mulder ?
La porte derrière elle s'ouvrit de nouveau et elle fit face à l'agent Skinner.
_ Vous devriez venir.
Skinner avait un air triste, ne présageant rien de bon. Scully se retourna à nouveau vers l'homme qui selon elle détenait les réponses, mais il avait de nouveau changé d'apparence.
_ S'il vous plait, protégez-moi.
Scully se détourna de lui et se rendit auprès de Skinner et Reyes. Elle avait un mauvais pressentiment.
_ Qu'est-ce qu'il y a ?
_ C'est Mulder.
D'un coup son cœur s'arrêta de battre, non ça ne pouvait pas être possible, elle se mit à courir en direction de l'attroupement, Doggett se mit sur son chemin pour l'empêcher d'aller plus loin, elle se débattait, elle avait besoin de savoir.
_ Où est-il ?
_ Agent Scully.
_ Comment va-t-il ? Comment est-il ? Ses blessures sont graves ?
Elle posait des questions, mais Doggett restait muet, l'empêchant d'approcher, alors elle se débattit, jusqu'à arriver à se défaire de lui, elle se mit alors à courir, mais plus elle approchait, plus elle sentait cette boule dans son ventre, elle ne pouvait pas l'accepter, ça ne pouvait pas être fini. Elle devint hystérique devant le manque de réactions, elle ne pouvait pas rester sans rien faire.
_ Non, non, non. Des secours vite.
_ Il est trop tard.
_ Il a besoin d'aide !
Ne voyant personne réagir, elle partit en courant chercher le seul capable de l'aider.
_ Agent Scully !
Mais l'agent Doggett parla dans le vide. Dana continuait de courir, une lumière apparu dans le ciel, elle accéléra, elle sentait qu'il se passait quelque chose. Lorsqu'elle arriva près de la ferme, devant elle se trouvait un OVNI. Elle entendait les hurlements dans le baraquement, elle reprit alors sa course, elle devait trouver Jeremiah.
_ Jeremiah.
Elle tomba à genoux, elle devait se rendre à l'évidence, il avait disparu, il n'était plus ici…
_ Non… Non. Ce n'est pas possible ! Non !
Jeudi 21 septembre 2000
Appartement de Dana Scully
Washington DC
9h00
Elle se réveilla après une nuit sans rêve. Les médecins avaient été obligés de lui administrer un calmant. La réalité la frappa de nouveau, Mulder n'était plus ! Pourquoi la vie s'acharnait-elle ainsi sur eux, ne pouvaient-ils pas avoir un peu de paix ? Une fois encore elle se mit à pleurer, elle n'arrivait pas à faire face. Elle respira un bon coup et décida d'appeler la seule personne qu'elle avait envie d'entendre, la seule personne qui pouvait la comprendre. Elle attrapa son téléphone et composa le numéro, trois sonneries plus tard, on décrochait à l'autre bout.
_ Lieutenant-Colonel Mackenzie.
_ Sarah…
_ Dana ? Attend une minute.
Dana entendit sa petite sœur donner quelques consignes à une personne avant de la congédier, puis enfin elle entendit cette voix si rassurante s'adresser à elle et elle ne put retenir plus longtemps les larmes bloquées dans sa gorge.
_ Dana ?
_ …
_ Dana ? Tu es toujours là ? Tu… qu'est-ce qui se passe ?
_ Sarah… il… c'est fini… il… Mulder…
_ Dana, parles-moi. Tu as des nouvelles de Mulder ?
_ Il… il est mort.
_ … Dana… je… je suis vraiment désolée. Je vais voir si je trouve un vol.
_ Non !
_ Non ? Dana je veux être là pour toi !
_ Non Sarah, c'est trop dangereux. Je… je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Personne ne connait ton existence, je… tu es la dernière personne qu'il me reste.
_ Mais…
_ Sarah, s'il te plait.
_ D'accord. Je peux demander à Harm de passer te voir.
_ Je ne préfère pas, je ne veux pas vous mettre en danger.
_ Très bien.
_ Sarah ?
_ Oui.
_ Si… si jamais il m'arrive quelque chose…
_ Dana, qu'est-ce qui se passe ?
_ Rien. Je… je n'ai plus confiance en personne, je… promets-moi que tu prendras soin de mon enfant.
_ Bien sûr voyons ! Mais il ne va rien t'arriver.
_ J'aimerais pouvoir en être aussi sûre que toi.
_ Quand a lieu l'enterrement ?
_ Demain en fin de journée.
_ Tu es sûre que…
_ Oui Sarah je suis sûre, j'avais juste besoin d'entendre ta voix.
_ Pourquoi tu ne viendrais pas quelques jours à Londres ?
_ Je vais y réfléchir.
_ Ok, tu me tiens au courant.
_ Oui.
_ Dana je suis désolée, on m'attend pour une réunion, je… je t'aime.
_ Moi aussi je t'aime.
Elle entendit le bip de fin de communication, elle se sentait un peu plus sereine, quelques jours à Londres ne serait pas une si mauvaise idée. Ces dernières semaines avaient été éprouvantes, elle devait se ménager, elle le savait très bien. Elle irait rendre hommage à cet homme qui lui avait tant donné et après elle allait penser à elle et à cet enfant qui grandissait en elle. Elle réserva un billet pour Londres et envoya les informations par mail à Sarah.
vendredi 22 septembre 2000
Cimetière
Raleigh, Caroline du nord
La cérémonie fut simple, ils n'étaient pas nombreux, mais ceux qui comptaient étaient là ! Dana était perdue dans ses pensées, elle écoutait sans écouter, puis tous s'en allèrent… il ne restait plus qu'elle et Skinner. Ce dernier avait été si présent à ses côtés, elle lui devait beaucoup. Aujourd'hui elle savait qu'il était un allié et ami précieux. Elle avait besoin de parler, de dire à quelqu'un ce qu'elle avait sur le cœur.
_ Il était le dernier. Son père et sa mère… sa sœur… tous morts. Le plus tragique c'est… En dépit de tout le mal qu'il s'est donné et de ses efforts pour la découvrir… La vérité ne lui a jamais été révélée. Je n'arrive pas à croire que c'est lui qu'on enterre.
_ Je sais. Et je n'arrive pas vraiment à croire que… Mulder soit le dernier.
Dana ne put contenir plus longtemps son chagrin et se mit à pleurer silencieusement dans les bras de celui qui aujourd'hui veillait sur elle. Bien sûr qu'il n'était pas le dernier, elle portait son enfant, son miracle et elle ferait tout pour le protéger. Ils restèrent encore un moment là tous les deux, puis quittèrent le cimetière afin de rejoindre les autres.
_ Monsieur ?
_ Oui ?
_ Je… j'aimerais prendre quelques jours.
_ Oui bien entendu, prenez autant de jours que vous voulez. Appelez-moi quand vous serez prête à revenir.
_ Je… je vais y aller. Je ne veux voir personne, je ne veux pas voir leur sollicitude, leurs regards peinés… pourriez-vous m'appeler un taxi ?
_ Vous êtes sûre ?
_ S'il vous plait.
Il n'insista pas et passa l'appel. Ils restèrent là un moment encore, dans le silence, les autres se trouvaient quelques mètres plus loin, mais Dana ne pouvait pas… elle ne voulait pas leur faire face. Enfin le taxi arriva, elle remercia encore une fois Skinner et se dirigea vers la voiture sans un regard pour les autres. Skinner l'observa puis rejoignit le groupe.
_ Que se passe-t-il ?
_ Elle a besoin d'être seule. Agent Doggett, l'agent Scully ne sera pas là durant quelques jours. Je vous préviendrais de son retour.
_ Très bien.
Dana était montée dans le taxi et n'avait pas jeté un seul regard en arrière. Elle n'avait qu'une idée en tête, elle voulait rentrer chez elle, faire sa valise et prendre son avion pour Londres. Son avion était à la première heure le lendemain. Elle prit une longue douche chaude et se coucha. La fatigue de ces derniers jours eut raison d'elle et elle s'endormit à peine la tête posée sur l'oreiller.
Vendredi 23 septembre 2000
Appartement de Sarah Mackenzie-Rabb
Londres
20h30
Dana et Sarah franchissaient la porte de l'appartement de cette dernière. Elles n'avaient pas échangé une parole de tout le trajet. A l'aéroport elles étaient restées un moment dans les bras l'une de l'autre, Dana profitant du réconfort de ces bras familiers. En même temps que dire… Il n'y avait rien à dire…
Sarah lui montra sa chambre et déposa la valise dans la pièce, elle n'avait jamais vu Dana aussi triste, aussi éteinte.
_ Tu as faim ?
_ Pas vraiment.
_ Tu veux que je te fasse une tisane ?
_ Oui, je veux bien. Je… je peux prendre une douche ?
_ Bien sûr ! Tu sais où c'est. Il y a des serviettes propres dans le placard de la salle de bain.
_ Merci.
Sarah lui fit un sourire et s'apprêta à quitter la pièce.
_ Sarah ?
_ Oui ?
_ Encore merci de m'accueillir chez toi. Je… je ne vais pas être d'une très bonne compagnie.
_ Oh ! Parce que d'habitude tu l'es ? Je crois que j'ai réussi à avoir un petit sourire… Dana tu peux rester aussi longtemps que tu veux. Je devrais peut-être m'absenter quelques jours, mais tu es ici chez toi.
_ Ok. Bon je vais à la douche.
Sarah profita de ce moment pour préparer les deux tisanes et se préparer un sandwich. Une fois Dana douchée, elles restèrent discuter un moment avant d'aller se coucher.
Elles passèrent le reste du week-end tranquillement à l'appartement, le temps était à la pluie, ne donnant pas envie de sortir. Sarah laissait Dana tranquille, elle la connaissait bien et savait qu'il ne servait à rien de trop la bousculer dans un premier temps. Elle lui laissait une semaine de paix avant de prendre les choses en mains.
Samedi 1 octobre 2000
Appartement de Sarah Mackenzie-Rabb
Londres
8h30
Sarah était réveillée depuis une bonne heure, elle avait préparé un copieux déjeuner et était bien décidée à secouer Dana. Une fois tout installé sur la table, elle décida d'aller la réveiller. Elle pénétra dans la chambre où l'obscurité régnait toujours. Elle décida de ne pas faire les choses à moitié, elle se dirigea vers les grands rideaux opaques et les tira brutalement, laissant entrée les premiers rayons de soleil qui vinrent directement pointer le visage de Dana.
_ Sarah… !
_ Il est l'heure de se lever, il fait vraiment très beau, on ne va pas rester enfermées entre ces quatre murs.
_ T'es vraiment chiante quand tu t'y mets !
_ C'est pour ça que tu m'aimes ! Aller, debout.
Sarah tire d'un seul coup la couette, faisant une fois de plus grogner Dana.
_ Ça fait une semaine que tu passes tes journées dans ce lit, je t'ai laissé faire, mais aujourd'hui c'est terminé ! Lundi je pars quelques jours en mission, il est hors de question que je te retrouve desséchée et morte de faim ! Je t'ai préparé un super petit déjeuner, et après on va se faire une matinée shopping et cet après-midi on prendra le bateau et on ira se poser au soleil au Greenwich Park !
_ Pas envie !
_ Oh, mais je ne te laisse pas le choix ! Debout
Sarah l'attrapa par les bras et l'obligea à sortir du lit. Elle lui saisit une main et la tira jusqu'au salon où les attendait un copieux petit déjeuner.
_ On attend du monde ?
_ Non pourquoi ?
_ Tu as cuisiné tout ce que tu avais dans tes placards ?
_ Tu exagères, tu ne manges presque rien depuis une semaine, alors j'ai préparé des trucs que tu aimes, des pancakes, des œufs brouillés, des gaufres, du bacon, du jus de fruit fraichement pressé par mes petites mains, une bonne tasse de thé, enfin voilà quoi ! Le petit bout qui grandit là-dedans a besoin de forces, alors si tu crois que je vais te regarder dépérir, c'est que tu ne me connais pas encore très bien !
Dana prit une chaise en continuant de rechigner. Elle se servit des œufs et du bacon et attrapa un toast qu'elle tartina avec de la crème de fromage. Toujours sans un mot elle commença à manger.
_ Tes œufs sont toujours aussi bons.
_ Merci. Bon plus sérieusement, tu ne peux pas continuer comme ça. Dana je sais que tu souffres, mais il faut que tu te reprennes, je t'ai laissé tranquille, mais là je ne peux plus.
_ Je sais. C'est aussi pour ça que je suis venue ici.
_ Tu voulais que je te secoue ?
_ Oui, enfin non… je savais que tu ne me laisserais pas dans un état pitoyable, je savais que tu me ferais réagir.
Sarah esquissa un sourire et continua son petit déjeuner. Laissant Dana profiter tranquillement du sien. Une fois le repas terminé, Sarah envoya Dana à la douche pendant qu'elle débarrassait la table.
Une heure plus tard elles étaient dans le centre de Londres à faire les boutiques.
Dana ne se souvenait plus de la dernière fois où elle avait pris le temps de faire ça ! Sarah avait raison ça faisait un bien fou. Cette dernière avait décidé de lui refaire sa garde-robe, Dana était enceinte de cinq mois, il lui fallait des vêtements adaptés. Sarah voulait que Dana réagisse et se focalise sur l'enfant à venir. Elle avait décidé de se la jouer petite sœur casse-pied, qui veut le meilleur pour sa future nièce ou son futur neveu. Elles passèrent ainsi deux heures à dévaliser les magasins, avant de se poser dans un restaurant au bord de la Tamise. Après leur repas, elles repassèrent à l'appartement poser leurs achats, enfilèrent une tenue plus décontractée, prirent une couverture et quelques affaires, avant de prendre la direction du Greenwich Park.
En ce premier jour d'octobre, le soleil généreux faisait oublier l'air un peu frais. Elles posèrent leur couverture sur l'étendue d'herbe se trouvant en aval de l'observatoire et s'installèrent toutes les deux dessus, se saisissant chacune d'un livre acheté le matin même. Ce n'est que lorsque le soleil commença à décliner qu'elles remballèrent leurs affaires et reprirent le bateau pour rentrer.
_ Tu avais raison.
_ Pour ?
_ Une journée au grand air m'a fait le plus grand bien.
_ Je te connais. Lorsque tu étais étudiante, tu restais enfermée des jours entiers le nez dans tes bouquins, jusqu'à être en panique totale et avoir l'impression de ne plus rien savoir. Il fallait que je vienne te déloger et te changer les idées pour que tu t'évades et que tu te recentres sur l'essentiel !
_ C'est vrai, j'avais oublié ! Merci Sarah.
_ De rien. Dit ? Ça va aller la semaine prochaine ? Je serais absente quatre jours.
_ Oui, ne t'inquiète pas. Tu vas où ?
_ En Afghanistan.
_ Quoi !
_ Ne t'inquiète pas je dois juste parler à quelques témoins pour une affaire.
_ Tu ne me mens pas ? Tu vas juste interroger des gens, pas jouer les intrépides ?
_ Oui, promis ! C'est calme dans cette région en ce moment. Je vais voir des civils pour une affaire datant de deux ans qui passe en cour martiale à la fin du mois.
_ Ok. Je croyais que tu ne plaidais plus.
_ Presque plus en effet, mais le secrétaire d'État veut que je représente l'accusation sur cette affaire.
_ le procès va avoir lieu à Londres ?
_ Non, à Washington.
_ Il n'y avait pas d'avocats compétents à Washington ?
_ Si surement, mais le secrétaire d'État aime déstabiliser l'adversaire, surtout sur des procès important.
_ Il est si important que ça ce procès ?
_ Oui, tu te souviens du meurtre de cinq civils Afghans en 1998 qui avait fait la une ?
_ Oui un petit groupe de militaires américains en était responsable je crois. Les faits reprochés étaient assez macabres.
_ C'est ça ! C'est la tête pensante du groupe qui sera jugé fin octobre. Autant te dire que la justice militaire ne veut rien laisser au hasard. Seulement l'avocat de la défense est bon, peut-être trop bon et du coup ils sont venus me chercher.
_ Qui est l'avocat de la défense ?
_ Harm !
_ Je crois que je vais venir voir ce procès !
Elles arrivèrent à l'appartement et passèrent une soirée tranquille devant un film.
